Lorsqu'ils revinrent à Baker Street, John Watson laissa exploser sa colère. C'était sa femme. Sa femme. Sa femme qui avait tiré sur son meilleur ami et avait manqué de le tuer. Et Sherlock savait. Il savait et il n'avait rien dit.

- John, essayez de vous calmer, dit Enaya.

- Oh, vous la ferme ! Vous saviez aussi, pas vrai?

- Oui. Je savais ce qu'avait fait Mary, et je savais où était Sherlock. Mais les choses sont plus compliquées qu'il n'y paraît.

- JE SUIS RAVI DE L'APPRENDRE ! Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?

- Tout, intervint Sherlock.

- Pardon ? Demanda John en se tournant vers lui.

- Regarde les choses en face, John. Tu es un ex soldat en manque de guerre qui vit dans l'appartement de l'ex-femme d'un chef de cartel, avec un junkie sociopathe. Tu savais ce qu'elle était, John. Tu le savais au fond de toi, et c'est pour ça que tu l'a choisie.

- Donc, c'est ma faute si je suis entouré de fous, parce qu'au fond c'est ce que je veux, c'est ça que tu es en train de dire ?

- Exactement, fit Enaya, amusée.

John lui lança un regard assassin.

- regarde Mary, John, fit Sherlock. Regarde-la. Qu'est-ce qu'elle est ?

- La femme que j'aimais et qui a failli tuer mon meilleur ami ?

- Non, qu'est-ce qu'elle est, maintenant ?

- La menteuse que j'ai épousée et qui porte mon enfant ?

- Non, John, regarde-la, maintenant, et dis moi ce qu'elle est.

John prit une profonde inspiration et jeta un long regard à son ami.

- d'accord, finit-il par dire sèchement. On le fait à ta façon. On le fait toujours à ta façon.

Il installa une chaise, qu'il désigna à sa femme.

- assieds-toi là.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est ce qu'ils font !

- Qui ?

- Les gens comme toi. Les gens qui ont une affaire. Les clients. Parce que c'est tout ce que tu es, maintenant. Une cliente. Assieds-toi !

Mary lui jeta un regard implorant.

- vous devriez faire ce qu'il vous dit, intervint Enaya avec douceur.

Mary finit donc par s'asseoir, tandis que John et Sherlock prenaient place dans leurs fauteuils respectifs. Un moment de silence s'en suivit.

- allez-y, incita Enaya.

Mary commença donc à fouiller son sac, et tendit à John une clé usb, sur laquelle était inscrit : A.G.R.A.

- Agra ? Demanda Sherlock en prenant à son tour la clé.

- Mes initiales.

On aurait dit que John avait reçu un violent coup de massue dans le ventre.

- je t'en supplie, John, lui dit-elle. Si tu m'a jamais aimé, ne l'ouvre pas devant moi.

- Pourquoi cela ?

- Parce que quand tu le feras, tu cesseras de m'aimer pour toujours. Et je ne veux pas être là pour le voir.

John ne répondit dit rien et garda un visage impassible. Mary baissa les yeux.

- je t'écoute, dit calmement Sherlock.

La femme enceinte commença donc à raconter sa vie d'avant, et les informations que Magnussen détenait sur elle.

- je la prends, déclara Sherlock.

- Quoi ? Demanda Mary.

- Ton affaire. Quoi que Magnussen ait sur toi, je prends l'affaire en charge.

- Pourquoi ?

- Tu es la femme de John, se contenta-t-il de répondre.

- Et quoi qu'il en dise maintenant, compléta Enaya, John vous aime.

Sherlock leva les yeux au ciel, puis se leva de son fauteuil. Il fit quelques pas en direction de la cuisine, puis s'effondra.

- Sherlock ! S'écria John.

Lui et Enaya se précipitèrent vers le détective. Le médecin prit son pouls. Le cœur battait à un rythme délirant.

- je fais une hémorragie interne, dit le détective.

John lança un regard plein de colère à sa femme, et Enaya capta ses pensées.

- s'il meurt, c'est de ta faute.

Enaya prit la main de Sherlock pour lui transmettre suffisamment de sa force pour qu'il reste en vie jusqu'à l'arrivée des secours.

- tu es parti trop tôt, espèce d'idiot, dit-elle au détective.

- Oui, bien ça, c'est moi, je suis un gentil idiot, répondit-il.

Et un sourire tendre se peignit sur les lèvres de la jeune fille.