Coucou, me revoilà avec un nouveau chapitre. Je suis désolée d'avoir mis autant de temps avant de poster à nouveau, la vérité c'est que j'avais perdue l'inspiration. Mais comme vous voyez il ne faut jamais désespérer! Je remercie les gens qui m'ont laissé des commentaires, c'est en grande partie grâce à eux que j'ai persisté dans l'écriture de cette fiction =)
Grazie: Merci pour tes encouragements, j'espère que tu aimeras la suite!
larosesurleau: Oui Paul n'est pas au meilleur de sa forme, heureusement, ces capacités de loup accélèrent le processus de guérison
Chanur: Eh oui, Paul a un peu sous-estimé son adversaire ^^ merci pour tes encouragements et tes compliments, j'espère que tu aimeras aussi le prochain chapitre!
Chapitre 11 :
( Angela )
Un élément vint perturber la mécanique bien rodée de ma captivité. Je recomptais le nombre de planches entreposées dans un coin de la pièce. C'était la troisième fois depuis mon réveil mais compter était la seule chose qui m'empêchait de devenir dingue. Je ne savais pas exactement quelle heure il était, mais d'après mes calculs, j'aurais dû être tranquille encore quelques heures. Pourtant un bruit dans les escaliers vint perturber mon petit rituel et je perdis le compte.
Quelqu'un descendait les marches. Le son n'était pas exactement identique à l'accoutumée, le pas semblait plus léger et ne correspondait pas au claquement des bottes d'armée de mon ravisseur. J'en déduisis qu'il ne s'agissait pas de la même personne. A force d'être isolée, j'avais fini par repérer chaque détail. Et la moindre chose sortant de l'ordinaire me rendait nerveuse.
Mon imagination s'emballa. Quelqu'un s'était-il introduit ici ? Peut-être cette personne n'avait-elle aucun rapport avec mon kidnapping ? Peut-être étais-je tirée d'affaire ? J'essayai de réfréner l'espoir qui me saisissait. Jusqu'ici, j'avais toujours eu affaire au même homme, mais rien ne prouvait qu'il agissait seul. Cette personne était-elle complice ?
La porte grinça et s'ouvrit. Au début je n'aperçus qu'une silhouette se découpant dans l'obscurité, une silhouette indéniablement féminine. La lumière vacillante se reflétait dans sa crinière indomptable, faisant miroiter ses mèches cuivrées comme des flammes.
La femme était magnifique, c'était absolument indéniable. Son visage était dépourvu d'imperfections, d'une manière quasiment irréelle. Elle me regarda, et j'eus l'impression de n'être qu'un insecte qu'elle rêverait d'écraser sous sa chaussure. Je la vis plisser le nez, comme si l'odeur imprégnant les lieux la dérangeait et même ce geste ne semblait en rien disgracieux. L'expression de son visage me fit vite comprendre qu'elle n'avait aucunement l'intention de me venir en aide.
« Répugnant... »
Elle ne me quittait pas des yeux, me faisant bien comprendre que j'étais la chose répugnante dans la pièce. Sans doute ses yeux étaient-ils marron mais à la faible lueur de la lampe, ils semblaient arborer une teinte carmin quasi inhumaine.
« Comment peut-il supporter une personne aussi sale que toi dans son espace vital ? »
Elle parlait de mon ravisseur, c'était certain. Et je devais avouer qu'elle n'avait pas tort. Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis mon enlèvement et j'avais l'impression que la crasse s'était incrustée sur ma peau. Mes cheveux attachés par un élastique étaient gras et emmêlés. Une bonne douche ne serait pas du luxe.
Je n'avais pas osé demander à l'homme qui m'avait kidnappé de pouvoir accéder à la salle de bain. J'avais bien trop peur qu'il tente quoi que ce soit, bien que je n'étais visiblement pas ici dans ce but. Mais avec cette femme, je pouvais toujours tenter ma chance.
« Je vous en prie ! S'il y a un moyen pour que je me lave... »
Une femme ne pouvait que comprendre mon point de vue ? Non ? Ce pourrait être un bon moyen de voir autre chose que cette cave, essayer de repérer les lieux. Peut-être trouverais-je un indice sur l'endroit où je me situais. J'aurais peut-être une opportunité pour fuir. Jusqu'à présent, aucune occasion ne s'était présentée. Et plus le temps passait, plus les chances que la police vienne à mon secours s'amenuisaient. J'étais livrée à moi-même.
