The Holy Queen Marianna
AN : Campione ! et l'univers de Fate ne m'appartiennent pas, si c'était le cas Mordred et Arturia se serait rencontré lors d'une des guerres du Saint Graal et l'un de leur Maître les aurait tapé sur la tête pour qu'elles règlent une fois pour toute leurs problèmes….
Seul mes OCs, comme Marianna et Sara Lysandre sont des créations originales, même si l'apparence physique de Marianna est basée sur celle de Fiore Forvedge Yggdmillenia de Fate/Apocrypha.
Les événements de ma fiction se déroule environ un an avant la cinquième guerre du Graal, même si les lignes temporelles des deux mondes divergent. Pour être plus précise, Shirou and co se vivent dans une ligne temporelle toujours en 2003, alors que Marianna vit en ce moment l'année 201x. Toutefois, les Servants invoqués par Marianna se souviennent de toutes leurs précédentes invocations (sauf celles qui ont lieu dans F/GO) et certains ont même reçu les souvenirs des vies de version alternatives d'eux dans d'autres mondes.
J'attends toujours vos propositions d'autorités et vos idées de vilains pour la suite de cette fiction, ainsi que vos profils de Servants pour Henri.
Merci encore à ceux qui ont laissé une review ou ont mis cette fiction dans leur favoris ou celles à suivre.
CHAPITRE 4 : Grand-frère débarque.
Après l'accident avec Athéna, le calme était revenu à Tokyo et Godou avait pu reprendre son train-train quotidien. Toutefois, son quotidien avait tout de même légèrement changé, les causes de ces changements étaient toutes des femmes bien entendu. Un point qu'Arthur-san avait vite fait de relever peu après que Godou ait fait la rencontre de l'amant*(1) (Petit-frère ! Je t'ai déjà dit qu'Arthur n'est pas mon amant, mais l'un de mes subordonnés !, avait à chaque fois nié Mélinda Von Einzbern ou Marianna Lysandre, la sixième Campione) de sa troisième grande sœur. La première cause de ce changement était la présence d'Erica au Japon, la blonde avait fait de son mieux pour se rapprocher de Godou au grand malheur de Shizuka, la sœur de l'adolescent, qui voyait ses cauchemars se concrétiser. Godou devenait de plus en plus un playboy comme leur grand-père.
Ensuite, il y avait la décision de Godou de révéler à Shizuka et son grand-père l'existence du surnaturel, cela n'avait pas été un choix facile à faire, mais après mures délibérations il avait compris que les laisser ignorants était davantage un risque.
Flashback trois jours après la mort d'Athéna :
_ Onii-chan, est-ce que tout va bien ? Tu sembles pale…, avait marmonné Shizuka ce jour-là lorsque Godou l'avait emmené rejoindre leur grand-père et leur invitée Illyasviel Von Einzbern dans le salon.
_ Tout va bien, j'ai juste des choses importantes à vous dire, répondit Godou.
_ Serait-il possible que… Onii-chan ne me dit pas que tu as commis des actes impurs contre Mariya-sempai ou Erica-san !, cria Shizuka en posant ses mains sur ses hanches, Illya avait dû se retenir de rire face à une telle accusation.
_ Non ! Non ! Non ! Cela n'a rien à voir ! Je voulais juste vous raconter ce qui s'est vraiment passé en Italie quand j'ai ramené la tablette à l'amie de papi !, répliqua Godou en niant avec ferveur les accusations de sa sœur.
_ Il s'est passé quelque chose en Italie ?, demanda leur grand-père en interrompant la conversation.
_ Yeah, j'ai fait d'étranges rencontres avant d'arriver chez ton amie, c'est d'ailleurs à ce moment-là que j'ai rencontré pour la première fois Erica…, confirma Godou avant de se lancer dans une longue explication sur l'existence de la magie, des Dieux et des sociétés secrètes chargées de les surveiller.
_ Onii-chan as-tu bu l'alcool de grand-père ?, avait demandé Shizuka sur un ton soupçonneux.
_ Non ! Tout ce que je viens de te dire est la vérité ! Mariya-san pourra te le confirmer, puisqu'elle entretient des liens avec la société en charge de la magie au Japon !, rétorqua Godou.
_ Shizu-chan, Godou-kun ne ment pas, la magie existe réellement et je peux te le prouver !, était intervenue Illyasviel en sortant Ruby son kaléidostick qui s'était mis à parler et voler devant le duo grand-père et petite-fille.
_ C-comment est-ce possible ?, avait murmuré Shizuka fascinée par le bâton magique.
_ Shizu-chan je te présente Ruby, mon bâton magique qui me permet de me transformer en magical girl ! Laisse-moi te faire une démonstration de ma transformation !, annonça Illya en activant Ruby.
Quelques secondes plus tard, l'uniforme du collège de la jeune Servante fut magiquement remplacé par une tenue lolita typique du genre « Magical Girl ». Shizuka était restée bouche bée tout le reste de la journée. Le lendemain, elle avait demandé à son frère de se renseigner sur la possibilité qu'elle-même apprenne la magie et Godou était entré en contact avec le comité pour recevoir l'aide de professeur particulier à ce sujet, puisque lui-même n'avait que ses autorités comme pouvoirs.
Fin du flashback.
Révéler ses secrets à son grand-père et sa sœur, non ses parents qui n'étaient pratiquement jamais là de toute façon, lui avait ôté un poids sur ses épaules qu'il ne pensait pas avoir. Après les premiers doutes, malgré les démonstrations d'Illya (et honnêtement Godou regrettait de ne pas pouvoir faire lui-même ces démonstrations, malheureusement aucune de ses autorités ne faisait l'affaire pour une telle situation), la situation s'était arrangée et Shizuka avait finalement compris les récents comportements étranges de son frère ainsi que les relations qui l'unissaient à Mariya Yuri et Erica. Néanmoins, Shizuka gardait toujours un œil sur le trio, avec l'aide d'Illya qui s'était autoproclamée sa sempai dans leurs études sur la magie.
Marianna avait aussi rendu visite aux Kusanagi et elle en avait profité pour révéler son titre de Campione à sa vielle connaissance, Kusanagi Ichirou, ce dernier avait été surpris pendant un instant avant de s'enquérir davantage sur les différentes sociétés magiques et le rôle des Campiones afin d'en savoir davantage sur le monde auquel son petit-fils appartenait maintenant. Marianna s'était montrée complètement honnête et avait même promis de soutenir Godou si nécessaire, ce qui avait rassuré Ichirou qui craignait pour la vie de son jeune petit-fils. Grand-père Kusanagi avait ainsi prit la décision de représenter son petit-fils devant le comité en lui servant de porte-parole lorsqu'il ne pouvait se rendre en personne aux différentes réunions de l'organisation. Comme il était à la retraite, il avait beaucoup de temps libre et il se sentait plus rassuré par rapport au rôle de Godou, s'il participait activement à consolider sa position.
