Bonjour à tous,
On est samedi, il fait beau (en tout cas chez moi) alors c'est l'heure de publier \o/
Je suis toujours ravie de lire vos commentaires chaque semaine et encore plus quand il tourne autour de Bellamy. J'avoue que je me marre pas mal de l'intérêt qu'il suscite.
Un grand merci encore à Lowax de prendre de son temps pour ses corrections et ses remarques qui m'aident beaucoup.
Aujourd'hui c'est une POV Lexa.
Quand la semaine commence sur les chapeaux de roues et qu'elle n'est pas de tout repos, rien de mieux que de se vider la tête…
Chapitre 8 : L'oubli.
Ce matin c'était le branle-bas de combat !
Anya allait arriver dans moins de 30 minutes et franchement c'était panique à bord.
Bellamy avait un don irréfutable : transmettre son stress.
Le matin même.
Cela faisait environ une semaine que nous étions allés boire un coup tous ensemble. Ça me semblait une éternité pour la simple et bonne raison que je n'avais plus eu un seul moment de répit depuis.
Plusieurs événements étaient venus littéralement saccager notre semaine à l'équipe de régie et moi-même.
D'abord mon seul jour de repos avait sauté car les conditions météo s'étaient dégradées et il avait fallu sauver du matériel en catastrophe.
Soit dit en passant c'était un jour mémorable : Ce jour-là, le temps c'était radoucit et une pluie mêlée de neige tombait sur le camp. Le tournage avait été ajournée.
Octavia m'avait appelé à 7h en me disant qu'ils n'arriveraient pas à tout sauver sans moi.
En effet, lors de mon arrivée, j'avais assistée à la scène la plus absurde et drôle de ma vie. Octavia était tombée dans la boue qui s'était formée et ressemblait à un cochon heureux dans sa marre. Bellamy, lui, se faisait entraîner par une bâche qui le tirait sur plusieurs mètres pendant que Lincoln courait après cette même « bâche'llamy ».
Nous avions beaucoup rit le soir même, Bellamy lui aussi avait su dédramatiser la situation, ce qui m'avait assez étonnée… puis était arrivé le lendemain.
Il avait fallu réparer tous les dégâts et remettre de l'ordre dans le camp. Une journée qui avait commencée aux aurores et finie à pas d'heures.
Comme cette semaine n'était déjà pas assez sportive, il avait fallu que je m'interprète habilleuse. Deux habilleurs étaient tombés malades en même temps et il fallait les remplacer.
Je devais aider Clarke et un second rôle à ajuster leurs tenues de guerrières. C'était sûrement le meilleur contre temps qui me soit arrivée je dois dire.
Passer plus de temps avec Clarke ne me déplaisait pas, même si je devais rallonger mes journées.
Le deuxième petit bonheur de ce contretemps c'était qu'à la base : c'était Bellamy qui devait s'en charger. Grand seigneur, il s'était bien sûr tout de suite proposé pour effectuer la tâche car il trouvait qu'on en avait beaucoup déjà à gérer.
Mais l'habilleuse en chef ne le voyait pas du tout de cet œil-là. Lorsqu'elle l'avait pris à l'essai devant toute l'équipe de régie, elle avait dit au bout de seulement 30 secondes quelque chose comme : trop lent, tu trembles trop... mais tu as deux mains gauches ma parole !
Nous avions tous fait le plus grand effort de la terre pour ne pas nous moquer, Clarke inclue. Il s'était retourné vers nous rouge de honte mais aussi de colère alors que l'habilleuse ne comptait pas s'arrêter sur un échec.
Elle m'attrapait par le bras en m'apostrophant d'un « au suivant, je n'ai pas ma journée » puis m'expliquait les gestes à faire en même temps que je devais les exécuter.
Me voilà donc suppléante une à deux fois par jour.
Rajoutons à tout ça qu'une certaine garde forestière avait « malencontreusement » parlée du lieu de tournage à « juste une ou deux personnes » : La chasse aux curieux était ouverte.
Je ne savais pas comment elle s'était débrouillée mais le comté l'avait du coup chargé de nous aider à maintenir l'ordre sur le tournage. Nous nous retrouvions donc à l'avoir dans les pâtes à longueur de temps.
Cela nous faisait donc revenir à aujourd'hui vendredi veille de mon jour de repos ou la journée s'annonçait paisible.
Il était à peine 7h du matin et le camp était encore plus ou moins calme. Beaucoup de techniciens s'affairaient en vue du début du tournage mais rien de bien bruyant.
Les acteurs principaux, eux, n'arrivaient pas avant 8h pour l'habillage et le maquillage.
Ça nous laissait donc encore un peu de temps à Octavia, Lincoln et moi pour peaufiner le déroulé de la journée et surtout boire un café.
Notre breuvage en main, la discussion se faisait légère, Lincoln se gavant de croissants, quand Bellamy pointa le bout de son nez.
Habituellement il n'était jamais là avant 8h, vu qu'il se chargeait lui-même de récupérer Clarke et Raven. Toujours bien sûr, dans un souci de nous laisser du temps pour nos tâches.
Il courait.
Il s'arrêta devant nous, complètement essoufflé :
- « Elle arrive ! » cracha-t-il ses poumons.
- « Qui ? » lui demanda Octavia aussi surprise et amusée que nous.
Il reprenait légèrement son souffle les mains sur ses genoux. Il avait sûrement dû nous chercher dans tout le camp pour être aussi essoufflé.
- « Anya ! Elle arrive dans 30 minutes ! Inspection de tout notre travail, elle va absolument tout contrôler ! »
Et merde ça ne sera toujours pas pour aujourd'hui le calme...
