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Chapitre 31 – Chef, Soldat en Reddition, Chef !
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Rapport 31
Je te l'ai donné, mon cœur là...ça...c'est douloureux.
Vider un cœur c'est pénible, les vielles blessures c'est embêtant, surtout leurs cicatrices.
Ça suture plutôt mal lorsqu'on est seul pour faire les coutures, c'est pas joli.
Prends...prends-le...Prends...
Tant qu'on y est, raclons bien tout, je ne risque pas d'hémorragie, tu es là.
Et puis, reste toujours une espérance. Parce qu'un combat sans aucun espoir, c'est une défaite, l'être humain est ainsi.
Dans la noirceur d'un aller sans retour, toujours une petite lueur, celle de ne pas forcément mourir, 'être près à' mais pas 'vouloir'.
C'est différent du suicide, quand il faut, il faut ! Simplement, on s'en serais bien passé...
Barret me l'a si souvent répété...Quand un train est en marche, on n'en saute pas, les chances d'en mourir sont énormes. Et souvent quasi égale à ce qui attend à l'arrivée...
Alors, autant atteindre le terminus, là-bas peut-être, peut-être une lueur, peut-être qu'on survivra...
Dans mon cœur il y a quelque chose comme ça...une zone pure qui s'est tapie, parce que un cœur totalement avarié, c'est un cœur mort.
Ce limon est un peu boueux, il a stagné au fond pour se protéger. Attaqué malgré tout, ça attaque tout un cœur acide...
Même dans un cœur aussi acide que le mien, reste une petite chose qui attend.
Ce dépôt, c'est tout ce qu'il me reste, mon honneur et mon amour pour toi.
Rien...rien d'autre...L'espoir que tu m'aimes, et l'espoir qu'à tes yeux, je reste un homme honorable.
Grâce à toi, mon honneur que je portais à bout de bras, est devenu comme authentique, indiscutable...Je n'ai plus à le porter, tes mots lui ont donné des ailes.
Je comprenais les expressions 'avoir le cœur lourd', 'crever le cœur'...
Il y a une minute, j'ai compris 'ouvrir son cœur', ça c'est couplé avec 'à cœur ouvert', et ça, ça m'a fait mal...
Mais là...'donner des ailles'...
Et bien, je viens de comprendre que ça marche aussi. Pas de simples mots ces proverbes...
Ici et maintenant, je fais l'expérience d'un adage positif, ça...change...C'est pas vraiment ma routine ça.
Je ne suis qu'un idiot romantique et un pathétique hypersensible.
La vérité...tu m'as toujours donné des ailles, à mon courage, à ma volonté, à ma confiance, à mes envies...
Jamais, jamais à mon cœur...Peu importe, c'est déjà beaucoup, mais j'aimerai bien connaître ça, quand le cœur s'envole...
Bah...tu me donnes toujours beaucoup, là, un grand plus, pourtant manque encore...j'attends tant de toi...
Suis-je injuste...tu fais beaucoup, je ne fais rien...
Hum, c'est dommage tout de même...
Tu as dû me forcer à ouvrir mon cœur, mais tu sais Tifa, tous ses efforts, tu aurais pu de les épargner ! T'avais qu'à utiliser la clé !
Je te l'ai donnée, il y a longtemps. Sur un puits. En cachette et en silence. Tu n'as rien vu, tu n'as rien compris.
Je ne voulais pas que tu le vois, j'avais peur que tu le comprennes.
Aujourd'hui, je donnerai tout pour tu l'aies vu à l'époque...ou même compris aujourd'hui...Ah ?! Quel lâche je suis !
J'ai qu'à faire un geste pour te montrer ! Qu'à ouvrir la bouche pour te l'expliquer !
Et un menteur ! Tout donner ?! J'parle de qui, de moi ?! Moi, j'suis là, à attendre désespéré, que TU le dises !
Merde Tifa écoute, tombe pas amoureuse d'un lâche comme moi, un dégonflé et déloyal en plus !
Non, écoute, honnêtement, j'peux pas me réjouir d'une telle chose, tu le mérites pas tu sais !
Tifa...Tifa...écoute...jjj...bon, écoute...
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32 ème Jour
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« Cloud, écoute... » ma voix résonne dans la pièce.
Il me réagit pas du tout. Mais moi, j'ai besoin de parler. Vider mon sac, et puis qu'il soit seul dans la tourmente, je n'ai jamais aimé...j'aimerai que mes mots servent de...panneaux...
C'est décidé...premier panneau, hum ?...La direction qu'il doit suivre et la destination...
« Ton cœur peut souffrir toute ta vie, mais ta vie être heureuse, Cloud...parce que c'est suffisant...je crois... »
Il sursaut, comme réveillé par surprise...