Enfin, la dernière cause dans le bouleversement de son quotidien était liée à Marianna, la Campione s'était autoproclamée le mentor de Godou. Elle l'entraînait plusieurs fois par semaine au combat en déployant son Reality Marble afin qu'il puisse se battre sans causer de dégât dans le monde réel. Godou enviait sincèrement cette capacité, s'il pouvait créer son propre Reality Marble, fini la montagne de destructions causée par ses autorités !
Au final, Godou devait subir les caprices quotidiens d'Erica, les soupçons de Shizuka qui même si elle connaissait la vérité n'avait pas cessé de l'accuser d'être un Playboy et les quatre séances d'entraînements avec Marianna. Le seul miracle dans tous cela était qu'il était devenu ami avec Mariya-san, après qu'il ait protégé cette dernière lors d'une mission confiée par le Comité et qu'il ait décidé de prendre plus à cœur son rôle de Campione en se rendant à des leçons organisées par le Comité sur le surnaturel le week-end.
Ce matin ensoleillé de fin juin commençait donc de la manière suivante, Godou se levait très tôt, quarante minutes plus tôt qu'il y a un mois, se changeait et allait faire un footing avant de rentrer pour se préparer à sa journée de classe. Mais au moment, où il allait quitter la maison pour se rendre en classe, une voix dans son dos l'interrompit.
_ Bonjour Oniichan. Encore une fois tu t'es levé tôt pour rejoindre cette femme, n'est-ce pas ?, demanda sur un ton menaçant la voix de sa sœur.
_ Chaque matin, Onii-chan rejoint son amante quelque part avant de se rendre avec elle au lycée… Grand-frère est très diligent…., commenta Shizuka sur un ton froid.
_ Tu te trompes ! Erica-san n'est pas mon amante, il n'y absolument rien de romantique entre nous !, nia comme chaque matin Godou.
La raison derrière cet argument entre le frère et la sœur était bien entendue les caprices d'Erica. Cette dernière refusait de se réveiller pour aller à l'heure en classe, si Godou ne venait pas la chercher. Elle était du genre à faire la grasse matinée et à arriver au milieu des cours s'il ne venait pas personnellement chez elle le matin, un détail que Mariya-san lui avait rapporté parce que les deux filles étaient dans la même classe. Il avait essayé de l'appeler le matin par téléphone, mais elle raccrochait et se recouchait, il lui avait dit d'utiliser une alarme mais elle avait refusé. Erica refusait toutes les autres méthodes qu'il lui proposait pour régler ce problème.
_ Cette femme est vraiment horrible, manipuler Onii-chan chaque matin comme s'il était son serviteur personnel… N'est-elle pas sensée être le Chevalier attitré d'Onii-chan ? Pourquoi votre relation est-elle inversée et le maître devient le Serviteur ?, critiqua Shizuka.
Sur ce point, la sœur de Godou n'avait pas tort, on n'avait jamais vu un maître servir de cette manière son serviteur. Et Godou ne pouvait que répliquer :
_ C'est Erica-san, dont on parle, elle n'est pas du genre à jouer les Servantes !
Une simple vérité qui résumait parfaitement la nature d'Erica Blandelli.
Godou quitta sa maison pour se rendre chez la chevalière en fuyant le regard réprobateur et les critiques acerbes de sa petite-sœur.
La nouvelle résidence d'Erika était un appartement luxueux à cinq minutes environs de la demeure des Kusanagi. Godou appuya comme d'habitude sur l'interphone à l'entré de l'immeuble avant de monter jusqu'à l'appartement situé au dixième étage. Et comme d'habitude, la servante d'Erica prénommée Arianna répondit et lui donna la permission de monter.
_ Bonjour, je vous en prie, entrez !, dit Arianna Hayama Arialdi en lui ouvrant la porte. La servante était une apprentie dans l'organisation d'Erica et s'occupait des tâches ménagères à la place de la blonde.
_ Anna-san, est-ce qu'Erica est réveillée aujourd'hui ?, demanda-t-il après avoir échangé quelques banalités avec la jeune domestique.
Même si Godou savait parfaitement qu'Erica était incapable de se lever par elle-même, il arborait encore quelques espoirs que pour une fois le destin lui sourît.
Un espoir qui s'éteint dès qu'Arianna revint immédiatement seule de la chambre de la blonde.
_ Désolée, Godou-sama. Erica-sama m'a dit qu'elle refusait de se lever sans recevoir le baiser d'un prince et que Godou aurait dû venir plus tôt, rapporta pathétiquement Arianna.
Cela va sans dire, mais aujourd'hui encore Godou se sacrifia pour réveiller Erica.
Une fois arrivée dans sa classe, qui était devenu son refuge depuis l'arrivée d'Erica au Japon, Godou salua sa sauveuse Mélinda. Le Campione japonais était très reconnaissant envers la française, car elle était celle qui empêchait Erica d'être transférée dans sa classe chaque jour.
_ Bonjour Mélinda-san, soupira-t-il avant de s'affaler sur sa chaise.
_ Bonjour Godou-kun, répondit la Campione les sourcils froncés en détournant ses yeux de la tablette qu'elle fixait auparavant.
_ Début de journée difficile ?, demanda-t-il en remarquant que sa collègue Campione manquait d'entrain aujourd'hui.
_ Ah… Oui, on m'a annoncé que l'aîné de ma famille agissait étrangement depuis quelques temps… J'espère que rien de grave n'est arrivé…, expliqua « Mélinda ».
Godou s'immobilisa en entendant ces explications, Marianna/Mélinda avait pris le temps de lui expliquer comment elle comptait lui faire passer des messages discrètement durant son séjour au Japon, pour qu'il reste au courant de l'actualité par rapport aux autres Campiones. Et là, elle venait de lui transmettre un message plus que préoccupant. Le premier Campione commençait à bouger et Marianna craignait qu'il ne prépare quelque chose de grave comme il y a quatre ans.
_ Si tu veux en parler, on peut se voir plus tard, murmura-t-il discrètement.
Godou n'avait aucune envie d'être mêlé davantage au paranormal, mais c'était du premier Campione dont on parlait là. Celui qui avait utilisé Mariya-san et d'autres Himes-Mikos pour invoquer un Dieu Hérétique. Godou désirait encore moins prendre le risque de perdre l'un de ses proches, juste parce qu'il avait fui ses responsabilités.
À la pause-déjeuner, Mélinda invita Godou à manger sur le toit avec elle, sous le regard noir des garçons de leur classe. Mélinda avait beau avoir nié en bloc d'entretenir une relation amoureuse avec Godou, elle avait même été jusqu'avouer avoir un petit-ami, cela ne changeait pas le fait que tous les célibataires de leur classe le haïssait pour oser séduire trois filles en même temps.
