Hello! Bonjour!
De retour car du ménage dans le disque dur a fait ressortir des tonnes de trucs qui datent de ma préhistoire!
Cette fic se termine avec la mise en ligne de tous les chapitres restant en une seule fois ! une manière de m'excuser de ce très long silence!
Une autre façon sera, d'environ toutes les semaines, la mise en ligne d'un chapitre de toutes mes fics, chacune leur tout, et ça prendra quelque temps, oui!
Bonne lecture à tous!
Disclaimer: Basée sur FF7
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Chapitre 49 – Soldat ! Préparation parade !
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Rapport 49
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Gagner.
Gagner... je vais gagner...
Non, j'ai gagné, c'est déjà gagné...
Jamais, je n'aurais cru gagner...
Peut-être qu'au fond je n'ai pas gagné, parce qu'il n'y avait rien à gagner...
La vie n'est peut-être qu'une question de chance...
Elle m'aime.
Aimer, ça n'a rien avoir avec le mérite ou la valeur.
Tout ça, ce n'est qu'une affaire de goût.
Moi, j'adore les mandarines, mais je déteste les oranges. Je me vendrais pour une mandarine bien mûre !
Pourquoi ? Plus sucrée ! Qu'est-ce que sucre a fait de si merveilleux pour que je l'aime?
Rien. Tifa, c'est pareil...
Elle est belle parce qu'elle est née belle, elle est forte parce qu'elle est née forte, elle est souriante parce qu'elle est née avec, etc...
J'adorais son petit nez et ses pauvres genoux toujours éraflés et ses éclats de rire...
J'ai commencé à l'aimer... elle était plate comme une planche et complètement écervelée !
Elle sautillait de partout bêtement, et hurlait à la mort bêtement, si elle écrasait un escargot par mégarde !
Et elle crânait tellement à faire tourner ses robes et ses jupes, qu'on voyait tout le temps sa culotte !
Rah ! J'en ai ramassé, au petit matin, des escargots pour ne pas qu'elle pleure, j'en ai lancé des défis, toujours au coucher du soleil, aux fans de ses pirouettes...
Barret a raison, tellement raison, mais ça ne me gêne pas.
Barret a raison, un gâchis...
Mais je pense au plus profond de moi, je pense qu'on est quitte...
Je devrais-le lui dire, à Tifa...
Que je suis en paix avec moi-même, que je suis bien... heureux...
Que je m'en fous, du passé, du pourquoi et du comment, et surtout du parcours.
Qu'il n'est peut-être pas très brillant... mais mon amour, brille mille fois plus...
Qu'elle est belle, que je l'aime plus que les mandarines !
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67 ème Jour
T±±±±±T
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« Excellent choix... » il me murmure à l'oreille.
« Ha ! » je sursaute et crie...
Et voilà... ce que je voulais lui dire, est resté coincé dans ma gorge pour devenir ce stupide cri !
« De là, on ne nous entendra pas... » son ton est plein de promesses « Et que tu me tournes le dos... » son souffle chatouille mon oreille « Ça m'arrange aussi... »
Le... traître...
Je m'éloigne d'un pas, mais cette fois, je colle mon épaule contre le vitrage, bras croisés, mécontente et boudeuse !
C'est déloyal de jouer à ce jeu là ! Il me fait toujours perdre mes moyens, toujours, c'est lui qui prend le dessus...
« Ça a beau m'arranger, cette fois... Tifa ? » il m'a déjà rejoint et se met dans la même position, mais face à moi.
Il cherche mon regard, moi, je fixe le sol, têtue.
« C'est comme tu veux, mais... » il se redresse, soupire « J'aurais voulu, cette fois... Auras-tu le courage de me regarder et de m'écouter en même temps ? » il glousse.
Il a gagné, je le dévisage, choquée... C'est un coup bas, et c'est blessant. Il doit le voir, car son sourire s'éteint. Mes larmes me picotent, je lui tourne le dos.
« Tifa, c'est que tu... Tu es toujours plus honnête lorsque tu ne me regardes pas... Non ? » il s'excuse...
Je m'en sens encore plus misérable et cruelle. Je soupire, face à la vitre... J'y croise mon propre regard, et...
« D'accord ! » je fais brusquement volte face et je plante mes yeux dans les siens.
Je l'ai surpris. Il papillonne, désarçonné, et même, il se décolle de la vitre, s'éloigne un peu.
Je le suis des yeux, et m'adosse pleine d'assurance contre la baie vitrée.
D'accord !
« Tu as foiré, mais tu as réussi. » j'en profite « Balle au centre. Ce n'est pas ta faute. »
Je me mords les lèvres. Prononcer ces mots là... soudain... brusquement je comprends... que ça ne tient pas debout...
Une grosse larme perle tout aussi brusquement, je la balaie bien vite et, au prix d'un gros effort, je refoule correctement les autres comme il revient tout près.
« Tifa. » il plaque ses mains sur le verre, de chaque côté de mon visage « Je t'aime... »
Hein !? Quoi ?!
« Tellement... » il cogne son front contre le mien « Je t'aime tellement... »
Argh ! Oui, oui, j'ai compris...
Je tourne la tête, embarrassée et rouge comme une tomate...
Fait chier ! Ça aussi c'est déloyal, hyper déloyal ! C'est moi qui voulais le lui dire et lui en faire perdre ses moyens !
« Tifa... » il plaque cette fois, ses mains sur mes joues et me replace face à lui « C'est la plus belle déclaration d'amour que tu m'aies faite... »
« J'ai... » je déglutis difficilement « Je... J'ai pas-... »
« Tais-toi et écoutes. » il pousse de son front sur le mien « On passe sur le fait que c'est ta première... »
« M-mais... euh... » je bafouille, la bouche sèche « J'ai rien-... »
« Tais-toi. » il me coupe comme il en a pris l'habitude « Balle au centre... Tu le penses, vraiment, n'est-ce pas ? »
« Je... » j'hésite, c'est que, je ne sais plus...
