Lorsqu'ils furent arrivés au lieu des coordonnées GPS, Lestrade sortit son pistolet et, suivi de Sherlock, monta les marches du perron jusqu'à la porte. Il frappa dans un premier temps à la porte, puis, sans réponse, entra. Il commença à faire le tour de la maison, Sherlock sur les talons. Entrant dans la cuisine, il tendit son arme en découvrant, tapie contre le mur, une jeune domestique. Celle-ci leva immédiatement les mains en signe de reddition. La jeune fille était en larmes.

- Elle est effrayée, remarqua Sherlock. Elle est innocente.

- Ton nom ? demanda Lestrade.

- Il… il m'appelle Maggie.

- Comment ça, il t'appelle Maggie ? quel est ton vrai nom ? ne te moque pas de moi.

- Est-ce que tu te rappelles de ton vrai nom ? intervint Sherlock. Ça fait combien de temps que tu es ici ?

- Qu'est-ce que tu veux dire, petit ?

- Regardez-la. Regardez-la bien. Regardez les marques sur ses poignets, et sur son cou. Regardez la façon dont elle se tient. Elle est prisonnière. Ça doit être l'une des premières victimes. Certaines blessures sont même récentes.

- Oh, seigneur…, souffla l'officier.

Et il baissa son arme. Il s'approcha de la jeune fille, et remarqua qu'elle avait des contusions au visage

- qui t'a fait ça ?

- Le client du maître n'était pas content de moi, alors le maître et lui m'ont punie.

- Ils sont encore là ?

La jeune fille hocha la tête, terrifiée.

- Où sont-ils ?

- En… en bas.

- D'accord. Attends-nous ici. Ça va aller, maintenant, c'est fini.

Il se dirigea, toujours suivi par Sherlock, vers la lourde porte qui menait à la cave. Arrivé en bas, Gregory Lestrade découvrit un spectacle horrifiant. L'immense cave était séparée en cellules. Il en compta une vingtaine, dont certaines étaient vides. Dans les autres, des fillettes étaient habillées de manière indécente, et recroquevillées contre le mur. Mais ce n'était pas la partie la plus horrifiante du spectacle. En effet, couché à terre dans une flaque de sang, gisait un homme aux cheveux blancs. Ses blessures semblaient nombreuses. Il se trouvait devant la porte d'une cellule. La porte voisine, elle, semblait avoir explosé de l'intérieur. Au fond de la cellule intact, se trouvait une fillette terrifiée, qui fixait la scène qui se déroulait devant elle. Car en effet, devant elle, comme la protégeant, il y avait une créature que le futur inspecteur n'oublierait jamais. Une créature tout droit venue de ses plus intenses cauchemars. La créature flottait au dessus du sol, debout, et tendait le bras vers un deuxième homme, qui était tombé à genoux et semblait suffoquer.

Le premier réflexe de Gregory Lestrade fut de vérifier que la fillette ne risquait rien. Il ne pouvait cependant pas prendre le risque d'ouvrir la porte de la cellule, car cela inclurait de passer très près du monstre. Il ne pouvait pas prendre ce risque. Il dut rapidement reconnaître qu'il ne savait pas quoi faire.

- Tirez-lui dans l'épaule ! lui dit alors Sherlock.

- Quoi ? mais tu as perdu la tête !

- Faites ce que je vous dis, elle va le tuer, et ça n'aura servi à rien !

- Si je lui tire dessus, elle risque de nous attaquer.

- Elle a pété les plombs. La faire saigner est la seule façon de la faire revenir.

- De quoi est-ce que tu parles, bon sang ?

Sherlock, n'en pouvant plus de cette interminable discussion, arracha le pistolet des mains du policier, visa rapidement, et appuya sur la détente. La balle l'atteignit sur le côté de l'épaule, et à l'immense surprise de l'inspecteur, elle tomba à terre et se transforma en une fillette brune d'une dizaine d'année.

- Oh, merde ! fut la seule chose qu'il trouva à dire.

Sherlock se précipita vers elle. Elle ouvrit péniblement les yeux.

- J'ai fait du dégât ? Demanda-t-elle.

Le détective en herbe se contenta de hocher la tête, et elle poussa un soupir fatigué, qu'elle enchaîna avec un « aïe » en sentant son bras. Sherlock l'aida à se redresser.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda-t-il.

Elle haussa les épaules et répondit :

- On ne touche pas aux petites filles. C'est tout.

En disant cela, elle jeta un regard froid à l'homme qu'elle avait tué, puis à celui qui avait eu la chance de s'en sortir, à savoir l'homme qui l'avait emmené dans cette cave. L'agent Lestrade s'était précipité vers lui, et l'homme reprenait lentement son souffle.

- M… monsieur l'agent… bégaya-t-il. Cette fille… c'est… c'est un monstre ! arrêtez la !

- Le seul monstre ici, c'est toi, salopard. Les mains dans le dos.

Et il lui passa les menottes. Puis, il se dépêcha d'appeler une ambulance, prit les clés de l'homme, et alla ouvrir la porte la plus proche de lui. La fillette se recroquevilla un peu plus.

- Viens par ici, dit-il doucement. C'est fini, maintenant, plus personne ne te fera de mal.

- Elle est russe, dit Mia.

Sherlock répéta donc la phrase en russe, et la petite fille lui répondit.

- Montrez-lui votre insigne. Elle n'a pas confiance en vous.

L'inspecteur sortit donc son insigne, et le montra à la fillette.

- tu n'as rien à craindre, dit-il doucement. Approche.

Sherlock traduisit la phrase, et après un instant d'hésitation, la fillette s'approcha de l'inspecteur, puis vint se réfugier dans ses bras avant d'éclater en sanglots. Lestrade s'employa à la rassurer, et Sherlock lui prit les clés pour ouvrir les autres portes. Les fillettes sortirent timidement, puis Lestrade demanda à tout le monde de remonter les escaliers. La jeune russe sembla hésiter, mais Sherlock, soutenant Mia, lui dit quelque chose, et elle suivit les autres.