Chapitre 11 : Mirajane

Le cours de gym a commencé depuis une demi-heure. Pendant que je me dépêche de me mettre en tenue, je repense à ce qui s'est passé dans le bureau du proviseur. Mrs Polyussica me jugeait aussi responsable que Luxus. Alors que ma terminale débute à peine, ce mec est déjà en train de me la gâcher. Tandis que j'enfile mon short de sport, des pas résonnent dans les vestiaires. Minerva Orlando fait son apparition.

Oh ! non. Je l'avais complétement oubliée celle-là.

-Ce doit être mon jour de chance, lance-t-elle en me dévisageant, tel un fauve prêt à bondir sur sa proie.

Si tous les fauves n'ont pas de longs cheveux noirs, ils sont tous armes de griffes. Et celles de Minerva sont peintes d'un rouge éclatant. Elle se rapproche. J'ai envie de reculer, pour être plus exacte, j'ai envie de fuir, mais je m'abstiens ; hors de question. Elle continue avec un sourire cruel.

-Tu sais, je me suis toujours demandé à quoi ressembler de près la garce qui veux me prendre mon mec. La couleur de ton soutien-gorge rose va parfaitement avec ton image de petite pute. Comme c'est étonnant. Je suppose qu'il t'a coûté aussi cher que ta coloration.

-Tu n'es pas venue me parler de soutien-gorge et de coloration, Minerva. Et pour ton information, je ne me colore pas les cheveux.

J'enfile mon haut et déglutis bruyamment : elle est venue m'en coller une. Je le sais, je le sens.

-Tu sais, la nouvelle, quand une salope s'attaque à mon mec, je deviens quelque peu agressive.

-Je n'en veux pas de ton mec ! Tu peux te le garder.

- Oh ! Je t'en prie. Les filles dans ton genre veulent être aimées de tous les garçons pour les avoir à leur disposition, au cas où.

-Ne me confond pas avec toi.

Mince, je n'aurais pas dû dire ça, mais je n'aime pas comment elle me définit. C'est vrai quoi, ça fait même pas une semaine que je suis dans ce lycée et elle croit m'avoir déjà cerné. Et puis, c'est quoi leur problème dans cette ville à me traiter de bourge ou de fille à papa à longueur de temps?

-Tu te crois drôle ? Voyons de quoi tu auras l'air avec la lèvre enflée et un œil au beurre noir. Est-ce que tu viendras avec un sac-poubelle sur la tête ? Ou est-ce que tu t'enfermeras dans ta grande maison, le temps que ça passe ?

Minerva continue à avancer vers moi et me pousse contre le casier dans mon dos.

Je ne suis pas du tout effrayer par son ton agressif mais le fait qu'elle est un peu trop près de moi me rend sur la défensive. Je sais qu'elle va attaquer mais je ne sais pas quand et comment. Rien dans son attitude ne me permet de le prévoir.

-Laisse-moi, la prof va venir me chercher, tu sais. Tu veux être exclue ?

Je sais, c'est une technique de faible mais je m'efforce simplement de gagner du temps pour trouver une autre solution. Elle éclate de rire.

-Tu crois que j'en ai quelque chose à foutre d'être exclue ?

Pas vraiment, mais j'ai essayé quand même. Minerva tente de nouveau de me pousser par l'épaule mais, cette fois, je m'y étais préparer alors j'arrive facilement à esquiver son geste. Elle n'apprécie pas, elle lève immédiatement son poing pour me le mettre en pleine tête. J'esquive une nouvelle fois en me décalent légèrement. Elle continue en lançant son autre poing que j'esquive encore une fois. Son coup percute le casier derrière moins, elle crie de douleur en se tenant la main. Je n'attends pas qu'elle se ressaisie et part vers la sortie du vestiaire sans demander mon reste.

- Connasse, reviens ici.

Dès que j'arrive sur le terrain, je remarque qu'aujourd'hui est un court de gymnastique. Génial ! Je rejoins Lucy et Erza qui s'échauffent. Mon arriver ne passe pas inaperçue, la prof me fait une œillade mauvaise mais ne dis mots.

Je m'assoie à côté de la blonde et commence des étirements. Je ne veux pas faire des exercices de gymnastiques mais les étirements ne me dérangent pas. Je regarde Minerva rentrait discrètement, en se tenant le poignet pendant que la prof avait le dos tourné.

