Coucou, me voilà avec la suite, j'espère que l'attente n'a pas été trop longue, mais j'avoue qu'avec le boulot mes journées ont été chargées dernièrement. J'espère que ça vous plaira! Bonne lecture
Sochic88: Merci pour ta review, on en saura plus concernant Alice et Edward dans le prochain chapitre ;)
Chapitre 16 :
(Paul)
« Tu devrais rester là. Angela est déjà suffisamment effrayée, elle n'a pas besoin de se retrouver nez à nez avec un loup géant. »
Ce que Bella disait avait du sens. Je savais que nous étions impressionnants et un humain possédant un minimum d'instinct de survie serait terrifié face à moi et j'avais beau trouver ça drôle, cette fille avait déjà traversé assez de merde sans avoir besoin d'en rajouter. Elle avait eu de la chance, peu de personnes pouvaient se vanter d'avoir survécu à un buveur de sang humain, surtout après plusieurs jours de captivité. De toute manière passer la porte aurait été pratiquement mission impossible. J'avais beau ne pas être le loup le plus imposant de la meute, ma taille se rapprochait de celle d'un cheval.
Je m'installai près de la maison sur mon arrière-train et la suivis des yeux tandis qu'elle se dirigeait vers la porte d'entrée. Je ne pouvais pas relâcher mon attention. Nous avions éliminé deux sangsues mais je savais qu'il nous faudrait en éliminer au moins une troisième. Et nous ne savions pas où il se trouvait actuellement. L'excitation de la chasse retombait peu à peu et je me rendais compte que nous avions été chanceux. La traque avait été quasiment impossible et sans la localisation GPS nous ne serions jamais arrivés à temps. Cette salope était une vraie anguille, parvenant à s'échapper avec une facilité déconcertante.
Je tendis l'oreille, écoutant distraitement ce qui se passait dans la maison. J'entendais les bruits de pas dans un escalier, ainsi qu'une exclamation que j'apparentais à du soulagement.
« Bella ! Est-ce que tout va bien ? Je croyais... Je croyais... »
La voix était douce, particulièrement agréable à mon oreille. L'inquiétude et le soulagement se lisaient dans son intonation. Et je n'avais pas besoin d'être un devin pour savoir ce qu'elle avait pensé. La vie de Bella n'avait tenu qu'à un fil. Je n'en revenais toujours, comment ce Cullen avait-il pu mettre cette sangsue à terre sans même la toucher ?
« Il doit certainement disposer d'un don. »
La voix de Sam résonna dans mon esprit comme s'il s'agissait de la mienne. J'avais eu du mal à m'y habituer au début. La première fois, j'avais vraiment l'impression d'être devenu dingue. Je venais tout juste de me transformer, ne sachant pas vraiment ce qui m'arrivait, et la voix de Jared m'était parvenue. Il était en patrouille à ce moment-là, et il avait eu du mal à me convaincre que je n'étais pas bon pour l'hôpital psychiatrique. Evidemment le manque de vie privée craignait à mort, mais sans cette connexion, nous aurions véritable des difficultés à agir en tant que meute.
« Un don ? »
De quoi était-il en train de parler ?
« D'après le vieux Quil, certains vampires disposent de capacités particulières. »
- Cela expliquerait tout, il doit être particulièrement puissant. »
Pour rendre son adversaire si vulnérable, ce devait être le cas. Et puis j'avais vu les marques sur sa peau. Des marques de crocs qui couturaient son corps. Pour avoir survécu à tant de combats, il devait être un combattant hors pair.
« Tu n'imagines même pas. »
Sam projeta dans mon esprit des bribes du combat que les deux vampires venaient de mener. Il l'avait éliminé avec une telle facilité que j'en étais presque jaloux.
- Nous venons de réduire cette sangsue en cendres, nous serons là dans peu de temps. Comment vont les filles ?
