Coucou^^
Je vous partage les chapitres 2 et 3 qui n'ont subi que très peu de modifications. Le scénario change à partir du chapitre 4.
Lafertyblu : coucou^^ merci pour ta review ;) J'ai repris ma fiction depuis le début parce que je n'arrive pas à la continuer et donc, en remaniant ce qui n'allait pas, j'espère rectifier mes erreurs, améliorer mon scénario et retrouver l'inspiration^^ Merci d'être toujours là ;) Bisous.
Chapitre 2 : Amnésique
Sasuke était dans le bureau du capitaine Hatake en compagnie de son binôme, Shikamaru Nara, et de ses collègues chargés du dossier « échouée ». Ils faisaient face au capitaine qui regardait les photos de l'autoproclamée Hime. Depuis ce qui s'était passé la veille, il n'avait plus le choix : il devait laisser l'Uchiha sur l'affaire. Sakura l'avait noté sur le dossier médical de la victime comme quoi : Hime n'acceptait personne d'autre que Sasuke Uchiha.
Il releva les yeux vers ses agents et fixa en premier lieu le Nara. Le jeune homme en question, âgé de 26 ans, était le plus calme des quatre agents de la pièce, ainsi qu'un excellent lieutenant doté d'une belle intelligence. Ses petits yeux noirs, ses longs cheveux bruns foncés rassemblés en une queue de cheval haute et hirsute, sa tenue nonchalante... Rien ne laissait présager à première vue, qu'il était un agent hors pair.
_ Qu'as-tu trouvé sur cette Hime, Nara ?
_ Pas grand-chose, répondit le dénommé d'une voix calme mais grave. Aucune disparue ayant un point commun avec elle sur ces trois dernières années, capitaine.
_ Cherche plus en amont, ordonna Hatake avant de regarder le blond. Que donnent les résultats de la prise de sang ?
_ Groupe sanguin A positif, lut Naruto. Grande quantité d'héroïne et d'opium, anémie en fer et en vitamine B, B5...
_ Merci, coupa Kakashi en soupirant.
_ Cap'taine ? interpella le blond. Sakura demande que Sasuke soit affecté à l'échouée vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Sasuke regarda son ami d'enfance avec une certaine colère dans les yeux. Il n'allait pas dormir à l'hôpital non plus ! Il voulait s'occuper de son cas, mais certainement pas de jouer les nourrices.
_ Accepté, répliqua le capitaine.
L'Uchiha tourna violement son visage vers lui mais le capitaine fit mine de ne pas l'avoir remarqué et poursuivit, l'air de rien.
_ Quand pourrait-elle quitter l'hôpital ?
_ Ne change pas de sujet Hatake, coupa froidement Sasuke. Il est hors de question que je perde mon temps au chevet de la victime.
_ Je ne t'ai pas demandé ton avis, argua Kakashi avant de regarder l'équipe 3 de qui il attendait une réponse.
_ Dans une quinzaine de jours d'après le docteur Namikaze, répondit Tenten. C'est le temps approximatif pour qu'elle soit sevrée. Mais une fois sortie, il lui faudra des soins à domicile.
Sasuke fulminait. Quinze jours à l'hôpital ? C'était une blague ? Il attendit patiemment que son capitaine en ait terminé avec ses collègues et, lorsqu'ils furent sortis, il resta dans le bureau pour repartir à la charge. Mais il eut beau insister sur le fait que rester au chevet de Hime ne faisait pas partie de ses prérogatives, Kakashi ne voulut rien savoir. Il tint bon et prévint son agent qu'il avait tout intérêt à accomplir cette mission correctement avant d'ajouter :
_ Quand son état le permettra, tu la prendras en charge chez toi.
_ Tu plaisantes j'espère ?
_ Non, répondit le capitaine en riant légèrement. Tu voulais absolument cette affaire n'est-ce pas ? Eh bien, te voilà servi ! De plus, elle doit bénéficier d'une protection judiciaire tant que nous n'en saurons pas plus.
Sasuke ne put rien ajouter et se résigna à quitter le bureau en claquant la porte. Oui il voulait cette affaire, mais pas de cette façon.
