Bonjour à tous ! Au programme aujourd'hui ? De la nostalgie, de la guimauve et une pointe de citron !

J'espère que tout ça vous plaira ! Et bon appétit bien sûr !

Draco se promena un long moment en compagnie de la vampire. Ils prenaient leur temps, Draco parce qu'il admirait la beauté des lieux et Alice, et bien peut-être, parce qu'elle n'avait rien de mieux à faire pour le moment. Elle le guidait dans les nombreux couloirs et les immenses salles, l'aidant à trouver des repaires pour s'y retrouver. Bizarrement ils se mirent à rencontrer de plus en plus de monde et Draco devina bien vite que cela n'était pas dû au hasard. Tous voulaient voir à quoi ressembler le compagnon du prince et il se sentait fier. A nouveau, comme à Poudlard, il se sentait important. A la différence près que cette fois il l'était vraiment. Et il était libre aussi, peut-être pas dans ses actions, mais dans sa tête, dans son esprit et dans son âme. Pour la première fois depuis son enfance il se sentait protégé et non pas dirigé, aimé et non pas contrôlé.

Il marchait donc la tête haute, le visage neutre mais le regard fier, comme si cette demeure avait toujours était la sienne. La peur qu'il avait pu ressentir lors de son arrivé avait totalement disparut.

Les vampires qu'ils croisaient ne le dévisageaient pas ouvertement, pour la plus part, ils évitaient même son regard. Tous baissaient légèrement la tête à leurs passages et au début Draco pensa qu'ils saluaient leur princesse. Et puis Alice s'était un peu éloignée de lui, s'adressant à voix basse à un autre vampire et le laissant seul dans la contemplation d'une tapisserie représentant un étrange félin à l'air féroce jusqu'à ce qu'un mouvement sur sa droite n'attire son œil. Il se retrouva face à un grand vampire mince aux cheveux bruns qui sortait par une porte dérobée et qui eut l'air aussi surprit de se retrouver face à lui. Il vit l'homme inspirer un instant puis écarquiller encore un peu plus ses yeux avant de baisser précipitamment la tête en murmurant une excuse. Figé de surprise par ce salut inattendu, il n'avait pas répondu et était resté stoïque quand l'homme s'était éloigné sans un bruit.

Apres cet incident, il avait un peu mieux observer les réactions des autres personnes qu'ils croisaient quand Alice l'emmena dans les jardins arrière du domaine. Les vampires s'inclinaient respectueusement, s'éloignant de leur trajectoire avec élégance. Les calices, ou « les poches de sang » Draco n'aurait su faire la différence, le dévisageaient plus franchement, une lueur d'envie dans le regard voir même de colère ou de jalousie. Parfois leurs regards se faisaient trop insistants et alors un vampire se mettait à gronder sourdement contre lui en un rappel à l'ordre clair et les yeux se baissaient précipitamment.

Certains d'entre eux faisaient presque peine à Draco. Vêtu de vêtements tachés par le sang, les yeux hagards, les traits marqués et le teint pâle ils ressemblaient à ces moldus junkies en attente de leur dose. Des poches de sang, sans aucun doute. Parfois l'un d'entre eux se mettait à sourire d'un air coquin à un vampire qui passait près de lui ou lui tendait les bras avec un gémissement plaintif. Souvent le vampire en question ne lui accordait pas d'attention ou se contentait de repousser la victime consentante avec une mine dégoutée mais de temps en temps l'un d'entre eux répondait à l'invitation, se jetant avec un sourire pervers sur le corps frêle là où il était ou l'entrainer à l'écart pour se nourrir à l'abri des regards.

Draco ne put retenir un rictus de dégout sur ses lèvres. Il avait l'impression de voir des tapins faire le trottoir. Et dire qu'il était passé près de ce destin là… un frisson lui remonta le long du dos à cette pensée.

