Coucou, vous allez bien ?

Voilà le chapitre 5 mais avant, réponse à la reviews^^

Vro : commenter pour dénigrer ainsi c'est franchement inutile ! C'est bien la première fois qu'on me dit que mes répliques sont niaises ! Surtout dans cette histoire ! Peut-être n'as-tu pas bien compris l'histoire… dommage !

Bonne lecture^^


Chapitre 5 : La demande du procureur

Kakashi relisait le rapport établi par les lieutenants Maïto et Sarutobi pour la énième fois, cherchant l'indice qu'il aurait manqué. Le complexe scientifique de l'île Tsuru avait été abandonné quinze années auparavant. Cependant, l'agent Satoshi avait confirmé l'activité électrique qu'avait découverte Shikamaru : ils dataient son utilisation de juin 2008 à deux jours après la découverte de la victime par le lieutenant Uchiha.

Son équipe scientifique avait fait de nombreux prélèvements qui lui avaient fourni la preuve qu'Hinata Hyûga avait été retenue prisonnière dans ce complexe abandonné parce qu'ils y avaient trouvé ses empreintes ainsi que ses traces ADN. D'autres prélèvements prouvaient que le complexe avait accueilli cinq autres personnes dont son équipe scientifique détenait des empreintes, du sang, des cheveux et des ongles. Malheureusement, aucune de ces preuves ne trouvaient de correspondance dans les bases de donnée de la police criminelle japonaise.

Kakashi posa le dossier sur le bureau en soupirant fortement et étala les clichés fait sur les lieux. Il n'eut pas le temps de s'y attarder plus qu'il ne le souhaitait car la porte du bureau s'ouvrit brusquement, laissant entrer une femme blonde d'une soixantaine d'année à qui il offrit un hochement de tête en la saluant.

_ Madame le procureur.

Tsunade Senju lui répondit d'un sourire poli avant de poser son regard ambré sur les photos qui habillaient le bureau. Elle n'attendit aucune autorisation pour venir près de Kakashi en demandant des nouvelles de l'enquête. En inspectant les clichés, elle écouta le capitaine la briefer sur leurs découvertes au complexe.

Il termina en lui annonçant qu'il avait donné l'ordre d'élargir les recherches de correspondance aux hôpitaux et qu'il avait pris contact avec Interpol. Tsunade hocha lentement la tête tout en réfléchissant.

_ Avez-vous pu comparer les prélèvements du complexe à ceux effectués au manoir familial des Hyûga ? questionna-t-elle en s'intéressant plus précisément à un cliché.

_ Oui. Nous avons deux correspondances.

_ Donc deux des cinq présumés criminels sont liés autant au massacre qu'à l'enlèvement et à la séquestration de la victime, réfléchit-elle à haute voix.

_ Mon équipe va récupérer l'enquête du massacre ?

_ Oui, les deux affaires sont liées. Il y a beaucoup de sang là…

Kakashi riva son regard sur le cliché qu'étudiait le procureur, voyant la mare de sang que son équipe avait analysé et grâce à laquelle Anko Mitarashi, le médecin légiste, avait fait ses déductions.

_ D'après Anko, la quantité de sang retrouvée suppose que l'individu est mort. Les traces alentours prouvent qu'il y a eu lutte. Il est donc fort probable que l'un des cinq présumés se soit fait assassiner. Pour l'instant, tout porte à croire que ce serait l'œuvre de notre victime. Le sang correspond à celui retrouvé sur le tee-shirt qu'elle portait et à l'échantillon de sperme.

_ Légitime défense, chuchota Tsunade.

Un silence suivi, laissant le procureur balayer les photos d'un regard analytique. Les connaissant dans les moindres détails pour les examiner chaque jour, Kakashi brisa le silence en partageant les suppositions de sa brigade. Il révéla que le lieutenant Nara prédisait que les présumés criminels étaient sur l'île Shikoku, et plus précisément dans la préfecture d'Ehime, à la recherche de la victime.

_ Une preuve ? réclama Tsunade.

_ Aucune non, soupira-t-il. Mais je suis d'accord avec Nara, la Hyûga doit avoir des informations qui peuvent les inculper. Et ils ignorent sûrement son amnésie.

_ Mais on ignore qui ils sont ! Ça revient à chercher une aiguille dans une meule de foin !

