Coucou =) me revoilà après une longue absence! Désolé de ne pas avoir publié depuis un moment. J'espère que la suite vous plaira, malgré son arrivée tardive.
Bonne Lecture
Chapitre 7 :
(Angela)
Le bruit de goutte à goutte du robinet mal fermé me rendait folle. Malheureusement, je me trouvais trop loin pour pouvoir l'éteindre. Une fois encore, je tentais de tirer sur mes liens pour me détacher, en vain. Ils étaient tellement serrés que la corde blessait mes poignets.
Je n'aurais su dire depuis combien de temps j'étais enfermée ici. Je n'avais rien d'autre à faire qu'observer mon environnement. La cave ne possédait pas de fenêtres, si bien que je n'avais pas mis très longtemps avant de perdre totalement la notion du temps. La peur ne me quittait pas. A chaque bruit suspect, je ne pouvais m'empêcher de me crisper de tout mon être, effrayée à l'idée que mon ravisseur ne revienne.
J'étais plongée dans la pénombre, à peine éclairée par une petite lampe, dont la lumière commençait à vaciller. Je redoutais le moment où elle allait s'éteindre, me plongeant dans l'obscurité. C'était le seul élément rassurant ici. Je me trouvais attachée à un radiateur éteint, et j'avais eu beau tirer de toutes mes forces dans les premiers temps de ma captivité, je n'avais pas réussi à m'en défaire. Je m'étais escrimée pendant des heures, ne parvenant qu'à écorcher ma peau avec les liens.
J'avais fini par abandonner. C'était peine perdue. Seule, je n'arriverais pas à me libérer. J'avais cherché autour de moi un objet pour trancher mes liens, seulement, les étagères croulant sous les outils et pots de peinture étaient totalement hors de ma porté. Il avait pensé à tout.
Je n'avais même plus la force de pleurer. Il me semblait que j'avais épuisé toutes les larmes à ma disposition. Mes yeux étaient secs à présent. Pendant des heures, j'avais espéré que la police débarque, et me sorte de cet enfer. J'avais attendu, attendu, vainement. Personne n'était venu à mon secours. La peur restait tapie au fond de moi, mais je tentais de la juguler. Je devais garder les idées claires, mieux valait ne compter que sur moi-même. J'étais à l'affut de la moindre occasion pour fuir, même si pour le moment cela semblait chimérique.
J'ignorais où j'étais, n'étant même pas sûre d'être toujours à Forks. J'étais probablement loin de ma ville natale. J'avais bien tenté d'appeler au secours, mais personne n'avait répondu à mon appel. Cet endroit devait être isolé du reste du monde, à l'écart de la population.
Le temps s'écoulait au ralenti. Je savais à présent qu'il y avait vingt fissures sur les murs, ce qui n'était pas exactement rassurant, et démontrait la vétusté des lieux. Il y avait vingt-cinq planches de bois empilées dans un coin de la pièce, et à ce jour, trente toiles d'araignée. La peur que m'inspiraient ces bestioles me semblait à présent bien dérisoire en comparaison avec ma situation. Un taré m'avait kidnappée et je n'allais probablement pas survivre à ça. Non ! Je ne devais pas penser au pire scénario. J'allais m'en sortir ! J'allais survivre à ça. Je devais rester optimiste, sinon je risquais de me laisser glisser dans le désespoir.
Je me concentrai alors sur le bruit de l'eau qui s'écoulait goutte après goutte. Deux cents, deux-cent-un, deux-cent-deux, deux-cent-trois... Compter m'aidait à canaliser ma panique, à ne pas la laisser m'engloutir. Je devais garder les idées aussi claires que possible, malgré la fatigue.
J'avais froid, et l'humidité ambiante n'arrangeait rien. Je ne dormais que par à-coups, le moindre bruit me réveillait en sursaut. Mon ravisseur venait régulièrement, me permettant d'aller aux toilettes, il m'amenait aussi de quoi boire. Ce n'était jamais de grandes quantités. La faim me tenaillait, il me donnait rarement à manger, comme si ce n'était pas un élément vital. Mes vêtements étaient sales, maculés de poussière.