Il nous expliquait qu'en se levant ce matin il s'était rendu compte qu'il avait un message d'Anya : Je serais là à 7h30, soyez prêt.
Court mais efficace apparemment au vu de sa réaction.
C'était parti pour une journée de course et au garde à vous.
Même si l'adrénaline montait, je n'étais pas franchement quelqu'un qui stressait facilement.
Pour le coup Bellamy, lui, était perdu, affolé par la venue « d'une tornade » comme il répétait en boucle. Octavia se reflétait parfaitement dans son frère et commençait à déborder sur Lincoln.
Au bout de quelques minutes de panique où tout se faisait dans l'anarchie la plus totale, j'intervenais :
- « Bon STOP ! » criais-je pour capter leur attention.
Ils s'arrêtaient tous me regardant d'un air stupéfait.
- « C'est bon ? Vous avez fini de paniquer ? » reprenais-je plus calmement.
- « Non mais encore heureux qu'on panique ! Je suis le chef, elle va arriver et et et... » sortait lamentablement Bellamy regardant encore une fois sa montre.
- « Tu te tais et tu m'écoutes maintenant. » sermonnais-je stricte et ferme en faisant une courte pause pour voir si j'avais toute son attention.
Attention qu'il ne me donnerait pas longtemps et qu'il ne m'accordait que par une totale surprise à la suite de mes paroles.
- « Tu es le chef, ne t'inquiète pas on est au courant. Tu nous le répète assez. Je ne remets pas en cause ton autorité, loin de là mais maintenant tu souffle et tu prends du recul sur la situation. Ce n'est pas en énumérant n'importe quoi dans n'importe quel sens qu'on va tout prendre en compte. Ok ? » expliquais-je sur un ton sévère de professeur.
C'était les deux autres qui acquiesçaient en me regardant silencieusement alors que Bellamy gardait la bouche ouverte toujours stupéfait de mon intervention. Je reprenais quasi instantanément sur le même ton :
- « Tu sais faire, sinon elle ne t'aurait pas choisi. Tu es régisseur en chef, non ? Tu as géré pire, non ? Alors donne nous tes directives. »
Cela faisait un moment que j'avais compris comment Bellamy fonctionnait. Lui rappeler son rôle de chef et lui demander ses ordres ne pouvait que l'exalter et le remettre sur pied, surtout venant de ma part.
Pourtant dans un sens c'était ce qu'il nous fallait absolument. Il n'y avait pas que lui qui jouais avec sa carrière et hors de question que mon, supposé, chef perde le contrôle.
Mon intervention était à double tranchant car j'avais peur qu'il s'emporte mais il finit par saisir l'autre option en reprenant vite ses esprits et en moins de temps qu'il fallait pour le dire tout était prêt.
7h30.
Elle était là : Anya Wax.
Impeccable dans son tailleur sur mesure les cheveux détachés un sourire en coin, elle nous saluait poliment tous les quatre en arrivant vers nous.
- « Bonjour à vous, je suis ravie de vous revoir ! J'espère que ma visite vous fais autant plaisir qu'a moi. » nous saluait-elle d'un ton enjoué.
- « Bien sur nous sommes ravis Anya, toujours prêt pour te recevoir. » minauda Bellamy qui avait retrouvé son calme.
- « C'est donc ce que nous allons voir. Apportez-moi un café et on commence. » répliquait-elle d'un ton beaucoup moins avenant sans perdre une once de son sourire.
Je pensais à tort qu'Anya n'avait qu'un poste de supérieure sans franchement y connaître grand-chose sur le métier de régisseur. Je me trompais sur toute la ligne.
Elle connaissait tout : absolument tout.
Lincoln m'apprenait qu'elle avait travaillée avec les plus grands et que c'était Arkadia qui était venu la chercher et non le contraire.
Le camp fut épluché dans les moindres détails ainsi que les prochaines semaines à venir. Tous les éventuels grains de sable, elle les savait avant même qu'on puisse les aborder.
Chacun notre tour, elle passait du temps avec nous, nous posant des questions sur nos emplois du temps, nos tâches, les imprévus.
Il devait être environ 17h lorsqu'elle nous réunissait tous.
- « Bon comme vous le savez cette petite journée était là pour voir si vous vous en sortez... » laissait-elle sa phrase en suspens alors qu'elle époussetait négligemment la manche de son tailleur.
« ...Je ne peux que vous féliciter. Tout ce que vous entreprenez suis son court et vous vous complétez correctement. » nous gratifia-elle pourtant sans aucun entrain.
Nous commencions tous à souffler et nous réjouir timidement en souriant quand elle rajouta :
- « Cependant j'aurais un seul point noir à vous reprocher. La fuite du lieu de tournage par cette garde forestière. Vous avez complètement merdé. »
- « Nous savons mais... » essaya de placer Bellamy.
- « Je ne t'ai pas demandé d'explications que je sache si ? » le coupa-elle.
Bellamy serrait la mâchoire et baissait le regard. Elle l'énervait clairement mais jamais il n'oserait dire quoi que ce soit contre elle. Anya reprenait :
- « Tu es fautif. Complètement fautif d'avoir invité cette femme qui n'avait absolument rien contre vous à venir... boire ou je ne sais quoi avec vous. » son ton était tranchant à souhait.
« Tu m'as dit l'avoir envoyé balader le matin même en lui sortant les documents attestant de vos droits et tu retournes, dans la même journée t'excuser par... pitié ? Si je te licenciais, penses-tu que j'éprouverais de la pitié ? » continua-elle toujours sur le même ton.