Il sortit de ses pensées en arrivant à l'extérieur, un fort parfum lui chatouilla le nez alors qu'ils pénétraient une roseraie magnifique. Dans le soleil couchant les roses arboraient de délicates teintes irisées et il se sentit aussitôt plus détendu. Alice le regardait avec amusement. Avec un air rêveur, Draco s'approcha des fleurs délicates. Leurs pétales arboraient des teintes changeantes et aussi colorées que des ailes d'insectes élégants. Un silence apaisant régner, plus un seul vampire ne sembler être présent mis à par Alice. Draco tourna la tête vers elle et un instant de stupeur. Le vampire ne le regardait pas, elle avait les yeux tournés vers le fond de la roseraie et pour la première fois depuis que son chemin avait croisé celui de la princesse, Draco vit une autre émotion que le méprit ou l'amusement moqueur sur son visage. Elle semblait soudait nostalgique et Draco s'attendait presque à voir une larme couler sur sa joue pâle d'un instant à l'autre. Tournant son regard vers le point qu'elle fixait, il eut le souffle coupé en apercevant une urne funéraire posée délicatement sur un petit piédestal au fond de l'espace aménagé. Il s'approcha doucement, entendant Alice prendre une grande inspiration derrière lui. Il eut peur un instant qu'elle l'empêche de s'approcher mais elle n'en fit rien, restant immobile comme incapable de bouger. Bientôt il fut assez près pour lire la fine gravure à la courbe élégante. Du bout du doigt il retraça le fin sillage, Gabriel. Il sursauta à nouveau quand la voix d'Alice résonna dans la serre, non pas parce qu'il ne s'y attendait pas mais parce qu'elle était chargée d'une émotion forte.

- C'était son endroit préféré…

- Qui était cet homme Alice ?

- Il était mon calice. Il a était mon seul calice.

Draco se tourna vers elle. Les bras croisaient devant elle, elle avait soudain l'air fragile et Draco pensa, a juste titre, qu'ils étaient rare a l'avoir vu ainsi. Il pouvait voir la douleur dans ses yeux, la peine semblait encore vive, pourtant Draco pouvait observer le passage du temps sur l'urne, la mort de l'homme n'était de toute évidence pas récente. Mais le temps avait-il encore de l'importance quand on possédait l'éternité. Un instant il fut tiraillé, il avait envie d'en savoir plus mais il ne voulait pas lui infliger plus de peine. D'un autre coté il se dit qu'elle ne l'aurait pas amené en ses lieux si elle ne désirait vraiment pas en parler. Il lui offrit un petit sourire, partageant sa peine sans trop savoir pourquoi.

« Tu l'aimais. »

Une simple constatation, une évidence absolue qu'il s'était sentit obliger d'énoncer. Alice eut un sourire douloureux.

- Oui j'ai éprouvé de l'amour pour lui, j'en éprouve sans doute encore aujour hui.

- Que s'est-il passé ?

- Le temps. Gabriel était mon calice et même si le sort du contrat a prolongé sa vie cela ne l'a pas rendu immortel pour autant. Il n'y a que les compagnons qui le deviennent une fois lié à leur vampire.

- Il ne pouvait pas être ton compagnon ?

- Pas tout à fait. Il n'était PAS mon compagnon. Il faut que tu comprennes bien Draco que nous ne choisissons pas notre âme sœur. On ne peut pas devenir une âme sœur, soit on l'est, soit on ne l'est pas. Nous reconnaissons notre âme sœur dès l'instant où nous la voyons, même si la plus part du temps c'est inconscient. Je n'ai pas aimé Gabriel dès le début, à la base je ne l'aimais pas du tout même. Il était si faible, trop gentil, trop tendre. Et puis mes sentiments ont changé. Mais tu dois savoir Draco que même si j'ai aimé Gabriel comme je n'ai jamais aimé personne cet amour-là n'est rien par rapport à ce que mon frère éprouve pour toi.

A ces mots Draco sentit son cœur se gonfler.

-C'est difficile à croire…

- Pourtant c'est la vérité. La preuve en est que je suis devant toi. Même si je souffre toujours de son absence, je peux vivre sans lui. Harry lui ne pourrait pas se remettre de ta perte.

