« Nos souvenirs sont le revers de nos espoirs » Chapelan


Je finis par quitter le dortoir aux alentours de treize heures, après que les estomacs-sur-pattes qui me servaient de camarades de maison aient tous quitté la Salle Commune pour se diriger vers la Grande Salle. J'avais rapidement remercier les garçons avant de quitter les lieux, mes chaussures dans une main et mon uniforme froissé dans l'autre. Arrivée dans mon dortoir, je remarqua les rideaux fermés de mon baldaquin, reconnaissante de cette manie que j'avais et qui avait sûrement laissé croire à mes camarades de dortoir que j'avais bien passée la nuit ici.

Je finis par jeter mon uniforme dans mon panier de linge sale, et rangea le maillot de Sirius sous mon oreiller. Je m'habilla rapidement d'un pantalon noir et un col roulé pourpre que je couvris de ma cape de sorcier. Je descendis aussi vite que j'étais montée, direction la Grande Salle.

Sur le trajet, je pensais à la journée de cours qui m'attendait demain. J'avais bien un devoir de botanique à rendre au Professeur Chourave. Sur les arbrisseaux autofertilisants. J'allais surement devoir faire un tour à la bibliothèque après mon repas afin de fignoler mon parchemin. Arrivée dans la Grande Salle, je m'installa le plus loin possible des P.E.C., soit à l'autre bout de la table. Sur mon trajet, je pris soin de saluer Lily Evans, préfète et ma tutrice au passage. Je m'assis et me servit du jus de citrouille. Mon verre à la main, je pris un moment pour contempler mon entourage. L'effervescence de cette salle m'intriguerai toujours. Je souris attendrie devant les premières années toujours aussi sidérée par le ciel magique.

Ce sourire m'est-il destiné ?

La voix était tellement proche de mon oreille que je faillis lâcher mon verre de jus. Je levais les yeux vers la détentrice.

Devant moi, se dressait fièrement Chrissie Taylor, ma seule véritable amie dans cet amas de sorciers. Chrissie, de son vrai nom Crystal (qu'elle haissait, je tiens à le préciser), était une Serdaigle pas plus haute que trois pommes. Littéralement. On pouvait la perdre dans une foule de première année. Elle m'arrivait à l'épaule pour vous dire.

Elle arborait de courts cheveux blonds toujours parfaitement coiffées. Ces yeux noisettes était véritablement des puits de chocolats, on pouvait, sans exagérations, s'y perdre. Et l'éclair de malice qui y habitait était permanent. Plutôt calme de nature, elle avait hérité du côté studieux de sa maison. « La force de l'habitude » me répétait-elle sans cesse.

Sous ces airs de petite fille modèle, Chrissie Taylor était une vraie boule d'énergie, elle était épuisante pour tout vous dire. Ce trop plein d'énergie était en grande partie dépensée dans sa passion, le rock, de préférence moldu. Elle avait fait tous les festivals de musique possibles et pendant nos heures perdues, j'avais toujours la chance d'assister à un de ses nombreux concerts privés où elle se déhanchait sur de vieux vinyles ensorcelés. C'était la splendeur de Chrissie Taylor, un flot constant et incontrôlable d'énergie coincé dans un si petit corps.

Non, finis par répondre en grommelant.

Ah, bon. Ça aurait pu. Après tout, je suis ta muse, dit-elle en s'installant près de moi.

Ma raison de vivre, roulais-je des yeux.

Nous nous regardâmes quelques instants, avant de rire aux éclats. Je vivais pour ces petits moments. Ces étincelles de bonheur éparses, insouciantes, intenses. J'aurai aimés les capturer, les rassembler et les garder en sécurité pour d'autres temps. Je passa un agréable déjeuner et je donna rendez-vous à Chrissie dans la bibliothèque.

Sur mon chemin vers la bibliothèque, je pesta contre le nombre incalculable d'escaliers, et je pesta contre Godric Gryffondor d'avoir placé notre antre si haut et loin de tout. Je continuais à marcher jurant contre Dumbledore et le fait qu'il n'est pas pensé à placer un ascenseur. Au détour d'un couloir, je me pris quelqu'un en plein fouet. Et malgré ce que mes romans semblaient tous me promettre, je m'étala par terre, sans aucun bras pour entourer ma taille et m'éviter ma chute. Mon sac, qui avait commencé à planner, fut rapidement rattrapé par la gravité et s'écrasa sur mon abdomen, me coupant momentanément la respiration.

