A/N : Youhou mais qui voilà ! Bonne lecture à vous

Chapitre 7


"Hé Albus t'aurais pas vu ma chaussure gauche ? J'aurais juré l'avoir laissée dans l'entrée mais... Al ?"

Aberfoth fixa son frère. Ce dernier était assis sur une chaise avec la tête ébahie de quelqu'un qui s'est pris une gifle et qui ne s'en est toujours pas remis.

"Albus? Qu'est-ce qu- Albuuuus ?" Abe tenta de le faire réagir en tapotant du doigt la tempe de son frère.

"Hein ? Quoi ? Qu-" Albus secoua sa tête comme un chien mouillé et tenta de regagner ses esprits.

"Ce doit être le truc le moins éloquent que j'ai pu t'entendre dire de toute ma vie" rigola Abe. "Sérieusement, qu'est-ce qu'il se passe ?"

"Oh, hum... Je.. pensais juste... hum..."

"Okay laisse tomber. T'es prêt ou pas ?"

"Prêt à ?"

Aberforth plissa les yeux et s'approcha de son frère jusqu'à ce que leur nez soient sur le point de se toucher. "Tes pupilles ont l'air normales, c'est pas la drogue il semblerait... Mais du coup c'est quoi ton problème depuis ce matin ?"

Albus, pas du tout à l'aise d'être ainsi observé, fit mine de ne pas avoir entendu et alla préparer son sac pour les cours. Pendant qu'il mettait machinalement ses bouquins d'exercices dans son sac il ressassait sans cesse ce qu'il s'était passé la veille. A quoi jouait Gellert ? L'embrasser comme ça sans prévenir ? Dire qu'Albus avait été étonné serait un euphémisme, il n'avait littéralement pas bougé de son siège depuis hier soir, 23h34. Il allait probablement devoir dormir un peu durant la première heure de cours... pour la première fois de sa vie.

Les deux frères arrivèrent à l'entrée de l'école 40 secondes après que la cloche ait sonné. Bien qu'ils aient encore largement le temps d'arriver en classe sans qu'on ne puisse considérer qu'ils soient réellement "en retard", c'était quand même la première fois qu'ils l'étaient autant. Abe avait du pratiquement traîner un Albus à demi endormi et complètement à l'ouest pendant tout le trajet. Cependant, maintenant les portes de l'école atteintes, il était affranchi de toutes ses obligations et lâcha Albus pour se précipiter à son cours de Maths pour éviter de se faire réprimander par son professeur pour son retard.

"Albus, tu es en retard" lui signala sa professeur d'Anglais, Madame Entwhistle, lorsqu'il pénétra dans la salle. Son ton avait plus semblé être surpris que fâché, après tout Albus n'était jamais en retard habituellement.

"Désolé..." fit-il doucement en allant s'asseoir à sa table. Avant même que Madame Entwhistle ait eu le temps de poser sa craie sur le tableau, Albus était déjà en train de rêvasser, la tête posée sur son bureau, sur le point de s'endormir.

Malheureusement son train en direction du pays des rêves se faisait détourner et déraillait à cause d'un certain blond, d'oh mon dieu qu'est-ce qu'il s'est passé hier, et Albus se retrouva avec le cerveau en ébullition.

Gellert l'avait embrassé. Gellert l'avait embrassé lui, Albus. Gellert, qui semblait se fiche de tout, l'avait embrassé. Peu importe comment il y réfléchissait, rien n'avait de sens.

Albus avait beau tenter de répondre à chacune de ses interrogations dans un ordre logique, toutes se bousculaient dans sa tête et voulaient une réponse en même temps.

Evidemment, la question qui ne cessait de s'imposer encore plus était très simple : Pourquoi ? Est-ce que Gellert l'appréciait, ou est-ce qu'il ne faisait que plaisanter ? Chacune des deux suppositions avaient autant de chances d'être possibles et aucune conclusion ne lui venait à l'esprit. Autant la mettre en bas de la pile de questions.

