Chapitre 8 : Nouvelle piste

Hinata s'encourageait mentalement. « J'en suis capable, j'en suis capable, j'en suis capable » se répétait-elle nerveusement. Sasuke lui caressait doucement le dos pour la calmer et Shikamaru les observait, les sourcils légèrement plissés. Il ne savait pas ce que pouvait vivre la Hyûga mais aux vus de ce que lui avait raconté son binôme et de ce que lui avait expliqué son épouse, il se doutait que sa situation était difficile. Cependant, malgré sa nervosité apparente, il était confiant : la Hyûga avait fait l'effort de lui parler, Temari réussirait sûrement plus facilement à travailler avec elle.

Il avait confiance en sa femme qu'il savait experte dans son domaine. Paradoxalement, c'était Sasuke qui l'inquiétait le plus. Son comportement avec la victime était ambigu et facilement repérable. Lui-même avait d'ailleurs rapidement compris l'attachement du lieutenant pour la jeune femme. Il l'avait peut-être même mieux compris que Sasuke lui-même. Il ne l'en blâmait pas mais Sasuke devait faire attention : il pouvait avoir des problèmes.

Il avait dans l'idée de profiter du rendez-vous d'Hinata pour discuter sérieusement avec son ami et lui rappeler les risques qu'il prenait pour sa carrière en s'attachant autant à Hinata. De toute façon, ils devaient discuter de l'Akatsuki et de ses propres soupçons alors il ferait d'une pierre deux coups. D'autant plus qu'il voulait éviter de parler de tout cela devant la victime alors cette salle d'attente vide était le lieu adéquat dans l'immédiat.

La porte s'ouvrit sur la psychiatre qui accrocha le regard des trois occupants de la pièce. Temari Nara était une jeune femme de 27 ans dont les cheveux blonds cendré légèrement frisés mettaient en valeur son teint halé. Ses magnifiques yeux verts et son sourire franc lui conférait une assurance visible qui avait toujours séduit Shikamaru. Ce dernier avait beau être habitué à la voir chaque jour, il la trouvait toujours plus belle que la veille. Un fin sourire orna ses lèvres et il se leva en même temps que son binôme qui aida Hinata à garder son calme. Il jeta un regard entendu à sa femme qui appela sa nouvelle patiente d'un sourire :

_ Mademoiselle Hyûga ? Nous pouvons y aller.

Hinata jeta un regard inquiet à Sasuke qui lui sourit. Elle lui lâcha alors la main et suivit la psychiatre jusqu'à son bureau, tentant de contrôler les tremblements qui parcouraient son corps. Temari ouvrit la porte et laissa sa patiente entrer la première.

Hinata découvrit la pièce avec appréhension.

Le bureau de la psychiatre était grand et plongé dans une lumière feutrée que lui octroyaient les rideaux pourpres. Il accueillait un long bureau d'angle en bois où étaient disposés un ordinateur, une lampe, des flyers et des bloc-notes. Juste derrière se trouvaient deux bibliothèques emplies de livres qui entouraient un meuble en bois où étaient disposées des tasses et une bouilloire.

_ Installez-vous, l'invita Temari.

Toujours nerveuse, Hinata prit place dans le fauteuil en cuir que lui indiquait la psychiatre tandis que cette dernière contournait son bureau. Temari voyait bien qu'Hinata était tendue. Elle n'aurait pas eu besoin de son diplôme pour s'en apercevoir et elle ne pouvait que la comprendre. Elle avait déjà eu à faire à des patients amnésiques ou ayant eu un passé délicat mais ce qu'elle avait lu dans le dossier de sa nouvelle patiente regorgeait de douleurs et d'atrocités. Elle resta silencieuse un moment pour préparer du thé.

_ Vous aimez le thé vert ? la questionna-t-elle.

_ Ou-oui, articula Hinata en tortillant ses doigts.

