A/N : Je l'avais mise en pause car j'attendais que les auteurs écrivent un nouveau chapitre pour continuer de mon côté à poster. J'ai fini par l'oublier, n'étant plus trop sur FFnet. Hors, après quelques années, la fic originale est toujours stagnante et n'aura probablement jamais de nouveau chapitre. Mais ayant commencé cette traduction je trouverais dommage de ne pas au moins terminer, même s'il n'y aura pas de fin (8 chapitres). Bonne lecture à ceux qui continuent !


Chapitre 5

À l'heure du déjeuner Albus, Elphias et Amelia s'étaient installés dans leur coin habituel dans la cour, s'occupant de la manière la plus probable à cette heure-ci : c'est à dire manger. Cependant, au contraire d'un bon nombre de personnes, Amelia et Albus avaient les yeux rivés dans leur manuel de Biologie, grattant furieusement le papier autant qu'il leur était possible, ce qui ne voulait pas dire beaucoup pour Albus, sa main gauche créant des lettres aux courbes plutôt ambigües. Il savait qu'il aurait dû s'entraîner à l'ambidextrie à 5 ans. Nos deux compères s'étaient adonnés à faire leur devoirs durant toutes les pauses, sous le regard perplexe d'Elphias.

"Ce n'est pas à votre habitude de ne pas avoir fait vos devoirs à tant" observa t-il.

Amelia grogna sauvagement. Lorsqu'il avait énoncé l'une de ses habituelles remarques pertinentes, elle l'avait coupé prétendant être occupée, et n'avait pas dit mot depuis. Albus avait utilisé le même genre d'excuse vaseuse, Elphias ne comprenant pas pourquoi il ne leur avait toujours rien raconté au sujet de sa nouvelle amitié avec Gellert.

Probablement parce que cela signifierait qu'ils devraient se revoir, que Gellert insulterait Elphias de nouveau et s'adresserait de manière inappropriée à Amélia, s'en suivrait des ennuis et des yeux arrachés. C'était la conclusion d'Albus.

"Tu as dû te mettre dans le pétrin" continua Elphias, ignorant poliment le fait qu'il était poliment ignoré lui-même. "Albus, tu as dû décaper cette chemise comme c'est pas permis, je n'avais jamais vu un vêtement aussi propre de toute ma vie. Il semble encore plus neuf qu'en sortie d'usine."

En effet Albus portait la chemise que Gellert avait nettoyée d'une main experte la nuit précédente. Comparé au reste de ses vêtements propres, celui-ci sortait irrémédiablement du lot. Il devra laver tout le reste ce soir pour avoir un semblant d'homogénéité.

"Hm oui" répondit-il, ne lâchant pas son manuel des yeux. "On m'a présenté une nouvelle technique de lavage."

"Ça doit être magique ! Mon Dieu" Soudainement les yeux d'Elphias s'élargirent et il s'agita avec excitation, comme il avait pour habitude de faire lorsque lui venait une éventuelle brillante idée. "J'ai une brillante idée ! Tu sais ce que tu devrais faire ? Tu devrais vendre le linge que tu laves, tu pourrais te faire des milliers ! Tu pourrais passer à la télé voire même serrer la main du Premier Ministre !"

"Sauf que" commença Amelia, levant les yeux de son manuel "Albus n'a pas précisé d'où venait ce produit magique et que, puisqu'il l'a obtenu, ça doit vouloir dire que c'est déjà un produit en vente."

Le visage d'Elphias se décomposa. Il n'avait pas pensé à ça.

"Sauf s'il a farfouillé dans sa cuisine et a déniché quelques produits au hasard qui, une fois mélangés, ont créés un miracle de propreté.

Albus reprima un sourire.

"Oh oui" dit-il avec entrain "C'est un fait peu connu que la mayonnaise, la maïzena et le jus d'orange combinés forment un efficace détergent qui supprimerait jusqu'à la tâche la plus persistante de chocolat."

Elphias et Amelia rirent. Vraiment, Albus était le roi quand il s'agissait de garder un air impassible tout en étant sarcastique.

Même lorsqu'il disait la vérité, vraisemblablement.

"Au fait quand est-ce qu'on te retire ton plâtre ?" demande Elphias, changeant de sujet.

"Six semaines" répondit Albus, retournant à ses devoirs. Il devait les rendre dans 10min et avait encore sept questions à faire.

"Oh c'est long encore... Tu vas manger ton sandwich ?" Elphias pointa du doigt le second sandwich avocat-fromage d'Albus, délaissé. Après un vague mouvement de main, qu'Elphias interpréta comme une autorisation, il le pris avec contentement.


"Gellert ! Gellert ?... GELLERT ?" Bathilda Bagshot posa sa cuillère en bois avec un soupir et monta péniblement à l'étage, pour permettre à son appel de mieux atteindre sa cible.