Parfait. J'étais par terre, étalée de tout mon long, partiellement suffocante à cause du poids de mon sac et essoufflée des cinquantaines de marches que je venais de montais et descendre en moins d'une vingtaine de minutes. Je posa ma tête sur le sol froid et irrégulier du château et ferma les yeux quelques instants. Pouvait-on faire pire comme situation

- Euh... Athéna, souffla l'inconnu qui venait de causer ma chute.

J'ouvris les yeux, me trouvant nez à nez avec un Remus Lupin visiblement inquiet. Il s'était agenouillé à mon niveau et avait retirer le poids qui obstruait ma respiration. Je trouverai son inquiétude presque mignonne, s'il ne m'avait pas coupé le souffle, littéralement. Il m'aida à me remettre sur pied tout en s'excusant. Je ne pus m'empêcher de remarquer qu'il avait l'air encore plus mal que d'habitude. Détrompez-vous, Remus Lupin était un charmant jeune homme et ne manquait pas de charmes. Grand, large d'épaules, une carrure rassurante, des yeux d'ambre à en damner les saints, un sourire chaleureux, une gentillesse et une patience à toutes épreuves. Pourtant, son teint pâle avait l'air livide aujourd'hui et il semblait plus perdu dans ses pensées que d'habitude. Je ne lui fis pas la remarque mais je garda mes constatations dans un coin de ma tête.

Je pris congé de lui après l'avoir remercié et m'être excusée à mon tour. Je repris mon trajet vers l'antre du savoir. Que ne ferions- nous pas pour un devoir de Botanique ?

Plusieurs heures de travail, de soupirs de frustration et un mal de dos plus tard, j''avais devant moi un essai qui, j'en était sûre, allait me faire décrocher un Optimal. Je pris quand même la peine de relire pour la cinquième fois mon devoir. Quand on fait les choses, autant bien les faire. C'est ce que me répète sans cesse père. Ou du moins, répétait quand il était encore présent dans ma vie. À seize heures trois, je mis le point final à mon parchemin de trente centimètres. Je jetais un coup d'oeil à Chrissie en face de moi. Elle semblait toujours plongée dans son arithmancie. Je sortis alors mon manuel de Défense Contre les Forces du Mal, et pris de l'avance sur le programme. La DFCM était vraiment mon pêché me balançais nonchalamment sur ma chaise, plongé dans un chapitre de mon manuel.

Rapidement, mon attention migra vers d'autres horizons. Je pensais aux prochaines vacances, aux vacances de Noël, que j'allais sûrement passer seule. Papa sera probablement encore en voyage je ne sais où dans le monde. Il m'enverrait une lettre, la même chaque année depuis ma deuxième année, la veille du réveillon, s'excusant et promettant qu'il serait présent l'année prochaine. Mère, quant à elle, je ne l'avais pas vu depuis Noël de ma deuxième année. Elle était repartie en France, sans une explication, sans un mot. Je n'avais aucune particulière envie de passer les vacances chez mes grands-parents paternels et me confrontait à leur discours porté sur ma situation familiale.

J'allais donc me retrouver dans l'appartement familiale à Londres, avec pour seule compagnie Charles, le majordome et mon plus fidèle compagnon, sans oublier Bolt, mon adorable boule de poils. Je lâchais un soupir. La situation n'était pas si terrible, j'aurai pu facilement m'y habituer si je n'avais pas tous ces souvenirs de Noëls familiaux jusqu'à mes onze ans. Les souvenirs était autant une bénédiction qu'une malédiction. Je poussais un long soupir, qui m'attira le regard foudroyant de Pince-sans-rire. J'arrêta de me balancer le plus silencieusement, de peur que la bibliothécaire me jette dehors au moindre raclement de chaise.

Je plongeai à contre coeur dans mon parchemin de notes, partielles vu les nombreuses siestes que je me permets, de mon dernier cours d'histoire de la Magie.