Sur le toit, Mélinda posa rapidement une nappe et son bento avant d'indiquer à Godou de s'asseoir.
_ Je me demande si c'est normal pour les adolescents japonais de réagir avec autant de rancœur lorsqu'un de leur camarade a une vie amoureuse plus remplie que la leur ? Quand j'ai demandé à mes subordonnés au pays, aucun n'avait eu ce problème au lycée*(2)…, marmonna Marianna en établissant des champs de force sur le toit pour éviter qu'on les espionne. Seules Erica et Yuri pourraient les rejoindre et entendre leur véritable discussion.
_ Bon, entrons dans le vif du sujet. Godou j'ai appris de mes subordonnés que Sasha-niissama*(3) était encore une fois entré en contact avec la Croix noir de Bronze, comme je le craignais depuis quelques semaines. Cette organisation est italienne et en rivalité avec l'organisation de Mademoiselle Blandelli comme je te l'ai dit lors de notre première rencontre*(4). Je suis sûre que leur leader a renoué le contact avec Grand-frère pour rétablir l'équilibre des forces entre les deux groupes. C'est un fait que la Croix de Cuivre Noir a gagné en influence depuis qu'Erica t'a juré allégeance, l'opinion générale penche donc en la faveur de sa faction et leurs rivaux n'ont pas d'autres choix que de se tourner vers un autre Campione pour regagner leur prestige, expliqua gravement Marianna.
_ Donc si je résume… Une organisation magique en rivalité avec celle d'Erica complote avec le premier Campione ?, dit Godou.
_ C'est cela, je n'ai que quelques pistes possibles pour leurs actions dans le futur. Mais si elles s'avèrent correctes, il faudra que tu te prépares au combat. D'après mes informations, Oniissama a été vu en compagnie de la petite-fille du leader de la Croix noir de Bronze, cette dernière est l'une des Hime-Mikos qui a participé au rituel d'il y a quatre ans avec Yuri-chan… Je crains que Sasha-niissan cherche à reproduire ce rituel en réunissant les Hime-Mikos les plus talentueuses. Si mon hypothèse est juste Yuri-chan sera très bientôt en danger, j'aimerai donc que tu m'aides à assurer sa sécurité. Garde un œil sur elle, tiens voici son numéro de portable, je lui ai offert un téléphone ce week-end, et des photos de grand-frère et mademoiselle Liliana Kranjcar pour que tu puisses les reconnaître, déclara Marianna en lui tendant un bout de papier sur lequel était inscrit le numéro et l'adresse mail de Mariya Yuri ainsi qu'un petit tas de photos.
Godou sortit son portable de sa poche et enregistra le numéro de l'Hime-Miko, avant de se tourner vers les photos de ces adversaires potentiels. Au même moment, Yuri et Erica ouvrirent la porte du toit et s'avancèrent précipitamment vers le duo.
_ Godou darling*(5) ! Pourquoi ne m'as-tu pas attendu pour déjeuner ?, demanda Erica en se jetant sur Godou.
_ Excusez-moi Mademoiselle Blandelli, c'est moi qui ai demandé au seigneur Kusanagi de m'accorder un peu de son temps. Ma reine m'a chargé de le mettre en garde, le premier Campione a commencé à bouger avec l'aide de la Croix noir de Bronze. Dame Marianna pense qu'il cherche à retenter le rituel d'il y a quatre ans, en réunissant les Hime-Mikos ayant montré le plus de talent à l'époque. Mariya-san vous devrez donc vous montrer prudente, il est fort probable qu'il essaye de vous enlever, expliqua Marianna en jouant le rôle de Mélinda qu'elle avait décidé de continuer autour de la blonde.
Erica Blandelli était peut-être sincèrement amoureuse de son petit-frère, mais cela ne changeait absolument pas le fait qu'elle était une vraie renarde. Elle aurait été complètement à sa place si elle était née Kitsune…. Marianna ne lui faisait pas assez confiance pour lui révéler sa vraie identité.
Du côté de Yuri, l'annonce avait fait l'effet d'un choc. La jeune Hime-Miko avait pensé enfin pouvoir fermer cette page de son passé mais il semblerait qu'elle ait espéré pour rien.
_ Mariya-san ne t'inquiète pas, tu peux compter sur moi pour te protéger, affirma Godou en voyant le visage pale et le corps tremblant de la prêtresse.
_ Kusanagi-san… Merci…, murmura Yuri en baissant la tête pour cacher son embarras.
_ J'espère sincèrement que Madame Lysandre se trompe, Lily est assez naïve et facile à manipuler quand on connaît ses points faibles, dit Erica en étalant son déjeuner sur la nappe.
Ses trois compagnons frissonnèrent à ses mots et furent pris d'un élan de sympathie envers Liliana Kranjcar. La pauvre avait du souffrir ce démon rouge bien plus longtemps qu'eux, et maintenant elle devait travailler pour le premier Campione, elle n'avait vraiment pas de chance !
Le reste du déjeuner se passa calmement. Mélinda avait annoncé les mesures mises en place par sa Reine pour surveiller les agissements du plus âgé des Campione et sa partenaire, ainsi que les protections autour de Yuri et de la famille de Godou.
_ Ceci est un portoloin, un objet enchanté capable de transporter un groupe à une destination prédéfinie, dans notre cas c'est la résidence de la famille Emiya-Von Einzbern. Tenez Yuri-san, voici le votre, et pour votre sœur et votre grand-père Kusanagi-sama. Le mot de passe est « Emiya », prononcez-le à haute voix et vous serez téléporté hors de danger, expliqua Mélinda en tendant quatre bracelets identiques en or qui avaient été transformés en portoloins.
_ Des portoloins ? Je n'avais jamais entendu parler de tels objets…, marmonna Erica sur un ton sérieux qui était presque devenu inhabituel pour Godou depuis quelques jours. Il avait pris l'habitude d'entendre Erica flirter constamment avec lui.
_ Marianna-sama a réussi à reproduire une technique magique peu connu aujourd'hui*(6), elle les emploie généralement pour faciliter ses déplacements à l'étranger, affirma « Mélinda ».
_ Hmm, il faudra que j'en parle à mon oncle…, marmonna Erica les yeux toujours fixés sur les portoloins dans les mains de Godou.
Après la fin des cours, le groupe se sépara. Godou retournait chez lui en compagnie d'Erica et de Yuri, car la blonde voulait se présenter à la famille du Campione, tandis que la brune avait été invitée par Godou, ce dernier voulant son aide pour stopper les plans d'Erica. Quant à Marianna, elle rentra avec Illya à la résidence de ses Servants.
Le lendemain soir, après une journée assez calme, Godou reçut un coup de téléphone inattendu de la part d'une personne dont il aurait aimé ne pas avoir de nouvelle. Il aurait aussi aimé que la personne en question n'obtienne pas son numéro….