"GELLERT !" cria t-elle à l'entrée de sa porte, grimaçant au bruit que Gellert osait appeler musique qu'elle percevait clairement au delà de la porte fermée. Il ne l'avait jamais entendue lorsqu'il avait sa musique à fond et, ignorant tous les conseils donnés par tous les parents ayant des ados, ouvrit la porte sans permission.

La pièce était vide.

"Gellert ?" appela t-elle, tout en éteignant l'horrible musique. Elle jeta un coup d'œil dans la pièce, sous sa couette au cas où, mais non. Il était définitivement absent. Pas encore, s'inquiéta t-elle. C'était la troisième fois en 48h qu'il s'évaporait sans laisser de traces et encore moins de mots. Gellert était vraiment un créateur d'exaspération ambulant.

Elle quitta sa chambre et ferma la porte, s'arrêtant un court instant pour observer une profonde éraflure dans le bois de la porte, sûre qu'elle n'avait pas été là ne serait-ce qu'hier.

"Tu me cherchais ?"

Bathilda fût si surprise par la voix soudaine provenant de derrière elle qu'elle en sursauta fortement, se cognant le genoux contre la porte. "Gellert ! Aïe bon sang, ne refais plus ça !"

Son sourire de chat apparu légèrement sur son visage. Si Bathilda ne l'avait pas mieux connu, elle aurait pû penser qu'il prenait plaisir à la voir souffrir.

Elle se refusa à penser que, peut-être, était-ce le cas.

"Gellert, s'il te plaît, arrête d'apparaître soudainement derrière moi et me causer une peur pareille. C'est à la fois frustrant et douloureux." grimaça t-elle de nouveau.

"Okay, la prochaine fois je ferai en sorte que tu en meurs vraiment de peur."

Bathilda fronça les sourcils. Ce n'était pas la réponse à laquelle elle s'attendait. Si seulement elle n'avait pas laissé sa cuillère dans la cuisine... Si Gellert méritait une chose, c'était une punition comme il se devait avec un ustensile de cuisine.

"Je préférerais ne pas avoir peur du tout, si cela ne te dérange pas."

"Alors, pourquoi tu m'appelais exactement ?"

"Ah, oui. Je suis en train de faire un gâteau aux carottes et aux amandes et je n'ai plus de beurre. Tu pourrais aller m'en acheter ? C'est au bout de la rue."

"Nope. J'suis occupé." Gellert écarta sa tante du chemin afin de rentrer dans sa chambre.

"S'il te plaît !" s'écria t-elle avant que la porte ne se ferme violemment sur son nez. "Autrement il n'y aura pas de gâteau !"

Mais il semblait évidement que Monsieur Gellert Grindelwald n'avait que faire des gâteaux aux carottes.

Elle allait devoir la jouer plus sournoisement.

Attrapant le reste du pot de glace au chocolat du congélateur, elle en avala l'équivalent de deux bols. Elle se sentait mal mais espérait que ça en vaudrait la chandelle.

S'attendant à l'éminente plainte, elle jeta le pot dans la poubelle.

"Il n'y a plus de glace au chocolat ?" fît une voix presque douloureuse et peinée derrière son dos peu de temps après.

Il devait forcément y avoir un endroit en Enfer réservé aux tantes ayant exploité l'amour pour la glace de leur neveux, mais aux grands maux les grands remèdes.

"Désolée, il en restait à peine" mentit-elle "sois mignon et va en chercher, veux-tu ?"

À peine avait-elle fini sa phrase que Gellert était déjà en train de se chausser. Elle lui tendit 10 pounds. "Et aussi, ramène du beurre. Et du jambon."

Il sortit en acquiesçant.


Albus déambulait dans la supérette du coin, farfouillant parmi les rayons. Un panier maladroitement calé au creux du coude de son bras droit. Il avait oublié la liste des courses, et il était certain d'oublier des choses. Rien n'était plus frustrant et stressant pour lui que d'avoir la sensation d'avoir oublié quelque chose d'horriblement important.

"J'ai du pain, du lait..." murmura t-il."On a encore plein de haricots... Aberforth est sevré du beurre de cacahuète donc je n'ai plus besoin d'en acheter... Du fromage ? Non, il y en a encore pas mal."

"Tu m'as l'air d'être confronté à un terrible dilemme dis donc" fît une voix décontractée sur sa gauche. Albus se tourna et vit Gellert, tenant deux pots de glace au chocolat.

"Oh bonjour Gellert, ça doit bien faire..." il regarda sa montre "17h que l'on ne s'était pas vus. Je commençais presque à m'inquiéter."

"Tu sais que tu dois être le sale bâtard le plus respectueux qui soit ?"

"C'est le but."

"Je sais. Tu penses que tu zappes quelque chose ? T'aurais dû faire une liste de course."

"Je l'ai oubliée sur la table."

"C'est bête ça, j'ai connu un gars qui oubliait tellement souvent sa liste de course qu'il a finit par se la faire tatouer sur le bras."