-Dis-donc, tu es bien retard ! me lance Erza.

Je souris à la déléguée

-J'ai été convoqué chez le directeur par la prof de chimie

-Ah bon ? Pourquoi ? me demande Lucy, curieuse en se pliant pour toucher le sol, les jambes tendues

-C'est parce que je suis soi-disant responsable des actions de mon binôme.

-En gros tu as été convoqué à cause de Luxus, souffle Erza en secouant la tête –Tiens en parlant du loup, le voilà.

Je me retourne et regarde Luxus rentré dans le gymnaste et allé droit vers sa bande. Minerva s'approcha de lui et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Le balafré repousse la brune et part vers le type aux longs cheveux verts.

-Je suis aussi en retard parce que j'ai croisé Minerva dans les vestiaires.

-Oh mon Dieu ! ça va ? s'enquit Lucy –qu'est-ce qu'elle te voulait ?

-Elle m'a menacé pour que je ne lui pique pas son copain, dis-je en racontant ma rencontre avec cette furie.

-Ce type te porte une de c'est poisse, s'exclame Erza, -un conseil, éloignes-toi le plus possible de ce type

Elle n'a pas du tout tort. Depuis que j'ai failli foncer dans la moto de ce gars le premier jour, la poisse ne me quitter pas. Au contraire, j'ai l'impression qu'elle s'intensifier avec le temps. Le problème, c'est comment m'éloigner de lui alors que c'est mon binôme en chimie ?

-Bien, annonce Mrs Lucky en haussant la voix. Puisque tout le monde est là, on va pouvoir commencer les exercices. Je vais faire des groupes de deux et vous assignez un petit exercice de gymnastique pour que je puisse évaluer votre niveau.

Plus personnes ne discutent, on attend tous de savoir avec qui la prof va nous mettre. Je regarde l'ensemble des élèves et essaye de deviner avec qui je pourrais être. Mon regard se stoppe sur Minerva assise à côté de Luxus et prie pour ne pas me retrouver avec.

-Je vais vous désignez les groupes : on va commencez par les retardataires, Luxus et Mirajane, vous irez aux barres parallèles. Jellah, Erza, vous ferez des exercices sur la poutre, Minerva, Midnight…

Je n'écoute plus ce qu'elle dit, je reste bloqué sur le nom de mon partenaire…Luxus…encore. Minerva ne va arrêter de sitôt de croire que je veux lui piquer son mec si je retrouve à chaque cours avec lui ! Lucy et Erza se lèvent en me souriant pour m'encourager avant de partir vers leur propre coéquipier, toute aussi joyeuse que moi.

Je me lève à nouveau en soupirant. Et me rapproche de Luxus qui est vautrait sur un tapis à côté des barres parallèles.

-Hum,Hum, toussais-je pour attirer son attention.

Celui-ci se leva et me dit d'un ton froid en désignant les barres parallèles derrière lui:

-Tu commences ?

Je me retourne pour regarder les différents groupes commençaient des exercices sur leurs ateliers respectifs. La prof passe pour évaluer chacun. Je regarde ensuite Luxus, les bras croisés, visiblement en train d'attendre ma réponse.

-Non, vas-y. Je ne sais pas utilisé les barres parallèles, mentais-je

Je le vois haussé un sourcil mais il ne dit rien, se contentant de me lançait un livre. Je l'attrape et lis la couverture. C'est un catalogue qui explique différents exercice en rapport avec les barres parallèles.

Je m'assois sur un des tapis en ouvrant le livre sur mes genoux. Je le feuillète sans conviction, je connais déjà pas mal de ses exercices, je les effectuais quand je faisais partie du club de gymnastique. Je me rappelle la sensation incroyable que j'éprouvais en effectuant certaines figures que ce soit aux barres parallèles que sur les barres asymétriques ou encore sur les poutres. Cette sensation me manque mais je n'ai pas le droit d'y penser, pas le droit de le ressentir.

Luxus se hisse sur les barres et commence à faire les exercices avec perfection. Mrs Lucky, le voyant se rapproche de nous et regarde Luxus voltiger avec approbation. Puis, quand celui-ci descend, elle le félicite pour sa maîtrise.

-Mirajane, c'est à votre tours, on vous regarde, me lance-t-elle.

