The Holy Queen Marianna

AN : Campione ! et l'univers de Fate ne m'appartiennent pas, si c'était le cas Mordred et Arturia se serait rencontré lors d'une des guerres du Saint Graal et l'un de leur Maître les aurait tapé sur la tête pour qu'elles règlent une fois pour toute leurs problèmes….

Seul mes OCs, comme Marianna et Sara Lysandre ainsi que Vivianne Saintjean sont des créations originales, même si l'apparence physique de Marianna est basée sur celle de Fiore Forvedge Yggdmillenia de Fate/Apocrypha.

Avertissement ! Le harem de Godou gagne un nouveau membre (OC), vous êtes prévenus ! Et la dernière maîtresse fait elle-aussi son apparition !


Résumé des tomes 3 et 4 du Light Novel et des changements que j'ai apporté pour la trame de ma fiction. Le tome 3 est chronologiquement antérieur au tome 1, puisqu'il relate la manière dont Godou a rencontré Erica, Lucretia et Verethragna en Sardaigne et son ascension en tant que Campione. Le tome est donc un flashback qui débute par le retour de Godou en Sardaigne pendant le début de ses vacances d'été. Bien sûr si vous vous rappelez la première partie de mon chapitre 8, vous vous souviendrez qu'Erica cherchait à forcer Godou à passer ensemble leurs vacances. Godou a décidé de fuir en Sardaigne pour demander refuge à Lucretia Zola, une célèbre sorcière européenne et vieille connaissance de son grand-père qui dans mon AU a été le professeur de magie de Marianna. Mais malheureusement pour lui, Erica avait anticipé sa décision et a conclu un marché avec Lucretia. Godou a donc été obligé de passer la première partie de ses vacances en compagnie de Lucretia, Erica et Yuri, cette dernière ayant décidé de garder un œil sur lui à cause de sa réputation de playboy.

Le tome 4 fait donc le récit des mésaventures de Godou et son harem en Italie, lorsque cet idiot de Salvatore Doni eut la brillante idée de détruire un artéfact semblable au Gorgoneion, appelé l'Heraion. Liliana se trouvait avec lui à ce moment-là et elle fut ainsi impliquée dans les mésaventures de Godou. Dans mon AU, à la place d'Athéna qui a été tuée par Marianna, Néron et Spartacus les deux Servants en charge de la surveillance de l'Italie pour le compte de la Campione ont apporté leur aide à Godou dans son combat contre Perseus (Persée/Mithra). Autre changement par rapport au Light Novel, cette fois-ci Godou a réussi à tuer Perseus et a donc obtenu l'une de ses autorités, son Pégase. Liliana jure tout de même fidélité à Godou comme dans le roman et on en arrive au tome 5 que je résumerais en deux chapitres.

Je mettrais dans la note de fin de chapitre, les changements que j'ai apporté par rapport au tome 5 du light novel, je peux tout de fois vous dire qu'une bonne partie a été conservée, surtout les passages avec Ena.


CHAPITRE 9 : Rentrée en classe et l'Hime miko de l'épée.

Le premier septembre marquait la fin des vacances d'été et la reprise des cours pour les deux Campiones résidant actuellement au Japon. Marianna avait aidé la jeune Liliana à être transférée à l'Académie Jounan et l'Italienne avait intégré la classe de Yuri et d'Erica, au désespoir de Liliana qui souhaitait être dans la classe de Godou. Malheureusement pour elle, Marianna avait déjà préparé le transfert d'une de ses subordonnées du DRPM dans la classe des deux Campiones. La subordonnée en question était une jeune Sorcière du même âge que Godou possédant aussi un don d'Hime-miko et qui suivait un entraînement d'apprentie-chevalier.

Vivianne Saintjean était une talentueuse Sorcière qui avait été entraînée à la magie par Marianna elle-même jusqu'à il y a deux ans, lorsque l'adolescente décida de suivre la voie de la chevalerie pour compléter sa formation. Marianna avait tout de même gardé la jeune fille sous son aile en ordonnant à Bedivere de l'entraîner au maniement des armes. La Campione suivait de près ses progrès et s'étaient promise de la protéger en l'honneur de sa défunte tante Valentine Saintjean, la Sorcière avec laquelle elle avait combattu la déesse Ishtar, il y a maintenant neuf ans. Valentine et Joséphine étaient toutes deux mortes lors de ce premier combat, Marianna était la seule à avoir survécu et par la suite avec l'aide du Dieu Hérétique Gilgamesh elle avait réussi à prendre sa revanche et devenir une Campione au passage. Mais cela ne signifiait pas qu'elle avait oublié le courage des deux femmes, Marianna gardait constamment un œil sur leurs familles et dans le cas de Vivianne elle était même très active dans sa vie.

Marianna avait choisi d'emmener Vivianne au Japon pour que la jeune fille offre à Godou ses services en tant que Sorcière et Hime-miko. Lorsqu'elle avait pris cette décision, Liliana n'avait pas encore juré son allégeance à Godou. Marianna venait de remarquer que même si Yuri avait un don très puissant, son manque d'endurance et son incapacité au combat rendait difficile la transmission des connaissances qu'elle avait obtenu grâce à sa vision spirituelle. Alors que Vivianne était parfaitement capable de se battre, en plus d'avoir une excellente vision spirituelle. Elle était donc une parfaite alliée pour le jeune Godou qui fondait la majeur partie de ses plans sur le pouvoir du [Guerrier] de Verethragna.

Bien sûr, l'inclusion de Liliana dans le harem de Godou (Godou : Je n'ai pas de harem !/Marianna haussant un sourcil : Godou résigne-toi, tu as le parfait profil d'un eroge protagoniste, à coup sûr tu vas finir avec un harem ! Toutefois, contente-toi de sept femmes au maximum, comme cela, elles auront chacune un jour de la semaine qui leur sera réservées en ta compagnie !/Godou baisse la tête, l'air déprimé, il murmure : Je ne suis pas un playboy comme grand-père, je veux juste être normal….) n'a été qu'une courte surprise, Marianna l'avait vu venir à des kilomètres, mais pas aussi rapidement. Elle pensait sincèrement qu'il aurait fallu d'avantage pour que Godou séduise la jeune Kranjcar, comme quoi même une Campione pouvait se tromper. Cependant, cette révélation ne la fit pas changer d'avis, bien au contraire cela l'encouragea encore plus à attacher l'une de ses subordonnées à Godou.

Même si Vivianne ne devenait pas l'une des petites-amies de Godou, si elle parvenait au moins à se lier d'amitié avec lui et à gagner sa confiance, le DRPM gagnerait un allié de taille dans l'éventualité où Marianna elle-même ne serait plus là. La Campione n'aimait pas s'attarder sur l'idée de sa mort, mais elle savait qu'il était important d'avoir toujours un plan B en réserve pour une telle possibilité. Être Campione ne signifiait pas devenir immortel. Mais simplement obtenir une extraordinaire longévité. Marianna pouvait à tout moment être tuée et perdre définitivement la vie. Une chose qu'elle craignait depuis l'adoption d'Henri et la naissance de Sarah.


Marianna avait rendu visite à Godou dès son retour fin août avec Vivianne sur les talons. Elle avait voulu faire les présentations avant qu'ils ne retournent tous en classe, afin que sa subordonnée le reconnaisse immédiatement. La rencontre entre le jeune Campione et la Sorcière française s'était bien déroulée aux yeux de Marianna, la Campione était sure que Godou avait été physiquement attiré par Vivianne et Marianna ne pouvait le lui en vouloir. Vivianne était une jolie fille d'un mètre soixante-dix, aux cheveux roux mi-longs qu'elle attachait habituellement en deux couettes tout en laissant deux longues mèches libres pour encadrer son visage. Elle avait des yeux verts de la même couleur que les tableaux des écoles et quelques taches de rousseur au-dessus du nez et en dessous les yeux. Si elle n'avait pas les courbes d'Erica, elle avait tout de même une silhouette fine et athlétique, une poitrine un peu plus large que la moyenne et de longues jambes musclées. Il n'y avait aucun doute qu'elle était une beauté et que les têtes se retournaient à son passage.

Mieux encore, Vivianne avait une personnalité énergique et très amicale. Elle était le type de fille à être populaire, non pas parce qu'elle était la plus belle fille de l'école, mais parce qu'elle était la plus sympathique. Elle était toujours choisie comme délégué de sa classe et même ses professeurs la respectaient pour son éthique et son sens de la camaraderie. Ses seules défauts étaient son manque de talent en musique (Vivianne n'avait pas du tout l'oreille musicale et elle était une piètre musicienne et chanteuse, pire que Néron, c'est dire !), son sens de l'orientation qui laissait à désirer (elle se perdait parfois dans sa propre ville natale) et son obsession pour les armes à feu (elle était du genre à réciter toutes ses connaissances sur un modèle d'arme à feu dès qu'elle en voyait une.) Du coup dès leur première rencontre, elle avait entraîné Godou dans une discussion sur ses sports favoris et Godou avait joyeusement parlé Base-ball, un sport qui n'était pas très pratiqué en France. Vivianne avait proposé à Godou de l'initier tandis qu'elle l'introduirait au Handball en échange. Vivianne avait réussi en moins de cinq minutes à gagner l'intérêt du huitième Campione, devant les sourires amusés de Marianna et grand-père Kusanagi. Bien sûr Shizuka n'avait pas été très contente de voir une nouvelle femme se rapprocher de son frère et elle avait marmonné que son stupide frangin était un horrible playboy. Mais bon cela ne changeait pas de d'habitude.


Le jour de la rentrée, Kiritsugu avait déposé « Mélinda », Vivianne et Illyasviel à l'Académie et la Campione avait mené sa subordonnée directement au bureau du directeur, pour ensuite la guider jusqu'à leur salle de classe commune. Vivianne avait obéit sans discuter à leur professeur en s'asseyant au fond à la dernière place libre. Godou et Marianna avaient tout deux eu l'étrange impression que si la Campione n'avait pas délibérément bloqué l'entrée dans leur classe de Liliana, la chevalière italienne aurait fait une scène qui aurait causé davantage de souci à Godou vis-à-vis du reste des garçons de leur classe.

Dans un autre univers dans lequel Marianna Lysandre n'était jamais devenue une Campione, mais était morte comme ses deux collègues en affrontant la déesse hérétique Ishtar, le jeune Kusanagi Godou aurait été ce jour-là encore une fois fusillé du regard par ses camarades de classe. Tout cela à cause du discours trompeur de Liliana Kranjcar et de ses futures actions digne d'une femme au foyer.

Comme Marianna l'avait prédit, Vivianne s'était aisément intégrée à l'Académie Jounan et à l'entourage de Godou. Elle avait avec succès démontrer ses talents en prenant en charge une partie de l'entraînement du dernier Campione, tout particulièrement l'exposition des différents styles de magie fréquemment utilisés par les chevaliers et les sorcières lors de combat. Shizuka participait elle-aussi à ces leçons afin d'apprendre à se défendre et garder un œil sur son frère et Vivianne. La rousse l'avait accueilli à bras ouvert et se comportait de façon purement amicale avec Godou ce qui rassura légèrement la collégienne.