- Saines et sauves, elles sont sur le point de me rejoindre, Bella met son amie au courant pour les loups, histoire qu'elle ne s'enfuit pas en courant en nous voyant. »
Des bruits de pas me parvinrent de la maison, les filles étaient sur le point de sortir. Elles avançaient lentement, semblant se soutenir l'une, l'autre. Angela était-elle blessée ? Elle avait été retenue prisonnière pendant plusieurs jours et Bella n'avait rien laissé entendre concernant son état de santé. Elle était consciente cependant, ce qui était plutôt encourageant.
Un doux parfum de vanille vint titiller mes narines, agréable, captivant. Je ne parvenais plus à penser à autre chose que ce parfum. Il se faisait de plus en plus présent, et je n'avais qu'une envie, me rapprocher de l'origine de cette odeur. La porte s'ouvrit, et les deux filles apparurent. Et mon regard fut happé par elle. Mes yeux remontèrent le long de son corps, mémorisant la moindre de ses courbes, puis je me focalisai sur son visage, ses traits délicats et sa peau hâlée. Nos yeux se croisèrent enfin et le temps sembla se suspendre.
J'avais perçu l'imprégnation à travers les yeux de Sam et de Jared, mais rien ne m'avait réellement préparé à cela, à ce tsunami d'émotions qui s'abattait sur moi. Je restai paralysé un moment, incapable de bouger. Elle était immobile elle aussi, et nos regards ne se quittaient pas. Je sus à partir de cet instant que j'étais prêt à tout pour cette femme, qu'elle était à présent le centre de mon univers. J'avais l'impression que des milliers de liens invisibles me reliaient à elle. Mon monde gravitait autour d'elle, et une fois la première vague de surprise passée, une peur intense m'écrasa. Serais-je capable de la rendre heureuse ? Je peinais à maîtriser ma colère depuis ma transformation, contenant avec difficulté le loup qui m'habitait. Comment pourrais-je prendre soin d'elle ? Je ne perdais pas de vue le visage meurtri d'Emily et Sam était le plus mesuré d'entre nous.
Angela ne semblait pas effrayé d'être en ma présence, et je me demandais si l'imprégnation y était pour quelque chose. Notre lien lui faisait-il comprendre qu'elle n'avait rien à craindre de moi ? Je ne pourrais jamais lui faire du mal volontairement, pouvait-elle le sentir ?
« Ok, vous commencez à me faire flipper tous les deux. »
La voix de Bella mit fin à notre contact visuel, nous permettant l'un et l'autre de reprendre contact avec la réalité. Angela semblait désorientée. Et maintenant que j'y prêtais attention, du sang maculait son front et ses lèvres étaient craquelées par la déshydratation. Depuis combien de temps n'avait-elle pas bu ? Son dernier repas ne devait pas dater d'hier non plus. L'inquiétude me saisit immédiatement, elle semblait aller plutôt bien pourtant, mais je ne pouvais m'en empêcher. Peut-être était-elle blessée plus gravement que je ne le pensais.
J'avançais vers elle sans vraiment y penser. Je ressentais le besoin d'être proche d'elle. Je peinais à gérer toutes les pensées qui me traversaient. Et la réalité me frappa soudainement, j'avais failli perdre mon âme-soeur avant même de la rencontrer. J'étais à un mètre d'elle à peine, et je la sentis se crisper. Je ne voulais pas qu'elle ait peur de moi, je n'étais pas sûr de pouvoir le supporter.
« Il ne te fera pas de mal, la rassura Bella. Paul est toujours là. »
Un élan de reconnaissance me saisit. J'espérais que cela suffirait à apaiser mon imprégnée.
« Sous tous ces poiles, rajouta-t-elle. »
Elle employa un ton moqueur en rajoutant ces mots et je grognai pour lui montrer mon mécontentement. Mon imprégnée eut un mouvement de recul et je cessai immédiatement. Quel imbécile, elle était déjà suffisamment terrifiée par la situation. Mon rôle était de la rassurer, pas de lui faire peur.
« Ne t'inquiète pas Angela, tu sais ce qu'on dit, chien qui aboie ne mord pas, dit-elle toujours sur le ton de l'humour. »
Voilà qu'elle me comparait à un chien. Je me retins de montrer les crocs, pour prouver à cette amoureuse des vampires qu'ils étaient tranchant comme des lames de rasoirs. A la place, je me rapprochai doucement de mon imprégnée, son cœur battait à toute vitesse, signe qu'elle n'était pas rassurée. Je ressentis un pincement au cœur, je voulais tellement qu'elle se sente en sécurité près de moi.
