Disclaimer :Idée originale de Square Enix, trafiquée par moi.
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Chapitre 43 – Soldat ! La guerre continue !
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Rapport 43
Le drame de ma vie n'est pas que tout plante à peine amorcé. Ma vie n'a jamais commencé, elle a toujours continué...
Le moteur s'est allumé à ma naissance, ensuite j'ai suivi la route que j'avais devant, sans jamais vraiment essayer de tourner... juste continué ma vie...
Aujourd'hui, elle a pris le seul tournant que... tout juste sur cette route là, ça dérape déjà, aussitôt dans la course, ça patine, je déraille déjà...
Selke a dit :
" Les trois jours c'est à cause de toi. Passé ce délais... Tu n'auras plus la force d'agir. Tes vieux fantômes auront sapé ta volonté."
Les démons sont là. Ils sont aussi vieux que moi, puisque je suis né avec.
Non, soyons honnêtes, ils se sont penchés sur mon berceau, je leurs ai souri.
C'est la panne sèche... non, une fuite du réservoir... Ah non, même pas... Moi qui croyais ne plus avoir besoin d'essence...
... ça peut pas... J'peux pas perdre... J'pensais pas... me battre ?...
Si, ah si... C'était quoi, quand, c'était qui ?... Un autre, une autre vie, un autre monde ?
Il est où mon soleil ? Il était là ? Parti ?
Il ne peut pas être mort, il ne mourra qu'avec toi, Tifa...
Aérith disait :
" Un soleil ça brille et ça chauffe-" ... etc...
J'avais rétorqué :
" Le tout est qu'il ne s'éteigne pas... "
Moi, il ne peut pas s'éteindre, toi, il te tue, brûle à t'en cuire...
Selke a dit :
" Ta volonté de la forcer. "
Qui doit se forcer ? Qui doit forcer qui ? Forcer quoi ?
Il te tue, parce que tu ne le nies, puisque tu en doutes...
Moi, je l'ai perdu, perdu, perdu parce que toi, tu n'y crois pas...
On va pas finir en cendres, Tifa ?...
J'ai pas sauver le soleil de 'Monsieur tout le monde', pour que NOUS, on finisse comme ça...
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34 ème Soir
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« Euh... bon alors ?... j'vais m'en sortir ou pas ?... Faut que j'y arrive !... »
C'est grave ! Très grave ! C'est fou ! Fou dingue !
En fait, je souffre d'obstination pathologique ! D'un côté, c'est anormal, mais d'un autre c'est une anomalie connue, humaine et parfois soignée...
Hum... je ne sais pas si ça existe réellement en tant que maladie mentale, mais j'en suis atteinte, c'est sûr.
C'est à distinguer de l'obsession... hum... mouais... Si ! Si, puisque l'obsession je l'ai déjà faite ! Et ouais !
Car comme ma fixette, je l'ai à domicile, c'est devenu une obstination !... hum...
Une obsession est une chose que l'on veut, un objet, un objectif que l'on veut atteindre.
L'objet c'était Cloud. L'objectif qui m'a tenu toutes ces années c'était le retrouver. Pas plus, pas moins. Bah non. L'obsession n'a rien à avoir avec le sentiment 'Aimer', mais 'AVOIR'...
On peut être obsédé par des milliers de choses, positives ou non, car la problématique n'est pas là. Une obsession est TOUJOURS négative, quelque soit l'objet. Le nœud du problème réside dans l'incapacité de maîtriser, d'écarter cette préoccupation. En plus d'être persistant, c'est constant...
En théorie, le cas de figure le plus romantique aurait été que LUI, cet empoté, REVIENNE, et qu'il déclare un truc genre 'Ton héros est là'. Et là, poum, forcément je lui tombe dans les bras...
MAIS, cet ABRUTI, n'est pas revenu, de un ! Résultat, qu'il revienne et qu'on s'aime : T'OUBLIE ! Ouais, parce qu'il faut d'abord qu'il REVIENNE !
Hé, et puis, un mec qui ne revient pas, ne donne aucune nouvelle, c'est ou qu'il est mort, ou que pour VOUS c'est mort !
Donc, le petite Tifa a focalisé sur, déjà, 'LE REVOIR' !