Je n'avais pas osé poser la question à l'homme qui venait habituellement. Il me fichait trop la trouille. Et moins de temps je passais en sa compagnie, mieux je me portais. Cette étrangère ne m'inspirait pas plus confiance, mais les chances qu'elle m'agresse sexuellement étaient minimes.
Elle me jeta un nouveau regard méprisant.
« Si je dois te surveiller quelques jours, mieux vaut se débarrasser de cette odeur pestilentielle. »
Une autre façon de dire qu'elle n'avait en aucun cas pitié de ma personne. Elle pensait avant tout à elle. Mais pour moi, le résultat était le même. J'allais enfin pouvoir me laver. Plus encore, il semblait que mon ravisseur serait absent pour quelques jours. Malgré elle, elle m'avait donné des informations. Je ne pus m'empêcher de me questionner. Etait-il à la recherche de Bella ? J'espérais qu'elle était en sécurité.
Elle s'approcha de moi et défit mes liens avec une facilité étonnante. L'homme les avait pourtant serrés avec force. Je mobilisai mes doigts engourdis par l'immobilité. J'étais à présent familière de la sensation, la marque de la corde semblait incrustée dans ma chaire. Avec un peu de chance, cette femme n'allait pas serrer autant que mon geôlier habituel.
« Suis-moi ! Ordonna-t-elle d'une voix sèche. »
Je la suivis d'une démarche hésitante. Mes jambes avaient du mal à suivre le rythme. Il fallait bien avouer que les heures d'immobilité avaient certainement amenuisé ma masse musculaire, de même que le manque de nourriture. J'avais beau avoir quelques repas, ce n'était pas réellement suffisant. J'avais faim, et éprouvais des difficultés à penser à autre chose. Je n'avais jamais subit de restriction de nourriture auparavant. Mise à part cette période où je pensais que m'affamer allait m'aider à perdre quelques kilos. J'avais fini par craquer au bout d'une demi-journée. La sensation était alors différente d'aujourd'hui, car il ne s'agissait pas d'une situation que j'imposais à mon corps. Je n'avais pas le choix.
Je montais précautionneusement les escaliers à sa suite, prenant appui sur la rambarde de l'escalier. C'était la première fois depuis que j'étais enfermée ici que j'allais sortir du sous-sol. J'étais bien incapable de définir depuis combien de temps j'étais là, ni même si nous étions le jour ou bien la nuit.
La lumière du jour m'éblouis lorsque je pénétrais dans le couloir du rez-de-chaussée et je portais ma main devant mon visage pour atténuer la sensation. Il me fallut encore un instant pour que ma vue s'adapte à la nouvelle luminosité. Je jetais un coup d'oeil autour de moi, curieuse de découvrir une autre partie de ma prison.
La maison était visiblement ancienne, comme en témoignait le papier pain à fleur jaune et orange, typique des années soixante. La tapisserie était jaunie et décollée par endroits. De même que la peinture du plafond s'écaillait de toute part.
Elle me conduisit vers l'escalier, me guidant vers l'étage. Je n'eus pas vraiment le temps d'observer les alentours, mais je distinguais à travers l'entrebâillement d'une porte un canapé au tissu brun élimé. Une épaisse couche de poussière recouvrait la rambarde de l'escalier et se déposa sur mes doigts lorsque je m'appuyai dessus. Et je déduisis que la maison devait être inhabitée depuis très longtemps. Le parquet de l'étage craquait à chaque pas, et la même tapisserie s'étalait sur les murs en papier de cigarette. Elle poussa une porte, m'indiquant la salle de bain.
« N'essaye pas de t'enfuir, je te rattraperais, et tu le regretterais amèrement, me menaça-t-elle. »
Elle avait agrippé mon bras droit, le serrant dans ses mains délicates avec une force que je n'aurais pas soupçonnée. Je croisais son regard qui n'était pas brun comme je m'y attendais, mais d'un rouge effrayant. Avait-elle mis délibérément des lentilles de couleur dans le but de m'effrayer ? Il y avait quelque chose d'étrange à propos de mes kidnappeurs, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Toutes les fibres de mon corps criaient au danger, mais n'était-ce pas normal ? J'avais été enlevée, n'importe qui de sensé comprendrait que j'étais en danger. Seulement il y avait quelque chose de différent, un ressenti qui me poussait à être encore plus prudente. Je me sentais comme une biche prise au piège par le chasseur, le moindre faux pas et je passais à la casserole.