Du côté de Liliana et Yuri, les deux filles s'étaient tout d'abord montrées froides et distantes vis-à-vis de la nouvelle venue. Mais encore une fois la personnalité sociable et gaie de Vivianne avait réussi à les convaincre qu'elle était sincère et ne souhaitait que soutenir du mieux de ses capacités le Roi reconnu par sa Reine. Liliana et Yuri ne pouvaient donc rien lui redire, étant donné que la Sorcière française ne faisait qu'obéir aux ordres de Marianna.

La seule à ne pas avoir accepté Vivianne était Erica et bien sûr c'était par jalousie. L'Italienne avait du mal à accepter l'amitié rapide qui s'était nouée entre Godou et Vivianne. D'autant plus que Vivianne prenait ouvertement la défense de Godou lorsque le sujet tournait sur sa soi-disant « Nature de Playboy, héritée de Grand-père ». Vivianne avait même réussi l'exploit de faire réaliser à Yuri et Liliana que Godou était juste un adolescent malchanceux, pas le Roi de la Débauche qu'elle dépeignait constamment. Liliana et Yuri s'étaient ainsi excusées pour leurs mots cruels, après que Vivianne et « Mélinda » leur aient fait la morale et aient commenté le fait que personne n'appréciait d'être traité de pervers à tout bout de champ. Surtout lorsque la classe 5 avait déjà le trio d'idiots et de pervers notoires. Cela va sans dire, mais rien qu'en le défendant ainsi Vivianne avait gagné des points avec Godou et les deux passaient pas mal de temps ensemble après les cours. Le Campione servait de guide dans Tokyo à la Française. En conclusion, Erica était extrêmement jalouse de ce rapprochement et les jours qui suivirent n'arrangèrent pas les choses.

Déjà, Godou avait cessé de se rendre chez elle chaque matin pour la réveiller, un changement dû aux critiques de Mélinda sur la paresse d'Erica et l'image que cela renvoyait dans les communautés magiques. En effet, quel genre de Roi devait se lever chaque matin plus tôt pour aller réveiller son propre chevalier/subordonné ? Marianna avait expliqué à Godou que si cela se savait la rumeur amplifierait les choses et répandrait l'idée que Godou était manipulé comme un jouet par Erica. En Italie, cette idée était déjà partagée par une bonne partie des associations locales, mais pas encore dans le reste du monde. Godou devait donc faire de son mieux pour mettre fin à cette rumeur et pour cela forcer Erica à se lever seule était la première étape. Erica arrivait donc tous les jours en retard depuis la rentrée ce qui n'avait pas du tout arrangé l'opinion négative que Marianna avait de la blonde.

Ensuite, il y avait eu l'accident lors des cours de sports séparés. Les filles des classes 5 et 6 avaient une classe de natation tandis que les garçons des deux classes faisaient de la gym dans le gymnase. Bien sûr les Trois Idiots de la classe 5 n'avaient pas pu résister à l'idée d'aller espionner les filles dans leur maillot de bain. Ils avaient même emmené les deux tiers du groupe de garçons avec eux, après avoir enfermé Godou dans la pièce où étaient entreposés les équipements sportifs bien entendu. Malheureusement pour les garçons, ils avaient choisi l'ancien bâtiment de l'école abandonné pour s'adonner à leur voyeurisme et Erica l'avait détruit en utilisant la magie de Pulvérisation, ils s'étaient donc retrouvés ensevelis sous les débris. Godou était arrivé peu après et avait trouvé les cinq filles en train de se disputer. D'un côté, il y avait Erica, Liliana et Yuri qui trouvaient que la souffrance et les blessures des garçons étaient amplement mérités et de l'autre Mélinda et Vivianne qui critiquaient la décision dangereuse d'Erica. Sur ce point, Godou soutenait silencieusement les deux Françaises, car leurs arguments étaient plus que raisonnables.


Flashback

_ Mademoiselle Blandelli vous auriez pu tuer accidentellement les garçons en utilisant la magie de Pulvérisation sans réfléchir ! Imaginez deux secondes ce qui se seraient passés s'ils s'étaient pris les débris en pleine tête, ils auraient pu avoir une contusion ou pire perdre la vie ! Et cela juste parce qu'ils ont essayé de jouer les voyeurs alors qu'on était toutes en maillot de bain ?! Franchement, êtes-vous une idiote ? Ce n'est pas comme s'ils avaient cherché à nous voir nu sous les douches ! Lorsqu'on va à la plage, n'importe qui peut nous voir en maillot de bain et la plupart du temps ceux portés en dehors de l'école sont beaucoup plus voyants et découverts que les maillots scolaires !, accusa Vivianne les bras croisés en fusillant Erica du regard.

_ Vivianne a raison, vos actions auraient pu causer des morts ou de graves blessures et qui auraient payé pour leurs soins ? L'Académie. Alors que l'accident est de votre faute ! Au lieu de chercher à les punir par vous-mêmes vous auriez du prévenir notre professeur pour qu'elle les réprimande ! Et si leur punition n'était pas suffisante, il suffisait de saboter leur réputation dans l'Académie ou de les terrifier un peu !, ajouta Mélinda froidement avant de s'avancer vers les débris pour commencer à extraire les garçons des ruines.

Vivianne jeta un dernier regard au trio de fille puis à Godou avant de rejoindre sa boss pour balayer les débris et extirper les voyeurs. Godou les rejoignit immédiatement et leur apporta silencieusement son aide. Les deux Campiones et Vivianne détenaient tous trois une force rare sublimée par leur contrôle interne de la magie qui leur permettait de renforcer leurs muscles afin de soulever mêmes les plus larges et lourds débris avec facilité. À eux trois, ils extirpèrent rapidement une bonne moitié des garçons avant d'être rejoints par les professeurs les plus proches qui avaient en entendant le bruit pensés à rapporter une trousse de soin. Une heure plus tard, tous les blessés avaient soit été soignés par un professeur, soit été envoyés à l'infirmerie, soit été transportés à l'hôpital. Une bonne partie n'avait que des blessures superficielles qu'il avait suffi de désinfecter puis de bander, mais certains avaient des blessures plus graves avec des os cassés, des fractures et même trois contusions. Ce dernier groupe avait été transporté d'urgence à l'hôpital.

Fin Flashback


Cela va sans dire, mais le reste de la journée avait été très tendu. D'autant plus que Mélinda avait transmis à Godou un avertissement sur l'arrivée imminente de la plus puissante Hime-miko du Japon, Seishuuin Ena. Ses informateurs lui avaient annoncé que l'Hime-Miko venait pour séduire Godou et devenir l'une de ses épouses. Godou avait froncé des sourcils en entendant ce rapport, avant de la remercier pour cet avertissement qui se réalisa dès le lendemain.

Et voici comment la tempête avait vraiment débuté.


Le vent rugissait alors que les gouttes de pluie éclaboussaient furieusement. Si cela avait été la première moitié de septembre, l'arrivée d'un typhon n'aurait pas été surprenante. Cependant, cette tempête était différente, car ces derniers jours, aucune dépression tropicale imminente n'avait été signalée.

_ Oui, rencontrer le roi aujourd'hui, parce qu'Ena peut s'entendre avec tout le monde, tout se passera bien. Oui, bien sûr, ce côté-là progressera également, déclara une ravissante jeune fille aux longs cheveux noirs.

Seishuuin Ena vêtue de son uniforme de Miko se tenait face à l'école dans un bâtiment au coin du terrain de sport dans la section lycée de l'Académie Jounan. Elle était trempée par la pluie car elle n'utilisait pas de parapluie. Le téléphone dans lequel elle parlait était également trempé, mais comme ce téléphone était waterproof, la batterie ne s'était pas éteinte cette fois-ci.

_ Erica-san ne semble pas être du genre facile à manipuler, ce sera passionnant. Cependant, avoir des obstacles est très ennuyeux, donc si c'est le cas, il serait préférable de garder les affrontements à un contre un... Oui, merci, votre aide à ce moment-là sera très appréciée, poursuivit L'Hime-Miko de l'épée. Ce titre d'Ena était dû au partenaire qu'elle venait de planter dans le sol. Ama no Murakumo no Tsurugi. L'épée dont la lame mesurait 3 pieds et 3,5 pouces (environ un mètre). La lame était de simple construction sans aucune courbe, juste une épée droite. Le lustre métallique sur la lame était comme la lumière du soleil qui descendait du ciel. Une épée longue et légendaire digne de son statut d'arme réservée à la royauté.

_ Cela a l'air bien. C'est juste le bon endroit pour débuter les préparatifs. En fait, Ena essayait de décider quelle partie de l'école serait utilisée comme champ de bataille, et cet endroit se révèle être agréable et grand ouvert, avec l'avantage qu'Erica-san y passe tous les jours. Oui, allons-y, annonça Ena en raccrochant.

Après avoir terminé son appel, Ena appuya son index droit sur la lame de l'Ama no Murakumo no Tsurugi. Lorsque la peau fut ouverte, des gouttelettes de sang apparurent et Ena appuya le doit saignant sur le mur du bâtiment de l'école situé devant.

_ « Le lieu aux multiples clôtures d'Izumo / Des nuages nombreux qui se lèvent - Pour y habiter avec mon épouse / Est-ce que je construis un palais à plusieurs clôtures: Ah, ce palais à plusieurs clôtures! », Ena chanta les paroles anciennes à voix basse.

Elle écrivit sur le mur de l'école les mêmes paroles qu'elle avait récitées. Cette chanson enchantée portait le sang de l'Hime-Miko et l'odeur de rouille de la lame divine. Lavé par la pluie, le poème écrit sur le mur disparut. C'était bien, cela servirait plus tard. Le seul facteur incertain était Yuri, qui avait un très bon instinct. Pour éviter qu'elle n'intervienne, il était préférable de créer délibérément le plus possible de rencontres avec elle à l'école. Ainsi, même quand Yuri remarquerait la présence de l'épée divine dans l'école, elle ne serait pas méfiante.

Ena réfléchit alors qu'elle courait le long des murs de l'école. Après avoir accompli la même tâche sur sept murs, la pluie s'arrêta et le vent violent se calma à son tour. Il était encore six heures du matin et aucun club ne commençait ses activités aussi tôt.

_ Bien. C'est bon pour ce matin. Ena devrait changer de vêtements avant de saluer le roi, murmura Ena pour elle-même en regardant son corps trempé.

Même pour quelqu'un d'aussi innocent et grossier qu'Ena, l'idée de rencontrer quelqu'un dans son état actuel, en particulier un garçon avec qui elle va bientôt développer une relation intime, se révélait inapproprié.

_ Ce travail est tellement fatiguant, pépé. Espérons que la prochaine fois qu'il contactera Ena pour un travail, il choisira un moment plus approprié. Assigner toujours des tâches pénibles à chaque fois, grogna-t-elle pour elle-même alors qu'elle posait son partenaire sur son épaule avant d'ensuite quitter l'école.


Godou marchait le long de la route mouillée en levant les yeux au ciel. Les nuages sombres de la pluie torrentielle avaient tous été balayés. Le ciel bleu clair semblait beaucoup plus large, lorsque Godou remarqua soudainement qu'une inconnue s'approchait de lui. Elle possédait de beaux cheveux noirs doux, longs et brillants, ainsi que l'apparence d'une Yamato Nadeshiko par excellence. Elle portait l'uniforme d'une école qui lui était inconnue et sur son épaule le genre de sac habituellement utilisé pour les épées de bambou.