- Pourquoi me dire cela Alice ?

- C'est une leçon Draco. Sans doute l'une des plus importantes. Tu dois avoir conscience, à chaque instant de l'importance que tu as. Et pas seulement pour Harry mais pour tous les vampires. Contrairement aux sorciers, nous n'avons qu'un seul vrai dirigeant, aujourd'hui c'est notre père mais demain se sera Harry. Et te perdre, se serait perdre notre roi.

- Je suis une faiblesse…

Alice eu un sourire attendrit. Ce pauvre garçon n'avait même pas encore conscience de sa force.

- Pourquoi le serais tu ?

- Je ne suis qu'un simple sorcier, tu viens de le dire toi-même, si quelqu'un voulait renverser Harry, prendre le pouvoir, il n'aurait qu'à me tuer.

Il ne put retenir un frison, son esprit traversé par l'image de Camille. Elle pouvait lui briser la nuque en moins d'une seconde et il ne comprenait pas vraiment pourquoi elle ne l'avait pas encore fait. Alice eut un sourire inquiétant et Draco écarquilla les yeux quand elle se jeta sur lui. Il n'eut pas le temps d'esquiver un mouvement qu'elle était déjà sur lui et elle jeta sa main vers son cou. Il crut un instant qu'elle allait le tuer mais au lieu de ça sa main se stoppa à quelques millimètres de sa gorge avant d'être violement projeté en arrière. Elle se réceptionna comme un chat, atterrissant avec souplesse à quelques mètres de lui. Le cœur battant la chamade Draco se demanda ce qui c'était passé. Un instant il s'était vu mourir et la seconde qui suivait, il avait senti une vague d'énergie sortir de son propre corps pour la repousser, faisant voler au passage de nombreux pétales.

Alice se redressa avec un sourire satisfait. La mine déconfite de Draco était très drôle a son gout et son sourire s'agrandit encore quand la voix chevrotante du jeune homme se fit entendre.

- Tu viens d'essayer de me tuer ?!

- Oui.

- Mais pourquoi !

- Parce qu'une démonstration vaut mieux qu'un long discours. Tu l'as senti pas vrais ?

- Je… oui. Mais qu'est ce que c'était exactement ?

- La magie vampire Draco. Et plus précisément la magie d'un compagnon vampire. Tu dis que tu n'es qu'un simple sorcier Draco, mais dit moi juste une chose, comment te sens tu entre ces murs ? Mal à l'aise ? Menacé ?

- Non… je me sens bien, je me sens, comment dire ?

- Protéger ?

- Oui, c'est ça.

- Parce que tu l'es. Tu sais avec toute la magie de prédateur qu'il y a dans cette demeure n'importe quel mortel se sentirait en danger. Mais pas un compagnon, tout simplement parce qu'il nous est physiquement impossible de nous en prendre à l'un d'entre eux. Pas même le roi en personne.

- Mais pourtant à Poudlard tu as pu m'attaquer, tu m'as même plaqué contre le mur !

- Parce que je n'avais pas la moindre intention de te faire du mal… et ce même si mon frère a pensé le contraire.

- Alors… si aucun vampire ne peut me faire de mal et si ils sont même près à me défendre en cas de besoin, pourquoi Harry refuse-t-il de me laisser sortir seul ?

- Parce que mon frère est un crétin, en plus d'être un jeune vampire qui a trouvé son âme sœur. Son instinct le pousse à te protéger et puis, même si aucun vampire ne peut t'atteindre la magie vampire ne te protège que des vampires. Un calice ou une poche de sang, voir même un autre compagnon pourrait très bien s'en prendre à toi.

- Mais j'ai ma baguette.

- C'est vrai, mais une attaque surprise, comme à Poudlard pourrait très bien avoir raison de toi. Une seule seconde peut suffire pour prendre une vie et c'est trop court pour qu'un vampire puisse l'empêcher. Mais quand tu maitriseras le pouvoir des vampires ça sera plus sûr.