Je hochai la tête frénétiquement, pour lui montrer que j'avais compris. Elle me relâcha et j'en profitai pour me glisser dans la salle de bain. Je refermai la porte derrière moi, et m'appuyai sur le battant. Je me rendis alors compte que je tremblais de tous mes membres.
Je refoulai mes larmes, jetant un coup d'oeil autour de moi. Le carrelage était en damier noir et blanc, et la faïence d'un blanc qui n'était plus vraiment blanc. Je trouvai une serviette de toilette en fouillant dans un placard. Elle n'était pas d'une grande netteté, mais elle ferait l'affaire. Je n'avais pas mieux à disposition.
Je me déshabillai rapidement, ne voulant pas tester la patience de la rousse. Je dus m'y prendre à plusieurs fois avant de tourner le robinet tant il était serré. La pomme de douche crachota quelques instants avant qu'un mince filet d'eau ne s'en écoule finalement. L'eau était glacée ce qui ne m'étonna pas outre mesure.
Je grimpai dans la baignoire sur pied à la propreté douteuse, prenant le parti de rester debout plutôt que de m'y asseoir. Je me crispai sous la froideur du jet. Il n'y avait pas de savon mais ça n'avait pas vraiment d'importance. Je me frictionnai de mes mains, tentant de faire disparaître la poussière et la sueur. Je sortis rapidement de la baignoire, prenant soin de laisser le robinet ouvert.
Je me séchais rapidement, tout en jetant un coup d'oeil par la fenêtre, cela me donnerait peut-être une idée de l'endroit où je me trouvais. J'eus la déception d'apercevoir seulement des arbres. Je pris alors conscience que je trouvais probablement au milieu d'une forêt, loin de toute habitation. Mon moral en prit un coup, et j'eus l'impression d'être seule au monde. Je me raccrochai à l'idée que Bella me recherchait actuellement. Mais je savais que les chances qu'elle me retrouve étaient mince.
Non ! Je ne devais compter que sur moi-même, et essayer par tous les moyens de m'échapper. Je n'avais jamais été quelqu'un de particulièrement courageux. C'était même plutôt le contraire. Enfant un rien pouvait m'effrayer, que ce soit une araignée dans ma chambre ou la simple idée qu'un monstre se cachait sous mon lit. Je n'étais qu'une fille ordinaire, un peu effacée. Je n'avais rien d'une héroïne de roman. Et je n'étais pas préparée à une situation comme celle-ci. Je n'étais pas comme Bella. J'avais l'impression que rien ne lui faisait peur. Elle avait pourtant failli mourir écrasée par la voiture de Tyler, il me semblait pourtant que cet incident ne l'avait pas ébranlé plus que cela.
Bella était forte comme un roc et moi, la peur m'empêchait presque de respirer. J'aurais aimé lui ressembler davantage. Mais il y avait cette petite voix au fond de moi qui ne cessait de répéter que je ne m'en sortirais pas vivante. J'allais finir six pieds sous terre, dans cette forêt inconnue, et personne ne le saurait jamais.
Je repoussai au fond de mon esprit mes sombres pensées. Je devais me ressaisir ! Ce n'était pas en restant inactive que j'allais changer. Si je voulais que les choses s'améliorent, je devais agir, même si c'était difficile. Ce fut à cet instant qu'un objet attira mon attention, posé là sur le rebord du lavabo. La vieille lame de rasoir était rouillée par le temps et la lame semblait émoussée, mais avec un peu de chance, elle pourrait trancher mes liens.
Trois coups tambourinés à la porte me firent sursauter. Il s'agissait de cette femme, et visiblement, elle s'impatientait. Ni une ni deux, je saisis la lame et la dissimulai dans ma queue-de- cheval.
« Dépêche-toi gamine ! J'ai pas que ça à faire ! Grogna-t-elle à travers la porte. »
Je me précipitai sur le robinet de la baignoire et coupai l'eau prestement.