Sakura avait fait aménager une chambre avec deux lits pour l'échouée et Sasuke. Elle voulait que ce dernier soit à l'aise. Elle se doutait bien que l'idée qu'il soit continuellement avec la victime était difficile à concevoir pour lui, mais il n'avait pas le choix : la dénommée Hime faisait preuve d'une force incroyable quand il s'agissait de se défendre et elle n'acceptait personne, excepté Sasuke. Sakura avait été obligé de la mettre sous somnifère en continue le temps que ses blessures se soignent.
Hime avait eu neuf points de suture sur la plante de son pied gauche, deux côtes fêlées, un traumatisme crânien, une épaule déboîtée et de multiples contusions, certaines plus importantes que d'autres. Sakura soupira en se faisant la réflexion que tout ceci ne représentait que ses blessures récentes. En outre, elle avait dénombré les blessures antécédentes de sa patiente durant son sommeil et les avaient notifiées dans son rapport.
De nombreuses brûlures de cigarette étaient visibles sur sa poitrine et son ventre. Son dos était marqué de cicatrices rappelant celles causées par des coups de fouet. Les ongles de son auriculaire droit et de son index gauche étaient inexistants, comme arrachés vu les contusions. Des morsures humaines jonchaient ses clavicules et sa nuque. La marque de strangulation à son cou était trop large pour n'avoir été faite qu'en une fois. Ses cuisses et son intimité étaient bleuies : Sakura n'avait eu besoin que d'un coup d'œil pour être sûre que sa patiente avait été victime de viols répétitifs mais, en médecin consciencieux, elle avait tout de même demandé des analyses qui avaient confirmés ce qu'elle savait déjà. Elle avait même réussi à envoyer en analyse un échantillon de sperme. Elle avait vérifié si la victime n'était pas enceinte et pu retracer les traces d'un contraceptif dans ses résultats sanguins, ce qui était bien le seul élément réjouissant.
Elle regarda sa patiente endormie dans son lit. Elle était complètement propre car, juste après avoir reçu une dose de calmant, les infirmières s'y étaient prises à plusieurs pour lui faire un bain durant lequel elles lui ôtèrent toute sa crasse, les algues et le sable. La patiente avait ensuite été habillée d'une chemise blanche et bleue propre, que chaque patient portait, avant d'être recouchée dans un lit.
Elle sortit de sa contemplation en entendant la porte de la chambre s'ouvrir sur un Sasuke plutôt énervé. Il jeta un gros sac sur le deuxième lit puis regarda son amie d'enfance en fronçant les sourcils.
_ Avant que tu ne t'emportes, commença le médecin aux cheveux roses. Lis ce rapport. Ce sont toutes les blessures de l'échouée et...
Elle ne termina pas sa phrase car Sasuke lui avait arraché le dossier des mains et s'était assis sur ce qui serait son lit pour le lire. Sakura pu voir son expression changer au fur et à mesure de sa lecture. L'agacement dans ses obsidiennes fut remplacé progressivement par de la compassion, de la tristesse et une colère sourde. Il referma le dossier et posa immédiatement ses yeux sur la patiente endormie. Sakura vint s'asseoir près de lui.
_ Elle est amnésique, comme je m'en doutais, commença-t-elle.
_ C'est temporaire ?
_ Aucune idée, soupira-t-elle. Elle peut rester amnésique comme elle peut retrouver la mémoire.
Sakura tourna ensuite son regard vers le lieutenant de police pour lui expliquer ce qui allait se passer durant les prochains jours. La patiente avait été fortement droguée et allait donc subir un sevrage. Elle lui en donna les symptômes en énumérant : crises d'angoisses, nervosité, sueurs froides, tremblements, crampes, vomissements... Elle ajouta que cela ne durerait que quelques jours si aucun médicament de substitution n'était administré. C'est ce que lui demanda Sasuke pour rentrer chez lui plus vite. Elle lui expliqua ensuite qu'elle arrêterait les calmants et somnifères maintenant qu'il était présent parce qu'elle ne voulait pas ajouter de nouvelles substances addictives à sa patiente, faisant hocher la tête de l'Uchiha en approbation.