Je finis par quitter la bibliothèque vers les coups de dix-neuf heures, me dirigeant vers la Grande Salle en compagnie de Chrissie qui me racontait toute sorte d'anecdote sur son petit frère de cinq ans, Jamie. J'avais longtemps songé à inviter Chrissie à passer Noël avec moi, mais j'avais jugé égoïste de la priver d'un Noël en famille, ou de l'embêter avec mon fardeau familial. Chaque année, elle m'invitait chez elle, et chaque année je déclinais.

J'avais peur. Peur que si je vivais un Noël heureux, je ne pourrais plus espérer en vivre avec mes parents. Peur que la joie de la famille Taylor ne me fasse encore plus réaliser mon malheur. Peur qu'après un soir de fête heureux, je ne me puisse plus me passer de ces Noël en famille, dont j'avais réussi à me passer pendant plus de trois ans maintenant.

Arrivée devant les portes de la Grande Salle, je prétextais un soudain mal de tête et m'éclipsa après avoir salué chaleureusement Chrissie. Je failli revenir sur mes pas en pensant aux nombres de marches que je devais monter. Je souffla un bon coup avant d'entamer mon ascension. Comment les gens font-il pour arriver à la Salle Commune sans être essouflés ? Y avait-il un raccourci dont j'ignorais l'existence ?

J'arrivais enfin devant le portrait de la Grosse Dame, et m'accorda quelques seconde pour reprendre mon souffle. Je souffla le mot de passe, frôlant la crise d'asthme. Au moment où j'allais franchir la portrait, j'entrai en collision avec une personne, la violence du choc coupant ma respiration et mon corps commençant dangereusement à tanguer vers l'arrière. Mais cette fois-ci, deux mains me retenir par les bras alors que j'allais pour la deuxième fois de la journée rencontrer les dalles poussiéreuses du château.

Je releva la tête pour découvrir un Lupin au sourire contrit :

-C'est la deuxième fois en une journée que tu me coupe littéralement le souffle, Lupin, dis-je au Préfet dont les joues commençaient à rosir, ça commence à devenir une habitude.

J'entendis derrière lui des rires, avant de remarquer qu'il était accompagné des Maraudeurs au complet. Je leur fis un sourire les laissant sortir. Avant de pouvoir rentrer, Sirius me retenu quelques instants pour me souffler à l'oreille :

- Ne crois pas que j'ai oublié, demain on finira la conversation d'hier soir. On la finira demain soir, insista-t-il devant mon manque de réaction.

Je finis par hocher la tête mécaniquement et me dirigea vers mon dortoir. En entrant, les P.E.C, s'arrêtèrent dans leur conversation qui semblait animée et je sentis leurs regards me suivre alors que je me dirigeais vers mon lit. Une fois mes rideaux fermés, je me sentis en sécurité. Je les verrouilla d'un sort de rigidité et d'insonorisation. Je finis par jeter mon sac sur ma malle, rapidement suivit par mes vêtements. Par paresse, je remis le maillot de Sirius, le couvrit de ma cape magicalement chauffé et quitta le dortoir sous les oeillades indiscrètes de mes camarades.

Je pris la route de la Tour d'Astronomie. Une envie soudaine de rejoindre cet endroit que je n'avais que très rarement visité depuis le début de l'année. J'arriva finalement sur les lieux, et me plaça le plus près possible de la balustrade, de façon à pouvoir regarder les étoiles. Je souris en voyant celles-ci illuminées le ciel noir. La Pleine Lune attira mon attention. L'astre lunaire trônait fièrement rond, surplombant les terres poudlardienne et se reflétant majestueusement dans le Lac Noir. Sa lumière jetait un voile de mystique fort attrayant sur le parc et l'orée de la Forêt Interdite. La chaumière de Hagrid dégageait de la fumée par sa haute cheminée. Je regardais ce paysage un sourire pendu aux lèvres. J'aurai aimé conserver cette vue. Elle m'aidait considérablement, à m'éloigner de mes problèmes, a me couper de la réalité.

Je resta à mon emplacement une bonne heure, perdue dans mes pensées, indifférente au monde extérieur. Un hurlement familier me glaça le sang. Il semblait si proche. Et l'évidence me frappa en plein fouet. Il y avait un loup-garou à Poudlard...


Je suis désolée pour mon retard, mais en ce moment je suis en pleine période de partiels.

Je suis contente qu'Athéna vous plaise, et j'espère que ça continuera. :)