Kakashi ne put contredire le procureur. Sans suspect, ils n'avaient aucune piste, aucun profil et il leur était impossible de les trouver dans un périmètre aussi vaste. Il hésita une seconde à partager la supposition formulée par Sasuke. Il doutait que ce soit pertinent mais quelque chose lui disait que ce n'était pas à négliger. Il ne savait quoi exactement, une intuition peut-être.

_ D'après les cauchemars de la victime, Uchiha soupçonne le groupe mafieux Akatsuki d'être les présumés criminels. Ça coordonne sur le nombre d'individus et…

_ Ce groupe mafieux a bon dos, coupa-t-elle vivement.

Elle ne donnait aucun crédit à ce soi-disant groupe Akatsuki. Rien ne prouvait leur existence et Tsunade ne se fiait qu'aux faits et aux preuves. Le fait était que leurs portraits-robots avaient envahi les médias mais qu'aucune preuve n'était parvenue à démontrer ce qu'elle considérait comme un canular.

_ On leur attribue les affaires irrésolues sans aucune preuve, ajouta-t-elle. Et quel intérêt auraient-ils à massacrer une famille pour séquestrer, violenter et violer la seule survivante ? Il me faut des preuves, du concret.

Kakashi garda le silence, ne pouvant nier que cette supposition restait aussi invraisemblable que l'existence même de ce groupe mafieux. Il y avait quelques années de cela, durant l'année 2009, les brigades de polices du Japon avaient été envahies de portraits-robots représentant cinq hommes qui formeraient l'Akatsuki.

A l'époque, Kakashi était encore lieutenant de police sous les ordres de Fugaku Uchiha. Tout comme ses collègues, il avait trouvé étrange que les informations liées à ce supposé groupe mafieux soient intraçables. De plus, il n'y avait eu aucun antécédent criminel. Sans oublier que la Mafia japonaise n'existait plus depuis plusieurs années. Son capitaine, Fugaku, leur avait confié douter de l'existence des présumés mafieux et, depuis, aucune brigade de police du Japon n'avait eu d'informations supplémentaires.

Pourtant, les portraits-robots continuaient à être diffusés dans les médias. Il voulut insister auprès du procureur mais celle-ci le devança en lui demandant, son regard ambré dans le sien :

_ Autre chose, je veux une expertise psychologique de la victime. Voyez si le docteur Nara est disponible.

_ Ça risque d'être compliqué, grimaça-t-il. La Hyûga est farouche et si j'ai confié sa sécurité à Uchiha, c'est parce qu'elle n'accepte personne d'autre.

_ Je n'ai pas le choix au vue de son dossier médical. Le bilan psychiatrique est primordial.

_ Je vais contacter le docteur Nara.

Satisfaite, Tsunade s'apprêta à partir quand il la retint en lui annonçant que l'équipe 3 était rentrée d'Asuka quelques heures plus tôt. Il récolta son attention et lui résuma le rapport de ses lieutenants. Lorsqu'il annonça la présence d'un garde impérial dans l'affaire, Tsunade durcit son regard.

_ D'après Okisuke, ça concerne la rumeur du Magatama, termina-t-il.

Tsunade se montra réticente à cette déduction.

_ Une rumeur ? On base cette enquête sur une rumeur et des suppositions abracadabrantes alors que notre victime est bien réelle et que ce qu'elle a subi est impardonnable ? s'énerva-t-elle. Je veux du concret ! Des preuves ! Je veux un mobile et de quoi envoyer ces enfoirés se faire pendre ! C'est clair ?

Kakashi soupira. Il n'était pas choqué par la colère du procureur. Il était même d'accord avec elle. Cependant, ce sentiment ne le quittait pas.

_ Je ne veux négliger aucune piste.

Tsunade fronça ses sourcils.

_ Trouvez-moi une preuve qu'il s'agit de l'Akatsuki et que c'est lié au Magatama et j'y reviendrai. Prévenez-moi quand ce sera fait.

Tsunade quitta le bureau sur ces derniers mots, laissant le capitaine respirer profondément en posant à nouveau son regard sur les clichés. Si les soupçons de Sasuke s'avéraient exacts, sa brigade aurait une idée des criminels à rechercher. Malheureusement, il doutait que Temari, la psychiatre avec qui il travaillait souvent, soit apte à créditer les propos de la victime. Tout comme il ne savait comment prouver une rumeur vieille de plusieurs centaines d'années.

