Je tiens à remercier les personnes qui m'ont laissé un commentaire! Merci à vous qui suivez cette fiction, je sais que je ne suis pas très régulière dans mes publications, et j'en suis désolée. J'espère tout de même que le chapitre qui va suivre vous plaira! Bonne lecture!
Chapitre 12 :
(Bella)
Ce fut la sonnerie du téléphone qui nous sépara. Je ne l'avais même pas entendue, et si Jasper n'avait pas interrompu notre baiser, je n'en aurais sans doute jamais pris conscience. Il sortit son téléphone de la poche de son jean et décrocha. Ses yeux ne quittaient pas les miens, et je le sentais projeter sa frustration d'avoir été interrompu, reflétant la mienne.
« Allo ? »
Je n'entendis pas la réponse de son interlocuteur. Mais sans doute étais-ce l'un des membres de la famille. Je me sentis rapidement coupable de regretter cette interruption. La vie de mon amie était en danger, c'était une priorité. Avec un peu de chance, les nouvelles étaient bonnes.
« Pensez-vous y parvenir ? »
Parvenir à quoi ? A sortir Angela de son enfer ? L'avaient-ils retrouvée ? Je ne voulais pas me laisser aller à espérer. L'interprétation que j'avais était peut-être erronée. Seulement j'avais besoin d'y croire. Il fallait qu'Angela survive, il ne pouvait en être autrement !
Le visage de Jasper demeurait insondable, si bien que je ne pouvais pas interpréter ses expressions. Etait-ce de bonnes nouvelles, ou au contraire, de mauvaises ?
« Où en sont Emmett et Edward de leur côté ? »
J'avais beau tendre l'oreille, je n'entendais pas la personne au bout du fil. J'aurais aimé comprendre la conversation. J'espérais que Jasper ne me cacherait aucun détail.
« Très bien, tenez-nous au courant. »
Il raccrocha. Je ne lui laissai pas le temps d'ouvrir la bouche.
« Y'a-t-il du nouveau ? Demandai-je. »
Jasper me regarda, semblant peser ses mots avec soin.
« Carlisle et les loups ont perdu la trace de la femelle. Ils ont perdu du temps, et espèrent tout de même pouvoir la localiser. »
Je devais certainement être plus blême que lui à l'heure actuelle. Et ce n'était pas peu dire, étant donné la blancheur de sa peau. Les nouvelles étaient mauvaises. Je ne m'y connaissais pas dans ce genre de situation, mais clairement, ce n'était pas une bonne nouvelle. Ils avaient perdu la trace de Victoria et avec elle, une possibilité de retrouver Angela.
Une vague de calme me frappa brusquement, mais cela ne m'empêcha pas de formuler ma pensée. Ma requête avait beau être aberrante, je ne pouvais m'empêcher de parler.
« Laisse-moi y aller Jasper ! Je pourrais aider ! »
Nous avions déjà eu cette conversation, mais j'espérais que ce nouvel élément ferait pencher la balance du bon côté.
« Hors de question, tu ne ferais que les gêner. Tu es trop fragile. »
Il avait certainement raison, mais je ne pouvais repousser cette impression que ma présence était nécessaire. Je savais que seule mon intervention pouvait sauver Angela.
« Alors rends-moi forte ! Transforme moi ! »
J'avais dit cela sans réfléchir, mais cela ne m'empêchais d'être déterminée. Pour mon amie, j'étais prête à tout, même à abandonner totalement mon ancienne vie.
« Tu ne sais pas de quoi tu parles Bella ! En imaginant que je parvienne à te transformer sans te tuer, tu serais incapable d'aider. Un vampire lors de sa première année, est quasiment incontrôlable. Sans oublier que tu risquerais d'arracher la gorge de ton amie si tu venais à la croiser ! Penses-tu vraiment que ce soit une bonne idée ? Tu serais tellement focalisée sur ta soif, que tu ne pourrais penser à rien d'autre ! »
Ma demande étant impulsive, je n'avais pas réellement réfléchi à la question. Et les arguments qu'il avançait, étaient imparables. Si bien qu'il n'eût aucun mal à me convaincre de la stupidité de ma proposition.