« Tu le pensais vraiment, n'est-ce pas ? »
« Oui... » je couine, il a compris mon hésitation... « Mais c'est... Et c'est toujours ce que je... ressens... »
« Merci... » ses mains me serrent trop fort, son front me fait mal « Que ce soit de ma faute... tu ne l'acceptes pas parce que tu m'aimes... » sa voix n'est plus qu'un souffle...
« Sans... sans parler de ça, é-évidemment que je ne veux pas que tu souffres... » la mienne aussi... « Je ne veux plus... »
« Si tu ne veux pas que je souffre, si tu ne veux PLUS... alors, admets la vérité... »
« Mais Cloud... ce n'est pas ta faute, pas complètement ! » je couine, cette fois d'injustice.
« Pfft ! » il glousse et se détend d'un long soupir.
« J'ai quand-même... » ... beaucoup de mal à encaisser son sourire apaisé... « J'ai le droit d'avoir ma propre opinion et une autre vision des choses ! »
« C'est vrai ! » il se décolle de mon front et me sourit, radieux « Aller, si tu veux... mais, admets la vérité. » ses pouces caressent mes joues.
« Eh... eh bah quoi, la vérité ?! » je gigote, ses doigts s'approchent dangereusement de mes lèvres.
« C'est ma faute, tout est ma faute parce que le point de départ... c'est toi... »
Il sursaute, retire ses mains de mon visage pour les poser brutalement sur mes épaules.
« Non, pas toi ! C'est mes sentiments pour toi ! » il se corrige avec force.
« Ça... je veux bien l'admettre. » j'essuie une fausse larme pour camoufler mon émotion.
Je sais qu'il m'aime... et qu'il m'aime depuis longtemps d'ailleurs, maintenant, ça, je le sais... mais pas depuis longtemps !
Eh bah voilà ! Il va me falloir longtemps pour m'y faire ! Voilà !
« Dans ce cas... admets que, parce que tu es le point d'arrivée, j'en ai plus rien à foutre, d'être coupable ou non. »
« Si tu n'en avais plus rien à foutre, tu m'emmerderais pas avec ça ! »
« Hum... » il détourne les yeux « Je me suis mal exprimé... J'assume... J'assume tellement que... c'est comme être innocent. » son regard revient se planter dans le mien.
Je le regarde, septique...
« Tifa ? » lui, fronce les sourcils « Tu n'y crois pas ? » Cloud pose sèchement sa question « Pourquoi ?! »
« Parce que ce serait à cause de m-... euh... parce que... que... » je bredouille, mal à l'aise.
« Tout juste. Parce que TOI. » il me toise, avec un sourire moqueur.
« Et donc, comme ça, hop, tout d'un coup, tout va bien ? » je plisse les yeux et relève le menton, butée.
« Désolé, j'ai pas d'autre explication, puisque c'est la vérité. » il se penche, droit dans mon regard « C'est blessant que tu ne me crois pas ! »
« C'est pas que... » je fais la moue « C'est quand-même gros à avaler, non ?! » je m'indigne.
« Quoi donc ?! Que je t'aime ou que je batte Séphiroth à plat de couture ?! » il s'indigne plus que moi.
J'ouvre la bouche, mais rien n'en sort...
« C'est quand-même un peu gros, oui... je sais... » il ferme les yeux « Pourtant... c'est la réalité. »
« Et... D'ailleurs Séphiroth... comment...? » je le questionne avec tout le tact dont je suis capable...
« Est-ce qu'au moins, tu as compris pourquoi ? » il les ouvre pour me fusiller du regard.
« Je... » c'est raté pour le tact « Je crois, oui... mais... » je me ratatine.
Et là, c'est raté, j'ai pas dit les bons mots...
« Tu crois seulement ?! » ma réponse l'horripile.
« C'est, hum... » j'ai trop peur de parler.
Ouais, bien raté... bon bah, plus besoin de faire gaffe donc !
« Merde ! Tu m'fais chier ! »
« Excuses-moi ?! Pardon ?! » il plaque avec bruit sa main près de moi.
« Toi, excuses-moi ! » je me redresse, rebelle « J'vois pas très bien ce que je viens faire dans un combat, sans y être ! »
Il me regarde un instant, sans rien dire. Je soutiens son regard en me mordillant les lèvres. J'ai beau réfléchir, je ne vois pas cette fois, ce que j'ai dit de travers.
« On peut se battre à plusieurs, et parfois, juste avoir quelqu'un juste à côté, ou derrière, ou devant même... ça change tout... Mais là, c'était un combat d'esprit, de volontés, et moi, impossible que j'y sois ! »
« Hum, vrai... » il hoche la tête, et plisse les yeux.
J'agrandis de grands yeux, à la rougeur sur ses joues...
Hum ?... Mais encore ? Qu'est-ce qu'il me joue ?!
« Cloud ?... Qu'est-ce que-... »
Il se penche, me cogne de son front.
« Merde... » il jure dans un souffle, le rouge gagne du terrain « Tais-toi... »
Il toussote et me regarde de travers. Je papillonne, complètement paumée. À l'instant où j'ouvre la bouche, il lève un doigt et tape sur mes lèvres.
MAIS !?
Il me sermonne du même doigt, se recule et enfin se racle la gorge.
Ok ! J'attends !
Ses yeux plantés dans les miens, dure une éternité. Peu à peu son visage revient à une couleur normale.
« Bon... » il soupire un bon coup « Tu as raison, ça n'a rien d'évident et... » puis il rougit d'un coup « Bon sang ! » il rage tout bas.
Il s'éloigne pour tournicoter sur lui-même...
Qu'est-ce qui se passe ?... Roh ! Non !? ... Ils ont pas parler cul quand-même ?! Manquerait plus que ça ! Que Cloud et Séphiroth... Non ?!