Il se sentait comme un chien qui se mord la queue face à cette affaire alors il suivi le conseil que lui avait toujours donné son capitaine : suivre son instinct. C'est dans cette optique qu'il appela le docteur Nara. Sans surprise, celle-ci accepta de s'occuper de la victime et, une fois leur discussion close, Kakashi lui faxa le dossier médical avant de faire appeler le binôme de Sasuke.

.

Shikamaru clôturait son rapport sur l'affaire Sandal –qu'il avait résolu seul étant donné l'affectation de Sasuke- quand il reçu l'appel de Kakashi. Il se rendit donc dans le bureau de son capitaine d'un pas lent et en profita pour lui rendre son rapport fraichement écrit. Kakashi n'y prêta que peu d'attention et informa immédiatement son lieutenant des directives du procureur, le chargeant d'aller informer son binôme et la Hyûga de ses futures séances avec la psychiatre. Shikamaru acquiesça sans grand enthousiasme, imaginant aisément la réaction négative qu'aurait Sasuke. Il quitta le bureau du capitaine dans l'optique d'informer ce dernier par téléphone. Il ne se rendrait à sa villa à Masaki que lorsque son épouse lui aura fixé une date de rendez-vous.

Shikamaru connaissait Sasuke depuis l'école de police. Il n'aurait jamais affirmé le connaître aussi bien que Naruto mais il n'était pas que son équipier : il était aussi son ami. Sasuke était un très bon lieutenant et leur partenariat fonctionnait sans qu'ils n'aient besoin d'en discuter en amont. Il était capable de comprendre ce que Sasuke taisait et, ces derniers temps, il était tenté de croire que la Hyûga avait dépassé le statut de victime. Cela ne le dérangeait pas si on excluait le fait que Sasuke perdait de plus en plus rapidement son calme comparé à ce dont il l'avait habitué.


Hinata commençait à prendre ses marques chez Sasuke. Susanô ne la lâchait pas d'une semelle, la suivant partout et lui réclamant continuellement des caresses. Elle avait commencé les entrainements d'aïkido, apprenant les bases et le renforcement de ses muscles. Elle adorait passer du temps sur la plage avec Sasuke, l'écouter lui expliquer son art, lui montrer des mouvements, l'initier. Elle aimait ensuite méditer sur la plage en écoutant le ressac lointain des vagues. Cela l'apaisait.

Elle fixa du regard un point invisible, fronçant légèrement ses sourcils en cessant tous mouvements. Elle faisait toujours autant de cauchemars dont elle ne réussissait pas à se rappeler et Sasuke mettait du temps à la calmer. Elle se mordilla la lèvre, se sentant coupable d'être un poids que le lieutenant devait porter. En plus de devoir veiller à sa sécurité, la loger, lui enseigner l'aïkido et subir sa présence, il devait chaque nuit la rassurer et rester avec elle jusqu'à ce qu'elle se rendorme. Elle était gênée d'être tellement dépendante.

Remuant de nouveau le plat qui mijotait dans la casserole, elle se demanda si le fait de méditer à la suite d'un de ses cauchemars ne lui permettrait pas de retrouver son calme pour s'endormir seule. Ainsi, elle libérerait un peu Sasuke. Elle tentait de se rendre utile en s'essayant à la cuisine et en faisant un brin de ménage. Si Sasuke s'était résigné à la laisser faire, il ne semblait pas apprécier ses plats… Et puis, elle ignorait tant de choses ! Elle avait besoin de réponses. Il fallait qu'elle sache d'où elle venait pour comprendre où elle allait.

Quittant ses pensées, elle reporta son attention sur sa casserole et jeta un œil à la recette. Ces derniers jours, elle s'entraînait en suivant les recettes qu'elle avait trouvé sur internet, espérant régaler Sasuke au lieu de le faire grimacer. Elle faisait goûter ses plats à Susanô mais lui ne se plaignait jamais de rien. L'arrivée du lieutenant dans la cuisine la fit angoisser.

Depuis son bureau, Sasuke avait senti une bonne odeur provenir de la cuisine. Il jeta néanmoins un regarda suspicieux à ce que contenait la casserole, sortant les couverts. Cela ressemblait à des ramens, réussis selon ses yeux mais il préférait se fier à son palais, pas certain que ce soit mangeable. Il mit leurs bols et leurs baguettes sur le bar en marbre et s'installa en l'entendant annoncer sans surprise des ramens au porc. Hinata les servit nerveusement puis ils échangèrent les politesses dues au repas avant qu'elle ne le regarde avec appréhension.

