Merci pour vos reviews, ça me fait chaud au coeur. J'espère que la relation Sirius/Athena continuera de vous amuser et de vous plaire.


Une heure de runes ne m'avait jamais paru aussi longue. Rien que l'entente du doux et lent tintement de l'horloge faisait augmenter mon impatience. Que me voulait-il ?

Rien de plus que tout les autres, une petite voix siffla dans ma tête.

Je laissa tomber ma plume dont le manche cliqueta furtivement avec le bois de ma table. Je repoussa cette petite voix au plus profond de moi même. Je me massais les tempes en fermant les yeux, essayant de vider mon esprit avant de me replonger dans ma traduction de runes.

Alors que mes yeux fixaient les tracés ancestraux, j'eus l'étrange impression que la traduction se fit automatiquement dans ma tête, laissant un texte écrit en un parfait anglais moderne.

"Rien ne servait de les combattre, les repousser pouvait être autant positif que négatif. Ils vous assaillent alors que vous êtes à votre meilleur, et vous tienne compagnie à votre pire. Leur seul but est de vous détruire. Et ils n'ont pas besoin de magie noire. Ils sont aussi, si ce n'est plus maléfiques et efficaces, que ces sorts aux pouvoirs destructeurs que je viens d'inventer.

Je veux partager avec le monde, ou plutôt les obliger à ressentir ce qu'Ils me font vivre. Et ce n'est pas que je n'ai pas essayé de m'en débarrassera. C'est qu'Ils ont trouvé abri dans ma tête. Et que rien ni personne n'a réussi à les en déloger…"

Alors que je fixais ma feuilles, ayant retranscris ce que j'avais vu, je sentis un regard au dessus de mon épaule.

- Je ne vois vraiment pas ce que vous faites là, Mademoiselle Morris.

Je retenus ma respiration, à la fois surprise par la voix du professeur et appréhendant la fin de sa critique.

Veuillez me rejoindre à mon bureau, finit-il avec fermeté.

Personne ne sembla remarquer le semblant de dialogue qui avait eu lieu entre moi et le professeur, et qui allait d'ailleurs se prolonger.

Je me leva de ma table, en évitant de faire racler ma chaise, afin de ne pas attirer l'attention des élèves sur moi. Je slalomais entre les tables éparses et toquais à la porte du bureau professoral.

La porte s'ouvrit magiquement et je m'avançais à petit pas, avant de m'arrêter à plusieurs mètres du professeur assis.

- Mlle Morris, cela fait quelque temps déjà que je vous observe, et au début vos capacités pour moi ne semblaient être pour moi, du moins, que des chances du débutants.

Je le regardais un instant perdu, attendant qu'il poursuive.

- Aujourd'hui, contrairement à vos camarades, je vous ai donné un texte que l'on étudie qu'en sixième année , que même Mlle Evans n'a pas pu traduire. Je vous propose par conséquent, et avec l'accord du Professeur Dumbeldore, de vous surclasser au niveau de 6ème Année.

Mes yeux devaient avoir pris la forme d'un galion parfaitement rond. Je passais au niveau supérieur de Runes. Avant que je n'ai pu ouvrir la bouche et il me devança.

- Voici votre emploi du temps, nous avons fait quelques arrangements de façons à ce qu'il ne soit pas trop chargé.

Sur mon emploi du temps flambement neuf, je finissais le samedi à 10h30, et mon cours d'Études de Runes était déplacé la veille juste avant mes cours de soutien. Soit vendredi de quatre heures à cinq heures.

Je lui souris complètement décontenancée et m'apprêtais à rejoindre ma place quand il m'arrêta.

- Oh, Miss Morris, vous pouvez ranger vos affaires et finir plus tôt étant donné que vous avez fini votre traduction. Et n'oubliez pas que ce cours n'est désormais plus le vôtre.

Il me fit un dernier sourire en coin avant de reprendre sa ronde dans la classe. J'attrapais rapidement mes affaires, prenant soin de ne pas casser ma plume et les rangea méthodiquement dans mon sac. Enfin je quitta la salle de cours, sous quelques regards curieux.

Je jeta un rapide coup d'œil à ma montre et remarqua que le déjeuner était sûrement déjà servi, étant donné qu'il était à peu près 11h40.

