Voilà, j'ai choisi mon jour de publication et ça sera le samedi !

Oui bon… j'avais bien dit un par semaine ! Disons qu'on n'a pas la même notion de semaine… et que je suis excitée comme une enfant de cinq ans qui n'aime pas attendre.

Un grand merci à Lowax qui me supporte dans mon envie de publier n'importe quand en corrigeant mes chapitres.

On attaque une POV Clarke ! Bonne lecture à tous et à samedi prochain ! (Oui oui je vais essayer de m'y tenir…)


Chapitre 3 : Les débuts

Sérieusement ! Comment toi, Clarke Griffin, avais-tu pu être retenue pour travailler sur ce film ?

Depuis toute petite, je ne rêvais que de cinéma. Fille d'une médecin et d'un ingénieur, rien ne me prédestinais vraiment à cet univers.

Je refaisais les scènes de mes films préférés dans ma chambre pendant des heures et des heures. Puis à force de persévérance ou sûrement parce qu'ils en avaient marre d'avoir un théâtre ambulant à la maison, mes parents m'inscrivirent à des vrais cours de théâtre.

Cela me suffit un temps et je finissais par vouloir passer des castings au grand dam de mes chers parents qui accédèrent néanmoins à ma demande.

Je fus prise dans une pub de dentifrice pour enfant, puis quelque temps plus tard dans une petite série ou je jouais le rôle de la voisine envahissante. Je n'avais que 13 ans et je devais jongler entre série et école, que je ratais d'ailleurs très souvent pour tourner.

En grandissant mon envie de jouer la comédie plaisait de moins en moins à ma mère qui pensait à tort que cela me passerait au fil des années. Alors elle me reconcentra sur mes études, sans avoir mon mot à dire : plus de castings.

« C'est un hobby, pas un vrai métier. » se plaisait-elle à me sermonner.

Après de nombreuses disputes entre mon père et ma mère, qui lui, souhaitait que je suive ma propre voie, je finissais par reprendre mes études pour le bien familial.

C'était donc sans grande conviction que je passais mes diplômes et pour faire la fierté de ma mère, je m'inscrivais en médecine n'ayant plus tournée dans quoi que ce soit depuis plus de quatre ans...

Mon père décéda alors que j'étais en deuxième année…

Ce fut une grande période de vide pour moi.

Je pensais trouver du réconfort auprès de ma mère mais celle-ci s'était plongée corps et âme dans son métier et elle m'avait invitée à en faire de même avec mes études.

Comment pouvais-je passer à autre chose en... étudiant ?

Aucune discussion ne tournait autour de lui, il était presque un sujet tabou, comme s'il n'avait jamais existé. Rien ne pouvait m'aider à vaincre mon chagrin, encore moins ma mère.

Un soir alors que je rentrais chez moi complètement lessivée de ma journée, j'avais dû prendre un autre chemin pour éviter les travaux d'une rue fermée. Je me retrouvais sans réellement le vouloir devant le théâtre ou, enfant, j'avais pris mes cours.

C'était justement l'heure de sortie d'un des cours et sans m'en rendre compte j'avais ralenti le pas, me perdant à observer un rituel de mon passé. Voir tous ces gamins heureux me rappela mon enfance et je revoyais mon père m'attendre à la sortie, toujours souriant. La fatigue aidant forcément, je me mis à entendre ses paroles qu'il se plaisait à me répéter à chaque fois que je doutais : « Fonce mon cœur si c'est ce que tu souhaites. »

Je rentrais hagard chez moi.

Le jour d'après, je quittais la fac, reprenais le théâtre et cherchais des castings.

Autant dire que la relation avec ma mère n'avait pas été au beau fixe pendant un bon moment mais cela m'importait peu. Je retrouvais doucement goût à la vie en faisant le métier qui me plaisait.

Puis un jour, après des heures en file d'attente, je passais un casting pour interpréter le personnage principal d'une série post-apocalyptique. Des adolescents étaient largués sur une terre des plus hostile et devaient survivre face à l'inconnu.

Je fus rapidement prise et ma carrière recommença réellement comme ça.