Je tiquais à ses paroles. Je n'en revenais pas. Bellamy avait osé s'attirer tout le mérite du départ de Kaly dans le camp.
- « Non... je sais… j'ai merdé sur ce coup-là, je ne... » essaya-il encore une fois de sortir.
- « Oui tu as merdé ! Et comme ces choses-là ne sont pas sans répercutions tu vas donner le meilleur de toi même, ou plutôt : de vous-même pour réparer cette erreur. » affirmait-elle plus légèrement comme changé par cette annonce.
Nous nous regardions en fronçant les sourcils alors qu'elle reprit très enjouée par sa future déclaration.
- « Vous allez organiser un gala. J'ai déjà tout vu avec le réalisateur et il adhère parfaitement à mon idée. Vous avez merdé et des infos circulent comme quoi ce tournage ne respecte pas la nature. Vous vous doutez que les écolos et certains politiques sont furieux. Vous allez donc organiser un gala de charité auprès de la région pour promouvoir le film et le respect de la nature lors de ce tournage. »
- « Oui d'une pierre deux coups ! » plaçait Bellamy comme un bon fayot pour se reprendre.
- « Ce sera samedi prochain. » rajouta Anya en souriant.
- « Samedi prochain ?! » toussait notre supérieur passant d'un grand sourire à une mine décomposée.
- « Oui. Un souci peut être ? » répliquait-elle en perdant son sourire instantanément.
- « C'est à dire que c'est... » balbutiais-il.
- « Court. C'est très court comme date. » rattrapais-je avant de rajouter.
« Le tournage nous donne beaucoup de travail au quotidien et... »
- « Et tu oses me dire non ? »
- « Bien sûr que non mais une semaine de plus pourrait... » essayais-je vainement de dire.
- « Samedi prochain. Démerdez-vous. C'est maintenant que nous allons voir si vous êtes plus que des régisseurs de base. À vendredi. » trancha-elle.
Et Anya, la tornade Wax, nous laissait là repartant sans même attendre de réponse.
Nous restions plantés sur nos chaises, sans dire un mot pendant quelques minutes.
Octavia et Lincoln étaient blancs comme des linges. A ma grande surprise Bellamy avait juste l'air de réfléchir. Au bout d'un moment il se leva devant nous et prit la parole :
- « On va lui sortir son putain de gala et je sais déjà comment nous allons faire. »
Pour la première fois depuis le début de notre collaboration, je le trouvais sûr de lui et déterminé. À l'instant présent, il me renvoyait enfin l'image que j'attendais depuis le début de lui : une allure de meneur.
Le soir même...
Malgré l'inspection en règle de notre travail, le camp avait continué de vivre sans nous. Pour mon plus grand malheur, la journée n'était donc pas finie.
Le rangement obligatoire de la salle servant de réfectoire m'incombait ce soir.
J'étais fatiguée de cette semaine, de cette journée et de la semaine à venir.
Alors que je finissais, Bellamy rentra dans la pièce apriori déterminé à me parler.
- « Demain je sais que c'est ton jour de repos mais nous devons préparer le gala. Je te laisse ton aprèm et ta soirée mais j'ai besoin que tu nous aide pour la mise en place le matin. » me lança-t-il sans aucune animosité dans la voix.
- « Oui c'est bon je serais là. » répondais-je naturellement en reprenant mon balayage de la salle.
Serait-il possible que notre collaboration soit sur le point de prendre un nouveau virage ?
Il commençait à partir quand il revint sur ses pas, se plaçait devant moi en me pointant du doigt et reprenait très froidement :
- « Ah oui aussi. Plus jamais tu ne me dis de me taire devant mes équipes. Compris ? »
Raté. Rien ne prendrait un nouveau virage.
Je relevais la tête de ma tâche et la froideur de mon regard suffit à lui faire baisser son doigt accusateur.
- « Pardon ? J'aurais peut-être dû te laisser dans ton stress et ton incapacité à faire quoi que ce soit de censé ? » lui lançais-je amusée et pourtant très ferme dans mes dires.
- « Garde tes belles phrases pour d'autres. Je te rappelle que tout ce que sait Anya de ton travail, c'est ce que je lui en dis. » se targua-il en souriant mauvaisement.
Tu oses me menacer Blake…
Je me rapprochais de lui sans sourciller. Je ne me tenais qu'a quelques centimètres et j'ancrais mon regard dans le sien.
- « T'attribuer les gloires des autres à l'air d'être monnaie courante mais qu'en sera-t-il si je lui en parle ? Si je lui dis comment j'ai fait fuir Kaly et comment tu as, toi seul... tout foutu en l'air. Si je lui raconte que tous les matins tu n'arrives qu'après nous juste pour aller chercher Clarke et te faire bien voir auprès d'elle ? » lui exposais-je calmement en retour de ses menaces.
Il reculait légèrement un air surpris et affolé sur le visage, comprenant que je n'étais pas dupe et que oui, tout se remarquait. Je reprenais :
- « Crois-tu qu'elle douterait de ma version ? Comment pourrait-elle en douter vu tous les gens qui pourraient en témoigner ? Garde tes menaces Bellamy. » finissais-je de dire en me reculant sans le lâcher des yeux.
J'allais reprendre mon travail mais il revint à la charge après quelques secondes de silence.
- « Tu parles de moi mais je ne crois pas que tu aimerais qu'elle le sache. »
- « Que qui sache quoi, Bellamy ? » le questionnais-je.
- « Clarke est au courant qu'elle ne te laisse pas insensible ?! » m'affirma-t-il tout sourire.
Je ravalais ma salive, essayant de ne rien montrer.
Comment un abruti pareil avait-il pu voir quoi que ce soi ?
