Chapitre 2 : Luxus
« Luxus, lève-toi !
Je menace mon grand-père du regard, et ensevelis ma tête sous l'oreiller. Il faut absolument que je me mette à chercher un appart', car tant que je logerais chez le vieux, il n'y aura pas moyen d'être tranquille. Mon dernier refuge reste ce simple coussin à travers lequel je me mets à grogner :
-Fiche-moi la paix, le vieux !
-Je ne déconne pas. Tu dois te réveiller pour ne pas être en retard en cours.»
La terminale. Je devrais être fier de ne pas avoir abandonné avant. Après tout, les cours étaient d'un ennui tellement mortel… Aller en terminale, pour moi, c'est de la rigolade. Je sais que je peux continuer, j'en ai largement les capacités. Après la remise de diplômes, débuteront peut-être les vraies difficultés, avec l'université. Du moins, si j'ai le courage d'y aller, car malgré mes capacité, la flemmardise me submerge souvent, je dois bien l'avouer.
J'entends, à moitié rendormi, la voix fière de Makarov à travers l'oreiller :
-J'ai fais un petit déjeuner de chef, on va se régaler !
-Tant mieux pour toi, grognais-je en me retournant pour me mettre dos à lui.
Je l'entendis soupirer et partir. Enfin ! Il allait me laisser dormir. Ah non. J'entends ses pas, il revient.
-Je te préviens, si tu ne te lèves pas dans les deux minutes, je te renverse cette carafe d'eau sur la tête.»
Un peu de tranquillité, c'était trop demander pour une fois ? C'est bon, le premier jour est encore moins intéressant que les autres, les profs ne font que se présenter. Ce n'est donc pas grave si j'arrive en retard. Et si je peux éviter de voir tous ces imbéciles qui sont aussi peu intéressants les uns que les autres, je ne vais pas m'en priver. J'attrape mon deuxième oreiller, que j'avais délaissé en dormant, et je le balance à travers la pièce : dans le mille ! Au son des injures, l'eau venait de se renverser intégralement sur le vieux.
« Arhhh ! hurle-t-il – Mon costume tout neuf !
A cette remarque, j'éclate de rire à travers mon coussin toujours sur ma tête. J'entends le vieux repartir, il a compris. Je me calme et me rendors. Je commence à retourner tranquillement dans les bras de Morphée, quand je sens de l'eau glacée, éclabousser ma tête puis mon dos, et même mes jambes. Putain, le vieux va morfler !
-Debout !
Il est furieux, et ben moi aussi, ça tombe bien !
-Merde ! Je suis trempé ! m'écriais-je, en me levant pour aller étriper ce petit chauve moustachu.
Makarov me regarde de haut – enfin autant qu'il le peut vu qu'il m'arrive à la taille- et plonge sa main dans le reste d'eau glacée du pichet avant de me la lancer au visage :
- Tu as quelque chose à ajouter, Luxus ? Maintenant va t'habiller et prendre ton petit déjeuner avant de partir au lycée.»
Je secoue ma tignasse blonde pour l'éclabousser, lui aussi, mais cela n'est pas suffisant.
Je lui fais un sourire carnassier, avant de saisir ce pichet de malheur et de renverser le reste de son contenu sur sa tête. Puis je lui redonne et pars en rigolant vers la salle de bain.
Après une douche rapide, je retourne dans ma chambre, une serviette nouée autour de la taille. Là, je trouve mon grand-père en train de poser un plateau de nourriture, vêtu d'un nouveau costume. Il se retourne et lève les yeux aux ciels :
« Si tu comptes aller dans mon établissement dans cette tenue, ça va pas le faire. Tu pourrais au moins mettre un caleçon.
-Depuis quand t'es pudique, le vieux ? On dirait une bonne sœur. Et puis, t'es dans ma chambre, j'te rappelle, alors je fais ce que je veux.
-Au lieu de dire des âneries, tu ferais mieux de te dépêcher.»
Alors qu'il quitte la pièce, j'attrape un T-shirt noir dans mon armoire et enfile un caleçon et un jean. Tandis que je pose mon casque sur ma nuque, j'attrape un croissant du plateau. Puis je prends mon sac et sors de ma chambre.
Makarov est en train de prendre son petit déjeuner dans la cuisine, tout en récitant son discours de bienvenue. Je soupire, et dire que mon grand-père est le directeur de Fairy Tail, alors que moi, je suis connu comme un grand délinquant, quel contraste.
Je passe sans un mot devant lui, tout en croquant dans ma viennoiserie. J'attrape mon manteau et mes gants. Je fais un vague signe d'au revoir au vieux, et je m'en vais, en songeant à la manière dont je pourrais me venger de ce réveil glacial.
Dans la rue, des types portant des bandanas noir et rouge me regardent. Ils font partis du gang des Raven Blood, le gang mexicain qui règne sur une bonne partie Magnolia. Je sais que leur chef, dont personne ne connaît l'identité, n'apprécie pas les actions de ma bande, mais je m'en fiche, ils ne me font pas peur. Si l'un d'eux décide de me chercher des noises, je le tabasserai sans hésitation. Je décide de les ignorer et grimpe sur ma moto noire. J'allais mettre le contact quand :
« Lux', attends, s'exclame une voix féminine bien familière.
Minerva Orlando, ma voisine et ancienne copine, court dans ma direction.
-'lut
-Tu m'amènes au bahut ?»
Sa courte jupe noire laisse voir ses jambes incroyables et son haut moulant met en valeur sa poitrine, largement généreuse. Autrefois, j'aurais peut-être fait n'importe quoi pour elle. Enfin pas vraiment mais en tout cas, elle, avait un peu plus d'intérêt que les autres filles à mes yeux, mais c'était avant que je ne la surprenne dans le lit d'un autre garçon, cet été. Ou plutôt, dans sa voiture.
« Allez, Luxus. Je promets de ne pas te mordre… à moins que tu ne me le demandes, me dit-elle en me faisant un clin d'œil.
Minerva est une des potes des Raven Blood. Lorsqu'on était en couple, on se soutenait l'un l'autre mais plus maintenant. Pourtant, je décide de faire un élan de gentillesse rarissime de ma part :
— Monte.»
Minerva place délibérément ses mains sur mes hanches tout en s'appuyant contre mon dos. Mais cela ne provoque pas l'effet qu'elle espérait sans doute, vu qu'elle essaye de m'embrasser la joue mais je la repousse d'un coup d'épaule. Qu'est-ce qu'elle croit ? Que je vais oublier le passé aussi facilement ? Hors de question. Parce que ce qui me définit, moi, c'est ma propre histoire, mon honneur et ma fierté. Pas que sa tromperie m'ait brisé le cœur, loin de là, je m'en fiche royalement, mais elle m'a fait passer pour un cocu, et ça je ne suis pas près de le lui pardonner. J'avais envie de la faire descendre de ma bécane, mais c'était trop tard. Alors je démarre le moteur, et roule vers le lycée pour commencer une nouvelle année ennuyeuse et sans intérêt.