Quelques années plus tard mon agent me proposa de tenter un casting pour un gros blockbuster. Après avoir lu le script je devais avouer que c'était très tendant et après un film d'horreur et une comédie romantique, il fallait faire repartir ma carrière sur autre chose.

Franchement je n'y croyais pas du tout.

Comment ? Sérieusement, comment tu as fait Clarke ?...

Quelques temps avant le début du film, je m'étais rendu chez ma mère car le tournage promettait d'être long et je savais pertinemment que je n'aurais pas le temps de venir la voir pendant celui-ci.

J'avais demandé si malgré ce contretemps on pouvait quand même s'occuper de ma réservation d'avion et mon agent m'avait dit que tout était réglé et qu'on m'amènerait aussi à l'aéroport.

Deux semaines avant le départ pour le premier lieu de tournage, je révisais mes premiers textes, installée confortablement dans le vieux fauteuil de mon père.

Le film se prénommait « Winter Ritual » et dépeignait un univers post-apocalyptique.

Je devais avouer que j'en étais un peu déçue car même si cela me donnait un confort de travail, c'était un univers que j'avais déjà pu explorer. Je ne pourrais donc pas toucher quelque chose de totalement nouveau pour moi.

L'histoire était simple mais elle promettait d'être piquante et pleine de rebondissements :

La terre avait connu une guerre nucléaire sans précédent à une époque proche de la nôtre et des siècles plus tard, les hommes vivaient dans les ruines de grandes villes, en clan plus ou moins importants. Notre civilisation avait totalement été oubliée.

Quelques technologies étaient encore présentes mais un retour à des croyances primitives s'était installé.

À la fin de l'automne de chaque année, les adolescents devaient prétendre à un rituel pour leurs passages à l'âge adulte, en effectuant un périple de presque un mois, tous ensembles. Ce rituel leurs permettaient non seulement de devenir adulte mais aussi de choisir un métier. Le personnage que j'incarnais, faisait partie de ce groupe et allait braver sans le savoir un hiver rude qui arrivait beaucoup plus tôt que prévu.

Entre guerre de clan, infiltration et intempérie, l'épreuve ne serait pas de tout repos pour prétendre à l'âge adulte.

Bien sûr comme beaucoup de film, il y aurait une amourette entre deux protagonistes et étant le rôle principal, c'était à moi de m'y coller.

Non pas que je n'aimais pas les histoires d'amours mais je les trouvais très souvent inintéressantes et elles venaient, de mon humble avis, gâcher des films qui n'avait vraiment pas besoin de ça.

Je devais camper Aloy, une fille au tempérament de feu, qui était loin d'être sociable et qui passait le rituel pour devenir une sorte d'explorateur libre de leur temps. Alors son histoire d'amour ne me faisait pas du tout envie.

Ce que j'aimais le moins dans les idylles lors des séries ou des films c'était que l'on me colle des étiquettes ou des partenaires.

Lorsque j'avais tournée pour la série qui m'avait fait connaître, mon personnage était tombé amoureuse d'une chef de guerre indigène.

J'adorais l'idée mais je pensais à tort que l'on retiendrait la modernité du personnage car elle était ouvertement bisexuelle.

Au lieu de cela, les interviews que je passais après ne tournaient qu'autour de ma propre sexualité.

Je soupirais en repensant à ce que m'avais apportée mon ouverture d'esprit lorsque lors d'un repas avec ma mère, je m'étais faite abordée.

Ce que l'on pourrait qualifier de « fan » complètement bourré était venu me proposer de me « remettre dans le droit chemin » en me montrant « ce qu'est un homme, un vrai ».

C'était exactement le genre de réaction que j'exécrais, autant pour la teneur de ses paroles que pour l'étiquette qu'il me collait. Lorsqu'un acteur jouait un toxicomane, on n'émettait pas de jugement sur sa propre vie. Alors pourquoi faisait-on ce genre de raccourcis avec la sexualité ?

La pendule du salon me sortit de mes pensées en sonnant 15h.

Ma mère était toujours très occupée par son travail mais elle avait pris quelques jours pour être avec moi et justement elle arrivait vers moi un thé fumant à la main.

