Elle continua un moment de lui parler de Jiranatla, puis ils changèrent encore de conversation, jusqu'à ce qu'ils aient terminé leur repas. Lorsqu'ils sortirent du restaurant, elle le vit se tendre.
- un problème ? Demanda-t-elle
- c'est ici que j'ai été enlevé.
- Je vois. C'est pour ça que vous avez voulu revenir ici, n'est-ce pas. Parce que si rien n'arrive, vous pourrez tourner la page.
Il hocha la tête en silence, et elle lui prit la main dans un geste réconfortant.
- il ne vous arrivera rien, dit-elle. Je ne laisserais rien vous arriver.
- Tom ? Retentit soudain une voix féminine derrière eux.
Ils se retournèrent pour faire face à une femme blonde d'une trentaine d'années, en qui Tom reconnut une de ses amies.
- Joanna, dit-il en faisant un pas pour s'approcher.
Enaya le retint d'un geste du bras, et il lui jeta un regard d'incompréhension.
- elle est sous contrôle, dit-elle.
- Quoi ? Ça n'a pas de sens ! Elle est tout à fait normal !
La jeune femme s'adressa alors de manière naturelle à la blonde, dans une langue que l'acteur ne connaissait pas. À sa grande surprise, son amie lui répondit dans la même langue. Comprenant que quelque chose n'allait pas, il se plaça derrière Enaya. La femme blonde parut alors se mettre en colère.
- ne te mets pas en travers de la volonté du roi ! S'exclama-t-elle.
- Appelez une ambulance, chuchota Enaya. Dites que votre amie a fait un malaise.
- Qu'est-ce que vous allez lui faire ? Demanda l'acteur d'un ton inquiet.
- Je ne lui ferais pas de mal. Je vous le jure. Mais il faut que je coupe les ficelles.
Tom fit donc ce qu'on lui disait. Enaya, vive comme l'éclair, courut alors en direction de la femme, et apposa ses mains sur ses tempes. Elle ferma les yeux et se concentra un moment. Puis, soudainement, la femme s'évanouit. Tom voulut se précipiter vers elle.
- Ne la touchez pas, lui ordonna Enaya.
Elle fouilla rapidement les affaires de Joanna, et trouva un couteau, caché dans son sac à main. Elle l'étudia rapidement.
- poison, déclara-t-elle. Je ne le connais pas.
Elle sortit de sa poche un mouchoir, dans lequel elle enveloppa soigneusement le couteau. Elle se releva, se retourna vers lui, et vit qu'il était très secoué.
- ça va aller, dit-elle doucement. Elle ira bien, je vous le jure. Elle ne se souviendra de rien. Elle aura seulement mal à la tête à son réveil.
- Elle a essayé de me tuer.
- Non. IL a essayé. Elle était contrôlée.
- Mais est-ce que ça veut dire qu'il peut contrôler tout le monde ? Est-ce que ça veut dire que je ne peux plus voir personne ?
- Non. Il n'est pas encore revenu, et la distance l'affaiblit. Il ne peut contrôler que les esprits les moins forts, et même alors, les fils sont fragiles. Ça a du lui coûter beaucoup d'énergie. Nous avons suffisamment de temps jusqu'à la prochaine attaque pour vous mettre en sécurité. D'accord ?
Il hocha la tête, et se passa la main dans les cheveux.
- très bien, dit-elle. Alors on va attendre l'arrivée des secours, et ensuite, on rentrera.
- Oui. D'accord.
