The Holy Queen Marianna
AN : Campione ! et l'univers de Fate ne m'appartiennent pas, si c'était le cas Mordred et Arturia se serait rencontré lors d'une des guerres du Saint Graal et l'un de leur Maître les aurait tapé sur la tête pour qu'elles règlent une fois pour toute leurs problèmes….
Seul mes OCs, comme Marianna et Sara Lysandre sont des créations originales, même si l'apparence physique de Marianna est basée sur celle de Fiore Forvedge Yggdmillenia de Fate/Apocrypha.
CHAPITRE 5 : Les trois Campiones
_ C'était il y a déjà quatre ans que je vous ai invité, vous et les autres Hime-mikos, en Autriche. Quelle nostalgie, déclara Voban en plissant les yeux.
Le trio se trouvait dans la salle de lecture de la bibliothèque que Voban avait prise de force. Croisant les jambes, ce dernier s'assit sur une vieille chaise assez dure, mais sa posture le faisait ressembler à un monarque sur son trône.
Condescendant et grossier, arrogant et grandiose.
_ Je m'ennuyais énormément à l'époque et essayais d'obtenir une bonne chasse. Cependant, j'étais devenu trop célèbre et les Dieux Hérétiques ne se manifestaient plus devant moi*(1). Je dois avouer que cela m'a donné d'effroyables migraines, affirma le Campione.
Les seuls à l'écouter étaient Yuri et Liliana Kranjcar. L'attitude et le ton du tyran étaient très calmes, mais sa personnalité était à l'opposée. En effet, ses actions étaient très souvent extrêmement égoïstes et blasphématoires.
_ J'ai plusieurs privilèges, et l'un d'entre eux inclus le droit de choisir ma proie lors d'une chasse…. Cependant, je n'ai aucun intérêt à chasser les rats, seuls les forts sont dignes de mon tableau de chasse, poursuivit-il avant d'éclater de rire.
Le Roi Démon qui avait massacré de nombreux dieux, affichait un sourire sinistre et déformé aux lèvres. Alors qu'une puissance terrifiante coulait sans cesse de son grand corps maigre, la lumière de ses yeux émeraudes et pervers brillaient comme les iris d'un féroce tigre.
_ Une divinité digne d'être ma nouvelle proie, c'était un problème que je n'avais pas encore résolu à cette époque. Le mystérieux rituel de convocation d'un dieu hérétique… Si ce rituel réussit, alors je devrais pouvoir m'amuser un moment, marmonna-t-il en se replongeant dans ses souvenirs.
L'incident d'il y a quatre ans, se rappelant sa colère lorsque Salvatore Doni s'était emparé du dieu qu'il avait invoqué, le sourire de Voban disparut. Il tourna son regard furieux et sévère vers un espace vide comme s'il imaginait le septième Campione se tenir à cet emplacement.
_ Je veux retenter le rituel d'il y a quatre ans, donc tout comme la dernière fois j'ai besoin de votre coopération. Ha ! Mais vous n'avez pas le droit de refuser, parce que personne ne peut refuser ce que moi, Voban a décidé, annonça-t-il sur un ton arrogant.
Il y a quatre ans, afin de compléter le sortilège « Invocation de Dieu » considéré comme extrêmement difficile par des mages de haut niveau, Voban avait fait réunir les plus talentueuses Mikos venus de toute l'Europe dans le dos de Marianna et Alexandre Gascoigne. Et cela afin qu'elles utilisent leurs pouvoirs de Mikos pour invoquer un Dieu.
Cela s'était passé durant les vacances d'été. Malheureusement pour la famille Mariya, en vacance chez des amis en Autriche à cette période, la jeune Yuri avait été immédiatement repérée et capturée. Une Miko du calibre de Yuri était très rare même en Europe. C'est la raison pour laquelle les subordonnés de Voban l'avaient immédiatement découverte lorsqu'ils avaient pour mission de capturer les mikos les plus talentueuses, et qu'ils l'avaient jugée un digne sacrifice pour le Roi Démon.
_ Hé, après tout tu n'as aucune chance de t'échapper, alors suis juste le courant et profite de notre hospitalité, qu'en dis-tu ?, affirma Voban.
Les yeux maléfiques du roi brillèrent d'une lumière verte.
Yuri était terrifiée. Ses jambes jusqu'à ses genoux étaient entourées d'une pale lumière et rapidement devinrent blancs et totalement insensibles. C'était l'effet de l'autorité des yeux démoniaques, qui transformait les gens en sel. En transformant une partie du corps de Yuri, Voban faisait l'étalage de son pouvoir et de sa capacité à contrôler avec précision son autorité.
_ Marquis, cette blague est allée trop loin ! Si cette fille meurt, il n'y a pas d'autre remplaçant, intervint Liliana Kranjcar pour stopper son maître.
_ Je ne vais pas faire quelque chose d'aussi stupide. Mais votre suggestion a du mérite, il serait dommage de gaspiller un talent aussi rare et exceptionnel pour un jeu, répondit Voban en baissant les yeux après que Liliana le prévint.
Les jambes de Yuri qui étaient devenus inorganiques, retrouvèrent immédiatement leur état normal et Yuri ressentit à nouveau des sensations dans ses jambes, elle était du fond du cœur soulagée.
_ Une personne sensée ne décapiterait pas immédiatement sa poule aux œufs d'or. Vous avez une disposition tellement précieuse que je ne sais pas à quel point elle le restera à votre mort. Alors s'il vous plait, ne me forcez pas à tenter une expérience aussi inutile, affirma le Campione en souriant à nouveau.
_ Mes serviteurs sont tous des résidents de tombes, vous ne voudriez pas devenir comme eux, n'est-ce pas ?, demanda-t-il avant de siffler.
Une figure apparut immédiatement derrière lui. Portant une veste en lambeaux remplis d'innombrables trous, qui semblait avoir autrefois été un illustre uniforme militaire avec une sorte de blason brodé. Un sabre était fixé à la ceinture autour de la taille, et le casque rappelait aisément celui d'un chevalier du treizième ou quatorzième siècle. Cependant, la plus grande caractéristique était la pâleur de la mort. C'était sans aucun doute le visage d'une personne décédée, sans expression, creuse et des globes oculaires aux pupilles dilatées. La seule différence par rapport à un vrai cadavre était l'absence de l'odeur fétide caractéristique des morts.
'C'est un Serviteur mort !', pensa immédiatement Yuri en se rappelant l'une des autorités de Voban. Le pouvoir de dominer ceux qui étaient morts directement de sa main pour en faire des serviteurs obéissants.
