Salut à tous !

Comme prévu aujourd'hui publication du chapitre 4 ! Après trois chapitres de présentation, on passe au vif du sujet.

Toujours un grand merci à Lowax pour ses corrections et ses conseils !

Bonne lecture et à samedi prochain !


Chapitre 4 : La tempête.

Je baillais en posant les différentes pâtisseries sur le buffet.

5h30.

Je m'étais toujours vantée de ma faculté à ne pas avoir besoin de beaucoup de sommeil mais le tournage avait démarré sur les chapeaux de roues.

Nous commencions à 5h du matin tous les jours et nous finissions vers 21h le temps de tout ranger.

Autant dire que mon super pouvoir était d'une grande utilité et pourtant j'avais beaucoup de mal. C'était dix fois pire pour mes collègues qui accusaient le coup. Octavia avait une tête affreuse certains matins et Lincoln ressemblait à un zombie qu'on aurait dérangé pendant un repas.

Bellamy lui n'arrivait que vers 6h du matin tous les jours et partait bien avant nous en n'oubliant pas de nous donner toutes sortes de tâches. Notre collaboration, d'ailleurs, stagnait dans la tolérance minimale de l'autre.

Son absence matin et soir avait tendance à énerver mes deux collègues.

Ce matin elle les énervait plus que d'habitude.

- « Pourquoi n'est-il jamais là le matin ? Il est régisseur en chef, ok, mais pas glandeur en chef ! » s'énerva Octavia.

- « Je ne sais pas mais c'est lourd de faire tout le boulot et que ce soit lui qui en tire le mérite. Rien que hier pourquoi il a saboté le « café de l'amitié » de Lexa ? Ça lui apportait quoi de se faire bien voir auprès de Clarke, elle l'adore déjà. » ronchonna Linc'.

Je me taisais en repensant à la scène de la veille ou, comme d'habitude, Bellamy avait réussi à tirer profit de la situation.

Je voulais me rattraper de notre rencontre « ratée » avec Clarke en lui offrant un café bien meilleur que celui qu'on proposait. C'était d'ailleurs Marianne, une maquilleuse pour qui je m'étais prise d'amitié qui me l'avait suggérée.

Alors la veille je m'étais levée un peu plus tôt pour aller en chercher dans un café du coin où j'en avais pris pour notre équipe, Clarke et aussi un pour Marianne que je voulais remercier.

Dire que j'en avais aussi pris un pour lui...

Lorsque j'étais arrivée avec mes cafés, après les avoir offerts à tout le monde, Lincoln n'avait pas pu s'empêcher de me poser la question :

- « C'est aujourd'hui que tu offres le « café de l'amitié » à Clarke ? »

- « Le « café de l'amitié » ? » renchérit Bellamy.

Je faisais les gros yeux à Lincoln, il ne savait pas tenir sa langue.

- « Oui, j'ai été assez froide lors de notre rencontre et depuis je ne sais pas trop comment m'excuser. Du coup je pense que repartir sur un café ça peut être pas mal. » répondais-je sans y mettre trop d'enthousiasme.

- « Et c'est moi qui ai eu l'idée de le baptiser le « café de l'amitié » ! » annonçait fièrement Linc'.

Pour tout signe de réponse il hochait la tête lentement.

En attendant l'arrivée de Clarke je posais le café dans un endroit où personne ne pourrait le prendre et je continuais la préparation du buffet. Je n'avais que quelques minutes à attendre, le timing était bon et le café le resterait aussi.

Lorsque j'entendis sa voix, je me retournais pour la trouver en compagnie de Bellamy entrain de lui offrir MON café.

J'étais tellement furieuse qu'en venant offrir son café à Marianne je ne m'attardais même pas alors que Clarke se trouvait avec celle-ci.

Tu aurais pu essayer de t'excuser Lexa…

Cet énervement m'avait aidée pour la journée car il avait fallu recadrer des figurants un peu trop turbulents et mon regard avait suffi à leurs faire comprendre qu'ils devaient rester sages.

Je comptais bien lui demander aujourd'hui pourquoi il avait osé faire ça. J'avais voulu y aller directement la veille mais Octavia m'avait arrêtée en me disant que je passerai encore pour quelqu'un d'impulsif et froid.

- « J'avoue que mon frère n'aurait jamais dû faire ça. Surtout que comme dit Linc', il s'entend déjà bien avec Clarke. »

Il était vrai que Bellamy avait su se faire bien voir auprès des acteurs très tôt et surtout auprès de Clarke. Il aurait d'ailleurs dû faire acteur car il montrait très bien deux facettes complètements différentes.