- « Alors tu te sens prête pour ce film... Comment il s'appelle déjà ? » me questionna-t-elle en me tendant le breuvage.

- « C'est « Winter Ritual » maman… Ça doit faire vingt fois que je te le répète au moins... »

- « Oh tu sais moi et ma mémoire. » me disait-elle en rigolant.

- « Tu es pourtant imbattable en noms de maladies sorties de je ne sais où... » ironisais-je.

- « C'est vrai ! »

Elle était fière de la remarque que je venais de faire, pourtant ce n'était pas un compliment. Elle ne se rendait pas compte qu'elle me blessait en n'apportant que peu d'importance à ma carrière, à ma vie en fait.

- « Rassure-moi mon poussin... Ton personnage dans ce film, « Winter truc » ... tu... enfin elle...ne va pas te causer de problème...niveau relation ? » se risqua-t-elle.

- « C'est « Winter Ritual » maman… essaye de le retenir ça serait sympa. Et non... si tu veux tout savoir elle a une relation des plus banales et va sortir avec le beau gosse de service à mon plus grand regret... »

- « Tu aurais préféré qu'elle soit gay ?! » s'insurgea-t-elle immédiatement.

- « Non ! » la calmais-je tout de suite.

« J'aurais préféré qu'elle ne soit avec personne. »

- « Comment ça ? »

Je soupirais d'avance, n'aimant pas avoir ce genre de conversation avec elle.

- « J'aime jouer des personnages forts et indépendants et c'est justement ce qu'est Aloy ici... »

- « Qui est Aloy ? » questionnait-elle.

- « Le personnage que je vais jouer ! Suis maman c'est insupportable ! » m'énervais-je.

- « Pardon pardon... » s'excusait-elle s'asseyant en face de moi, me témoignant qu'elle avait dorénavant toute mon attention.

- « Aloy n'a pas besoin de quelqu'un. Elle souhaite juste passer le rituel pour pouvoir prétendre à sa liberté, pas pour trouver l'amour ! »

- « Tu sais des fois on ne choisit pas tout ce que l'on souhaite... L'amour peut arriver sans prévenir... »

Elle semblait si triste à l'énonciation de ces quelques paroles.

Je comprenais qu'elle faisait référence à mon père sans vraiment le citer.

De ce que je me souvenais de leur histoire maintes fois racontée, mes parents s'étaient rencontrés alors qu'elle n'était encore qu'une interne. Mon père attendait aux urgences pour un exploit mémorable de soirée étudiante. Il l'avait tellement énervé lors de la consultation que pour le « punir » elle l'avait forcée à revenir à l'hôpital pour suivre ses soins.

C'était comme ça que de fil en aiguille, il l'avait invité, elle avait refusée, il avait insisté, ils finissaient par ne plus se quitter.

Petite, j'adorais quand mon père me racontait cette histoire.

J'allais lui répondre quand mon téléphone sonna :

- « Mademoiselle Griffin ? »

- « Oui c'est moi même. »

- « Enchanté ! Je me présente monsieur Blake Bellamy. C'est votre agent qui m'a contacté pour la réservation de votre vol. » continuait le jeune homme au bout du fil.

- « Oui ! C'est vrai ! Bonjour, j'espère ne pas trop vous compliquer votre emploi du temps… » m'excusais-je de la gêne occasionnée.

- « Pas du tout, ne vous inquiétez pas ! » rigola-t-il avant de reprendre.

- « Votre vol partira donc lundi 16 novembre à 6h du matin. Je suis aussi chargé de venir vous récupérez. Vous n'aurez qu'à m'envoyer les coordonnées d'où vous partirez. »

- « C'est vraiment très gentil de votre part. Je vous enverrai ça dans la semaine. Merci beaucoup à vous, bonne journée ! »

- « À vous aussi mademoiselle Griffin. »

Il y a vraiment des gens adorables…

J'aimais vraiment mon métier car j'étais amenée à travailler avec des gens formidables tout le temps.

Je ne connaissais pas ce monsieur mais il changeait son planning pour moi. C'était une des choses agréables de mon métier : ne pas avoir à penser à tout.