Jusqu'à présent, il ne m'avait pas trop malmenée. J'avais seulement quelques bleus sur les bras, là où il m'avait agrippée. Il n'était pas très grand, et ne paraissait pas très costaud, il avait cependant une poigne de fer. Et j'avais acquis la certitude qu'il était capable de me tuer en une fraction de seconde. C'était un homme dangereux, toutes les fibres de mon corps le clamaient. Sa présence était écrasante, et je ne pouvais m'empêcher de me recroqueviller lorsqu'il apparaissait.
Je ne savais pas exactement ce que je faisais là, seulement que ça avait un rapport avec Bella. Bella que j'avais eue brièvement au téléphone au début de ma captivité. Je me raccrochais à ses paroles comme à une bouée de sauvetage.
Accroche-toi, je ferais tout ce qu'il faut pour te sortir de là !
La panique se lisait dans sa voix, mais il y avait également quelque chose d'autre. La détermination ! Et c'était ça qui m'empêchait de m'écrouler. Je ne cessais pourtant de me poser des questions. Que voulait ce cinglé à Bella ? Une chose était certaine, il n'avait pas de bonnes intentions. Je frissonnais en pensant à ce qu'il prévoyait certainement. A quel jeu pervers se livrait-il ?
Il lui avait demandé de se rendre, qu'il me libérerait si elle le faisait. Mais Bella était assez intelligente pour ne pas se laisser berner par ses paroles. Il était évident qu'il ne me laisserait pas aussi facilement. J'avais vu son visage. Aucun ravisseur ne serait assez négligent pour laisser échapper quelqu'un pouvant le reconnaître.
La porte de la cave s'ouvrit, me faisant sursauter. Je ne l'entendais jamais avant qu'il n'ouvre la porte. Comme s'il se téléportait dans la maison juste devant elle. Il n'y avait jamais le moindre bruit de pas, pourtant, cette maison n'avait pas l'air très bien insonorisé. Mon cœur battait la chamade, incertaine de ce qu'il allait faire. Je le savais capable de me faire du mal, beaucoup de mal.
Il descendit les escaliers d'une démarche souple. Son visage avait quelque chose de dure, malgré des traits assez fins. Dans la pénombre, j'avais du mal à distinguer la couleur de ses yeux, mais ils semblaient assez foncés.
« Alors ma belle, as-tu été sage aujourd'hui ? »
Le ton de sa voix me faisait penser à celui qu'on employait pour parler à un animal. C'était dérangeant. Je n'étais pas capable d'émettre un son, sans doute n'attendait-il pas de réponse. Il s'approcha de moi, et tendit la main pour caresser ma joue. Sa main était glacée, comme s'il l'avait plongée dans un bac de glace. Je reculais instinctivement mon visage pour me soustraire à ce contact. J'étais révulsée et paralysée par la peur.
« Il semblerait que ton amie ne soit pas très pressée de te venir en aide. »
Il prenait un malin plaisir à jour avec moi. La moindre de ses paroles servait à me déstabiliser. Et il y arrivait à chaque fois, même si j'essayais de ne rien laisser paraître.
Il défit mes liens en tirant d'un coup sec, me démontrant une nouvelle fois sa force. Ce n'était pas normal, j'avais eu beau tirer pendant des heures, la corde n'avait pas bougé d'un poil. Et sans le moindre effort, il y parvenait. Il m'effrayait de plus en plus. Je sentis le sang se remettre à circuler dans mes mains, provoquant des picotements désagréables, mais je n'y prêtais pas attention.
« Peut-être devrions-nous lui fournir une motivation supplémentaire ? »
Ma respiration se fit saccadée à mesure que l'angoisse me gagnait. Que voulait-il dire ? Qu'allait-il me faire ? J'étais incapable de réfléchir correctement.