Sasuke hésita deux secondes avant d'enfourner ses baguettes pleines dans sa bouche, sous le regard d'Hinata. Et il fut étonnement surpris : c'était délicieux. Il le lui signifia d'un sourire en rivant son regard dans le sien. Il vit le soulagement dessiner ses traits avant qu'elle ne témoigne d'une fierté qui l'amusa. Continuant de manger, il repensa au coup de fil de Shikamaru et respira profondément avant de parler doucement.

_ Hime, le procureur réclame une expertise médicale, commença-t-il, la faisant froncer ses sourcils.

_ Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda-t-elle avec appréhension.

_ Ça veut dire rencontrer une femme comme Ino et Sakura, mais… psychiatre.

Hinata n'était pas ignorante au point de ne pas savoir ce qu'est un psychiatre et le fait d'associer ce mot à la folie la rendait perplexe. Elle l'afficha en gardant le silence, ne lâchant pas son regard. Sasuke tenta de répondre à ses questions muettes.

_ Elle s'appelle Temari, c'est la femme de Shika. Elle travaille souvent avec nous et elle pourrait t'aider.

Hinata baissa le regard, partagée entre l'envie que cette femme l'aide à arrêter ses cauchemars et cette angoisse qui la faisait craindre les autres. À chaque fois qu'elle se trouvait en présence d'autres que Sasuke ou Ino, une sensation d'insécurité la saisissait. Elle ne savait pas d'où cela provenait et se sentait même ridicule. Ne serait-ce que la semaine passée, elle avait été effrayée par la voisine de Sasuke, madame Utatane, une vieille dame qui leur avait apporté des gâteaux.

Témoin de sa crainte apparente, Sasuke lâcha ses baguettes pour lui prendre la main, récoltant un regard reconnaissant et un sourire. Il lui assura que tout se passerait bien et qu'il resterait dans la salle d'attente. Hinata hocha la tête en se pinçant les lèvres. Elle n'avait pas vraiment le choix puisqu'il s'agissait d'une exigence du procureur. Voulant la faire sourire de nouveau, Sasuke annonça qu'il lui apprendrait une technique de défense durant leur entraînement. Chassant la psychiatre de son esprit, elle s'en montra contente et joua les curieuses pour oublier ses craintes.


Ses pupilles jaunes lui faisaient affreusement penser à un serpent, l'effrayant d'un simple regard. Elles glissèrent sur son corps dénudé. Elle le supplia, tremblant autant de peur que de douleur. Elle avait mal aux poignets que de vieilles chaînes rouillées enserraient pour la maintenir debout. Son dos la brûlait. Elle était fatiguée. Elle l'entendit faire claquer sa cravache dans sa main, signe qu'il s'impatientait.

Elle n'avait plus la force de répondre et ne tentait même plus de retenir les larmes silencieuses qui roulaient sur ses joues. Elle sentit une douleur intense dans son dos, la faisant se cambrer en avant, hurlant sa douleur. Elle reprit son souffle, les paupières closes, et murmura un « pitié » qui le fit sourire. Il la gratifia d'un nouveau coup de cravache.

Son hurlement alerta Gato qui entra brusquement dans la pièce pour se figer devant la scène. Elle le supplia du regard mais il se détourna immédiatement pour s'apprêter à sortir. Chef l'interpella et lui ordonna de s'approcher. Elle le vit hésiter et se pinça les lèvres à son obéissance.

Face à elle, il évita son regard pendant qu'elle ne le quittait pas des yeux, le suppliant muettement d'abréger ses souffrances. Chef ordonna à Gato de la faire sienne et elle s'affola.

_ Non, supplia-t-elle. Pitié non…

Elle se mit à gigoter dans tous les sens pour tenter de se détacher en suppliant Chef. Pas lui, pas Gato. Elle ne voulait pas avoir peur de lui. Elle ne voulait pas être seule, définitivement seule.

_ Regarde-la, Gato, voit comme tu la dégoûte, siffla Chef.

Elle cessa ses suppliques quand Chef se colla contre elle alors que Gato lui obéissait. Elle le supplia muettement quand il ancra son regard dans le sien et le vit grimacer. Des mains lui agrippèrent le visage, la forçant à détourner le regard, laissant échapper une larme. Elle ferma ses yeux en faisant face à Chef et sentit sa langue forcer le barrage de ses lèvres, lui donnant la nausée.