Ma mère m'annonça qu'elle allait faire des courses pour le repas du soir et notre conversation resta telle qu'elle.

Le reste de mes deux semaines avec elle passait finalement à vitesse grand V et c'était enfin le grand jour du départ.

Comme prévu, l'homme que j'avais eu au téléphone vint me chercher ce jour-là. C'était un jeune homme d'environ 25 ans, grand, les cheveux bruns légèrement ondulés. Il était très souriant et avenant.

Nous arrivions à l'aéroport sous la pluie et je rabattais l'énorme capuche de mon sweat pour éviter d'être trempée.

En pénétrant dans l'avion, je le suivais alors qu'il se dirigeait vers le numéro de nos places et il s'arrêta devant deux rangées de sièges où étaient déjà présentes trois personnes.

Un homme et une femme d'à-peu-près mon âge étaient assis l'un à côté de l'autre et discutaient lors de notre arrivée. Derrière se tenait une jeune femme brune avec de longs cheveux détachés, l'air ailleurs.

Bellamy lui demanda de prendre place devant avec les deux autres personnes et me proposa de m'asseoir coté hublot.

Une fois assise, je comprenais vite que j'attisais la curiosité des trois autres qui ne s'attendaient apriori pas à prendre leur vol avec quelqu'un d'autre.

J'avais complètement oublié que ma capuche trônait encore sur ma tête et cachait surement une grande partie de mon visage. Je l'enlevais donc sous le regard surpris de ses trois inconnus qui me reconnurent directement.

J'étais toujours un peu gênée de ma notoriété grandissante et je me lançais timidement :

- « Bonjour... »

- « Woh. Celle-là je ne m'y attendais pas. Enchanté Clarke, je suis Lincoln ! » me lançait gaiement le métis.

- « Octavia pour ma part et à côté de lui, c'est Lexa. » enchaînait une des deux jeunes femmes.

Je souriais à tant de gaieté de cœur de leur part. Seule la prénommé « Lexa » restait silencieuse me dévisageant.

- « Avant que vous ne me posiez la question : tout s'est fait à la dernière minute » lança gaiement Bellamy.

Il avait vraiment l'air d'être quelqu'un de gentil et pour soutenir ses propos, je rajoutais :

- « Je ne voulais pas chambouler votre organisation mais j'ai dû me rendre ici pour voir un membre de ma famille. Du coup Bellamy a été chargé de me ramener à bon port pour le début du tournage ! »

La brune qui avait changée de place me regardait très froidement, sans dire un mot. Elle avait des yeux verts magnifiques et je me rendais compte que j'étais en train de la dévisager sans aucune raison. Je me mis à légèrement rougir, gênée de ma réaction face à son mutisme.

Met la encore plus mal à l'aise, tu as raison Clarke… c'est comme ça que font les gens civilisés.

Pour me rattraper de l'avoir dévisagée comme une bête curieuse, je lui proposais de changer de place mais elle me remercia froidement et se retourna en remettant ses écouteurs directement dans ses oreilles.

Je restais un peu bête, m'asseyant par la même occasion.

Bellamy m'expliqua le plus bas possible que s'était quelqu'un de légèrement associable et qu'il valait mieux ne pas en tenir compte.

L'avion avait fini par décoller et nous passions une bonne demi-heure à discuter avant que le silence ne se fasse. Je passais tout le reste du vol à dormir.

Lorsque nous étions arrivés à destination, la pluie ne nous avait pas quitté mais le chemin jusqu'au studio de tournage c'était fait dans la bonne humeur.

Bellamy était quelqu'un d'agréable et son équipe, qu'il m'avait présenté pendant le vol, m'avait beaucoup fait rire. Seule la dénommée Lexa ne parlait presque pas.

A notre arrivée beaucoup de monde me salua et je fus vite noyée dans la masse de personnes qui venaient se présenter à moi. Bien sûr je ne retiendrais pas un seul des prénoms énoncés avant un petit moment.