_ Excusez-moi, êtes-vous Kusanagi Godou-sama? Un plaisir de vous rencontrer pour la première fois, je m'appelle Seishuuin Ena, annonça l'inconnue.

Elle marcha devant Godou et se présenta. Que se passe-t-il? Bien qu'il ait senti que la fille était très étrange, Godou arrêta ses pas.

_ Notre rencontre doit être le destin. Je suis la servante qui va rester à vos côtés. Nous, de la famille Seishuuin, aimerions recevoir votre bénédiction et partir ensemble sur le chemin de la domination. S'il vous plaît accepter ma loyauté, poursuivit la lycéenne.

_ . . .

Qu'est-ce qui se passait avec ces mots inhabituels et honorifiques? Godou était troublé, mais cette fille Seishuuin, qui qu'elle soit, qui l'avait salué si étrangement, lui sourit.

_ Je plaisante. Hé, ne pouvons-nous pas nous passer des honorifiques? Yuri les utilise tout le temps, mais Ena n'est pas très douée avec. Néanmoins, Ena continuera à les utiliser à moins que Kusanagi-san ne s'y oppose, commenta la dénommée Ena.

L'image d'une élégante et raffinée demoiselle de la haute société se dissipa aussitôt, pour se transformer soudainement en l'aimable voisine d'à côté, Godou ne sut pas comment réagir. Dans tous les cas, il valait mieux tout d'abord accepter.

_ Cela ne me dérange pas. Connaissez-vous bien Mariya?, répondit Godou.

_ Oui. Nous sommes des amis d'enfance. Puisque Kusanagi-san est déjà au courant, Ena est aussi une Hime-Miko, répondit Ena avant de poursuivre. " Ce matin, j'ai reçu la nouvelle que j'étais recommandée et invitée. "

_ Invité?, répéta Godou.

_ Oui, une invitation de Yuri, un peu comme prendre le thé ensemble. Êtes-vous libre après l'école aujourd'hui? Vous recevrez la carte d'invitation plus tard, expliqua Ena.

La suggestion soudaine surprit grandement Godou. Cependant, si Yuri était présente, les choses ne deviendraient pas incontrôlables.

_ Bien, ça me va, accepta Godou après quelques instants.

_ Est-ce vrai? Bien alors. Continuons avec les détails plus tard, adieu.

Les derniers mots avaient été soigneusement choisis, mais prononcés sur un ton extraverti et amical. Godou inclina la tête alors qu'il regardait l'Hime-Miko qui venait de faire ses débuts s'éloigner au loin.


Les cours étaient terminés, c'était enfin la fin de la journée d'école. Après l'incident survenu à la piscine, hier, Mariya Yuri était plutôt sombre. Elle ne s'attendait pas à ce que Vivianne et Dame Marianna prennent la défense de leurs camarades de classe. Alors que Yuri réfléchissait, elle décida soudainement d'appeler Ena pour discuter.

_ Fais juste un câlin à Godou-san. Tu n'es pas une vraie femme si tu ne peux même pas faire quelque chose d'aussi simple, ordonna Ena au téléphone.

_ M- Mais pourquoi est-ce que ça doit se passer comme ça?, balbutia Yuri profondément embarrassée.

_ Tu aimes cette personne, non? Alors c'est le seul moyen. Si tu continues à t'attarder, tu seras rapidement laissée derrière et distancée par Erica-san et les autres, répondit nonchalamment Ena.

_ Ce n'est pas grave, après tout, Godou-san et moi sommes de simples amis, dit Yuri.

_ Vraiment?, demanda Ena peu convaincue par la déclaration de son amie d'enfance.

_ O-Oui, vraiment. Donc, avoir à faire quelque chose d'impudique et lubrique comme Erica-san…, la conversation avait à peine débutée et Yuri bégayait déjà. Pour une raison quelconque, elle ne pouvait se résoudre à parler de manière décisive contrairement aux autres femmes entourant Godou ou bien son amie d'enfance.

_ Je vois, je vois. Cela doit faire partie des complexités profondes du conflit intérieur d'une tsundere décrites par Amakasu-san. Quoi qu'il en soit, Ena vous aidera à monter à bord. J'ai déjà rencontré Kusanagi Godou-sama aujourd'hui…. Et Yuri, as-tu quelque chose à faire maintenant?, enquerra Ena après avoir lâché une véritable bombe.

_ Oui, les activités du club de cérémonie du thé d'aujourd'hui ..., répondit Yuri avant de terminer la discussion infructueuse.


Yuri se dirigea vers le bâtiment du club. Le déjeuner sur le toit avec Godou et les autres avaient été une activité quotidienne, mais elle n'y était pas allée aujourd'hui. Probablement parce que Yuri ne savait pas comment faire face à Godou. Heureuse que les cours soient terminés pour la journée, Yuri se dirigea vers le club de la cérémonie du thé. Celui-ci était situé dans l'une des pièces du bâtiment de style japonais construit entre le lycée et le collège. Ce bâtiment abritait les zones d'activités d'organisations culturelles telles que le club de cérémonie du thé, le club de composition florale, le club de recherche en danse japonaise, et plusieurs autres clubs, et était généralement surnommé le "bloc japonais". Nous étions aujourd'hui mercredi. Le club de cérémonie du thé se réunissait chaque mardi, mercredi et jeudi après-midi pour leurs activités. Yuri enleva ses chaussures avant d'entrer dans le salon de thé et une fois à l'intérieur haleta de surprise.

_ Ah, Yuri, ça fait un jour que nous ne nous sommes pas vues. Comme promis, je suis venue te voir, déclara une voix féminine qui n'avait rien à faire là.

Seishuuin Ena était assise juste là. Assise à côté d'elle, la présidente du club, Hanabusa-san, semblait soulagée de voir Yuri.

_ Mariya-san, vous arrivez au bon moment. Quelqu'un que vous connaissez vous attendait, déclara la présidente.

Hanabusa Akari, présidente du club de cérémonie du thé, était une élève de deuxième année au lycée. Une aînée dont les gracieuses manières et les expressions faciales bienveillantes laissaient toujours une impression profonde sur les gens.

_ Elle voulait entrer dans le salon de thé et a commencé à discuter avec moi, poursuivit la lycéenne plus âgée.

_ Après avoir demandé conseil aux étudiants d'autres clubs pour me repérer, ils ont dit à Ena de venir ici. Puisque Yuri sera là tôt ou tard, cela ne me dérangeait pas d'arriver tôt, parla tranquillement Ena.

Le personnel de l'école ne remarquerait-il pas quelqu'un qui courait dans l'école portant un uniforme différent? Yuri était inquiète, mais Ena sourit malicieusement.

_ Ne t'inquiète pas, on dirait que je n'ai pas été découvert, affirma l'Hime-miko de l'épée.

_ Je vois ... Dans ce cas, est-ce vraiment acceptable pour la propre école d'Ena? On dirait que tu ne t'y es pas rendue depuis quelques jours?, demanda Yuri avec précaution alors que cette pensée lui traversa l'esprit.

_ Ah, ne t'inquiète pas pour ça. De toute façon, je n'y allais jamais souvent. Si mes absences scolaires posent problème, ma famille a déjà promis de s'en occuper avec l'école, alors je peux poursuivre ma formation en montagne.

Ena éclata de rire tout en répondant. Comme il fallait s'y attendre de la part de la famille Seishuuin. Yuri soupira d'admiration. À l'opposé de l'appauvrissement de la famille Mariya qui persista jusqu'à la restauration à l'ère Meiji, le prestige exalté de la famille Seishuuin remontait à l'époque Sengoku durant l'ère des provinces en guerre et exerçait toujours une influence inimaginable dans tous les domaines de la société.

_ Quoi qu'il en soit, es-tu celle qui a le plus d'autorité dans ce club?, Ena se tourna brusquement vers le visage digne de Hanabusa-san et demanda.

_ Ah, je suppose que oui. Je suis la présidente actuelle du club après tout. Mais pourquoi?, répondit confuse Hanabusa Akari.

_ Juste un instinct. Ena sait toujours qui est la personne la plus puissante d'un groupe. Ena regarda la présidente du club de cérémonie du thé avant de s'incliner profondément et dire. "Présidente, j'ai une suggestion, non, une demande. Ce salon de thé, pourriez-vous me le prêter temporairement ? Ne vous inquiétez pas, cela ne prendra pas longtemps."

Une demande accompagnée d'un sourire cordial. Cette demande totalement éhontée, cependant, était plus proche d'un ordre indiscutable. Ena avait toujours été comme ça, faisant les choses à sa guise. La douce et généreuse Hanabusa-san n'avait d'autre choix que d'acquiescer sous la pression. Qu'est-ce qu'Ena comptait faire ici? Yuri se sentait de plus en plus anxieuse.


À ce moment-là, dans la classe cinq de première année, Kusanagi Godou assis à son siège fixait avec anxiété la lettre entre ses mains. Une lettre privée écrite sur du papier japonais. Sur celui-ci se trouvaient les mots "S'il vous plaît, venez visiter le salon de thé après la fin des leçons d'aujourd'hui." Ecrit à l'aide d'un pinceau dans une calligraphie extrêmement belle, il portait la signature de Seishuuin Ena. C'était très suspect.

Godou se rappela immédiatement la scène de ce matin-là. À un moment inconnu, la lettre s'était glissée dans le bureau de Godou et ce dernier se demandait comment l'Hime-miko l'avait placé. C'était probablement grâce à la magie. Godou avait vraiment envie de la réprimander et de lui demander de ne pas adopter un comportement aussi suspect pour des choses aussi triviales que celle-ci. Cependant, Yuri n'était pas apparue sur le toit pour le déjeuner et Godou ne comprenait pas pourquoi elle l'évitait. Bien que le contenu de cette lettre soit déplaisant, au moins, elle lui donnerait un bon prétexte pour discuter avec Mariya Yuri. Erica était déjà sortie avec les filles de sa classe, mais il n'y avait pas besoin de la faire venir de toute façon. Godou allait visiter le salon de thé en compagnie de Mélinda et Vivianne, car la première faisait partie du club et la seconde était curieuse sur leurs activités. Soudain, il se rappela qu'il avait un autre chevalier en plus d'Erica.

_ Hé, Liliana, j'ai quelque chose à faire avant de partir. Pourquoi ne rentres-tu pas d'abord chez toi?, proposa le Campione à Liliana après s'être rapidement rendu dans la classe 6.

_ Quelque chose à faire? Qu'est-ce que c'est?, demanda Liliana avec son expression solennelle habituelle.

_ Une petite visite au club de la cérémonie du thé, répondit-il facilement.

_ Le club de la cérémonie du thé? Tu as quelque chose à voir avec Mariya Yuri ou ta sœur Shizuka?, enquerra davantage Liliana.

_ Euh, j'ai été invité par l'ami miko de Mariya. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe, mais je ne serai plus là pour un moment, répondit-il cette fois-ci.

Dès qu'il eut donné cette explication, Godou réalisa son erreur. S'il l'expliquait ainsi, alors elle insisterait sur son devoir de chevalier et viendrait avec lui. Il aurait juste dû inventer une histoire anodine.

