Ces mots furent ceux qui firent exploser Ben.
- vous êtes contents maintenant ? Demanda-t-il. Vous êtes satisfait ? Vous avez la preuve que vous recherchiez ?
- Nous avions besoin de savoir, répondit calmement Enaya.
- De savoir quoi, au juste ? Qu'il est la victime dans cette histoire ? C'est ça ? D'être sûr qu'il a bien été enlevé, séquestré et torturé ? Vous n'aviez pas besoin de lui refaire vivre ce traumatisme pour voir ça. Il vous suffit de le regarder !
- Croyez-moi, il était dans un état bien pire quand je l'ai retrouvé. Je me suis occupé de lui.
- Oui... oui, ça je m'en souviens. Je me souviens de ses cris de douleurs, de ses pleurs, de comment vous l'avez « opéré » sans même une anesthésie, et sans doute sans le matériel nécessaire.
- Auriez-vous préféré que je le laisse risquer la mort ?
- Il la risquait tout autant avec vous ! Il aurait pu mourir d'une infection !
- Je savais ce que je faisais.
- Vous ne saviez rien du tout !
- S'il te plaît, Ben... tenta d'intervenir Tom pour calmer la situation.
- Ce n'est pas cela que nous avions besoin de savoir, intervint sèchement le docteur. Nous avions besoin de savoir si nous pouvions lui faire confiance ou s'il était une menace. Il a peut-être bien été secouru par ma princesse, mais je considère qu'on ne peut pas lui faire confiance. Après tout, le Marionnettiste a très bien pu prendre l'apparence de la princesse pour nous tromper.
- COMMENT POUVEZ-VOUS LE JUGER ? VOUS NE LE CONNAISSEZ PAS ! COMMENT POUVEZ-VOUS LUI REPROCHER SON ASCENDANCE ?
- JE LUI REPROCHERAI CE QUE BON ME SEMBLE ! JE NE CONFIERAIS PAS LE DESTIN DE LA TERRE AU REJETON D'UN HOMME ASSEZ SORDIDE POUR VIOLER LA FEMME AVEC QUI IL A GRANDI POUR S'ASSURER LE TRÔNE !
- CA SUFFIT ! Intervint Enaya. Ben, je suis parfaitement consciente du traumatisme que j'ai poussé Tom à revivre, mais je n'avais pas d'autre solution. D'autre part, Tom savait ce qui serait attendu de lui en venant, puisque je lui ai tout expliqué. Quant à vous, Docteur, nous étions d'accord. Tom a bel et bien prouvé qu'il ne mentait pas au sujet de la princesse, il doit donc être considéré innocent et digne de confiance.
- Je ne peux pas le croire, répondit le seigneur du temps. Il est le fils du marionnettiste...
- croyez-vous que je sois fier de cet héritage ? Demanda Tom. J'en suis terrifié ! J'ai été enlevé à cause de lui, j'ai été torturé. Celui qui m'a enlevé a essayé de me noyer à plusieurs reprise pour que je l'appelle, que je le fasse venir, et comme ça ne marchait pas, j'ai été battu presque tous les jours pendant près de deux mois ! J'ai parfois prié pour qu'il me tue, pour que j'arrête de souffrir. Vous pensez vraiment que j'ai voulu tout ça ?
Le docteur ne répondit pas, et un silence pesant s'installa.
- je propose qu'on vote, déclara David. Qui pense que Tom représente un danger ?
Aucune main ne se leva.
- bon. Qui pense que nous devrions lui remettre le trône qui lui revient de part le droit de sa naissance, à savoir le trône de l'Atlantide.
Toutes les mains se levèrent, sauf bien sûr celle de Ben, qui ne pensait pas avoir à voter, et celle du docteur. Le seigneur du temps, toujours debout, se tenait immobile, les yeux dans le vague. Jenny se leva et posa la main sur son épaule.
- papa ? Demanda-t-elle.
- Je l'aiderai, finit-il par répondre. C'est mon devoir envers la Princesse. Mais n'attendez pas de moi que je l'accepte. C'est au dessus de mes forces.
- Bien, fit David. Voilà qui règle la question.
Enaya se tourna vers Tom.
- Tom, la décision vous appartient.
- je... j'ai besoin de temps pour assimiler tout ça. Je ne veux pas oublier. Mais... devenir roi ? Je ne me sens pas prêt ! J'ignore tout de ce monde !
- Dans ce cas, mon prince, si vous le voulez bien, je serai votre formatrice. Je vous apprendrai notre histoire, je vous apprendrai à maîtriser votre don, et je vous apprendrai à vous défendre contre ceux qui voudront vous faire du mal. Et quand vous vous sentirez prêt, vous monterez sur le trône, et nous poserons la couronne sur votre tête.
- Eh bien ! Vous savez parler pour ne pas mettre la pression ! Fit Tom avec un rire nerveux. Dans ce cas, j'accepte d'être votre élève. Je ne dis pas que je serai un jour prêt à devenir roi, mais je veux bien essayer.
- Si personne n'a rien à ajouter, je déclare cette session terminée, fit David.
