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Chapitre 10 – Chef, Inspection suspendue, Chef !
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Rapport 10
Je...
Le 'plat' ça fait mal...
Je...
...déteste définitivement...le...PLAT !
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23 ème Nuit
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« POST-IT ! » j'aboie, ça sort tout seul.
« Post-it ? » il cligne des yeux « Ça me dit quelque chose... » il se recule d'un coup.
Je ferme les miens et respire un grand coup...C'est encore pas passé loin...Je viens de briser quelque chose là...J'ouvre, il fouille une de ses poches et tire un stylo...
Rah non !...Merde ! Pourquoi j'ai brisé ce quelque chose ?...
« Merde ! Cloud ! Je sais comment ççç-... »
« Ça s'écrit comme ça. » il griffonne, tendrement souriant, ça me rend dingue.
« P, O, S, T, tiret, I, T ! » j'épelle furieuse.
« T'énerves pas ! Oui...ça s'écrit pas euh...carré avec un cylindre et deux ronds dessus...Et plein de...chapeaux pointus autour et des petits points...et une sorte de fleur et sa tige...euh, couchée au-dessus de tout ça...Le tout ça dans un grand rectangle. » il souffle sur ma feuille de dépit, je le fixe ahurie.
« Ah ?... » j'ai rien compris et vous ?... « OOOh ! » je me heurte à son regard bleu glacé...impénétrable et si ...profond...
Profondément aimant...compréhensif, il agite mon carnet...
J'ai pas besoin de voir ce dessin, j'ai pas envie...j'écris, enfin je trace quoi ? Je fais quoi au juste ? Je deviens quoi ?
Ma terreur se heurte à sa sérénité...J'ai l'impression de tout y jeter et que son bouclier encaisse tout...et...je m'y vois...Miroir...
J'y vois mes yeux si...Tant...agrandis par la panique. J'y vois ma bouche, toute aussi arrondie et figée dans ce cri qui m'étrangle...Miroir...
« Tifa... » il a la voix qui dompte...
Miroir...J'y vois mes yeux reprendre taille normale...J'y vois ma bouche se fermer...Miroir...
Mon image dans ses yeux s'efface, et j'y vois clair. Je sais...Miroir...La lumière de ses iris me touche même à travers mes paupières...Miroir de Nibelheim...
'l'Éclat de Neige'.
« Je suis là... » il a le regard qui berce...
Son bleu danse, oui ça scintille. Tout brille comme neige au soleil...étincelle, chatoie. Ce phénomène aveugle les yeux. Par chez nous...C'est...du folklore...
Je me sens sourire...Ma bouche, mes yeux...mon cœur, mon âme...
Chez nous, cette lumière est dite primordiale, initiale et primitive, oui, chez nous on prétend que 'l'Éclat de Neige', est la première lumière a être née.
Le Néant, noir et obscur était vide de matière pouvant démontrer, la révéler, démasquer son existence et attester de sa présence. Par chez nous, malgré nos monts vertigineux, courte est la saison des neiges, festive et religieuse, quasi mystique...Tout un rituel, tout un autre monde...Il n'y a même plus de nuit, tout est d'une lueur bleuté, 'l'Éclat' plus fort que l'Ombre...
Ce temps...particulier commence à la première lune noire, et se termine à la première pleine lune...quand les chutes le permettent...
A Nibelheim...Chez nous...
Il a l'aplomb et la réserve des montagnards. Il a la pudeur et la contenance des hommes de chez nous.
« R.A.S... » et il a l'aura qui cicatrise...
Ces hommes qui restent droits et stoïques...J'ai vu mon père, ainsi devant une pente enneigée, chez nous, on dit que regarder la lumière de Neige est dangereux. Tous les garçons s'entraînent, tout jeune déjà. Mon père était le plus fort à ça...Il m'avait interdit de le faire, car il disait que j'étais trop pure, et que je serai brûler. 'L'Éclat de Neige' ne brûle pas ceux qui sont assez sombre, et ceux qui sont assez fort pour laisser la lumière éclairer leur vérité.