_ Cela semble suspect. Si elle est l'amie de Mariya Yuri, il est extrêmement improbable qu'elle soit une personne normale. Je vous accompagnerai, car je dois vous protéger, déclara Liliana fermement.

_ Ah, oui. Même si cela semble un peu trop exagéré, Mélinda-san et Vivianne-san m'accompagnent puisqu'elles comptaient s'y rendre elle-aussi. Je n'ai pas besoin de davantage gardes du corps, commenta Godou en indiquant les deux femmes mentionnées qui attendaient près de la porte mais à l'extérieur de la salle de classe.

_ Pas exagéré du tout. Bien sûr que je dois faire attention, surtout lorsque vous manquez de prudence en situation de crise... Vous êtes toujours le type à causer du souci aux autres, conclut Liliana.

Et ainsi, accompagné du chevalier aux cheveux argentés, de la Campione et Sorcière françaises, Godou se dirigea vers le "bloc japonais". Le campus de l'Académie de Jounan était assez vaste, en particulier la forêt située à la limite des sections lycée et collège. C'était comme un petit jardin et il y avait même des étangs. En tant que lieu représentant les activités des différents clubs du département de la culture, le bâtiment japonais y était également situé.

_ C'est donc ici que le club de la cérémonie du thé tient ses activités. C'est ma première fois ici, commenta Liliana tout en suivant la marche rapide de Mélinda.

Le bloc japonais avait été construit comme un long et étroit bâtiment à un étage. Le quatuor ôta ses chaussures et les plaça dans l'armoire prévu à cet effet avant de pénétrer à l'intérieur. Pas très loin dans le couloir se trouvait le salon de thé, qui faisait environ vingt mètres carrés et il y avait déjà six occupants à l'intérieur. L'une d'entre elles était Mariya Yuri et à côté d'elle se trouvait Seishuuin Ena, celle qui portait l'uniforme que Godou n'avait jamais vu auparavant. Les quatre autres filles s'étaient assises à une certaine distance des deux mikos et étaient toutes des membres du club de cérémonie du thé que Godou n'avait jamais vu auparavant. Euh, à deux exceptions près. C'était sa petite sœur Shizuka et la meilleure amie de celle-ci, Illyasviel.

_ Onii-chan? Pourquoi es-tu venu dans un endroit comme celui-ci?, demanda immédiatement la collégienne dès qu'elle aperçut son frère faire son entrée.

Il était assez courant pour des organisations culturelles telles que le club de la cérémonie du thé d'associer des membres du lycée et du collège lors des activités.

_ G-Godou-san? Pourquoi es-tu ici?, demanda Yuri, elle aussi surprise par la présence du Campione.

_ C'est moi, Ena, qui l'a appelé ici. Maintenant que tous les invités sont présents, commençons le goûter. Il semble que des personnes non invitées soient arrivées, mais bienvenue quand même, déclara Ena, la seule personne qui ne portait pas l'uniforme de Jounan dans la pièce.

En entendant ces mots, Liliana et Vivianne froncèrent les sourcils tandis que Mélinda prit place à côté de la présidente du club. Juste au moment où Godou était sur le point de parler, les deux Sorcières européenne s'étaient déjà penchées pour s'asseoir en face des deux Hime-Mikos. Étonnamment, elles avaient toutes deux adopté la position japonaise traditionnelle de seiza. Contrairement à Erica, qui n'avait jamais changé de comportement malgré toutes les réprimandes de Godou, Liliana et Vivianne étaient plus disposées à apprendre les traditions locales.

_ Est-ce la sœur cadette de Kusanagi-san, là-bas? Humm, humm, quelle coïncidence! Comment dois-je lui parler?, enquerra Ena une fois qu'ils furent tous assis.

_ Non, ce n'est pas nécessaire. Elle n'a pas besoin de nous rejoindre ici, s'opposa vainement Godou, il n'avait pas envie de mêler davantage sa sœur au surnaturel.

_ Non! S'il vous plaît laissez-moi participer, déclara furieusement Shizuka en se levant de sa place face à Illya-chan.

D'une manière incompatible avec l'esprit de la cérémonie du thé, elle s'était rapidement approchée et s'était assise à côté de Godou faisant ainsi face à Marianna et la présidente. Alors que les choses commençaient à prendre un développement de plus en plus étrange, Godou ouvrit la bouche pour poser des questions.

_ Donc, comment devrais-je m'adresser à vous? Vous êtes une élève d'une autre école, alors pourquoi empruntez-vous la salle du club de la cérémonie du thé?

_ Utilisez simplement mon nom directement. J'ai demandé à utiliser cet endroit à la présidente du club, répondit Ena tout en indiquant la personne à sa droite.

La lycéenne d'un an leur aînée semblait plutôt gentille mais timide et souriait légèrement.

_ Si vous voulez juste parler avec moi, un autre endroit fera l'affaire, commenta Godou en fronçant des sourcils.

_ Ce serait un gâchis de ne pas profiter de cette occasion rare, alors laissez-moi vous servir du thé que j'ai personnellement préparé, rétorqua Ena, avant de jeter un coup d'œil au thermos électrique et à la bouilloire en fer derrière elle.

_ Quoi qu'il en soit, quelle est la nature de la relation entre Onii-chan et cette personne ...?, interrompit Shizuka avec une expression terrifiante sur le visage.

C'était une attitude plutôt grossière envers une élève d'une autre école, surtout lorsque celle-ci était plus âgée qu'elle. Godou soupira devant le manque de manière de sa sœur, mais il semblait que cela ne dérangeait pas Ena. Mélinda et Illya regardaient avec amusement le show, elles étaient sûres que cela allait tourner en une comédie digne d'un animé et elles ne furent pas du tout déçues.

_Oui, Yuri et moi avons quelque chose à discuter avec votre frère. Pour résumer, il s'agit de la date du mariage d'Ena et de Yuri dans la famille Kusanagi, annonça nonchalamment Ena.

Crash! Shizuka était tombé en avant d'une manière très exagérée. Ce n'était pas juste elle, car même Godou était tellement surpris qu'il se redressa et Vivianne avait failli s'étrangler en buvant le thé qu'Illya lui avait servi. Les autres membres du club de cérémonie du thé qui avaient bu du thé tout en tendant l'oreille pour espionner la conversation ont également arrêté tous leurs mouvements sous le choc. Seule Liliana resta assise en silence avec une expression factuelle, Mélinda et Illyasviel se pinçaient les lèvres pour se retenir d'éclater de rire.

_ E-E-Ena! Toi et moi épouser Godou-san, de quoi parles-tu !, s'exclama Yuri les joues en feu et au bord de l'évanouissement.

_ Sans espoir. Tu as toujours été comme ça, réprimanda Ena tandis que Yuri criait le visage tout rouge.

_ Ah, Kusanagi-san, s'il vous plait ne prêtez pas attention à Yuri, dont les émotions étaient instables hier. En fait, ce qu'Ena a dit à cette enfant était que le plus tôt elle se préparait à être séduite par Kusanagi-san, le mieux ce serait. Alors il semble qu'elle soit devenue un peu trop embarrassée par rapport à vous ou peut-être avez-vous commencé à vous lasser de Yuri?, expliqua Ena sur un ton calme qui contrastait avec ces mots.

_ Rien de tel! Mais ..., tenta de répondre Godou avant d'être immédiatement interrompu par Ena.

_ Excellent. Quoi qu'il arrive, nous nous offrons à vous. Yuri deviendra définitivement une merveilleuse épouse, et Ena devrait également être utile à Kusanagi-san. Oui, bien que cela me parait étrange de dire cela, mais Kusanagi-san est vraiment quelqu'un qui récolte ce qu'il sème, c'est admirable, affirma Ena sous les regards horrifiés de Godou, Yuri et Shizuka.

_ Ena! S'il te plaît, surveilles tes paroles, quel honteuses paroles sans vergogne!, accusa Yuri.

_ Même si c'est sans gêne, c'est important, il n'y a pas d'autre moyen de le contourner. Kusanagi-san, s'il vous plaît, prenez un peu de thé, rétorqua Ena.

En plaçant la poudre de thé dans l'ustensile, elle ajouta de l'eau bouillante et l'agita avec un fouet cylindrique en bambou. Ensuite, Ena tendit le récipient à Godou. Cela semblait être du thé mince. La série de mouvements fut effectuée d'une manière fluide et simple qui ne semblait pas adhérer à aucun rite conservateur rigide. Cela contrastait nettement avec les mouvements prudents du reste du club de la cérémonie du thé. Pour utiliser une analogie tirée de la calligraphie, ce serait la différence entre l'écriture habituelle pratiquée par un novice maladroit et celle cursive et libre d'un vrai maître.

Acceptant le thé, Godou porta la coupe à ses lèvres. Il n'était pas clair sur les détails de la cérémonie, mais ce n'était pas le moment de s'attarder sur eux de toute façon. Shizuka fronça les sourcils à côté de lui. Ne disons rien et essayons pour l'instant. Mais Godou fut immédiatement impressionné pas son goût, la saveur de ce thé avait été soigneusement réglée et il était vraiment délicieux pour ses papilles. Ena utilisa les mêmes gestes pour servir le thé aux autres. Bien que les étrangers détestent souvent le goût du thé en poudre, Liliana termina sa tasse de manière composée, puis elle tourna son regard acéré vers celle qui lui servait du thé. Yuri appréciait son thé d'une manière élégante mais avec une expression inquiète sur le visage. Le comportement mécontent de la sœur cadette Shizuka était lui resté inchangé même après avoir savouré le thé. Vivianne qui avait fini sa première coupe servie par Illyasviel, accepta celle tendue par Ena et fut agréablement surprise par son goût.

_ Quoi qu'il en soit, revenons au mariage, cela devrait aller même si nous ne le marquons pas officiellement dans le registre de la famille? Puisque épouser deux personnes à la fois constitue le crime de bigamie. Mais là encore, il serait difficile d'expliquer aux enfants...

Ena venait de faire une nouvelle déclaration choquante. Cette femme était une fauteuse de troubles, peut-être même encore plus problématique qu'Erica, songea Godou pétrifié.

La moitié des filles du club fusillèrent du regard Goudou, seules Liliana, Yuri, Vivianne, Mélinda et Illyasviel n'envisageaient pas de quelle manière elles comptaient faire disparaître le Dom Juan. Bien au contraire, Mélinda et Illya le regardaient amusés par cette nouvelle source de divertissement. Quand à Vivianne, elle semblait pleine de compassion et s'interrogeait sur la véracité de l'avertissement que sa bosse lui avait donné avant de l'envoyer au Japon. 'Godou est-il vraiment une version réelle d'un eroge/harem protagoniste ?', s'interrogea-t-elle silencieusement.

_ Onii-chan est le pire!, s'exclama Shizuka dont la colère bouillait depuis l'apparition de son frère dans son club.

_ C'est ce qu'on appelle les relations adultes!?, murmura l'une des membres du club.

_ Kusanagi-san et son frère, c'est vraiment comme les rumeurs ..., poursuivit une autre.

_ Ces rumeurs, pourraient-elles toutes se révéler vraies ..., marmonna une troisième.

Godou voulait échapper à cet endroit et pourquoi tout le monde le regardait avec de tels yeux!?