Si quelqu'un venait à lui résister, il finirait ainsi.
C'était probablement encore plus horrible que d'être transformé en sel. Une personne décédée n'a aucune durée de vie et une fois emprisonnée par le vieux Roi Démon elle ne trouverait jamais la paix.
_ Le Dieu ramené après sa mort, rétablissant le corps déchiré, récupérant la vie et descendant sur le monde souterrain….
Soudain, des mots sortirent de la bouche de Yuri. L'apparition du Serviteur défunt avait entraîné une réaction des pouvoirs de détection de l'esprit de Yuri. La silhouette d'un Dieu apparut dans le dos de Voban. C'était un dieu sacré dont la peau verte était enveloppée par plusieurs couches de bandages. Très probablement, il s'agissait du Dieu de la vie et de la mort que le vieil homme avait vaincu et dont il avait usurpé l'autorité.
Le dieu qui gouvernait le cycle de la vie et était l'époux de la déesse mère de la terre, et qui par la suite régna finalement comme souverain des enfers.
_ Oh ? Tu sais comment j'ai usurpé l'autorité de ce dieu ?, demanda Voban les yeux plissés.
_ Essayez de l'expliquer. Montrez-moi l'étendu de votre pouvoir, ordonna le Campione.
_ Non, non. Elle a probablement pensé à ces mots de manière soudaine. S'il vous plait ne vous inquiétez pas trop-, tenta d'interrompre la chevalière aux cheveux argentés.
_ C'est moi qui en jugerai ! Le silence est interdit ! Parler !, ordonna à nouveau Voban en ignorant Liliana.
Le corps de Yuri trembla devant ce rugissant reproche.
_... Le Dieu dont le corps divin a été tué, je sais que ce nom est Osiris et qu'il s'agit d'une divinité égyptienne, répondit Yuri.
Les mots des sorts étaient convoqués par la résonnance entre une puissante vision spirituelle et le Dieu. Consignés dans la parole, les mots des sorts révélaient le nom sacré du Dieu.
Voban hocha la tête satisfait de ce qu'il avait entendu.
_ Vraiment incroyable, j'ai eu raison de vous choisir, complimenta-t-il.
Le Campione sourit comme s'il était très heureux, alors qu'à chaque fois que Yuri voyait la silhouette de ce Dieu, elle se sentait écrasée par le désespoir. Parmi les divinités de l'Egypte ancienne, Osiris était considéré comme l'un des dieux les plus puissants. Il était le père d'Horus, le dieu de la moisson pour la précédente génération de rois, l'époux de la déesse Isis qui excellait dans la magie. Incapable de retourner dans le monde des vivants lorsque son corps fut découpé en quatorze morceaux, il devint le souverain des enfers.
Comment pouvait-on faire face à un monstre qui avait vaincu un tel dieu ? Yuri ne pouvait ressentir que du désespoir, comme un lourd fardeau pesant sur son corps, puis elle se souvint des mots que le huitième Campione Kusanagi Godou avait prononcé des jours plus tôt, lorsqu'ils avaient été attaqués par des bêtes divines puis séparés*(2) :
« Si quelque chose comme cela se reproduit, appelle-moi tout de suite par mon nom… »
Les paroles sincères et gentilles du jeune homme dont l'existence ressemblait à celle du vieil homme face à elle. Il possédait une autorité qui lui permettait de voler vers les personnes en détresse qui l'appelaient à l'aide.
Mais Yuri ne l'appellerait pas, elle pensait qu'il n'avait aucune chance de gagner. Kusanagi Godou ne pouvait pas vaincre Sasha Dejanstahl Voban à ses yeux. Aux contacts des deux rois, Yuri avait pu discerner la différence de pouvoir écrasante entre les deux Campiones. Le vieil homme maitrisait déjà tous ses pouvoirs contrairement au jeune adolescent. Ce serait comme un chaton défiant un tigre, conclut l'esprit de Yuri, se faisant elle avait oublié la présence de Marianna, la sixième Campione, à Tokyo.
Afin d'éviter ce qu'elle pensait être la mort de Kusanagi Godou, Yuri n'appela pas son nom.
Le groupe arriva à Aobadai en voiture qu'Arthur gara sur le parking. Déjà sur place, le Servant Saber Okita les rejoint et rapporta ses observations le temps qu'Erica arrive à son tour.
_ Le marquis se trouve à l'intérieur avec Mariya Yuri et Liliana Kranjcar, Nobunaga et moi avons ressenti à plusieurs reprises l'activation d'autorité mais sans effet visible aux alentours. Je suppose qu'il les a utilisés pour menacer sa captive, expliqua Okita en montrant le bâtiment où se trouvait le premier Campione.
Il s'agissait en temps normal d'une bibliothèque, située dans un quartier résidentiel calme. Un étrange choix d'endroit pour commettre de tels méfaits songea Godou en fronçant les sourcils.
_ Ne perdons pas de temps, Godou. Entrons immédiatement à l'intérieur, déclara Erica à peine arrivée sur les lieux.
Sans un autre mot, le groupe constitué de deux Campiones, Erica et quatre Servants : Arthur, Okita, Kiritsugu et Irisviel, entra à l'intérieur de la bibliothèque, quand soudainement une ombre les attaqua.
Une silhouette vêtue de vêtements en lambeaux avait essayé de trancher Godou, mais Okita avait remarqué sa présence et avait aisément réussi à bloquer l'attaque avec son katana.
Tous les membres du groupe excepté Godou avait sorti une arme ou était prêt au combat. Marianna avait sorti Vasavi Shakti de sa trésorerie, Arthur tenait Excalibur invisible dans ses mains, Kiritsugu avait brandi ses revolvers, Irisviel avait activé ses circuits magiques et avait des fils dans les mains qu'elle était prête à manipuler, enfin Erica avait invoqué Cuore di Leone.
_ Notre ennemi est l'un des Serviteurs défunts que grand-frère contrôle, restez donc sur vos gardes, il est probable qu'il y en ait d'autres dans les parages, ordonna Marianna.
En entendant les mots de son aînée, Godou frissonna. Leur adversaire avait tout d'un zombie et il pria rapidement pour que les Serviteurs de Voban ne soient pas semblables à ceux décrits dans les films ou les jeux. Godou n'avait aucune envie d'avoir un zombie mangeur de cerveau à ses trousses ou bien une apocalypse à la Walking Dead...