« Une minute, j'ai... j'ai presque terminé bégayai-je. »
Je me saisis de la serviette, me séchant rapidement et revêtis mes vêtements. Ils étaient sales mais je n'avais rien d'autre à disposition. Une odeur de sueur imprégnait le tissu mais je me sentais tout de même un peu plus propre.
Je déverrouillai la porte de la salle de bain et me retrouvai nez-à-nez avec la rouquine. Ses étranges yeux rouges fixés sur moi ne semblaient pas humains. Je me demandai pour quelle raison elle avait choisi cette couleur de lentilles. Je me gardai bien de poser la question, cette inconnue n'avait pas l'air commode.
Elle me ramena directement dans le sous-sol, si bien que je n'eus pas l'opportunité de repérer davantage les lieux, mais après tout, cela ne m'aiderait pas vraiment. Elle posa une petite bouteille d'eau au sol, ainsi qu'une barre de céréales, avant de me rattacher solidement. Elle me laissa seule à nouveau et il me fallut un instant pour me réhabituer à l'obscurité. Je saisis tant bien que mal la nourriture qu'elle avait laissée à mon intention. J'avais tellement faim que je la dévorai en un instant, je bus une gorgée d'eau. Mieux valait l'économiser le plus possible. Je ne savais pas dans combien de temps elle allait revenir. Et la sensation de soif pouvait être terrible.
Mon cerveau tournait à plein régime. J'avais décidé de ne pas me précipiter. Je devais savoir avec précision le temps qu'elle mettait entre chaque visite. J'aviserais après la manière dont j'allais procéder. Alors je recommençais à compter, encore et toujours.
(Jasper)
Le puma se tenait à dix mètres de moi. Il ne m'avait pas encore repéré, mais dans quelques instants, il tenterait de fuir. C'était le moment de la chasse que j'appréciais le plus. J'aimais la montée d'adrénaline qui me saisissait lorsque je prenais un animal en chasse. Je lui donnais toujours une longueur d'avance, histoire de rendre le challenge un peu plus intéressant. Au final cela se terminait toujours de la même manière : mes crocs plantés dans sa carotide.
J'affectionnais particulièrement chasser les félins, alors qu'Emmett avait un faible plutôt pour les ourses. Mais cela n'avait rien d'étonnant : j'aimais traquer et lui préférait se battre.
Pourtant ce jour-là, je ne pris aucun plaisir à la traque. Toutes mes pensées étaient tournées vers Bella et vers la manière dont elle m'avait repoussé. J'étais d'une humeur massacrante, et ma manière de chasser s'en ressentait. Le félin ne vit rien venir, cela fut rapide. En un instant, il fut vidé de son sang. Pourtant cela ne changea absolument rien à mes pensées négatives. J'avais même tenté de réciter la constitution américaine dans ma tête, sans que ça ne fonctionne. Mes pensées revenaient systématiquement vers elle.
« Oulà, toutes ces émotions rendrait n'importe qui dépressif. »
La voix de Peter me parvint et je grognais à son encontre. Je n'étais absolument pas en capacité de supporter ses blagues vaseuses. Je me tournais vers lui, le fusillant du regard. Il se trouvait à dix mètres de moi, le dos contre un arbre et les bras croisés. Il m'observait d'un air goguenard et c'était extrêmement irritant. Mais je devais avouer qu'il tombait à pic, j'avais bien besoin d'une petite baston pour me changer les idées.
Je me mis rapidement en position et chargeai sans prévenir. Il esquiva au dernier moment et je percutai l'arbre. Le tronc s'écroula sur le sol, dans un grand fracas. La terre trembla un instant sous le choc, mais je n'y prêtai pas attention. Je ne perdis pas de temps et me repositionnai face à mon adversaire. Il arborait à présent un sourire satisfait. Pas de doute, il appréciait autant que moi ce petit combat.
« Alors Major, quelques décennies passées avec ces végétariens, et tu te ramollis ? »
Il allait voir si je m'étais ramolli celui-là. J'attaquais à nouveau et il vrilla son épaule, esquivant mon coup. Mais j'avais anticipé son mouvement, prenant appuis sur le sol, je lui assénai un coup de pied qui le projeta au sol, dans un coup de tonnerre.