_ Oui, c'est comme ça. J'ai discuté avec Yuri. Pour des tâches telles que faire l'amour et avoir des enfants, Yuri viendra en premier et Ena sera simplement sa remplaçante. Est-ce que Kusanagi-san pense que ça ira? Ou peut-être que vous préférez Ena?, poursuivit Ena sans hésiter et à ses mots Marianna et Illya tremblait silencieusement de rire.

Quel excellent spectacle !

_ Attends, attends, attends une minute. Cette conversation semble avoir pris une étrange tournure. C'est trop bizarre!, interrompit vaillamment Godou sous le choc face à un tel aplomb.

_ Non, pas du tout. En fait, c'est le point le plus important. La question est donc: quel type de fille préférez-vous? Le type renfermé ou le type énergique?

Ignorant sa demande de sursis, Ena poursuivit avec désinvolture son interrogatoire. Godou commença finalement à comprendre qu'il devait se résoudre à faire face à la volonté d'Ena avec une résistance ferme.

_ Je ne te répondrai pas! Je n'ai aucune raison de répondre à une telle question!, annonça le Campione sur un ton ferme.

_ Bien, mettons cette question de côté pour le moment. Ensuite, parlons de vos intérêts particuliers, tels que vos fétiches cachés? Un jour, j'ai lu un article dans un magazine qui disait: « Les problèmes dans la vie sexuelle provoquent la plupart des ruptures dans les relations amoureuses. Même si l'homme a des fétiches anormaux, vous devez les accepter et les apprécier de manière proactive. » Kusanagi-san, avez-vous aussi de tels secrets?, interrogea ensuite Ena sans sourciller.

Mélinda se tenait la poitrine d'une main et de l'autre la bouche, elle pleurait de rire, mais le reste des spectateurs ne lui prêtaient pas la moindre attention. Ils étaient tous fixés sur le drama à quelques mètres.

_ Ne changez pas de sujet, écoutez-moi bien!, s'insurgea Godou en rougissant à son tour.

Résister à cette fille semblait exiger une volonté de fer et Ena l'ignorait tout en sortant un magazine féminin assez fin.

_ Peu importe comment vous changez le sujet, ni Yuri ni vous n'entretiendrez ce genre de relation avec moi. C'est le premier point sur lequel il faut se mettre d'accord, poursuivit Godou sur un ton qu'il voulait assuré et décisif.

_ Vous avez déjà trois amantes, de quoi parlez-vous à ce stade, dit Ena.

Après avoir parlé, Ena commença à compter sur ses doigts.

_ Ena sait tout, il y a Erica, Yuri et Liliana. Vous voyez, ça fait déjà trois personnes. . . Ah, et une femme locale et une maîtresse potentielle aussi, compta-t-elle sérieusement.

Vivianne rougit lorsque le regard d'Ena s'attarda sur elle, quand la Miko japonaise mentionna une maîtresse. Mélinda et Illyasviel ne purent s'empêcher de ricaner.

_ Elles ne sont que mes amies ordinaires. Arrête de parler comme si j'étais un ennemi de toutes les femmes!, s'écria Godou.

Les filles du club de la cérémonie du thé qui ne connaissaient pas le véritable statut du Campione observaient Godou comme si elles regardaient un criminel. Godou ignora ces regards et poursuivit fermement sa défense.

_ Oui, parce que Yuri est une personne très timide, mais je ne suis pas comme elle. Ne vous inquiétez pas. Ena travaillera dur pour devenir une concubine expérimentée. Alors Kusanagi-san, vous n'avez pas à être gêné, déclara Ena encore une fois sans aucun embarras.

_ M-Mariya, est-ce que ça te va?! S'il te plaît, aide-moi à nier cela, demanda Godou à sa camarade d'école.

Incapable de renverser la situation, Godou se tourna vers Yuri qui était restée silencieuse pratiquement depuis le début.

_ Dîtes-lui que nous sommes juste des amis ordinaires, et qu'il n'y a pas de relation étrange entre nous contrairement à ce qu'elle dit, s'il vous plaît, supplia Godou.

_ Oui, oui. Il n'y a rien entre Godou-san et moi…, dit Yuri en prenant la parole.

_Yuri, si tu dis cela encore une fois, tu ne pourras plus revenir sur tes déclarations, déclara doucement Ena, mais son attitude était légèrement différente de celle qu'elle avait eue auparavant. "Alors, prenez seulement Ena comme épouse. Si Yuri décide de ne pas participer, alors tout ira bien même si je sers seul Kusanagi-san. Notre relation sera très proche et nous allons très probablement nous marier et avoir des enfants. Et même si Yuri regrette je vais l'ignorer. "

_ Eh? Ena ..., marmonna Yuri en clignant des yeux abasourdie.

_ Si tu choisis d'abandonner, je ne t'en empêcherai pas du tout. Mais en retour, je ne te donnerai pas une seconde chance. Être timide est très mignon, mais si tu ne peux pas être décisive, alors ce n'est pas bon. Impardonnable. Si tu veux quelque chose, tu dois l'acquérir de tes propres mains, affirma Ena avec conviction.

Marianna/Mélinda eut l'étrange impression que Gilgamesh et Ozymandias s'entendraient tous deux à merveille avec la jeune Ena, mais qu'il faudrait à tout prix l'éloigner des farceurs parmi ses Servants….

_ ... Avec mes propres mains, répéta Yuri sur un ton incertain.

_ Correct . Vous devez créer la vie que vous voulez vivre, non? Si Yuri le souhaite, Ena assumera la responsabilité de te soutenir. Comment désires-tu procéder? Prends une décision maintenant, annonça Ena sur un ton inébranlable.

Sans répondre aux conseils de son amie, Yuri garda le silence. Tout en regardant le profil de ce beau visage avec hésitation, Godou sentit son inquiétude monter, il avait un très mauvais pressentiment. Ce fut un long silence, très long. Sur quoi pouvait-elle hésiter!?

_ ... Oui je comprends, répondit finalement la timide brune.

Yuri regarda directement Godou droit dans les yeux, la première fois aujourd'hui depuis l'accident d'hier à la piscine et se mit à parler timidement.

_ Je ... ne peux pas être complètement d'accord avec ce qu'Ena a dit, déclara-t-elle d'une manière peu confiante, très incertaine.

Bien que confus, les yeux et les mots de Yuri portaient une forte volonté. Dominé par la force de son esprit, Godou ne put s'empêcher de se taire.

_ Cependant, je crois que l'avenir qu'elle a décrit ne peut être nié avec une certitude absolue. De toute façon, je n'ai aucune idée de ce que seront mes relations avec Godou-san à l'avenir, et nous avons déjà partagé des choses qu'aucun ami ordinaire de sexe différent ne devrait avoir fait en premier lieu!, poursuivit-elle avec légèrement plus d'aplomb.

_ Et, et c'est à dire..!?, demanda Godou confus, il n'avait aucun souvenir d'avoir fait quoi que ce soit avec Yuri, alors qu'avec Erica en revanche...

_ Par conséquent, je ne peux pas déclarer que nous sommes juste des amis ordinaires! P-Peut-être que cela se déroulera exactement comme Ena l'a dit, mais cela pourrait aussi ne rien être!, ajouta l'Hime-miko.

À la réponse inattendue, Godou balbutia "Hein?" en surprise, ensuite Yuri le regarda avec ses pupilles très tristes mais très claires.

_ Est-il possible ... de ne pas le nier?, demanda Yuri en se pinçant les lèvres.

À ce moment-là, c'était Shizuka qui intervint.

_ Onii-chan est un si gros idiot…. Va-t-il être finalement conquis par Mariya-senpai !?

Puis la présidente du club de cérémonie du thé qui s'écria bruyamment:

_ M-Mariya-san est si audacieuse.

Suite à cette soudaine confession, Yuri fuit immédiatement la présence de Godou. Elle se cacha derrière le dos d'Ena tout en tremblant d'embarras.

_ Maintenant, puis-je avoir un mot?

Godou, qui était dans un état de choc suite à ces événements inattendus, entendit tout à coup une voix sévère. Liliana Kranjcar. Le chevalier bleu et noir jetait un regard noir à Ena.

_ Que comptez-vous faire? Pourquoi perturbez-vous la vie paisible de mon maître?, demanda froidement la chevalière italienne.

_ Je ne cherche pas à perturber quoi que ce soit, et par ailleurs Kusanagi-san ne manque pas d'événements chahuteurs depuis un certain temps déjà, répondit Ena.

_ Si vous le dites de cette façon, vous n'avez pas tout à fait tort après tout. Toutes mes excuses, je me suis mal exprimé, s'excusa Liliana.

Se mettre d'accord sur un tel point, le Campione sentit la déprime l'envahir. Cependant, avant que Godou ait eu la chance de prononcer son désespoir, la conversation se poursuivit.

_ Cependant, si vous vous approchez de Kusanagi Godou avec des motifs inconnus, n'attendez aucune pitié de ma part. N'oubliez pas, menaça Liliana sans aucune hésitation.

_ Bien sûr que non. Comment Ena pourrait-elle avoir des motifs cachés, Numéro Deux?, répondit simplement Ena.

Liliana avait dégagé une présence dangereuse aussi tranchante qu'une lame, mais Ena avait riposté avec un ton désinvolte, qui impressionna légèrement Godou.

_ Numéro deux?, répéta Liliana en fronçant les sourcils.

_ Oui ... puisque tu es la deuxième plus forte dans ce groupe de personnes. La blonde est la numéro un et tu es la numéro deux, Liliana-san. Je l'ai compris après t'avoir rencontrée la dernière fois, expliqua Ena

_ ... ce qui veut dire qu'Erica est au dessus de moi?, demanda Liliana en plissant les yeux.

Un chevalier répondrait à une insulte personnelle en lançant un défi en duel. Mais même si l'atmosphère avait atteint un tel niveau de tension, Ena continuait de sourire avec malice.

_ Si c'est un duel à un contre un, vous êtes à peu près égales. Mais en fonction de votre influence au sein du groupe, il est clair qui détient le plus grand pouvoir. C'est ce que pense Ena, affirma l'Hime miko de l'épée sous les regards tranchants de Liliana et Vivianne qui s'était elle aussi sentie insulter par ce classement.

Godou ne pouvait s'empêcher de tourner son attention une nouvelle fois vers l'Hime-Miko qui s'était présentée comme l'amie de Yuri. Bien que cela ait été transmis plutôt sans tact, elle avait parfaitement analysé la relation/rivalité entre les chevaliers rouges et bleus.

_ Vous avez complètement tort, je me dois de vous corriger, rétorqua Liliana avec aplomb.

_ Oui, oui, mais pour l'instant, je ne vous donne qu'un avertissement. Après tout, s'occuper de Numéro Un était le plan initial. Ena a toujours eu l'habitude de manger les meilleures choses en premier, déclara Ena.

Après avoir échangé de tels mots avec Liliana, Ena regarda derrière Godou.

_ Ah, Erica-san, il n'y a rien de mal avec le jugement d'Ena, n'est-ce pas?, demanda l'Hime miko.

Elle regardait droit devant elle, à l'entrée du salon de thé, où une étudiante attrayante et fascinante était apparue. Blonde avec des traits clairement européens, c'était bien Erica Blandelli qui venait de les rejoindre.