Temari versa l'eau chaude dans les deux tasses avant de faire face à sa patiente à qui elle en offrit une en souriant. Elle avala une gorgée et s'exclama qu'il était délicieux d'une voix enjouée. Hinata bu à son tour et acquiesça d'un hochement de tête. Temari savait qu'elle n'obtiendrait rien d'elle tant qu'Hinata ne lui ferait pas confiance. Il fallait donc qu'elle la joue fine. C'était exaltant : un nouveau défi professionnel ! Elle aimait faire parler les gens, leur permettre d'extérioriser leur douleur et leur insuffler l'envie de s'en sortir.

_ Je m'appelle Temari Nara, mais je suppose que vous le savez déjà.

Hinata la regardait avec méfiance. La psychiatre dégageait une aura bienveillante, douce mais aussi joueuse, sûre d'elle mais aussi incertaine... Elle était partagée mais s'encouragea mentalement à ne pas reculer maintenant. Elle se racla la gorge.

_ Je m'a-ppelle Hinata Hy-Hyûga, répondit-elle difficilement.

Temari sourit de nouveau, c'était un premier pas prometteur. Sur le dossier de sa patiente, il y avait noté qu'elle ne parlait à personne hormis au lieutenant Uchiha et à l'infirmière Yamanaka. Connaissant les grandes lignes de son vécu, elle savait que cette crainte envers les inconnus était un réflexe défensif mais était ravie de devenir la troisième exception au mutisme de la jeune femme.

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Pendant ce temps, dans la salle d'attente, Shikamaru faisait part de ses soupçons à son binôme. Pour lui, le lien entre l'affaire et l'Akatsuki était fort probable, ce qui signifiait qu'Hinata était en danger, plus en danger qu'ils ne le croyaient. Il doutait que les criminels en question abandonnent si facilement leur victime qu'ils avaient retenue prisonnière durant sept années. De plus, il ne lui avait fallu que quelques jours pour trouver l'île et le complexe où avait été retenue la victime, ce qui signifiait que les criminels avaient la possibilité de faire la même déduction et donc de chercher leur « récompense » à Matsuyama.

_ Tu restes un flic, tu pratiques l'aïkido et tu n'habites pas Matsuyama, pensa le Nara à haute voix. Elle est en sécurité avec toi, mais...

Sasuke attendit la suite des pensées de son binôme. Depuis le temps qu'ils travaillaient ensemble, l'Uchiha avait appris à faire confiance aux réflexions de Shikamaru. Il était perspicace, stratégique et calculait toujours plusieurs coups à l'avance.

_ Mais ? insista-t-il devant son silence.

_ Mais ils sont cinq, dit-il en figeant son regard au sien.

_ Quatre, rectifia Sasuke. D'après Gêmu, le dénommé Yahiko Païn est mort.

_ Et les autres ?

_ J'en sais rien, soupira-t-il en s'adossant à sa chaise. Gêmu n'est pas facile à gérer. Elle semble coopérer et en même temps, elle ne répond pas clairement à mes questions. Pour l'instant, elle m'a uniquement révélé le prénom de ceux qui la détenait et c'est bien ceux de l'Akatsuki.

Shikamaru hocha lentement la tête en signe d'approbation. Il ne savait rien de la deuxième personnalité de la victime hormis le nom qu'elle portait. Néanmoins, à voir comment Sasuke en parlait, il imaginait que vivre avec une victime atteinte d'amnésie et d'un trouble dissociatif de l'identité ne devait pas être facile.

_ Ce qui m'échappe, c'est pourquoi des mafieux assassineraient une famille, enlèveraient l'héritière et la tortureraient pendant sept ans ? réfléchit Sasuke à haute voix.

_ Elle a une information qui leur faut.

Sasuke releva son regard sur Shikamaru. Ce dernier plissait les sourcils. Il réfléchissait. Il avait beau chercher, le Nara ne voyait pas d'autre explication que celle-ci.

_ Le père de la victime, Hiashi, a aussi été torturé avant d'être tué, ajouta-t-il. A mon avis, l'Akatsuki cherchait quelque chose appartenant à la famille Hyûga.

_ Ils ne l'auraient pas trouvé et donc auraient enlevé Hinata pour qu'elle leur donne ce qu'ils cherchaient, compléta Sasuke.