J'ai un gros coup d'chaud ! Mais... très vite... une envie d'vomir...
Non, non... impossible...
Dans quelque instant Cloud va m'expliquer, et je veux savoir, là, oh oui, il faut que je sache...
J'abandonne Cloud à ces 'cent pas', pour chercher Selke du regard. Elle discute paisiblement avec le reste de la troupe...
Je ne pense pas que... Non, non, personne ne sait ! Cloud n'avait parlé de ça à personne...
Et puis si Selke était au courant, elle aurait forcément balancé un truc, un indice. Surtout s'il y avait de quoi me foutre la honte !
Elle capte enfin mon regard et plisse les yeux, interrogative. Je la rassure d'un haussement d'épaule en désignant Cloud qui tournicote encore.
Elle hausse les épaules à son tour, puis repart dans la conversation de la table.
Je reporte moi aussi mon attention sur Cloud, qui me perce du regard.
Quoi ? J'ai rien fait ! J'ai fait qu'attendre sagement !
D'un coup, il se repointe devant moi, tendu, et s'approche tout près.
« À son premier pas vers moi... C'était comme... un bouclier, mieux que Carapace et que Barrière réunies... » il parle tout bas.
« Oh...? » je m'étonne, tout bas aussi « À ce point...? »
« C'était... » il fuit mon regard « C'était mieux qu'avec une boisson de héros... ni peur, ni... amertume, ni fatigue... Il est arrivé, j'étais déjà prêt. »
« Déjà... prêt ? »
« Hum... » il me regarde mais baisse aussi sec les yeux « Et donc, je n'ai pas eu envie de fuir... »
« Fuir ?... Pourquoi ? »
« Hum, simplement... » il hausse les épaules « Pas... besoin... »
« Pas besoin ?... Pourquoi ?... » je tire le cou pour déchiffrer son visage.
« À son premier pas, en moi... C'était comme... Limite Break, direct. » il marmonne, tête basse.
« Direct ?! » je me redresse, ahurie.
« J'ai fait le... premier... geste... et il... C'était plié, voilà... » il hausse encore les épaules.
« Le premier geste ? »
« Eh bien... si c'était réellement des gestes, oui... » il se passe la main dans le cou, soudain fatigué « Comme tu l'as dit, ça se passe dans ma tête... » il me regarde enfin.
On reste ainsi, un court instant avant qu'il ne détourne, une fois de plus, les yeux.
« J'ai... dégainé et j'ai levé mon épée, et... j'ai frappé... avec des mots magiques... » il pointe sa tête.
« Des mots ? » je l'encourage.
Il a un air étrange, une expression bizarre, comme s'il y allait à reculons...
« Cinq mots. Mais une phrase, un seul geste, en fait. » il continue malgré tout.
« Dans le même... mouvement ? »
« C'est ça. » il fixe le sol, se massant toujours la base du cou.
« Mais alors… pourquoi ne l'avoir fait avant ? »
« Parce que... » il me jette un coup d'œil « Je ne pouvais pas. »
« Pourquoi ? » je veux savoir...
Quelque chose cloche, il fuit de plus en plus mon regard... Je dois m'attendre à tout...
« Parce que je ne les avais pas. »
« Les mots ? »
« Hum... Parce que ! » il devance mon 'pourquoi', les yeux dans les yeux « Parce que je ne t'avais pas. »
J'ouvre la bouche, stoppe et la referme.
Hein ? Encore !
« Ouais, encore toi. » il me sourit, railleur.
Ce brusque changement d'attitude me déroute.
« Et... quels mots, alors ? » j'ose demander en faisant ma maligne.
Il perd son sourire, étonné, ses yeux sérieux dans les miens.
« Hum... J'suis pas sûr que ce soit l'endroit idéal pour t'expliquer, en long, en large et en travers... » ses joues rosissent et son sourire n'a plus rien d'un sourire...
J'veux dire... c'est pas sourire pour sourire, genre 'j'suis bien', ou genre 'qu'est-ce qu'on s'marre'... non, là, c'est le sourire genre qu'il ne peut pas faire avec tout le monde...
C'est plutôt le sourire genre 'Toi femme, moi Homme'... Ouais bon, pas plutôt non, mais plutôt carrément ouais!
Cloud ! Arrête-eeeees !
Je lui fais les gros yeux. On est quand-même sensé être en réunion...
« Quoi ? » il me nargue « J'fais rien de mal. » il lève les mains et joue l'innocent.
« Si ! » je lutte contre le rose qui me monte aux joues « Tu t'excites tout seul ! » et mon cœur qui s'emballe...
Et Merde ! J'y arrive pas !
« Tout seul ? T'es sûre ? »
Ouais, bon, ça va... Tu m'énerves !
« Pffff... » je pousse un long, long soupir...
Mes joues chauffent, chauffent... Je danse d'un pied sur l'autre sous son regard narquois. J'ai pas d'autre issue pour évacuer la tension sexuelle que cet abruti-...
... Non ? ... Mais il est fou ?!
Lorsque son sourire s'étire d'un côté plus que de l'autre... c'est qu'il va me mordre !
HAAA !
« NON ! » j'interpose mes doigts juste à temps « Cloud ! Arrêtes ! » ma main sous son menton, je le repousse « De toute façon, tu t'excites pour rien ! »
« Pour rien? » il glousse et il me laisse le chasser « Si je suis trop loin, je vais devoir parler plus fort... »
« Oui, et ? » je croise les bras, détendue mais en alerte.
« Et ? Eh bien... » il fait de même « Tant pis pour toi. »
« Cloud...? » je suis moins, bien moins détendue, là.
« Tifa...? » il me sourit... sa bouche remonte un peu à droite.
Ouh lala ...!