Il était si concentré sur l'idée d'une armée de zombie réduisant la population humaine jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une poignée de survivants, qu'il ne remarqua pas l'arrivé d'un second épéiste mort. Heureusement pour le Campione, Erica avait remarqué son arrivée et elle avait stoppé le coup visant son souverain.
_ Godou laisse-moi m'occuper des Serviteurs, garde tes autorités pour affronter Voban, avisa Erica en tentant de trancher son adversaire mais celui-ci esquiva, se faisant il entra dans la ligne de mire de Kiritsugu qui lui tira dessus pour l'achever.
Godou savait qu'Erica avait raison sur ce point, il ne pouvait pas user de ses autorités sans réfléchir contrairement à un certain épéiste italien. En effet, l'autorité obtenue de Verethragna était très puissante mais surtout variée et volatile. Son autorité réunissait les pouvoirs des dix incarnations du Dieux, de sorte qu'on pouvait presqu'y voir dix autorités totalement différentes réunis en une seule. Mais cette variabilité avait une lourde contrepartie, les pouvoirs en question ne pouvaient être utilisés sans de nombreuses et pénibles conditions.
Il ne pouvait donc que reculer et laisser ses compagnons se charger de leurs ennemis, ce qu'ils firent avec aise.
Leur première victoire fut rapidement interrompue par une impressionnante voix féminine qui résonna dans le hall d'entrée du bâtiment.
_ Un bien belle victoire contre des adversaires qui même après la mort restaient aussi puissants que de leur vivant, déclara la voix douce, mais non séduisante, telle un acier de qualité à la fois robuste et flexible.
Le propriétaire de la voix était une jeune fille qui s'approchait du groupe d'un pas faussement désinvolte, Godou avait remarqué qu'elle regardait avec frayeur Marianna et les subordonnés de cette dernière.
Elle avait de longs cheveux argentés retenus en une haute queue de cheval et possédait une beauté rigide semblable à celle d'une poupée occidentale. Godou ne pouvait s'empêcher de la comparer à une fée, avec sa silhouette mince, petite et élancée. Mais malgré tout il resta sur ses gardes, l'inconnue tenait une épée mince et élégante et il était sûr qu'elle savait s'en servir.
_ Ah Lily, depuis quand es-tu au Japon ? Cela faisait si longtemps !, salua Erica à la surprise de Godou.
'Erica connait cette fille ?', songea-t-il confus et légèrement compatissant, il avait le sentiment que la chevalière en face d'eux avait souffert plus d'une fois de la personnalité d'Erica.
_ Ne m'adresse pas aussi familièrement, Erica Blandelli, je ne suis pas ton amie et tu n'as aucune raison de m'appeler comme ça, répondit la dénommée Lily.
Erica ne perdit pas son sourire malgré la réponse acerbe de l'autre chevalière, mais choisit de poursuivre la conversation.
_ Je sais ! Tu te trouvais sûrement là ou vit le Marquis et est finalement venue avec lui au Japon, n'est-ce pas ? Il est vrai que ton grand-père est un admirateur du Marquis, et dire qu'il est allé jusqu'à envoyer sa propre petite-fille aussi aisément, commenta Erica.
En entendant les spéculations d'Erica, le visage de Liliana changea. Erica avait clairement visé juste, quelle terrible intuition, releva Godou.
_ Cependant connaissant ton attitude trop juste et le caractère supposé du Marquis, tu ne t'entends surement pas avec lui et ne peux que garder le silence. N'est-ce pas beaucoup de stress ?, poursuivit Erica.
_ Tais-tais-tais-toi ! Ne parle pas comme si tu as tout vu !, ordonna Liliana en tentant de stopper Erica futilement.
'J'en étais sûr, cette fille est une autre victime dont s'est jouée Erica !', conclut Godou en ressentant un fort sentiment de camaraderie envers Liliana, dont l'apparence innocente indiquait clairement qu'elle ne pouvait rivaliser avec la renarde Erica.
_…. Kusanagi Godou ! Il n'y a absolument rien de vrai dans les propos de votre amante. S'il vous plait, oubliez ses paroles. Il est vrai que je suis une subordonnée du marquis Voban, toutefois en tant que chevalière il n'y a rien de déshonorant. Non sans aucun doute… absolument rien !, argua la chevalière ennemie désespérément et le groupe se demandait si elle souhaitait se convaincre elle-même ou ses opposants.
_ Ha, j'ai compris, accepta Godou en hochant de la tête en direction de Liliana, qui niait les joues rouges.
Il tenta lui-aussi de corriger un certain point inquiétant.
_ À propos, Erica n'est pas réellement mon amante, ou quoi que ce soit dans le genre. Cette rumeur n'a pas de fondement…, commença Godou avant d'être interrompu.
_ Vous n'avez pas à le cacher, notre réseau d'information est déjà parfaitement au courant de votre dépravation lubrique, non, excusez-moi votre relation intime allant au-delà des liens d'une amitié normale. Étant donné l'habilité de cette renarde dans ses techniques, jouer avec les sentiments d'un jeune roi est plus qu'aisé pour elle, affirma Liliana en regardant le duo suspicieusement.
Marianna devait se retenir d'applaudir la logique de Liliana, elle-même avait soupçonné Erica de se servir de Godou pour ses propres intérêts et elle avait questionné les mêmes points. Malheureusement, les semaines qu'elle avait passé à Tokyo en la compagnie de son nouveau petit-frère et de l'italienne, lui avait fait changé d'avis, elle avait du se résoudre à accepter le fait qu'Erica était sincèrement tombée sous le charme du jeune Campione. Elle se trouvait donc moralement obligé d'intervenir pour les défendre, quel dommage….
_ Mademoiselle Kranjcar, vous vous trompez sur ce point, Mademoiselle Blandelli éprouve de véritables sentiments envers Godou-kun. Malheureusement, elle n'est pas douée pour les exprimer d'une manière acceptable, elle tente de séduire Godou avec des méthodes inefficaces et elle ne prend même pas en compte le fait que pour un Japonais son comportement peut-être interprété comme vulgaire…. Au lieu de chercher ce qui ferait plaisir à celui qu'elle aime, elle s'immisce par la force dans sa vie et l'oblige à réaliser ses désirs à elle…. Elle agit de manière complètement égoïste, il est vrai, mais Godou parvient à s'exprimer quand cela compte vraiment. Je peux vous assurer que pour l'instant, ils ne sont pas en couple et mademoiselle Blandelli devra revoir son attitude avant qu'ils puissent entretenir une relation amoureuse, expliqua la Campione en s'approchant calmement de Liliana avant de se tourner vers Godou et Erica.