Je n'aurais pas du parler de Clarke mais seulement aborder les sujets professionnels, il y avait déjà tellement matière à lui reprocher sur ça.
Je restais silencieuse, voulant trouver mes mots mais je savais que ce silence de quelques secondes m'avait déjà trahie.
- « Elle avait donc raison ! Kaly avait raison quand elle m'a dit que tu en pinçait pour Clarke. Elle m'avait dit à la soirée de me méfier mais je ne la croyais pas. » me lança-t-il de manière triomphante et dégoutté.
C'était donc elle... en même temps ça ne pouvait pas venir de lui. Il n'avait clairement pas inventé l'eau chaude.
- « Je ne savais pas que vous étiez devenus copains comme cochons en si peu de temps. » le raillais-je.
- « Ne change pas de sujet ! » recommença-t-il toujours triomphant de sa découverte.
- « Il n'y a rien à dire. Ça n'a que peu d'importance. » reprenais-je détachée.
- « À d'autres, c'est sûrement la dernière chose que tu voudrais qu'elle apprenne ! Déjà que tu as eu du mal à lui parler sans la faire fuir. » ricanait-il menaçant.
- « Tu veux que je te dise quoi Bellamy ? Que j'ai peur de ce que tu pourrais lui dire ? J'en rigole d'avance. Sache que je m'évertue à rester le plus professionnelle possible, ce qui n'est clairement pas ton cas. Pourtant je ne contrôle rien avec elle et c'est déjà assez compliqué pour moi. Et tu sais quoi ? Pas besoin de lui dire car elle ne ressentira jamais rien pour moi. Aux dernières nouvelles Clarke n'aime pas les filles. Alors lâche tes menaces. » lui débitais-je essayant de ne pas lui montrer que tout cela m'affectait.
Il avait l'air dubitatif, se demandant sûrement si je lui racontais la vérité. C'était trop facile, je me livrais à lui sans même nier quoi que ce soit, il était déstabilisé.
C'était la meilleure solution que j'avais. Lui dire la vérité, à lui, la dernière personne au monde à qui j'aurais voulu le dire. Même s'il savait maintenant, je n'avais pas dit mon dernier mot.
Je reprenais alors qu'un léger sourire était en train de le gagner :
- « C'est ce que tu voulais entendre ? Cependant fait attention à ce que tu pourrais lui dire. Je sais que tu ne cherches qu'à la mettre dans ton lit et cette info pourrait se retourner contre toi très rapidement. Chacun son épée de Damoclès. »
Son sourire mourrait dans une affreuse grimace et il hochait imperceptiblement de la tête pour me dire qu'il avait compris. Chacun avait beaucoup à perdre et nous repartions de zéro.
- « Tu peux reprendre ton petit cirque avec elle, Bellamy. Maintenant si tu n'as plus rien à me demander concernant le travail, je te priais de me laisser finir. »
Il s'en allait sans demander son reste, sûrement aussi content que déçu d'avoir percé ma faiblesse mais de savoir que les siennes le sont aussi.
Décidément cette journée est merdique...
Le lendemain.
Me lever aux aurores sur un de mes jours de repos ne m'enchantait pas le moins du monde.
En revanche, pas besoin d'aller très loin pour travailler, notre chalet nous servait de QG. Notre petit « accrochage » avec Bellamy avait l'air d'être resté entre nous. Il avait beau être un idiot fini, il savait garder sa langue quand cela le concernait.
Beaucoup de café plus tard, nous y étions.
Nous avions travaillé toute la matinée d'arrache pieds, établissant correctement tout ce qu'il nous fallait et le déroulé de notre semaine.
Le plan était là, notre semaine était millimétrée, chacun savait exactement ce qu'il devait faire : ce gala allait tout déchirer.
Mon jour de repos pouvait donc commencer.
Je me prévoyais un petit footing dans ce cadre idyllique. Courir m'aidait à évacuer et j'en avais besoin.
La veille, sur le moment, mes paroles à Bellamy m'avaient parues cohérentes mais je me rendais compte que j'en avais beaucoup trop dit.
Tout tournait dans ma tête en boucle, je n'arrivais pas à m'en défaire.
J'avais été trop conne. J'étais épuisée et j'avais révélée trop de choses.
J'osais à peine m'avouer ressentir quelques sentiments possibles pour Clarke et devant lui, j'avais tout simplement tout sorti comme une idiote de première.
J'étais prête pour me défouler mais au moment de partir impossible de remettre la main sur ma musique. Courir sans musique hors de question.
Raahh j'ai oublié mon lecteur dans la salle hier soir.
Je prenais la voiture et me rendais au camp. Une fois dans la salle je retrouvais rapidement mon walkman.
- « La grande Lexa aurait-elle oublié quelque chose ici ? » me demanda une voix que je reconnu directement.
- « Moi ? Bien sûr que non, j'avais prévu de le laisser ici. Clarke, voyons ! Je n'oublie jamais rien moi ! » lui répondais-je en me retournant pour la voir tout sourire.
- « Mensonge ! » dit-elle accusatrice.
Elle regardait l'objet que j'avais oubliée, présent dans ma main.
- « Oh un walkman ! Ça fait des années que je n'en ai pas vu ! J'en avais un, petite ! Je peux ?» m'implora-t-elle un regard d'enfant envers mon lecteur.
- « Bien sûr ! »
Je lui tendais, elle enfilait directement le casque et l'allumait comme une gamine découvrant son cadeau de noël.
- « C'est génial ! » me cria-t-elle sans se rendre compte qu'elle hurlait au lieu de parler.
Je ne pouvais m'empêcher de sourire, la regardant danser en silence les yeux fermés. Cette fille était décidément très belle.