Bon, il va falloir jouer serrer pour garder le contrôle de la situation... Au minimum pour limiter les dégâts... hum, je n'ai pas trop le choix...
Je lui fais signe de la main d'avancer, hyper tendue et en hyper alerte.
Son sourire tremblote, son regard s'embrase, son visage... rougit...
Ouh... lala...
Il s'approche, pose son front sur mon épaule... sa respiration est chaotique...
OUH ! LALA !
Je tourne la tête autant que je peux, pour constater qu'il est aussi rouge d'un fer chaud ! Il se redresse à peine, ses lèvres contre mon oreille, la chaleur de sa peau m'effleure...
« Tifa... Tifa... » il déglutit, souffle fort dans le creux de mon oreille.
Mon cœur part au galop, au grand galop !
« Tifa... » il chuchote mon nom, encore une fois.
Ma salive a du mal à passer, mon souffle est court...
« Quoi !? Quoi !? » je suis à bout.
En quelque secondes... La tension est montée. Elle est énorme et écrasante, c'est un peu comme... lorsqu'on... c'est carrément comme lorsqu'on...
« Tifa... »
« Quoi, Cloud !? Quoi !? » je suis à bout de souffle, à bout, vraiment...
Je suis à bout, comme ça, aussi à bout que ça, lorsque j'attends et que j'ai vraiment besoin de quelque chose, quand je ne veux plus qu'une chose... qu'il me... touche...
Je m'agrippe à son gilet, brutalement, intensément...
« Tifa... À... l'attaque... mon... amour... » il articule chaque mot, lentement, tout contre mon oreille.
… Hein... ?
« Quoi !? » je tire sur son gilet, le presse sur moi « Quoi... ? »
« Cinq mots. »
« Tu... tu-tu... tu... » j'en perds mes mots, à ce que j'en comprends « Tu... tu plaisantes ?! »
« Cinq mots magiques. » il caresse ma joue de la sienne « Une phrase : 'Tifa. À l'attaque mon amour'. » ses lèvres articulent contre ma peau.
Ça... chatouille... Je... tourne mon visage vers cette... sensation...
« Tu... Non ? » mes lèvres articulent sur sa peau...
« Si... » il parle contre ma bouche cette fois « Un seul geste... » il... m'embrasse...
Euh... Attends !
« T'es sérieux !? » je le repousse, mais mes mains sont toujours accrochées à lui.
« Ouais ! » il me sourit.
ROOOH ! NON ?!
Les bras m'en tombent... il en profite, s'approche, m'embrasse.
Merde ! Il m'a encore eu !
« T'as pas honte !? » mauvaise et rancunière, je l'écarte sèchement et fermement cette fois.
« Bah... » il hausse les épaules « Si... C'est vrai que... Pfft ! » il glousse « 'À l'attaque mon amour', c'est... »
Il part dans un rire qu'il essaie de contenir avec peine. Pourtant, il ne me lâche pas des yeux, embarrassé et en même temps, au comble de la joie.
Sérieux ?!... Il est sérieux ?!
Comment ne pas le croire... Il rayonne... et il rit... Et... il m'aime, non ?
Quand-même... c'est sérieux ? M'étonne pas qu'il l'ait pas ramené et qu'il ait garder ça pour lui !
Non, mais, sérieux ? Gamin ! Sale gamin ! C'te honte !
« C'est grave la honte ! » je m'exclame.
Il ne répond pas, hoche simplement la tête, perdu dans son rire.
« Tu crois que Séphorith... a entendu ? » je donne des à-coups à son gilet « C'te honte ! »
« J'pense pas... » il respire un bon coup « Oh, et puis... en fait, j'men fous ! »
« Tu devrais pas ! C'est vraiment, grave, la honte ! » je m'en reviens pas...
« Tu trouves ? » il s'essuie les yeux « J'm'en fous aussi ! Et puis... » il tend le cou vers moi « Attends de voir ma botte secrète... »
« Ta... quoi ? » je le maintiens à distance cette fois-ci.
Sérieux ?!... Il est sérieux ?! Il y a encore autre chose ?
« Juste là, sur moi et en ce moment même. » il fait le malin.
Hein ?! Minute... Sur lui ? Qu'est-ce qu'il a sur lui ?...
« Ah bon ? » je plisse les yeux, méfiante
« Ouais. J'ai une botte secrète... »
Il a quoi sur lui à part... Ses clés...? Son téléphone...?
« Est-ce que ta super botte secrète est aussi embarrassante que ta super phrase magique ? » je marche sur des charbons ardents, là...
« Hum... Ça dépend pour qui... » son sourire sournois est insupportable.
SON TÉLÉPHONE !
« C'est-à-dire...? » je l'approche d'un coup, par son gilet, mais je l'accueille flambante de colère.
« Pfft ! » il se marre comme un gamin.
Si c'est une photo de moi, à poils, je l'égorge !
« Cloud ! » je le secoue comme un prunier « Si c'est sur ton téléphone, genre... J't'égorge ! »
« Haha ! » il rit à s'en étouffer.
« Une photo... ou même un enregistrement... » je fulmine et rougis... j'ai honte là...
« Aïe ! » il s'arrête avec mon poing dans son épaule.
« C'est pas drôle ! » je tape du pied et me barre.
« Non, non ! » il me chope et me ramène aussi sec contre la baie vitrée « D'excellentes idées, les deux, mais... non... Promis ! »
« Oh ? Alors c'est quoi ? »
« C'est... plus artistique... » il fait son mystérieux, pire que son petit malin.
« Plus arrr-... » je suis à deux doigts de m'étouffer « T'es effrayant ! Effrayant ! » je le re-chope par le col « Vu dans quelle catégorie tu joues avec ta super phrase magique... Ta... botte secrète là... » et là, je frissonne, un grand coup.
« Eh bien, moi, j'assume les deux. » il se redresse malgré ma poigne.