Il replaça une mèche de mes cheveux derrière mon oreille et je me figeais. Mieux valait ne pas faire de vagues. Il semblait être le genre d'homme à ne pas aimer la provocation. Son visage se rapprocha et je tournais la tête, incapable de lui faire face plus longtemps. Je sentis son souffle frais contre ma carotide et je sentais mon cœur pulser à cet endroit. Je fermais les yeux tentant de faire abstraction de la situation. J'essayais de penser à autre chose, regrettant de ne pas avoir le pouvoir de détacher mon esprit de mon corps et l'envoyer loin d'ici. Ses lèvres courraient sur ma peau, pareilles à des glaçons.
« Quel dommage, je suis tellement affamé que je serais bien incapable de m'arrêter si je commence. Murmura-t-il contre ma peau. »
Aussi vite qu'il s'était rapproché, sa présence s'effaça. Je rouvris les yeux, soulagée. Il n'allait rien me faire aujourd'hui. J'avais quelques heures supplémentaires de sursis, la police me retrouverait peut-être d'ici là. Mais j'avais beau me raccrocher à ce fil ténu, j'avais conscience que mon espoir était sans doute vain.
« Lève-toi ! »
Sa voix se fit plus autoritaire et je lui obéis le plus vite possible. Mes jambes vacillaient, engourdies par l'immobilité forcée de ces dernières heures. Je ne restais jamais très longtemps loin de ce radiateur, à peine une dizaine de minutes. J'en profitais pour me dégourdir au maximum. Je le suivis docilement, tentant de ne pas m'écrouler à chaque pas.
Comme les jours précédents, il me conduisit jusqu'aux toilettes. Leur état était tellement insalubre que je prenais toujours garde à ne toucher la cuvette. L'odeur me soulevait le cœur, si bien que je m'efforçais de retenir ma respiration. Sans doute devais-je m'estimer heureuse, au moins me permettait-il d'aller aux toilettes. De nombreuses heures s'étaient écoulées depuis mon dernier passage dans cette pièce, si bien que ma vessie me semblait sur le point d'exploser. Je restais un moment dans la petite cabine, ne souhaitant pas retourner tout de suite dans ma prison.
Boum ! Boum ! Boum ! Il frappa violemment sur la porte, signe que son impatience grandissait. La porte semblait sur le point de sortir de ses gonds, me faisant sursauter. Je tournais le loquet d'une main tremblante, ouvrant la porte. Il attendait devant, comme toujours, s'assurant que je n'essayais pas de fuir. Comme si je pouvais aller où que ce soit. Cette maison devait être perdue au milieu de nulle part. Et une intuition me soufflait qu'il pouvait me rattraper avant même que j'en franchisse le seuil.
« Dépêche-toi, je n'ai pas que ça à faire. »
Je me pressai à sa suite, manquant de trébucher dans les escaliers. Je me rattrapais à la rambarde pour ne pas tomber. Je ne m'attardais pas sur la barrière en bois, sentant qu'il ne lui faudrait pas grand-chose pour céder.
Il me reconduisit dans la cave. Je n'avais guère envie d'y retourner, mais cela signifiait qu'il allait bientôt me laisser seule. Et je me sentais moins menacée lorsque c'était le cas.
Je saisis la petite bouteille d'eau qu'il me tendit et me dépêchai d'étancher ma soif avant qu'il ne m'attache à nouveau. J'avalais le morceau de pain qu'il avait apporté. Je n'avais pas toujours cette chance, si bien que j'étais affamée mais je devrais me contenter de ce que j'avais. Au moins j'aurais quelque chose dans l'estomac.
A peine avais-je avalé le dernier morceau qu'il me rattacha, c'était devenu une routine. Cette fois-ci, les liens me blessaient moins qu'au cours des dernières heures, et je m'en sentis soulagée. Je le vis quitter la pièce sans plus se préoccuper de moi. Lorsque la porte se referma derrière lui, le soulagement me permit de respirer à nouveau. J'avais quelques heures de répit à présent. Je me laissais aller contre le mur en soupirant, cet enfer était loin d'être terminé, je le sentais. Je fermai les yeux, espérant me reposer quelques instants.
Verdict? J'espère que vous avez aimé le changement de point de vue! N'hésitez pas à me donner votre avis, kiss Miriallia