_ Exact. C'est logique. Elle allait succéder à son père : elle devait donc savoir.

_ Mais que cherchaient-ils ? ragea Sasuke. Si on le savait, on aurait au moins une piste !

Shikamaru repensa à ce que Tenten et Naruto avaient dit en revenant d'Asuka. Il doutait de la pertinence d'une telle rumeur mais… et si elle était vraie ? De son côté, Sasuke se remémora le nombre d'articles qu'il avait lu sur les Hyûga quand il cherchait des indices pour faire travailler la mémoire d'Hinata. La première chose qui lui vint à l'esprit fut le Magatama mais il imaginait déjà son binôme plaider que ce n'était qu'une rumeur et il ne pouvait que le rejoindre sur ce point. Pourtant, ils n'avaient aucune piste alors ils ne pouvaient pas se permettre d'écarter celle-ci, si infime soit-elle, alors il tenta :

_ Le Magatama.

Shikamaru haussa un sourcil avec scepticisme.

_ Je sais, reprit-il, c'est juste une rumeur. Mais admettons que l'Akatsuki croit à cette rumeur et cherche à récupérer les trésors impériaux.

_ Dans quel but ?

_ Se faire du fric, proposa-t-il en haussant les épaules. Ça doit valoir un bon billet sur le marché noir !

_ Les trésors impériaux ont surtout une valeur historique et s'employer à voler de tels objets revient à attaquer l'empire. L'Akatsuki changerait de statut, passant de mafieux à terroristes !

Oui… Des terroristes… D'ailleurs au vus de ce qu'avait vécu Hinata, pouvaient-ils encore les considérer comme des mafieux ordinaires ? Sasuke perdit son regard sur un point du sol, réfléchissant activement à cette possibilité. Shikamaru suivait le fil de ses pensées. Après tout, pourquoi pas ?

_ Je vais en parler avec le capitaine, assura Shikamaru. Si nos soupçons s'avèrent exacts, on pourrait même tracer ces criminels et résoudre l'affaire du massacre. Je te tiens au courant.

Sasuke acquiesça en songeant qu'ils avaient encore une carte à jouer : Hinata. Quand elle aurait récupéré ses souvenirs, elle aurait sûrement des informations à leur fournir.

Quel visage affichait-il en songeant à elle ? Il ne le savait pas mais il avait dû être expressif, beaucoup trop expressif parce qu'il n'échappa pas à Shikamaru.

_ Tu es bien proche de la Hyûga, lança ce dernier avec un sourire en coin.

Sasuke eut un tic nerveux de la bouche avant de se passer une main fébrile dans les cheveux. Il était effectivement proche d'Hinata. Bien plus proche qu'il ne pouvait se le permettre. Et encore, Shikamaru ignorait ce qu'il s'était passé avec Gêmu… Il respira profondément pour chasser ce souvenir de son esprit.

_ Je suis en charge de sa sécurité Shika, répondit-il d'une voix neutre.

_ Oui, je sais. Je vois aussi que ta façon de la regarder n'est pas celle d'un lieutenant qui fait uniquement son travail.

Sasuke soupira. Il se doutait que cela ne passerait pas inaperçu aux yeux de son binôme et que plus il en dirait, plus le cerveau surdéveloppé du Nara ferait les bonnes conclusions. Sasuke n'était pas encore prêt à en parler mais avait-il le choix ?

_ Disons que… je tiens à elle, déclara-t-il finalement en fixant son collègue. Mais je sais ce que je fais.

Shikamaru esquissa un sourire. Il n'était pas dupe, il avait bien remarqué que son collègue s'était attaché à la victime. Le simple fait qu'il le reconnaisse même à minima en était la preuve. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Il avait lui-même rencontré sa femme sur une affaire criminelle. Certes Temari n'était pas la victime mais elle s'en était occupée et les relations entre collègues dans ce genre d'enquête sont très mal interprétées ou peuvent anéantir des semaines de travail et de découverte d'indices. Il lâcha un petit rire.

_ J'en doute pas. Juste, fais gaffe à comment tu te comportes avec elle devant les autres.

