Disclaimer : Basée sur une idée originale de Square Enix.


T±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±T

Chapitre 45 – Soldat ! Dernières cartes !

T±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±±T

.

.

Rapport 45

Elle est pire.. que Séphiroth...
Elle fait... plus mal... bien plus mal, mais elle je l'aime...

Elle est folle aussi, vraiment folle... quoique, moins que moi...

Combien ? Hein, combien ?!

Bientôt 10 ans, 10 longues années que je suis resté bien sage dans mes nimbes obscures à regarder Tifa de loin...
... de moins en moins loin...
… mais toujours à regarder, ruminer, réfléchir et pour au bout du compte, toujours fléchir...

Pour finalement, bouger mon cul uniquement parce que c'est elle qui a craqué en premier !

Sérieusement... Je veux mon soleil...

J'en ai trop pour qu'elle passe à côté !

.

.

T±±±±±±±±T

34 ème Nuit

T±±±±±T

.

.

Je n'ai pas eu le temps d'encaisser correctement... Pas eu le temps de réellement angoissé... 15 minutes... le temps de rien.
Mon téléphone à bipé, un message, un 'Descends maintenant !' de Cloud...

J'ai pas eu de temps, mais j'ai peur, et je n'ai plus de temps... S'il part, je le saurai dès la première seconde, je dois l'arrêter dès la première seconde.
Attendre, attendre... Attendre est un luxe, il y a 15 minutes j'étais riche... Et je serai pire que pauvre s'il s'en va, si je le fais partir...

Le cœur battant, le téléphone serré dans ma main et contre moi, je descends.
Je descends tranquillement, je n'ai pas le temps, pourtant je voudrais des secondes supplémentaires, plein, j'en voudrais des années lumières...

De la lumière, en bas, pas dans le bar non, c'est trop faible et légèrement jaune. C'est la lumière de ma réserve... c'est l'ampoule qui éclaire mon tableau.

La chambre des enfants est fermée. Je descends encore...

Aucune année lumière, mais pire, dans 5 marches, j'aurai 2 ou 3 fractions de secondes... Des fractions, oui, car elles seront bien trop courtes pour moi.

Je sursaute bêtement. Il est là, adossé au mur, face à moi. Mon cœur a eu un raté, il est quasi nu... habillé d'un simple boxer... habillé, donc il ne part pas...

Il n'est pas content, jambes et bras croisés, regard au sol, sa colère rayonne... Au moins quinze millions de fractions de seconde plus tard, je rencontre ses yeux.
Mon cœur s'affole, c'est le sprint, il a ce regard, le regard qu'il a eu en me jetant sur le lit, en m'approchant, en me touchant...

Mon cœur.. c'est le grand sprint, le sprint final... j'ai parcouru une année lumière en une fraction de seconde...
En réalité...4 mètres en une fraction de seconde... Je me suis lancée contre lui, je l'écrase contre le mur, je l'étrangle, mes bras autour de son cou.

Il n'a rien dit, pas bougé, moi je n'ai rien dit, et je ne bouge plus... une petite année lumière comme ça...

Ah, si j'avais fermé les yeux, des yeux que j'ouvre grand à mon téléphone, toujours dans ma main. Un message de lui... Cloud, il dit : 'Stop'...

Stop... Stop ?... pas stop ?...Non pas stop !

« Cloud ! Je-... » je m'interrompt.

J'ai voulu me reculer pour lui parler, il m'a retenu la tête. Je reste là, le nez dans contre lui, j'ai juste assez d'espace pour voir l'écran de mon portable.

J'attends fébrile...

Bip ? Déjà ?!... Décidément... il ne laissera pas le temps, il sera sans merci...Pitié ! Pitié !

Il me frappe l'arrière du crane. Je comprends et ouvre son message. Je... il me dit : 'Chut lâche recule'

Lâche ?... Recule ?... Oh mon dieu !

Je lutte pour lever la tête, pour le regarder, mais il ne veut vraiment pas. Je tremble tellement, et ses mots, mes forces m'abandonnent...

Un bip ?! Encore ?!

Il... Je... Il me demande, il m'ordonne... Je me détache, lentement, il pousse sur mon crâne, vers le sol...

Encore ?!... Mais ça s'arrêta pas ! Arrête ! Pitié ! Au secours !

L'écran vacille devant mes yeux, je tremble trop... Il... 'Tais-toi'

Mais ! Je n'ai rien dit !... Aïe !

Par réflexe, j'ai levé la tête. Il m'appuie tellement dessus, que je me courbe.

D'accord ! D'accord !

Je lève les mains, en signe de reddition... Je me rends, mes mains hautes comme lors d'un braquage.
Je me laisse pousser jusqu'à l'escalier, il force, je m'assois sur la dernière marche. Il me tient dans cette position quelques secondes... des éternités...