« Je pourrais servir d'appât dans ce cas ! »
Ce serait certainement plus utile que de rester planquée dans cette maison comme une lâche. Au regard que Jasper me lança, je sus qu'il n'approuvait pas mon idée. Et ce avant même de sentir son mécontentement.
« Je ne te laisserais pas approcher de ces vampires ! La seule idée qu'ils puissent te faire du mal m'est insupportable.
- Ma vie n'est pas plus importante que celle d'Angela. »
J'avais les yeux rivés sur le parquet. Ma voix n'était qu'un murmure, mais je savais qu'il avait entendu. Il leva la main et toucha ma joue du bout de ses doigts. Sa caresse était aussi légère qu'une plume.
« Elle l'est à mes yeux. »
Il releva mon menton, m'obligeant à croiser son regard. Je mordillai ma lèvre, nerveusement. Je savais qu'il ne lui faudrait pas longtemps pour comprendre que je n'étais pas intéressante. Et j'avais peur. Peur, car en quelques jours il s'était installé dans ma vie. Et je ne voyais pas comment j'allais me passer de sa présence, le jour où il me quitterait.
« De quoi as-tu peur ? »
Je le sentis pousser une vague de confiance vers moi. Foutue manipulation vampirique !
« J'ai peur du jour où tu te lasseras de moi... »
Voilà, c'était dit. Sans doute n'aurais-je jamais prononcé ces mots sans l'aide de son don, mais j'avais besoin d'être rassurée à ce sujet. De savoir que je n'étais pas la seule à éprouver cette myriade de sentiment.
« Du moment où tu retrouveras Alice à la fin de cet intermède. De sa réaction lorsqu'elle saura que j'ai embrassé son mari. Elle est mon amie, et je l'ai trahie. »
Il y avait tellement de choses qui me faisaient peur. Et mettre des mots sur ces craintes m'apaisait légèrement. Je retins mon souffle, attendant avec appréhension sa réponse.
« Bella, il y a des choses que tu ne sais pas sur les vampires. »
Il marqua une pause, semblant chercher ses mots.
« Lorsqu'un vampire trouve sa compagne, il n'y a plus qu'elle à ses yeux. »
Entendre cela était douloureux. Je savais bien que face à Alice je n'avais aucune chance. Mais entendre de la bouche de Jasper qu'il n'y avait qu'elle qui comptait faisait plus mal que je ne le pensais. Et je me sentais tellement idiote d'avoir espéré plus que cela. Mais qu'espérai-je au juste ? Comment avais-je pu imaginer briser la couple de mon amie. La culpabilité s'abattit sur moi. Il fallait à tout prix réfréner ces sentiments qui naissaient en mon sein. Je devais combattre cet attachement que je sentais grandir de jour en jour. Mais au fond de moi, je savais qu'il était déjà trop tard.
Un sentiment de tendresse m'effleura me rendant confuse. J'étais à présent coutumière du fait et parvenais à distinguer aisément mes sentiments de ceux que Jasper projetait. Mais ce sentiment me rendait perplexe.
« Tu ne comprends toujours pas Bella. Si Alice était réellement ma compagne, jamais je ne t'aurais lancé un regard. »
Un élan d'espoir naquit en moi à ces paroles, mais je le fis taire rapidement, attendant qu'il donne des précisions.