Sasuke lui rendit son sourire en prenant note du conseil. Il était clair que si Shikamaru pouvait remarquer aussi aisément qu'Hinata était importante pour lui, ses collègues et surtout Kakashi finiraient aussi par s'en rendre compte.

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Temari avait réussi à engager une conversation banale avec sa patiente. Elle lui avait posé des questions d'ordre identitaire auxquelles elle avait répondu après un temps d'hésitation. Elle avait donc consentit à lui révéler son nom, son prénom, son âge, l'identité de ses parents...

Temari actualisa le dossier médical en notant qu'elle se souvenait des membres de sa famille. Elle voulait donc investiguer plus profondément là-dessus pour savoir d'où provenait le recouvrement partiel de sa mémoire. Néanmoins, elle se montra subtile pour ne pas l'effrayer.

_ Vous étiez proche de votre cousin Neji ?

Hinata acquiesça.

_ Et vous acceptiez votre mariage avec Toneri Ôtsutsuki ?

Elle la vit froncer les sourcils. C'était donc un sujet délicat ou un souvenir trop lointain. Elle resta silencieuse, patientant calmement pour obtenir une réponse qui finit par venir.

_ Je n-ne le connaissais pas.

Ce n'était pas la réponse à sa question mais elle s'en contenta.

Hinata la regardait prendre quelques notes sur un cahier à spirale avec son crayon de bois. Elle se doutait qu'elle cherchait à la faire parler de son ancienne vie, celle d'avant son enlèvement mais ce n'était pas ce qu'elle souhaitait dans l'immédiat. Elle voulait savoir si cette psychiatre pouvait l'aider à faire disparaître Gêmu. Elle avait aussi besoin de savoir ce que la police attendait de ce rendez-vous alors, pour la première fois depuis son entrée dans le bureau, elle prit la parole :

_ C'est qu-quoi une ex-pertise p-psychologique ?

Temari posa son crayon et fixa sa patiente : c'était une question pertinente et tout à fait appropriée.

_ Je suis là pour évaluer l'impact du traumatisme que vous avez subi, commença-t-elle. Je dois donner mon avis sur les séquelles endurées et avérer votre état d'amnésie et votre trouble dissociatif de l'identité.

Hinata acquiesça sobrement.

_ Je peux aussi vous aider, c'est d'ailleurs mon premier rôle, ajouta-t-elle en souriant. Je peux vous soutenir dans votre recherche de souvenirs ou tout simplement vous aider à comprendre ce que vous ressentez pour vous en libérer.

Hinata l'écoutait attentivement en ne la lâchant pas du regard. Elle écarquilla les yeux en entendant le mot « libérer ». Pouvait-elle vraiment l'aider à se libérer de cette douleur qui la tiraillait ? À la libérer de Gêmu ? À la libérer de ses angoisses ? Elle aimait cette idée. Elle l'écouta ensuite lui dire qu'elle aimerait faire un plus gros travail que celui de l'expertise.

_ J'ai déjà aidé d'autre personne victime d'amnésie ou souffrant d'un TDI, expliqua-t-elle. Comme j'ai pu suivre des personnes victimes de violence en tout genre. Je pourrais vous suivre si vous le désirez. Dans le cas contraire, je ferais seulement un rapport au capitaine Hatake.

Hinata lui fit un léger sourire d'appréciation. La psychiatre qui lui faisait face n'était pas en train de l'obliger à quoi que ce soit. Elle lui proposait simplement son aide. Elle se sentait moins stressée qu'en entrant dans ce bureau et elle voulait vraiment réussir à faire disparaître ses angoisses et Gêmu. Elle voulait retrouver ses souvenirs avant d'être séparée de Sasuke. Elle voulait se sentir normale et ne plus être cette victime amnésique et folle.

_ Je voudrais... Je voudrais a-apprendre à oublier ce qui… me fait mal.

_ Vous ne pourrez pas oublier, annonça Temari avec franchise. Mais vous pourrez apprendre à vivre avec cette douleur sans qu'elle ne soit plus forte que vous.

_ Vous pouvez m'aider ? À faire ça ? A apprendre tout ça ? Et à faire disparaître m-mes angoisses ?