Bip... encore une message...Arrête...

Cette fois, c'est un long message... enfin long... il a écrit : ' Bouge pas. Oublie pas tais-toi'
Après quoi, il s'éloigne... il me ne touche plus... Je sais que c'est idiot, mais il avait la main sur moi et là... je n'ai plus de contact ! Plus de contact avec lui !
À part ce maudit téléphone ! Je fixe l'écran, coupée en deux... déjà que j'ai du mal à respirer...

Un message ! Ouf !

'Tifa écoute...'

Écoute ? Oui ? Quoi ?!

« Tifa... »

Ah ! Il a parlé ! Parlé !

J'ai instinctivement rivé mes yeux sur lui, et aussi vite baissé la tête.

« Tu peux regarder, moi je ne te regarderai pas... tout de suite... » sa voix est plutôt calme.

Pourtant mon sang se glace. J'ose un regard. Il s'est remis contre le mur, jambes et bras croisés, les yeux au sol.

Il a parlé. Il va parlé. Il est là. Il et encore là...

Finalement, je crois bien que je vais avoir droit à mes années lumières de seconde...

« Si je résume bien, tu m'aimes au point d'en devenir folle... » il lève les yeux pour contempler mon tableau « On va passer les détails, genre t'as de bonnes raisons ou si t'es la reine des connes. » il quitte le mur des yeux et me fixe un long moment.

« Euh... »

« Tais-toi. »

« Hum... » j'encaisse et baisse les yeux, puis hoche la tête.

« Bon... »

La pression de son regard diminue. J'ose un œil. Il semble en pleine réflexion et regarde à nouveau ce fichu mur avec ce fichu tableau.

« Donc, ça t'a rendu folle. Mais tu m'aimes... Je t'aime, moi aussi ça m'a rendu fou, mais bien avant... » il glousse, ricane « Tu te rends compte, Tifa, que si on a tenu toutes ses années, l'un sans l'autre, c'est parce qu'on était fou... fou l'un de l'autre... J'étais tellement fou de toi, que c'est la seule chose qui a résisté à la folie du Mako... Je ne savais plus qui j'étais, si j'étais réellement quelqu'un... j'étais si... triste, désespéré. Une chose que j'ai toujours su, je t'aimais. Je n'ai aimé que toi, je t'aimais et je ne savais pas pourquoi et encore moins comment c'était possible... J'étais dévasté de n'être rien, je voulais tellement être ce Cloud... Le Cloud qui te connaissait, celui qui t'aimais... j'étais si triste... de ne pas être... Le Cloud que tu connaissais, celui que tu aimais. »

Il toussote, se racle la gorge, me jette un œil. J'en sursaute, me redresse, attends ma réprimande.
C'est étonnant ce qu'il calme, pas serein, mais comme facilement contenu... C'est étrange après la grosse perte de sang froid qu'il a fait dans ma chambre...

C'est fascinant... Il plisse les yeux, puis regarde le sol.

« Le souvenir de ma promesse... Lorsque je m'en suis souvenu...tss... » il secoue la tête consterné « Ça m'a déchiré le cœur. J'avais échoué, je n'étais pas l'homme que je t'avais promis de devenir... Malgré tout, ce soir-là, tu m'as retenu... Dans le cratère, ça m'a effleuré...que tu n'avais rattrapé, car même si je n'étais pas celui que tu attendais, tu tenais à moi, malgré tout... Dans ce lieu d'enfer, je me suis dit que même si je n'étais pas ton Cloud, j'étais quelqu'un, et ce quelqu'un d'autre, tu pouvais l'aimer... tu pouvais tomber amoureuse de... ce quelqu'un... J'aurais pu être un autre Cloud, avoir même peut-être un autre nom, j'aurais pu être n'importe qui, je me sentais prêt à repartir de zéro et faire que tu m'aimes... »

Il décroise enfin ces bras, se passe une main sur le visage, un visage...rougissant et plutôt paisible malgré son discours...

« ...Un moment, cette idée... ça m'a sauvée, mais la réalité que je n'étais même pas quelqu'un, que je n'étais personne... J'ai sombré... Tifa, je ne pouvais même pas être quelque chose pour toi, je n'étais rien qu'une expérience ratée, sans identité... On ne peut pas tomber amoureux d'une coquille vide, et dans le cratère j'ai compris que j'étais faux et vide... »

Il soupire longuement à cet épisode encore douloureux, puis se baisse, il s'installe par terre, dos au mur.

