CHAPITRE 3

Assis sur le banc des Griffondors Harry n'en pouvait plus d'attendre. Cela faisait bientôt vingt-quatre heures que Severus lui avait annoncé qu'il avait un compagnon, encore quelques heures et il saurait qui il est. Un sourire passa sur son visage. Son absence était bien passée auprès de ses compagnons, tous étaient persuadés qu'il était en mission contre Voldemort... S'ils savaient !

Il repensa alors à son arrivée dans le monde des ténèbres. Lorsqu'ILS étaient arrivés, c'est lui Harry qui avait eu peur, il avait cru à une attaque. Il avait essayé de lutter contre eux mais ils avaient été plus forts que lui, largement ! Et c'est avec stupéfaction qu'il avait appris que, grâce à un sort lancé sur lui alors qu'il n'était qu'un bébé, il était désigné pour être l'Héritier. Il avait voulu refuser mais ils lui avaient appris qu'il n'avait vraiment pas le choix. Ça il l'avait compris un peu plus tard ! Quand ses facultés s'étaient réveillées, avec toute les pulsions meurtrières, les crises de folie et autres désavantages de son nouveau statut. ILS l'avaient soutenu pendant sa métamorphose et maintenant, ce qui avait était un changement radical pouvait passer pour une simple crise de croissance.

Durant sa métamorphose ses cheveux avaient poussé, ses yeux étaient devenus plus verts encore qu'avant et sa vue s'était « réparée » d'elle-même. Elle était même plus perçante que pour le reste de l'humanité. Il avait grandi et avait pris du muscle, ce qui faisait passer désormais Ron pour un mec un peu maigrichon à côté de lui. Il n'était pas une baraque non plus bien sûr !

Son regard dériva vers la table des professeurs où il croisa le regard du maitre de Potions. Il se retint à temps de lui sourire, l'heure n'était pas encore venue de révéler leur lien.

Quand il avait appris que c'était lui qui allait être son tuteur, il y a de cela deux mois, Harry avait cru mourir. Snape aussi d'ailleurs ! Au bout de deux semaines de cohabitation forcée les deux hommes avaient mis les choses au clair, et mis à part qu'Harry n'arrivait pas à être aussi discipliné que Severus l'aurait voulu, sans piquer une crise nerveuse, tout allait bien. Du fait de sa nouvelle condition Harry réussissait à mieux comprendre Severus et Severus, à force de voir le garçon jour après jour, avait vu que finalement il n'était pas le garçon pourri gâté qu'il avait imaginé.

Son regard dériva sur ses compagnons de tablée. Hermione et Ron n'étaient pas au courant de sa nouvelle condition et Harry était déçu qu'ils n'aient pas vu la différence. Il avait décidé qu'ils l'apprendraient en même temps que tous les autres. Si ses amis ne comprenaient pas et ne voyaient rien alors il n'avait pas de compte à leur rendre.

Soudain un corbeau vint s'écraser dans son assiette un regard navré il prit le pauvre oiseau qu'il reconnut comme celui de Severus. Il déplia le papier, laissant l'oiseau s'installer sur son épaule.

C'est bientôt l'heure de rencontrer ton nouveau protégé.

Dans une heure dans mon bureau !

Sois à l'heure.

S.S

Harry sourit et jeta un regard à son professeur qui lui retourna un regard consterné, sachant parfaitement à quoi pensait le jeune homme. Il arrivera avec cinq minutes de retard comme d'habitude !

Draco était tranquillement en train de souper quand il vit un papier apparaître à côté de sa main. Un bref coup d'œil à la table des professeurs lui confirma la provenance du mot. Son parrain le regardait avec insistance. Le blond pris le mot avec un léger sourire.

Dans 45 minutes dans mon bureau. Il est temps que tu rencontres l'autre.

Ton parrain.

Le blond releva la tête vers le maitre de Potions qui lui sourit avec calme. Lui serait à l'heure à la minute prés.