_ Je prendrai tout le temps qu'il vous faut pour y parvenir, déclara la psychiatre en souriant de compassion. Je ne peux rien vous promettre mais, ensemble, nous pouvons améliorer votre situation émotionnelle.

Hinata sentit un soulagement la parcourir, c'était agréable. Elle sourit avec une réelle sincérité et lui annonça qu'elle souhaitait faire ce travail avec elle. Temari l'en remercia et lui proposa de la voir deux à trois fois par semaine selon ses besoins. Elle lui donna sa carte en lui précisant de l'appeler à son numéro personnel en cas d'urgence. Elle la raccompagna ensuite aux lieutenants et Sasuke fut surprit de voir Hinata sourire à l'épouse de Shikamaru en lui disant au revoir.

Leurs prochains rendez-vous étaient notés sur une carte cartonnée que la Hyûga tenait fermement dans ses mains avec celle du numéro de Temari. Ce rendez-vous avait été bénéfique pour la victime. Sasuke et Shikamaru le voyait au regard d'Hinata. Le Nara sourit finement en imaginant le rapport détaillé que lui ferait sa femme le soir même.


Après avoir raccompagné Sasuke et la Hyûga à la villa de Masaki, Shikamaru avait regagné le commissariat de police. Il partagea avec Kakashi la discussion qu'il avait eu avec Sasuke concernant l'Akatsuki. Kakashi fit le lien avec les suspicions du capitaine Okisuke que Naruto lui avait fourni lorsqu'il était revenu avec Tenten de sa mission à Asuka. Bien que, sur le coup, tout comme le procureur, il n'avait donné aucun crédit à cette rumeur, il avait à présent changé d'avis. Cela expliquait au passage la présence de la garde impériale durant l'enquête sur le massacre des Hyûga. Il demanda donc à Shikamaru d'effectuer des recherches sur les trésors impériaux.

Naruto et Tenten se joignirent à lui et ils passèrent plusieurs heures à éplucher les enquêtes criminelles de la ville de Nagoya -où se trouvait le Temple Atsuta qui détenait l'épée sacrée- ainsi que celles de la ville d'Ise -dont le Temple détenait le miroir de bronze. Ils remontèrent à plusieurs années en arrière sous le conseil du Nara.

Plus les heures s'écoulaient et plus Shikamaru désespérait de trouver un indice tangible.

_ Je l'ai ! s'exclama joyeusement Tenten. Enfin, je crois, venez voir.

Naruto et Shikamaru ne se firent pas prier pour quitter leurs fauteuils inconfortables et se placer derrière leur collègue, regardant l'écran de l'ordinateur avec minutie. Une enquête de la brigade criminelle d'Ise, datant d'avril 2009, parlait d'une agression sur un gardien du temple, un certain Bunpuku. Naruto fronça les sourcils.

_ A part le fait que le type travaille au Temple d'Ise, quel rapport y a-t-il avec l'Akatsuki ? demanda-t-il.

_ Pour l'instant, aucun, répondit Tenten. Mais vous trouvez normal, vous, que cette enquête soit donnée sans suite ? Je veux dire, pourquoi ouvrir une enquête, prendre la déposition du prêtre et fermer l'enquête en moins de trois jours ?

Shikamaru trouvait cela aussi suspect que sa collègue. Il demanda alors à Tenten de chercher des informations sur Bunpuku. Ils furent tous les trois satisfaits d'apprendre que le prêtre victime de cette agression travaillait toujours au Temple d'Ise et, grâce à son dossier médical de l'époque, ils purent vérifier que l'agression qu'il avait subi méritait bien une enquête criminelle qui n'aurait pu être clôturée en si peu de temps.

_ J'imprime ça, déclara Tenten.

_ Parfait. Naruto cherche sur les trois années suivantes à Nagoya, je fais les précédentes.