Il y eut un silence que Sasuke rompit en lui annonçant sournoisement que, pour l'avoir obligé à rester avec l'échouée, elle devrait accueillir chez elle et Naruto, Susanô, le chien shiba du policier.
_ Mais avec plaisir, répliqua-t-elle ironiquement, montrant ainsi son mécontentement qui fit sourire Sasuke. Je vais te laisser, appuie ici - elle indiqua un bouton près du lit - si tu as besoin de quoi que ce soit.
Elle quitta la chambre après avoir retiré le somnifère de la perfusion de Hime, laissant Sasuke s'affaler sur son lit en soupirant. Cela allait être long !
Il ferma les yeux et pensa à tout ce qu'il avait lu sur le rapport médical de son amie, il en grimaça. Il n'avait aucune idée de qui était cette jeune femme mais il ne pouvait qu'être en colère contre son ou ses agresseurs. Il avait beau être réputé pour n'avoir ni pitié, ni de réelle compassion, il n'en était rien et ce cas le touchait d'autant plus au vu de sa gravité.
Son père avait été lieutenant de police puis capitaine de brigade avant Hatake. Son frère aussi avait fait l'école de police avant d'être lieutenant. Seule sa mère n'avait rien à voir avec ce milieu ayant été esthéticienne. Le monde de la criminalité endurcit les gens, et, s'il laissait ses émotions le guider, il en aurait surement souffert depuis longtemps. Alors il s'était entraîné, avec son père et son frère aîné, à canaliser ses émotions pour devenir un bon policier. Il esquissa un sourire en songeant que, si ses parents et son frère étaient encore en vie, ils seraient fiers de voir qu'il était devenu le meilleur lieutenant de sa brigade.
Il n'y avait plus que lui maintenant. Sa famille ayant péri il y avait 6 ans de cela, en mars 2011, dans le puissant tsunami qui avait ravagé le Japon. Son meilleur ami, Naruto, y avait aussi perdu ses parents. Tous deux auraient dû faire partie des victimes, mais, cette semaine-là, ils étaient en voyage scolaire en Australie avec leur professeur d'anglais. C'est aussi cette semaine-là que Naruto et Sakura s'étaient mis ensemble. Tous trois avaient dix-huit ans. Deux ans plus tard, ses amis d'enfance se mariaient et, un an et demi après, Sakura mettait au monde un petit garçon du nom de Minato, en hommage au père du blond.
Il soupira en passant une main sur son visage. Pourquoi ressassait-il encore tout cela ? A quoi cela servait-il de se répéter à lui-même encore et encore son histoire, comme pour se convaincre que c'était bien la sienne ? Il se leva et alla à la fenêtre regarder le parc où se promenaient quelques patients. Certains étaient en fauteuil roulant et accompagnés de leur famille ou d'une infirmière. D'autres s'étaient assis sur un banc et profitaient du soleil. Il pourrait s'entraîner dans ce parc le soir… Il devait en parler avec Sakura.
Elle était assise sur une couverture sale et trouée, habillée d'un vieux tee-shirt blanc et d'une petite culotte en coton blanc. Ses cheveux étaient sales, ses lèvres gercées, ses ongles rongés sur des doigts noircis, identiques à ses pieds.
Elle ne regardait pas la pièce dans laquelle elle était. Elle fixait le mur, ne voulant croiser le regard de personne. Ses yeux ouverts, reflétant sa peur et sa fatigue, détaillaient la tapisserie rayée verte et grise en écoutant ce qui se disait. Elle entendait trois voix différentes et savait à qui appartenait chacune d'elles.
L'une était grave et légèrement éraillée. Elle parlait avec force et de façon vulgairement. Cette voix, elle la craignait car elle appartenait à Kiz, un homme violent.
La deuxième était moins grave et douce. Elle parlait calmement et c'était une voix qu'elle ne détestait pas tant que cela parce qu'elle appartenait à Gato.
La troisième voix était trompeuse. D'un ton aigue, presque féminin, agréable à entendre et mélodieuse. Cette voix était posée et parlait doucement avec intelligence. Pourtant cette voix provoquait ses tremblements parce qu'appartenant à Chef, cette voix était sa plus grande frayeur.