Il se releva d'un bond. Cette fois-ci, il fut celui qui chargea. Campé sur mes deux jambes, j'étais prêt à le reçevoir. Le choc fut violent, comme si deux gros rocher venaient d'entre en contact.
J'appréciais ce petit intermède, au moins autant que Peter. Nous n'avions pas lutté depuis longtemps, et même si j'affrontais régulièrement Emmett, ce n'était pas le même challenge que me retrouver face à Peter. Si le premier utilisait principalement la force brute, le second élaborait une stratégie bien plus subtile et se reposait davantage sur son agilité.
Nous continuâmes ainsi pendant de nombreuses minutes, alternant coups et esquives. Je finis cependant par l'éjecter au sol d'une prise. Je parvins à le maintenir, quelques secondes, signant ma victoire. Un sourire moqueur se dessina sur mes lèvres.
« Pas si rouillé que cela le végétarien, accorda Peter. »
Se dernier se laissa aller sur le sol, et croisa les bras derrière la tête en une position nonchalante.
« Tu n'auras pas autant de chance la prochaine fois ! Bon allez, maintenant raconte à ton meilleur ami ce qu'il s'est passé avec Bella pour que tu sois pratiquement au bord du suicide ! »
Je le fusillais du regard. En plus il était persuadé d'être drôle cet emmerdeur. Alors que j'avais réussi à faire abstraction des derniers évènements pendant notre duel, voilà qu'il me rappelait les raisons de ma mauvais humeur.
« Il ne s'est absolument rien passé avec Bella. »
Je gardais une voix calme, bien que ce ne soit pas évident. Je parvins tout de même à rester impassible.
« Tu pourrais être crédible, si seulement tes émotions n'étaient pas un tel tas de merde. Elles vont dans tous les sens, et je vais devenir dingue si tu ne règles pas ce problème. J'ai tour à tour envie de sauter sur Charlotte ou alors de sauter d'une falaise dans l'espoir que la chute me tue. Et nous savons tous les deux que ça ne marcherait pas. Alors explique moi ce qu'il se passe dans ta petite tête parce que c'est en train de nous rendre cinglé Charlotte et moi ! »
Il en avait de bonne, je ne comprenais pas moi-même les sentiments qui me traversaient.
« J'ai embrassé Bella. »
Mieux valait se contenter d'énoncer les faits.
« Et elle t'a repoussé ? »
M'avait-elle repoussé ? Non pas vraiment, elle m'avait même rendu mon baiser. Et ça avait été merveilleux. Pour la première fois, je m'étais sentis complet. Comme si deux parties d'un même objet venaient de s'emboiter. J'avais l'impression d'avoir enfin trouvé ma place dans ce monde, et cette place se trouvait à ses côtés.
« Pire, elle regrette... Un instant elle est prête à m'embrasser à nouveau, et celui d'après, la honte et la culpabilité l'ont écrasée. »
Parfois, mon don était plus une malédiction qu'autre chose. Et je n'avais pas envie d'avouer à Peter combien les émotions de Bella m'avaient blessé. C'était comme si j'avais atteint le paradis, avant d'entamer une brutale descente aux enfers.
« Et lui as-tu demandé pourquoi elle ressentait cela ?
- Je n'en ai pas eu besoin, elle m'a bien fait comprendre que tout cela n'aurait jamais dû se produire. »
A cette pensée, je fus écrasé par la douleur. Peter esquissa une grimace, signe que mes émotions venaient de le percuter. Habituellement, je n'avais aucun problème pour contrôler mon don, mais depuis que Bella était entrée dans ma vie, je n'arrivais plus à garder mes émotions pour moi, ce qui pouvait être désagréable pour mon entourage. C'était d'autant plus vrai depuis que nous étions coincés ensemble, dans un endroit isolé.
Je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à Bella. Et à la manière dont elle m'avait rejeté. Mes pensées tournaient dans ma tête, à la manière d'un caroussel, revenant sans cesse au même point. Et la vérité m'apparut brusquement. Sans doute avais-je tenté de l'ignorer, mais je ne pouvais me passer d'elle désormais.
« Et ne penses-tu pas qu'elle culpabilise à propos de Alice ? Tu sais, ta femme ? Qui se trouve être une amie proche de Bella, si j'ai bien compris. Pas étonnant qu'elle soit rongée par la culpabilité. Elle doit avoir l'impression de l'avoir trahie.