Je fonçai droit à la Grande Salle, trop fainéante pour remonter poser mon sac dans mon dortoir. La salle était moins remplie que d'habitude, il restait quelques places éparpillées un peu partout.

Je réquisitionnais un banc, posant mon sac à mes côtés. Je repoussais mes couverts et mon assiette en avant, et m'affalais avec une grâce inexistante sur la table de bois rêche. Je fixais un point droit devant moi et je me perdus dans le vide. Et dans mes souvenirs...

- Je t'aime ! Criais-je aussi haut que mes poumons me le permettait.

J'étais acculée contre un mur, on me tenait fermement plaquée contre celui-ci, je me débattait furieusement. Je ne pouvais pas les laisser faire.

- Ath' pars, écoute les, ne les laisse pas te faire du mal par ma faute. Pars !

Sa voix était une litanie qui tournait en boucle dans ma tête. Pars, Pars, Pars.

Je ne l'écouta pas, je me débattu encore plus violemment , je sentais la poigne de mes agresseurs faiblirent. Je les entendait jurer, dire que je les brûlais. Mais je ne comprenais pas et je n'en avais que faire de leurs stupides babillages.

La colère était de plus en plus importante, une incroyable explosion se produit autour de moi, faisant lâcher définitivement prise à mes agresseurs, les envoyant quelques mètres plus loin, carbonisés.

J'avançais d'un pas m'éloignant de la fumée produite. Je le cherchais du regard, et je le vis agenouillé me regardant de ses yeux bienveillants.

- Tu l'as fait Ath', mais tu dois partir. Ath', tout le monde n'as pas la même vision du monde que toi. Pour eux je suis un monstre. Pour toi, ce sont eux les monstres. Je t'en prie, Ath', pars. Je te retrouverais quand tu auras besoin de savoir. Ath' ! Pars ! Pars ! Pars !

- Christian... Murmurais-je plus pour moi que pour lui.

Il me fit un dernier sourire, dévoilant ses dents parfaitement alignées, et faisant étinceler ses yeux d'Ambre. Et je m'enfuis, je courus aussi loin que mes jambes me portèrent.

Je sentis mes larmes couler le long de mes joues, je les essuya sèchement d'un revers de manches. Monstres...

Je me levais, enjambant abruptement le banc . Alors que je franchissais les portes de la Grande Salle, je fus retenu par un bras. Je vis le visage rieur du beau Sirius Black. Son sourire tomba rapidement en voyant mon état, son visage prenant une expression grave.

- Rendez-vous ce soir à 22h dans la salle commune. On entame la phase deux, les démons, dis-je de ma voix légèrement éraillée.

Il hocha la tête, puis étonnamment me pris dans ses bras, m'embrassa le front avant de me laisser partir. J'étais reconnaissante pour ses marques d'affection. Et je lui jeta un maigre

sourire , avant d'aller rejoindre mon alcôve.

Il devait être environ 21h30 quand je me dirigea vers la Salle Commune, rasant les murs, priant pour ne pas rencontrer Rusard.

Alors que j'arrivais enfin à la fin de mon périple, je tomba nez à nez avec l'un des préfets de Serdaigles. Il s'agit sûrement d'un septième année, il me regarda rapidement avant de secouer sa chevelure brune, et enfin me céder le passage en me lançant un clin d'œil malicieux.

Je lui souris rapidement avant de me ruer vers le portrait de la Grosse Dame, lui soufflant le mot de passe haletante. Je pris place sur un fauteuil en face de l'antre de feu.

Je me déchaussais et ramena mes jambes vers mon buste avant de me rouler dans l'une des couvertures qui traînaient un peu partout dans la salle commune. Je fixais les flammes sans ciller, mon menton au sommet de mes genoux, et les mèches rebelles échappés de mon chignon encadrant mon visage rougit par la chaleur de l'antre.

- Ath', me souffla une voix avec la douceur du miel.

Ath'... Il m'appelait Ath'. Lui seul. Je chassais ses pensées de ma tête, me tournant vers le détenteur de la voix, ou plutôt le désormais si affectueux Sirius Black. Il s'assit un moment à mes côtés, ne brisant pas le silence qui nous tenait dans une confortable intimité.