P'être ben fait une bourde moi...Bon, c'est pas grave, maintenant, maintenant...je vais lui dire que je suis...son GPS !
« Je sais que ce n'est que mon regard, à moi, et je sais combien il t'est important. Euh...je...je crois... » je bafouille la fin.
Il se...il monte en tension...ça me contamine et d'un coup je me sens toute déprimée...
« Que ça puisse être insuffisant...me rend si...malheureuse... » ma voix est si pitoyable.
Il se ramasse sur lui-même, m'écrabouille, comme s'il concentrait toute sa tension...Pas besoin de voir son visage pour savoir...
...AAAAAH...AH !...Il m'a ?!...Il m'a...CONNARD !
Il m'a jetée, m'a envoyée bouler sur mon cul, il m'a envoyée par terre, il m'a envoyée...
...PAITRE ?! MOI ?!...CONNARD ! DE DIEU !
Je me redresse d'un coup.
Ah ! Rectification GROS CON-NARD !
Un gros con, assit par terre contre son petit mur chéri, qui a posé ses petits coudes sur ses petits genoux, et qui a caché sa sale petite gueule derrière ses p'tits bras croisés, pendant que moi, truc-machin, j'ai été éjecté cul par dessus tête, à s'en péter le crâne, justement, par terre...
Ça va, sale petit con ? T'es bien là, tu't'sens bien ? Parce que moi...
Ça pique le cœur, même que, ça le transperce même, que ça pique mes yeux aussi, ça m'en scie la gorge, et que, j'en couine au lieu de l'incendier proprement...
Il esquisse un mouvement, bouge la main comme pour un moustique...
Ah ! J'te dérange avec mes couinements ! Ex-cu-seee ! Ça fait juste très MAL !
J'arrive pas à articuler, à faire passer la boule billard que j'ai dans la gorge...
« Quoi ?! » demande-t-il hargneux.
QUOI ?!...Ah mais...AH MAIS, RIEN !
« Quoi ? Y-a quoi ? » il s'adresse à moi comme à une cliente chiante.
Pauvre choux, j'tembête ?...
Cette fois il a relevé la tête, il me voit, et c'est que son air pas bien du tout, me touche.
Merde ! Merde ! J'me fais avoir à chaque fois !
J'en papillonne, les dents serrées, ça picotent mes yeux un grand coup, et puis c'est les grandes eaux, les larmes coulent...
« MAIS QUOI ?! » me hurle-t-il.
« MAIS RIEN ! » je lui rends sa colère en plein visage.
« Si y-a, tu le dis clairement ! J'en ai marre ! C'est toujours moi qui passe pour l'ordure ! J'comprends tout d'travers faut le savoir ! Merde ! »
Ah...de travers...qu'est-ce que j'ai dit ?...De dieu ! Ah non, faut pas que j'me laisse faire ! Oui t'es le méchant, là !
Il replonge dans ses bras, et mon poing cogne ses bras croisés...sans que je...
« QUOI ?! » il redresse la tête, se frottant le crâne...j'ai tapé là aussi...
« ÇA ! » je plante un doigt cruel dans un de ses avant-bras « Ça, là, ça ! » je pique, pique dessus, plante, plante dans le muscle « Ça, ça, ça c'est une barrière, pourquoi ?! »
« QUOI ?! » il est pauvre en vocabulaire, mais très fort en colère.
« Ouais, une barrière ! Tu m'as jetée et déjà que tu m'empêches... » les mots me manquent « Là, moi ! » je désigne l'espace entre ses bras et ses jambes.
« DE QUOI ?! » il crie complétement choqué.
De dieu!...Puisque t'es un demeuré, parlons demeuré!
« Là, moi ! Moi, là ! » de mes deux mains je montre où.
« Pourquoi faire ?! »
Ta gueule ! T'occupe !
« Moi là ! Arrête tes questions stupides ! Un coup tu veux, un coup tu veux pas ! » j'en trépigne de frustration.
« Et toi, un coup t'as besoin, un coup c'est moi ! Qui est malade, toi non ! »
« Bah justement, malade, m'faut un héro ! J'ai besoin du mien ! Et mon héros crois qu'il-... »
« Arrête de dire des trucs comme ça ! » il me pointe du doigt ulcéré.
« J'ai besoin de mon héros pour m'en sortir et mon héros a besoin de moi pour être solide, alors je-... »
« Ah ?! » son éclat est pire que malsain « T'investis dans le matériel ! »
« CLOUDDD ! » je crie au plafond sinon j'le défonce.
Demeuré ! Demeuré !
« Et t'as besoin d'un gros retour sur investissement, hein, c'est ça ?! Alors t'y vas fort ! » il est mauvais, si mauvais que ça en est gerbant.