En parlant du loup, il nous faisait l'honneur d'être là beaucoup plus tôt ce matin. Qu'elle mouche avait bien put le piquer.

- « Salut... Ce matin vers 10h, Anya va venir s'assurer que tout se passe comme il faut alors j'attends beaucoup de vous. » nous lança il complètement endormi.

Voilà donc pourquoi tu es là plus tôt...

- « Octavia il faut que tu m'aides alors ! A moins que tu ais quelque chose à faire ?!» l'apostrophait Lincoln paniqué.

- « Non, non ne t'inquiète pas je suis dispo… »

- « Très bien suis moi alors ! » accélérait-il en lui prenant le bras et en l'entraînant je ne sais où.

Je me prenais un croissant et commençais à me faire couler un café quand Bellamy m'interpella :

- « Euh tu ne m'as pas entendu ? Tu attends quoi pour t'y mettre ? »

- « Pourquoi tu lui as offert le café que je lui réservais ? » sortais-je le plus paisiblement du monde.

- « Je te demande pardon ?! »

- « Hier. Tu as offert à Clarke le café que je lui avais ramenée. Pourquoi ? » lançais-je en mangeant un bout de mon croissant, le regard neutre mais ancré dans le sien.

- « Ah ça ! » rigola-il faussement avant de reprendre.

« Je comptais lui dire qu'il venait de toi mais… Malheureusement un acteur m'a appelé à ce moment-là et je n'ai pas eu le temps. »

- « Comme c'est mal tombé dis donc... » renchéris-je en continuant mon croissant mes yeux plongés dans les siens.

Depuis toujours mon regard transposait parfaitement mes émotions et les décuplaient, il commençait à être mal à l'aise, je le savais, c'était là tout l'effet que faisaient mes yeux. J'allais lui dire le fond de ma pensée quand Clarke nous interpella.

- « Bonjour Bell', bonjour Lexa »

Il lui répondit plus vite que moi, sûrement pressé de cesser le contact visuel que nous avions et il s'en sortait bien grâce à elle.

- « Tu souhaites un café ? » lui proposa-il directement en se reprenant.

- « Oui je veux bien, s'il te plait. » répondait-elle sans trop lui témoigner d'intérêt.

« Tiens Lexa je te remercie pour m'avoir prêtée tes gants, c'est très gentil. »

Elle me tendait les gants que je lui avais prêtée la veille, un large sourire de remerciement sur le visage.

En y repensant je m'étais encore une fois trouvée tellement nulle avec elle. Je devais nettoyer la salle de repas, c'était mon tour.

J'adorais travailler en musique et avec la fatigue de la journée cela m'avait donnée assez de courage pour continuer encore un peu avant de rentrer me reposer.

La musique m'entrainant, je m'étais lâchée sur un solo de guitare et c'était le moment précis que Clarke avait choisi pour rentrer dans la pièce.

J'avais réuni tout mon courage pour essayer de ne pas merder, encore une fois, et ça n'avait rien donnée car elle s'était enfuit presque en courant...

Je n'arrivais toujours pas vraiment à comprendre pourquoi. Mon regard peut être ?

En tout cas, je ne pensais pas qu'elle viendrait me rendre mes gants de sitôt.

- « Merci. Tu n'étais pas obligée de me les rendre aussi vite. C'est gentil en tout cas. » répondais-je en reprenant mes gants, peut-être un peu trop froidement.

- « Je ne voulais pas t'en priver avec le temps qu'il fait dehors ! En plus si tu perds un doigt ton public sera déçu de ne plus te voir jouer. » annonça-t-elle en me faisant un clin d'œil amusée.

Elle prit le café des mains de Bellamy qui avait l'air mécontent que j'ai eu une interaction, qu'il ne comprenait pas, avec son actrice. Elle nous remercia et partit directement vers Raven qui l'appelait en secouant les mains en l'air.

Je partais bosser sans attendre qu'il me fasse une remarque. La journée promettait d'être meilleure que celle de la veille et une paire de gants m'apporterait peut-être plus qu'un « café de l'amitié ».

Le tournage avançait correctement et la neige dehors aussi.

Nous étions maintenant le 23 décembre et dehors tout était recouvert d'un manteau blanc. La magie de Noël n'était pas vraiment présente sur le tournage, d'une part à cause du réalisme des décors, nous plongeant dans un univers complètement différent mais aussi car tout le monde travaillait d'arrache-pied. Puis nous étions loin de nos familles...

Il nous restait environ 2 semaines de tournage dans ces locaux pour après, partir sur un tournage en plein air qui promettait d'être « rafraîchissant » vu les lieux.