Nous avions environ un mois de tournage en studio qui dépeignait le lieu de début du film. Des ruines de grandes villes changées en clans de tribus. Lors de la visite de ce « lieu » j'étais restée bouche bée fasse à l'immensité et au réalisme des décors.

Je rencontrais également pour la première fois les acteurs qui seraient mes futurs collègues pendant le prochains mois, notamment Raven Reyes.

C'était une jeune femme pétillante et elle était venue naturellement vers moi pour se présenter. Elle avait un débit de parole assez impressionnant et m'expliqua un tas de choses dont j'eus du mal à discerner si cela me serait utile à un moment ou à un autre.

Elle allait jouer le rôle du « vilain petit canard » du groupe. Une sorte de peste voulant faire partie de l'élite du clan et qui finirait par aider mon personnage, sans pour autant oublier son objectif.

Je ne la connaissais pas du tout en tant qu'actrice mais son personnage était clairement à des années lumières de sa personnalité et j'avais hâte de voir si elle jouait bien.

Elle en profita pour me présenter Finn Collins qui incarnerait celui dont Aloy tomberait amoureuse.

Il était charmant, c'était au moins un bon point pour moi. Il me salua poliment mais ne s'attarda pas à parler avec nous.

La première journée ne fut que mise en place et rencontre avec les équipes. Le réalisateur nous présenta tous officiellement et nous donna plus de détails concernant nos personnages, les lieux, l'époque, l'ambiance, etc.

Les deux semaines qui suivirent furent intenses. Levé 5h, maquillage à 6h et début des prises vers 7h. Autant dire que j'étais plus que morte.

Nous étions début décembre et ce matin le froid glacial ne m'aidait pas du tout à me réveiller.

J'arrivais dans l'espace réservé au petit déjeuné des équipes et me dirigeait lentement vers la machine à café quand Bellamy, un sourire sur le visage, m'en tendit un.

- « Voilà pour vous mademoiselle Griffin ! » me dit-il.

- « Oh merci, c'est très gentil Bellamy ! Mais quand cesseras-tu de m'appeler « Mademoiselle Griffin » ? »

- « Quand tu m'appelleras Bell' ? » rigola-il.

Je secouais la tête à sa remarque et portais le breuvage à mes lèvres me rendant tout de suite compte que ce n'était pas du tout le café de la machine. Certes celui qu'on nous proposait était bon mais il ne valait clairement pas celui que j'étais en train de boire.

- « Comment se fait-il que... »

- « Que ce café soit aussi bon ? J'ai mes petits secrets voyons ! » me coupait-il en me faisant un clin d'œil.

Il était vraiment gentil. Son équipe et lui se pliaient déjà en quatre pour nous en se levant très tôt tous les jours.

Dire que moi je me plains de l'heure à laquelle je me lève… Je n'imagine même pas lui…

Il fut interpellé par un acteur et me souriait une nouvelle fois me faisant comprendre qu'il devait y aller, avant de me laisser.

Je buvais doucement mon café quand Marianne, ma maquilleuse, vint me chercher. C'était un brin de femme d'environ soixante ans, toujours de bonne humeur.

- « Excuse-moi de te déranger ma belle mais ce matin tu dois passer plus tôt car nous avons des figurants à maquiller, je suis désolée de te presser. »

- « Ne t'excuse pas voyons je suis toute à toi, mais j'emporte ce précieux stimulant avec moi sinon je vais m'endormir ! » lui répondais-je en lui montrant mon café.

- « D'ailleurs je t'en sers un aussi ? »

- « Oh non merci, je suis très spéciale... Je n'aime et ne tolère que les cappuccinos dont le café est décaféiné et le lait sans lactose ! Autant dire que je suis très casse pied. »

- « Pire qu'une actrice ! » rigolais-je.

Nous continuions à discuter en même temps que je m'installais pour qu'elle me maquille.

Aloy portait quelques peintures légères sur le visage et mon passage avec Marianne ne prenait pas énormément de temps mais c'était un passage obligatoire.

Alors que je buvais mon café en la laissant faire son travail, Lexa, une régisseuse de l'équipe de Bellamy s'avança vers nous.