Parmi tout ce qu'ils se disaient, elle ne redoutait qu'un seul mot : son nom ou plutôt, comment ILS l'appelaient. Kiz et Gato avaient rempli leur mission, ce qui la fit frissonner : l'un d'eux allait avoir le droit à la récompense. Elle ferma les yeux en écoutant Kiz vanter ses mérites, plaidant sa cause. Gato ne disait rien. Pourtant, elle aurait tellement aimé l'entendre réclamer la récompense.
_ Gêmu ! ronronna Chef de sa voix mélodieuse.
Elle se mit à pleurer instantanément, tremblante comme jamais. Elle se tourna délicatement sans les regarder et se dressa sur ses jambes fébriles avec lenteur. Elle fit deux pas vers eux, tête baissée, avant que Chef ne lui ordonne poliment de se tenir convenablement. Elle redressa la tête, leva difficilement ses épaules et plongea son regard dans celui étrangement gris violacé de Gato. Ce dernier lui rendit son regard quelques petites secondes avant de regarder Chef.
Celui-ci souriait. Ses yeux plissés étaient braqués sur la récompense. Celle-ci avait de violentes palpitations en attendant de savoir qui l'obtiendrait. Chef annonça Kiz et elle dû faire preuve d'une extraordinaire retenue pour ne pas laisser ses jambes l'abandonner. Enfin, ce n'était pas comme si elle ne s'y était pas attendue. Gato ne la réclamait jamais. Elle vit Kiz s'avancer vers elle avec un sourire victorieux sur le visage et un regard pervers qui dégoulinait sur son corps.
Elle le haïssait. Même Chef n'était pas aussi violent que lui.
Il lui agrippa fermement le bras, la faisant grimacer de douleur, puis la tira vers la sortie. Elle ne lâcha pas Gato des yeux, espérant qu'il s'interpose, qu'il la réclame, c'était lui qui avait rempli la mission.
Mais, comme d'habitude, il ne dit rien. Il ne fit rien. Il ne la regarda même pas. Ses larmes redoublèrent alors que les portes se refermèrent sur la pièce dans un bruit sourd...
.
Elle ouvrit les yeux subitement. La respiration accélérée, le cœur battant si fort qu'elle en entendait les pulsations, transpirante et tremblante, elle plongea ses yeux dans deux billes d'un noir intense dans lesquelles elle avait la sensation de flotter. Peu à peu, sa respiration se calma, son cœur se mit à ralentir et sa vision s'élargit.
Elle vit alors que ces deux billes noires étaient des yeux, ceux d'un homme. Un homme dont les traits du visage étaient fins, dont le nez était aquilin, dont les lèvres étaient fines et dont les cheveux étaient noirs corbeau et ébouriffés. Elle reconnaissait ces yeux. C'étaient ceux qu'elle voyait constamment. Elle se sentit soulagée, comme si la chose qui lui tordait les entrailles avait disparu. Des larmes roulèrent sur ses joues silencieusement tandis qu'elle se releva pour s'agripper au cou de son sauveur et se blottir contre lui.
Elle se sentit en sécurité et ses tremblements cessèrent lentement. L'homme entoura un bras autour d'elle et resta silencieux le temps qu'elle se calme complètement. Elle se détacha ensuite de ses bras et se remit dans son lit avant de regarder autour d'elle.
_ Hime ?
Elle tourna immédiatement la tête vers cette voix qui sonnait comme triste à ses oreilles et le fixa. Son sauveur avait quelque chose comme de la douleur dans ses yeux. Voyant qu'il avait retenu son attention, celui-ci s'assied sur son lit et demanda :
_ Vous, c'est Hime c'est ça ?
Elle lui sourit, haussa doucement les épaules, puis regarda sur la gauche. Elle vit un verre d'eau sur le meuble roulant et le saisit pour en boire quelques gorgées avant de le reposer en répondant :
_ Je ne sais pas. En fait je ne sais rien. Comment je m'appelle ? Quel âge j'ai ? Où je suis ?