C'était aujourd'hui le dernier jour de tournage avant deux jours de repos pour toutes les équipes. La journée se finissait à 14h pour permettre à ceux qui le souhaitait de prendre leurs avions pour passer Noël en famille.

Bien sûr tout le monde ne rentrait pas chez eux, d'ailleurs notre petite équipe ne rentrait pas. Trop cher et trop contraignant pour le peu de temps.

Nous allions fêter Noël entre nous dans l'appartement loué où nous vivions le temps du tournage.

Octavia avait eu l'idée et comme Lincoln était enchanté de ne pas passer les fêtes seul nous n'avions pas dit non avec Bellamy, face à leurs entrains.

D'ailleurs pour une fois, Bellamy et moi nous étions sur la même longueur d'onde : Nous étions dégoûtés de devoir passer plusieurs heures dans la même pièce.

13h58.

Octavia et Lincoln nous rejoignaient pendant que nous commencions à ranger, pour une fois que Bellamy aidait à ranger. Il devait être pressé lui aussi de rentrer.

Les scènes avaient pris moins de temps que prévu et la fin de la journée était là.

- « Bon vous êtes là ! Avec Lincoln nous allons acheter un sapin ainsi que les décorations pour l'appart' et de quoi faire les fêtes de Noël correctement pour demain soir. » s'enjoua O'.

- « Je ne crois pas non. » lui répliquait sèchement Bellamy.

- « Et pourquoi ça ? » répondait-elle de la même manière. J'en oubliais qu'ils n'étaient pas frère et sœur pour rien.

- « Parce que la journée finit à 14h pour tous les autres certes, mais pas pour vous. Rien n'est encore rangé et j'ai un rapport à faire à Anya. Tu n'as pas 4 ans, prend tes responsabilités. »

- « Tu te fou de ma gueule ? Tu ne fais presque rien de tes journées et tu oses me dire de prendre mes responsabilités ? » lui balançait-elle au visage.

Le ton entre les deux commençait à monter et je voyais une Octavia bien différente de celle que je côtoyais tous les jours.

Elle ressemblait d'un coup à ce côté détestable de Bellamy mais en nettement plus convaincante que lui. Ils s'envoyaient au visage toutes sortes de reproches quand Lincoln soupira l'air contrarié :

- « Arrêtez. Je vais nettoyer la salle et O' ira faire les courses. Ça me prendra le temps qu'il faudra mais comme ça tout le monde sera content c'est bon ? »

- « Mais Linc', je n'arriverai pas à porter le sapin seule...sauf si… Tu veux venir avec moi Lexa ? »

Faire les courses de Noël : Non merci, je déteste ça. Il fallait vite que je trouve une solution avant de me faire prendre en otage.

- « Vous deux vous aller faire vos courses et toi ton rapport. Je nettoierai. » ordonnais-je presque. Il était hors de question que je fasse ces foutus courses de Noël.

- « Hum... » réfléchissait Bellamy qui n'appréciait pas mon intervention autoritaire.

- « Tu souhaites peut-être passer deux jours avec ta sœur et Lincoln faisant la tête parce qu'ils n'ont pas leur sapin ? » renchérissais-je sur un ton un peu moins directif pour aider mes arguments.

- « ...c'est bon, aller faire vos courses de Noël, j'ai autre chose à penser. » se résigna-t-il.

Il partit en ronchonnant dans sa barbe, Octavia retrouva son sourire et Linc' paraissait soulagé.

Cette gentillesse de ma part me coûta mon après-midi.

16h50.

Je soupirais.

Les locaux étaient complètement vides et j'étais encore là.

Qu'est ce qui t'as pris d'être aussi gentille Lexa, sérieux… ? Tout ça pour ne pas avoir à porter un sapin…

Bellamy devait sûrement être en train de rédiger son rapport à l'appartement avec les deux autres accrochant leurs décorations de partout. Dans un sens cela m'arrangeais et puis savoir Bellamy entrain de supporter les enfantillages de mes collègues me donnait amplement satisfaction.

Je passais le dernier coup de chiffon sur une table quand j'entendis quelqu'un appeler. J'enlevais les écouteurs de mes oreilles, je n'étais pas sûre, et de nouveau j'entendis une voix.

- « Il y a quelqu'un ? »

C'était la voix d'une fille, j'éteignais ma musique et me mettais à chercher d'où provenait la voix dans les couloirs.

Je tombais nez à nez avec Clarke qui eut l'air encore plus surprise de me voir.

- « Tu m'as fait peur ! Mais dieu merci je ne suis pas toute seule ! » me dit-elle en posant une main sur son cœur.