_ C'est lui ou moi, Gêmu, chuchota Chef alors qu'elle avait une violente envie de vomir. A toi de choisir lequel tu veux.

Son visage se déforma sous les larmes muettes qui inondèrent son visage. Elle ferma les yeux et trembla en murmurant :

_ Vous, maître.

_ Gato, sors.

Il fut obéit dans la seconde, lui provoquant de nouvelles larmes. Ses poignets furent libérés des chaînes et son corps amorphe atterrit dans les bras de Chef. Elle ferma les yeux en se sentant portée puis jetée sur le lit. La torture était presque finie pensa-t-elle. Elle n'attendait plus que ses affreuses mains enserrent son cou et l'étranglent.

« Kami-sama ! Faites que, cette fois, je ne me réveille pas. »

.

Sasuke était persuadé qu'elle venait de cauchemarder sur celui qu'elle nommait Chef. Elle n'arrêtait pas de répéter son nom, tremblante comme une feuille en automne et pleurant plus que d'habitude. Il s'allongea près d'elle et la prit contre lui, la berçant doucement tout en lui caressant les cheveux. Elle mit bien plus de temps à se calmer que d'habitude et Sasuke en soupira de soulagement quand il la sentit s'apaiser doucement contre lui.

Quand ses tremblements et ses larmes cessèrent, il lui embrassa le front avant de la regarder dans les yeux et de lui sourire. Il essuya ses larmes et la remit contre lui. Il pensait rester avec elle cette nuit, ne voulant pas la forcer à bouger après ce violent cauchemar mais Hinata, qui avait retrouvé son calme et oublié son cauchemar, avait repensé à son idée de méditation. Elle se détacha de son étreinte pour lui dire qu'il pouvait retourner dans sa chambre, l'inquiétant visiblement.

_ Je t'assure, insista-t-elle. Je veux essayer de m'endormir seule.

_ Pourquoi ?

_ Je veux essayer, c'est tout.

Il n'était pas sûr d'être d'accord avec elle. Depuis plus d'un mois, elle avait besoin de lui pour se rendormir alors pourquoi, maintenant, voulait-elle essayer seule ? Hinata lui fit un sourire rassurant, lui caressa la joue et lui assura que tout irait bien. Après une guerre de regard, Sasuke abdiqua. Il n'appréciait pas de devoir la laisser, sans réellement comprendre ce qui lui déplaisait tant. Il quitta la chambre mais resta près de la porte entrouverte pour voir comment elle allait s'y prendre et, surtout, si tout irait bien.

Hinata s'assit en tailleur sur son lit et posa ses bras ballants sur ses cuisses en fermant les yeux. Elle cherchait à retrouver le calme qu'elle ressentait durant leurs entraînements mais elle mit plus de temps pour y parvenir. Après une dizaine de minutes, sa tête se vida enfin et les yeux de Sasuke se matérialisèrent sous ses paupières. Un fin sourire orna ses lèvres et elle se détendit.

Sasuke souri en même temps qu'elle. Il comprenait et appréciait qu'elle cherche à ne pas dépendre de lui. Pourtant, une part de lui n'appréciait pas sa recherche d'indépendance. Il alla fumer une cigarette sur la terrasse, se faisant accompagner de Susanô qui quémanda une caresse. Quand il l'eût obtenu, il repartit -sûrement pour retourner auprès d'Hinata ce qui fit sourire Sasuke. Il regarda le ressac des vagues à quelques mètres devant lui tandis que son bâton de nicotine se consumait entre ses doigts. Il irait voir si elle avait réussi à se rendormir sans lui avant de se coucher.


Alors qu'elle se rhabillait, Ino la félicita d'être en meilleure forme que la dernière fois, lui arrachant un sourire qui se fana rapidement. Ino venait la voir tous les deux jours. Sa patiente allait bien mieux, mais elle préférait continuer de venir jusqu'à ce qu'elle note une amélioration concernant son amnésie, ce qui était loin d'être le cas. L'infirmière rangeait ses ustensiles médicaux dans sa trousse quand Hinata lui demanda :

_ Ino ? Que m'est-il arrivé ?