Je le dévisagea, passant de ses cheveux bruns effleurant élégamment le bas de sa nuque, et les quelques mèches charmeuses structurant savamment son visage à la mâchoire carrée. Je remonta sur ses traits fins et aristocratiques, son nez droit, son grain de peau aussi lisse que la perle, un teint hâlé du aux nombreux entraînements de Quidditch.

Je redescendit sur sa bouche pleine, charnue, sensuelle et tellement expressive, la plupart du temps rieuse et exceptionnellement moqueuse. Je devina ses dents blanches et alignée à travers ses lèvres closes, imaginant ses canines légèrement plus marquée, donnant à son sourire un je-ne-sais-quoi de bestial.

Et je remonta vers ses puits perles, virant à l'anthracite lors ses moments de colère ou d'émotions intenses, tirant vers l'ardoise et pétillant quand il éprouve de la joie ou de l'excitation, gardant cette magnifique couleur perle lorsqu'il s'inquiète ou qu'il se concentre.

Mais pourtant, dans ce portrait enjôleur, il y avait une tâche sombre. Qui barbouillait le tableau sans enlaidir le travail. On ne voyait cette noirceur que si on le voulait, car elle venait de l'intérieur. Elle était enfouie, et ne resurgissait jamais aux yeux du monde.

Sirius Black était une énigme pleine de charme, dangereusement séductrice. Pourtant elle était aussi extraordinairement commune.

-Sirius...

Ma voix sortit plus rauque, sombre, grave que d'habitude. Je le regardais fixement de mes yeux vairons, que la plupart trouvaient perturbants. Bien souvent on détournait le regard

lorsque l'on croisait mon regard d'ébène et d'ardoise.

Pourtant lui il le soutint, l'inquiétude était visible sur ses traits. Il était grave, et je ne pus m'empêcher d'admirer son visage.

- Tu es beau, lui avouai-je dans une esquisse de sourire, dommage que tu sois agaçant.

Je vis ses lèvres s'étiraient en un demi-sourire rassurée.

- Tu n'es pas mal non plus, commença-t-il mais avant qu'il puisse finir des pas se firent entendre.

Et dans l'instant qui suivit je me retrouva entourée des Maraudeurs au grand complet. Je resserrais ma couverture autour de moi alors que j'écoutais brièvement leur conversations.

- Les Harpies ont encore gagné leur match contre les Canons, s'indigna Potter

- On s'y attendais tous, renchérit Sirius

Lupin demeurait silencieux et fixait le feu avec un intérêt désarçonnant. Ses yeux déviait de temps en temps vers regardant ses amis se chamaillaient, et un sourire bienveillant étirait ces traits fatigués. Les mots s'envolèrent peu à peu, les lumières s'atténuèrent et les traits se brouillèrent.

Des voix se firent entendre, et je me retourna m'enfonçant encore plus dans mon oreiller. Pourtant mes camarades ne semblait pas comprendre que j'essayais tant bien que mal de retomber dans les bras de Morphée. Ça devait sûrement être Alice qui parlait de Longdubas ou encore Elizabeth qui se demandait pourquoi Evans n'acceptait pas de sortir avec, je cite, un homme aussi parfait que James Potter. Ou peut-être était-ce Abbigail qui avait de nouveau perdu quelque chose.

Qui que ce soit, je n'espérais qu'une chose : qu'il ferme sa bouche, nom d'un Scroutt à Pétard. Je grognais, gigotant légèrement, mais les voix ne se turent pas et se firent de plus en plus

perceptibles.

- Patmol, je veux bien croire que tu l'apprécies, mais...

-Continue, je t'en prie Cornedrue

-C'est la première fois que tu laisse une fille dormir dans ton lit, sans... tu vois, quoi.

Il eu un moment de silence, presque gênant avant que le conversation ne reprenne :

- Athéna n'est pas comme les autres, repris le dénommé Patmol d'une voix plus douce.

Oh! C'est mignon! pensai-je ironiquement. Maintenant fermez-la, pour l'amour de Merlin.

