A/N : Après une longue absence je suis revenue d'entre les morts et je peux -enfin- revenir sur ff avec la ferme intention de continuer mes fanfics en cours !
Chapitre 4
"Ai-je déjà mentionné à quel point la réception TV est vraiment à chier ici ?"
"Oui."
"Eh bien je le répète. Ta réception est vraiment merdique... Sauf la chaîne locale, qui est la plus grosse nullité en boîte que je n'ai jamais eu la chance de voir et donc que je zappe rapidement.
Le plus triste dans l'histoire c'est que ce n'était même pas la seconde fois que Gellert et Albus avaient cette conversation. Malgré le peu d'effort qu'Albus mettait à tenter de virer Gellert du canapé, les subtiles signaux pas-si-évidents-que-ça-à-repérer pour signaler que ce serait bien qu'il parte étaient consciencieusement ignorés. Albus dans le fauteuil et Gellert allongé sur le luxueux canapé, pendant un peu plus de deux heures, regardaient les mauvaises séries Américaines et frappaient occasionnellement la télévision lorsqu'il devenait vraiment impossible de la regarder tellement c'était flou ou brouillé. C'est seulement au bout d'un certain temps qu'Albus comprit la situation dans laquelle ils se trouvaient et qu'il prit conscience d'à quel point la réception était vraiment mauvaise. Il avait vraiment besoin de monter sur le toit et bouger l'antenne, pour voir si ça pouvait aider.
Mais pas maintenant. Maintenant il avait un autre souci à gérer. Un souci appelé Gellert.
"Tu sais quoi d'autre je trouve terriblement décevant ?" fit Gellert, sans quitter la télé des yeux.
"Que les sitcoms Américaines soient complètement non stimulantes et que ce serait probablement plus productif de fixer le plafond tout l'après-midi ?" proposa Albus.
"Non, que ton frère est loin d'être aussi roux que toi."
Ce commentaire prit Albus par surprise. Oui, il avait des cheveux roux, mais c'était plus auburn que vraiment orange. Et c'était vrai que les cheveux d'Aberlforth étaient bien plus proches du marron, mais sachant que cet obscène blondinet n'avait même pas regardé Aberforth, cette observation de sa part était complètement imprévue.
"C'est vrai. Mais qu'est-ce que cela a à voir avec le reste ?" répondit Albus.
"C'est vraiment une honte. Les roux sont marrants ! Et puis du coup je ne vais pas avoir à me poser de question à propos de ses poils pubiens."
Albus s'étouffa avec le thé qu'il buvait.
"Excuse-moi ?"
"Tous les roux n'ont pas de poils pubiens roux. C'est pourquoi c'est intéressant de vérifier autant que possible ! Et ainsi être à jour dans mes comptes.
Albus ne savait pas s'il était dégoûté ou fasciné. Sûrement un peu des deux.
"Donc tu fais une liste ? Et peut-être même que tu as fait un graphique avec tes résultats ?" fit Albus, un sourire espiègle sur son visage. Gellert se mit debout, lui souriant.
"Espèce d'enfoiré impertinent. Je ne suis pas aussi dérangé que toi, cette idée ne m'avait même pas traversé l'esprit. Mais si tu veux que je le fasse, alors tu es le bienvenu pour faire le graphique.
Il commença à compter silencieusement sur ses doigts et plus le compté semblait élevé, plus les yeux d'Albus s'élargissaient.
"Sûrement pas."
"Sûrement pas quoi ?"
"Tu n'as sûrement pas... hum... autant..."
Gellert leva un sourcil.
"Tu ne le sauras jamais, non ?"
"En effet."
"Et tu viens de bégayer. Tu ne bégaies jamais."
"Non en effet. Bien vu. Tu es très observateur, n'est-ce pas ?"
"C'est un don."
En vérité, toute cette conversation à propos de partie sexuelle et d'examination de cette fameuse partie avaient troublé Albus, comme la plupart des gens inexpérimentés ont tendance à l'être quand ils réalisent qu'ils parlent à quelqu'un qui a vu plus de culottes qu'une horde de pirates maraudeurs.
À moins que Gellert ne mentait.
Ce qui était possible.
Mais il disait probablement la vérité.
Albus ne savait pas.
Il n'aimait pas ne pas savoir. Mais cette conversation devait vraiment s'arrêter avant que Gellert ne devienne encore plus grossier et qu'Albus se retrouve en situation embarrassante.