« Vraiment ? Et c'est pour ça que tu en as parlé à tout le monde ? » je le laisse faire, j'ai d'autre moyen pour lui chercher des poux.
« Je te l'ai dit à toi, parce que tu m'as posé la question. » il rétorque, serein et sûr de lui.
« Hum. » je hoche la tête, il marque un point, mais... « Tu sous-entends que tu comptais ne jamais m'en parler ? » je lui décoche ma question avec un regard acide.
« Ah ? » il perd son sourire et soupire « Je ne voulais pas... »
Il s'interrompt en me fixant, sans plus aucune moquerie... Puis son sourire revient...
« Je te conseille d'arrêter tes questions, Tifa. » il pose ses mains sur les miennes, encore agrippées au tissu « C'est pour te protéger, que je n'ai rien dit. »
« Me protéger ?... De quoi ? » je lâche le gilet, lentement.
« De moi... » lentement, ses doigts se glissent dans mes paumes « Tu ne poses pas ta question ? » son air malicieux n'annonce rien de bon...
Je reste un moment silencieuse... il ne me quitte pas des yeux, très calme, pourtant son doux et gentil sourire... en dit long...
J'avoue que je n'ai pas envie de poser ma question, parce que la réponse va encore tombée dans le sujet qui me dérange, et je n'ai pas envie de me ridiculiser, encore...
Il attend sagement, poliment, mais ses mots lui brûlent la langue, je le sais à ses sourcils qui se froncent petit à petit... Alors...
« Non... » je ferme les yeux, et respire amplement pour me donner du courage « Je ne vais pas poser de question... » je les ouvre « Je vais plutôt te demander autre chose. Je vais te demander de me dire tout ce que tu as à me dire. »
« ... Oh... »
Ses doigts serrent mes mains... à faire mal... petit à petit...
« J'espère... » il hésite « J'espère que... » il pâlit « J'espère que tu m'aimes... sincèrement... »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » je grimace, à cause de mes doigts qu'il écrabouille... « Sincèrement... ? » et, à cause de ce mot aussi.
« Tu... as d'abord aimé un sauvage, ensuite un mec qui s'est volatilisé dans la nature, ensuite un schizophrène-... »
« Hein ?! Ça non. » je le coupe « Tu n'étais pas fou et tu étais bien Cloud-... »
« Si. » il me coupe à son tour « J'étais mentalement malade et- »
« Blessé ! » je reprends la main « Blessé, tu étais blessé. Malade non, et fou encore moins ! »
« Tifa... Commences pas et laisses-moi finir... »
« Non !» je lui jappe dessus, colérique « Quand on est blessé à la jambe, on boite ! Tu étais mutilé d'une part de toi-même, une grosse part, et les cellules de Jenova parasitaient ton cerveau, comment voulais-tu tourner rond ! T'allais forcément de travers ! C'est incroyable de ne pas comprendre ça ! » je boude en tirant sur mes mains.
C'est quand-même incroyable ça ! N'importe qui aurait déconné après un si long bain dans du Mako !
Je lui jette un regard assassin. Cloud ne veut pas lâcher prise, et en plus, loin de faire amende honorable, il me gratifie du même regard...
Bon, ok...
Après tout, je lui ai demandé de me dire ce qu'il avait sur le cœur, donc... Je m'adoucis, expire un bon coup... et lui abandonne mes pauvres doigts pourtant déjà très douloureux.
« Mais... » je ferme les yeux pour être sûre de garder mon sang froid « Continues... »
« Merci, c'est gentil. » il est grinçant.
Aller, tout ira bien tant que Cloud ne parlera pas de-...
« Zack, lui-... »
« TSS ! » euh...
J'crois que j'ai merdé... J'ouvre les yeux, et... Ah oui, vu la gueule qu'il tire...
Non ! C'est lui qu'a merdé ! Non, mais, quand-même c'est incroyable ça !
« Rien, rien... » je serre les dents, crispe ma mâchoire au maximum pour qu'elle ne s'ouvre plus.
... Aller, calme, calme... il s'exprime, calme !
« Vas-y, expose donc TON point de vue, puisque tu as le droit d'avoir TA propre opinion et UNE autre vison des choses ! » il m'agresse carrément, nez à nez.
Mes doigts, de leur côté, vont finir en purée...
« Zack faisait des trempettes régulières depuis 4 an, progressives en durée et quantité. Quant à toi, t'as fait un gros glouglou d'un coup dans 300m3 pendant 4 ans ! »
« Ça, ce n'est pas TON interprétation, c'est un fait. »
« Tout juste, Cloud Strife ! On m'emmerde à admettre des soi-disant vérités, mais il n'y a pas que moi ! »
« Pff... » il ose se moquer « Tu te rends compte, de ce que tu viens de dire, Tifa ? »
Heureusement, il relâche sa pression sur mes articulations... pourtant c'est très mauvais signe...
« Oui. » je hoche la tête, pas très à l'aise.
« Je n'ai aucun problème avec ça, et je suis bien content que nous soyons au moins d'accord sur une chose. Zack a été un échec en tant que clone de Séphiroth... Moi, j'ai été une réussite. »
Merde !
« Et donc, c'est ta faute ? » ... et re-merde !
« Ah ? » il me sourit, faussement étonné « Oui, tiens... schizophrène, non, tu as raison, un clone de Séphiroth, oui, tu as raison. »
« Tu m'emmerdes ! » ... j'ai merdé, merdé ! « Et tu es une telle réussite que tu lui as éclaté la gueule deux fois ?! »
« Non, trois. »
« Tu m'em-... » je secoue mes mains pour qu'il les lâche.
Il m'emmerde trop !
LÂ-CHE !