_ Allo ? C'est Kusanagi, déclara-t-il en décrochant.
_ Cette voix, c'est bien Godou ? Cela faisait longtemps, comment vas-tu mon ami ?, demanda une voix masculine à l'autre bout de l'appareil.
C'était une voix qui était étrangement familière à Godou, en fait c'était une voix que Godou n'avait jamais voulu entendre à l'autre bout d'un téléphone. Un complet gâchis d'une voix avec une telle profondeur. Godou raccrocha immédiatement le combiné du téléphone.
_ …Tch. Ce sale gosse est finalement revenu, déclara Godou sur un ton insatisfait.
En temps normal, le plus jeune Campione n'était pas le genre à prier pour que le malheur et la malchance s'abatte sur les autres, mais là il sentait qu'il pouvait faire une exception. Juste pour être sûr, il débrancha le câble du téléphone. Manquer temporairement des coups de téléphone était un sacrifice acceptable pour la bonne cause. Cependant, une fois de retour dans sa chambre après avoir supplié sa sœur de ne pas rebrancher le téléphone, son portable commença à sonner. Godou jeta un coup d'œil sur l'écran et vit que l'appel provenait d'un numéro inconnu, pire il s'agissait d'un appel venant de l'étranger. Devait-il l'ignorer ? Mais il y avait un énorme risque. Peut-être qu'un jour lorsqu'il ouvrirait la porte d'entré, il verrait ce gars apparaître tout en disant : « Je suis venu directement parce que tu ne répondais pas à ton portable. »*(7) Cela serait le pire scénario possible. Godou se prépara mentalement avant d'appuyer sur le bouton pour répondre à l'appel.
_ Raccrocher si soudainement le téléphone, tu es si cruel !, s'exclama une voix masculine, bien que le discours soit plus qu'ambigu.
_ Bâtard. Comment connais-tu les numéros de ma maison et de mon portable ?, demanda immédiatement Godou.
_ Tu es si idiot, parfois. C'est normal pour un bon ami de connaître ces numéros !, répondit l'homme comme s'il s'agissait d'une évidence.
Si cette conversation était en face à face, Godou était sûr et certain que son interlocuteur lui clignerait de l'œil tout en répondant. Cheveux blond, yeux bleus, grand et séduisant. Un visage rayonnant en plus d'être très amical. L'apparence d'un élégant gentleman, mais dans la réalité, le plus fort guerrier avec un corps d'acier. Godou se rappelait très clairement de l'apparence de celui qui s'autoproclamait son bon ami.
_ Hey, Salvatore Doni, tu ne comptes pas vraiment parmi mes amis et je ne me souviens pas t'avoir jamais donné mes coordonnés, répliqua Godou sur un ton agacé.
_ Hmph ! C'est toi, le gars, qui ne voulait même pas qu'on s'échange nos numéros de téléphone et nos adresses mails. À cause de toi, j'ai du ordonner mes subordonnés de me les procurer. Et à partir de maintenant, je te prie de ne pas dire que je « ne compte pas vraiment parmi [tes] amis » quand tu décris notre relation. Ne t'ai-je pas déjà dit que nous sommes de grands amis ?, rétorqua Salvatore Doni.
_ Si c'est ce que tu penses, je t'en prie, consulte la définition du mot « ami » dans un dictionnaire un millier de fois avant de me rappeler, déclara Godou irrité.
Salvatore Doni.
Un Italien de vingt-quatre ans, le septième Campione ainsi que le petit-frère adoré de Marianna Lysandre.
Il possédait une influence massive dans son pays natal ainsi que dans les pays du sud de l'Europe qui avait refusé de jurer allégeance à Marianna. Il avait déjà tué quatre Dieux Hérétiques depuis ses débuts en tant que Campione. En termes d'âge et d'expérience, il compterait comme l'aîné de Godou…
Cependant, le jeune Kusanagi n'avait aucune intention d'utiliser des honorifiques avec ce type, ce serait un vrai gaspillage. Godou lui-même trouvait sa réaction vis-à-vis de l'épéiste incroyable, car il avait l'habitude d'interagir avec ses aînés avec l'attitude et le choix de mots appropriés.
Toutefois, en face de ce type il ne pouvait qu'agir différemment. Du fond de son cœur, un subtil sentiment d'opposition l'empêchait de respecter les règles d'usage.
_ Hé hé ! Celui qui ne comprend pas l'amitié, c'est toi ! C'est totalement honteux pour un Japonais, rétorqua amusé l'Italien.
_ Qu'est-ce que la nationalité à avoir avec ça ?, demanda confus Godou.
_ Bien sûr que ça compte. Je me souviens qu'écrire des lettres aux ennemis et prédire les pensées de ses amis est un dicton japonais. C'était très clairement écrit dans la littérature que j'ai lue, expliqua Salvatore.
_ Cela m'étonne que tu es un ouvert un livre japonais, qui l'eut cru, commenta Godou pour masquer sa confusion.
Godou sentait que quelque chose clochait dans les mots de Doni. En réalité, il se rappelait d'un précepte similaire, mais celui-ci était perdu au fond de ses souvenirs. Si c'était vrai, se pourrait-il que ce type ait raison ?
_ Ho ! C'était un livre recommandé par Sorella*(8), elle voulait m'aider à étendre mes connaissances générales, si je me souviens bien. En tout cas, c'est possible. Après tout, notre relation est basée sur un combat à mort. À cette époque, combien de fois nos poings ont frappé le corps de l'autre et pendant combien de round nos lames se sont-elles violemment entrechoquées ?, déclara extatique Doni.
_ De quelles lames parles-tu ? J'ai simplement été poignardé par ton épée…, non, plus précisément tranché par toi, répliqua furieusement Godou en se remémorant leur combat.
Aux paroles enthousiastes de Doni, Godou répondait froidement.
'Cet homme est plein de délires exagérés et un fanatique de la romance chevaleresque médiévale. Il est comme Don Quichotte, il vaut mieux que je reste loin de lui ! ', songea Godou en frissonnant.
_ Tu étais vraiment super cette fois-là. Surmonter une mort inévitable et te battre contre moi avec une ardeur brûlante pendant cette bataille. J'ai du répondre avec toutes mes forces, continua Doni en ignorant les interruptions de Godou.
_ Te donner à fond contre un adversaire de niveau inférieur comme moi, tu manque vraiment de la magnanimité d'un adulte, critiqua Godou.
_ Pendant cette bataille, nous avons tous les deux ressenti la même chose, n'est-ce pas ? Umu*(9) , que cet homme face à moi sera un digne rival pour toute l'éternité, des opposants condamnés à se battre à la mort encore et toujours. Comment aurais-tu pu ne pas le ressentir ?, poursuivit Doni, au son de sa voix Godou l'imaginait très clairement sautant sur place les yeux brillants à l'idée se battre encore et encore.