- « Pardon...je pensais être seule ici. Tu as encore oubliée tes gants ? » la taquinais-je un sourire en coin.

- « Non mademoiselle la rockeuse, je n'ai pas oubliée mes gants !... J'ai… oubliée mon téléphone... » me répondait-elle en se mordant la lèvre, obligée d'avouer qu'elle avait encore oubliée quelque chose.

- « Ce n'est pas… ce que tu tiens dans ta main ? » lui annonçais-je en haussant les sourcils, lui désignant son téléphone.

- « Oui je l'ai déjà trouvé. Le vrai problème… c'est que je n'arrive pas à ouvrir la porte d'entrée pour sortir, elle a l'air bloquée... »

- « Ah bon ? Attend on va regarder ça... »

En arrivant devant la porte d'entrée vitrée je remarquais que dehors c'était la tempête de neige. Le vent se déchaînait, sifflant et faisant voler le manteau blanc dans tous les sens, on ne voyait pas après quelques mètres.

J'essayais de pousser la porte pour l'ouvrir mais elle ne s'entrouvrait que d'un léger centimètre, me permettant juste de ressentir le froid mordant de dehors. Ce n'étais pas la neige qui l'empêchait de bouger car malgré le fait qu'elle commençait à recouvrir le sol de plusieurs centimètres, il y avait toujours de dessiné le chemin qui avait était dégagé dans la journée.

Je remarquais juste devant, collé à la porte, une sorte de manche noir qui semblait être la cause de notre enfermement : la pelle à neige !

Mon dieu Lincoln je vais te tuer...

Il avait eu la magnifique idée de laisser la pelle à côté de la porte comme ça : pas besoin de la chercher, vu que c'est à nous de déneiger.

Sauf qu'avec le vent et, peut-être lorsque Clarke était rentrée dans le bâtiment, elle avait dû tomber et se bloquer entre le mur et le cendrier extérieur.

- « Bon la porte est bloquée. » indiquais-je.

- « Merci Sherlock Holmes je n'avais pas remarquée. » ronchonna-elle presque amusée.

- « Oui, mais avez-vous pu discerner que c'est une pelle à neige qui bloque celle-ci mon cher Watson ?! » renchéris-je.

- « Très pertinent ! Je n'avais pas vu, l'enquête est donc résolue ! » se mettait-elle à rigoler.

- « Aller… Je vais appeler Linc' pour qu'il vienne nous sortir de là. Après tout c'est son erreur. » lui signalais-je en me saisissant de mon propre portable.

Je composais le numéro de Lincoln en me disant que c'était dommage que cet échange prenne fin et surtout en me maudissant intérieurement de redevenir froide à chaque fois.

L'appel ne passait pas. Je recommençais : Idem.

Je composais le numéro de Octavia, qui lui aussi ne donnait rien et en dernier recourt celui de Bellamy : Rien.

Je me mis à rigoler nerveusement.

- « Qu'est-ce qu'il y a ? » me demanda Clarke en levant les yeux de devant la tempête qui faisait rage dehors.

- « Je crois...que le réseau ne fonctionne pas... » essayais-je de lui annoncer calmement.

- « Pardon ? Ce n'est pas possible je dois... enfin j'ai quelque chose à faire, ce n'est pas le moment ! » paniqua-elle.

- « Ça ne sonne même pas… faisant un bip de fin directement, je n'y peux rien. On va essayer avec le tien si ça ne te dérange pas ? » expliquais-je en essayant de garder mon calme.

Alors on essaya encore et encore mais le résultat fût le même.

On resta silencieuse un bon moment, se rendant compte qu'on était bloquées à l'intérieur pour au moins la nuit. Pas de panique, on était juste bloquées pour la nuit, demain après la tempête le réseau se remettrait à fonctionner et on pourrait sortir tranquillement.

J'avais connu des situations bien pire.

Oui voilà, ce n'est pas la mer à boire, je suis juste bloquée avec Clarke pour la nuit.

Je suis bloquée avec Clarke...

Oh mon dieu...

On relevait la tête en même temps toute les deux et un air de panique se dessinait sur son visage. J'essayais de rester de marbre pour ne pas l'inquiéter :

- « Bon déjà on a de l'électricité c'est pas mal. »

La lumière se coupa net.

- « Tu disais ? » rajouta Clarke.

- « Super... il ne manque plus qu'un sérial killer dans le bâtiment et notre soirée sera parfaite. » soupirais-je.

- « S'il peut nous aider à ouvrir la porte avant de nous dépecer. » rigola-t-elle.