- Alice est ma femme, mais elle n'est pas ma compagne. Peter, je... Je ne pourrais pas passer l'éternité sans sa présence à mes côtés. »
Il me regarda, semblant peser les mots qu'il allait prononcer. Parce qu'il avait compris que je ne parlais pas d'Alice.
« Je suis au courant, mais Bella le sait-elle ? Connait-elle seulement la différence ? »
La réalité m'apparut brusquement. Je n'avais pas pensé à Alice depuis que nous avions quitté l'aéroport de Phoenix. Et la jalousie que je ressentais vis à vis d'Edward, avait totalement gommé la vampire de l'équation. A croire que ma peur que Bella ne me préfère Edward avait focalisé mon attention sur sa relation avec lui. Pourtant Peter avait raison, Alice faisait bien partie de cette équation. Mais où se trouvait la vérité ? Bella aimait-elle encore mon frère ? Regrettait-elle que je sois ici à sa place ? Être dans le flou me rendait dingue. J'avais besoin de savoir.
« Il faut que je lui parle ! »
Je n'attendis pas la réponse de Peter. Je m'élançais en direction de la maison. Je ne mis pas longtemps avant de débouler dans le séjour. Charlotte se trouvait près de Bella. Elles étaient toutes les deux assises dans le canapé, mais je n'avais d'yeux que pour l'une d'entre elle.
Mon amie se leva, quittant la pièce. Elle avait compris que nous avions besoin d'être seuls.
« Peter et moi devons chasser, nous serons de retour demain, me glissa-t-elle avant de partir. »
Je savais qu'il s'agissait seulement d'une excuse. Ils avaient déjà chassé la veille, et pouvaient largement tenir plusieurs jours. J'appréciais l'attention dont ils faisaient preuve. Charlotte savait que nous avions besoin de nous retrouver en tête à tête. J'attendis que la porte d'entrée se referme, ne quittant pas la jeune femme qui accaparait mon attention du regard. Elle se leva, tordant nerveusement ses mains.
« Je ne regrette pas ce baiser. »
C'était la première chose qui me traversa l'esprit. J'avais besoin qu'elle le sache et la vague de soulagement qui s'écoula d'elle, m'encouragea à poursuivre. Ce que j'étais en train de faire était mal vis à vis d'Edward, mais à vrai dire je m'en fichais complètement. Qu'importait la suite, j'en affronterais les conséquences.
« Je ne regrette rien Bella ! Ni ce baiser, ni mon désir de recommencer, encore et encore. »
Elle ne bougeait pas, mais son regard était verrouillé avec le mien. Elle attendait que je poursuive. Ses émotions étaient sens dessus-dessous. Et l'espoir que je sentais émaner d'elle renforça ma confiance. Je n'avais pas imaginé ses sentiments à mon égard.
« Tu me rends dingue, Bella. Dès que je te vois, je dois réprimer mon envie de te toucher, de t'embrasser. Et ça me rend fou de ne pas savoir pourquoi tu ressens ce que tu ressens ! Je sais que tu regrettes ce qu'il s'est produit et je voulais simplement que tu saches que ce n'étais pas mon cas. »
Voilà, c'était dit, j'avais fait le premier pas. Les émotions se bousculaient en elle. Incrédulité, incertitude, joie. C'était un tel micmac que je n'arrivais pas à comprendre.
« Je ne regrette rien, moi non plus. »
Sa voix n'était qu'un murmure, et pendant un instant, je me demandai si je ne l'avais pas imaginée. Elle mordilla sa lèvre inférieur, attirant mon attention sur sa bouche. Une bouche rosée que j'avais une folle envie d'embrasser à nouveau.
Je la rejoignis en une fraction de seconde. Elle ne sursauta même pas, comme si elle s'était habituée à la vitesse des vampires. Sans réfléchir d'avantage, je posai mes lèvres sur les siennes et lorsque je sentis ses bras se nouer autour de mon cou, je la sentis également projeter l'amour qu'elle ressentait. Et c'était bien plus précieux que tous les mots qu'elle aurait pu prononcer.
Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre? J'espère que le rapprochement Jasper/Bella vous fait plaisir! N'hésitez pas à me donner votre avis sur ce chapitre =)
Kiss Miriallia