Avec l'espoir que l'impossibilité de son retour soit indépendante de SA volonté... Au pire, s'il ne pouvait pas revenir, par chance ou hasard, si on tombait l'un sur l'autre, au pire ça aurait pu !
De deux, lors de NOS retrouvailles, pas un mot sur le sujet ! Résultat, qu'on se retrouve et qu'on s'aime : T'OUBLIE ! Définitif!
Du coup, la petite Tifa s'est focalisée sur 'AU MOIN'S, il est là !
DE TROIS... lorsque JE l'ai abordé, le sujet, il a dit : 'Désolé, je ne suis pas un héros.' Résultat, donc en clair : T'OUBLIE ! MAIS ALORS T'OUBLIE !
Ce con, si, a complètement omit la dimension du 'TON', à toi dans le sens 'SELON TOI'...
Et donc la petite Tifa a ancré, s'est raccrochée à' IL EST ICI'.
Ainsi la petite Tifa s'est toujours contentée de 'il est là'... Résultat : obsession s'est muée en 'LUI, ICI' et l'obstination en 'JAMAIS MIEUX' !
Bah, oui pour pas souffrir ! Fallait que ça me suffise, sinon que de la douleur et aucune réjouissance.
Ainsi donc, comme je l'ai sous la main depuis quelques années maintenant, j'en ai bien profité, et voilà depuis, on file le parfait amour ! Et c'est pour ça que je suis en si bonne santé ! Mais oui !
J'ai bien, bien étudier mon super tableau, et j'ai bien suivi le fil de ma vie. On peut dire sans trop s'avancer que ma vie depuis ma pré-adolescence, à tournée autour de Cloud. Ouais ! C'est peut-être pas glorieux d'être obsédée à ce point par un type ! J'ai rêvé Cloud, j'ai fantasmé Cloud, j'ai attendu et voulu Cloud toute ma putain d'vie!
Et ! Dès que je l'ai re-eu, depuis que, j'ai RIEN fait ! Nan, rien ! Même pas trémousser mon cul d'vant, NAN ! Même pas étaler mes gros seins ! AH QUE NON ! L'inverse, tiens même !
J'ai changé mes vêtements courts et glorifiants de belle nénette, pour des trucs sobres, longs et confortables ! Genre : 'Hep! Regarde comme j'suis quelconque !'
AH ! MOI ! QUELCONQUE !
Quand on veut séduire un mec, c'est là qu'il faut sortir le grand jeu ! C'est après, qu'on se relâche ! Quand on l'a eu qu'on fait plus d'efforts !
Eh bah, moi, NON !
Avant Cloud, j'étais sexy, si, j'assume ! Toute alléchante, à rembarrer les mecs à tour de bras ! Hop il arrive, enfin revient, finalement reste avec moi, et alors hop, moi, sage, femme rangée !
Ahah ! Logique ! Ahah ! Bah non ! Parce que j'lai pas eu ! AH-AH !
Et tu crois que j'aurais tenté un 'tit rapprochement, comme ça discret, un p'tit câlin comme ça, l'air de rien, genre 'Oups ! Ça t'a émoustillé ?! Bah écoute, ça m'gêne pas !'
Non, non ! Plutôt du genre, j'm tiens loin, j'lave tes slips, j'fais ta bobonne, mais loin, loin ! Bordel, même une mère aurait été plus affectueuse !
C'est lamentable, j'suis lamentable ! Non ! Amoureuse ! Raide ! Dingue ! Accro ! Folle de lui ! Mordue ! Sans espoir... à part lui, pas un qui m'excite...
Et je l'aime tellement que au lieu de profiter de notre proximité physique, j'ai atténué mes marques évidentes de femelle, et pas une seule fois, je n'ai cherché à l'attirer...
Lâche-toi Tifa ! Lâche-toi ! Lâche-toi ! Lâche-toi !
En plus, le pire, c'est qu'il sait parfaitement que je suis 'femelle', puisque hier soir, on a fait des trucs que font un mâle et une femelle...
Alors... Pourquoi est-ce que je me sens aussi mal ! Parce qu'il faut que j'accepte qu'il m'ai-... me...
AAAAAAAAAAAAH !
Et oui ! Bah si! J'ai le droit à 'MIEUX'!