La blonde déglutit difficilement : elle redoutait cette question. Sakura l'avait prévenu que cela arriverait bientôt et qu'il lui faudrait être honnête. Elle aurait apprécié que Sasuke soit présent, pour l'épauler, mais dans l'immédiat, le lieutenant profitait d'une de ses visites pour s'aérer en allant faire quelques courses, ayant fait sécuriser la villa par un collègue. Elle devait donc se montrer forte et affronter cela avec Hinata. Elle s'assit près d'elle et lui dit, de sa voix la plus douce :

_ Je ne sais pas exactement, mais...

Elle soupira un bon coup avant de reprendre :

_ Tu as été brûlée avec des cigarettes, mordue au sang, fouettée, battue, étranglée et...

Hinata l'écoutait en fixant ses mains posées devant elle sur le lit. Elle revoyait les traces sur son cou : « étranglée ». Les marques étranges sur sa poitrine et son ventre : « brulée ». Les traces sur ses clavicules : « mordue ». Ses ecchymoses : « battue »... Elle mettait des images de son corps sur chaque mot qu'Ino prononçait mais cette dernière se tut sans finir sa phrase, ce qui la fit lever les yeux sur elle. La blonde évita son regard alors Hinata se sentit en droit de demander :

_ Et quoi Ino ?

_ Tu as été…

L'infirmière marqua un temps, les larmes aux bords des yeux.

_ Tu as été violée Hime.

Ino regardait maintenant sa patiente droit dans les yeux, des larmes coulant sur ses joues. Hinata avait ouvert la bouche puis l'avait refermée, sans savoir quoi dire, ne réalisant pas vraiment. Elle ne s'en rappelait pas alors, elle ne pouvait pas en souffrir. Mais Ino semblait croire le contraire. Hinata posa une main sur son bras et lui sourit.

_ Ne pleure pas Ino. Je n'en ai aucun souvenir, tu sais.

_ Bien sûr que si, tu t'en souviens, répliqua Ino en essuyant ses larmes. Tu fais des cauchemars toutes les nuits. Sasuke me l'a dit.

_ Mais je les oublie, ces cauchemars, la rassura-t-elle.

_ C'est une autodéfense Hime. Un jour tu ne les oublieras plus.

Hinata tressaillit et Ino la prit dans ses bras. Elle lui rendit son étreinte, légèrement déboussolée par ces mots. Ino se sentait mal pour cette patiente qu'elle affectionnait de plus en plus. Elle aurait aimé avoir le temps de rester avec elle mais elle avait des horaires à respecter. A contrecœur, elle s'écarta d'elle et lui offrit une caresse sur la joue. Hinata lui sourit pour la rassurer afin qu'elle se décide à quitter la villa, ne voulant pas la faire manquer à ses responsabilités.

.

Hinata caressait Susanô en pensant à haute voix. Depuis que son infirmière était partie, elle ne cessait de repenser à ce qu'elle lui avait dit. « Un jour tu ne les oublieras plus ». Cette phrase se répétait en boucle dans sa tête. Elle ne voulait pas se souvenir de tout cela. Elle ne voulait même pas savoir qui en était responsable. Pourtant, elle était consciente qu'un jour, elle allait devoir quitter cette villa, quitter Sasuke.

Elle avait peur de se retrouver seule. Elle n'arrivait à parler qu'à Ino et Sasuke et elle faisait des cauchemars toutes les nuits. Comment allait-elle faire si Ino avait raison ? Si elle finissait par recouvrer la mémoire ? Loin de Sasuke ?

L'objet de ses pensées rentra à cet instant, récoltant son regard craintif alors qu'elle se relevait promptement du canapé.

_ Pourquoi on m'a fait ça ?

Sasuke grimaça. Ino l'avait appelé quand il sortait du magasin. Elle lui avait raconté une partie de leur conversation en mentionnant son inquiétude de l'avoir laissée seule après un tel aveu. Il aurait voulu être là pour la soutenir. Voyant l'inquiétude dans son regard, Hinata vint se blottir dans ses bras en laissant ses larmes couler. Il ne put lui rendre son étreinte, portant toujours les sacs de provisions.

_ On trouvera, chuchota-t-il en appuyant sa joue contre sa tête.

Hinata cacha son visage en étouffant ses pleurs. Elle ne voulait pas que sa mémoire revienne quand elle se retrouverait seule, elle ne le supporterait pas. Il fallait qu'elle recouvre la mémoire auprès de Sasuke. Elle n'avait pas peur près de lui.


15/02/2019

Bêta : Nicori