Une douce vibration sur la table alerta Albus qu'il venait de recevoir un texto. Il prit son téléphone et vérifia.
« Est-il enfin parti ? »
Cela provenait d'Aberforth. Étrange, surtout qu'il était juste à l'étage. Albus répondit.
« Est-ce que cela nécessite vraiment un texto ? Je suis au rez-de-chaussée. »
« Il est là pas vrai ? Vire-le. »
« Non. »
« Va te faire foutre alors. »
À ce moment, le léger bruit de la musique qui provenait de l'étage se mit à augmenter rapidement jusqu'à devenir une véritable cacophonie.
"Ah, on dirait que le petit Aberfou tente de camoufler son film porno" fit Gellert d'une voix forte simulant une voix condescendante de gamin. Cela prit un certain temps avant qu'Albus ne comprenne qu'il parlait de son frère. "Bref je ne vais pas rester dans une maison en sachant qu'un gamin au-dessus de ma tête est en train de se branler devant des photos d'animaux de fermes en train d'être sodomisés. À plus Al'. Tu fais de bons toasts."
Avant qu'Albus ne puisse même répondre, Gellert avait déjà dépassé la porte d'entrée. Il bouge comme un chat, pensa Albus. Il sort de nulle part et disparaît tout aussi rapidement, et toujours avec ce sourire de chat du Cheshire*.
Gellert était officiellement le chat du Cheshire, il n'y avait plus aucun doute là-dessus. Mais dans ce cas, qui est Albus ? Heureusement pas Alice. Il détesterait être guidé par-ci par-là comme un petit enfant perdu, sans comprendre ce qui se passait dans ce monde de fous.
S'il y avait une chose qu'Albus aimait, c'était tout contrôler. Ce qui était quelque peu problématique et déconcertant quand Gellert était dans les parages.
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Albus frappa à la porte de son frère, mais ce dernier ne répondit pas. Sachant que la musique provenant de la chambre était quasiment assourdissante il était plus que probable qu'Aberforth ne l'entendait pas donc il ouvrit la porte.
"ABERFORTH ?" cria Albus, mais ce fut seulement lorsqu'il lui tapa l'arrière de la tête qu'il reçut une réponse.
"Ouais ?" répondit Aberforth, diminuant drastiquement le volume de la musique.
"Je pensais que tu aimerais savoir que Gellert vient de partir."
"Je remercie Dieu pour ça." Le plus jeune des deux attrapa un bol maintenant vide qui se trouvait à côté de l'ordinateur et se dirigea vers l'escalier. Albus le suivit.
"Je ne vois pas pourquoi tu le détestes autant." fit Albus, faisant de son mieux pour avoir l'air poliment curieux. En toute honnêteté, la réaction d'Aberforth envers Gellert l'avait surpris. Le blond était peut-être très bruyant et exigeait beaucoup d'attention, mais il pouvait définitivement se montrer agréable et intéressant quand il le voulait. "Il est tout à fait charmant, vraiment."
Aberforth se retourna et regarda son frère droit dans les yeux. "C'est... C'est... C'est un con. Il n'y a pas d'autre mot à dire. Je n'avais jamais rencontré un petit connard cherchant autant à attirer l'attention que lui de toute ma vie. Honnêtement, être dans la même pièce que lui me donne envie de lui frapper le visage, c'est pour dire combien il est foutrement irritant."
"Le langage, Aberforth."
"Laisse-moi tranquille."
"Non."
Albus voulu soupirer. En toute franchise, il pensait aussi que Gellert était un connard voulant attirer l'attention sur lui. Mais il était intéressant. Depuis que la famille Dumbledore avait déménagé à Godric's Hollow il y a six ans après l'amer divorce de leur mère, il avait trouvé la petite ville à la fois charmante et ennuyante. Tout le monde était gentil et chaleureux, mais il y avait toujours cet air de petite ville simplette.
Gellert n'était pas comme ça. Gellert était une nouveauté.
Gellert était un défi.
Albus aimait les défis.
"Alors tu vas laisser cet abruti aller et venir dans notre maison sans y être invité, manger notre nourriture et utiliser notre canapé ?"
"Aberforth, c'est mon ami."
"Tu as vraiment un mauvais goût en matière de choix d'amis, alors."
Il remonta à l'étage. Albus ne prit pas la peine de le suivre. À la place, il se rassir dans la salle de séjour, cette fois-ci se mit sur le canapé, dans sa position favorite et alluma la télévision. Il n'était pas d'humeur conflictuelle. Il était d'humeur à vouloir... une glace, peut-être, mais pas de conflit.