-Je ne sais pas utiliser les barres parallèles, redis-je dans l'espoir qu'elle n'insiste pas, en vain

-Vous mentez, Monsieur le directeur m'a informé de votre cas. Alors soit vous faites l'exercice que je vous demande, soit je vous colle chaque samedi pour que veniez nettoyer le gymnase.

Je la regarde, indignée. Luxus me dévisage, se demandant sûrement de quoi la prof parlait. N'ayant pas le choix, je ne pourrais pas faire un emploi le soir, si je suis collée tous les jours. Je me résigne et me lève. Mon cœur bat la chamade, j'ai l'impression qu'il va exploser dans ma poitrine. Je me rapproche des barres et touche la première.

Tans dis que je me mettais en position entre les deux barres, mon esprit bouillonnait. Mes mains se mirent à trembler légèrement, je ne pouvais pas de refaire ce sports, pas après ce qui c'était passé.

La gymnastique avait bousillé ma vie, celle de mon frère et celle de ma sœur. Elle avait tué mes parents. Si je n'avais pas autant insisté pour qu'ils m'accompagnent à la dernière minute à ma compétition, ils n'auraient pas eu cet accident. Mon frère n'aurait pas cette énorme cicatrice sur son visage, ma sœur ne serait pas dans un fauteuil roulant et eux, ne seraient pas morts.

Je me mis sur la pointe des pieds, puis je saute, m'appuyant sur mes mains pour me soulever sans efforts. Répartissant équitablement mon poids dans chacun de mes bras, je reste en équilibre.

Si je n'avais pas autant insisté pour qu'ils aillent plus vite, ils n'auraient pas pris ce maudit raccourci, ils n'auraient pas loupé le virage. Nous aurions encore nos parents et Lisanna ne serait pas dans un fauteuil roulant par ma faute. La culpabilité ne m'avait jamais quitté et à chaque fois que j'étais confronter ce sport, elle revenait.

Je respire un grand coup essayant de me concentrer. Je regarde mon professeur qui me dit de me dépêcher. Puis, je tourne mon regard vers Luxus, couché sur un tapis, il me regarde d'un air mi- blasé, mi- intrigué.

Je remets ma tête droite et commence à me balancer d'avant en arrière. Soudain, mes bras se bloquent, je suis incapable de continuer : les images de l'accident me reviennent en mémoire, le sang, les sanglots, la terreur. Tout cela me submerge d'un seul coup et mon sang se glace dans mes veines. Je n'y arriverai pas, je tremble comme une feuille, incapable de faire quoi que ce soit. Ma gorge se noua et des larmes me montèrent aux yeux. Je les ferme rapidement, et essaye de contrôler le flux d'émotion. Malheureusement, je n'y arrive pas, l'envie de pleurer me submerge de plus en plus. Je sais que je n'y arriverai pas, qu'importe ma volonté. Je suis incapable de faire ce que Mrs Lucky demande.

Résignée, je lâche prise et m'avance vers la prof de sports. Celle-ci me porte un regard courroucé en me tendant une feuille de colle bleu.

-Samedi matin, vous viendrez nettoyer la salle de sports. Sachez que je ne vous lâcherez pas de sitôt

Sans un mot, j'attrape sa feuille et cours en direction des toilettes. Sur le chemin, je croise le regard de Luxus. Celui-ci me dévisage avec curiosité. Je me dépêche encore plus, je sais qu'il va se moquer de moi.

Arriver au toilette, je verrouille une des cabines et m'assois sur la cuvette. Sentant de l'eau sur ma joue, j'essuie mes larmes. Je ne sais pas depuis quand mes yeux se sont mis à pleurer, j'espère que l'abruti de balafré ne l'a pas vu sinon je sens qu'il va me le balancer à la figure dès qu'il le pourra.

Je respire un grand coup, essayant de calmer ma respiration et mes esprits. Je ne sais pas combien de temps cela me prie mais une fois fait, je sors pour aller m'asperger le visage d'eau froide au lavabo. La sonnerie à retentit, j'attends encore quelques minutes avant de sortir pour aller au vestiaire des filles.

Tout le monde est déjà parti. Tant mieux, je n'ai pas envie de justifier mon comportement qui je pense à dû tout sauf passé inaperçue. Je me dépêche sachant Elfman doit déjà m'attendre près de la voiture. Je pousse la porte du vestiaire et tombe nez-à-nez avec Luxus qui visiblement m'attendait.