Elle soupira, comme pour éviter de poser d'autres questions, puis fronça les sourcils avant de le regarder dans les yeux en ajoutant :
_ Mais j'entends la voix d'un homme qui répète Hime sans cesse et je vois vos yeux.
Elle pencha un peu sa tête sur le côté en demandant :
_ Et vous, qui êtes-vous ?
_ Sasuke Uchiha, se présenta calmement son vis-à-vis, lieutenant de police. C'est moi qui vous ai trouvé sur la plage et vous ai conduite à l'hôpital.
Il marqua une pause pour faire un léger sourire avant de reprendre :
_ Pour le moment, vous vous appelez Hime, vous avez entre vingt et vingt-cinq ans et vous êtes à l'hôpital central de Matsuyama, sur l'île Shikoku au Japon.
Elle analysa ce qu'il lui avait répondu. Il avait dit « pour le moment » donc il ne savait pas qui elle était, lui non plus.
_ Pourquoi suis-je ici ? Que m'est-il arrivé ?
Elle avait de nouveau froncé ses sourcils et le regardait fixement. Il s'humecta les lèvres – cette partie était délicate – puis il lui expliqua qu'il l'avait retrouvé inconsciente sur la plage, que les médecins l'avaient soignée, révélant son traumatisme crânien et son amnésie. Il lui expliqua qu'elle avait surement dû être enlevée, droguée et frappée, mais ne révéla rien sur les viols, considérant que ce n'était pas le moment.
_ Mes collègues et moi-même enquêtons sur vous, ajouta-t-il. Pour vous aider à retrouver votre identité ainsi que la ou les personnes qui vont ont fait ça.
Elle hocha lentement la tête, le regard dans le vide. Elle aimerait se souvenir d'elle. Fronçant les sourcils, une question lui vint et elle voulut la poser :
_ Monsie...
_ Juste Sasuke, la coupa-t-il.
_ Sasuke, recommença-t-elle en souriant timidement. À quoi je ressemble ?
_ Vous êtes...
Il s'arrêta de parler, ne sachant comment s'exprimer, puis se leva et alla dans une pièce à part. Il revint assez vite et regarda les fils de la perfusion de Hime avant de les prendre, avec le pied roulant de la machine, et d'aider la jeune femme à se lever. Elle grimaça en posant son pied bandé sur le sol froid et s'appuya fortement sur Sasuke pour le suivre jusqu'à la pièce qui s'avéra être une salle de bains avec une douche italienne et un grand miroir au-dessus d'un large lavabo.
Elle posa ses deux mains près du lavabo et regarda son reflet, voyant celui du lieutenant juste derrière. Elle put voir son visage, ses cernes, son teint maladif... Elle toucha la peau de sa joue du bout des doigts qu'elle retira aussitôt, comme électrisée. Elle n'hallucinait pas. Ce reflet lui appartenait bel et bien et ce qu'elle y voyait était moche. Très moche. Elle sentit autant qu'elle vit ses larmes se remettre à couler de ses yeux étrangement clairs, à l'opposé de ceux de Sasuke. Elle s'étouffa de surprise et d'horreur en apercevant la marque violacée qui entourait presque la largeur de son cou. Elle y porta sa main tout en mettant son regard dans le reflet des yeux de son sauveur. Comprenant la question silencieuse, Sasuke répondit :
_ Cette marque est...
Ce n'était pas facile à dire. Il avala sa salive et inspira avant de terminer :
_ La preuve d'un étranglement.
Hime détourna les yeux du miroir et se retourna pour faire face à Sasuke qui lui tendit le bras pour la ramener à son lit. Il aurait apprécié que Sakura soit présente pour l'aider à répondre à l'échouée en ayant les formes pour ne pas la choquer ou la blesser. C'était le rôle des médecins après tout ! Mais il était quatre heures et demi du matin et la Namikaze était surement en train de dormir chez elle.
Il avait été réveillé par les cris suppliants de sa voisine de chambre. Il l'avait trouvé recroquevillée sur elle-même, pleurant, suppliant qu'on l'aide, gémissant... Il avait eu beaucoup de mal à la réveiller et dès qu'il l'avait touchée, elle s'était débattue violemment, lui donnant une gifle au passage.