Erica se pinça les lèvres à ces mots, elle avait déjà reçu plusieurs réprimandes sur son comportement de la part de la sixième Campione à travers sa subordonnée Mélinda. Dame Marianna avait mentionné encore et encore le fait que les différences de culture entre l'Italie et le Japon jouaient en sa défaveur, car elle se basait sur les réactions d'un jeune Italien, non un Japonais, à ses diverses tentatives de séduction. Elle avait bien compris après toutes ces semaines que Godou était inconfortable avec ses démonstrations publiques d'affection, mais elle craignait de laisser la voie à Yuri si elle ne lui rappelait pas constamment qu'elle l'aimait….
Quand à Godou, le jeune Campione se retenait d'embrasser sa « sœur ainée ». Après avoir été victime pendant des semaines des regards noirs, jaloux et réprobateurs de ses camarades de classe, savoir qu'une personne le croyait quand il niait être au cœur d'un triangle amoureux ou avoir une épouse et une maîtresse, était un véritablement soulagement. Il nota dans un coin de sa tête qu'il devait vraiment offrir un présent à Marianna pour la remercier de son soutien indéfectible.
_ Votre Altesse, êtes-vous sûre de ce que vous affirmez ? Sir Salvatore m'a pourtant déclaré : « cette fille s'est mise entre Godou et moi et est très obstructive…. », annonça Liliana, ce qui poussa les deux Campiones et les Servants à mettre une main sur leur front pour se masser les tempes.
Liliana venait de mentionner un nom qui ne pouvait être ignoré par toutes les personnes présentes.
Pendant encore combien de temps cet idiot créera-t-il des problèmes pour moi ? Dans son cœur, Godou sentit la montée soudaine d'une pulsion meurtrière. Marianna se promettait d'enfermer Salvatore Doni dans son manoir jusqu'à la fin de l'année, au moins s'il est emprisonné chez elle, il ne pourra pas causer davantage de troubles.
_ Alors Lily, as-tu vu Sir Salvatore récemment ?, demanda Erica curieuse, elle avait décidé d'ignorer la critique à son sujet pour en savoir davantage.
_ Ne m'appelle pas Lily ! Ce n'est qu'à la veille de ma rencontre avec le Marquis Voban que je l'ai vu, Sir Salvatore était encore en convalescence et il m'a décrit ce qui s'est passé cette nuit-là de manière très détaillée. D'ailleurs, il m'a parlé de son altesse Kusanagi avec une grande passion, répondit Liliana en se remémorant les mots du Campione italien tout en regardant avec dégout Godou.
Marianna se demandait sincèrement quels genres de bêtises son petit-frère préféré avait encore répandu, il avait la mauvaise manie de « romantiser » les moments qui le marquaient et la plupart du temps ces moments consistaient en des duels ou des combats contre de puissants adversaires…. Marianna se souvenait très clairement de la fois où il lui avait raconté sa victoire contre Vulcain. Ses subordonnées et elle avaient fini les joues en feu et l'esprit perdu dans des rêveries yaoi très explicites à cause de ses descriptions passionnées….
Salvatore avait le chic pour décrire ses combats comme des affrontements plus… intimes qu'ils n'étaient vraiment…. Marianna savait que si elle venait à croiser la route du Dieu Hérétique Vulcain, elle ne pourrait jamais le regarder droit dans les yeux sans rire ou rougir comme une écrevisse.
_ …. Est-ce que ce type a dit quelque chose d'étrange ?, demanda Godou avec la gorge nouée, il avait un très mauvais pressentiment.
_ … C'était une nuit que je n'oublierai jamais pour le restant de mes jours. Jamais je n'oublierai la nuit si passionnée comme un rêve et aveuglante comme un feu d'artifice d'été. Je lui ai tout offert et il a répondu avec tout ce qu'il avait. À ce moment-là, on aurait dit qu'il n'y avait que nous deux dans le monde et que tout le reste était non important. Quelque chose dans ce style, déclara Liliana en baissant la tête, les joues rouges.
Le silence s'installa à la fin de cette réponse, Godou était trop éberlué pour répliquer, Erica trop amusée et le reste trop déprimé. Liliana poursuivit donc, renforçant accidentellement le pieu fictif qui avait transpercé Godou.
_ Je ne suis pas qualifiée pour commenter sur le fait que deux Rois entretiennent ce genre de relation immorale, mais si cela m'est permis, ce que je voudrais dire c'est que ce genre d'actions impures avec Erica est malsain pour un homme. En ce qui concerne ce genre de malhonnête double-vie…. Ha ! S'il vous plait, oubliez-ce que je viens de dire !, demanda Liliana embarrassée.
_ Arrêtez avec les malentendus étranges, tout ce que j'ai fait, c'est me battre contre ce type !, hurla Godou en s'arrachant presque les cheveux, il venait de penser que Liliana n'était peut-être pas la seule ayant entendu cette version à la Doni des évènements.
Faisant fi des cris de désespoirs de Godou, Erica prit la parole et s'adressa à lui.
_ Je te l'ai déjà dit, tu as trop d'ouvertures, c'est pourquoi tu laisses tous ces gens étranges s'approcher de toi ! Les gens étranges comme Sir Salvatore, tu dois les faire fuir avec détermination !, conseilla-t-elle en mettant ses mains sur ses hanches comme une adulte réprimandant un jeune enfant.
_ … Mademoiselle Blandelli, vous savez que vous comptez parmi les gens étranges qu'il devrait chasser ?, commenta en souriant Marianna, lorsqu'elle s'adressa à la blonde.
Un vent glacé passa entre les deux femmes, que Godou ignora pour se plaindre à son tour.
_ Moi aussi je veux m'en débarrasser, mais s'ils reviennent encore et toujours pour chercher des ennuis, que puis-je faire ?!
Après avoir répondu, Godou prit une grande inspiration. Salvatore Doni était un homme extrêmement exaspérant, même quand il n'est pas physiquement présent, il réussissait à causer des ennuis ou à l'agacer.
_ Mademoiselle Kranjcar, je crois que nous avons perdu assez de temps à cause des idioties de Salvatore, si je ne me trompe pas grand-frère Voban nous attend à l'intérieur ? Pourriez-vous nous guider jusqu'à lui ?, interrompit Marianna après avoir vu l'heure sur sa montre.
_ C'est ce que j'étais venue faire. S'il vous plait, venez par ici !, indiqua Liliana tout en se dirigeant vers les profondeurs de la bibliothèque.
La rencontre avec le plus vieux Roi Démon était sur le point de commencer.
