Trois mois. Cela faisait trois mois que John avait quitté l'appartement de Baker street. Et il avait vécu une vit tranquille, paisible, auprès de sa nouvelle femme. Et puis ce matin, la voisine était venue pour lui demander de retrouver son fils, qui avait fuit dans un repaire de drogué. C'est là qu'il avait retrouvé Sherlock. Aussi, quand il entra à Baker street à la suite du détective, il va sans dire qu'il était passablement énervé. Sherlock, quant à lui, pestait contre la présence à l'appartement de son frère. Lorsque John entra, il fut surpris de trouver trois ordinateurs branchés et allumé sur la table basse. Enfin. Sherlock était sans doute sur un enquête. Mais alors pourquoi se rendre dans l'endroit le plus sinistre du monde pour s'y prendre des doses d'héroïne ? il ne comprenait pas. Il écouta vaguement la dispute entre Sherlock et Mycroft, puis vit, pendu au milieu du salon ( où était passé son fauteuil, d'ailleurs ?) une sorte de grand sac, qui lui faisait un peu penser à un Punching-ball. Il s'approcha, le tâta pour en éprouver la dureté, puis y donna un coup de poing. Puis un autre. Et encore un autre, de plus en plus fort et de plus en plus vite. En quelques mots, il y passa ses nerfs, et ce jusqu'à ce qu'un événement inattendu le fasse cesser instantanément.
- Pourriez-vous arrêter de frapper mon lit ? s'exclama un voix venue de l'intérieur du punching-ball.
John recula précipitamment, et entendit Sherlock pousser un soupir de reproche. Puis, une sorte de porte s'ouvrit dans le punching-ball, et une jeune fille en sortit. Mycroft devint pâle comme la mort en la reconnaissant.
- Vous, dit-il.
- Bonjour Mycroft, répondit-elle.
- J'aurais du me douter que vous étiez responsable. Après tout vous êtes la cause de la première déchéance de mon petit frère.
- Sherlock est assez grand pour savoir si il doit ou non se droguer. Et je pense que votre petit frère connais mieux ses limites que vous-même.
- Vous vous connaissez ? s'étonna John.
- Monsieur Watson, laissez-moi vous présenter la jeune Mia, une jeune femme ayant un grand problème avec l'autorité. Elle a mené mon frère sur sa première enquête, où elle a mis non seulement sa propre vie en danger, mais également celle de Sherlock.
- ma vie n'a jamais été en danger dans cette affaire, Mycroft ! Intervint Sherlock
- c'est une question de point de vue. En un mot comme en cent, la présence de cette jeune personne est très certainement synonyme de désastre.
La jeune femme en question se retourna vers John avec un large sourire digne de Sherlock et lui serra la main.
- Ravie de vous connaître, John. Sherlock m'a beaucoup parlé de vous.
- Pas moi, j'en ai bien peur, répondit le médecin.
- Je ne parle jamais d'elle, dit simplement Sherlock.
- Et pour cause, il n'a jamais été certain de son existence, intervint Mycroft. C'est d'ailleurs pour ça qu'après son départ précipité il y a quinze ans, mon frère a commencé a consommer des drogues dures. Il était persuadé qu'il pourrait se téléporter jusqu'à ce fameux monde où il serait un célèbre personnage de fiction.
- Accompagné dans ses enquêtes par son biographe et romancier personnel, le docteur John Watson, compléta la jeune femme. Mais moi, contrairement à lui, je suis une Voyageuse. Et je connais les chemins de l'Atlantide. Cependant, à ma décharge, je l'ignorais, la première fois que je suis venue. Excusez moi, je voudrais me préparer un thé.
Elle passa donc devant Mycroft sans lui accorder le moindre regard, puis se dirigea vers la cuisine pour y prendre son thé.
- Les chemins de l'Atlantide ? demanda John en haussant un sourcil.
- Atlan Tade, expliqua Sherlock. La porte des mondes. Chaque version du monde possède sa propre version de l'Atlantide, et il est possible de voyager entre eux via des passages qui les relient.
- Oh ! Dit Enaya, agréablement surprise. Alors tu as appris la langue de mes ancêtres ?
- J'aurais dû me douter que tu avais des ascendances extra-terrestres, répondit le détective après un court instant d'étonnement.
- Attends, Extra-terrestres ? Répéta John.
- Cette langue est appelée Jiranatlae, également connu sous le nom de Sogapien, du nom de la personne qui l'a amené sur terre, et que l'on appelait So-ga-po, qui veut dire « celui qui tombe du ciel ». de là, même Anderson pourrait conclure que ce Sogapo était un extra-terrestre. Vu qu'il s'agit de la langue de ses ancêtres, Mia ne peut être qu'une descendante de Sogapo, bien que cette descendance n'aie jamais vu le jour dans notre dimension. Quoi qu'il en soit, Mia n'a rien à voir avec ma prise de drogue. Je suis sur une affaire.