Il l'aida à se remettre sous les draps puis s'éloigna du lit quand elle lui saisit sa main en le suppliant du regard.
_ Ne me laissez pas.
_ Je ne vais pas loin, lui dit-il, je dors juste derrière le paravent.
Elle jeta un bref coup d'œil à l'objet qu'il avait désigné du menton mais garda résolument les yeux sur le lieutenant, toujours autant apeurée. Il soupira discrètement puis replia le paravent de sa main libre pour lui montrer un lit défait. Elle lui lâcha la main et il put s'installer dans ses draps, tourné vers elle.
Son regard plongé dans les yeux d'un noir de jais, sa vision finit par rétrécir, se floutant. Ses paupières devinrent lourdes et elle s'endormit.
Elle s'était recroquevillée dans le coin de sa chambre, ses mains posées sur les murs, le regard affolé. Elle transpirait et avait horriblement mal dans ses bras et ses jambes. Elle regardait les deux femmes qui lui faisaient face, les larmes aux bords des yeux, leur hurlant de partir dès qu'elles franchissaient une barrière invisible. Cinq jours. Cinq jour après son entrée à l'hôpital et elle n'acceptait toujours pas que qui ce soit l'approche.
Elle dormait et Sakura avait voulu vérifier l'état de ses points de suture à son pied gauche mais elle s'était réveillée et avait pris peur. Elle avait battue des pieds en criant puis était tombée de son lit et s'était réfugiée dans le coin près du lit de son sauveur qui n'était pas là. Elle l'avait cherché des yeux dans la pièce.
Sakura voyait son état de panique et Ino en fronçait les sourcils de compassion. C'est à ce moment-là qu'arriva Sasuke. Lorsqu'il vit la situation, il se précipita sur l'échouée qui se réfugia dans ses bras. Il la calma patiemment sous les explications de Sakura, puis la ramena à son lit.
Depuis qu'il avait élu domicile dans la même chambre qu'elle, il avait appris à comprendre comment faire. Chaque nuit elle faisait des cauchemars et chaque nuit, elle s'agrippait à lui quand elle le voyait. Le jour, elle faisait des crises d'angoisses et c'est encore dans ses bras qu'elle se calmait. Elle ne réussissait à s'endormir qu'en le regardant droit dans les yeux et il n'y avait qu'à lui qu'elle parlait.
Il s'assied à côté d'elle sur le lit et tenta :
_ Sakura veut juste regarder la blessure à votre pied.
Elle secoua fortement la tête de gauche à droite pour signifier son refus.
_ Préférez-vous que ce soit Sasuke qui le fasse ? demanda Sakura.
Elle hocha la tête en approbation.
_ Je peux juste regarder pour vérifier ? Je ne touche pas.
Elle la jaugea un moment puis regarda l'Uchiha qui lui assura qu'elle n'avait rien à craindre et qu'il était avec elle. Elle accepta alors et se laissa faire.
Sakura fut satisfaite de son travail : d'ici deux jours les fils seraient résorbés. Elle en profita pour faire son examen quotidien. Sasuke joua les infirmiers et exécuta toutes les manœuvres médicales : lui prendre sa tension et sa température, la peser à l'aide de la balance, vérifier la cicatrisation de ses côtes...
L'échouée semblait être totalement dépendante de son sauveur. C'était une première pour Sasuke qui n'avait jamais connu quelqu'un qui aie autant besoin de lui. Les seuls moments où elle ne le réclamait pas, c'était pour aller aux toilettes ou prendre sa douche -bien qu'il devait parfois rester derrière la porte à sa demande. Bizarrement, cela ne le dérangeait pas autant qu'il l'aurait cru.
La victime avait quelque chose dans le regard qui l'intriguait et qui le forçait à l'aider. Par moment, ses yeux étaient vides et, à d'autres moments, ils étaient effrayés, suppliants ou pensifs. Mais lorsqu'elle le regardait avant de s'endormir, ses yeux brillaient d'une autre émotion, une sorte de sérénité. Elle lui avait dit se sentir rassurée quand elle le voyait et en sécurité quand elle était dans ses bras. Alors il la laissait faire et répondait présent quand elle avait besoin de lui.
