Disclaimer: Tout appartient à Square Enix, sauf cette fic!


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Chapitre 3 – Soldat ! Au Rapport !

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Rapport 3

La situation est mauvaise, le constat est consternant. Tifa, m'a frappé.
La nuit dernière, elle m'a attaqué à sa première patrouille, après 17 réveils, puis elle est restée calme.

La situation est très mauvaise, je ne suis pas en mesure de la comprendre, et encore moins d'en faire un analyse convenable.
Je suis trop choqué, pour en penser quoique se soit.
Ce que je sais, c'est que demain, je pars en livraison, pour presque 8 jours en comptant les déplacements.
Ce que je sais, c'est que je ne supporterai pas une seconde attaque.
Elle s'est toujours battue bec et ongle, envers et contre tout, y compris contre moi-même...Pour moi justement...

Il m'était impensable qu'elle se retourne contre moi. Il m'est impensable qu'il lui arrive quelque chose.
Le danger n'est pas immédiat, son combat est réel, l'ennemi inconnu, ça rentre dans le cadre de ma promesse.

Cette nuit, je la laisse faire, cette nuit je suis AVEC elle.
Elle a toujours été AVEC moi, avant d'être CONTRE.

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16 éme Nuit

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En sursaut je me réveille...

Merde ! Encore !

Pas la peine de traîner, je sors du lit, la couette vole, mais je bride pas trop mal cette fois, mes pas sont plein de fatigue et pèsent sur la peur qui me taraudent...Il faut dire que je sais à présent...Que tout va bien, je dois vérifier voilà tout. Je ne trouverai rien, oui je sais, alors ça va, je maîtrise...
Et puis, je suis soulagée car Cloud n'y sera pas, et ça m'enlève un grand poids...Si, j'assume ! Mais j'ai pas envie ! Rien donc...
Cela dit...ça ne peut pas continuer...Je descends, c'est pesant, mais ça va s'alléger.

C'est curieux...oui, je lui en suis reconnaissante...Cet...Cloud m'a fait du bien, s'interposer ainsi, m'obligeant à le frapper et à réaliser que c'est grave tout ça. J'en pleure tous les soirs, plusieurs fois, en moyenne je me résous à ma ronde au bout de dix ou douze réveils...
Bon. D'abord j'y vais, je vais voir, et puis ensuite j'y réfléchis, oui, mieux que d'habitude.

Peste !...Il est là !...Pourquoi ?...Bon, aller je suis calme, et je dois le rester...S'il te plaît ! J'veux pas...

Ses yeux sont immenses et impénétrables, comme toujours. Je baisse les miens mais relève le menton...Il se tient juste avant la porte et me fait face.

Je...pardon, mais je passe, je dois passer...Excuses-moi...

J'arrive à sa hauteur, je me crispe à son geste. A mon grand soulagement, il ne fait que libérer le passage, et me suit.

Merci...Avec lui, les postures et les gestes même infimes, sont plus parlants que tout.

Nous entrons donc. Lui reste loin, moi, je fais mon petit tour, très mal, gênée, mes doigts tremblent sur mes enfants...Ça monte fort. J'ai un pic de douleur après, à chaque fois une peur affreuse que cette paix ne dure pas...Ce rituel m'apaise assez pour que se soit vivable, juste pour continuer...renvoyer le problème à la prochaine nuit.

Je me recule à pas de loup, la dernière chose dont j'ai envie, est de voir son visage...Qu'il soit impassible ou fâché...
J'ai toujours compris ses sentiments, quand la peur rend les choses insupportables, plus les instants sont bons et chaleureux, plus ça fait mal et ça finit par brûler. C'est si beau et éclatant le bonheur, même le plus simple après notre si lourd passé, que ça aveugle, impossible de le regarder en face...

Moi aussi j'ai eu peur de ne pas mériter, moi aussi la culpabilité a pourri ces instants...
Je sais pourquoi il a fuit, et là d'autant plus que je le vis plus fort...Lui, je l'avais accepté, j'avais aussi toujours cette colère qu'il ne fasse rien pour régler son problème...Mais comment le régler...Moi non plus, je ne sais pas...
Je pousse un long soupir qui me vide, m'assois sur le lit de Denzel, je ploie...Moi non plus, je ne sais pas, et moi AUSSI je le fuis, lui...

Il s'approche et s'accroupit devant moi, je détourne les yeux...c'est que...Je ne pense pas avoir été injuste avec lui...mais...
Bon, je l'ai secoué souvent, aujourd'hui c'est à mon tour, mais moi je suis capable, je veux et je vais me secouer moi-même et maintenant.

Hum...Tu vois...moi...je n'ai pas besoin de toi...

« R.A.S. ? » demande-t-il de sa voix douce.

Je hoche la tête, très émue...

Merde ! Pourquoi ai-je tant besoin de toi ?...