Le groupe guidé par Liliana entra dans une des salles de lecture située au deuxième étage de la bibliothèque.
Le grand vieil homme et Yuri vêtue tout en blanc les y attendaient.
Godou avait déjà appris de Marianna que l'apparence physique de Voban différait de sa véritable personnalité, pourtant il ne put s'empêcher d'être surpris en le voyant de ses yeux pour la première fois. Malgré sa personnalité semblable à celle d'un chien enragé, le premier Campione avait un air très intellectuel, un front large et des yeux profonds. Bien que grand et mince, son corps ne donnait pas l'impression d'être faible, son dos était bien droit et vêtu d'un costume soigné, il ressemblait à un vieux gentleman européen.
_ Marianna, je suis surpris de te voir au Japon, n'es-tu pas sensé préparer une nouvelle expédition de recherche en Afrique ?, demanda Voban, les yeux fixés sur la Campione accompagnant Kusanagi Godou.
_ C'est exact. Mais entre temps, j'ai appris que vous étiez parti pour le Japon, j'ai donc décidé de venir m'assurer qu'une dispute entre Campione ne commence pas dans une ville aussi peuplée que Tokyo, répondit calmement Marianna.
Son aîné n'avait pas besoin de savoir qu'elle résidait depuis des semaines à Tokyo et que la personne qui régnait en ce moment en France était une doublure créée par alchimie. Marianna préférait garder secret ses agissements le plus longtemps possible, afin de protéger son territoire mais aussi la réputation de Godou. Si les communautés magiques apprenaient qu'elle enseignait à Godou comment régner correctement, ils y avaient de fortes chances qu'ils considèrent Godou comme un faible roi susceptible à leurs manipulations. C'était la présence d'Erica à ses côtés qui avait enflé cette rumeur, Liliana n'était pas la seule à penser qu'Erica utilisait Godou.
_ Ha ! Je vois, je vois ! Une telle décision est digne de celle que l'on surnomme l'Ange de Lyon, s'assurer que les faibles survivent à un possible combat entre de puissants carnivores est bien dans tes habitudes ma chère. En tout cas, Campione japonais tu sembles assez jeune, mais il est vrai que l'âge ne fait pas tout, moi-même je suis devenu un Campione à peu près au même âge. Nomme-toi, jeune homme. Je suppose que tu connais déjà mon nom, mais j'ignore le tien, demanda finalement Voban après s'être tourné vers Godou.
_ Je suis le huitième Roi, Kusanagi Godou, répondit poliment mais fermement Godou.
Durant le trajet jusqu'à la bibliothèque, Marianna lui avait conseillé de ne pas laisser paraître de faiblesse face à Voban qui respectait la force. Godou avait décidé de suivre ces indications puisque Marianna avait déjà des liens au préalable avec le premier Campione.
Près de Voban, Yuri regardait le groupe l'air pale, si elle savait que dame Marianna était une puissante Campione, elle n'était pas sûre qu'elle puisse vaincre Voban au combat. Elle se retenait de crier contre Godou pour être venue à sa rescousse, en se mordant les lèvres.
_ En tant que Campione tout comme vous, je suis venu négocier le retour d'une de mes sujettes Mariya Yuri-san, Dame Marianna m'accompagne pour servir de partie neutre, affirma calmement Godou.
Encore une fois, Kusanagi suivait le plan concocté par Marianna. Voban était un chasseur à la recherche de l'excitation et des frissons de la traque, Yuri n'avait d'importance pour lui que par ses puissants pouvoirs spirituels capable d'invoquer une nouvelle proie pour le satisfaire. Si Godou lui offrait quelque chose d'une valeur égale ou supérieure à la valeur de Yuri aux yeux du vieil homme, il pourrait la reprendre des mains de Voban.
_ Négocier ? Quel prix proposes-tu, jeune homme ? Sache que je n'accepterais pas moins qu'une miko capable d'invoquer un Dieu pour remplacer cette fille, annonça Voban en perçant de son regard froid le plus jeune Campione.
Godou savait qu'il n'avait qu'une seule chance de protéger Yuri. Voban n'était pas un bon samaritain mais une brute qui ne respectait que les démonstrations de force et de détermination. Il n'avait pas d'autre alternative que de jouer son jeu et de montrer ses propres capacités dans une chasse impitoyable.
_ Je n'ai pas de Miko à vous proposer, en revanche je peux m'offrir comme proie. Au lieu de prendre le risque de réunir un groupe de miko pour invoquer un Dieu et que ce qu'il s'est passé il y a quatre ans se reproduise, je vous propose de me choisir comme proie. Il est vrai que je suis un jeune Campione qui n'a vaincu qu'un seul Dieu Hérétique, mais la véritable identité de ce dernier et l'autorité que j'ai usurpée sont largement supérieures à celles d'un dieu lambda. Avec l'aide de Dame Marianna, nous pouvons aisément organiser tout de suite une partie de chasse qui vous satisfera pleinement. Et si à la fin de celle-ci, vous restez insatisfait, je serais prêt à renégocier, proposa Godou sur un ton ferme et clair qui démontrait sa sincérité.
Erica le regarda avec fierté, elle avait un plan B pour régler la situation (mentionner « l'amitié » entre Salvatore Doni et Godou afin que Voban décide de régler dans un combat leur différent), mais il semblerait que cela ne soit pas nécessaire.
_ Une chasse avec un Campione comme proie… ? Hmm, intéressant, je dois dire que l'idée me plait, mais comment Marianna pourrait-elle nous aider dans un tel cas ?, demanda Voban curieux, l'idée l'intriguait et il était tenté d'accepter, il ne gagnerait peut-être pas une nouvelle autorité mais cela lui permettrait de réaffirmer sa position, que cet imbécile de Doni avait fragilisé il y a quatre ans.
_ C'est simple, grand-frère. J'ai réussi à développer une technique capable de partiellement réécrire la réalité, en la remplaçant par ma vision du monde. Je peux parfaitement créer autour de cette bibliothèque une barrière la séparant du monde extérieur et faire de cette pièce une forêt, une jungle ou bien même un désert, ainsi que contrôler les dimensions de cette espace afin de l'agrandir ou de le réduire à ma guise. Dans ce monde, j'aurais tout pouvoir, mais je vous assure que je resterai en retrait et ne ferait qu'agir en tant qu'arbitre de cette partie de chasse. Si vous avez des préférences, je peux donc transformer le terrain afin d'augmenter la difficulté et même ajouter des monstres et des pièges pour pimenter la partie ! Vous pouvez participer en solo ou avec mademoiselle Kranjcar comme partenaire, puisque mademoiselle Mariya est la récompense finale il serait préférable qu'elle reste en sécurité à mes côtés loin de l'action. Godou-kun a déjà formé son groupe, il participera en compagnie de sa chevalière mademoiselle Blandelli et de quatre de mes subordonnés, est-ce que ces conditions vous conviennent ?, expliqua respectueusement Marianna en s'avançant vers le vieil homme.
