Sitôt que John eut rangé le couteau, Mrs Hudson frappa à la porte, encadrée par trois gorilles.
- oh, Sherlock... vous n'avez pas entendu la sonnette.
- Elle est dans le frigo.
- Que fait la sonnette dans le frigo ? Demanda John.
- Elle sonnait, c'était agaçant.
- Mais Sherlock, c'est ce qu'elle est censé faire !
L'un des gorilles se racla la gorge, et ils reportèrent leur attention sur les nouveaux arrivant. Sur un signe de Sherlock, Mrs Hudson s'éclipsa.
- fouillez-les, dit le chef.
Les deux autres s'exécutèrent, puis :
- vous pouvez entrer, monsieur.
Un homme élancé fit alors son entrée dans la pièce. Il jeta un regard à la pièce, puis fit une grimace dédaigneuse.
- Mr Magnussen, dit Sherlock, vous avez en votre possession des lettres du mari de Lady Elizabeth Smallwood, dont vous vous servez pour faire pression sur elle.
Magnussen tourna son regard vide sur le détective, tandis qu'il continuait de parler.
- suis-je un intermédiaire acceptable ? Termina le détective.
Le magnat de la presse sembla se réveiller.
- pardonnez-moi, je lisais. Très intéressant. Barbe-rousse ?
Sherlock cligna des yeux, surpris, puis se ressaisit.
- suis-je un intermédiaire acceptable ? Répéta-t-il.
- Où est la salle de bain, je vous prie ?
- Par ici, monsieur, dit l'un des gorilles.
- Est-ce dans le même état que l'appartement ?
À ce moment, Enaya sortit de la salle de bain.
- je suis navrée, monsieur, dit-elle. Je crains que cette pièce soit temporairement inutilisable.
Sherlock lui jeta un regard interrogatif.
- je me suis laissée emporter, dit-elle en réponse.
- Bien entendu. Comme la dernière fois ?
- Pas exactement.
Elle se dirigea vers l'un des ordinateurs, et entra des coordonnées.
- où l'as tu envoyé ? Demanda Sherlock.
- 14 avril 1912, vers deux heures du matin. Coordonnées 41°46' N et 50°14'O.
- oh. j'espère qu'il appréciera le voyage.
- Pardon, à quoi ça correspond ? Demanda John.
- Le naufrage du Titanic.
- Est-ce que... est-ce que vous êtes en train de vous débarrasser d'un cadavre ? S'exclama John.
- Comme je l'ai dit, je me suis laissée emporter.
Elle sentit un regard fixé sur elle, comme la scannant.
- Charles Augustus Magnussen, dit-elle. Vous pouvez me lire tant que vous voudrez, vous ne trouverez rien sur moi. Mon unique point de pression n'appartient pas à ce monde.
Elle se laissa tomber dans le fauteuil de Sherlock, et croqua nonchalamment dans une pomme. Il la regarda un instant, puis, pour montrer sa domination, il abaissa sa braguette et urina dans la cheminé, sous le regard plus que choqué de John.
- dites à Lady Smallwood que je garderais ses lettres tant que j'estimerais en avoir besoin, dit-il en s'essuyant les mains.
Il sortit ensuite, suivi par ses gorilles, tapotant l'intérieur de sa veste. Enaya sourit tout en continuant de manger sa pomme en voyant l'excitation se peindre sur le visage du détective.
- as-tu vu la chose remarquable qu'il a fait ? S'exclama-t-il à l'intention de John.
- C'est assez difficile de la manquer, en effet, dit le médecin toujours sous le choc.
- Il a amené les lettres avec lui ! Ce qui veut dire qu'il était prêt à négocier !
- Bon. Et maintenant ?
- Je dois aller faire du shopping. Rejoins moi ce soir, à 19h, devant les bureaux de Magnussen.
- J'ai peut-être quelque chose de prévu, ce soir !
- Non, ce n'est pas le cas ! Mia, viens, je vais avoir besoin de toi.
La jeune femme se leva.
- il faudra penser à nettoyer la salle de bain.
- Oui, oui, on s'en occupera plus tard, viens !
- Où est-ce que vous allez ? Demanda John.
