Disclaimer : Les perso et l'univers de base sont à Square Enix.
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Chapitre 15 – Soldat ! Rapport ! Au rapport !
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Rapport 15
Je ne suis pas un ennemi...Mais, elle me combat...Je ne suis pas que...
Je ne suis pas que son ennemi, je suis son ami...aussi
Mais, je suis pas qu'un ami, je suis un ami d'enfance...Non pas que...
Je suis son colocataire, mais pas que...Je suis son camarade de vie...
Je suis son ami d'enfance, et compagnon de route...Non ! Même pas que !...
Je suis aussi le père d'un de ces enfants !
Et malgré, avec tout ça...Au final, ce qui na va pas...
Je ne suis pas qu'un ami, je suis un amoureux...
Je ne suis pas que...Que suis-je ?
Tifa, quoi...Encore ? Non ! Pourquoi ça recommence ? Non, pourquoi ça continue ?...
Rien n'est utile, tout est dérisoire ?
Non ! Attends ! Arrêtes ! Attends !
Du temps, je veux du temps, j'ai besoin de temps ! J'en ai déjà trop prit, mais j'en veux encore...
Aller Soldat! La mission s'annonce difficile...
Ne la touche pas trop, ne la frappe pas...ne la désire pas...
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25 ème Nuit
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Non ! C'est pas réglé, c'est pas soigné !
Et 'bis-repetita' ! Sa main sur mon front, ces mots, sa voix dure, méchante, blessée...douloureuse...à mort...
Ses doigts autour de mon visage, son souffle proche et puis son abandon, son absence et la carence que ça me laisse.
Désarticulée, tremblante, j'anticipe. J'espère être debout, rien n'est moins sûr dans les voltiges que font mes sensations et la cacophonie de mes perceptions...
Ah, si !
Son corps trouve le mien, nous sommes debout, je me serre contre lui, c'est pire oui, mais très vite ça sera terminé.
A tâtons, ses épaules, son cou, ses joues où mes ongles s'enfoncent, je rate sa bouche de peu, je me cogne contre son menton. Je remonte de trop et bute cruellement mes lèvres sur son nez...
Merde !...Aïe !...Ok, j'y suis !...Oui, j'y suis...Oh...
Et 'bis-repetita', c'est si...velours, incroyable...
J'en ai embrassé des garçons, des hommes même...
Avec lui, ce qui m'étonne...cette sensation de soie n'a rien de frais, rien de glacé. C'est chaud et humide, comme un nid douillet, une sorte de sauna où il y fait bon...J'aime le chaud, j'aime l'humide...Et ce qui est est vraiment, réellement appréciable, au-delà du plaisir et du bienfait physique...
Hum...Où alors, c'est ça ?...
C'est ça qui remplace ma folie, mon corps réagit plus à lui, et chasse le reste. Bon...c'est...éh bien...pratique, c'est...sa bouche le trou noir, mais ce n'est pas moi qui y est aspirée...c'est mon mal...
Je le sens se crisper, mais je n'en ai rien faire, je l'accroche à lui faire mal, et je pousse à y jeter tout ce que sa bouche veut bien prendre. Et elle avale tout, tout mon malaise, mon vertige, tout... Mais rien de physique, non, je sens ses dents tant j'écrase nos lèvres.
C'est chaste, c'est une bise, une grosse bise...c'est pour stopper, juste...
Et 'bis-repetita', c'est l'oubli...Et tout revient, bis-repetita, un autre 'ting', encore plus cruel...
« Tu ne sais pas...ce que tu fais... »
Il s'en va et je doute que cette fois, il ne revienne...C'est pas grave, je l'appellerai...
Non ! Je ne peux pas ! C'est cruel, et malsain !
Je pourrais lui dire que je l'aime, c'est que dire cela, c'est avoir une réponse, et ça...je ne veux pas...
Dans un frisson, je retrouve ma vue et je le vois, là assis sur son lit, comme je le suis sur les lits accolés des enfants. Il est penché sur mon carnet de misère, mes notes de folle-dingue...Il cherche, il veut savoir, pourquoi, pourquoi il doit faire ça, pourquoi je fais ça, pourquoi...
Oh !
Je bondis sur mes pieds au petit bout de papier rouge vif qu'il lisse. C'est vrai mon post-it ! Je l'avais zappé !
Je ne suis même pas certaine de ce que j'ai écrit dessus...pourtant...La vague de douleur qui zèbre son visage, renforce mon hypothèse...
Cloud ! ...pardon...
Et tu ne sais pas, tu ne peux rien n'y comprendre. Ce doit être...terrible pour toi ! Et si tu comprenais, se serait pire, crois-moi.
Je suis ignoble...ignoble et affreuse...Mais...si j'étais à sa place...je voudrais savoir...J'avais beau le connaître et comprendre, tant de doutes m'ont assaillis lors de son départ. Je lui dois un part de vérité, une part de ce que je sais, de ce que j'ai compris...
Je lui dois ça ! Je lui dois...
Aller ! J'y vais !
« Hum ?...Tifa... » il glisse le post-it entre les feuilles.
Son regard me prévient, sa tension m'avertit.
Je ravale mes paroles au bouclier qui émane de lui et qui se dresse, se tend vers moi. C'est comme une grille hérissée de piques, une forêt de ronces.
« Quoi ? » me jette-t-il.
Il m'examine de la tête au pied...sévère, rancunier, hostile...
Non, je n'ai pas une autre crise, tu le vois bien...hum ?...
Après son long examen sans indulgence, sa mâchoire se crispe un peu plus...trop.
Je te fais mal, n'est-ce pas ?...On n'a pas arrêté de se faire mal, Cloud...
Et son barrage se fendille...il cligne ses yeux immenses et impénétrables...