« Bella, depuis notre départ de Forks, je n'ai pas pensé à Alice. Tu es dans mon esprit à chaque instant. »
Il se pencha vers moi et ses lèvres effleurèrent ma joue, me faisant frissonner. Je les sentis descendre un peu plus et se poser sur ma bouche, aussi légères qu'un papillon. A cet instant, je cessai tout simplement de réfléchir, entourant sa nuque de mes bras pour intensifier le contact entre nous. Ses mains quittèrent mon visage pour se poser au creux de mes reins, me pressant un peu plus contre son corps. Il approfondit le baiser rapidement, le rendant plus passionné. Le désir tourbillonnait entre nous, et les émotions de l'un amplifiaient celles de l'autre.
Je sentis ses mains caresser mon dos, passant sous mon T-Shirt. Et bien que sa peau soit glacée, j'avais l'impression d'être en feu. Le désir qui couvait depuis des jours se manifesta avec force. Il me fit reculer de quelques pas et mon dos cogna contre le mur derrière moi. Sa bouche voyagea, traçant un sillon brûlant le long de ma mâchoire avant de se perdre dans mon cou. Je sentis ses lèvres mordiller cet endroit si sensible, me faisant gémir. Je glissai mes mains entre ses boucles soyeuses, l'encourageant à poursuivre. J'avais envie de plus, j'avais besoin de plus. Mon bassin vint à la rencontre du sien, augmentant la taille de son érection.
« Tu me rends fou, Bella. »
Sa voix se faisait saccadée, et avant que je ne puisse comprendre ce qu'il m'arrivait je me retrouvais allongée sur un lit. Nous étions fébriles l'un et l'autre. Je fis remonter son T-shirt, caressant au passage son torse musclé et il leva les bras pour me permettre de nous en débarrasser. Sa bouche se connecta de nouveau avec mon cou, traçant un sillon brûlant le long de ma jugulaire avant de se perdre dans mon décolleté. Il tira sur mon chemisier, enlevant les boutons et je me retrouvai en soutien-gorge, exposée à son regard. Je manquais d'expérience, mais Jasper me guidait doucement, ne brusquant rien entre nous. Il fit glisser les bretelles de mon sous-vêtement, exposant mes seins. Je mordillais ma lèvre inférieur, légèrement inquiète. Ma poitrine était plutôt menue et c'était la première fois que je me dévoilais ainsi.
« Tu es magnifique, murmura-t-il. »
Ces simples mots suffirent à me redonner confiance. Je me redressai, embrassant ses lèvres, mes mains perdues dans ses boucles blondes. L'une de ses mains malaxa l'un de mes seins, tandis que que sa bouche vint cueillir le second. Je me cambrai pour intensifier le contact, et mordis ma lèvre inférieure.
Mon pantalon quitta rapidement mes jambes, et ses doigts caressèrent doucement ma cuisse avant de se perdre au cœur de ma féminité. La sensation était incroyable et un gémissement m'échappa, sans que je puisse l'empêcher. Ma respiration était saccadée, j'avais besoin de plus.
Je défis la boucle de sa ceinture, et il se releva pour ôter son jean. Il se dressa devant moi, nu, me faisant penser à une statue de Dieu grec. Il ne resta pas longtemps loin de moi, et son corps froid entra en contact avec le mien. Le feu contre la glace. Son érection vint se nicher contre ma cuisse. Et je descendis timidement la main pour m'en saisir, imprimant un geste de va-et-vient maladroit. Le gémissement qu'émit Jasper me rendit plus sûre de moi et j'accentuai la vitesse du mouvement. Il repoussa ma main, et se positionna entre mes cuisses, d'un geste il se débarrassa de ma culotte qui ne résista pas à sa force de vampire.
Son regard vint s'encrer au mien, noire d'encre. Pourtant je ne me sentais pas menacée, je le sentais totalement en contrôle. Il n'eût pas besoin de poser la question, je projetai toute la confiance que j'avais, tout mon désir. Il plongea en moi, son regard toujours encré au mien. La douleur m'atteignit comme une flèche mais disparut aussitôt, et je sus qu'il l'avait supprimée, ne laissant que le plaisir. Celui-ci grimpait en moi à mesure qu'il se mouvait. L'expérience était incroyable, je n'arrivais plus à réfléchir. Ses émotions se mêlaient aux miennes, et faisaient monter le plaisir par vague tandis qu'il se mouvait en moi. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il explose entre nous, me laissant pantelante.