- « Bonjour. Tiens Marianne c'est pour toi ! Je pensais que tu en aurais bien besoin avec la grosse journée qui t'attend » s'enquit-elle en lui tendant un gobelet.

- « Oh Lexa ce que tu peux être gentille... » s'émerveilla l'intéressée en s'en saisissant.

- « Mais non voyons c'est normal. Tu ne demandes jamais rien et ça me fait plaisir ! Si tu as besoin de quelque chose n'hésite pas à m'appeler d'accord ? » lui répondit-elle dans un très léger sourire.

Elle ne s'attarda pas à rester avec nous, ayant sûrement beaucoup de travail et nous salua avant de repartir.

- « Ce qu'elle peut être adorable ! » soupira la maquilleuse en portant son café à ses lèvres.

« Tu ne trouves pas ? »

- « Euh...c'est à dire que je ne la connais pas. Elle a été assez froide le jour où je l'ai rencontrée et on m'a dit qu'elle était...spéciale. » lui accordais-je sans avoir réellement matière à répondre.

Marianne éclata de rire alors que j'écarquillais les yeux ne comprenant pas vraiment sa réaction.

- « Il faut juste apprendre à la connaître mais une fois que c'est fait tu ne pourras plus te passer d'elle, tu verras ! »

C'est la meilleure celle-là… Comment une simple régisseuse pourrait m'être indispensable tiens ?!

Non pas que je dénigrais son travail, loin de là, mais je ne comprenais pas les paroles de cette dame.

Je lui avais juste fais part du fait qu'elle avait l'air spéciale et elle, m'expliquait qu'elle me deviendrait indispensable.

Aucune logique mais je ne relevais pas plus, ne prenant pas la peine de répondre ou plutôt n'ayant surtout rien à répondre.

Lorsqu'elle eut fini de me maquiller, je m'asseyais avec Raven pour attendre le début de la prochaine prise. Un défilé de figurants s'enchaînait pour Marianne et deux autres de ses collègues, venues en renfort pour l'aider.

Les figurants étaient surexcités et désordonnés. Ils donnaient du fil à retordre aux maquilleuses et il ne fallut pas longtemps pour voir débarquer Lexa et Lincoln venant les calmer. Je ne sais pas exactement ce qu'ils leurs dirent mais ça eu son petit effet car plus personne ne broncha après.

Lincoln avait une carrure impressionnante et cela devait pas mal aider pour les calmer mais Lexa n'avait rien à lui envier. Elle n'avait eu qu'à se placer devant le groupe et mettre son doigt devant sa bouche en les fixant.

Spéciale, oui !... Indispensable… en tout cas pour ce coup-là, oui…

La journée passa à une vitesse folle et l'heure de rentrer pointait le bout de son nez. Après avoir discutée quelques instants de plus avec le réalisateur, je me dirigeais vers la sortie quand je me rendais compte que j'avais oublié mes gants.

Un demi-tour obligatoire vers la pièce de mon oubli était nécessaire et j'allais rentrer dans celle-ci, là où mes gants m'attendaient, quand de la musique se fit entendre. Par curiosité je passais doucement la tête par la porte et je découvris Lexa en train de nettoyer la salle au rythme de la musique.

Pour quelqu'un que j'aurais qualifiée de « froide », elle dansait vraiment bien. Elle prit le balai de façon à s'en faire une guitare et gratta celui-ci sur le solo qui se faisait entendre.

Un rire m'échappa et elle se retourna vers moi, surprise de voir quelqu'un. Ses yeux prirent cette expression glaciale que j'avais vu pour la première fois dans l'avion, me faisant perdre ma contenance.

- « Pardon je ne voulais pas te faire peur... » risquais-je ne voulant pas la vexer.

- « Ce n'est pas grave je...je pensais être seule c'est pour ça que... »

- « Que tu faisais un air guitar qui pourrait faire pâlir un vrai guitariste » rigolais-je pour la détendre voyant qu'elle semblait plus gênée qu'autre chose.

- « Des années d'entraînement bien sûr. » me sourit-elle pour la première fois.