« Et je ne voulais pas te mettre au courant, car déjà que pour les deux premières fois c'est grâce à toi, et bah la troisième, c'est encore pire ! »
« Bon, bon... Admettons ! » j'ai beau tirer, mes doigts glissent à peine des siens « Et alors quoi ? »
« Alors t'as une sacrée responsabilité, Tifa. En quelque secondes, j'ai envoyé chier Séphiroth au plus profond de la Rivière. Si profondément, qu'il est pas prêt d'revenir avant un bon gros moment, voire des années, voire jamais ! Voilà, ce que tu fais de moi ! Voilà ta lourde responsabilité, Tifa. Quittes moi et c'est la dégringolade ! Mère et fils en sautilleront de joie ! Ils n'auront rien à faire, j'serai déjà au tapis et pas prêt de m'en remettre, peut-être des années, voire jamais ! Non ! J'pense que j'en crèverai même ! Ils n'auront plus qu'à venir me rire au nez ! Un bon gros fou rire démoniaque et bien sadique ! Ça suffira largement à éparpiller les restes de mon âme ! » Cloud est hors d'haleine « Jusqu'à... la fin de ma vie tu m'as sur le dos... T'as... pas l'choix... T'as compris ?! »
« OUI ! OUI ! » je lui crie à la figure « Et alors quoi ?! » j'essaie désespérément de lui soutirer mes mains.
« Et alors je voulais pas en rajouter ! Elle est tellement compliquée, notre histoire, Tifa... » il me libère les doigts d'un coup.
« Pff... » je siffle de douleur et de soulagement en les agissant dans tous les sens.
« Si on s'était rencontré normal, et qu'on avait appris à s'connaitre normal, et qu'on... Nous... Y a rien de NORMAL ! »
« Je sais ça, merci... » je grince des dents, j'ai des fourmis, un truc de fou ! « Et quoi ? »
« La... culpabilité... Les remords et les regrets... » il me lance un regard lourd « Les... fantômes... »
« Les... quoi ? » je lui rends son regard « Cloud... où veux-tu en venir ? »
« Les responsabilités... »
« Qu'est-ce que tu racontes ? » je souffle sur mes mains... les fourmis picotent moins.
« Ce que j'raconte ?! » il me lance un regard meurtri « J'raconte que si t'es pas capable de digérer toutes les morts... Toutes ces morts là... » il brandit son poing serré et en lève les doigts lentement « Comment tu vas faire pour celles qui suivront ? Celle qui suivront, tu comprends ? Si tu m'aimes pas, moi ? »
Je le fixe ahurie...
« Et si tu m'aimes pas vraiment, comment tu vas faire pour tenir toutes ses années ? »
Il...?! Il doute ? DE MOI !
« T'es... t'es... » je ne trouve pas les mots « Gros con ! »
Il ne répond pas, et me regarde blessé.
J'y crois pas !
C'est pas parce que j'ai refusé qu'on le dise à tous nos... amis et à nos enfants que...
C'est pas parce que je refuse de lui dire, 'je t'aime' que...
C'est pas parce que je refusais d'avoir le moindre geste intime vers lui que...
Oh...? Ouais bon... Ah ! Si ! Si ! La nuit !
Enfin dès que les enfants sont... au lit... on fait ça en... cachette...
Mais en cachette, je lui ai dis que je l'aimais, moi aussi ! Enfin, je le lui montre bien ! Et puis on en a parlé, non ! Il sait ! Il sait pourquoi !
« J'ai fait quelque chose de... si mal ?! » je demande la voix brisée.
« Quoi ? » il papillonne, surpris.
'Quoi ?!'... Il se paie ma tête, là !
« J'ai fait quelque chose de mal, oui ou non ?! »
Après la montée d'adrénaline, c'est la douche froide ! C'est peut-être à cause de ce grand écart que les larmes perlent d'elles même...
« N-non... » il bredouille, malheureux « Pourquoi... ? »
POURQUOI ?!
Sa réaction m'arrache un sanglot. Je ne vois pas grand chose avec autant d'eau dans les yeux, mais je le sens s'approcher. Je le repousse d'une main tremblante.
J'essaie de garder l'esprit le plus clair possible. J'en ai marre de faire le yo-yo. Un coup c'est le paradis, un coup l'enfer...
« Parce que... je sais que je ne suis... pas facile... » ma voix tremble autant que mes mains.
« Non- ... »
« Si ! » je le coupe « Je sais que je suis pas très... détendue ou... » je papillonne, balayant un flot de larmes dément « Ni très... expressive ou... démonstrative... ou... » je m'essuie comme je peux.
« Non, Tifa, non... »
« Je sais que notre histoire est compliquée comme tu dis, mais... » j'ai les doigts trempés... « Qu'est-ce que j'ai fait... ou dit... » je les essuie sur mes vêtements...
« Rien, rien... » il s'avance encore, je le retiens d'une main « Tu n'as rien fait, rien dit... » il arrive quand-même à frotter mes joues dégoulinantes.
« Bah... » j'accepte son aide, seule je ne m'en sors pas « Alors quoi ? »
« Alors... » il ferme mes yeux en y posant sa main « Je voulais être sûr... »
« Tu... » je pince la bouche fâchée « Je croyais que c'était réglé ! » je renifle affreusement fort « Je pensais que tu avais tout dit, qu'on s'était tout dit, tout écrit sur ces satanés post-it ! » et j'éjecte ses mains de mon visage.
« Pas fantôme... »
« Oui, je sais ! Et alors ?! » aussitôt ouverts, mes yeux se remplissent d'eau.
« Et alors, vu ta réaction à la réflexion de Barret... » ses paumes reviennent sécher mes larmes « J'ai le droit de me poser ces questions là ! » il y va fort...
« Hum... » je ferme à nouveau les yeux sous ses doigts rudes.
« Et donc ? » sa voix est un mélange d'agacement et de stress.
Et donc ?!...
« Et donc non ! » mon regard à travers ses doigts lancent des éclairs « Tous ces fantômes comme tu dis, ils ne datent pas d'hier, mais ils sont moins vieux que nos sentiments !»