Un mouvement attira mon attention, précédé par l'odeur nauséabonde d'une sangsue inconnue. Je restai près des filles, en position de défense, j'étais prêt à attaquer à la moindre menace. Le vampire passa la lisière des arbres. Ses yeux rouges rubis me fixaient, ce n'était pas un Cullen, il se nourrissait de sang humain. Sa peau était couturée de morsures et je sus qu'il était dangereux et représentait une menace bien plus importante que le sang-froid aux dreadlocks. Je devais mettre Angela en sécurité. Le fait que je ne puisse pas communiquer avec elle rendait la situation particulièrement épineuse. Je poussai un grognement et la sangsue s'immobilisa.
« Je ne savais pas que tu avais adopté un chiot Bella, déclara le vampire. »
Mon grognement s'intensifia, mais le rire de la jeune femme me déconcentra. Cette fille avait vraiment un grain. Elle ne semblait pas le moins du monde effrayée par la présence de ce buveur de sang humain, ce qui suffisait à me convaincre qu'elle ne possédait pas le moindre instinct de survie.
« Peter, ne sois pas désobligeant, Paul nous a sauvé la vie.
- Ne dis pas n'importe quoi fillette, sans le Major vous seriez encore enfermées dans cette maison, rétorqua-t-il. »
Il avança d'un pas vers nous, j'étais prêt à attaquer. Il n'était pas question que je le laisse approcher de mon imprégnée.
« Paul, calmes-toi, il est avec nous. »
Pas question de faire confiance aux dires de cette cinglée. Elle faisait ami-ami avec des cadavres ambulants, autant dire qu'elle manquait du plus basique des sens communs.
« Ca suffit Paul ! »
L'ordre de mon alpha ne fonctionna pas comme à l'accoutumée. Mon loup ressentait le danger qui menaçait son imprégné, refusant d'obéir à Sam.
« Ce vampire ne s'approchera pas de mon imprégnée, grognai-je.
- Il n'a pas l'intention de lui faire du mal. »
Sam n'avait pas l'air surpris par mon annonce, sans doute l'avait-il senti dans mon esprit. J'avais été tellement envahi lorsque l'imprégnation s'était produite que je n'avais plus fait attention à lui. Pourtant à cette distance, il pouvait encore m'entendre. Les deux Cullen, ainsi qu'une femelle le rejoignirent, me rendant encore plus nerveux.
« C'est un buveur de sang humain !
- Et il a aidé à sauver ton imprégnée. Je ne le considère pas comme notre allié, mais les circonstances sont particulières, il reste encore un vampire à éliminer et il est très vicieux, nous aurons besoin de toutes les forces disponibles. En plus nous ne sommes pas sur notre territoire et nous sommes clairement en infériorité numérique. Nous ne pouvons pas nous mettre à dos les Cullen. »
C'était certainement la raison pour laquelle Sam était l'alpha. Il parvenait à garder son calme et à raisonner en chef. Evidemment, à deux nous n'étions pas de taille à affronter autant de vampires, sans parler du reste de leur clan. Malgré tout, je ne relâchais pas mon attention.
« Je ne le laisserais pas approcher d'elle ! Comment réagirais-tu s'il s'agissait d'Emily ?
- Je vais phaser, leur dire de rester le plus loin possible d'elle, mais n'attaque pas. »
La voix de Sam disparut de mon esprit, signe qu'il venait de se retransformer. Je reculais d'un pas, à présent presque collé aux filles.
« Paul, il ne va pas nous faire de mal, tenta de me raisonner Bella.
- Je ne mange pas les fillettes, seulement les criminels, ils ont bien meilleur goût. »
La blague ne me fit pas rire. Les vampires pouvaient perdre le contrôle à tout moment, et il n'était pas question que je mette la vie d'Angela en danger, de quelque façon que ce soit.