Le lieutenant blond obéit dans la seconde, imitant Shikamaru qui se concentra sur son ordinateur. Le Nara ne pouvait s'empêcher de penser que l'enquête d'Ise qu'avait trouvé Tenten était liée à l'Akatsuki. Après tout, l'agression avait eu lieu en avril 2009 et, en mai de la même année, les portraits-robots des supposés criminels membres de l'Akatsuki envahissaient les commissariats. S'ils trouvaient un indice à Nagoya, Kakashi ne pourrait plus douter de la rumeur concernant la détention du Magatama par les Hyûga et ils pourraient approfondir cette piste.

Après une petite heure, le visage du lieutenant Nara effaça son sérieux pour afficher un sourire de satisfaction.

_ J'ai ce qu'il nous faut, annonça-t-il.

Ses collègues rappliquèrent et il détailla l'enquête suspecte qu'il avait trouvée, datant de février 2008. Tout comme pour le commissariat d'Ise, une enquête avait été ouverte pour le meurtre d'un prêtre du Temple Atsuta nommé Rokubi. L'enquête ne détenait aucun rapport, aucune photo, seulement la date d'ouverture et celle de fermeture quatre jours plus tard.

_ T'as le rapport du médecin légiste ? demanda Tenten.

_ Non. Mais j'ai l'extrait d'acte de décès du prêtre Rokubi. J'imprime ça.

Naruto et Tenten échangèrent un regard pendant que Shikamaru terminait d'imprimer ses découvertes. La théorie de Sasuke prenait une certaine ampleur au vue de ces deux enquêtes bâclées et Shikamaru n'avait plus aucun doute sur la raison du massacre des Hyûga. Seuls persistaient ses doutes quant à l'implication de l'Akatsuki… Armé des imprimés, il prévint ses collègues qu'il allait informer Kakashi.

_ Je le suis, informa Naruto. Tu viens ?

_ Non, répondit Tenten en rassemblant ses affaires. J'ai été invité à boire un verre avec Konan et je suis déjà en retard alors… Tu me raconteras !

Elle lui fit un clin d'œil et quitta l'étage aussi vite que possible. Naruto fut surprit : Tenten n'était pas très ouverte aux amitiés féminine. Cependant, il était content pour elle et suivit Shikamaru, espérant obtenir l'autorisation du capitaine pour enquêter plus profondément. Il regarda sa montre avant de pénétrer le bureau, remarquant en soupirant qu'il avait encore entamé des heures supplémentaires.

Shikamaru lui jeta un regard avant de se reconcentrer sur le capitaine qui lisait les imprimés avec attention. Kakashi trouvait ces deux enquêtes tout aussi suspectes que ses lieutenants et au vu de ce que lui avait dit le Nara sur les intentions de l'Akatsuki vis-à-vis du massacre des Hyûga et de la survivante, il ne pouvait que donner du crédit à cette piste.

_ Très bien, dit-il en reposant les imprimés. J'ouvre cette piste. Je me chargerai d'avertir le procureur.

Leur nouvelle hypothèse impliquait un changement de statut des mafieux du groupe Akatsuki et si ses lieutenants validaient les soupçons ou trouvaient un indice les inculpant, l'enquête risquait de se compliquer.

_ Nara, tu es temporairement en binôme avec Asuma et je vous envoie tous les deux à Asuka dans une semaine, reprit-il. Namikaze, tu te chargeras d'Ise avec Rock, soyez prêts dans deux jours.

_ Oui capitaine, acquiesça Shikamaru.

_ Ouais cap'taine, imita Naruto.

_ Et envoyez-moi l'équipe 4, ajouta Kakashi avant qu'ils ne quittent son bureau.

Attendant les lieutenants Maïto et Sarutobi, il réfléchit plus longuement sur les suppositions que Shikamaru lui avait rapporté de Sasuke. Il était d'accord avec l'idée mais cela ne le rassurait pas. Si l'Uchiha s'était attardé sur le fait que les trésors impériaux avaient une valeur marchande au marché noir alors que Shikamaru clamait que leur possession ne rapportait pas grand-chose, Kakashi, lui, s'attarda sur ce que ces trois trésors représentaient pour le Japon et, selon lui, leur valeur était inestimable.