Je souriais. Mon humour noir ne faisait pas rire grand monde et c'était bien la première fois que quelqu'un renchérissait dessus.

Nous allumions nos téléphones pour nous aider à nous diriger. Ce n'étais pas la faible lumière de dehors qui allait nous aider, il allait bientôt faire nuit noire. Le disjoncteur était notre première priorité mais rien n'y fit et malgré nos efforts, la lumière ne se ralluma pas.

Je lui proposais d'aller nous installer dans la salle qui accueillait le petit déjeuner.

Elle n'était pas trop grande, servait également de réserve de nourriture et nous permettrait de prendre notre mal en patience en grignotant. Après avoir réuni des couvertures pour nous asseoir nous nous installions par terre, côte à côte, face à la fenêtre.

Celle-ci n'était pas très haute et nous aurions pu partir par là si toutes les fenêtres de ce bâtiment n'étaient pas grillagées pour que personne n'entre.

Dans les objets que nous utilisions pour le film, il y avait une sorte de petit réchaud qui avait servi pour maintenir un feu qui passait son temps à s'éteindre pendant une scène.

J'étais aller le chercher et l'allumais devant nous, il nous réchaufferait un peu et surtout nous éclairerait.

Je gardais un visage de marbre mais j'étais intérieurement complètement paniquée.

Passer la nuit bloquée à mon travail ne m'effrayait pas le moins du monde, cela m'énervait juste, mais la passer avec Clarke...

Certes je la côtoyais un peu plus depuis l'histoire des gants, mais nos interactions se limitaient à deux trois paroles, en incluant les bonjours et les mercis. Elle ne me fuyait pas mais je ne savais jamais quoi lui dire, je restais muette en la regardant et elle finissait par parler avec quelqu'un d'autre.

J'enviais Bellamy qui lui était un beau parleur, il arrivait à discuter naturellement avec elle et même à la faire rire. Il avait d'ailleurs très bien compris qu'elle était une petite faiblesse pour moi et me regardait fièrement lorsqu'il la faisait rire.

Nous étions assises depuis quelques minutes sans parler, Clarke essayant vainement d'appeler toute sortes de numéros.

Dans ma tête je cherchais des débuts de conversation, ce qui m'amena à me trouver encore plus ridicule et je du soupirer de ma propre bêtise car Clarke releva la tête et me regarda :

- « Je suis désolée... »

- « De quoi ? » demandais-je surprise.

- « Que tu sois bloquée ici, avec moi. »

- « C'est vrai. Je suis bloqué avec l'actrice principale du film, je ne peux rien connaître de pire ! » m'exclamais-je sur un ton outré.

- « Moi avec une régisseuse, estime toi heureuse ! » continuait-elle de la même manière.

- « Mais je suis bien plus qu'une simple régisseuse ! Je suis in-dis-pen-sable voyons ! » renchéris-je.

Clarke perdit son sourire directement.

Est-ce que je viens de dire une bêtise ?

Elle me regarda comme si elle essayait de lire en moi. Je ne comprenais pas ce qui se passait mais avant que je ne puisse ouvrir la bouche, elle se remit à parler :

- « Si tu étais indispensable tu aurais ouvert cette porte. » dit-elle sérieusement.

Je restais quelques secondes à l'observer avant d'ajouter aussi sérieusement qu'elle :

- « Je suis indispensable, pas parfaite. »

Clarke se mit alors à rire, le son de celui-ci se répercutant dans la pièce. Il avait l'air tellement franc ce rire.

- « Bien répondu mais je n'adhère pas ! Et donc « super régisseuse » que faisais-tu ici aussi tard ? »

- « J'ai voulu échapper aux courses de Noël avec Octavia et je me suis retrouvée à nettoyer tout toute seule. » soupirais-je en étant franche.

- « Tu n'aimes pas Noël ? » me demandait-elle dans un regard boudeur.

- « Plus depuis quelques années... » rajoutais-je tristement malgré moi, coupant notre échange en tournant la tête.

Elle comprenait rapidement que je ne souhaitais pas m'attarder alors elle reprit directement.

- « Tu évites les courses mais tu travailles plus… Et au final tu gagnes une soirée bloquée par la neige. Un combo merveilleux, je dirais. »

- « J'aurais espéré quelque chose de plus… disons : basique… qu'être assise au boulot sans électricité je dois l'avouer. Genre une bonne soirée devant la télé à ne rien faire. »

- « Moi aussi tu sais… je ne suis pas si différente de toi... » rajoutait-elle comme si j'avais pu penser tout le contraire.

- « Qui a dit que je te trouvais différente ? » révélais-je en la regardant.