Voban prit un moment pour réfléchir, l'offre était vraiment tentante mais il voulait s'assurer de ne pas être dupé. Marianna était connue pour son honnêteté et son sens des responsabilités et des engagements, mais le jeune Kusanagi était un facteur inconnu dans cette équation. Finalement après mures réflexions, il répondit :
_ C'est d'accord, jeune fille rejoignez Marianna, je compte sur toi ma chère pour éviter toute tricherie, accepta Voban en poussant légèrement Yuri vers Marianna, avant de poursuivre en détaillant ses règles du jeu.
_ Je laisse à ton groupe trente minutes d'avance avant de vous poursuivre, puisque tu es le leader Kusanagi Godou, la victoire sera décidé soit par la défaite d'un de nous deux, soit à la fin du temps réglementaire, disons cinq heures. Si au bout de cinq heures, j'échoue à te vaincre, tu remporteras la victoire par défaut. Et pour honorer, notre arbitre je promets de faire de mon mieux pour éviter de tuer les membres de ton groupe, annonça Voban.
En temps normal, il aurait cherché à tuer le jeunot, mais la présence de Marianna le retint, il n'avait pas envie d'avoir une furieuse Campione à ses trousses, il était déjà en conflit avec cette agaçante et orgueilleuse bonne femme*(3) en Chine! Et Marianna était dangereuse, ses portails lui donnaient un avantage contre ses meutes de loups et ses armés de morts, elle pouvait aisément les vaincre en les fusillant avec sa « Gate of Babylon ».
_ J'accepte vos conditions, accepta Godou avec soulagement.
Il aurait préféré ne pas avoir à se battre du tout, mais avec Voban comme opposant il savait que ce marché était préférable aux autres alternatives. Au moins, Yuri était en sécurité et Erica et lui n'étaient pas les seuls à devoir se battre, leurs renforts étaient très puissants et leur aide sera précieuse. En plus, grâce à la présence de Marianna, Voban ne pourra pas revenir sur sa promesse en cas de défaite. Godou devait donc faire de son mieux pour protéger son amie et ses camarades.
_ Bien, puisque nous sommes tous d'accord, je vais invoquer mon Reality Marble.
Aventurière chevronnée, capable de comprendre les mystères du monde.
Toujours à la recherche, sans cesse, sans cesse.
De davantage de connaissances et de nouveaux territoires…
J'erre, sans limite, sans contrainte et chaîne sur ces terres inexplorées.
Un seul but, découvrir le passé pour protéger le présent et le futur.
Guidée par les astres et les saisons du Ciel et de la Terre
Inlassablement, je voyage à travers les mondes pour voir et vivre.
Apprenant la sagesse oubliée dans le présent afin de la rendre au futur.
Dans mon cœur, une prière est née, je désire…
Le Monde Infini à explorer !
Dès qu'elle termina son aria, la réalité se transforma avec la Campione au centre de ce nouveau monde, sa barrière s'étendit rapidement jusqu'à entourer le bâtiment entier.
Marianna utilisa son contrôle sur cette nouvelle réalité pour envoyer les combattants dans une région rocheuse de son Reality Marble tandis que Yuri et elle étaient téléportées dans le hall d'entrée d'un des nombreux châteaux à l'intérieur de son monde. Le château en question était une copie du Château de Versailles avec quelques éléments modernes et magiques ajoutés par Marianna et il servait généralement de QG pour la Campione. Des écrans géants flottaient autour des deux femmes leur montrant ce qui se passait du côté des combattants.
Les deux factions avaient été séparés à leurs arrivés. Deux kilomètres les séparaient et avec les énormes rochers qui composaient le paysage, Marianna jugeait que ces points de départ étaient d'excellents challenges. Les deux groupes seraient légèrement freinés et ils pourraient se servir de l'environnement pour bloquer la faction adverse. Elle rajouta aussi quelques monstres entre les deux groupes, il s'agissait de wyvernes et de créatures ressemblant au croisement entre un rhinocéros et un lézard, des grosses bêtes avec des écailles que Marianna avait aperçu dans un animé dont elle ne parvenait pas à retrouver le titre.
_ Yuri, écoute-moi bien. Tu te trouves dans un château à l'intérieur du monde que j'ai invoqué dans la réalité, tu es parfaitement en sécurité ici. Personne d'autre que moi ou mes subordonnés ne peut accéder à cette partie de cette fausse réalité. Les écrans qui flottent autour de nous vont nous servir à observer cette partie de chasse, tu ne pourras que voir ce qui se passe mais pas intervenir. Je te demande de rester forte et d'encourager Godou et mademoiselle Blandelli, c'est pour toi qu'ils combattent aujourd'hui. Il est important que tu les soutiennes, même si tu penses qu'ils auraient du te laisser aux mains de Grand-frère, déclara Marianna à la jeune Hime-Miko qui était paralysée devant l'un des écrans qui montrait ses deux camarades d'école.
_ Pourquoi ? Pourquoi est-il venu ?, marmonna Yuri, sa contenance brisée par les mots de la Campione.
_ C'est évident, ma chérie. Godou n'est pas le genre d'homme à abandonner une personne qu'il connait et considère comme une amie à un tel sort. C'est l'une des rares motivations de notre jeune ami… Quand il s'agit de ses proches, il révèle ses crocs, affirma Marianna en souriant avec confiance.
Pour la Française, il n'y avait aucun doute. Aujourd'hui, Godou ne perdrait pas.
Notes :
1) La véritable raison derrière le manque de proie de Voban est l'effort collectif de Marianna et de ses Servants pour les éliminer avant qu'elles n'entrent sur son territoire. Marianna voulait réduire la différence de puissance entre Voban et elle, mais elle n'avait pas suffisamment envisagé les conséquences de cette décision.
2) Entre la mort d'Athéna et l'arrivé de Voban, Godou a vécu plusieurs autres incidents liés au paranormal en compagnie d'Erica et de Yuri, mais ses adversaires n'étaient pas des dieux mais de simples montres.