C'est pas 'par dépit', 'à défaut' ! Déjà, c'est pas son genre, il préfère la fuite, le profil bas au mensonge. C'est surtout qu'il ne sait pas mentir.
Par dépit ou/et par défaut... on a pas un sourire pareil ! On peut pas apprécier à ce point quelque chose que l'on fait 'faute de'... on en est pas aussi réjoui !
Ça... m'obsède tient ! Il a été si... heureux... de... Son 'régal' résonne encore à mes oreilles, ses mots tendres se bousculent encore dans ma tête, son sourire 'd'après' flashe encore derrière mes paupières... Sérieusement... Il était sérieux...
Pfft ! Quelle idiote ! Pourquoi je ne prends encore la tête? De toute façon, il l'a dit !...
Alors quoi ?...
Pourquoi je ne croirais pas un radin des mots, un coincé, un zéro en culot, aucune confiance en lui ! Il n'est pas seulement un 'anit-héros', c'est aussi un 'anti-Don-Juan' ! Il en affole un paquet de fifilles, quand elles s'approchent, il oscille entre la panique et l'attaque préventive, tout ça limite hystérique.
Moi, je le répète il s'est régalé, et n'a eu aucune pudeur ou hésitation.
Moralité, Tifa ?
Lâche-toi ! Lâche-toi ! Lâche-toi ! Lâche-toi !
Je dois penser Cloud, vivre Cloud, respirer Cloud, manger Cloud, parler Cloud ! Faire comme d'hab quoi ! L'aimer sereine, tranquille, au grand jour, j'peux, j'ai l'droit, j'suis folle de lui, folle à lier, à en mourir ! Bon... Sans honte on n'a dit, hein, sans pudeur, y a pas de déshonneur on a dit !...
Bon... penser, vivre, sentir...
Ah ! Son odeur ! ...
Je me rigidifie... je suis aussi dure que le mur contre lequel je suis...
Je la... son odeur, je la...
Déjà, là... Non, déjà?! Non?! Le problème c'est que je suis contre le mur caché depuis le bar. Depuis ma réserve, je ne peux voir que l'escalier et le comptoir...
Oh... Si... J'la sens...
Je me retourne d'un bloc, doublé d'un petit saut sur le côté histoire d'avoir en champ de vision, la totalité du bar.
OH MERDE !
Puis, la même chose, mais en sens inverse. Retour case départ, dos à la salle, dos à la porte, dos contre le mur, à lui, mais face à mon tableau, à moi-même...
Il est là...
Lentement, ça me coûte beaucoup, je me re-retourne, puis risque un œil, juste un, pas plus !
Je l'aime ! Il est là ! J'vais mourir !
Je me cogne le front contre le mur, mes forces m'abandonnent... je m'accroche, je tombe...
Ça y est j'meurs, il approche !
Je me cramponne et remonte pitoyablement, tente un regard... Aussitôt vu, aussitôt mes yeux se ferment...
Retour désespoir...
« Mieux fait de pas rentrer moi... » il bougonne.
Moi, je bute la tête sur le coin de mur qui me soutient... plaisanter à moitié, il ne sais pas faire, donc c'est là que je devrais dire un truc rassurant du genre...
« Pff... »
… Autre chose que ça, en tout cas...
« J'peux toujours récupérer des affaires... » il laisse cette menace planer dans mon silence « Bon. » il abandonne vite.
J'ai l'habitude, et d'habitude c'est moi qui ne lâche pas... mais moi, là, je tiens plus rien... On part au crash.
Il n'a pas encore bougé, il attend encore une réaction, un mot, un geste digne de la Tifa dont il a l'habitude.
Pitoyable, les deux ! Même si moi c'est pire !
Il fait un pas, blessé, mais son geste est encore plus blessant pour moi...
Un deuxième, il m'abandonne...
Un troisième... Il abandonne alors que j'ai besoin de sa force...
Quatre...
« Cloud ! » je tends un bras entre nous et le pointe du doigt.
Il abandonne et moi je n'ai plus de force...
« Arrête les stupidités. » mon doigt bute contre lui comme il entame son cinquième pas « Le rôle du crétin est pour moi... C'est à toi d'être réfléchi et judicieux. »
Mon doigt se tord sous sa poussée, ma main entière le touche.