Il se leva donc pour aller chercher une glace.
"Tu ne m'avais pas dit qu'il y avait de la glace. Je ne serais pas parti si j'avais su qu'il y en avait."
Albus était si choqué d'entendre la voix de Gellert juste au-dessus de son épaule droite qu'il en tomba au sol.
"Manifestement tu n'étais pas parti !" s'exclama Albus, tenter de retirer les morceaux de glace qui étaient tombés sur sa chemise. Le contenu du bol avait réussi à se renverser entièrement sur tous ses vêtements, ce qui ne l'aidait pas.
Le large sourire de Gellert n'avait pas disparu de son visage. L'incident d'Albus semblait le rendre même encore plus large.
"J'étais parti, merci bien, mais après j'ai marché dans de la merde d'animal dans la cours arrière", il montra approximativement un coin de la pièce où se trouvait une paires de bottes résidants sur du papier journal, "alors je suis revenu ici pour que tu les nettoies, puis je t'ai entendu toi et Aberdude argumentant à propos de moi et je ne voulais vraiment pas interférer à ce moment, donc me voici. Et je veux de la glace." Il semblait être dans l'expectative, attendant que la glace soit récupérée au maximum du t-shirt d'Albus. Évidemment pour Gellert dépasser les limites et entrer par effraction étaient entièrement acceptable mais refuser à un invité de lui offrir de la glace au chocolat était une sorte d'odieux faux-pas.
Ne voulant pas contrarier son invité, Albus se releva et prit deux autres bols de glaces, l'autre étant irrémédiablement irrécupérable. Il regarda tristement sa chemise. La glace au chocolat était impossible à retirer.
Comme s'il lisait dans ses pensées, Gellert, qui se trouvait dans la salle de séjour, lui fit "Tu sais, je connais une bonne méthode pour retirer le chocolat des vêtements".
Ainsi Albus se retrouva debout, torse nu et grelottant dans la buanderie.
"T'es sûr que ça marchera ?" demanda-t-il à Gellert qui remplissait un seau contenant la chemise tâchée de chocolat, de l'eau et une sélection de substances bizarres. "Je suis sûr que tu es bien expérimenté, mais je ne vois pas comment de la mayonnaise pourrait enlever les tâches."
"La mayonnaise à elle seule ne suffira pas à atteindre une propreté absolue..." répliqua Gellert de façon experte. "Mais en combinant avec de la maïzena...", ce qu'il fit, "et du jus d'orange...", ce qu'il rajouta aussi en mélangeant, "tu trouveras une combine pour produire un détergent si puissant que tu peux chier dans ton pantalon sans aucune crainte. Et, heureusement, tu auras cette méthode de nettoyage infaillible qui rendra ton pantalon clean."
Albus n'avait rien à répondre. Que diable était-on censé répondre à ça ? À dire vrai comment était-on censé répondre à la plupart des monologues et anecdotes de Gellert ? Tous semblaient défier la logique la plus éloquente.
"Je vois."
Réponse suffisante.
"Maintenant" fit Gellert, toujours avec sa voix en mode autoritaire, "même si j'adore regarder les maigres garçons debout sans chemise, tu as l'air de crever de froid et donc tu ne seras d'aucune utilité pour personne. Va te mettre des vêtements."
Comme si Albus allait ignorer une telle requête. Il faisait vraiment un froid de canard, surtout dans la buanderie. Il remercia le blond pour son remède de grand-mère et, après quelques instants, lui demanda poliment de partir. Il était presque minuit bon sang !
"Oh okay. Aussi drôle que cela puisse être, je ne veux vraiment pas voir ton foutu frère se toucher. Mais dis-moi que tu vas t'occuper de ça, mes bottes sont dégoûtantes et c'est de ta faute."
"Tu peux prendre une paire de rechange en attendant dans le jardin de devant. Ne t'inquiète pas, les chèvres restent à l'arrière, donc ton trajet devrait être sympa et fécalement libre."
"Merveilleux."
Albus attendit jusqu'à ce qu'il entende le cliquetis de la porte de devant, assurant ainsi que Gellert était bel et bien parti, avant de se précipiter à l'étage et saisir une chemise propre. Il était congelé.
To Be Continued
Chat du Cheshire* : Pour ceux qui l'auraient oublié, le Chat du Cheshire est le chat dans Alice au pays des Merveilles, avec son sourire si marquant. D'où la référence quelques lignes plus bas à "Alice".