_ Je n'ai rien senti ! Pas même pendant un instant !, répliqua brusquement le Japonais.
_ Ainsi mon éternel rival, avec amour et respect, je t'en prie appelle-moi Salvatore. Tu peux même m'appeler par mon sobriquet « Toto », qu'en dis-tu ?, proposa Salvatore.
Même s'il était extrêmement fatiguant de parler à ce type avec qui il était impossible de discuter, Godou se força de répondre négativement, tout en se demandant intérieurement comment Marianna parvenait à traiter avec ce gars.
_ Je préférerais mourir que de t'appeler par un sobriquet !, refusa-t-il catégoriquement.
_ Ho ho, toujours aussi timide à ce que je vois. Tu sais que tu me veux, mais tu me traite toujours si froidement…. Umu, je sais, cela doit être ce qu'ils appellent Tsundere au Japon, déclara Salvatore à la surprise et l'agacement de Godou.
_ Tu es sérieusement mal compris la culture japonaise ! Si c'est tout ce dont tu voulais me parler, je vais raccrocher ?!, rétorqua Godou les sourcils froncés.
Godou était convaincu que toute cette conversation n'avait été qu'une perte de temps, qu'il avait perdu son temps avec cet idiot et qu'il était temps de raccrocher.
_ S'il te plait, attends mon ami. Aujourd'hui, je voulais juste t'avertir. Connais-tu celui qui est nommé Sasha Dejanstahl ?, interrompit Doni.
_ De nom et à travers les descriptions de Marianna-neesan seulement. C'est le plus vieux Roi Démon, il vit et règne sur les Balkans. Ha et il te déteste parce que tu lui as piqué sa proie il y a quatre ans, répondit le huitième Campione.
_ C'est cela ! Le vieux papi n'a pas une personnalité facile à vivre, d'ailleurs je me demande comment Marianna-neesan et Aisha sont parvenues à se faire accepter de lui ? En tout cas, je ne sais pas pourquoi mais il a quitté sa demeure et les Balkans, je ne sais pas pourquoi où il est parti, mais je te conseille de rester sur tes gardes, expliqua Salvatore.
_ Marianna-neesan m'a déjà averti qu'il préparait quelque chose, d'ailleurs elle m'a parlé d'une organisation italienne avec laquelle il serait en contact, la Croix noir de Bronze, commenta Godou.
_ Cela ne m'étonne pas, avant que je sois connu, cette organisation était déjà en contact avec lui. En tout cas, méfie-toi de lui. Avant de devenir un Campione, Voban a vécu en vagabond pendant deux décennies, il a eu une vie difficile qui a forgé en grande partie l'homme qu'il est aujourd'hui. Et cela, même si son destin a basculé après avoir vaincu son premier Dieu, qu'on suppose être soit le loup monstrueux Fenrir ou Garm, poursuivit Doni.
_ Garm est bien le chien de chasse des enfers dans la mythologie nordique, n'est-ce pas ?, demanda Godou.
_ Tout juste. À certains endroits, il est aussi connu sous le nom de Garmr, confirma Doni.
'C'était définitivement quelque chose qu'Erica saurait', pensa Godou en concentrant ses pensées tout en écoutant et répondant brièvement.
Apparemment, avant de devenir un Campione, Doni était un Chevalier de l'ordre des Templiers sans succès. Complètement à l'opposé du génie naturel d'Erica dans les arts magiques et de l'épée, le seul atout de Doni était son talent inégalé avec l'épée, alors que ses capacités magiques étaient quasiment nulles. Pour un chevalier, qui avait besoin d'être compétent à la fois à la magie et à l'épée, cela équivalait à être marqué comme un échec.
_ Ces deux noms sont les plus probables. Même si l'identité du premier dieu qu'il a vaincu reste inconnue, on le sait capable d'invoquer des centaines de loups comme minions grâce au pouvoir de son autorité « Légion des loups affamés ». Delà, on peut conclure qu'il doit avoir tué une sorte de dieu loup, développa Salvatore.
_ Plusieurs centaines ? Ce nombre est vraiment…, marmonna Godou.
_ Parmi ses autorités ultérieures, on sait qu'il peut transformer les gens en sel d'un regard, provoquer des tempêtes pour détruire les villes et les routes, transformer les personnes qu'il a tuées en zombies ou fantômes pour ensuite en faire ses obéissants esclaves, acheva Doni.
Franchement, les Campiones sont vraiment les pires. Godou soupira.
Doni et lui-même n'étaient pas mieux, ils possédaient aux-aussi des capacités spéciales complètement déraisonnables.
_ Quoi qu'il en soit, le vieux n'a aucune relation avec moi. Mis à part pour une de mes camarades de classe, je n'ai aucune raison de m'opposer à lui, commenta Godou.
Même s'il considérait les agissements de Voban comme inacceptables, Godou ne comptait pas le combattre sauf s'il s'en prenait à Mariya-san. Il n'avait aucune envie d'être impliqué dans ces histoires, s'il pouvait rester en retrait.
_ Umu, désolé ! J'avais presque oublié ! Le vieux se trouve en ce moment à Tokyo, il m'a même ordonné de ne pas mettre les pieds sur son territoire, répondit Doni.
_ QUOI ?! Sais-tu pourquoi il s'est rendu au Japon ?, hurla Godou en repensant à l'avertissement de Marianna, Mariya-san était-elle vraiment en danger ?
_ Ho ho ho! Je peux te le dire, mais il y a une condition. Si tu implore mon aide à moi, ton ami, ton grand-frère, ainsi que le héro Salvatore, je te le dirais immédiatement !, annonça Doni.
_ Je refuse définitivement ! Si tu ne me dis pas tout ce que tu sais, j'en parlerai à Marianna-neesan, je suis sûr qu'elle te punira à nouveau, menaça Godou.
_ Ha ha ha !, répondit simplement Doni avant de raccrocher.
Godou fixa son portable dès que l'appel prit fin et remarqua que plusieurs personnes avaient tenté de l'appeler durant sa conversation avec Doni. Rapidement, il écouta le message que Marianna avait laissé sur sa boîte vocale.
_ Godou ! Voban-niisan est à Tokyo et il a capturé Yuri ! Rejoins-moi immédiatement avec mademoiselle Blandelli !
En entendant ces mots, son portable lui glissa des mains et tomba à ses pieds, mais le jeune Campione n'y prêta pas attention. Il était complètement focalisé sur le contenu du message qu'il venait d'écouter et mit plusieurs minutes avant de reprendre ses esprits et appeler Erica en renfort.