« Ah ?... » il est dubitatif « Ça peut... » sa voie tremble « Ça peut être un syndrome de culpabilité... »
« Un... un quoi !? » j'arrache ses mains de mon visage.
« Attends ! » il me les recolle direct sur les yeux « Et un amour punitif, ça peut être ça aussi ? »
« UN QUOI !? » j'en perd complètement mon sang froid.
« Ou alors t'es maso ou... » il bataille pour me garder aveugle.
« OU QUOI !? » je crie aussi fort que l'effort qu'il m'en coûte de rester ainsi « Comment de telles conneries ont pu germer dans ta tête !? » je n'arrive pas à continuer.
Une grosse coulée de larmes s'annoncent.
Je savais bien que j'avais fait quelque chose de mal ! Quelque chose de grave !
« Tifa, arrêtes ! »
Ses mains retournent à essuyer mes yeux. Il appuie si fort sur mes paupières que j'en couine.
« Je... j'comprends pas... » je les contiens assez vite.
Culpabilité, remord et compagnie, m'ont jamais alimenter nos sentiments, l'un pour l'autre !
« La culpabilité n'a rien à voir avec tout ça... »
« Bon... » il capitule, dubitatif « Si tu le dis... »
Ça les étouffaient !
« Je te le dis ! »
Du con !
« Toi ! Pour toi ! Je t'aime, toi ! »
Oh...? ... Oups...
« Hein ?! » ses doigts s'immobilisent sur mes yeux clos.
Ouiii ! Je sais !
« Bah, c'est évident non ? » je garde mes yeux fermés.
Je me suis entendue, qu'est-ce que tu crois !?
« Hum... Ah... ? » sa question est un murmure.
Mon Dieu ! Au secours... comment j'vais m'en sortir ?!
« C'est que... Nos-nos... remords, nos regrets... même anciens et... nos culpabilités, nos torts... tout ça, fait partie de nous et... voilà... » ma voix est un peu trop aiguë sur la fin...
« Ah... je vois. » la sienne par contre, tinte comme un rire.
Ouf ! Il va être généreux et laisser passer !
« Bon bah... si t'as compris... » je soupire...
Ouf ! Ouf !
« Oui et non... J'suis pas certain d'avoir bien, bien compris. »
Petit con ! T'aurais pu être indulgent non ?!
« T'aurais pas un exemple, par hasard ? » il insiste.
P'tit con ! P'tit con !
« Hum ? » ses doigts tapotent contre mes paupières closes « Tifa, regardes-moi. »
« Non. » je serre mes paupières et les poings.
Il ne laissera pas passer ! Je lui ai dit pour la première fois... que je l'aimais... C'est sa chance !
« Non ? »
« Non. » je hoche la tête, le visage toujours levé vers lui « Pour réfléchir c'est mieux, et comme je réfléchis à mon exemple... »
« N'importe quoi... » il me claque le front, gentiment.
« Pas du tout ! » je le frotte et baisse la tête.
« Toc toc... » il toque sur mon crâne.
« Attends ! » je fouette l'air au-dessus de ma tête.
« Regardes-moi... » il me demande ça, de sa voix grave.
Mon cœur de collégienne applaudit à tout rompre...
« Non ! »
« Toc toc... » il cogne sa tête contre la mienne « Tifa ... » il murmure contre mon oreille « T'as deux solutions... » il souffle ces mots dans mon oreille.
« Pas question que j'ouvre les yeux ! » je sursaute et serre mes mains sur mon cœur pour qu'il ne s'entende pas.
« Et pas question que tu répètes ce que je veux entendre, je suppose ? »
« Euh... Hum ?... Mmm... Euh, nnn... » je... bredouille, enfin j'essaie.
« 'Euh non ?' C'est ce que tu voulais répondre ?» il s'écarte, je le sens.
« Bah... » j'ouvre les yeux prudemment, lui les a fermés...
« Tifa... » il soupir tristement « Tu as, comme je le disais, deux solutions. Soit tu arrêtes le goutte à goutte... soit on va vivre seul et loin, que toi et moi, très, très loin... »
« P-pourquoi ?! »
« Parce que si tu as le pouvoir de me rendre si fort... Tu peux aussi me rendre encore plus lamentable que je ne l'ai été... N'oublies pas... » ses yeux se plantent dans les miens.
« Je n'oublie... pas... » les miens sont à peu près sec « Simplement... ça ne rentre pas en ligne de compte... »
« Pourtant... » il s'arrête comme je fais non de la tête « Bon... » il me sourit gentiment.
« Donc, j'ai bien fait quelque chose de mal... » je respire à plein poumon
« Tifa... » il soupire cette fois à fendre l'âme.
« Y a pas de drame, maintenant, je sais... » ma gorge se noue « Laisses-moi le temps... » mais aucune larme ne pointent son nez » j'en respire encore plus à fond.
« Bon... je te laisse du temps... » lui aussi...
Ouf ! Ouf... j'm'en suis sortie, ouf !
« Bon... » il me scrute, un peu mauvais « Ce soir alors. »
« Ce soir ?! »
Ce soir... aller, du calme, ce soir c'est encore loin ! Ouf !
« Pourquoi ?! Pas forcément ! » je lui jette un coup d'œil prudent.
Mais c'est encore trop rapide pour moi...
« Qu'est-ce que tu fais de ma botte secrète ? » il chuchote.
Je garde le silence... En fait, là... sa botte secrète, j'm'en fiche ! Mais ce soir... botte secrète ou pas, bah moi, je...
Non, non ! Hors de question que je cède à la tentation ! C'est un piège !
« J'm'en fiche ! » je brave sa vilaine tentative.