Après un temps à écouter en dansant, elle se rendit compte que je la regardais faire un sourire aux lèvres et sembla paniquer en me rendant mon lecteur.
Bien, fais-lui encore plus peur Lexa…
- « Donc si tu n'es pas là parce que tu as oublié ceci, tu es là pour... ? » me lançait-elle attendant son triomphe de mon aveu.
- « Je suis là...pour... » énonçais-je le plus lentement possible cherchant une échappatoire.
Raven rentra en même temps dans la pièce sûrement pour venir chercher un truc à manger.
- « Oh salut Lexa ! C'est toi qui es venue chercher Clarke aujourd'hui ? Bellamy ne peut pas ? »
- « Salut Raven ! Voilà, c'est ça ! Je suis là pour ramener Clarke à son chalet. » m'exclamais-je en regardant la belle blonde avec un air de victoire.
- « Han j'y crois pas, tu te fais sauver ! Raven tu fais chier ! » grommela-t-elle très mauvaise perdante.
La latina ne comprenait pas du tout notre conversation. Elle se contenta de prendre un jus de fruit en nous regardant bizarrement.
Clarke me tapait l'épaule pendant que je riais aux éclats. Raven allait nous demander des explications mais un haut-parleur appela son nom pour se rendre sur scène.
Elle nous laissait en faisant comprendre silencieusement à Clarke qu'elle devrait tout lui raconter ce soir.
- « Bon du coup... je te ramène ? Tu ne tournes pas aujourd'hui ?» lui lançais-je.
- « Tu ne perds rien pour attendre ! » me dit-elle en me tirant la langue pendant que nous nous dirigions vers la voiture.
« Non je ne tournais que ce matin. Je n'ai aucune scène de prévue cette aprèm, c'est donc repos ! Ou plutôt c'est répétition d'une scène avec Finn... » finissait-elle sa phrase avec beaucoup moins d'enthousiasme.
- « Ça n'a pas l'air de t'enchanter. Ça ne se passe pas bien avec lui ? »
- « Bin disons qu'il est très particulier... Je pense que tu l'as déjà remarqué, vu comment il traite tout le monde. Je dois répéter une scène importante avec lui aujourd'hui et à part lors du tournage nous ne parlons jamais. »
- « Une répétition ça ne peut qu'apprendre à vous connaître un peu mieux non ? » essayais-je de la rassurer.
- « Oui tu as sûrement raison. » me souriait-elle pourtant clairement pas convaincue.
Je la reconduisais donc à son chalet et pour me remercier de l'avoir déposée elle me proposait de m'offrir un café.
Passer quelques minutes de plus avec elle ne se refusait pas, mon footing pouvait attendre, il était tôt.
Leur chalet était grandiose. Celui que nous occupions avec l'équipe de régie était déjà magnifique mais le leur avait un standing plus élevé. Octavia ne s'était pas moquée de nous en nous disant qu'elle avait réservée des hôtels qui envoient.
L'entrée donnait directement sur le salon qui était très grand et lumineux. Une énorme cheminée occupait le centre de la pièce, des canapés pleins de coussins disposés autour de celle-ci.
Une table en bois massif trônait devant une grande baie-vitrée qui donnait sur un jardin privatif à l'arrière du chalet. Un escalier en colimaçon montait sur l'étage qui devait sûrement être l'emplacement des chambres.
Sur la droite de l'entrée se tenait une immense cuisine ouverte où nous nous dirigions.
Clarke commençait à nous préparer du café quand nous entendions quelqu'un dévaler l'escalier.
Finn fit son apparition, un blouson sur le dos en récupérant des clefs dans une sorte de plat. Il se retrouvait nez à nez avec nous :
- « Oh Salut Clarke ! Salut...euh... » dit-il en cherchant vainement mon prénom en claquant des doigts comme pour s'aider.
- « Lexa. » lui épargnais-je ce petit jeu plus longtemps.
- « Ouais voilà, Lexa ! Tu bosse avec les larbins c'est ça ? » continua-t-il sans me regarder, cherchant quelque chose dans ses poches.
- « Je bosse en tant que régisseuse oui. » répondais-je en serrant les dents, sachant pertinemment qu'avec lui ça ne servait à rien de faire des remarques.
- « Ouais ouais... où sont mes clopes putain... trouvé ! Bon bin à plus ! »
Il commençait à se diriger vers la porte quand Clarke l'interpella :
- « Attend Finn ! Tu... tu sors ? On devait répéter cette aprèm ! »
- « Ah c'était cette aprèm ? Désolé mais j'ai pas le temps, on m'attend pour plus important. A plus. » lança-t-il en franchissant la porte, la claquant derrière lui.
Il n'avait pas attendu de réponse de Clarke qui arborait un regard noir.
- « Il se fou de ma gueule ! » cria-t-elle avant de continuer moins fort mais tout aussi énervée.
« Plus important à faire ? Comme quoi ? Se taper tout le staff du film ? Ou se bourrer la gueule ? Raaah je déteste ce gars ! »
Elle était furieuse. Elle me tendait mon café essayant de se calmer faisant les cent pas dans la cuisine.
Une idée folle me traversa l'esprit.
Ne fait pas ça Lexa...
- « Je peux t'aider si tu veux ? » dis-je sérieusement sans m'écouter intérieurement une seule seconde.
Tu fais quoi là ? Tu n'as aucun talent de comédienne.
Elle me regardait comme si je me foutais d'elle.
- « Je n'ai pas envie de rire Lexa, j'ai vraiment besoin de répéter cette scène... Je n'ai jamais été très forte pour ces scènes. Je ne lui demandais pas la mort quoi ! » continua-elle toujours sur un ton d'énervement.