Un peu plus tôt en fin d'après-midi et après la fin des cours, Marianna rentra sans Illyasviel chez ses hôtes la famille de Servants Emiya-Von Einzbern. Elle n'avait pas ce jour-là de réunion avec son club et elle avait donc choisi de rentrer pour compléter la pile de documents qui devait sûrement l'attendre dans sa chambre.
'Des fois, je maudis celui qui a inventé les documents administratifs…', bouda-t-elle intérieurement. 'Au moins, Arthur est là pour m'aider, toute seule je n'en verrai pas la fin !'
Arthur s'était partiellement installé avec elle chez ses collègues Servants au Japon, il avait justifié cette démarche en prétextant que sa maîtresse aurait besoin de son aide pour pouvoir continuer ses affaires mais Marianna savait pertinemment que cela n'était pas la véritable raison derrière cette décision.
La Campione n'avait peut-être que peu d'expérience dans le domaine amoureux, mais elle n'était pas complètement dense. Elle se doutait qu'Arthur était attiré par elle. Le seul problème était qu'elle n'était pas sûre à quel point. Arthur était loyal à la fois à Guenièvre et son ancienne maîtresse. Malgré la liaison adultère que son épouse avait entretenue avec Lancelot, il se considérait toujours comme marié à elle et il n'était pas complètement prêt à passer à autre chose, même s'il éprouvait des sentiments pour une autre ou des autres. De même, Marianna n'avait aucun doute sur l'affection qu'il portait encore envers son ancienne Master, mais leur exacte nature était floue. Arthur lui-même refusait de les éclaircir dans son for intérieur, il était donc difficile pour la Campione de les identifier. Elle était donc incertaine sur la marche à suivre, devait-elle le pousser à confesser ? Ou bien ignorer ses sentiments et faire comme si de rien n'était ?
Il est vrai qu'elle entretenait déjà une relation intime avec l'un de ses Servants, mais elle savait qu'il n'y avait pas de vrai amour entre Gilgamesh et elle. Aux yeux de ce dernier elle n'était qu'une conquête parmi tant d'autres et rien de plus. De son côté, elle éprouvait encore des sentiments très forts pour le Dieu Hérétique Gilgamesh qu'elle avait tué de ses propres mains il y a huit ans. La Campione n'arrivait pas à se résoudre de l'oublier et elle ne pouvait que blâmer le Destin pour lui avoir fait invoquer une autre version de celui qu'elle avait perdu, avec le même visage et la même voix, mais des personnalités différentes. Surtout juste après sa rupture avec Alexandre.
Marianna se demandait parfois si une entité supérieure avait planifié le planning de cette invocation depuis le début. C'était vraiment une étrange coïncidence qu'elle invoque Gilgamesh comme Servant pratiquement le lendemain de sa séparation au téléphone avec le quatrième Campione….
Tout cela pour dire que les circonstances qui entouraient la vie amoureuse d'Arthur et elle, n'étaient pas les plus simples lorsqu'on parlait d'une éventuelle romance.
_ Bonsoir, Maîtresse. Avez-vous passé une bonne journée ?, demanda Arthur après lui avoir ouvert la porte d'entrée.
Marianna était si plongée dans ses pensées qu'elle n'avait même pas remarqué qu'elle était arrivée à destination et qu'en plus elle avait toqué à la porte. L'apostrophe d'Arthur l'interrompit donc dans ses réflexions et l'embarrassa tellement qu'elle se mit à rougir comme une écrevisse.
_ A-Arthur, tu m'as fait peur ! J'étais complètement perdue dans mes pensées que je ne t'ai même pas vu ouvrir la porte ! Et pour répondre à ta question, j'ai passé une excellente journée, répondit la Campione tout en calmant les battements de son cœur qui s'était emballé en voyant le visage du beau blond.
_ Désolé, maîtresse, je ne souhaitais pas vous effrayer, s'excusa le britannique en s'écartant pour la laisser entrer.
_ Ce n'est pas grave. Ai-je encore des documents à traiter en urgence ?, demanda-t-elle pour changer le sujet.
_ Malheureusement oui. Une nouvelle pile est arrivée, je l'ai déposé dans votre chambre, répondit le Servant.
_ Parfait, je m'en occupe dès que j'ai fini mes devoirs pour mes cours, affirma la brune en se dirigeant vers les escaliers pour se rendre dans sa chambre.
Pendant plusieurs heures, Marianna compléta sa pile de dossiers et de documents. Au préalable, elle avait rapidement terminé ses devoirs pour ses classes, afin de pouvoir se plonger sans risque de distraction dans ses affaires.
Marianna travailla sans relâche, elle lisait, signait, corrigeait et même copiait des documents non stop. Le plus étrange était qu'ils étaient de natures très différentes, il y avait des factures, des contrats, des rapports à la fois sur son statut économique mais aussi sur les faits et gestes de ses Servants éparpillés de par le monde ! La Campione ne s'arrêta dans sa tâche qu'à l'entré précipité d'Arthur dans sa chambre.
_ Master, c'est terrible ! Voban a capturé mademoiselle Yuri et la retient prisonnière !, annonça en catastrophe l'ancien souverain.
_ Arthur, donne-moi un rapport oral détaillé !, ordonna Marianna en fronçant des sourcils, tout en posant sur son bureau son stylo et le document qu'elle était en train de lire afin de pouvoir se concentrer sur les paroles du blond.
_ Nobunaga vient de m'appeler. Selon vos ordres, elle était chargée de la surveillance et de la protection de Mademoiselle Mariya Yuri. Ce soir, elle a suivi cette dernière jusqu'à une bibliothèque dans laquelle la jeune Hime-miko s'était déjà rendue. Mais lorsque cette dernière en est ressortie le premier Campione est apparue en compagnie de mademoiselle Kranjcar. Le duo l'a aisément capturé et a pris le contrôle de la bibliothèque en question. Nobunaga m'a assuré qu'ils n'ont pas quitté les lieux et elle s'est positionnée sur un toit en face pour pouvoir vérifier quand ils quittent le bâtiment, rapporta Arthur avec le plus de détails possibles.
_ Arthur, prépare un véhicule, nous allons récupérer Godou avant de nous rendre sur les lieux de l'attaque, commanda la Campione en sortant son portable de sa poche pour appeler son petit-frère.
Mais celui-ci ne décrochait pas, la ligne était déjà occupée. Marianna lui laissa donc un message pour le prévenir de l'enlèvement et qu'elle arriverait bientôt pour le récupérer.
Elle appela ensuite les trois membres de la famille Emiya et leur ordonna de les accompagner. Ils déposeraient Illyasviel chez Godou afin qu'elle protège les Kusanagi.
'Grand-frère que souhaites-tu accomplir au juste ?', se demanda la Campione avant de se préparer à un éventuel combat.