3) Voban parle de Luo Hao, les deux entretiennent une rivalité depuis longtemps selon le light novel. J'ai hésité sur le choix de l'expression « bonne femme » pour souligner ce point, parce qu'en tant que femme je trouve qu'il s'agit d'une expression vulgaire et détestable, mais dans cette situation je n'ai pas trouvé mieux….
Laissez des reviews, s'il vous plait! J'ai été sincèrement déçu de ne pas avoir une seule review pour le chapitre 4, cela m'a complètement déprimé et j'ai presque eu envie de laisser tomber cette fiction. Un simple "j'aime" ou"good peut suffire! Pour finir, un interlude spécial Saint Valentin sera posté la semaine prochaine, tandis que le chapitre 6 sortira à la fin du mois.
Je vous souhaite à tous une bonne journée!
OMAKE : Fuyuki, singularité F avant la proclamation du « Grand Order ». Partie 1
Olga venait de finir ses préparations pour invoquer un Servant à l'aide du bouclier Noble Phantasme de Mash, lorsqu'un hologramme apparut au-dessus du bouclier. Il s'agissait du Dr Roman, que Ritsuka Fujimaru avait rencontré un peu plus tôt le jour même.
_ CQ, CQ ?! Allo, allo ?! Okay, la connexion est de retour !, dit le Dr Roman. « Bon travail Ritsuka et Mash, vous avez sécurisé la connexion, maintenant nous pouvons communiquer et vous envoyer des rations via le Rayshift. »
_ Quoi ?! Pourquoi es-tu en charge de Chaldea, Romani !? Et Lev, où est Lev ? Passe-moi Lev !, ordonna Olga en interrompant le docteur et en commençant à hurler.
_ Wahhhhhhhhhhh ! Directrice, vous êtes en vie ?! Et indemne ? Qu'est-ce que…? marmonna surpris le médecin.
_ Qu'est-ce que cela signifie ? Où est Lev ? Pourquoi le médecin en chef est-il en charge ?, cria Olga furieuse.
_ Ne me demande pas pourquoi ! Je suis parfaitement conscient que je ne suis pas fait pour le job !, se plaignit le bon Docteur avant de prendre un ton plus sérieux. « Mais il n'y a personne d'autre, Olga Marie. À l'heure actuelle, sur les trois cents employés de Chaldea, 21 seulement ont survécu à l'accident y compris Da Vinci et moi-même. La raison pour laquelle je suis en charge, c'est qu'il n'y a personne de plus haut gradé que moi vivant. »
_ Quoi ?, s'exclama en même temps le trio isolé à Fuyuki.
Ritsuka avait une boule dans le ventre, plus de deux-cent cinquante personnes venaient de mourir et il avait été l'un des rares à survivre. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer ce qui lui serait arrivé s'il n'avait pas été envoyé à Fuyuki. Serait-il lui aussi l'une des malchanceuses victimes ? Il commençait à se rendre compte à quel point la situation avait viré au cauchemar, pourraient-ils tous retourner vivant à Chaldea ?
Ritsuka écouta à moitié le reste de la communication entre Roman et la directrice, il avait relevé le passage sur la mort présumée de Lev et frissonna. Une personne avec qui il avait discuté venait de mourir. Heureusement, il y avait un soupçon d'espoir, il avait appris que les quarante-huit autres Masters étaient en vie bien que grièvement blessés. Le seul problème était que leurs blessures étaient si graves qu'ils avaient dû être cryogénisés, parce que Chaldea n'avait pas le matériel pour les soigner.
_ Merci pour le rapport, Docteur Romani. Nous allons maintenant poursuivre notre enquête sur la singularité F, avant cela nous allons invoquer un autre Servant, car nous avons rencontré des présences hostiles ainsi que des Servants ennemis. Maintenant, j'ai besoin que tu continues de prendre en charge Chaldea jusqu'à mon retour, c'est compris Romani ?, conclut Olga Marie.
_ À vos ordres, Directrice. Contactez-moi lorsque vous découvrirez de nouvelles informations, termina Dr Romani avant de disparaître.
_ La situation est un vrai désastre, déclara Olga en soupirant.
_ Yeh…, dit faiblement Ritsuka, la situation avait bel et bien tourné au cauchemar.
_ Maintenant, avant d'invoquer ton Servant Ritsuka, je dois t'avouer que j'ai menti à Romani. Nous allons régler cette singularité avant qu'une nouvelle équipe arrive, car il est impossible de dire quand elle va venir. Et je ne vais certainement pas laisser l'association enfoncer ses griffes encore plus profondément dans mon Chaldea et me le prendre. Maintenant, invoque ton Servant !, acheva Olga Marie.
Ritsuka acquiesça avant de réaliser quelque chose. Il ne savait pas comment invoquer un Servant.
_ Euh ? Comment dois-je procéder ?, demanda-t-il embarrassé par le regard impatient d'Olga.
_ C'est vrai que tu es un complet novice. C'est assez simple, tu as juste besoin de pomper ton prana dans le cercle et avoir l'intention d'invoquer. Le système FATE est ce qui fait le plus gros du travail, expliqua Olga.
Ritsuka hocha la tête avant de se concentrer sur le cercle et de forcer dans son prana l'intention d'appeler à l'aide. Le cercle se mit à briller, confirmant que le processus fonctionnait et le jeune Master sentit son prana être aspiré par le cercle. Un éclair de lumière aveugla le trio dans la base créée.
Lorsque Ritsuka put finalement rouvrir les yeux, il entendit une voix féminine qui lui était inconnue s'adresser à lui.
_ Servant Caster, mais je vous en prie, appelez-moi Marianna. Mon vrai nom n'est pas suffisamment connu pour qu'il y ait un véritable avantage à le cacher. Je vous le demande, êtes-vous bien mon Maître ?, déclara la voix sur un ton calme et doux qui apaisa immédiatement Ritsuka parce qu'il rappelait celui de sa mère.
Debout sur le bouclier, une jeune femme aux longs cheveux bruns bouclés avec des yeux bleus clairs vêtue d'une longue robe blanche en dessous d'une armure dorée s'inclina devant Ritsuka. Ce dernier contempla la jeune femme qui ne devait pas avoir plus de vingt ans en rougissant, l'aura paisible et pure entourant son Servant l'avait pris au dépourvu, mais il finit par se ressaisir et répondre.
_ Oui, je suis bien ton Maître, enchanté de te rencontrer…, répondit Ritsuka en essayant de deviner l'identité de l'esprit héroïque qu'il venait d'appeler en renfort.