Je n'aurais jamais cru pouvoir le faire...
Cloud...
« Cloud, post-it. » ma terreur à fondue à ses yeux.
Suis-je si sombre ?...Tu es sombre, n'est-ce pas Cloud...
« Post-it, Cloud... » j'ai la sérénité que j'ai très peu eu dans ma vie.
Ou est-ce parce que tu es ma vérité, Cloud...
« Cloud. » la sérénité de se savoir sombre, mais pas forcément mauvais.
Tu étais le plus fort après mon père...Tu es l'homme que j'aime le plus après mon père...Tu l'as toujours été...
« Hum ! Oui... » il se penche et je papillonne devant le vide.
Papa, tu n'es plus l'homme de mon cœur...
« Bon... » il soupire allongé sur le côté, me jette un coup d'œil « Post-it... » il fouille à terre de l'autre côté du lit.
Papa, même si tu étais encore vivant.
« Ça c'est un post-it... » il se redresse, le brandit « Ton post-it... » il tourne le petit papier pour le déchiffrer « Alors... »
« Cloud... » d'un bras, je l'enlace, de l'autre je froisse le papier dans sa main, avant qu'il y parvienne.
Maman, je comprends que tu en sois morte...
« Quoi ?... » il abandonne le fameux post-it à mes doigts brutaux.
Et quoi ?...Je ne sais pas...Je me suis toujours sentie prête à mourir pour toi...
« Cloud... » je m'écarte et le place entre nous et l'oubli.
Mais mourir alors que tu vas bien...
« Oui, Tifa ?... » libre de ses mains, il me pousse tout contre lui.
Hum...Maman est morte du bonheur de Papa...
« J'ai besoin d'être seule... » de mes mains libres aussi, je le pousse tout contre moi.
Parce que ce bonheur...n'était plus...elle.
« C'est que tu me tiens... » souffle-t-il dans mon dos.
Alors donc?...Je n'arrive pas à faire ton bonheur ?...ou...comment savoir, ne laisseras-tu faire ?...
« C'est que tu me tiens... » je lui revoie la balle, sans une once de reproche.
Je sais peut-être déjà que je ne suis pas celle que tu as choisie pour ça...
Il dénoue ses mains de moi, sans rompre le contact. Si ses mains n'étaient pas appuyées sur le matelas, il m'y aurait renversée.
« C'est que j'ai besoin, pas envie... » je me cambre pour résister, je peux basculer entre ses bras « Tu sais ça... »
Je me relève lentement, lui laissant le temps de s'écarter, avant que son visage ne descende plus bas que ma gorge. Je suis...agréablement surprise qu'il me suive, ses mains sur mes reins me compriment.
« Tu étais dans l'église, parce que Aérith était ton fardeau... » je hoquette à sa violente secousse.
« Je... » il s'étrangle et se niche brutalement dans mon cou.
« Ne t'excuses pas, je t'explique... » mes mains lui agrippent le visage et le repousse « Mon fardeau doit être ici...Denzel, apparemment... »
« Bon, mais !... » il fuit mon regard, agite sa tête.
« Cloud...C'est difficile...mais je te chasse... » je joins le geste à la parole « J'ai besoin, tu sais ça... »
« Je sais ça. » il se laisse choir sur le lit.
Je ne sais pas si ce fameux matin, ce matin ordinaire, il avait déjà décidé de partir...Ou s'il a pris sa décision au retour...Ce que j'en sais...C'était dur...ET pour moi, ça a été...
« Au moins. Tu sais où je suis et que je vais bien. Et il y aura les enfants pour prendre tes appels. » je déteste le silence qui suit et les mots que j'ai prononcés.
Il nous a abandonné...laissé derrière...mais...aujourd'hui je réalise que peut-être...il est possible que...Nous lui...nuisions...nous...moi ?...
« Prends ce dont tu as besoin...Je t'attends en bas...je veux savoir où tu iras...et que tu vas bien... »