- Et quel genre d'affaire pourrait te forcer à replonger dans ce cloaque de la misère humaine ? Demanda Mycroft avec son habituel mépris.
- Magnussen.
Un silence de mort se fit alors dans la pièce. Mycroft se tourna lentement vers les agents qui étaient venus chercher la drogue dans l'appartement, (dont le désormais fameux agent Anderson, réputé pour son incompétence) et leur dit d' une voix froide :
- Ce nom que vous croyez avoir entendu, oubliez le. Et si jamais l'un d'entre vous s'avise de dire à quiconque que vous l'avez entendu ici, dans ce contexte, je peux vous garantir au nom de la sécurité Britannique que des fichiers compromettant seront trouvés sur vos ordinateurs, menant à votre incarcération immédiate. Maintenant ne répondez rien. Ayez l'air effrayés et foutez moi le camp.
Les pauvres policiers se dépêchèrent d'obéir. Mycroft reporta son attention sur son frère.
- Qu'est-ce qui peut bien t'intéresser autant chez cet homme pour que tu veuilles l'arrêter ?
- Et toi, pourquoi refuses-tu de l'arrêter ?
- Il n'est pas dangereux, et il peut s'avérer utile de temps en temps.
- En d'autre termes ?
- En d'autre termes, si tu te met face à lui, tu me trouveras sur ton chemin.
- Bonne chance pour m'arrêter alors. Maintenant sors de chez moi.
- Un mauvais choix, mon frère… commenta Mycroft.
Puis il retourna son attention sur Enaya, adossée dans l'embrasure de la cuisine, son mug à la main.
- Et vous, alors ? que faites vous ici, cette fois ? Une envie de se faire abuser par le chef d'un réseau ?
- Sherlock m'aide sur une affaire, répondit-elle calmement, sans relever l'insulte. Il m'aide à protéger mon fils.
- Un fils ! elle s'est dégoté un fils ! de quel pervers est-il le rejeton ?
Cela, par contre, ne passa pas. Enaya lâcha son mug, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle plaqua Mycroft contre le mur. Elle approcha son poing fermé de la gorge de l'homme, et à la grande stupéfaction de celui-ci, ainsi que de John, il en sortit deux griffes en acier. Les yeux de la jeune femme devinrent presque noirs.
- Ne vous permettez plus jamais d'insulter mon fils, dit-elle d'une voix grave et pas plus forte qu'un souffle. Sinon, frère de Sherlock ou pas, je vous transpercerai la gorge. Maintenant, votre frère vous a demandé de partir. Je crois que c'est ce que vous devriez faire.
Elle sentit alors une main se poser sur son poignet. Elle se tourna vers le propriétaire de la main, et vit qu'il s'agissait de John Watson.
- Il ne peut pas partir, tant que vous ne le lâchez pas, dit-il avec douceur.
Elle jeta un bref regard à Sherlock, et vit qu'il observait la scène avec curiosité. Sans le quitter du regard, elle rétracta ses griffes, et relâcha le frère du détective. Elle entendit John pousser un soupir de soulagement.
- Désolée pour la tasse, dit-elle.
Et Sherlock haussa les épaules. Elle retourna donc dans la cuisine pour se préparer un autre thé. Mycroft partit, après que John aie ramassé son parapluie, et Sherlock déclara qu'il avait besoin d'un bain. Bientôt, la porte de la chambre s'ouvrit, et une femme que John connaissait assez bien sortit de la chambre.
- Jeanine !? S'exclama-t-il.
- Bonjour, John. Mike est parti ?
- Mike ?
- Oui, le frère de Sherlock ! Je les ai entendu se disputer.
- oh Mycroft!
- C'est son vrai nom ?
- Mycroft est parti, répondit Enaya. Et il peut remercier John d'être encore en vie.
- Oh, salut, Mia !
- Bonjour Jeanine. Comment ça va ?
- Où est Sherlock ?
- Euh... dans la salle de bain, dit John.
Jeanine eut un grand sourire, puis frappa à la porte de la salle de bain. John voulut la prévenir que c'était une mauvaise idée, mais à sa grande surprise, la porte s'ouvrit et Sherlock laissa entrer Jeanine avec un baiser suivit d'un rire coquin. Un sourire éclaira le visage d'Enaya en voyant la mine ahurie du médecin. Le silence tomba, puis le médecin se tourna vers la jeune femme.
- alors, heu... depuis de quoi parlait Mycroft quand il a mentionné votre première rencontre ?