Ma respiration était saccadée et je l'emprisonnai entre mes jambes et mes bras pour ne pas être séparée de lui. Son front reposait contre ma clavicule, et je sentais son souffle frais contre ma peau. Il se redressa, déposant des baisers papillon sur mon visage avant de poser ses lèvres sur les miennes. Il me fit parvenir une vague de tendresse qui me coupa le souffle, et j'eus l'impression d'être réellement importante à ses yeux. Il resta encore un moment contre moi avant de s'éloigner, même si je sentis du regret venant de lui.
« J'ai besoin de chasser Bella. »
Je fis une moue boudeuse avant de relâcher mon étreinte autour de son cou. Il se pencha, posant un doux baiser sur ma joue.
« Je reviens vite, murmura-t-il. »
Il disparut alors en un coup de vent et pendant un instant je me demandai si je n'avais pas rêvé cet instant. Mais la tache de sang sur les draps me prouvait qu'il n'en était rien. Je quittais le lit, encore un peu alanguie par nos ébats.
Il fallut encore quelques instants avant que je prenne la mesure de ce qu'il venait de se produire. Je venais de tromper Edward. Le sentiment de culpabilité remplaça celui de bien-être que j'avais ressentie jusqu'ici. Paradoxalement je ne regrettais rien. Je ne m'étais jamais sentie autant à ma place qu'entre les bras de Jasper. Ca n'amenuisait pas le sentiment de culpabilité qui montait en moi. J'avais provoqué une tornade, mais j'espérais qu'elle ne détruirait pas cette famille qui avait été si bienveillante à mon égard. Une famille qui n'hésitait pas à se mettre en danger pour me protéger et pour sauver Angela.
Je ramassais mes affaires, rougissant en découvrant ma culotte réduite en lambeau. Je me revêtis rapidement. Un sentiment de honte s'insinua vicieusement. Que devait penser Jasper ? Que j'avais trahi son frère sans le moindre scrupule. Pourtant ça n'avait rien à voir. Et je cherchais encore comment mes sentiments avaient pu changer si vite. En quelques jours, Edward avait disparu de mon esprit. Comment avais-je pu tomber aussi profondément amoureuse de Jasper en si peu de temps ? N'étais-je qu'un cœur d'artichaut ? Allais-je oublier Jasper à l'instant où un autre allait croiser ma route ? Je ne pouvais pas imaginer cela. Je me sentais confuse, et mes pensées me rendaient irrationnelle. Je devais me concentrer sur ce qui était le plus vital. Me concentrer sur mon amie. Je gèrerais le reste au fur et à mesure. Du moins si je sortais vivante de ce bourbier incommensurable dans lequel je m'étais fourrée.
Au moment où je quittais la chambre, je compris que pour la première fois depuis des jours, je me trouvais complètement seule. La maison était calme. Peter et Charlotte ne devaient revenir que le lendemain matin. C'était le moment que j'attendais depuis des jours et des jours.
Ma décision fut rapidement prise, je récupérai mon sac dans le salon et les clés de voiture sur la commode de l'entrée. Je savais qu'il serait furieux, mais je ne pouvais pas faire autrement. Je ressentis un pincement au cœur en pensant à lui, mais je ne me laissai pas distraire pour autant. Les vibrations d'un téléphone portable retinrent mon attention. Il était posé sur la commode près de l'entrée. Jasper avait dû l'oublier là. Le nom de Peter s'affichait. Son don avait dû l'alerter. Mais il était trop tard. J'allais réussir, je le savais. J'embarquais le smartphone avec moi et me précipitai à l'extérieur. J'étais enfin libre, pourtant je n'en ressentais aucune satisfaction. Mon cœur voulait faire demi-tour, et attendre Jasper. Je suivis ma tête et quittai la maison.