- « Je ne rigole pas Clarke ! Si je peux t'aider juste un peu ! Je ne suis pas Finn mais je peux essayer. Pas d'être désagréable hein ! De t'aider. » essayais-je de détendre l'atmosphère dans un clin d'œil.
Un très léger sourire se dessinait ainsi qu'un air de réflexion sur son visage.
- « Tu gaspillerais ta journée pour m'aider à répéter ? » me sortit-elle plus dépitée qu'autre chose.
- « Je n'ai strictement rien à faire et j'ai une âme d'actrice. Mais la vie et mon poing dans la figure de ce pauvre Terry en ont décidés autrement. » rigolais-je en me remémorant mon souvenir.
- « Pardon ? » me demandait Clarke désireuse de connaître mon histoire.
- « Tu as fait quoi ? »
- « Il se peut qu'au collègue j'ai, accidentellement bien sûr, lors d'un cours de théâtre... frappé un de mes camarades ? » exposais-je le plus naturellement du monde.
Clarke attendait la suite un sourire de plus en plus présent. Je reprenais :
- « Je jouais Juliette, il jouait Roméo. Je l'avais prévenu qu'il était hors de question qu'il m'embrasse à la fin de la scène. Il n'avait qu'à suivre mes directives ! ... Malheureusement… il n'a pas suivi mes directives. J'ai été renvoyée du cours pour toute l'année. Voilà comment ma carrière d'actrice fut coupée en plein envol. » sortais-je d'une façon dramatique.
La belle blonde n'était plus du tout énervée mais rigolait en secouant la tête devant mon histoire.
- « Ce pauvre garçon n'a pas dû s'en remettre facilement ! » m'accordait-elle beaucoup plus détendue.
- « Il fallait suivre les directives, j'avais été claire pourtant ! »
- « Nous allons donc établir des règles avant de commencer, histoire que je ne me prenne pas ton poing dans la figure ! » rigola Clarke en allant chercher le script.
- « Ça veut dire que tu acceptes mon aide ? » dis-je en haussant un sourcil.
- « Oui, j'accepte ! »
J'étais donc partie à la base pour faire mon footing et je me retrouvais à devoir répéter une scène, moi qui n'avais aucun talent.
Clarke me racontait brièvement le lieu, l'ambiance et la relation des deux personnages :
Après une course poursuite effrénée, Aloy et Erren, le personnage de Finn, se retrouvaient seuls dans un ancien bâtiment en ruine. C'était le soir, une tempête de neige les avaient contraints à se réfugier dans ce lieu et une dispute entre eux deux, éclatait.
Erren était un garçon très solitaire qui n'avais jamais vraiment prêté attention à Aloy selon elle. Pourtant il venait de la sauver d'une bête au mépris de sa propre vie.
Cela devait se finir par une réconciliation.
- « Je ne vois pas en quoi c'est compliqué pour toi, tu joues merveilleusement bien la fille énervée contre Finn. » la taquinais-je.
- « Oh ça ce n'est pas un problème ! » rigola-t-elle en se penchant sur le script pour me trouver la page en même temps qu'elle reprenait.
« C'est surtout que la scène finit par une déclaration d'amour et un baiser. Je déteste jouer les scènes d'amour, je ne suis jamais très convaincante. » me dit-elle en s'asseyant à côté de moi sur le canapé.
Mon cœur ne savait plus quel rythme prendre d'un seul coup.
Une déclaration d'amour et un baiser... dans quoi je venais de m'embarquer.
J'étais déjà très mauvaise pour jouer la comédie mais devoir entendre Clarke me dire qu'elle m'aimait sans que rien ne soit vrai ne me plaisait pas du tout.
Je hochais juste la tête, pourtant je devais avoir l'air gênée car Clarke essayait de me rassurer directement.
- « Ne t'inquiète pas, personne ne s'embrasse jamais lorsque l'on répète ! J'ai besoin d'être convaincante pour le discours juste ! » avait-elle l'air embarrassée.
« Je n'ai aucunement envie de me prendre ton poing dans la figure... » sortit-elle plus doucement en rebaissant les yeux sur son script.
J'avais l'impression qu'elle avait dit sa dernière phrase tristement.
Je la regardais quelques secondes avant de commencer à lire le passage.
Stop tes impressions maintenant, tu te méprends Lexa et tu le sais...
Même si ça ne me rassurait pas totalement, je m'apercevais en lisant que c'était plutôt Erren qui déclarait sa flamme à Aloy et ce n'était pas trop mielleux, je pouvais m'en sortir.
Pour commencer Clarke me demandait juste de lire chacune notre tour le texte pour m'aider.
Ensuite elle m'expliquait un peu plus la scène, la jouant en même temps, je continuais à juste lire.
Cela faisait plus d'une heure que nous répétions sa scène et en effet Clarke n'était pas du tout convaincante.
- « Je n'y arrive pas ! » avouait-elle énervée.
- « Si je peux me permettre, tu fais un blocage à partir du moment où il te dit qu'il t'aime et que tu vois se rapprocher l'instant où tu devras indéniablement l'embrasser. »
- « Oui je sais mais je n'y arrive pas ! Je vois la tronche de Finn. Et j'ai juste envie de continuer à lui hurler dessus. Comment se fait-il que je sois aussi nulle en scène d'amour. » me dit-elle désemparée.