« T'as pas le droit d'dire des choses comme ça ! 'Éclat' ou pas, t'as pas l'droit d'pendre mes mots comme ça ! »
« A-lors!...Arrête de dire des trucs comme ça ! »
« J'investis pas d'argent dans mon héros ! J'investis mon cœur ! »
« Arrête de dire des trucs comme ça ! »
« Mon cœur, parfaitement ! »
« Arrête de...Arrête ! » il prend son air le plus pathétique
« Arrête ?! Quoi ?! Le temps file et tant de choses que tu dois fix-... »
« J'ai pas besoin d'Éclat pour fixer ce que tu me dis... » il boude maintenant.
« J'l'ai plus ?... »
Merde ! Ça compte pour du beurre alors ?...C'est pas du jeu !
« Rien à...voir...Tu...m'as jamais dit tout ça... » il a vraiment le culot de bouder.
« Je sais... » je m'interrompt à ses yeux malheureux « Cloud...t'as qu'à me laisser passer plus... »
« Je te laisse toujours passer... » il marmonne.
« Ouais mais...j'aimerai passer parce que tu me...m'appelles... »
« J'suis un incapable pour des tas d'choses, Tifa... » il secoue la tête et glousse entre ses bras « Mais...T'es pas si sourde, non ?... »
Sourde moi ?! Quel enfoiré !...Rah, et merde ! Bon si, peut-être !
Je baisse la tête honteuse...je me sens léger...minable...
« Bon, si t'es sourde, t'es pas aveugle aussi quand-même, merde ! »
Ben, euh...sans doute un peu...mais toi aussi ! Et puis lent avec ça !
« Tu m'fais vvv-rai-ment chhh-ier ! » il grince des dents incroyablement fort.
C'est terrifiant ! A s'en faire sauter une ou deux. J'ose un regard et m'avance d'un coup.
Ses bras ouvert ! Ils étaient ouverts et il les referme ! Merde ! Trop tard !
Il s'avachit sur ses avant-bras comme tout à l'heure...seulement ma tête s'y pose aussi...il enlève la sienne aussitôt.
« Bah...sourde, aveugle... » à quatre pattes devant lui, j'arrive à hausser les épaules « Lente aussi ?... » je tourne mon visage, et ma joue contre sa peau, je tente un regard implorant.
« Pfff ! Un incapable et une handicapée... » il boude, regarde ailleurs.
Lentement et avec un gros soupir, je me recule.
C'est pas gagné, gagné...p'être foutu !...misère...
Il lève un bras de sa barrière et rougit brusquement.
Il m'invite à passer ?...C'est...la première fois...
Puis l'autre bras se lève...Je suis comme devant un pont à bateau...
Non ?!
J'avance une main, allonge le bras, je n'ose pas le toucher, c'est embarrassant, je comprends qu'il rougisse...Finalement, je la pose contre le mur juste au-dessus de lui...Je bloque comme ça, parce que...sa main qui sur mon épaule est moite...
Donc...si !
Il m'attire doucement, je glisse doucement...pourtant quand ses bras se referment avec moi dedans...
Il faut...
Je pousse de mon dos sur ses bras.
« Tifa... » gronde-t-il épuisé et mécontent.
« Mais Cloud...s'il te plaît...» j'oscille pour choper ses yeux « Si Cloud, faut juste... »
Aussi proche que nous sommes c'est un jeu dangereux...
« Quoi ?... » il me repousse et me coince de ses genoux.
« Bah...qu'on termine... »
« T'as pas encore fini ! » il est presque à crier.
« Nan ! C'est long ouais ! Si je finis pas, et que du coup, ça te suffit pas hein ?! Et bah, moi... » je stoppe soudain très émue.
« Tu veux...finir ?! »
Avec ses yeux ronds comme des soucoupes et sa petite voix dans les aiguës...ça m'chamboule ! Déjà que j'suis pas bien...
« Pas faire de son mien...des fois on tente pas et...moi, ça reste vraiment en travers de la gorge...sec quoi ! »
Merde...ça fait toujours aussi mal !
Il me faut même plusieurs minutes pour refouler mes larmes...incroyable ce qu'elles sont puissantes et...
« Tifa...jjj...si...t'as pas finis...tant mieux... » il termine sa bafouille extrêmement sérieux.
« Ah...hum, ouais...bah, aller... » je hausse les épaules au moins une dizaine de fois.
J'essaie de sourire, mon sourire tremble et ma bouche se déforme malgré moi...
Arfff...désolée...bah...c'est pas grave...M'en veux pas hein, Cloud...
Il les essuie d'une main légère.
Oui, hein, aller on efface...oublions...j'y arrive pas...aide-moi...
Je me cache, me frotte sur son bras avec un dernier sourire, enfin un truc qui ressemble...
Ah...aide-moi, oui...tes bras pour ça c'est une bonne idée, ça va aider, sûr...