(Angela)
J'étais décidée à tenter ma chance. Avec patience, je découpais les liens qui me retenaient prisonnière. La lame émoussée ne tranchait pas la corde aussi rapidement que je l'aurais souhaité, mais petit à petit, je la sentais céder.
La peur courait dans mes veines. Je n'avais le droit qu'à un seul essai. Si je me plantais, j'étais foutue. J'ignorais ce dont cette femme était capable, mais je me doutais qu'elle n'était pas une enfant de chœur. Les battements de mon cœur résonnaient comme un tam-tam dans mes oreilles. Plus vite, plus vite ! La lame ripa, entaillant légèrement la paume de ma main, mais je ne m'arrêtai pas à ce détail. Je saignais à peine. Je poursuivis ma tâche avec acharnement. Mes mains tremblaient et je fis tomber la lame dans mon empressement. Je la ramassai, respirant un bon coup, tentant de calmer mon angoisse grandissante. C'était ma chance, je ne pouvais pas la laisser m'échapper.
Il me fallut de nombreuses minutes pour enfin me libérer, je finis par tirer sur les cordes, ignorant la sensation de brûlure qu'elles causaient sur mes poignets. Je devais faire vite. Je parvins à me défaire de mes liens, je les laissai tomber au sol et me relevai, m'aidant du mur. Mes jambes flageolaient, mais je décidais de passer outre. Si je laissais cela me ralentir, j'étais fichue. Je fis quelques pas hésitant dans la cave, avant d'avancer plus franchement.
Je grimpais l'escalier, grimaçant au moindre bruit que cela occasionnait. J'avais entendu la porte d'entrée se refermer, mais je n'étais pas sûre pour autant que la maison était vide. Et si mon ravisseur changeait ses habitudes et revenait plus rapidement que prévu ? Et si je m'étais trompé et que la rouquine se trouvait toujours dans la maison ?
Je tentais de mettre tous mes doutes de côté. Je devais me focaliser sur mon objectif. Même si j'étais terrifié à l'idée que ma tentative échoue, je devais au moins essayer. Je ne pouvais pas laisser la passive Angela aux commandes. C'était une question de survie. Alors, bien sûre, je pouvais me comporter comme je le faisais habituellement, trop effrayé pour agir, ou alors je pouvais prendre les choses en main. Et alors, peut-être aurais-je une chance de m'en sortir. Car je n'avais aucun doute. Même si Bella se livrait à ce cinglé, jamais ils ne me laisseraient partir en vie. Ma vie ne représentait rien pour eux.
Je collai un instant mon oreille à la porte, retenant mon souffle. Aucun bruit ne semblait provenir de l'extérieur de la cave. Priant de toutes mes forces pour que la maison soit vide, j'ouvris en douceur la porte, et je mordis ma lèvre inférieure lorsqu'elle émit un grincement. Le son n'était pas très fort, pourtant j'avais l'impression qu'il résonnait autour de moi aussi fort qu'un tambour.
Je m'immobilisais, mais aucun mouvement ne vint perturber le calme environnant, comme je l'espérais, la maison était déserte. Je me glissai dans le hall d'entrée et sans prendre le temps de m'accoutumer à la luminosité, je me ruais sur la porte d'entrée. La lumière du soleil m'agressa dès que je mis un pied dehors. Elle contrastait avec l'obscurité dans laquelle j'avais vécu tout ce temps.
M'accoutumant tant bien que mal à la luminosité, je me mis à courir, sans me retourner. C'était la seule chose à faire, courir droit devant et ne surtout pas regarder derrière moi. J'avais décidé de me réfugier dans la forêt. Suivre le chemin qui menait à cette maison était trop risqué. C'était celui que mes ravisseurs devaient emprunter et j'avais trop peur de les croiser.