Sam apparut aux côtés des vampires. Il y avait vraiment trop de sangsues autour de mon imprégnée pour que je sois confortable. Soudainement, je sentis une vague de calme m'atteindre. C'était très étrange, comme si cette émotion ne m'appartenait pas vraiment. Je cessai de grogner, bizarrement apaisé. Je ne baissai pas ma garde pour autant, toujours sur le qui-vive, comme si le loup en moi ressentait toujours le danger pour sa compagne.
« Restez aussi éloigné d'Angela que possible, il ne veut pas qu'un vampire s'approche d'elle. Le loup a trouvé sa compagne en elle. »
Ces dernières paroles furent murmurées, de manière à ce que seuls les être surnaturels puissent l'entendre. Ils reculèrent tous d'un pas, et je me sentis tout de suite plus apaisé. Je savais cependant que je me sentirais soulagé quand Angela serait vraiment en sécurité. Loin, très loin d'eux. Je sentis un mouvement derrière moi. Bella me dépassa courant vers les suceurs de sang pour se jeter dans les bras de l'un d'entre eux. Quand je disais qu'elle était folle.
(Bella)
Je ne voyais plus les autres, totalement focalisée sur l'homme à quelques mètres de moi. Il était de nouveau dans mon champ de vision, et il allait bien. J'avais beau savoir que Victoria seule ne pouvait rien contre lui, d'autant plus qu'elle était clairement en infériorité numérique, je n'avais pu empêcher l'inquiétude de me ronger. Mes jambes se mouvèrent sans que j'en aie réellement conscience et l'instant d'après je me trouvais dans ses bras, mon visage enfouit au creux de son cou, inhalant son parfum. Ses bras s'enroulèrent autour de ma taille, me serrant fermement contre son torse. Ses lèvres se posèrent brièvement contre ma tempe et je me sentis immédiatement apaisée.
« Bien que vos retrouvailles soient touchantes, je pense qu'il est temps de quitter ce trou ! »
Peter ! Qui d'autre que lui pouvait faire ce genre de remarque ? Je me détachai légèrement de Jasper qui garda son bras autour de ma taille et reportai mon attention sur mon environnement. Il ne fallut pas longtemps avant que mon regard ne croise celui de Carlisle. Je me figeai un instant avant de faire un brusque mouvement de recul, lâchant Jasper comme si son contact m'avait brûlée. Je levai les yeux vers Jasper, une expression peinée se peignit sur son visage. La culpabilité m'assaillit brutalement et je n'arrivais pas à savoir si la pensée de faire de la peine à Edward et Alice en était la cause, ou bien si je m'en voulais d'avoir blessé Jasper.
La cruelle réalité m'apparut à nouveau. Jasper était marié à ma meilleure amie, et je sortais avec son frère. Pire encore leur père adoptif venait de surprendre une scène pour le moins équivoque. Jamais nous ne parviendrons à dissimuler la vérité à présent. Edward finirait forcément par lire quelque chose dans l'esprit de Carlisle ou bien dans celui de Jasper. Peut-être qu'Alice avait-elle déjà tout vu à travers son don. Cette idée me rendait malade.
Ma respiration se faisait erratique et j'étais proche de la crise de panique. Deux mains prirent mon visage en coupe, relevant mon visage. Le regard ambré de Jasper me happa et je sentis son don apaiser le tumulte de mes émotions.
« Tout ira bien Bella. »
Comment pouvait-il dire ça ? La situation était tellement compliquée et j'imaginais le pire quant à la réaction d'Edward et d'Alice.
« Est-ce que tu as confiance en moi Bella ? »
La question ne se posait même pas, évidemment que je lui faisais confiance, aveuglément même. Je hochai la tête, incapable d'émettre le moindre son. J'avais bien trop peur de craquer. En vérité, je ne désirais qu'une seule chose, me réfugier à nouveau dans cette maison au Texas, cet endroit isolé du monde extérieur. Je voulais de nouveau me retrouver seule avec Jasper, sans avoir à me soucier de quoi que ce soit, ne plus penser au fait que j'entrais à présent dans la catégorie des femmes infidèles. J'avais toujours pensé être incapable d'un tel comportement et il était difficile d'en assumer les conséquences. Je retrouvais le monde réel à présent et mes actes pesaient une tonne sur mes épaules. J'ignorais totalement comment gérer la situation.