Si sa brigade réussissait à prouver que l'Akatsuki était derrière le meurtre du prêtre Rokubi, l'agression du prêtre Bunpuku et le massacre des Hyûga avec pour mobile le vol des trésors impériaux, le changement de statut de ces soi-disant mafieux risquait de leur faire perdre l'affaire qui serait alors confiée aux autorités compétentes. Il n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps à la question parce que l'équipe 4 entrait dans son bureau.

Kakashi les briefa sur la découverte de Shikamaru avant de leur donner les maigres imprimés concernant le meurtre du prêtre Rokubi. Il les missionna d'aller enquêter à Nagoya pour savoir pourquoi l'enquête avait été si rapidement clôturée alors que le dossier était presque vide. Il ajouta que le but était de faire le lien entre ce meurtre, l'épée sacrée et l'Akatsuki.

_ Je vais contacter le capitaine de la brigade criminelle de Nagoya mais essayez de fouiller quand même. Si, comme je le pressens, l'enquête a été effacée, les prêtres au Temple pourraient devenir de bons informateurs.

_ Bien capitaine, approuva la Sarutobi.

_ On part quand ? questionna Gaï.

_ Dans deux jours.

Les deux lieutenants quittèrent le bureau du capitaine Hatake qui respira profondément. En cet instant plus que d'habitude, il regrettait le décès de Fugaku Uchiha qui avait été un capitaine hors pair. Ceci lui fit penser à Sasuke. La première fois qu'il l'avait rencontré, Sasuke avait une douzaine d'année alors que lui devenait lieutenant sous le commandement de Hiruzen, en binôme avec Fugaku Uchiha. Ce dernier lui avait appris le métier bien mieux que l'école de police. Deux ans plus tard, il se retrouvait en binôme avec Asuma, l'Uchiha ayant pris le commandement du poste de police. Et quelques années plus tard, c'était Itachi qui les rejoignait.

Il se souvenait du jour où il avait attendu Sasuke et Naruto à l'aéroport au retour de leur voyage en Australie. Les deux jeunes hommes étaient au courant pour le tsunami qui avait été retransmit dans le monde entier mais ils ignoraient la mort de leurs proches. Il se souvenait de leur regard, de leur expression, de leurs réactions lorsqu'il leur avait annoncé. Naruto avait écarquillé les yeux qui s'étaient humidifiés et avait entrouvert la bouche. Il était resté silencieux de longues secondes, essayant d'enregistrer l'information en refusant d'y croire. Il s'était ensuite énervé, serrant les poings, se mordant rageusement la lèvre inférieure en jurant, ne pouvant empêcher ses larmes de couler.

Sasuke, quant à lui, n'avait pas bougé. Son visage n'avait témoigné d'aucune émotion et son regard inexpressif était resté planté sur un détail du carrelage de l'aéroport durant tout le temps que Kakashi prit pour calmer Naruto. Il s'était juré de s'occuper du fils de son ami et mentor alors que les parents de Sakura recueillaient le Namikaze. Et il l'avait fait. Il l'avait soutenu et accompagné durant des années. Il l'avait recueilli chez lui le temps qu'il termine ses études et il avait, peu à peu, réussi à le faire s'ouvrir à lui. Mais même six ans plus tard, il n'avait toujours pas réussi à le faire parler de sa famille.

Se frottant les yeux de son index et de son pouce, il chassa ces souvenirs peu agréables pour se reconcentrer. Il devait téléphoner au procureur pour lui faire son rapport. Ensuite, il appellerait Sasuke pour savoir comment se passait sa mission de protection.


05/04/2019

Bêta : Nicori

Réponses aux reviews :

Guest : merci pour ta review ;) Gêmu est une facette de Hinata, comme Hime. C'est à cause de ce qu'elle a vécu. Pour Sasuke, c'est compliqué pour lui. Il se retrouve au milieu des deux personnalités de Hinata. Cette fiction est assez psychologique. Mais merci de ton commentaires^^

RURU : merci pour ta review ;) Oh, dommage que tu préfères la première version :( Pour le OS, j'ai noté ta demande, je vais écrire ça dès que l'inspiration viendra ;) De rien, bisous ;)