« Tu devrais pas... » il s'écarte et me contemple avec son sourire ravageur « Et puis, moi, bah... j'ai bien envie de te la montrer. »
Je repasse au violet lorsque l'idée m'effleure... qu'il ne parle peut-être pas d'une véritable technique de combat, mais qu'il fasse allusion à... un truc de cul !
Avec les mecs il faut s'entendre à tout, y compris à ce genre de blague débile et vaseuse.
« Pfft ! » il glousse.
« Quoi ?! »
« Tu penses à quoi, là, hum ? Tu t'excites toute seule et pour rien, je crois. » il encaisse ma bourrade en ricanant « Ma botte secrète est une vraie botte secrète. » il en prend une deuxième, toujours hilare « Et puis... j'vais peut-être de décevoir, mais... » il chope ma main qui lui file une troisième bourrade bien méritée « Celle à laquelle tu penses, j'te l'ai déjà faite... »
« Tu- tu... » je tente de reprends mon souffle, il m'a scotché.
« Pfft ! » il ricane cette fois « Haha... »
« Y a pas de quoi rire ! » je pince la bouche fâchée.
« T'aimes à ce point là les hommes rudes ? » souriant, il monte ma main vers sa bouche.
« Quoi !? » je lui la retire d'un geste vif « Mais non ! »
« Oh que si ! Haha ! T'aimes ça ! » il rit à gorge déployée « Et puis, moi aussi ! C'est pile ce qu'il me faut ! C'est très bon pour la confiance en soi ! Haha ! » il essuie les yeux de rire...
« Chut ! » je le chope et l'approche « Moins fort ! » je grince des dents, nez à nez avec cet emmerdeur.
« Ma Tifa aime les homme rudes !» il baisse de volume et change de registre.
ALERTE ! ALERTE !
« Pas du tout ! » je le trucide du regard « Il n'y a bien que toi pour te croire incapable d'autorité ! »
« Ah...? » il est dubitatif mais gorgé de 'sourire' « Moi, je te dis... » un sourire de travers « Que tu aimes les-... »
« Non ! » je le coupe dans son élan.
« Si, si Tifa... » il reste à distance, mais son sourie pré-morsure s'étire encore... « Moi, je te le dis, c'est oui... »
« Non ! » il commence à me faire rougir cet abruti « Je te le dis, c'est non ! Je t'aime, toi ! »
… Non... ? Oh non... !
On se regarde avec de grands yeux, tous les deux... son sourire tombe, moi je grimace...
Non ! Non ! Oh non ! Encore ?!
« En-encore... ? » il papillonne, ému, ses joues prennent un peu de rose.
Et ouais, merdeeee ! Encore ! Et ouais je sais, c'est consternant !
« Bah, c'est... c'est évident, là … là encore... non ? » je papillonne aussi, mais moi, je palis...
Cette fois, je ne m'en sortirais pas !
« Évident... ? » tout rose, il me sourit avec tendresse « Aller, vas-y, explique-moi ton évidence. » et très vite, le sourire s'étire d'un côté...
Il va pas laisser passer, il va pas laisser passer !
« Je crois que j'adore tes évidences... » il s'étire tant que j'ai l'impression qu'il me mord...
J'en ferme les yeux, brusquement dans un sursaut.
Il peut pas laisser passer ! Moi, j'laisserai pas passer... Au secours !
« Tifa, regarde-moi. » il est tout près de mes lèvres « Ouvres les yeux, sinon... On s'embrasse pas les yeux ouverts... » il lance sa menace en ricanant.
« C'est que... ! » je le repousse « Dans chaque caractère, il y a de tout. Un peu de ça, beaucoup de ceci... » je garde malgré tout les paupières bien serrées.
« Hum ok, mais... Ouvres-les yeux quand-même. » il pousse pour revenir tout près de moi.
« Non. » je cède, un peu pour alléger mon refus.
« Non ? » il soupire, tranquillement, tout près de moi.
« Non. » je couine, désespérée.
« Bon... Alors... » il souffle ses mots sur mes lèvres.
Il m'embrasse gentiment... je le laisse faire...
C'est pas grave ! C'est pas grave !
Il m'embrasse une seconde fois, insiste... je réponds prudemment à son baiser... On est toujours à la W.R.O !
Et puis, je préfère ça, à devoir ouvrir les yeux, ou répéter mes deux gros oups ! J'suis toujours plus à l'aise avec les gestes qu'avec les mots !
Il termine son baiser, en glissant ses lèvres sur ma joue.
J'm'en sors bien finalement...
« T'es une bagarreuse Tifa, je crois que je vais adorer ça... » ses doigts me caresse là où il m'a embrassé, les lèvres, la joue « Et je crois aussi que ça va être un long-... » il stoppe, puis me pince le nez « J'vais gagner là aussi ! »
« Hein... ? » j'ouvre prudemment un œil « De quoi tu parles ? »
« J'adore que tu me poses autant de questions... » il... sa bouche...
Il va arrêter de sourire comme ça, oui !
« Gagner ?! » j'en referme les yeux, chamboulée niveau max ! « Gagner... quoi... ? » j'affirme ma prise sur son vêtement.
« Ce combat ! » au contraire de sa voix gaie, il me fait lâcher prise d'un coup.
« … Combat ? » j'ouvre les yeux et papillonne.
« Ouep ! Un sacré combat ! » il croise les bras et me toise, fier comme un coq.
Il... il ... il va prendre mon pied au cul et ma porte dans sa tronche ce soir !
« Et même si l'ennemi est coriace, il a déjà perdu deux fois... » il fanfaronne en agitant sa main aux deux doigts dressés.
« Yo, mec ! » Cid débarque comme une fleur « Ça fait une heure, pas une minute et, puisque t'en causes de c't'enculé de Séphiroth, on aimerait avoir les détails de ce combat ! » il claque sa main sur Cloud.
« J'te suis. » Cloud, s'éloigne avec un dernier regard...
Un vrai crâneur !