- « Pardon... c'est juste que beaucoup de monde me regarde et me parle comme s'il allait se produire un miracle à chaque fois que j'apparais, comme une bête curieuse différente du monde entier... » avouait-elle en regardant le sol comme gênée.

Je restais silencieuse, ne comprenant pas vraiment pourquoi elle me racontait ça puis elle reprit :

- « Et... j'avoue que j'étais persuadée que toi... enfin... que tu étais comme ces gens-là… » me déclarait-elle alors que mon visage devait trahir mon étonnement à sa remarque.

- « Avoue que tu agis un peu bizarrement avec moi, et toutes les personnes avec qui je parle de toi ne te voit pas du tout de la même façon... »

- « Tu parles de moi avec d'autres personnes ? Intéressant dis donc... » soulignais-je.

- « Non non ! Ce n'est pas ce que je veux dire c'est... enfin... » paniqua-elle.

Je me mettais à rigoler, la sentant complètement couler dans son explication houleuse où j'avais fait exprès de mettre les deux pieds dedans.

- « Tu te fou de moi en fait. » ronchonna-elle.

- « Pardon Clarke, c'est que tu perdais tellement pieds dans ton explication pour ne pas me blesser, que je ne pouvais pas ne pas en profiter. » continuais-je en rigolant.

Elle me donna un léger coup de poing sur l'épaule pour me faire arrêter de rire. Je reprenais un tout petit peu plus sérieusement :

- « Excuse-moi Clarke... Tu sais, je... disons que j'apprécie ton travail depuis un moment et c'était un honneur, pour moi, de travailler avec toi. Sauf que notre première rencontre fut légèrement « froide » et depuis, je ne sais pas trop comment repartir sur de bonnes bases sans que tu ne me prennes pour une taré »

- « Oh mon dieu une fan ! Avoue que c'est toi qui as bloquée la porte !? »

- « Là, c'est toi qui te fou de moi. » lui indiquais-je en la montrant du doigt l'air faussement sévère.

Je n'aurais jamais imaginée pourvoir m'expliquer avec elle et rire de la situation, après tout elle n'avait pas tort : elle était comme tout le monde et je ne valais pas mieux que les autres à la regarder différemment.

- « En tout cas je suis désolée mademoiselle Griffin de vous avoir fait peur ! Peut-on repartir de zéro ? » demandais-je en lui tendant la main.

- « Aucun problème mademoiselle... ?! » me questionna-elle en répondant à ma poignée de main.

- « Woods. »

- « Aucun problème mademoiselle Woods donc ! » rigola-t-elle.

Les heures qui suivirent, nous discutions de tout et de rien, de simples conversations banales à des sujets plus personnels. Si quelqu'un nous avait écouté, il aurait pu dire que nous étions amies.

Clarke me racontait, avec une facilité déconcertante, des anecdotes de sa vie et plus notre soirée avançait, plus nous faisions connaissance dans une ambiance détendue.

Je me surprenais souvent à la regarder, à me dire qu'elle était vraiment belle et je me perdais dans son regard bleu azur avant de me faire violence pour m'intéresser à autre chose.

Vers 21h30 nos estomacs nous sortirent de nos conversations et je lui proposais d'essayer de grignoter quelque chose.

- « Une pizza 4 fromages s'il te plaît ! » s'enjoua Clarke.

- « Bien sûr ! Une coupe de champagne pour patienter pendant la cuisson, peut-être ? »

- « Je déteste le champagne ! Une bière, voyons ! Et bien fraîche, s'il te plait ! C'est d'ailleurs ce qui manque cruellement dans les soirées de gala promotionnel. » s'indignait-elle d'un air désolée.

- « C'est moins classe une fille avec une pinte de bière, en tenue de soirée, qu'avec un martini ou une coupe de champagne je crois. » ricanais-je.

- « C'est donc sûrement pour ça que je n'y ai pas droit... »

- « Encore un mystère de résolu mon cher Watson. »

C'est fou comme nous discutions de manière décontractée, j'avais l'impression de la connaître depuis des années. Cela faisait déjà presque un mois et demi que je travaillais avec elle au quotidien et... de la neige, une pelle ainsi qu'une soirée d'enfermement forcée et une coupure de courant plus loin nous en étions à rigoler de tout et de rien.

J'avais maudit intérieurement Lincoln mais maintenant je le remerciais pour cette soirée. Quand je sortirais d'ici, je m'attendais déjà à ce qu'il me dise avec Octavia que la magie de Noël avait frappée.

Mais Noël n'avait rien de magique... cette tempête peut-être...ou tout simplement Clarke...