Il inspire paisiblement, je lui jette un œil et tente de sourire...C'est pire que raté car son sourire à lui, creuse un énorme sillon dans mon cœur...
Il expire longuement, ma bouche se tord affreusement, je me courbe, secoue la tête.
Je vois ces doigts tremblants s'avancer, et mes mains s'ouvrent toutes seules bien avant qu'il ne me touche. C'est bon ses doigts dans les miens...

J'ai atrocement besoin de toi !

Je respire à grand bruit, pour juguler mon bonheur et ma douleur. Il s'agenouille d'un coup, nos têtes se heurtent.
Il se libère d'une mains et me frotte fébrilement le front, je glousse pour le rassurer. Ses doigts glissent jusqu'à son cou, il pousse, on se cogne plus mollement.

« R.A.S. ? » sa voix est lourde, pleine de...

Il monte nos mains restées nouées, et pose le dos de la sienne sur ma joue. Il vérifie que je ne pleure pas.

« R.A.S. » ma voix aussi est lourde, et manque cruellement d'assurance.

Dans un geste instinctif, je glisse mon visage pour embrasser le dos de sa main, il trésaille, je l'écarte rapidement...
Ce n'était qu'un baiser, le genre que je dépose sur le front de mon petit Denzel. J'ai peut-être fait une bêtise, je ne sais pas...
Il caresse à nouveau ma joue, je glousse encore pour alléger l'instant. Il passe une fois, effleure ma bouche, tremblotant...Oui j'ai fait une bêtise...
Il la repasse, je lui plaque cette main défaillante contre ma joue, de mes deux mains...

Calme-toi, je m'excuse...

Il crispe sa main sur mon cou, et plaque, lui, un baiser humide et appuyé sur mes mains à moi...C'est...

J'ai fait une bêtise !

Il se relève d'un coup, retire brutalement sa main de mon étreinte. Je le regarde ahurie, inquiète...

Qu'ai-je fait ?...C'était juste un baiser...le mien...Et le tien...C'était juste sur nos mains, c'est tout !

Il me scrute avec des yeux si durs, si profonds...Il se penche un peu, ouvre la bouche, mais finalement serre ses lèvres, mal, très mal, il est très mal...
Je dois faire ou dire quelque chose...Il lui faut une ouverture, il est très fuyard, et ces fuites sont autant d'échecs pour lui et moi, alors c'est à moi de lui donner un échappatoire digne...

« R.A.S. ? » je m'informe à mon tour, par cette question stupide, et très mal venue.

Une seconde, j'ai cru qu'il allait me frapper. Ses mains m'ont claquées sèchement, mais pas méchamment, les joues, et voilà qu'il me tire à m'en dévisser le cou. Pour temporiser, j'obéis à son impulsion.
Il bute une fois de plus nos fronts, et m'embrasse au point d'impact. Là, il me cogne à la tempe et m'embrasse encore.
Puis c'est l'autre. Il tire si fort que je me hisse sur la pointe des pieds, et là son coup meurtrit mes lèvres.

Merde ? Vite !

Je le chope, enroule mes bras autour de ses épaules, j'en suis presque à faire des pointes de petits rats en tutu.
Sa bouche ne trouve rien, il glisse, son visage contre le mien, et ses bras me broient contre lui. Il m'aplatit de longues secondes, je n'y tiens plus, mes mollets tremblent. Il m'enlace, me soutient, je glisse doucement, mes pieds entiers retrouvent la terre ferme.

« Comment te laisser partir ?... » ses mots débordants de souffrance me blessent cruellement.

Il croit ?...que je vais partir ?...que je vais m'enfuir, comme lui l'a fait...Oh ! C'est mal me connaître !

Je l'étreins et le berce gentiment. Ses bras sont si puissants, si agréables, mais vraiment il m'étouffe. Je le serre jusqu'à ce que, j'estime être la limite, pourtant c'est à mille lieues de dompter son émotion. Je sais qu'il est extrêmement fort, il manie des épées lourdes, et à une main s'il le faut...

M'enfin...là...j'vais mourir...

Je grappille autant de souffle que je peux, car je dois mettre un terme à cette...euh...câlin ?...Oh !...Bon...

« Mais...Clo-ud... » je hache mes mots, compressée...

« Tifa...te laisser... » il est si...bouleversant... « Je ne peux pas... » ses mains parcourent mon dos, l'une descend, l'autre enserre à nouveau ma nuque.

« Cloud...si! » je ne sais quoi dire...allons...si ce que j'ai dit avant à déclencher... « R.A.S... » ça manque encore d'assurance, mais c'est une affirmation.

« C'est...R.A.S... » il souffle dans mon cou comme un cheval après un galop « JE te laisse alors. » il est en colère.

Il pousse sur mon cou, je me laisse rasseoir, il sort...