_ Comme je ne trouvais pas Godou, je me suis mise à sa recherche. Mais on dirait que tout le monde s'amuse ici, salua Erica avec élégance tout en ignorant la panique qui régnait autour d'elle.

_ Un plaisir de finalement pouvoir faire votre connaissance, Erica-san. Je m'appelle Seishuuin Ena et je suis l'ami de Yuri, se présenta promptement Ena sans sourciller.

_ Ah, mais il semble que ce ne soit pas notre première rencontre, répondit l'Italienne.

Au sourire subtil d'Erica, Ena sourit comme une farceuse.

_ Ce genre de conversation est notre première occasion de s'adresser la parole. Restons-en là, d'accord ? Formidable, le but de ma journée était de rencontrer la fille qui est numéro un et je m'inquiétais d'avoir raté ma chance, déclara Ena en souriant comme une bête carnassière.

_ J'espère que je ne manque pas à vos attentes, dit simplement Erica.

_ ... Erica, puis-je être l'adversaire de cette femme?, demanda Liliana en interrompant la conversation.

Erica réfléchit un instant, puis refusa simplement sa demande, sous le regard réprobateur de Mélinda.

_ Non, c'est moi qui m'en charge, répondit Erica.

_ Je souhaite que cette femme paie le prix pour m'avoir insulté. Ne te mets pas en travers de la vengeance d'un chevalier, déclara Liliana.

_ Je ne veux pas t'entraver, mais on n'y peut rien. Je compte avoir une discussion politique avec cette femme. Si tu le souhaites, Liliana, tu peux me remplacer, mais je sais que tu détestes ce genre de tâche, non?, Erica sourit généreusement alors qu'elle parlait.

Shizuka et le reste du club de cérémonie du thé étaient figés de surprise, mais qui pouvait les blâmer ? Toutefois, Godou pouvait comprendre le sens des mots de sa camarade, de même que Mélinda, Illya et Vivianne. Erica voulait interroger cette étrange intruse afin de clarifier ses intentions et de parvenir à conclure un accord. Cette démarche nécessitait une grande intelligence et une grande perspicacité politique. Pour être tout à fait honnête, cela aurait été un peu difficile pour Liliana, car elle était légèrement grossière et impulsive. Si Erica devait dialoguer, les choses finiraient-elles pacifiquement? Godou fit un signe de tête à la [Diavolo Rosso].

_ Alors je laisse l'affaire à tes soins, Erica. Ne laisse pas les choses devenir incontrôlables, ordonna Godou en se tournant vers Erica.

_ Bien sûr, alors laisse Liliana rester à tes côtés, Godou?, répondit Erica.

Liliana ne fut pas impressionnée par ces ordres et tourna la tête de côté, néanmoins elle ne se plaignit pas, probablement parce qu'elle avait compris la différence de qualification pour une telle tâche. C'était le genre de situation où Erica pouvait exercer ses compétences sociales dont elle était si fière.

Ena se leva également et prit le sac qui était appuyé contre le mur. C'était le même sac en bandoulière qui semblait être l'un de ces sacs longs et étroits en tissu utilisés pour porter une épée de bambou ou un objet similaire. Avec un sourire au coin de ses lèvres, c'était comme si Ena voulait spécifiquement que les autres connaissent son bonheur, un sourire dénué d'obscurité.

_ Avez-vous pris votre décision? Alors allons à l'extérieur?, proposa l'Hime-miko de l'épée.

_ Je vois. Ce serait gênant de déranger plus longtemps nos amis du club de la cérémonie du thé. Alors tout le monde, nous allons prendre notre congé en premier. Profitons soigneusement de ce qui va arriver ensuite, répondit Erica.

Erica quitta la salle de thé comme une femme noble s'excusant d'une fête en cours. Avec des pas détendus, Ena la suivit. Godou regarda avec inquiétude le départ de l'Hime-Miko et du Grand Chevalier. Mélinda affichait une expression froide et stricte sur son visage, il semblerait que la conclusion de cette rencontre l'ait laissé insatisfaite ou l'ait tout au moins contrarié.

_ Mariya-chan, dans quelques minutes j'aimerai que tu les rejoignes, il serait gênant si votre amie venait à dévoiler son épée devant Erica-san, déclara la sixième Campione avant de prendre une gorgée de thé.

Mariya Yuri mit quelques secondes avant de comprendre le sens de l'avertissement de Mélinda, mais lorsqu'elle comprit enfin la signification de cet ordre, elle tenta de se lever. Mais un simple regard de Mélinda la stoppa net. La Campione se tourna ensuite vers le reste des spectateurs et déclara.

_ Mes amies, je vous pris d'excuser les paroles provocatrices de mademoiselle Seishuuin. Sa famille désire former une alliance avec la famille Kusanagi et comme elle vient d'un milieu très traditionnelle, pour les Seishuuin un mariage entre Kusanagi-san et Seishuuin Ena serait la meilleure solution pour ce faire. Quand à Mlle Mariya, sa situation est assez similaire, il y a un groupe haut placé qui souhaite obtenir le soutien de Kusanagi-san et ce groupe a donc proposé une alliance à travers un mariage entre Godou-san et Yuri-san. Kusanagi-san n'est pas un playboy contrairement à ce que vous pouvez croire. Il s'agit d'un simple malentendu, expliqua Mélinda en contemplant Godou avec sympathie.

Le pauvre avait vraiment la malchance d'un eroge protagoniste, au moins son malheur avait réussi à la divertir. Toutefois, il n'était pas bon de laisser de fausses rumeurs naître à cause de Mlle Seishuuin. Mélinda décida donc de les modifier et de présenter Godou comme une simple victime dans cette affaire et Vivianne qui était très sensible aux intentions de sa boss, serait une excellente alliée pour atteindre cet objectif.

_ Kusanagi-kun, tu es vraiment malchanceux, dès qu'une fille te tourne autour ou est attirée par ton charme, le reste de l'école te traite de playboy et d'ennemi des femmes. Je ne comprends rien à la logique japonaise, pourquoi t'accuser toi alors que c'est les filles qui te poursuivent qui causent problème ? Cela me fait penser à certains cas où la victime dans une affaire, est traitée comme le responsable du crime dont elle a été victime… Tu sais, ce genre de cas est très fréquent lorsqu'on parle d'harcèlement scolaire ou même de viols…. Les coupables se défendent en reportant la responsabilité de leurs crimes sur leurs victimes… Certains disent même que c'est la faute des victimes parce qu'elles s'habillaient ou se comportaient d'une certaine manière ! Non, mais, c'est vraiment n'importe quoi ! N'est-ce pas ?!, ajouta Vivianne sur un ton énergique et sincèrement sympathique.

_ C'est vrai, si la situation était inversée et qu'une jolie fille était poursuivie par des hommes se comportant comme Mlle Seishuuin, je me demande si la réaction serait la même ? Cette fille serait-elle traitée de séductrice ou croqueuse d'homme ?, commenta Illya en suivant le fil de la conversation.

Le reste des filles présentes se regardaient légèrement confuses à leurs mots, elles n'avaient jamais envisagé la situation dans un tel angle, à leurs yeux Kusanagi Godou était un playboy comme les rumeurs le décrivaient. Yuri et Liliana quand à elles avaient baissé la tête l'air songeuse. La Japonaise se remémorait leurs vacances en Sardaigne, tandis que Liliana se rappelait l'incident avec Persée.

_ Mariya-chan, tu devrais y aller, la situation devient dangereuse pour Mlle Blandelli, ordonna calmement Mélinda en reposant sa coupe de thé vide.

Yuri hocha la tête et se leva de sa place, rapidement suivie par Godou, Vivianne et Liliana. Lorsque Shizuka chercha à se lever à son tour, Illyasviel la stoppa immédiatement, avant de la traîner avec un plateau sur lequel les coupes utilisées avaient été posées pour faire la vaisselle. Mélinda prit le reste des équipements et commença à son tour à ranger et nettoyer avec l'aide des autres membres du club.

Quand elles eurent fini, Illya traina encore Shizuka tout le long du chemin jusqu'à l'entrée de l'Académie, elle avait bien l'intention de discuter avec son amie chez les Einzbern-Emiya et elle ne comptait pas laisser Shizuka faire une scène à son frère après une telle journée. Shizuka passa le reste de l'après-midi chez l'albinos à parler d'Ena et des intentions de cette dernière. Mélinda n'avait pas perdu de temps à les mettre en garde sur Ena. La Campione révéla même le fait qu'Ena Seishuuin était la top Hime-miko du Japon et qu'elle possédait le don de possession divine. Elle était ainsi capable d'utiliser une petite partie du pouvoir du Dieu Susanoo ainsi que l'épée Ama no Murakumo no Tsurugi. Elle était donc une terrifiante adversaire, même pour des Chevaliers expérimentés. Une fois que Shizuka fut calmée et qu'elle avait accepté le fait que ce n'était pas la faute de son frère si Ena avait débarqué, mais celle de la famille Seishuuin et de divinités qui ne pouvaient pas s'empêcher de fourrer leur nez dans les affaires des autres, Kiritsugu la ramena chez elle.


La journée du lendemain n'alla pas en s'arrangeant pour le huitième Campione, non seulement Ena était revenue à l'Académie, mais certains garçons de la classe 5 avaient décidé de lui régler son compte :

_ Alors, commençons la deuxième réunion du Conseil du Jugement Censurant le Bâtard Kusanagi Godou qui Monopolise les Trois Grandes Beautés + les nouvelles venues (Respectivement Yuri, Mélinda, Erica et les deux nouvelles Vivianne et Liliana). Tout le monde, êtes-vous tous prêts?, déclara une voix masculine.

_ Pas de problème. Traduisons en justice Kusanagi Godou, l'ennemi public des hommes, répondit une seconde voix masculine.

_ Bien sûr, à cause de nos idéaux communistes d'amour et d'égalité, mettons tout en œuvre pour dénoncer la bourgeoisie!, acheva une troisième voix masculine.

Godou était actuellement prisonnier à cause de ces trois hommes fous furieux. Après l'école, il avait été recouvert d'un sac et kidnappé. Il avait été emmené dans une salle de classe vide puis jeté au sol, les mains et les pieds liés par de l'adhésif transparent maintes fois. Les trois auteurs avaient des sacs en papier qui dissimulaient leur visage, mais Godou, qui connaissait leur identité depuis le début, les appela simplement froidement.

_ Nanami, Sorimachi, Takagi ... Même si je savais déjà que vous étiez tous des idiots, je n'ai jamais pensé que votre stupidité pouvait atteindre une telle hauteur. S'il vous plaît, laissez-moi partir tant que vos crimes sont encore mineurs, demanda Godou après avoir appelé l'un après l'autre les membres du trio des Trois Idiots de la classe 5.

En entendant Godou parler, les trois idiots le regardèrent à travers les trous pour les yeux de leurs sacs en papier.

_ Imbécile, nous ne sommes pas ces personnes, répondit le premier.

_ C'est vrai, nous ne sommes pas vos camarades de classe, dit le second.

_ Nous sommes les alliés de la justice, nous consacrons nos pensées au peuple et au pays, s'il vous plaît, ne faites pas de telles erreurs étranges, d'accord?, conclut le troisième.