Parmi toutes ces questions il y en avait aussi une peut-être plus facile à résoudre. Avait-il, lui, apprécier ce baiser ? Il était clair qu'il ne pouvait pas répondre non, mais en même temps il ne s'y connaissait pas vraiment en baisers. Il n'avait été embrassé qu'une seule fois dans sa vie et ça ne pouvait guère décemment compter : Il avait 8 ans, la fille l'avait poursuivit à travers la cours de recré et l'avait écrasé au sol avant de lui baver dessus. Donc, clairement, son baiser avec Gellert ne pouvait qu'être compté comme étant son vrai premier baiser. Et ça n'avait pas été si mal que ça.

Il y avait une autre question évidente à se poser pour répondre à la précédente plus efficacement.

Est-ce que ça aurait été la même chose si ça avait été quelqu'un d'autre que Gellert qui l'avait embrassé ? Est-ce que ça aurait été mieux ? Pire ?

Un sentiment tenace imprégnait l'esprit d'Albus. Après tout, il y avait bien une raison pour laquelle il avait été capable de faire l'autruche et ne pas se rendre compte de qui était vraiment Gellert et de toutes les misères qu'il faisait subir aux autres. Mais il ne voulait pas y réfléchir, donc il repoussa la question tout en bas de la pile de questions, elle aussi.

Le problème c'est que si Gellert avait fait ça pour plaisanter, est-ce qu'il aurait vraiment été aussi... doux ? Connaissant Gellert, s'il avait vraiment voulu lui faire un mauvais coup il aurait définitivement tenté de l'embrasser "vraiment" en enfonçant sa langue dans sa bouche pour le déstabiliser et l'embêter.

Sauf s'il bluffait en faisant croire qu'il était sérieux et que ça faisait parti de la plaisanterie, et que du coup dès qu'il verra qu'Albus s'est fait avoir, il lui rira au nez.

Plus il y pensait, plus ça semblait logique de la part de Gellert. Mais pourquoi est-ce que Gellert voudrait foutre en l'air leur amitié ? Parce qu'ils étaient amis, n'est-ce pas ? Sauf si ça aussi ça faisait parti de la ruse.

Sauf si Gellert le trouvait réellement attirant et que tout ce raisonnement tombait à l'eau. Mais quelles étaient les chances ?

"Albus ?" l'interpella sa professeur, le sortant de ses idées sans fins. Elle le regardait comme si ça faisait un moment qu'elle appelait son nom.

"Je, hum, je pense que ça démontre bien le contraste entre... euh..."

Evidemment ce n'était pas du tout la bonne réponse qu'elle attendait.

"Albus la cloche a sonné déjà, pourquoi es-tu encore là ?"

En effet, ils n'étaient plus que tout les deux dans la pièce.

"Désolée, j'étais un peu distrait..."

"Tout va bien ? Vous avez des problèmes à la maison ou...?"

"Non, non tout va bien, vraiment, rien d'important."

"Tu sais que si tu as des problèmes tu peux venir m'en parler à tous moments pour que l'on puisse ensemble tenter de trouver des solutions, n'est ce pas ?

"Oui, oui."

"Bon, très bien..."

Madame Entwhistle afficha le sourire "je me soucie pour toi", sourire auquel Albus répondit avant de sortir de la salle pour aller en Chimie.


Le reste de la journée d'Albus se divisa entre chacun de ses profs le trouvant complètement perdu dans ses pensées d'un côté et ses amis de l'autre. Mais personne ne réussit à lui soutirer quelconque information cohérente expliquant son comportement, et Albus continua à se faire du mouron tranquillement dans son coin.

Au final, le premier vrai choc qui le ramena à la réalité se trouva être son frère, quand il dû lui faire face. Abe était énervé et le regardait d'un œil mauvais à l'entrée de chez eux. Même si c'était dur de prendre au sérieux quelqu'un avec un chapeau de paysan, des grosses bottes et des gants de jardinage, surtout quand ce quelqu'un était suivit par une demi douzaine de brebis qui se goinfrait d'avoines dans des sceaux qui n'étaient pas du tout mystérieusement en train de se remplir seuls devant elles. Albus pouvait sentir qu'il y avait un problème, et grandes chances était que c'était de sa faute, même indirectement.