« Quoi qu'il se passe, je resterai à tes côtés, murmura-t-il. »
Je le sentis projeter son don, me faisant parvenir un flot d'émotion, tendresse, compréhension et ce sentiment si puissant reflet de mes propres sentiments, un amour assez fort pour tout surmonter. Implicitement, il me faisait comprendre que je n'étais pas complètement folle, que je n'étais pas la seule à ressentir cela.
« Jasper ? »
Je pouvais sentir la surprise dans la voix du patriarche. Je me tendis, le chef de famille était quelqu'un de compréhensif, mais je doutais qu'il soit si compréhensif. Cette situation allait forcément impacter les relations à l'intérieur de son clan. Et ce n'était sans doute pas le bon moment pour cela, pas avec James toujours dans la nature. Il allait venir pour nous, c'était certain. Et maintenant que nous avions éliminé sa compagne, il serait plus déterminé que jamais.
« Je ne sais pas quoi te dire Carlisle. J'ai essayé de lutter et Bella aussi, mais nous ne pouvions pas l'ignorer plus longtemps. Crois-moi, c'était totalement hors de notre contrôle. »
Je mordillais ma lèvre inférieure, inquiète et serrais le T-shirt de Jasper entre mes doigts. De quelle manière Carlisle allait-il réagir à ce nouveau développement ? Il semblait sous le choc et je ne pouvais l'en blâmer. La situation était tellement improbable, j'avais moi-même des difficultés à réaliser.
« J'espère que vous savez ce que vous faites, finit-il par déclarer. Il n'y aura pas de retour en arrière possible, j'espère que vous vous en rendez compte. »
Nous ne savions pas du tout ce que nous faisions au contraire, mais je n'arrivais pas à m'imaginer rebrousser chemin. C'était trop tard. Et bien que j'appréhendais les retrouvailles avec Edward et Alice, je ne parvenais pas à regretter cette relation avec Jasper. J'aurais simplement préféré que les choses se passent différemment.
« Nous sommes prêts à assumer les conséquences, répondis-je. »
Par miracle, ma voix ne trembla pas. Elle reflétait même ma détermination, je ne ferais pas machine arrière. Je ne pouvais pas faire machine arrière. C'était trop tard.
« Il est temps de partir, déclara Peter. Maintenant que James est seul, il me semble judicieux de réunir nos forces. »
L'intervention du vampire permit de détourner l'attention. Il avait raison, tout cela était secondaire. Nous devions nous concentrer sur le danger à venir. Car nul doute qu'il allait vouloir se venger.
« Je ramène les filles en voiture, décida Jasper. »
Avec toute cette agitation, j'avais complètement oublié la voiture de location. Le grognement de Paul attira l'attention de tous. Il agissait bizarrement maintenant que j'y pensais. J'avais beau savoir que les vampires étaient ses ennemis, la manière dont il protégeait Angela de nos alliés était un peu trop empressée.
« Paul vous accompagnera, intervint Sam. »
Le loup sembla s'apaiser à ces paroles. Il se retira un instant sous le couvert de la forêt et j'en déduisis qu'il comptait se retransformer en humain. Il ne mit pas longtemps avant de réapparaître, vêtu d'un short et torse nu. Je devais reconnaître qu'il était parfaitement musclé et avec sa peau mâte il était plus que plaisant à regarder, comme en témoignait le sifflement admirateur émit par Charlotte. Je n'étais même pas étonnée par cette dernière, elle n'avait vraiment aucun filtre.
« Arrête de le regarder, je vais finir par être jaloux, murmura Jasper. »
Je piquai un fard, maudissant ma nature humaine pour cela, j'aurais aimé pouvoir contrôler cet aspect de moi. Son amusement ne me faisait pas rire cependant et je compris rapidement qu'il se moquait de moi.