Elle semblait assez jeune, même pas plus âgée que lui, et pourtant son aura était si majestueuse, si royale qu'il devait se retenir de céder à sa première pulsion, celle de s'incliner aux pieds de la jeune femme. Étrangement, le Servant en question ne semblait pas avoir remarqué l'effet que sa présence avait sur son Maître, car elle lui souriait gentiment et paressait plus que serviable lorsqu'elle reprit la parole.
_ Master, je vois que vous avez déjà un Servant. Même si je ne connais pas les détails derrière mon invocation, je peux tout de même deviner en partie la situation, si vous êtes prêt à soutenir deux Servants, c'est que la situation est extrêmement grave, déclara Marianna en posant sa main droite sur son coeur.
_ C'est exact, Marianna? C'est ça? Nous nous trouvons dans une singularité, un morceau d'histoire séparé de l'espace et du temps parce que l'histoire s'est retrouvée dévier de sa course. Nous appartenons à l'Organisation de Sécurité Chaldea, notre mission est de protéger l'humanité en découvrant la cause derrière l'apparition d'une singularité et de la corriger pour que l'histoire puisse reprendre sa course d'origine. Je suis la Directrice de Chaldea, Olga Marie Animusphère, voici Mash un Demi-Servant et ton Maître Ritsuka Fujimaru, expliqua Olga Marie en s'adressant à la nouvelle Servante.
_ Je suis enchantée de faire votre connaissance et serai heureuse de vous aider dans votre mission, répondit amicalement la brune en inclinant la tête devant chacun d'eux.
_ Bien, Ritsuka en tant que Maître tu possède la faculté de voir le statut d'un Servant, ce statut contient des informations comme son vrai nom, ses compétences et Nobles Phantasmes. J'aimerai que tu utilises cette faculté pour examiner les statuts de Mash et Marianna, ordonna Olga Marie en se retournant vers l'unique Master du groupe.
_ Comment puis-je activer cette capacité?, demanda le novice en question, il se sentait vraiment comme un poisson hors de l'eau depuis le tout début de la journée.
_ C'est simple, il suffit que tu regardes tes Servants et que tu te concentres sur l'idée que tu veux voir leurs statuts, il devrait ensuite apparaître dans ton esprit. C'est une compétence qui est immédiatement accordé à un Master ayant un contrat, cela devrait être simple comme bonjour à utiliser, expliqua Olga.
Ritsuka hocha de la tête avant de se tourner vers Mash et Marianna pour mettre en pratique les conseils de la Directrice.
Il tenta tout d'abord l'expérience sur Marianna et après s'être concentré quelques instants des lignes apparurent dans son esprit, superposées à la figure de la Caster.
CLASSE : Caster
VRAI NOM : Marianna Lysandre
MASTER : Ritsuka Fujimaru
PARAMÈTRES :
STR/Force : D
AGI/Agilité : C
END/Endurance : D
MANA : EX
LUCK/Chance : A++
NP : EX
COMPÉTENCE :
Classe :
Indépendance d'Action : EX
Création de territoire : B
Construction d'objet : A
Personnelles :
Règle d'or : EX
Pionnier des étoiles : EX
Corps naturel : A
Déicide : EX
NOBLE PHANTASME :
_ Autorités d'une Campione, la preuve d'un amour inoubliable :
Rang : E~EX, Classification : Anti-Armée/Anti-Monde
_ Autorités de la déicide, la marque du Roi-Démon :
Rang : A+/EX, Classification : Anti-Unité
_ Un Monde Infini à Explorer/A Never-ending World to explore :
Rang : E/EX, Classification : Anti-Armée
_ Whaaahh !, s'exclama Ritsuka en lisant les différentes compétences et les noms des Nobles Phantasmes de Marianna, même s'il ne comprenait pas tout, il était sûr de plusieurs points.
Premièrement, Caster était une véritable batterie à Prana. Elle avait un rang EX sur ses réserves et elle n'utilisait quasiment pas l'énergie de Ritsuka pour se maintenir sur Terre, le jeune Magus était certain que Mash prélevait davantage de son énergie que Marianna. Second point, elle avait une chance folle, un rang A++ tout de même. Caster devait sûrement avoir été une femme extrêmement chanceuse de son vivant pour avoir un paramètre aussi élevé… Dernier point, ses Nobles Phantasmes. Trois Nobles Phantasmes dont le rang ne pouvait être fixé, deux Anti-Armée et l'un des deux pouvait même être considéré comme Anti-Monde ! Il y avait de quoi être impressionné !
Ritsuka mourrait d'envie d'interroger sa Servante, mais il savait qu'il avait une dernière chose à faire avant de pouvoir satisfaire sa curiosité.
'Au tour de Mash maintenant', pensa-t-il.
CLASSE : Shielder
VRAI NOM : Mash Kyrielight
MASTER : Ritsuka Fujimaru
PARAMÈTRES :
STR/Force : C
AGI/Agilité : D
END/Endurance : A
MANA : B
LUCK/Chance : C
NP : ?
COMPÉTENCE :
Classe :
Résistance à la magie : A
Défense du champ bouclier : C
Héritage par possession : ?
Personnelles :
Mur transitoire de flocons de neige/ Transient Wall Of Snowflakes :-
Mur de craie obscur/ Obscurant Wall Of Chalk :-
NOBLE PHANTASME : ?
Le statut de Mash était moins détaillé que celui de Marianna, il n'y avait aucune information sur son ou ses Nobles Phantasmes, le rang de ses compétences personnelles n'était pas précisé et la partie « Héritage par possession » était de même vide d'information.
Ritsuka décida de tout d'abord partager ses découvertes avec Olga Marie, avant d'interroger ses Servants sur leurs compétences et dans le cas de Marianna, ses Nobles Phantasmes.
_ Trois Nobles Phantasmes ? Deux de rang EX ?! Anti-Monde ?! Caster qui es-tu vraiment ?!, s'emporta Olga après avoir écouté le rapport de Ritsuka sur le statut de leurs deux compagnes.
_ Hmm ? Tout va bien, Directrice ? Mon statut est si étrange que cela ?, commenta Marianna confuse.
Elle n'avait pas l'impression que son statut soit très impressionnant, à part son Reality Marble, toutes ses capacités provenaient de son pouvoir de Campione. D'ailleurs, la classe Caster n'était certainement pas la meilleure pour elle, ses paramètres physiques avaient souffert d'être invoqués dans cette classe. Saber ou Archer aurait été un bien meilleur choix aux yeux de l'ancienne Campione.
_ Caster, je te le redemande… Qui es-tu ?, demanda à nouveau Olga Marie en fixant droit dans les yeux la Servante.
À SUIVRE…