L'examen était terminé, elle avait repris un peu plus d'un kilo grâce au régime riche dont elle bénéficiait. Ses blessures guérissaient sereinement. Seul son sevrage et ses craintes ternissaient son rétablissement.
Sasuke était incertain. Il s'était absenté de la chambre pendant qu'elle dormait pour rejoindre ses trois collègues, ceux de l'équipe 3 et son binôme, dans le bureau de Sakura. Ils avaient du nouveau sur la victime. C'était une bonne et une mauvaise nouvelle. Sasuke connaissait maintenant l'identité de l'échouée, mais aussi une partie de son histoire. Il ne savait pas si elle allait être contente d'entendre ce qu'il devait lui dire, mais il n'avait pas vraiment le choix : elle avait le droit de savoir qui elle était et d'où elle venait.
Alors que le médecin et l'infirmière eurent quitté la chambre, Sasuke regarda Hime, tremblante de froid, emmitouflée sous ses draps, claquant des dents. A ses yeux, l'amnésie de l'échouée était une bénédiction pour elle. Il était persuadé que, si elle avait le choix, elle préfèrerait rester dans l'ignorance.
_ J'ai... frrr... froid, grelotta-t-elle.
Il lui apporta sa propre couverture pour ajouter de l'épaisseur puis se rasseya près d'elle pour lui frictionner le dos.
_ J'ai vu mes collègues, commença-t-il, nous savons qui vous êtes.
Elle l'interrogea du regard en continuant de trembler, ses crampes n'en étant que plus douloureuses. Elle appréhendait d'entendre son nom. Elle avait peur de ne pas le reconnaître, de ne rien en tirer sauf des questions supplémentaires. Et des questions, elle en avait déjà tellement en tête… Mais elle avait besoin de savoir. C'était plus fort que sa peur. Elle voulait savoir qui elle était et pourquoi elle était là. Elle vit Sasuke lui faire un sourire étrange, un sourire qu'elle n'aima pas, comme s'il avait peur.
_ Vous vous appelez Hinata Hyûga.
Elle continua de le regarder sans sourciller. Ce nom ne lui disait absolument rien. Il sonnait faux à ses oreilles. Elle se sentit encore plus perdue. Qui était Hinata Hyûga ? D'où venait-elle ? Elle se répéta ce nom dans sa tête, essayant de s'habituer à l'intonation de ce qui devait être son vrai nom. H-Y-Û-G-A... Non, ce n'était pas elle. Elle, c'était Hime.
Sasuke lui avait laissé quelques minutes pour avaler l'information, puis il ajouta :
_ Vous êtes née le 27 décembre 1994 à Asuka. Vous avez vingt-trois ans.
Elle ne saurait même pas trouver cette ville sur une carte. Elle se souvenait de la cartographie mondiale : elle voyait parfaitement où était le Japon par exemple, mais le reste lui était inconnu. Etait-elle loin de cette ville ? Elle avait donc vingt-trois ans. Et lui, quel âge avait-il ?
_ Vous... vous aaavez...Quququel âge ?
Sasuke se rapprocha d'elle et remonta encore les couvertures sur elle. Ses dents ne cessaient de claquer et ses lèvres tremblaient. Elle semblait frigorifiée alors qu'elle n'avait pas de fièvre. Il lui fit un petit sourire et répondit.
_ J'ai vingt-cinq ans.
De nouveau, il la laissait réfléchir. Elle semblait tout aussi perdue qu'avant qu'il lui annonce sa véritable identité. Il vit des larmes rouler sur ses joues.
Elle regardait dans le vide, cherchant à reconnaître son vrai prénom. Hinata ne lui parlait pas. Elle n'était pas cette femme qu'il disait. Elle replongea dans ses yeux onyx et demanda difficilement qui était cette Hinata Hyûga. Sasuke soupira. Savoir qui elle était n'allait pas vraiment l'aider, ni lui faire plaisir. Il remonta une main vers son visage et lui caressa les cheveux pour la rassurer.
_ Vous êtes...
23/01/2019
Bêta : Nicori