« Je ne me suis pas dissout dans la rivière... Tu sais pourquoi ? Parce que la coquille vide avait reconnu Tifa. Ton nom a jailli de mon cerveau, ton visage était ancré dans mon cœur. C'est moi qui t'ai reconnu le premier à Midgar. Je n'étais pas vide, j'avais Tifa en moi. Ce mystère, cette anomalie... je ne pouvais pas disparaître sans savoir... C'est cette question qui a maintenu mon âme tout juste assez solide. Oui, je t'ai appelé... Tu m'a retrouvé, tu as reconstruit le puzzle. Pas parce que j'étais réellement ton voisin, mais parce que j'étais réellement amoureux de toi... Si fou de toi, qu'aucune autre folie n'a pu me détruire... »

Il soupire un grand coup, sort son portable de sa poche, pianote... Je l'observe, ce message va être court.

Ok... j'attends... j'ai peur, mais ça va être bon, je pense...

« Tifa... » il se passe la main dans les cheveux, regardant son écran « On est fou...alors soyons fous ensemble, et quand je dis ensemble... T'as compris ? »

J'acquiesce émue et folle de joie... Oui, folle... je... J'avais envisagé tout ça...

AH! BIP! UN BIP!

Alors ?... 'Viens' ?!

Une demi fraction de seconde, j'y suis, devant lui. Je trépigne au moins une année lumière entière devant lui. Toujours assis par terre, il se met debout, il est lent, si lent !

HOP ! Je lui saute dessus ! POUM! Contre le mur! CRAC ! CRAC ! On se broie l'un et l'autre.

« Le tout, maintenant, c'est de savoir... » il me prends par les épaules et me retourne vers le mur.

Mais euh ! C'était trop court !

J'écarquille les yeux, le mur est couvert de post-it...

« Si nos folies sont compatibles... » il me couvre les yeux de sa main « Moi, je sais que oui... Et toi aussi, tu dois en être persuadée, sinon, c'est pas la peine... »

Il découvre mes yeux... J'hallucine...

« Moi, je suis fou... Comme ça... » il me pousse vers la tableau.

C'est énorme, immense ! Le mur est totalement couvert de post-it ! Non ! Il y a aussi des serviettes en papier de mon bar ! Je dois complétement renversé la tête pour tout contempler !Jusqu'au plafond ! J'en ai le tournis... Trop... Partout...

« Commence par là. » il me recule pur une meilleure vue d'ensemble « Ici. » il pose le doigt sur un post-it rouge flashi.

Ah ?! Non, ce n'est pas le mien, celui où j'avais griffonné son nom.

Le post-it central porte MON nom. Et tout autour, partout autour... Une centaine de mot, au moins... de mots... d'amour..
La plus belle déclaration d'amour de tout les temps, de tout l'univers!

Ici, il a écrit 'joie', 'folie', 'espoir', 'peur', 'gloire', 'punition', 'nuit', 'jour', 'froid', 'avant', 'après'... là-bas : 'destin', 'fée', 'débilité', 'volonté', 'échec', 'attente', 'désir', 'projet'... en haut : 'soif', 'faim', 'avenir', 'chute', 'chance', 'issue', 'fatalité'... Et encore : 'être', 'histoire', 'réalité', 'vie', 'sorcière'... Et : 'image', 'désespoir', 'ombre', 'toujours', 'chimère', 'envie', 'hantise'... 'douleur', 'douceur', 'mirage', 'épuisement', 'projet', 'caprice', 'effort', 'choix', 'chaleur' 'constance', 'dégoût', 'courage', 'rêve', 'vital', 'tenter', 'unique', 'mortel'...

Et tant d'autre... 'âme', 'sexe', 'puissant', 'sel', 'caresse', 'cauchemar', 'sucre', 'lumière', 'mal', 'source', 'sacrifice', 'survie'... 'amour', bien sûr, et 'haine', je comprends... 'gouffre', 'paradis'... Et puis par-ci, par-là des 'je t'aime'...

Et tout ça, tous ces mots, autant de mots... tous reliés par des fils de laines... à mon nom, mon post-it...
Je n'ai pas réussi à tout lire tellement... Les lettres sont parfois belles, parfois furieuses, il y a des mots soulignés, d'autre barrés, et d'autres illisibles... C'est bien trop vaste pour tout lire, tout analyser...

Il passe soudain devant mes yeux et mon cerveau en overdose.

« Le problème Tifa, ce n'est pas que je t'aime, ou comment, ou pourquoi... » il s'approche du tableau et enlève mon post-it, celui qui porte mon nom « C'est que tu es toute ma vie depuis bien avant le puits et mes 14 ans, bien avant l'accident et mes 9 ans, Tifa... » il me le tend « Non, même ça, ce n'est pas important. Tu es toute ma vie et c'est tout. » il m'en donne un autre.

Ah ?! Mais ?!

Un rouge aussi, avec son nom, avec Cloud écrit dessus. C'est le mien, mon écriture !