D'ailleurs elle me sortit de mes pensées en agitant sa main devant moi.

- « Lexa ? Tu m'entends ? »

- « Pardon je réfléchissais... à ce que je pourrais nous trouver de bon à manger. » mentais-je.

Elle se contenta de ma réponse et hocha la tête.

Reprend toi Lexa, ou sinon elle va encore te prendre pour quelqu'un de bizarre.

- « Donc je nous propose pour ce dîner sur vue tempête et au coin d'un réchaud... » commençais-je en fouillant dans l'étagère et le frigo, malheureusement éteint.

« Des pommes soufflées salées, des toasts et leurs farandoles de noisettes écrasées ainsi que pour boisson... un nectar de pommes pressées ! »

- « Hummm... des chips, du Nutella… sur pain de mie ? Et du jus de pomme si j'ai bien compris ? »

- « Désolée je n'ai pas mieux. » sourirais-je.

Nous nous réinstallions par terre devant le réchaud et nous nous mettions à grignoter.

Nos conversations allaient bon train. On rigolait d'une situation qui m'était arrivée lors d'un de mes précédents travails quand ce qu'elle me répondit, m'interpella :

- « Je comprends un peu plus ce que les autres voulaient dire sur toi ! Tu n'es pas du tout comme Bellamy te dépeins. » exprimait-elle en continuant de rigoler.

- « Comment ça ? » me stoppais-je un peu sur la défensive.

- « Eh bien les autres te décrivent plus comme quelqu'un de passionnée… qu'il faut apprendre à connaître sous sa carapace de froideur. »

- « Et Bellamy ? » continuais-je en croisant les bras, me renfermant malgré moi.

- « Disons qu'il...euh... ne doit pas très bien te connaître... ce n'est pas important ! » commençait-elle à être gênée.

- « Si si continue voyons. » lui demandais-je en essayant de radoucir ma voix et décroissant les bras par la même occasion.

Elle me regarda, pesant sûrement le pour et le contre de sa réponse.

- « Vous ne vous appréciez pas ? N'est-ce pas ? »

- « Non. Il a une façon... « spéciale » de montrer qu'il est le chef, ce qui crée quelques étincelles entre nous. Nous avons très mal commencé notre collaboration et depuis rien ne s'améliore. » répondais-je sans aucune nuance d'émotion dans la voix.

- « Ah... je ne suis donc pas la seule avec qui tu as mal commencée ? » me taquina-t-elle en un clin d'œil.

- « Sauf que j'ai essayée une trêve qu'il a balayé. Je ne suis pas quelqu'un qui donne beaucoup de chance. J'ai courbé l'échine une fois, ce sera la dernière. »

- « Brrrr... ça fait froid dans le dos à t'entendre ! » rigolait Clarke.

- « Désolée je suis un peu rancunière. » essayais-je de me radoucir.

- « Quoi ? « Un peu » ?! Tu es carrément rancunière même ! Qu'est-ce qu'il a bien pu faire pour mériter ça ! Je le trouve absolument charmant en tout point. »

- « Charmant ?! Sérieusement ?! » vomissais-je mes paroles avant de continuer.

« Il est tellement charmant qu'il ta donné le « café de l'amitié » que j'avais prévu de t'offrir pour m'excuser de mon attitude dans l'avion. »

- « Le « café de l'amitié » ? C'est super mignon comme appellation… et aussi comme attention ! Mais il s'est peut-être trompé non ? » essaya-elle de le défendre.

- « Oh oui le pauvre je n'y avais pas pensé… et puis tout le monde se serait trompé quand je suis arrivée avec ce café et mon explication. » répliquais-je théâtralement en levant les yeux au ciel.

- « Hum... Bellamy et toi, sujet épineux donc. Je note. »

- « Du coup, il me décrit comment ? Ne fait pas cette moue, je n'ai pas oublié non. » rigolais-je alors qu'elle pensait avoir évitée le sujet.

- « Il te voit comme quelqu'un de... froid… d'associable et de... » se mettait-elle à rougir n'arrivant pas à finir sa phrase.

- « De... ? » la relançais-je l'air interrogateur.

- « ...de… très dragueuse envers la gente féminine... » finissait-elle en rougissant de plus belle.

Je me mettais à rigoler, fort et surtout : jaune. Utiliser mon orientation sexuelle pour lui faire peur.

Sérieusement Bellamy tu n'as trouvé que ça… Moi une coureuse de jupons ?

Autant j'aurais pu accepter les deux premiers termes car c'était souvent ce que je dégageais au premier abord, mais dragueuse...