Les branches des arbres fouettaient mon visage et la terre humide rendait le sol particulièrement glissant. Je ne ralentissais pas pour autant. Ma respiration devint rapidement erratique. Je n'avais jamais été une grande sportive, me concentrant sur des disciplines plus artistiques. Et aujourd'hui je regrettais de ne pas m'être entraînée plus que cela. J'avais la poitrine en feu, mais la peur m'empêchait de ralentir.
Plus vite ! Plus vite ! Je ne cessais de répéter cela dans ma tête, tel un mantra. Je devais mettre le plus de distance en cette maison et moi. Au bout de longues minutes, je ralentis ma course folle. J'avais couru droit devant, du moins l'espérais-je. Je n'avais pas la moindre idée de l'endroit où je me situais. Etais-je toujours dans l'Etat de Washington ? Ou bien m'avaient-ils emmenée loin de chez moi ? J'étais incapable de le savoir. L'environnement n'était pas si différent de celui auquel j'étais habituée. Une forêt immense, les mêmes arbres, la même humidité. Mais ça ne voulait rien dire. Je pouvais très bien me trouver à des centaines de kilomètres de Forks, pour ce que j'en savais ces forêts s'étendaient sur une très grande superficie.
Une racine me fit trébucher et je m'étalai de tout mon long. Mes mains amortirent ma chute, et la douleur irradia dans mes poignets. Je pris appui sur un tronc près de moi, me relevant difficilement. Mes jambes tremblaient, et j'étais à bout de forces. Je devais ralentir un peu la cadence, sinon je n'allais pas pouvoir tenir longtemps.
Je repris la route, en marchant cette fois-ci. Je boitais, ce qui n'arrangeait pas mes affaires. Je refoulai les larmes qui menaçaient de me submerger. J'avais réussi à quitter cette maison, mais je n'étais pas pour autant tirée d'affaire. Je devais retrouver la civilisation, car je ne survivrais pas longtemps dans cette forêt.
Je m'appuyais sur les arbres lorsque c'était possible, m'en servant comme d'une béquille. Je ne voulais pas m'arrêter, pourtant, ma fatigue se faisait de plus en plus ressentir. Je l'aperçus alors. C'était un homme à la peau basanée. Et je ressentis un immense soulagement. Enfin quelqu'un susceptible de me venir en aide.
« Au secours ! »
Je devais avoir l'air désespérée et une apparence échevelée. Mais après ce que j'avais traversé, ce n'était pas étonnant. J'étais crasseuse et à bout de force. Je me rapprochais de l'homme en claudiquant.
« J'ai été kidnappée, je... J'ai réussi à m'échapper... »
Les mots s'emmêlaient dans ma tête et j'éprouvais des difficultés à rassembler mes esprits. Je n'étais plus très loin de l'inconnu à présent.
« Je vous en prie, ramenez-moi dans la ville la plus proche. »
Ce fut à cet instant que je les vis, ces yeux rouge carmin. Le même rouge que ceux de la femme. Et je sûs alors que je n'étais pas tirée d'affaire. Cet homme aux draedlocks faisait partit de la même bande.
« Tiens, tiens. Mais qu'avons-nous là ? Demanda-t-il d'une voix traînante. »
J'eus un mouvement de recul. Il avait ce regard dans les yeux qui me paralysait de peur. Le regard d'un prédateur qui s'apprêtait à fondre sur sa proie. Et quelque chose dans ce regard me fit comprendre que s'il m'attrapait, il ne me ramènerait pas gentiment dans cette cave.
Je devais me secouer, ce n'était certainement pas le moment d'abandonner. Je fis demi-tour, m'élançant à toute vitesse en sens inverse. Son rire résonna dans mes oreilles. Il se moquait de ma pathétique tentative. Je me sentais comme prise au piège. Quelque part, tout au fond de moi, je savais qu'il était vain de courir. Il allait me rattraper. Pourtant, je ne m'arrêtais pas. Je ne le laisserais pas m'avoir sans lutter.