- « Je ne suis pas experte mais peut-être que si tu pensais à quelqu'un d'autre. Un acteur que tu apprécies, ou un chanteur ! Et ça serait à cette personne que tu déclarerais ta flamme. Et c'est son visage que tu t'imaginerais lors de votre baiser. » essayais-je, pas vraiment sûre que j'étais la mieux placée pour donner un conseil à une actrice.
Clarke avait pourtant l'air d'étudier mes paroles.
Notre discussion autour de son blocage s'étoffa puis dériva et de fil en aiguille nous nous rendions compte que cela faisait plus d'une heure que nous ne répétions plus, parlant de tout et de rien.
Elle me demandait si nous pouvions reprendre la scène une dernière fois, en entier cette fois ci, sans interruption.
Nous nous mettions donc en situation, chacune dans notre personnage.
Aloy se trouvait debout, marchant de long en large dans une pièce ou on pouvait apercevoir des vestiges de notre époque. Erren, lui était assis devant le feu, silencieux.
- « Qu'est qu'il ta pris Erren ?! Tu aurais pu mourir ! » cria Aloy.
« Le rituel ne se déroule pas normalement. »
- « Qu'est-ce que tu en sais ? Peut-être que tout cela en fait partie. » dit-il calmement sans la regarder.
- « Déjà trois des nôtres sont morts ! Nous avons été séparés du reste du groupe et des gens d'une tribu que nous ne connaissons pas nous poursuivent ! Rien n'est normal. » continua-elle énervée.
- « Raison de plus pour ne pas perdre quelqu'un d'autre. » expliquait-il en levant la tête vers elle.
- « Te sacrifier pour moi n'aurais pas changé la donne ! Tu souhaites quoi ?! Que je parle de toi en héros à mon retour ?! Mort pour la gloire. » elle s'était fixée devant lui.
Je me levais, me rapprochant de Clarke pour sortir mon passage que je connaissais maintenant par cœur.
- « Tu ne comprends rien Aloy, tu ne penses qu'au rituel et à toi ! Je ne t'ai pas sauvé pour passer pour un héros mais parce que jamais je ne t'aurais abandonné. » lui dit-il en ne lâchant pas son regard du sien.
- « Quoi... » sortait-elle perturbé par sa réponse.
Je me rendais compte que je me prenais totalement au jeu et n'arrivais plus à sortir mon regard du sien.
Lexa c'est une répétition… arrête ça tout de suite…
Le bleu de ses yeux m'absorbait totalement.
Arrête… tu perds pieds…
Je m'approchais un peu plus ne sachant plus si je suivais le script ou mes sentiments. J'étais en train de perdre le contrôle et je n'arrivais pas à faire demi-tour.
- « Tu es tout pour moi Clarke... Je... » sortais-je me rendant tout de suite compte de mon erreur d'énonciation.
Je l'a vit tiquer sur ma gaffe mais elle n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter à si peu. Elle entrouvrit légèrement la bouche pour sortir le reste de son texte mais pas un son ne sortit et je l'a vit perdre toute la rage qu'avait accumulée Aloy en un instant.
Le silence régnait tout d'un coup sans que nous lâchions le regard de l'autre. Un regard qui se transformait, me faisant complètement oublier tout le contexte, les personnages, la répétition.
Il fallait qu'elle mette fin à tout ça car j'en étais incapable.
Ses yeux se baissèrent sur mes lèvres, une fraction de seconde, faisant rater un battement à mon cœur, brisant le peu de barrières qui me retenaient de céder à cette attraction puissante que je ne contrôlais pas du tout.
Sans m'en rendre réellement compte, je comblais la distance qu'il restait entre nous. J'avais juste avancée d'un seul pas. Un seul petit pas, le faisant presque au ralenti alors qu'elle n'esquissait pas un mouvement pour m'éviter, ses yeux ne lâchant pas une seconde les miens. Alors que mes lèvres captaient les siennes, nos corps n'engageaient pas d'action comme si bouger pouvait tout arrêter, nos scripts toujours ancrés dans les mains.
Le temps semblait s'arrêter, plus aucun bruit ne me parvenait, je sentais juste la douceur de ses lèvres sur les miennes.
Clarke d'abord surprise répondait lentement à mon geste, faisant monter une chaleur nouvelle en moi et j'appuyais un peu plus mon baiser, me perdant totalement. Lentement ma main libre se posa sur son bras, l'attirant légèrement plus vers moi. Ce baiser était le plus tendre que j'avais pu échanger de ma vie, ayant l'impression de découvrir pour la première fois la sensation grisante d'embrasser.
Mon esprit d'abord noyé dans la chaleur de ce contact, commençait maintenant à paniquer.
Il fallait que tout cela s'arrête, plus le temps s'écoulait plus les explications risquaient de tourner en ma défaveur.
Mais Clarke répondait et je ne pouvais pas l'ignorer.
ELLE JOUE UNE SCENE LEXA REVEILLE TOI !
Doucement et à contre cœur j'éloignais mes lèvres jusqu'à couper le contact. Clarke s'écartait, me regardant comme si elle cherchait désespérément des réponses à mon geste dans mon regard.
J'étais incapable de sortir le moindre mot.
Un bruit de clefs dans la serrure nous sorti de notre torpeur en sursaut et nous nous écartions pour de bon l'une de l'autre faisant un grand pas en arrière chacune.
Raven rentrait dans le chalet telle une tornade.
- « Mon dieu cette journée était longue j'ai bien cru qu'elle ne finirait jamais, en plus... » ne finissait-elle pas, coupant sa propre phrase en nous regardant.
« Il y a un truc qui ne va pas ? On dirait que vous venez de découvrir le truc le plus important de votre vie. Vous devriez voir vos tronches, sérieux ! » reprit-elle en rigolant l'air surprise.