Pause. Retour en arrière. Je rêve ou il a dit Athéna. Il parlait de moi ? Et en plus c'est qui lui ? Il fait quoi dans mon dortoir ?! Mon cerveau tournait à cent à l'heure. Les garçons ne pouvaient pourtant pas monter les escaliers menant vers nos dortoirs, à part s'ils y sont invitées par une occupante. Mais personne ne connait cette exception. Moi même je l'ai découverte par hasard dans l'un de mes livres et je n'ai pas encore eu la chance de tester son authenticité.

Mais ne nous égarons pas... Je portais lentement mes mains à mes yeux, les frottant dissipant par la même occasion les dernières particules de sommeil qui s'accrochaient désespérément à mon corps. Mes yeux ouverts, je remarquais que je portais toujours mon uniforme, pourtant je veillais toujours à me débarrasser de cette horreur dès que je le pouvais. Les rideaux rouges sang étaient entrouverts ce qui me donnais une vue dégagé sur le dortoir dans lequel je me trouvais. Et à l'odeur que dégager les draps ce n'était surement mon lit, mais plutôt celui d'un garçon.

Je me libérais des draps dans lesquelles je m'étais empêtrée. Et je réussis par je ne sais quel exploit à me ramasser par terre, la tête la première. Je reconnu facilement le rire de Sirius, ainsi que les éclats plus ou moins controlés ( si vous voulez mon avis, il ne se retenait pas plus que ça) de son ami.

Je grognais pour la forme, mais je ne pus m'empêcher de sourire lorsque Sirius me releva, les yeux rieurs.

- Quel belle façon de commencer un dimanche matin, ironisai-je

Mais je n'arriva pas à bouder bien longtemps, et un sourire pris place sur mon visage. Je me détacha mon bras de l'emprise du maraudeur.

- Bon, je vous laisse, lançais-je avant de me diriger vers la porte du dortoir.

Je fis trois pas dans le couloir avant d'être stoppée par le brouhaha qui s'élevait de la Salle Commune, plus bas. Je ne pouvais pas descendre, j'allais avoir droit à un tas d'œillades, aux remontrances d'Evans et aux rumeurs incessantes des PEC. Je fis un demi-tour sur place avec tellement de force que je ne m'étonnerai pas d'avoir flambé la moquette.

- Ok, nouveau plan, je reste ici jusqu'à ce que la salle commune se vide, dis-je en déboulant dans le dortoir que je venais de quitter.

Je me dirigeai sans plus de cérémonie vers le lit que j'occupais, il y a quelques minutes. Je ramassais rapidement les draps, m'en couvrît et releva finalement la tête vers les deux adolescents incrédules. Potter ouvrait et fermait sa bouche à un rythme hallucinant. Il ferait un excellent poisson rouge, pensais-je. Sirius, lui, se remit vite de sa surprise et commença à rire doucement.

- C'est à ce moment que tu es censé me proposer un pull à toi pour que je puisse dormir, commençais-je. Enfin, c'est ce que le Sorcière Hebdo a proposé, finis-je avec une fausse mine songeuse.

Trop occupé à jouer mon rôle, je ne vis pas la boule de tissu se dirigeant vers moi et s'écrasant inévitablement sur mon visage. Je reconnu rapidement les couleurs de ma maison. C'était en effet l'ancien pull de Quidditch de Sirius, qui arborait fièrement son nom de famille sur le dos.

- Satisfaite? Me lança-t-il railleur

- Selon l'une de mes chaaaaarmantes camarades de dortoir, il n'y a pas plus grande preuve qu'un maillot de Quidditch, affirmais-je mielleusement.

Je fermais abruptement les rideaux du lit dans le but de me changer hors de ses horribles vêtements. J'entrepris d'abord de retirer ma chemise informe, puis je passa le maillot. Étant assez long, je jugea approprié de me débarrasser de la serpillère qui me servait de jupe. C'était plus facilement dit que fait. J'étais sur un lit, ondulant comme un poisson fraîchement sorti de l'eau, essayant désespérément d'enlever ce bout de tissus rèche.

Voilà, comment, moi, Athena Morris, passa une bonne partie de son dimanche dans le lit de Sirius Black, accoutré d'un maillot de Quidditch ridiculement grand.


Je suis ouverte à toute critique constructives. Vos avis m'intéressent beaucoup. À un prochain chapitre. :)