J'avais à peine parcouru quelques mètres quand il se matérialisa devant moi, un sourire victorieux planté sur ses lèvres. Et je compris, je compris qu'il y avait quelque chose d'anormal. Il n'était pas humainement possible qu'il se trouve là devant moi. Ce n'était pas possible.
Ces yeux rouges, étaient-ils vraiment dus à des lentilles comme je le pensais ? Et la force de cette femme ? Plus j'y pensais, moins je trouvais ça normal. Et cette vitesse, cet homme n'aurait jamais dû se trouver devant moi.
« Tu essayes de me fausser compagnie ? Ce n'est pas très gentil. »
Il affichait un air de fausse tristesse qui me ficha la trouille. Je fis demi-tour à nouveau. Il était déjà là. Son corps à quelques centimètres du mien. Ma respiration devint erratique et mon cœur tambourinait dans ma poitrine. Une larme m'échappa, coulant le long de ma joue. Jamais je n'échapperais à ce démon. Je ne voyais aucune porte de sortie, aucune échappatoire.
Il leva la main et je me figeai totalement lorsqu'il essuya la larme qui roulait sur mon visage. Sa peau était glacée, anormalement glacée. Tout mon corps se révulsa à ce contact.
« Chuuut... Ne pleure pas. »
Je ne m'étais même pas rendu compte que je sanglotais. J'étais trop focalisée sur ses gestes et sur le danger qui me menaçait. Le son de sa voix était faussement consolateur, en réalité, il semblait prendre plaisir à la situation.
« Je ferais en sorte que ce soit rapide. »
Ses bras m'encerclèrent fermement à la manière d'un étau. Et je sus instinctivement que je n'avais aucune chance de m'en défaire. Je sentais son souffle dans le creux de ma nuque et je compris que j'allais mourir. Personne ne viendrait à mon secours, pas au milieu de cette forêt. Et j'avais l'intime conviction qu'on ne retrouverait jamais mon corps. Je tremblais de tous mes membres, espérant que ça allait être rapide.
« Laurent, cesse de jouer avec notre prisonnière, et n'oublie pas que James souhaite la garder en vie. »
La voix de velours venait de derrière moi. La rouquine m'avait retrouvée et je n'aurais jamais pensé que je me sentirais soulagée. Je sentis les bras de la créature se dénouer et je pus enfin respirer. Sans doute cette femme se fichait-elle totalement de mon existence mais elle venait de me sauver la vie. Ou tout du moins, m'avait-elle donné un sursis.
« Victoria, la salua-t-il. Tu sais à quel point je suis faible devant un tel buffet. Elle sent délicieusement bon, je n'ai pas pu résister. »
Il fit un pas en arrière et malgré son ton badin, je le sentais tendu. Il se méfiait de cette Victoria, paraissait même la craindre. Elle ne répondit rien à son commentaire, son attention fixée sur moi, ce qui n'avait rien de rassurant. Sa main entra en contact avec ma joue. Ce fut violent et je fus projetée sur le sol. Pourtant, une petite voix dans ma tête me souffla qu'elle avait retenu son coup. Ma mâchoire était douloureuse et j'étais complètement sonnée. Le monde tournait autour de moi.
« Si tu tentes à nouveau de t'évader, je te brise les deux jambes ! »
La menace me parvint à travers un brouillard mais je ne doutais pas qu'elle soit sérieuse. Mortellement sérieuse. Ce fut la dernière chose qui me parvint avant que l'obscurité me submerge.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Je n'ai pas l'habitude d'écrire des lemons, j'espère que celui-ci était correct. J'ai un peu hésité pour ce chapitre, j'avais peur qu'il arrive un peu trop vite dans l'histoire. N'hésitez pas à me donner votre avis!