« Tu n'as pas cessé de dire que nous étions les même, pareils... toute cette malheureuse histoire, nos cicatrices, nos angoisses, nos remords... Tu as dit 'on pense, on vit, on ressent pareil' sur presque tout. Alors si dans ce presque tout, il y a de l'amour... pareil... » il montre le centre de cette mosaïque.

Ce puzzle... Je le scrute. J'ai bien compris ?

« Là ?... » je pointe l'endroit « Celui-ci ?... » je lui montre mon post-it.

« Oui. » il reprend le post-it portant mon nom « Si, Tifa, que si... » le recolle au centre.

« Pareil ! » d'un coup sec, je colle son nom prés du mien.

« Hé ! » il a retiré ses doigts de justesse « Tu m'emmerdes, Tifa ! » il agite sa main comme pour une fessée.

« Mais... quoi ?! » surprise, j'ai le cœur au galop.

« Là ! » il claque violemment sa main sur nos post-it « Bon, bah, tu m'aimes ! » il frappe à nouveau, le mur tremble.

« Bah, oui... »

« Et bah alors ?! Qu'est-ce que tu m'as joué dans le lit ! »

« Ah... euh... » je sursaute, bafouille, tremblote « Euh... c'est... »

« Ouais ? J'attends ? » il se penche vers moi.

Je m'esquive d'un petit saut sur le côté, il me chope, je me cache dans mes mains, il m'aplati le dos sur l'autre mur.

« TIFA ! DIS-MOI ! » il me secoue « Si c'est pas moi le... la faute ! Et si c'est pas toi ! C'est qui, c'est quoi ?! T'as pas intérêt à me dire que t'a une maladie incurable ! Que vous vous êtes tous bien foutu de ma gueule, et tout ce cinéma c'était juste pour que les derniers jours qu'il te restent soient les meilleurs ! » il m'arrache du mur, m'y cogne « Parce que moi, moi, j'veux des années lumières avec toi, moi !... » sa voix se brise.

Des années lumières ?!... Roh ! Pareil, pareil !

« Tifa ! Tu ris ou tu pleures ?!... Parle ! Merde ! »

« D'accord ! Pardon ! C'est nerveux ! »

« Hein ?! »

« Une seconde... »

« Non ! Faut que je sache ! T'as pas même une fractions de seconde ! » il accroche mes poignets.

Pareil ! Pareil !

Il sursaute de surprise. Il n'a pas eu à tirer bien fort.

« Tu.. Tu t'fous d'moi ?.. »

« Non, non... » je le regarde, souriante, rougissante, heureuse et coupable « Tout à l'heure, c'était nerveux aussi, et c'était parce que tu... tu... » j'avale ma salive « T'as été... tout à l'heure, ça a été... très, très... bien » mon sourire déchire mes lèvres, je baisse la tête de honte « Très, très...bon... » j'ai couiné le dernier mot.

« Hein ?! » il se baisse vers mon visage.

« Bah... »

« J'ai... autant... été aussi... bon ? » il couine aussi.

« Que ça, ouais... » je relève la tête et ne le fuis plus « Autant que ça... à peu près... » j'ai du mal à articuler tant je souris.

« Oh ?! » il devient cramoisi en une fraction de seconde « Oh ? Ah ! J'm'excuse ! »

« Bah...y a pas d'mal. Au contraire. » je lui souris encore et encore.

Je sens le rouge coloré mes joues, je sens mon cœur s'emballer tout doucement... Ce tempo est délicieux, je le savoure pleinement pour la première fois...

J'ai le droit... j'ai l'envie... L'envie, le droit, et en prime, je le partage...

« Tout... alors tout va bien... »

« Hum ?... Très bien... » je me la joue coquine.

« Oh ?... arrête ! Bon... c'est cool... »

Il sourit enfin. Il était passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et là, il est enfin souriant et rougissant.

Je ne sais pas si le bonheur a réellement une couleur à lui, si le sourire en a une aussi... Son sourire est beau, ses yeux sont beaux, ses joues rouges...
Lui, tout lui... le bonheur rend encore plus beau... Je ne sais pas si c'est une couleur, je ne sais pas ce que je vois émaner de lui, autour de lui.

Ça n'a pas de nom, c'est peut-être une couleur, elle est comme invisible, pourtant je la ressens.

« Tifa ?... »

« Hum ? » mes yeux se gavent de tout ça.

« Des années lumières-lumières, alors ? » il resplendit.

« Lumière-lumières ? » je suis éblouie...

« Mega-années lumières ? » il est si beau, heureux.

« Aller !... »

Ah ! Ça n'a pas de couleur la lumière !

« Je t'aime... Tifa... »

Ah ? Un nouveau concept, Cloud Strife ?

« Moi aussi,Cloud... »

Oui ! Aller !