L'homme avait continué à venir passer ses nerfs sur lui. Puis un jour, il était entré en souriant, traînant un tabouret derrière lui et tenant à la main une bouteille et deux verres. Il s'assit face à lui sur le tabouret, et servit deux verres de ce qui ressemblait à de la vodka ou à un autre alcool du genre. Il en but un et lui tendit l'autre. Voyant que son otage ne bougeait pas, il sourit, et but le second verre.
- dans un mois, fit-il, mon maître va revenir, et ta mort sera le premier pas vers sa vengeance.
Quand il entendit ces mots, il crut que son cœur s'arrêtait de battre. Il pensa à son ami, avec qui il n'avait pas pu se réconcilier. L'autre repartit en riant. Il commença à pleurer. Il pleura ainsi longtemps, jusqu'à ce que ses yeux soient secs. Puis, la détermination prit le pas, et il décida qu'il ne mourrait pas sans se battre. Il vit par terre un bout de faïence du lavabo, s'en saisit, l'observa, puis se mit à le frotter contre le mur pour le tailler en pointe.