"Qu'est qu'il y a ?" s'enquit-il, voulant se débarrasser du problème rapidement avant d'être submergé par un blabla d'Aberforth.

Abe pointa vaguement du doigt le toit, où on pouvait voir une paire de grosses bottes. Albus comprit et alla chercher une échelle. Après trop de marches à son goût, le sommet n'était plus qu'à quelques unes.

"Oh, salut Gellert, c'est marrant de te croiser ici" fit Albus une fois qu'il eût atteint le toit, la voix essoufflée de quelqu'un qui avait dû porter une lourde échelle et monter l'équivalent de presque deux étage dessus. Surtout qu'il avait quelque peu le vertige, ce qui n'arrangeait rien.

"Qu'est-ce que vous en faites des brebis ?" demanda Gellert, distrait par le groupe d'animaux marrons et noirs se baladant librement dans le jardin et tentant de voler tous les sceaux d'avoines.

Albus haussa les épaules "On les trait, et elles servent aussi d'animaux de compagnie. Parfois on les loue à des zoo où les enfants peuvent rentrer dans l'enclos pour les caresser. Aberforth les aime beaucoup. Ariana aussi."

"C'est qui Ariana ?"

"Notre sœur."

"Elle est sexy ?"

Albus fronça les sourcils. "Elle est atteinte de Fibrodysplasie ossifiante progressive."

Silence.

"C'est quoi ce truc ?"

"C'est une maladie génétique rare qui transforme en os les tendons et les muscles reliant les os."

"Ça m'a l'air d'être une sacrée maladie."

"Si par ça tu entends "une sacrée maladie pourrie", alors oui. Il n'y a pas de traitement efficace pour l'instant."

Un nouveau silence s'installa, plus gênant, silence pendant lequel Gellert joua avec ses lacets et Albus regarda les brebis.

"Je peux te poser une question ?" demanda Albus au bout d'un moment. Il était temps de prendre le taureau par les cornes.

"Vas-y."

"Pourquoi est-ce que tu m'as embrassé hier ?"

Gellert haussa les épaules. Albus s'attendait à une réponse élaborée mais il n'en fût rien.

"Alors ? Est-ce que tu te fichais de moi, ou est-ce que tu es... hum..."

Leurs yeux se rencontrèrent et avant qu'Albus ne puisse comprendre ce qu'il se passa dans la tête du blond, une paire de bras s'entourèrent autour de sa taille et le tira vers lui.

"Quelle réponse tu préfères ?" chuchota dangereusement Gellert proche de son oreille.

Albus ne pouvait pas ne pas devenir rouge comme une tomate. Incapable de penser à une quelconque réponse, il se résigna à se laisser aller dans cette douce étreinte. C'était horriblement agréable.

"Je peux te poser une autre question ?" fit Albus après plusieurs minutes de silence.

"Bien sûr, vas-y" susurra Gellert d'une voix tendre.

"Comment tu as fait pour te retrouver sur le toit ? L'échelle était toujours dans l'établi"

"C'est un secret."


TO BE CONTINUED

Oyé Mi Gente, il ne reste qu'un chapitre ! Bonne journée, soirée, nuit, matinée à vous.

PS: Je suis incapable de trouver pour l'instant un terme pour purr. En anglais on utilise souvent le terme purr (ronronner) pour designer une voix susurrée et un peu malicieuse mais surtout assez réconfortante, d'une certaine manière. Comme un ronron de chaton quoi. Mais dit comme ça ça fait bizarre du coup je cherche un autre terme qui rappelle un ronronnement. Si vous avez des idées, n'hésitez pas~ Je déteste de pas trouver de mot approprié en français haha