« Crois-moi, tu n'as aucune raison d'être jaloux. Je préfère largement t'observer toi, surtout quand tu es nu, soufflai-je au creux de son oreille. »
Je ne savais pas vraiment ce qu'il m'avait pris de lui parler ainsi. Je n'étais pas vraiment le genre de fille à flirter ouvertement et n'aurais certainement jamais osé ce genre de déclaration avec Edward. Mais l'envie de le provoquer avait été plus forte. La vague de désir qui s'abattit sur moi en réponse à mes propos me fit presque gémir et je dus mordre ma lèvre pour m'en empêcher. Taquiner Jasper de cette manière n'avait peut-être pas été une brillante idée. Il était parfaitement armé pour répliquer.
« Tu ne perds rien pour attendre, petite chipie, rétorqua-t-il, son souffle dans mon cou envoyant une décharge le long de ma colonne vertébrale. »
Le rire tonitruant de Peter me ramena à la réalité et me fit comprendre qu'il avait parfaitement entendu notre interaction, ce qui signifiait que tous les êtres surnaturels présents également. J'en fus immédiatement mortifiée. Jasper avait vraiment le don de me faire perdre mes repères. J'enfouis mon visage au creux de son épaule dans une vaine tentative de me cacher. Je sentis les soubresauts provoquer par son rire et je n'étais pas persuadée d'apprécier qu'il se moque à mes dépens.
« Ravie de voir que ça t'amuse, marmonnai-je, frappant son torse pour faire bonne mesure. »
Evidemment, je savais qu'il n'avait pratiquement rien senti. Et ma tentative ne fit qu'accentuer son rire.
« Désolée chérie, mais tu me surprends un peu plus chaque jour, dit-il tout en me guidant vers la voiture.
- J'aimerais examiner Angela avant que vous ne preniez la route, nous arrêta Carlisle, si c'est d'accord, évidemment. »
Il rajouta ces derniers mots les yeux rivés sur Paul. Il avait bien compris qu'il était la personne à convaincre. Ce dernier se tenait près de mon amie, lui jetant un coup d'oeil indécis avant de hocher la tête. Sans doute, l'apparence d'Angela y était-elle pour quelque chose, elle n'était clairement pas au meilleur de sa forme. Entre ses vêtements déchirés par endroits et couverts de boue séchée et sa plaie au front, il n'y avait aucun doute qu'elle venait de vivre une terrible épreuve.
« L'odeur du sang ne te dérange pas ? Demandai-je à Jasper doucement. »
Il secoua la tête en signe de négation.
« Non, j'ai chassé il y a peu de temps et puis le sang séché n'a pas la même odeur, il n'est pas aussi attirant pour nous. »
J'observai Carlisle s'approcher avec précaution d'Angela. Il palpa son crâne et examina sa plaie.
« Je n'ai pas ce qu'il faut avec moi pour nettoyer cette blessure, mais elle est superficielle et ne saigne plus. Ca pourra attendre notre arrivée à Forks. Je pense que tu as une légère commotion cérébrale cependant. Est-ce que tu as mal à la tête ?
- Un peu, mais c'est supportable. Répondit-elle. »
Carlisle hocha la tête. Il était clairement passé en mode docteur, mais ne semblait pas inquiet outre mesure.
« Par précaution quelqu'un doit te surveiller pendant les prochaines quarante-huit heures, mais je pense que tout ira bien. »
Ses propos me rassurèrent, Angela allait bien. Il était déjà difficile de savoir que j'étais responsable de son enlèvement, je n'aurais pas supporté qu'elle soit blessée par ma faute.
« Rejoignons-nous chez nous, proposa le médecin, j'aurais ce qu'il faut pour nettoyer la blessure d'Angela. »
Il se tourna vers Sam, pour s'assurer de son accord. Ce dernier hocha la tête. De toute manière, il n'avait probablement pas envie de voir des vampires sur son propre territoire. Et tandis que nous grimpions tous les quatre en voiture, nos camarades disparurent derrière la lisière des arbres.
Alors qu'en avez-vous pensé? J'imagine que vous aviez tous compris que vous aviez tous compris que Paul allait s'imprégner d'Angela. J'espère avoir su retranscrire correctement la manière dont ça se produit.
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