Tu as peur de quoi Bellamy ?

- « C'est donc aussi pour ça que tu avais une certaine retenue envers moi n'est-ce pas ? » répliquais-je en essayant d'être plus amusée que touché par cette déclaration.

- « C'est qu'il m'a dit que... tu ... essayais d'avoir des actrices à ton palmarès... » essaya-elle de se défendre.

- « Clarke, voyons ! » l'apostrophais-je malgré moi les yeux ronds de stupeur.

« Je suis au travail et j'ai une éthique. Je ne couche pas comme ça et je ne suis pas ici pour te draguer ! Je prends très à cœur mon travail et d'ailleurs pour ta gouverne : C'est très souvent les acteurs qui me draguent et pas forcément les plus jeunes. »

- « Ah bon ? Mais c'est horrible ! » s'offusqua-elle la bouche grande ouverte, me faisant rire.

- « Oui et ils sont très gras et n'ont aucun tact. Ils ne doivent pas être habitués à ce qu'on leur dise non, je pense. »

- « Je suis désolée d'avoir pu croire ça... »

- « Ce n'est pas parce que, oui je suis gay, que je drague tout ce qui bouge. Alors vraiment… tu n'as aucun souci à te faire. » essayais-je de la rassurer.

Après cette mise au point, apriori nécessaire grâce à ce très cher Bellamy, nos conversations reprirent de plus belle sans aucune gêne de la part de Clarke, ce qui me rassurais.

Au fil des heures, il commençait à faire très froid et nous baillions de plus en plus, ce qui sonnait la fin de cette soirée. J'allais donc chercher d'autres couvertures, la température présente dans la salle étant beaucoup trop descendue malgré le réchaud.

Nous nous calions dessous et naturellement Clarke vint se coller à moi pour garder de la chaleur. J'en frissonnais. Je devais juste avoir plus froid que je ne pensais.

Le silence se fit rapidement et je commençais à somnoler, j'étais étrangement bien.

Comment est-ce que tu peux être bien, bloquée sur ton lieu de travail, adossée à un mur sous des couvertures de fortune ?

Clarke bougea légèrement me faisant frissonner de plus belle. Je n'étais plus très sûre que ce soit le froid qui me provoquait ces sensations.

J'entendais sa respiration devenir de plus en plus régulière et sa tête vint se poser sur mon épaule alors qu'elle devait s'endormir.

Un nouveau frisson me parcourait l'échine.

C'était sûr et certain...ce n'était pas le froid.


Un grand merci pour vos retours positifs, ça me fait vraiment très plaisir et me donne encore plus envie d'écrire !

La semaine prochaine : Chapitre 5 : Réveillon et révélation.

Je réponds à vos reviews dans l'ordre de parution pour que les guests puissent retrouver, je l'espère, les réponses qui leurs sont dues.

Aline2730 : Il n'a pas l'air très commode en effet, ce jeune homme bien désagréable ! Mais je crois qu'il fait déjà des trucs qui t'irrite pas mal ! Merci beaucoup pour ton retour ! Je pense que ce chapitre à dû plus te combler niveau interaction ;)

Guest : Elle est cool et jolie en même temps Clarke Griffin alors qui peut bien ne pas être intéressé ;) Mais clairement il n'a pas l'air insensible le Bellamy ! Merci de ton retour, j'espère que la suite te donnera satisfaction !

Cassandra : Merci beaucoup ! Ça me fait très plaisir ! Je me doute que ça ne te dérange pas que je publie plus vite mais je suis arrivée à m'y tenir, je vais continuer ;) (nous ne sommes pas à l'abri que je dérape, ne nous le cachons pas.)

Jenn : Merci beaucoup ! Si le pdv de Clarke t'a plu tant mieux car il va y en avoir plein d'autres ! Merci beaucoup en tout cas, ça me fait super plaisir de voir que mon écriture plait ! Et désolée pour la déception de ne pas avoir craquée avant samedi pour publier ! Mouahahahah vais-je tenir deux semaines d'affilées !?

DroDrov : C'est dur pour Clarke de savoir, il est adorable avec elle ! Merci beaucoup pour tes retours :)

Zayle : Merci beaucoup ça me fait super plaisir ! J'avoue que Horizon Zero Dawn m'a inspirée pour l'univers du film et du rôle principal, contente que tu l'ait remarqué ;) !

The100forever8 : Et oui ! Bellamy toujours a-do-ra-ble avec Lexa, c'est un plaisir au quotidien ! Disons qu'il n'aide pas à la chose en étant mielleux avec Clarke ! Merci beaucoup pour ton retour ! A la semaine prochaine !