« À Cloud... d'encaisser les stupidités, de les gérer, de les enrayer, de les… » dans la main, j'ai toute la raideur et la crispation de son corps « À toi d'être fort... pour nous deux. Sois fort. On est fort quand on assume ses conneries, on est un homme lorsqu'on assume celles des autres. Sois un homme. Prends-moi en charge, mes conneries. » je termine ma tirade en grinçant des dents.
Je serre les dents. Je serre, serre, ça ne passera pas mes dents, je ne veux pas que ça passe, pourtant ça veux passer... d'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi, je ne veux pas que ça franchisse mes lèvres, puisque je sais pourquoi ça veut sortir.
Ohlala !, On s'en sortira pas !
Je suis certaine qu'un truc genre 'prends-moi' passerait mieux que 'sois mon homme'... J'suis grave... J'peux pas dire ça ! Et puis j'ai envie de... 'Je t'aime'...
Lui veut passer en tout cas, c'est sûr, il avance encore un peu, reste 20 bons centimètre nous... Je ne le repousse pas, mon bras se plie en douceur, il s'arrête.
« Au pire... » je souffle de désespoir « Au pire du pire... Tu peux pas envisager que t'as toujours ta chambre ici ?... »
« Au pire du pire ! » il crie, se tend comme un arc.
« Mais non, mais non... » je me sors de mon mur, l'accroche « Mais non, m'enfin... » ma main sur lui remonte « Écoute, ce que je te dis... »
Ma main est remontée haut, jusqu'à son cou, passe derrière, je me colle contre lui.
« Ce que t'as dit, hein ? » il tremblote, me serre contre lui.
« Oui, ce que j'ai dit... » je chuchote à son oreille.
En fait, j'ai pas envie de parler, j'ai pas envie de perdre du temps en blabla. Je l'aime, il est là, j'ai envie de lui, j'ai envie qu'il ait envie... Parce qu'on s'aime... C'est tout...
« T'as dit que tu étais stupide, que tu faisais et disais des conneries, et que si j'agissais en homme... Mais moi... si j'étais un homme... » il tremblote à mort « Si je pouvais... je voudrais... que tu... la ferme et... tu faisses... ce que je... moi je dis... »
« Voilà. C'est ce que j'ai dit... » je murmure tout bas, pile dans son oreille. « Cloud, tu vois, je- »
« Ferme-la. » il me coupe calmement, sûr de lui.
Il m'écrabouille contre lui d'un coup sec. Ça bouge, mes pieds ne touchent plus le sol. Il respire comme un ours, mais c'est l'effort de nous monter tous les deux.
Boum... j'atterris sur un lit... Bang... une porte claque.
J'vais mourir...
« Cloud ?... »
... Je vais mourir d'amour, à l'homme rude qui s'approche...
« Ferme-la. » il soupire mais, j'ai droit à un vilain regard.
L'homme... qui assume...
Je... palpite... pas le temps de savoir ce qui m'assourdit, ce qui bloque mon souffle... si c'est mon sang ou mon cœur... j'ai la bougeotte, j'ai l'impression d'être dématérialisée sous ces sensations, je ne suis plus rien à part elles... trop nombreuses, trop puissantes...
« Quoi ?! » il m'aboie dessus « T'as intérêt à gigoter pour c'que j'pense. » il me toise de loin, plus en rage qu'inquiet à mon comportement.
Et pour que mon corps redevienne réel, pas le choix, il faut qu'il me touche. J'ai compris ça, je veux ça, mon traitement...
« Viens... » je souffle et quémande tout bas.
Il s'avance jusqu'au bord du lit. J'aurais voulu lui tendre la main, mais je ne peux pas, je suis accrochée à la couverture.
«Pfff... Dire ça. » il se recule « Tu vas p'être pas la fermer finalement... »
Je me tortille sous son regard.
J'VAIS MOURIR ! MOURIR ! TOUCHE-MOI !
« On verra... non, c'est moi qui vois, hein, on est d'accord Tifa... »
Des gestes vifs, précis, il a placé mes jambes pour qu'il puisse... venir.
Putain !... Quel homme...
Il se glisse ENFIN au-dessus de moi.
Celui-là aussi, ce Cloud là, ça fait un moment que... je le veux aussi.