Je me décidais à bouger, cassant ma léthargie et récupérant mon manteau sur un des fauteuils en bafouillant qu'il se faisait tard et que je devais partir. C'était une réaction ridicule et amenant sûrement à des questionnements de la part de la latino mais je n'arrivais pas franchement à réfléchir de manière logique.
Clarke restait plantée au même endroit, l'air vague et la bouche entrouverte alors que Raven me regardait faire avec des yeux criant son incompréhension.
Je claquais la porte, me dirigeant vers la voiture, accélérant de plus en plus le pas. Mon footing n'avait pas eu lieu et toutes sortent de questions se rajoutaient aux précédentes sans trouver réponse.
Je me retrouvais mécaniquement devant notre chalet sans me rappeler d'avoir fait la route.
Sans freiner mon pas, je rentrais, fonçant directement dans ma chambre sans vraiment prêter attention à Octavia et Lincoln qui m'adressaient la parole.
Je fermais la porte m'appuyant de dos sur celle-ci comme pour retenir dehors mon inavouable action.
Je calmais mon souffle, essayant de remettre de l'ordre dans mon esprit mais rien n'y faisait.
Comment en partant faire un footing j'en étais arrivé là ? Je l'avais ramenée, on avait juste bu un café et je voulais tellement l'aider et passer du temps avec elle… mais tout avait dérapé, s'accélérant d'un coup et je venais littéralement de fuir.
Alors que je l'aidais juste à répéter, je m'étais prise dans le jeu et me mélangeant complètement les pinceaux, je venais d'embrasser Clarke sans réfléchir à mes actes.
Il était pourtant clair que ce n'était qu'une répétition factice, d'une scène fictive et moi, je venais d'embrasser Clarke, de lui exprimer mes sentiments dans un quiproquo de répétition.
Je me molestais intérieurement de ma propre réaction.
Je venais d'embrasser Clarke...
J'ai embrassé Clarke... et c'était fantastique…
Mon dieu qu'est-ce que j'ai fait... ?
La semaine prochaine : Chapitre 9 : Oublions tout.
J'espère que ce chapitre vous aura donné satisfaction ;)
J'adore lire vos reviews mais j'adore aussi le moment ou je dois y répondre, c'est parti !
Comme chaque semaine, je réponds à vos reviews dans l'ordre de parution pour que les guests puissent retrouver, je l'espère, les réponses qui leurs sont dues.
Elektraae : Figure-toi que moi j'aime bien Kaly ! Elle est bien naturelle et passe pas par quatre chemins… mais bon, elle est un peu au milieu d'un truc qu'on ne veut pas qu'elle dérange quoi x) Je pense que l'arrivée d'Anya t'a donné satisfaction ! Clarke a l'air assez bloquée et ça n'a pas l'air facile pour elle de voir plus loin que de l'amitié… Hâte d'avoir tes impressions ;)
Senvrillon : Marianne c'est la dame qu'on connait tous : adorable mais qui n'a pas sa langue dans sa poche. Et Raven c'est… bin c'est Raven quoi \o/. Clarke elle met du temps à percuter, heureusement qu'on n'est pas en été, elle ne verrait pas de fumée révélatrice sinon ;)
Aline Degras : Merci beaucoup ! Ça me fait plaisir que mon histoire plaise !
DroDroV : Hey ! Elles se rapprochent, elles se rapprochent, on y arrive ;) Bellamy ne démontre toujours pas de grand tallent de chef. Toujours aussi pitoyable à souhait ! Merciiiii de tes retours en tout cas !
McFly76 : J'avoue que la jalousie c'est souvent révélateur de beaucoup de chose ! Et ça à l'air de bien marcher. Tu avais hâte de voir le premier baiser et voilà, hop, exaucé !
Rosiie09 : Hello ! J'avais prévenue pour Bellamy, rien ne va aller en s'arrangeant, il sera de plus en plus adorable ;) Pour ta super question concernant les sentiments de Clarke il faudra attendre la semaine prochaine pour avoir un semblant de réponse ! En tout cas, elle n'a pas fini d'être jalouse de Kaly, ça c'est sûr ! Hâte de lire tes impressions !
Guest : Merci beaucoup ! Oh mais on y vient doucement, je pense que Bellamy a bien gonflé Clarke à la soirée…
Guest for ever : Alors là, je dois dire que je me suis vraiment bien marrée en découvrant ton pseudo. Je ne peux qu'applaudir, tu m'as fait bien rire *clapclapclap*. Clarke a du mal en effet, mais un bon gros coup de jalousie en voyant qu'il y en a d'autre comme Kaly qui n'hésite pas, ça lui a fait du bien je pense. Bellamy a retourné la situation à son avantage mais à trop s'attribuer les lauriers, il a pris un bon retour de bâton. Le karma. Vivement la prochaine review =D
Jenn : Merci beaucoup, c'est très gentil ! Ça tourbillonne, je dirais même que ça bouillonne de fou dans les têtes ! Et comme toujours… vivement le prochain commentaire =D
Morgane : Merci à toi pour tes commentaires ! Vous répondre c'est super agréable ! Ça me booste ! Le Clexa arrive… il arrive, patience ;)
: Merci pour ce message très clair sur ton ressentit envers Bellamy. Je prends note que tu souhaiterais qu'il soit encore plus présent du coup ;) mouahahahah. Tu voulais Anya et bien la voilà ! Et elle, elle ne fait pas dans la dentelle ! J'ai beaucoup aimé ton commentaire parce que tu te rapproches de certain moment de ma fic mais je ne dirais pas plus ;) Merci beaucoup en tout cas et j'espère que la suite te donnera satisfaction.
