A/N : Grindelwald débarque dans ce chapitre !
Chapitre deux
Albus marchait dans la rue tout en chantonnant, les bras chargés de livres. La directrice avait accepté qu'il s'auto-enseigne la géographie, le Latin, la physique et la chimie, donc il était d'humeur plutôt bonne. Dieu sait ce qu'il aurait fait si elle ne l'avait pas autorisé. Il aurait emprunté les manuels et aurait appris quand même, très probablement. Aucune chance qu'Albus Dumbledore n'apprenne pas ce qu'il voulait apprendre.
Pensant à ce qu'il allait faire pour dîner (la tâche de préparer les repas lui avait été confiée pendant que sa mère s'occupait de gérer les visites d'Ariana à l'hôpital), il oublia de regarder des deux côtés de la rue avant de traverser une route habituellement vide. Et, en conséquence, n'avait pas remarqué la poubelle habitée qui se précipitait vers lui à un rythme étonnant jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
"Aïe !" s'exclama Albus lorsque la poubelle entra fortement en collision avec sa hanche, le renversant et dispersant ses manuels scolaires sur la route.
"Oh merde, c'était SI bien ! Je pense que le refaire est de mise," dit un jeune blond, sa tête surgissant hors de la poubelle. Il entrapercevait Albus, le souffle coupé et étendu sur le sol et sourit de manière inappropriée. "Oh désolée Rouquin, j't'avais pas vu. La prochaine fois regarde des deux côtés avant de traverser. Même dans les rues aussi tristement désertes que celle-ci. Tu sais jamais quand un incontrôlable délinquant s'amusera à surgir de nulle part. Honte à toi. Honte à vous tous, péquenauds campagnards, et votre quantité démesurée de livres d'études."
Se remettant sur pieds et se dépoussiérant, Albus regarda curieusement son assaillant. Il était encore en train de parler incessamment, mais Albus avait perdu le fil de la conversation. Au lieu de cela, son attention fut attirée par le slogan Allemand écrit sur le t-shirt moulant noir du garçon. C'était simultanément très vulgaire et très intelligent. Albus eut un sourire narquois.
"Salut. Je ne t'ai jamais vu par ici auparavant, es-tu nouveau dans le coin ?" demanda gentiment Albus. Dans la petite ville de Godric's Hollow, les nouveaux habitants étaient peu nombreux et rares.
"Ouais, j'viens juste d'arriver d'Allemagne." Eh bien, cela explique le léger accent et le t-shirt. "J'vis avec ma grand-tante. Bon Dieu, qu'est-ce que c'est ennuyeux par ici. Genre, terriblement ennuyeux. J'ai déjà visité une putain d'usine de boîtes et c'était foutrement plus amusant que cet endroit."
"Une petite ville comme ça, on prend un peu de temps pour s'y habituer, je suppose," répondit Albus. "Qui est ta tante ? Je la connais probablement." En effet, Albus connaissait presque tout le monde vivant à Godric's Hollow. Presque tout le monde à Godric's Hollow connaissait presque tout le monde à Godric's Hollow. C'est comme ça que les choses étaient.
"Bathilda. Bathilda Bagshot. C'est une vielle bique folle, mais elle n'est pas si mal. Tu la connais ?"
Elle vivait dans la même rue qu'Albus. Comme c'était pratique. Ce bizarre jeune homme serait juste à deux pas. Albus ne pouvait toujours pas décider s'il était parfaitement charmant ou complètement timbré. Mais c'est toujours mieux de voir le meilleur des gens jusqu'à preuve du contraire, c'est pourquoi Albus consenti à rentrer à la maison avec Gellert (comme son nom s'était révélé être).
Au moment où ils furent arrivés dans leur rue, Albus avait conclus que Gellert était, de manière déconcertante, divertissant. Durant tout le chemin du retour, il avait combiné les blagues obscènes et les observations intelligentes, chassé des pigeons, chahuté avec des enfants à trois occasions différentes et léché un lampadaire. Que ce fût une tentative bizarre de divertir Albus ou qu'il soit juste fou furieux, il y avait encore considérablement de quoi débattre. Mais tout cela ne modifia pas la conclusion initiale d'Albus, Gellert était amical et ouvert et il se trouve qu'il avait plutôt apprécié sa bruyante compagnie. En dehors du fait que ce n'était pas le genre de compagnie dont Albus avait l'habitude, lui qui s'associait plutôt aux intellectuels calmes comme lui-même, il se trouva profiter d'être en compagnie du blond.
"Eh bien, content de t'avoir rencontré, Al" déclara Gellert, offrant sa main à Albus.