Notes :
1) Godou est persuadé que Marianna et Arthur entretiennent une liaison, mais que pour une raison ou une autre ils n'ont pas pu la rendre publique et qu'à cause de cela ils font semblant de ne pas être plus que des amis. Marianna nie à chaque fois, mais aux yeux de Godou elle n'est pas convaincante. Le reste des Servants a unanimement décidé de ne pas mettre Gilgamesh au courant de ce quiproquo pour éviter un massacre.
2) Je m'appuie sur ma propre expérience, j'ai eu des élèves dans mes classes qui sortaient ensemble et qui flirtaient sans que personne ne les regarde de travers. Le stéréotype des camarades masculins jaloux de la popularité du protagoniste est donc un sujet de curiosité pour Marianna qui ne s'attendait pas à voir dans la réalité un comportement qu'elle assimile aux personnages secondaires de ses mangas.
3) Marianna, même furieuse contre Voban, continuera à l'appeler respectueusement grand-frère. Donc il y aura plusieurs synonymes japonais pour exprimer cela : Oniisama, Niisama et Aniue, par exemple.
4)Je vous renvoie à la fin du chapitre 2 dans lequel Marianna déduit que la Croix noir de Bronze cherchera dans le futur à s'allier à un Campione pour ne pas être surpassée par leurs rivaux.
5) Erica me rappelle Chocolate Misu de l'anime/manga Sorcerer Hunter. Je l'imagine bien appeler Godou « Darling » comme Chocolate avec Carrot et se changer en sexy dominatrix.
6)Portoloin : un objet magique apparaissant dans Harry Potter. Marianna a appris à en fabriquer parce qu'ils sont super utiles et peuvent être utilisés par n'importe qui. Ces Servants en ont tous plusieurs ainsi que ses subordonnés humains du DRPM. L'opinion générale veut qu'elle ait découvert dans des fouilles cette technique qui était jusqu'alors perdue. Marianna n'a pas trouvé nécessaire de les corriger sur l'origine du portoloin.
7) J'adore Doni, il est hilarant et sa relation avec Godou est juste géniale. Suis-je la seule à voir dans ce passage traduit du light novel une scène digne d'un shojo manga ? Doni qui apparaît sur la pallier de la porte de l'élu de son cœur, parce que ce dernier ne répond pas quand il l'appelle… Je compte bien ajouter plein de faux moments DoniXGodou juste pour satisfaire mon humour noir.
8) Sorella est le terme italien signifiant « soeur », ici Doni mentionne Marianna.
9) Doni s'entend très bien avec Nero, il a accidentellement copié son tic de langage à trop la fréquenter.
Omake : Conversations possibles pour Marianna si elle était un servant invocable dans Fate/Grand Order:
Lors de l'invocation :
« Servant Caster, mais je vous en prie, appelez-moi Marianna. Mon vrai nom n'est pas suffisamment connu pour qu'il y ait un véritable avantage à le cacher. Je vous promets de servir votre cause jusqu'à mon dernier souffle. »
Dialogue 1 :
« Master, est-ce que vous vous reposez correctement ? Vous devez prendre davantage soin de votre corps et de votre esprit, sans vous nous ne pourrons nous battre ! »
Dialogue 2 :
« Master, malgré ma jeune apparence, j'ai vécu pendant des siècles, donc si vous le désirez… n'hésitez pas à m'appeler « Onee-chan » ou « Okaa-chan » !
Dialogue 3 :
« Servant et maître deux existences liés par la magie et par un désir commun. Toutefois, être le maître d'un aussi grand nombre de Servant n'est pas chose aisé, même lorsque les objectifs sont les mêmes. Je suis moi-même passée par là, je ne peux que vous conseiller d'apprendre à tous nous connaître au-delà de nos légendes en tant que Servant. Parfois, la clé de la victoire se trouve dans les liens qui unissent les combattants entre eux…»
Tous les Servants qu'elle a invoqués au cours de sa vie, sauf ceux ayant des lignes spécifiques:
« Serait-ce…. ? Quelle joie ! Voir un visage familier me rassure, j'avais si peur de me retrouver isolée à Chaldea ! Mais, avec un vieil ami je me sens plus confiante ! J'ai hâte de prendre de ses nouvelles !»
Arthur : « Oh ! Arthur ! Il est là lui-aussi ! Quel soulagement… je craignais de ne plus jamais le revoir… J'espère qu'il se souvient de moi et de tous les précieux moments que l'on a passé tous les deux… Oh, Arthur, mon preux protecteur, je prie pour que nous ne soyons plus jamais séparés… »
Bedivere : « Bedivere est à Chaldea ? Quelle bonne nouvelle ! Je m'en vais de ce pas le saluer et prendre de ses nouvelles ! …Peut-être même qu'il acceptera de redevenir mon majordome ?…. »
Chevalier D'Eon : « D'Eon est toujours aussi beau, mais je me demande si les autres Servants ne lui ont pas mené la vie dure, à cause de son apparence androgyne… Si quelqu'un ose se moquer de lui, je châtierais ce mécréant de mes propres mains ! Foi de Campione !»
Marie-Antoinette : « Marie ! Prenons le thé ensemble, nous avons tant de choses à nous dire ! Nos soirées pyjamas m'ont tellement manqué ! Et si nous en organisions une à Chaldea ? Tu es d'accord ! Quelle joie, je me rends sur le champ dans ma chambre pour tous préparer, rejoins moi ce soir.»
Mozart : « Quelle chance, même morte, je peux profiter de la douce musique de Mozart, Chaldea est vraiment un endroit fantastique ! Je me demande s'il accepte les requêtes… »
Boudica : « Maître, préférez-vous les pâtisseries françaises ou anglaises ? Boudica et moi comptions préparer des desserts, mais nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord, sur lesquels… Alors on s'est dit qu'on allait s'enquérir de vos préférences !»
Mashu : « Master, je vous en prie guider Mash dans ses temps difficiles, donnez-lui la chance de briller et de vivre comme un être humain normal. Derrière ce visage calme et assuré, elle cache des terribles blessures, donc vous seul pouvez la guérir. Alors je vous en supplie, ne l'abandonnez pas ! »
Sanson : « Sanson est ici, je suis si soulagée, j'avais peur de devoir laisser Nightingale traiter mes blessures… Maître, Sanson était mon médecin traitant de mon vivant, je me sens donc plus en confiance avec lui, je vous assure que la folie de Florence n'est pas la cause de mon choix. »
Alice/Nursery Rhyme : « Master, y a-t-il un problème ? Oh ! Vous vous demandez ce que je fais ? Je prépare une Tea Party pour Alice et moi, c'est une longue habitude que nous avons décidé de reprendre à Chaldea… C'est vrai ? Merci maître et je m'excuse de ne pas vous avoir prévenu en avance, si vous le souhaitez vous pouvez vous joindre à nous ! … »
Jack : « J'ai enfin fini la robe de Jack… J'espère qu'elle l'aimera, au moins c'est une tenue plus appropriée que celle qu'elle porte actuellement… Je ne comprendrais jamais pourquoi certains Servants portent des tenues aussi indécentes lorsqu'ils sont invoqués… »
Gilgamesh (Archer) : « Oh ! Cette armure, c'est celle de Gilgamesh ?! Lui-aussi a répondu à l'appel de Chaldea ?! Master…, je vous prie d'accepter mes excuses à la place de Gil pour les actions qu'il a pu commettre contre Chaldea et vous… Je vous promets de faire de mon mieux pour qu'il se tienne à carreaux à l'avenir ! Je le surveillerais vingt-quatre heures sur vingt-quatre s'il le faut ! Je dormirai même dans son lit pour ne pas qu'il profite de la nuit pour causer des problèmes !... Non, non, master ! Vous vous trompez je n'ai pas d'idées aussi impures envers lui !»