Son regard avait changé en comprenant que je ne la jugeais pas et rigolais de bon cœur. Je scrutais la pièce en même temps à la recherche de mon bien tout en lui expliquant :

- « J'ai oublié mes gants et avec le temps qu'il fait ça m'embêterai de perdre un ou deux doigts. »

- « Je n'en ai pas vu en rangeant mais je peux te prêter les miens… Je n'en ai pas besoin. » me dit-elle en les sortant d'une de ses poches, me les tendant par la même occasion.

- « Je ne voudrais pas t'en priver, tu es sûre ? »

- « Bien sûr ! Prends-les, tu me les rendras plus tard, ne t'inquiète pas. » me répondait-elle toujours dans un sourire pour me conforter.

En me saisissant des gants, je me perdais à la détailler vraiment pour la première fois. Elle était grande avec de magnifiques yeux verts et de longs cheveux qu'elle avait attachée pour qu'ils ne la gênent pas pendant son nettoyage.

Elle n'a rien de quelqu'un de bizarre…

La phrase de Marianne me revint en tête sans aucune raison et je me mis à frissonner.

- « Je te remercie Lexa ! Je dois y aller. » la saluais-je beaucoup trop vite et un brin affolée.

Elle n'eut pas le temps de me répondre que je me précipitais dehors comme poussée par une force invisible.

Je me mettais à accélérer le pas comme pour fuir… Mais fuir quoi ?

Tu fais quoi là Clarke ?...

Le chauffeur qui devait me ramener à l'hôtel m'attendait et je rentrais dans la voiture sans plus de politesses.

Le trajet allait être court, mon hôtel n'étant pas très loin et le temps que je sorte de mes pensées nous étions déjà arrivés.

En rentrant dans le hall de celui-ci, je me rendais compte que je n'avais toujours pas enfilée les gants.

C'était ridicule et j'étais ridicule.

Je souriais doucement à ma propre bêtise en me dirigeant vers ma chambre.

Sérieusement Clarke… Comment pourrait-elle t'être indispensable voyons ?


Merci beaucoup pour vos retours tous plus gentils les uns que les autres, ça me fait chaud au cœur !

Je réponds à vos reviews dans l'ordre de parution pour que les guests puissent retrouver, je l'espère, les réponses qui leurs sont dues.

A la semaine prochaine cette fois-ci !

Elektraae : Il est bien détestable hein !? Et tu sais quoi c'est pas fini \o/

Merci en tout cas ! J'avoue avoir une légère euphorie à la publication. J'espère que la suite te plaira !

The100forever8 : Merci beaucoup, ça fait chaud au cœur d'avoir des supers retours comme ça ! Bellamy est adorable voyons ! Adorablement détestable juste ! Je pense qu'il ne la voulait juste pas dans son équipe, délit de faciès.

Cassandra : Merci beaucoup ! Et hop voila la suite en moins de deux jours, maintenant je vais essayer de me plier à un par semaine ! Si j'y arrive…

Guest 1 : Contente que ça te plaise ! L'impatience ça me connait ;) !

Guest 2 : Elle l'a bien mouchée disons ! Il ne devait pas s'y attendre à celle-là ! Mais j'avoue elle ne part pas super bien sur un tournage qui n'a même pas encore commencé ! Très contente que ça t'ait plus !

Jenn : Merci beaucoup ça me fait énormément plaisir ! Pour Bellamy j'ai pris un malin plaisir à l'écrire comme ça j'avoue, il est bien détestable !

Loop : Vraiment contente que ça te plaise ! Je ne comprends pas pourquoi tu dis ça sur Bellamy, voyons ;) ! Ce garçon est adorable ! Merci beaucoup, en tout cas j'ai pris beaucoup de plaisir à poser mes idées sur papier et j'espère qu'elles plairont jusqu'au bout !

Fr-fan-brittana : Merci beaucoup de ton retour ! Comme je te comprend ! C'est aussi pour ça que je n'ai pas publiée avant de l'avoir fini et heureusement car j'ai mis plus d'un an et demi à m'arrêter et reprendre. En plus au passage, j'ai retouché pas mal les premiers chapitres à la fin de l'histoire ! Alors ça aurait donné un joyeux bordel ! Rassure-toi !