"Arrêter de raconter des salades."

"Non sérieux ! Et chaque fois qu'il achetait quelque chose il le barrait de sa liste, et quand il voulait quelque chose de nouveau il le tatouait à la suite. Ça couvrait son bras entier. J'te le jure devant Dieu."

"Ça devait être pratique d'aller voir son tatoueur à chaque fois qu'il voulait rajouter du lait sur sa liste. Tellement rapide."

"Nah, son frère tient un salon de tatouage dans leur arrière cour, donc y'avait aucun problème."

"Je vois."

"Ouais, enfin il est en taule maintenant, il a brûlé une église. Un mec marrant !"

"Il en a l'air."

Il y avait de grandes chances que Gellert ait tout inventé, mais même en le sachant, ça sonnait franchement bien comme histoire.

"Enfin bref, c'était cool de te revoir" fit Albus chaleureusement après un silence gênant "mais je dois y aller. Le dîner ne va pas se préparer tout seul. Merci encore d'avoir lavé ma chemise hier."

"No problema."

C'était seulement après avoir déjà payé la moitié de ses courses qu'Albus réalisa qu'un pot de glace au chocolat s'était glissé parmi ses produits. Pas très grave, on a jamais 'trop' de glace au chocolat de toute façon.


"Aberforth ! Je suis rentré !" appela Albus du pas de la porte.

"Je nourris les chèvres !" répondit son frère, probablement dehors. Albus alla dans la cuisine afin de ranger ses courses. Peu de temps après, Aberforth arriva, retirant ses bottes.

"Je suis sûr d'avoir oublié quelque chose, du coup j'ai pris de la glace à la place" fit Albus tendit que son frère se versait un verre de lait fraîchement acheté.

"Okay cool. On n'a jamais 'trop' de glace. Alors on mange quoi ce soir ?"

"J'ai pas encore décidé, mais je pensais faire des pâtes."

"Ça semble pas mal."

"Quelqu'un a appelé pendant mon absence ?"

"Ah, oui. Maman. Elle revient dans un mois, comme Ariana. Papa a appelé aussi, il voulait savoir si on allait lui rendre visite durant les prochaines vacances scolaires. Bathilda va nous ramener un gâteau tout à l'heure, pour s'assurer qu'on mange aussi des desserts sympas pendant que maman n'est pas là."

"Cool. J'y penserai. Et quel genre de gâteau ?"

"Pas demandé."

"Bah on verra bien sous peu."

Pile à ce moment, la sonnerie de la porte retentit et Aberforth alla ouvrir. Bathilda se tenait devant lui, un gâteau en mains. Carottes et amandes.

Les gâteaux de Bathilda aux carottes étaient, à défaut d'autres mots, une tuerie.

Ils s'assirent tous les trois dans la salle à manger et Albus leur servit à chacun une part. Bathilda refusa, disant qu'elle n'avait pas faim. Aberfoth insista pour qu'elle en prenne une, s'indignant qu'on puisse rejeter un gâteau aussi bon, surtout quand il était fait par soi-même.

"Alors vous avez rencontré mon neveu déjà ? Il vient d'Allemagne et va rester quelques temps avec moi. Il a à peu près ton âge Albus."

"Oh oui, je l'ai rencontré, très charmant" répondit ce dernier.

"Lucifer aussi était charmant."

Aberforth esquissa un sourire qu'Albus ignora.

"S'il a mon âge, qu'en est-il de l'école ? Il ne reste pas suffisamment longtemps pour venir en cours ici ?"

"Eh bien, c'est un peu...Mmh. Vous avez déjà mangé les enfants ? On ne dirait pas, et moi qui vous donne un gâteau ! Quelle terrible voisine je fais. Voudriez-vous venir manger chez moi ? J'ai fait une soupe de poireaux et de jambon."

Albus avait tellement envie d'y aller, même si Bathilda avait changé de sujet. Mais Aberforth fût le premier à répondre, disant qu'ils avaient déjà préparé à manger et qu'ils avaient beaucoup de devoirs et qu'ils allaient donc devoir décliner pour cette fois, mais que ce serait un plaisir une prochaine fois.

Il était évident que sa haine envers Gellert était plus forte qu'un bon plat chaud et un peu d'attention.

Albus, quelque peu déçu, remercia Bathilda. À son départ elle laissa consciemment le gâteau sur la table.

"Dis-moi, j'étais en train de penser..." commença le plus jeune, d'un ton innocent "on devrait peut-être oublier les pâtes et juste manger du gâteau pour ce soir."

Ce ne fût qu'au moment où les oignons crépitaient joyeusement dans la poêle qu'Albus se souvenu de ce qu'il avait oublié d'acheter plus tôt.

La sauce tomates pour les pâtes.

TO BE CONTINUED


Pas de béta et pas mal occupée IRL, du coup j'ai forcément laissé des erreurs. J'espère tout de même que ce chapitre vous aura plu !