Gilgamesh/Ko-Gil : « Kawai, kawai, kawai ! Gil est si kawai ! Master, je vous en supplie laisser moi participer aux mêmes missions que Gil-kun ! Gil ! Laisse-moi te faire un câlin !»
Gilgamesh (Caster) : « …. Maître, je ne rêve pas, n'est-ce pas ? La personne en face de moi, s'appliquant consciencieusement à finir son travail de la journée, c'est bien Gilgamesh ?!... C'est juste que quand je vois cette version plus âgée de Gil, je ne peux m'empêcher de remarquer à quel point il ressemble au Dieu dont je suis tombée amoureuse. Maître… Pardonnez-moi, mais je n'arrive pas à stopper mes larmes, mon cœur souffre tellement… Je crois qu'il vaut mieux que je garde mes distances… Arthur, je t'en prie, viens m'aider….»
Ishtar : «Maître, si possible… pourriez-vous éviter de m'envoyer en mission avec Ishtar ? Quand, je la vois, je ne peux m'empêcher d'éprouver de la colère pour la mort de mon père et de nos amis… Même si le temps a guéri cette blessure, je garde toujours de profondes cicatrices à cause de ses actions, et l'envie irrépressible de l'étrangler... »
Ce qu'elle aime :
« Ce que j'apprécie tout particulièrement, c'est voyager. J'adore apprendre en parcourant les mondes, il y a tellement de choses à voir et apprendre que je ne m'ennuie jamais ! »
Ce qu'elle déteste :
« Mon ex-petit ami, le père de ma fille Sara. Il est l'une des rares personnes envers qui j'éprouve de la haine et jamais je ne lui pardonnerai sa trahison. J'allais oublier, il y a aussi ce vieil escroc dans le monde d'origine de mon fils, ce vieillard sénile m'horripilait au plus haut point, je suis bien contente de m'en être débarrassée… »
Par rapport au Saint Graal :
« Le Saint Graal ? Personnellement, je n'ai aucun désir en particulier qui nécessiterait un tel objet pour être exaucé. J'ai toujours obtenu par mes propres moyens ce que je convoitais et mes efforts ont à chaque fois été récompensés. Toutefois, je resterai sur vos gardes, Master. Je connais un homme qui est obsédé par le Saint Graal, son nom est Alexandre Gascoigne, et il est plus que capable de vous tuer pour s'emparer du Graal. Espérons qu'il ne fera pas d'apparitions imprévues durant les singularités.»
Durant un évènement :
« Master ! La fête bat son plein, vous ne devriez pas rester là, profitez-en pour vous amuser ! Rejoignons nos amis, ils doivent vous attendre avec impatience ! »
L'anniversaire du maître :
« Happy birthday to you! Happy birthday to you! Happy birthday to you, Master Ritsuka, happy birthday to youuuu! Master, tenez ! J'ai eu du mal à trouver le cadeau ideal, mais je pense que je me suis bien débrouillée! Alors qu'en pensez-vous ? Oh ! Je suis heureuse que vous l'adoriez ! On dirait que je ne me suis pas trompée, quel soulagement ! »
Bond/lien 1 :
« Mon nom est Marianna Lysandre, je viens d'un autre monde, mais ne vous inquiétez pas, vous pouvez compter sur moi ! Mes autorités en tant que Campione sont à votre service, donc n'hésitez pas à m'appeler à la rescousse, surtout si notre ennemi a le trait de divinité, mes attaques sont particulièrement redoutables contre les Dieux. »
Bond/lien 2 :
« Master, vous voulez en apprendre davantage sur mon monde ? Et bien, par où pourrais-je commencer… ? Je sais ! L'une des différences majeures entre nos univers, c'est la capacité des dieux dans mon monde à sortir de leur légende et à obtenir une présence physique invisible aux personnes sans énergie magique. Ces dieux sont appelés hérétiques par les sociétés magiques et leur présence provoque le chaos sans même qu'ils ne le veuillent… Les Dieux Hérétiques sont une menace que les Campiones comme moi sont chargée d'éliminer. »
Bond/lien 3 :
« La pratique de la magie dans votre monde n'a absolument rien à voir avec celle du mien. Le système en lui-même n'est pas le même. À Chaldea, tous les mages possèdent des circuits qui conduisent le prana nécessaire pour accomplir un mystère, alors que dans mon monde les circuits magiques n'existent pas. Notre corps lui-même produit de l'énergie magique qui est volontairement offert aux Dieux à travers des prières, afin d'accomplir un miracle. Je ne saurais dire lequel est préférable… qu'en pensez-vous Master ?»
Bond/lien 4 :
« Deux de mes Nobles Phantasmes proviennent des autorités que j'ai usurpé tout au long de ma vie, mais je dois avouer que je tiens tout particulièrement au premier… Ces deux autorités m'ont loyalement servi dans mes débuts en tant que Campione, si je ne les avais pas reçues de lui, je doute que j'aurais pu survivre aussi longtemps… C'est pourquoi je lui ferais honneur en les employant contre des adversaires à la hauteur de sa renommé. Master, je souhaite de tout mon cœur défendre ce monde dans lequel il a aussi régné, alors laissez-moi me battre à vos côtés, je vous promets une victoire assurée. »
Bond/lien 5 :
« Maître, je vous remercie de m'avoir donné la chance de protéger ce monde. Pendant des années, j'ai cru que les seules personnes en qui je pouvais avoir pleinement confiance étaient les membres de ma famille et les Servants sous mon contrôle… Mais en vous côtoyant, j'ai compris que j'avais tort. Garder mes distances et soupçonner tous ceux qui m'entouraient n'étaient pas la solution, j'aurais dû m'ouvrir davantage, au lieu de manipuler l'image qu'ils avaient de moi. Je ne peux que vous remercier de m'avoir ouvert les yeux sur la cruauté de mes actions, et j'espère que nous continuerons de combattre ensemble contre nos ennemis. Merci de tout cœur, maître. »