Godou n'avait aucun doute que si des idiots ultimes existaient dans ce monde, il devait sûrement s'agir de ces trois-là devant lui.

_ Euh ... Bien que je ne comprenne pas vraiment pourquoi vous m'avez enlevé, vous devez surement avoir de bonnes raisons, et j'ai probablement des aspects de ma personnalité à améliorer, alors délivrez simplement toutes vos plaintes et je les écouterai patiemment, proposa Godou.

Si possible, il voulait être libéré dès que possible. Pensant ainsi, Godou proposa une proposition pacifique, mais les trois idiots se moquèrent avec colère. Leurs attitudes arrogantes et haineuses restèrent inchangées.

_ Espèce de bâtard, ta bouche ne dit que de jolis mots ... Bien, alors pourquoi n'avoues-tu pas tes crimes de l'été dernier?, ordonna Sorimachi.

Été? En entendant la question de Sorimachi, Godou, agité, feignit de garder son calme. Si ses vacances en compagnie de Yuri, Erica et Liliana en Sardaigne étaient révélées, il y aurait un grave malentendu. Cela nécessitait une réponse prudente.

_ Pendant l'été, j'ai mené une vie honnête et simple, et rien d'étrange n'est arrivé, mentit Godou.

À cette explication peu convaincante, Nanami murmura :

_ Oh? Alors, camarade S, veuillez rapporter vos découvertes.

_ Dans la rue commerçante de Nezu Sanchoume où vit Kusanagi Godou, cet homme n'a pas été repéré durant la première moitié de l'été, de début juillet à début août, rapporta S/Sorimachi.

_ Très bien, premier point suspect. Camarade T, qu'avez-vous à signaler?, demanda-t-il ensuite.

_ Dans le même laps de temps, il n'y avait aucun témoignage de témoin ayant vu Erica qui avait pourtant l'habitude d'apparaître fréquemment dans la zone de Hongou. De plus, même Mariya-san a manqué ses activités au club de cérémonie du thé à cette époque. Je suis personnellement d'avis que Kusanagi Godou est le principal suspect basé sur ces périodes, déclara T/Takagi.

_ En ce qui concerne les points suspects deux et trois…, commença à parler Nanami sur un ton exagéré tout en regardant les expressions de Godou en même temps. « Je me demande, Kusanagi, est-il possible que pendant tout l'été, Erica-san, Yuri-san et toi avez passé les vacances ensemble? Haha... n'est-ce pas un paradis comme dans un Galgame?*(1) »

_ Comment une telle chose pourrait-elle arriver?! Bien que tu sois stupide, réfléchis avant de parler!, rétorqua violemment Godou.

Enquêter délibérément sur mes activités d'été, à quel point ces personnes sont-elles libres? Godou s'émerveilla en niant. Dans une telle situation, le mensonge était une solution temporaire. Cependant ...

_ Camarade S, y a-t-il une réponse sur le détecteur de mensonge?, demanda Nanami.

_ Il vient de dire un grand mensonge. Mon détecteur de mensonge du cœur émet un bip. Pour ce type Kusanagi, la justice divine doit être servie!, répondit Sorimachi.

_ C'est vrai, les méchants doivent être exécutés! Condamnons à son juste jugement ce maniaque lubrique!, conclut Takagi.

En entendant les conclusions des trois idiots, Godou hurla avec frénésie.

_ Attends! Qu'est-ce que c'est que ce détecteur de mensonge du cœur! C'est juste que vous deviner à l'aveuglette !, accusa Godou.

_ Vous trahissez votre ignorance. C'est quelque chose qui ne peut être utilisé que par les hommes qui ont longtemps été privés de l'amour des filles innocentes. Vous pouvez appeler cela une sorte de magie. Un sale garçon comme vous n'atteindra jamais ce niveau d'illumination.

De manière inattendue, Sorimachi donna une réponse déroutante. Au moment où le surpris Godou était sur le point de parler pour se défendre...

_ Vos crimes s'arrêtent ici, car vous autres êtes allés trop loin !

À ce moment-là, la porte de la classe s'ouvrit et la voix d'une jeune fille se fit entendre. Liliana Kranjcar, le chevalier aux cheveux d'argent, originaire d'Europe de l'Est, était arrivé et derrière elle se trouvaient Vivianne et Mélinda.

_ Kusanagi Godou, rassurez-vous, je vais m'en occuper immédiatement, déclara Liliana.

_ Désolée, Liliana, je t'en dois une, remercia Godou soulagé que la cavalerie soit arrivée.

Le fidèle chevalier était apparu et Godou exprima sa gratitude. Cela obligea Liliana à tourner son visage de côté timidement.

_ Cela fait partie de ma mission, les remerciements ne sont pas nécessaires. Comme je ne parvenais pas à vous trouver, je suis partie à votre recherche au cas où ... Si vous avez retenu la leçon, ne vous éloignez plus autant que possible de moi. Je serais reconnaissante si vous n'augmentiez pas ma charge de travail, répondit l'Italienne.

Mais malgré leur état de choc évident, les Trois Idiots réussirent à regagner leur moral.

_ Vous semblez assez confiante, mais pensez-vous vraiment pouvoir stopper trois personnes à la fois ? Contemplez le pouvoir de la foule, ha ha ha ha ha!, déclara le trio en imitant le rire des vilains de dessins animés et films.

_ Des déchets comme vous? Je peux facilement en vaincre trois cents à la fois. Quelle blague, répondit Liliana sur un ton condescendant.

_ Et puis n'oubliez pas que nous sommes là aussi ! Non seulement, Vivianne et moi pouvons aisément vous régler votre compte, mais nous pouvons aussi répéter à toute la classe vos actions d'aujourd'hui, à coup sûr vous serez la risée de l'école pendant des semaines, menaça Mélinda en avançant vers les quatre garçons tout en passant sa main droite dans ses cheveux.

Une action digne de la cruelle rivale d'une héroïne de shojo manga, mais qui réussit à profondément affecter le trio. C'était presque comique de voir comment le comportement chevaleresque de Liliana, l'attitude machiavélique de Marianna et la nonchalance de Vivianne brisaient toute idée de résistance chez les trois adolescents normaux auxquels elles faisaient face.

_ Attends, attends, attends! Liliana-san, Mélinda-san et Vivianne-san! Nous essayons simplement de châtier Kusanagi Godou pour ses crimes, tenta d'expliquer l'un des coupables.

_ Insensé! Kusanagi Godou est celui qui a de justes objectifs et qui suit le chemin du roi. Plutôt que de laisser des imbéciles comme vous le châtier, laissez-moi vous montrer ce qu'est la vraie honte, répliqua Liliana.

_ Objection ! Tu dis que Kusanagi a un cœur juste, cette idée est très problématique! Cet homme est un mécréant qui trompe et joue avec de nombreuses femmes. N'est-il pas un prédateur sexuel et un ennemi public des femmes!?, déclara Sorimachi afin de soutenir l'accusation précédente de Takagi.

Mélinda ne put se retenir plus longtemps et elle explosa de rire sous les regards stupéfaits des personnes qui l'entouraient. Il fallut un bon moment pour qu'elle retrouve son calme et prenne à nouveau la parole.

_ Je suis désolée ! C'est juste qu'entre hier et aujourd'hui, j'ai entendu tellement de discours hilarants que je n'ai pas réussi à me retenir de rire ! Honnêtement, les garçons vous êtes trop drôles ! Vous accusez Godou d'être un Dom Juan, alors que si vous étiez à sa place, vous en profiteriez sans vergogne ! Vos actions sont simplement justifiées par la jalousie, vous voyez que Kusanagi-kun est populaire auprès des jolies filles, alors que vous restez seuls et sans petite amie. Vous avez donc décidé de punir Kusanagi-kun pour quelque chose qu'il ne peut même pas contrôler, vous êtes vraiment pitoyable !, déclara cruellement Mélinda en s'adressant au trio responsable.

C'était un aspect de la personnalité de Marianna/Mélinda qui n'apparaissait que très rarement. En général Marianna gardait ses émotions sous contrôle et se retenait d'exprimer le fond de sa pensée aux personnes qui l'agaçaient profondément. Même parmi ses Servants, seule une poignée était au courant qu'elle pouvait être une vrai mauvaise langue lorsqu'elle était énervée ou agacée. Jusqu'à aujourd'hui, parmi les Campiones, seuls Salvatore Doni et Alexander Gascoigne avaient assisté à ce changement d'attitude de Marianna et dans les deux cas, c'étaient parce qu'ils avaient eux-mêmes été les victimes de sa langue de vipère.

Le trio fut pétrifié par ces accusations, ils étaient tous trois incapables de nier, puisqu'ils savaient très bien que c'était la vérité pure et simple. D'autant plus que tous les élèves de la classe 5 savaient que Sorimachi était un lolicon avec un sister complex, qui collectionnait les conquêtes des petites sœurs dans les jeux de drague auquel il était accro. Mélinda avait pas mal de munition pour continuer cette fusillade verbale. Envahis par le désespoir, les Trois Idiots se tournèrent vers Liliana qui prit à son tour la parole.

_ Est-ce que vous envisagez sérieusement tous les trois d'utiliser une telle calomnie pour changer mon opinion? Quels imbéciles pitoyables ..., déclara Liliana sur un ton froid et tranchant.

Mélinda sourit en voyant ses adversaires être quasiment achevés alors qu'ils étaient déjà au tapis.

_ De vrais losers, vous êtes tellement jaloux que vous n'êtes même plus capables d'agir de manière intelligente ! Enlèvement et tentative d'agression, même si vous êtes mineurs, je doute que votre futur dans cette Académie soit plaisant. Vos crimes feront le tour de l'école et vous serez probablement traités en paria… N'est-ce pas un avenir intéressant pour de jeunes criminels comme vous ? Surtout que votre victime gagnera davantage de sympathie chez la gente féminine, après que vos actions parviennent aux oreilles des filles de l'école. Un plan vraiment bâclé, clairement l'œuvre d'amateur !, ajouta Vivianne en s'approchant de Godou pour le détacher.

_ J'ai juré de maintenir notre relation pour l'éternité et de servir pour toujours à ses côtés. Je veux devenir une femme qui lui offre tout de mon plein gré, et ainsi devenir sa plus fidèle partenaire. Quoi qu'il arrive, je serai toujours son soutien et je jure que je le sauverai encore et encore, même si le monde se met entre nous. Tant que ce sentiment persistera, mon cœur ne vacillera pas face aux calomnies et aux mensonges, conclut Liliana en tournant la tête embarrassée.

Les paroles énergiques de Liliana, fortes et sincères, reflétaient toute la force de sa loyauté envers le Campione aux cheveux noirs. Malheureusement, ces mêmes mots sonnaient aussi comme la défense d'une femme victime d'une tromperie ou aveugle face à un escroc. Mélinda toutefois regarda avec admiration Liliana, la sincérité des sentiments de l'Italienne l'avait frappé en plein cœur et elle commençait à s'interroger mentalement sur sa propre relation avec Gilgamesh.

Les trois étudiants étaient apparemment arrivés à la même conclusion que Godou et protestèrent vivement.

_ Pauvre Liliana-san ! Kusanagi a réussi à la berner et à lui faire accepter sa débaucherie !