Tant mieux...je compte passer quand-même, tu sais...
C'est récurant ça ! Il attire autant qu'il refoule les gens autour de lui, depuis toujours...On l'aperçoit et le regard s'accroche, moi en tout cas toujours...
Mal dans sa peau, il a éternellement pris ça pour une agression, une insulte...Alors il se protège, il refoule rien qu'à ses yeux.
Moi, je suis passée il y a plus de dix ans, et je passe à chaque fois, je l'atteins à tous les coups, qu'il le veuille ou non...
D'ailleurs je n'ai jamais su s'il le voulait, et si du même coup, c'était la raison de mon statut particulier auprès de lui...
Cloud ?...
« Et en bas, ce demi cercle avec ce trait presque à l'horizontal ? » il tapote mon carnet.
Moi, je papillonne et le contemple gravement. Il a réussit à me désarçonner avec cette phrase...pourtant ma résolution, elle, tient bon...Je ne tente plus de passer, non, je peux aussi le faire de loin, mes mots à moi aussi le toucheront et pire sans doute...Je lui les dois...
Ok ! Faut faire ça propre, net...tranquille...Que...
S'est en rapport avec le décès de ma mère, que certainement, je suis dans le même état, que j'ai mesuré à quel point mon père et son éducation y étaient impliqués...
Avec une situation qui n'est pas complètement similaire, d'où un espoir...pas la même fin.
« C'est l'heure... » je murmure, ma gorge serrée d'émotion.
« C'est l'heure ? » répète-t-il dubitatif.
« Oui, c'est l'heure de... » les mots m'échappent.
« L'heure... » il hoche la tête et devient très concentré.
« Oui c'est ma maman... » cette fois ma voix se brise.
« Ta ma-...man...Tifa ? Quoi ? » il bredouille à mon air anéanti, et lutte pour garder le calme que moi je n'ai plus.
« Cloud ? » je hoquette comme une pauvrette « C'est maman... » je tente de contrôler, résultat je couine et ses yeux me fuient.
« Ta maman... » il hésite « Elle t'a apprit à dessiner l'heure comme ça? » je hoche la tête, ravalant mes larmes et mes souvenirs « C'est...Nostalgie... » il pose à nouveau son regard sur moi.
« A peu près... » j'inspire bruyamment « Je...je ne crois pas que ce genre de souvenirs puissent être nostalgiques...Se sont des sentiments lugubres et mélancoliques...»
« C'est un point positif si tes dessins ont une signification. Au moins t'as pas possédé... » raisonne-t-il soulagé.
« Ah...oui, hein...hum. Je comprends certaines choses... » je m'éloigne à petits pas.
« Bon... » il tourne quelques pages, marmonne tout seul.
Je ferme sa porte avec un extrême lenteur car je sais que dans une seconde...c'est l'explosion...Et je veux à tout prix ne pas réveiller mes petits...
Je cherche des mots anodins, des mots simples, inoffensifs, pour lâcher...ma bombe...Je le lui dois...
Fait chier ! Si !
Je ferme les yeux...je pense tenir une phrase correcte. J'applique en douceur mon front sur le bois, j'articule en silence...
Ok...Je peux la dire et tenir le coup...
Je la souffle encore, pendant qu'il étudie, je la murmure, respire amplement... j'évacue un maximum...de peur et d'angoisse...
Tout va bien...Je vais la dire à voix haute, de plus en plus fort, simplement, de plus en plus fort.
Mes doigts tambourinent contre la porte, un tempo Lento...le rythme harmonieux avec mes mots choisis, je souffle ma conclusion...Je la chuchote...
Dans le silence de la pièce j'ai l'impression qu'elle résonne. Je trésaille au bruit de mon bloc-note jeté à terre.
Je monte mes poings serrés le plus haut possible, en deux pas il est derrière.
« T'as dit quoi ? » gronde-t-il nerveux.
Il plaque brutalement mes mains qui s'ouvrent et se ferment pour trouver une accroche improbable sur la porte.
« C'est pas si grave... » je trouve le courage de rire « C'est pas forcément révélateur... »
« N'importe quoi ! » crache-t-il d'un coup.
« C'est pas n'importe quoi. » je suis incroyablement calme « Ce sont des faits...Je me veille comme j'ai veillé ma-... »
« TAIS-TOI ! » hurle-t-il à mon oreille.
« Hé ! Cloud ? » je le bouscule, mais il résiste, d'un coup j'arrive à décoincer mes doigts des siens « Merde !... » je me sort d'entre lui et la porte « Du calme. Elle est morte, bon et c'est pas parce que -... »
« Fermes-la ! » il s'appuie à la porte comme s'il voulait la défoncer.
« Ne me parles pas comme ça ! C'est pas ma FAUTE ! » je crie et lui chope un bras pour qu'il dégage de là.
« STOP! » il tourne comme une furie dans sa chambre « Chier ! J'entends rien ! » gronde-t-il soudain.
« Quoi ?... » je le scrute choquée, si ébranlée... « A qui tu parles ?... » je tourne sur moi-même pour le suivre des yeux.
J'ai cru un instant qu'il n'avait pas entendu ma petite voix. Il m'a avoué bien plus tard que durant les Géostigmates, la voix de Séphiroth lui parlait. Je l'ai cru, sans mal...
J'ai cru aussi que c'était fini...Pourtant il se précipite sur moi.
« A qui veux-tu ? » il s'agrippe la poitrine, pâle.
« Je...tu m'as dit que tu allais bien... » ma petite voix l'accuse, mes yeux fuient son regard intense « J'ai besoin d'être seule. »
Je le contourne, sort de sa pièce et ferme la porte en deux battement de cils...je suis capable de fulgurance...
...Pitié...