Assis dans son fauteuil le professeur de Potions regarda la pendule. Cela faisait maintenant quarante-huit heures que le jeune Malfoy avait signées. Désormais le contrat était définitif, plus rien ne pourrais changer le destin de Draco et Harry. À peine eut-il pensé cela que la porte s'ouvrit sur le blond. Draco n'était vraiment pas à l'aise. Il avait fait abstraction de son nouveau lien pendant les deux jours mais maintenant que l'heure de vérité était arrivée il sentait son cœur battre à toute vitesse. À quoi ressemblait l'autre ? Était-il aussi nerveux que lui ? Avait-il fait le bon choix en acceptant le contrat ? Comment se comporterait l'autre avec lui ? Voilà les multiples questions qui tournaient dans sa tête.

Lorsqu'il croisa le regard de Severus il se rendit compte qu'il était entré dans la pièce sans frapper et son visage perdit toute couleur. Le professeur de potion s'en rendit compte et éclata de rire.

« Ce n'est pas grave Draco ! Depuis que je te connais, c'est bien la première fois que tu ne t'annonces pas.

Désolé »

Dire que Draco était choqué était un euphémisme. Voir son parrain rire était la chose la plus perturbante qu'il ait vue de sa vie. Et il en avait vu des choses ! D'un geste serein Severus invita le jeune homme à s'asseoir et Draco obéit.

« Draco je t'ai fait venir un peu plus tôt que l'autre pour te prévenir.

De quoi ?

Si tu ne pouvais pas le voir avant un certain délai ce n'est pas parce qu'il n'était pas là mais parce que tu ne pouvais changer d'avis que durant ce délai.

...Je me suis fait avoir quoi !

Exactement.

Et ... tu peux me dire comment il est maintenant ?

Je peux oui. Mais pour tout te dire tu le connais déjà !

...Je ne connais aucun membre de cette famille.

Draco... comment t'expliquer ça. Il n'y a aucun lien de parenté directe ou éloignée entre le seigneur et l'Héritier.

C'est... étrange. J'étais sûr qu'il descendrait directement de la lignée.

Les gens de notre genre ne peuvent pas avoir d'enfant Draco.

... Ha ! »

Un silence gêné s'installa dans la pièce. Draco ne savait plus quoi penser. Il ignorait que ces êtres avaient un tel handicap. Soudain une idée lui vint en tête.

« Parrain... tu es l'un d'entre eux non ?

... Oui, pourquoi ?

Et bien... ça veut dire que toi non plus tu ne peux pas...

Oublies ça Draco. Ce n'est pas une image que tu veux avoir en tête. »

Un sourire triste apparut sur le visage de Draco. Il comprenait mieux cet homme d'un coup. Pourquoi il avait toujours été si bien avec lui. Peut-être que Severus voyait en lui le fils qu'il n'aura jamais.

Loin de se douter des réflexions de son filleul, qui n'étaient pas tout à fait erronées il faut bien le dire, Severus regarda l'horloge. Il remercia Harry d'être toujours en retard ! Il ne lui restait que les cinq minutes de retard habituelles d'Harry pour annoncer la nouvelle à Draco et il ne voyait vraiment pas comment faire !

« Draco, écoutes moi un instant s'il te plaît »

Surprit, le Serpentard regarda un instant son parrain. Il attendit la suite en silence.

« Je connais bien l'autre maintenant et je sais qu'il va arriver d'ici quelque minutes alors je voudrais que tu te mettes bien en tête ces paroles. Tu ne l'aime vraiment pas et il te le rend bien mais je suis sûr que vous pouvez vous entendre. La seule chose qui vous en empêche pour le moment c'est les préjugés que vous avez l'un sur l'autre. Je te demande de faire un effort Draco. Essayes de le connaitre. »

À peine eût-il fini sa phrase que la porte s'ouvrit. Le blond fit volteface si vite qu'il crut entendre ses vertèbres craquer. Il fut très surpris en se retrouvant nez à nez avec Harry Potter. Celui-ci le regarda avec effarement quelque secondes avant de tourner la tête vers son professeur et tuteur.

« Severus, dis-moi que c'est une blague ! »

Le blond n'entendit pas plus. Venant de se rendre compte que celui avec qui il avait scellé son destin n'était autre que son pire ennemi il s'était évanoui.

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