_ Dépêche-toi et réveille-toi! Liliana-san!

_ Il y a beaucoup d'hommes dans ce monde bien mieux que lui...

_ J'espère que vous ne vous méprenez pas. Kusanagi Godou et moi n'avons pas ce genre de relation homme-femme superficielle. Je ne suis que son chevalier et le compagnon qui a promis de rester à ses côtés pour toujours. Nous avons juré que nous ferons face à toutes épreuves et tribulations ensemble, peu importe où et quand, c'est la véritable relation que nous avons, rétorqua Liliana.

Sans en être consciente, Liliana était tombée dans un état de rêverie presque comme si elle se parlait à elle-même. Mélinda jurait avoir vu des étincelles l'entourer alors que la chevalière regardait au loin, perdue dans ses rêveries.

_ Bien que son charme naturel envers les femmes me rende la tâche difficile... Néanmoins, cela renforcera les liens entre nous deux, à condition que je devienne la personne la plus spéciale dans son cœur, et peu importe le genre de femme qu'il cherchera à l'avenir, il reviendra toujours dans mes bras à la fin..., poursuivit Liliana en soupirant comme une demoiselle atteinte par la maladie d'amour.

Mélinda commençait à se demander si Verethragna ou Persée n'avaient pas transmis une autorité liée à la virilité ou à la fertilité à Godou, lorsqu'il les avait tués. Cela semblait être la raison la plus logique derrière l'étrange dévotion de Liliana Kranjcar envers son seigneur. Ce type de développement entre deux personnes qui se connaissaient à peine, relevait normalement de l'anime et des mangas, et non de la vie réelle. Même Vivianne semblait adhérer de plus en plus à la théorie de Mélinda sur le statut de protagoniste d'eroge de Godou.

_ Animal ! Créer un harem et obtenir une approbation ! Dieu! Comment pouvez-vous permettre quelque chose d'aussi injuste?!

_ Est-ce un lavage de cerveau ? Est-ce le résultat de l'acte interdit de conditionner sexuellement une mineure de moins de dix-huit ans?

_ Est-ce que je pleure ...? Est-ce que ce sont des larmes? Bon sang, c'est tellement désespérant !

À l'intérieur de la salle de classe, il semblerait que la déclaration passionnée de Liliana avait effectivement brisé l'esprit du trio avec lequel elle avait conversé. Tandis que les trois adolescents semblaient s'affaisser sur eux-mêmes, deux filles ouvrirent la porte de la salle et entrèrent à leur tour.

_ Ah, je l'ai trouvé, Kusanagi-san s'est avéré être ici, déclara Ena en sautillant presque.

_ E-excusez-nous pour notre intrusion, dit Yuri.

_ Euh, excusez-moi. Nous sommes au milieu de quelque chose. Si vous avez quelque chose à me dire, est-ce que ça peut attendre?, intervint Godou.

_ Juste quelques mots, ce sera fini dans un instant. Je suis venu ici pour inviter Kusanagi-san à notre rendez-vous demain. C'est-à-dire Kusanagi-san, Yuri et moi-même, Ena, nous trois réunis ensemble pour un rendez-vous amoureux, annonça Ena en ignorant la situation dans laquelle se trouvait le Campione.

_ Un rendez-vous amoureux!?, s'exclama Godou.

Le huitième Campione était sous le choc, alors que Mariya-san devenait si rouge que c'était étonnant que ses cheveux n'aient pas pris feu. D'une voix légèrement tremblante, elle essaya de contenir son amie.

_ Ena-san! Avoir un rendez-vous avec Godou-san ... Je ne me suis pas encore préparé pour ça!, s'écria Yuri.

Malheureusement, Ena semblait ne pas se laisser décourager et poursuivit allègrement.

_ Si tu ne t'es pas encore préparée, prépares-toi maintenant. Ce n'est pas facile pour nous de devenir les "femmes"de Kusanagi Godou, tu dois donc prendre plus d'initiatives, affirma Ena.

En entendant ces échanges, les trois étudiants masqués semblaient craquer sous le désespoir.

_ Mes oreilles doivent avoir des problèmes. Comment pourrais-je entendre ces paroles extra-terrestres? Hahahaha, qui aurait pu penser que moi, Sorimachi, serais tellement décalé, pour ne pas connaître la stratégie de la route de la poursuite simultanée…, marmonna Sorimachi son âme lui sortait presque de la bouche.

_ Je dois rester éveillé. Cette fille doit être une fée ou une hallucination. Ce doit être mon imagination. Pensez-y, comment des fiancées ou de jolies filles se proposant comme amantes pourraient-elles apparaître dans un simple lycée masculin. Cela ne se produit que dans les contes de fée, nous avons dû être capturés par une sorte de rêve collectif..., bégaya à son tour Nanami.

Ces deux-là semblaient travailler fort pour nier la réalité. Ils avaient beaucoup plus d'expérience avec les filles 2d que les vraies. Cela aurait été presque amusant à regarder si cela n'avait pas été aussi pitoyable.

_ Oh oh oh oh oh oh oh oh oh!

De l'autre côté, il semblerait que le troisième complice n'était pas tombé dans le désespoir contrairement au reste de ses amis, ou du moins s'il l'avait fait, il l'avait traité différemment. Son corps massif de 185 cm de haut commença à trembler violemment.

_ Je n'accepterai absolument pas cela! Ce monde lamentable, ce résultat déraisonnable, je ne peux absolument pas l'accepter!, explosa Takagi.

Alors qu'il rugissait, il attrapa Godou qui venait d'être libéré et le jeta par-dessus son épaule.

_ Kusanagi, je vais mettre fin à nos vies ensemble maintenant!, annonça Takagi.

_ Attends, attends une minute, pourquoi cela doit-il se terminer comme ça?, répliqua Godou en paniquant.

_ Ton existence perturbe l'ordre naturel. Tu es le destructeur du monde, une existence inacceptable! Commençons ensemble notre sommeil éternel!, répondit Takagi.

D'accord... il semblerait que leur camarade était totalement incapable de gérer la chance bizarre de Kusanagi avec les femmes et qu'il avait décidé de le faire en se supprimant lui et la source de son malheur du monde des vivants simultanément. Clairement, c'était un garçon qui avait désespérément besoin d'une petite amie rationnelle ou d'un coup rapide et précis à l'arrière de la tête.

Avec son prisonnier sur son épaule, le grand étudiant tenta de sortir de la pièce, mais immédiatement il trébucha, Mélinda avait nonchalamment placé sa jambe sur son chemin. Alors que le grand adolescent tombait et que Kusanagi laissait échapper un cri d'alarme, la sixième Campione le saisit et attrapa son compagnon tueur de dieu par le dos de sa chemise avant qu'il ne tombe également au sol.

Elle l'aida rapidement à retrouver son équilibre, avant de se tourner vers Takagi toujours étalé par terre. Encore une fois, elle se passa la main droite dans les cheveux, puis avec grâce elle leva sa jambe et écrasa son pied sur le dos de Takagi pour le maintenir au sol.

_ Pourquoi ? Alors que tous les hommes tristes de cette planète, ceux qui n'ont jamais goûté à l'amour et ont été ostracisés par toutes les femmes en dehors du monde 2D, m'avaient prêté leur pouvoir! Pourquoi ai-je échoué à éliminer ce diable ?!, s'exclama Takagi en s'effondrant en larmes.

Mélinda le regarda de haut avec un tel dédain que les deux complices du géant ne souhaitaient qu'une chose disparaître dans un trou et ne jamais en ressortir.

_ Pitoyable, mettre fin à sa vie pour une raison aussi futile…. Quel véritable gâchis, alors que tant de personnes seraient prêtes à vendre leur âme au diable pour obtenir une vie stable comme la vôtre…, accusa froidement Mélinda ses yeux bleus étaient devenus rouge sang pendant un court instant mais seuls Vivianne et Godou l'avaient remarqué.

_ Vivianne, prend le scotch, nous avons trois insectes à attacher, ordonna Mélinda.

Sans ce le faire répéter, Vivianne prit le rouleau de scotch posé dans un coin et attacha Nanami et Sorimachi avec l'aide de Liliana qui les avait restreint. Elle passa ensuite à Takagi qui était retenu au sol par le pied de la Campione. Une fois les trois idiots attachés, Mélinda releva Takagi et le traîna jusqu'à ses amis. Elle sortit ensuite de la salle de classe en compagnie de Godou et des quatre filles. Elle préviendrait un enseignant avant de quitter le campus pour qu'on libère le trio par la suite.

Par la suite, Ena tenta à nouveau d'obtenir un rendez-vous avec Godou, mais le Campione refusa malgré son insistance. Il fut sauvé par l'intervention de Mélinda qui annonça à Ena que le Campione avait déjà un précédent engagement avec sa « boss », la sixième Campione Marianna Lysandre, qu'il ne pouvait se permettre de rater. En effet, Godou avait presque oublié que son aînée lui avait donné rendez-vous ce samedi chez les Einzbern afin de revoir ensemble ce qui s'était passé durant le mois de juillet en Italie. Marianna avait déjà reçu un rapport de la part de Néron et Spartacus qui avaient tous deux été mêlés à cette affaire, mais elle souhaitait aussi avoir la version de Godou. Marianna n'était revenue au Japon que les deux derniers jours d'août et elle n'avait pu que présenter Vivianne à son retour. Elle avait passé la majeure partie de ses vacances à faire des allers-retours entre ce monde et la dimension d'origine de son fils Henri. Elle avait donc été submergée de travail pour préparer la rentrée à Poudlard à Henri, qui aurait lieu dans un peu plus d'un an.

Bien sûr, c'était le moment qu'Erica choisit pour faire son apparition et tenter de faire du chantage à Godou pour qu'il passe la journée du samedi ensemble. Toutefois, sa stratégie échoua grâce à l'intervention de Vivianne cette fois-ci, qui rappela à Erica que Godou s'était engagé envers leur Reine et que la promesse d'un roi n'était pas une chose facile à briser.


Ce soir-là, Godou reçut deux appels. Le premier venait de Marianna, elle le prévenait qu'elle ne pourrait pas le voir le lendemain, car son fils était tombé malade et qu'elle souhaitait se rendre à son chevet. Elle lui proposa toutefois de faire un rapport à Vivianne à la place, ce que Godou accepta de crainte qu'Erica ou Ena reviennent à la charge. Le second venait d'un de ses vieux amis du collège, Miura, un joueur de baseball lui aussi. Ce dernier avait la journée de libre et proposait à Godou de se voir pour une partie de football lors d'un tournoi amateur. Godou accepta et se rappelant sa discussion quelques jours plus tôt avec Vivianne, il appela la jeune française pour lui proposer de les rejoindre. Vivianne adorait le foot et le handball, deux sports qu'elle avait l'habitude de pratiquer en amateur en France et elle agréa facilement à cette invitation.


Notes :

1) Jeu de drague, dans lequel le personnage masculin séduit les héroïnes du jeu. La version destinée à un public féminin est l'Otome Game comme la série des Angelique, Alice au Royaume de Cœur/Trèfle/Joker/Diamant et les Haruka naru toki no naka de.

Pas d'omake, car le chapitre fait déjà près de 14 000 mots. Désolé!

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