"Ce fut un plaisir" répondit Albus, réorganisant ses livres dans ses bras afin de serrer la main de Gellert. Ce dernier ne put s'empêcher de remarquer qu'il grimaçait légèrement.
"Ca va ? On dirait que tu souffres comme c'est pas permis"
"J'ai probablement été blessé lorsque tu t'es écrasé contre moi, mais je suis sûr que ce n'est rien."
Gellert attrapa la main d'Albus. C'était plus bleuis que ça aurait dû l'être.
" Ton poignet ne devrait pas être si bleu. Et ça ne devrait pas faire si mal..." il tordit la main d'Albus, qui glapit et gémit de douleur, "...quand je fais ça. Et tu ne devrais pas porter un million de milliards de putains de manuels scolaires aussi massifs avec ton poignet dans cet état. Oh bah, c'est ton problème. Salut !" Et sur cette parole, il valsa dans la rue jusqu'à la maison de sa grand-tante.
Albus inspecta sa main. Oui, ça faisait mal comme l'enfer. Oui, c'était probablement plus sérieux qu'il ne voulait l'admettre. Non, il ne voulait pas s'en occuper. Il avait des montagnes de devoirs à faire et il n'allait pas laisser une petite chose comme un potentiel poignet cassé le ralentir.
"... Et ce fut un facteur majeur contribuant au mouvement du Libéralisme en France." fit Albus tout haut pour lui-même tandis qu'il finissait le paragraphe de son essai d'histoire. Il posa son stylo et gémit doucement. Sa main le tuait. C'est sûr que faire deux pages de devoirs de maths, compléter une feuille de biologie et écrire la moitié d'un essai d'histoire n'était pas la chose la plus intelligente à faire dans ces cas là.
Il fallait définitivement s'occuper de son poignet.
... Après que cet essai soit fini. Il devait prioriser.
"If you believe that's how it's going to be I better let you do-o-o-o-o-ownnn…" Aberforth chantait vraiment mal quand sa voix descendait dans les graves. Il avait presque monté le volume de sa musique à fond (le seul bénéfice d'avoir sa petite sœur et sa mère hors de la maison c'était que personne ne lui gueulait dessus pour ça), donc ce ne fut que près de trois minutes plus tard qu'il réalisa qu'Albus l'appelait à travers la porte. Il tourna sur sa chaise et baissa sa musique. Son frère était appuyé contre le cadre de la porte et respirait fortement.
"Peux-tu m'amener à l'hôpital ? Je pense que mon poignet est cassé..."
"Eh bien Albus, tu aurais du définitivement venir me voir tout de suite", fit le Docteur Friday, examinant Albus au rayon-X et lui envoyant un regard désapprobateur simultanément. Aberforth était allé chez leur voisine, Elizabeth, et l'avait supplié de les conduire au médecin. Albus avait alors raconté les événements de son après-midi à Elizabeth, puis à la secrétaire du docteur, puis au Docteur Friday. Il commençait à être un peu lassé et Albus se sentait idiot à chaque remémoration des souvenirs.
"J'aurais du. Mais j'avais d'autres choses en tête et tellement de choses à faire. J'ai supposé que ça pouvait attendre plus tard. Ça ne faisait pas si mal au début donc je l'ignorais."
"Et ils disent que tu es un garçon intelligent. Mon fils Augustus se plaint toujours que tu le bats en maths. Alors, pourquoi ne pas utiliser ce gros cerveau et choisir la bonne solution, la prochaine fois, d'accord ?" Albus agita sa main droite bandée puis Aberforth, Elizabeth et lui-même rentrèrent chez eux.
"Alors, qui était ce gars avec qui tu disais être ?"
"Gellert. C'est le petit-neveu de Bathida et il vient juste d'emménager ici. Il est assez intéressant."
"N'a-t-il rien dit à propos de ta main ? S'il était une personne décente il t'aurait amené au Docteur Friday, dans un premier temps. Et tu ne serais pas dans un si mauvais état. Et je ne vais PAS finir ton stupide essai à ta place. Tu peux écrire de la main gauche, pour le peu que ça me préoccupe."
S'il était une personne décente... Albus médita sur cette pensée. Gellert était-il une horrible personne ? Il n'avait en effet pas offert d'aide. Mais il n'avait pas ignoré la peine d'Albus non plus.
Plus il y pensait, moins Gellert n'avait de sens.
To be continued
La chanson qu'Aberforth chantonne est Tightrope de the Electric Light Orchestra.
J'espère que ce début vous a plu !