- Comment ça ?

- Et bien plus le temps passe plus le pouvoir vampire te recouvre, tu dois le sentir non ?

Draco prit un instant pour réfléchir. Il est vrai qu'il y avait eu une amélioration depuis le début de sa cohabitation avec Harry. Il se remémorait encore les quelques fois où le pouvoir du prince vampire l'avait envoyé au pays des rêves comme une petite chose fragile. Maintenant il le sentait toujours mais cela ne l'affectait plus de la même manière. Si il devait comparer la magie à un courant il dirait qu'avant il se retrouvait plongé au milieu d'un torrent sans appuis et que maintenant il était toujours dans le même torrent mais avec un solide rocher derrière son dos. Pas encore l'idéal mais déjà mieux qu'avant.

- Je crois voir de quoi tu parles. Mais en quoi je pourrais maitriser ça ?

- Et bien avec le temps tu pourras toi-même projeter cette magie, comme un vampire. A moindre échelle bien sûr, cela ne pourrait pas assommer un des nôtres mais largement assez pour que tu puisses forcer un mortel à ramper à tes pieds si le désir t'en prend. Je crois même savoir que tu pourrais renforcer la force de ta magie sorcière avec ça mais pour ça il te faudra demander à Severus ou à un autre vampire sorcier.

Draco en resta bouche bée. Il avait vraiment ce pouvoir en lui désormais ? C'était juste énorme ! Décidément plus le temps passé plus il prenait conscience de son importance. Et il adorer ça. Son regard parcourut un instant les fleurs multicolores avant que son regard ne se repose sur l'urne du dénommé Gabriel. Il eut de la peine pour cet homme qu'il ne connaissait pas. Même si il avait sans doute eu une vie heureuse, et à voir l'amour qu'Alice lui avait porté, il n'en doutait pas un instant, il n'avait même pas eu la moitié du bonheur que Draco connaitrait il en était persuadé.

- Alice je peux poser une question qui n'a rien à voir avec ce dont nous parlions ?

- Bien sûr.

- Pourquoi m'avoir amené ici ? Tu pouvais me parler de Gabriel et de tout le reste ailleurs. J'ai l'impression que ce lieu n'est pas vraiment très fréquenté.

- C'est vrai. A vrais dire j'avais demandé cette serre pour lui et quand il est mort, j'en ai fait un sanctuaire à son nom. Il n'y a que moi qui vienne en ces lieux et mis à par mon père, Camille et maintenant Harry personne n'oserait y pénétrer, et eux n'ont pas vraiment d'intérêts à venir ici. A vrais dire, si je t'ai amené ici je crois que c'est parce que tu me le rappelles un peu.

Draco grimaça un peu, contrairement à ce qu'Alice lui avait décrit, lui n'était pas gentil, ni tendre. Enfin mis à part avec Harry mais cela ne comptait pas vraiment. Alice remarqua sa mimique et eu un rire clair.

- Je voulais dire que tu es aussi vivant que lui l'était, Draco ! Pour être honnête, il aurait était incapable d'afficher le même air froid et hautin que celui que tu as affiché lors de notre petite balade, mais tout comme toi il aurait eu les même yeux émerveillés devant ce qu'il voyait.

Draco se sentit rougir, provocant encore plus l'hilarité de la princesse.

- J'avais l'air ridicule hein ? L'air d'un enfant qui veut jouer au grand…

Le rire d'Alice ce calma et elle regarda le blond avec tendresse.

- Oh non Draco, c'était parfait. Et je vais même te dire, garde cette attitude hors de vos appartements. Tu n'es ni trop méprisent ni trop accessible. Tu avais juste l'air de quelqu'un qui sait qu'il n'est pas n'importe qui. Et c'est exactement ce dont tu dois avoir l'air ! Garde bien ça en mémoire Draco, si tu n'ordonne pas mais que tu demandes poliment mais fermement tu obtiendras tout ce que tu veux de n'importe quel vampire qui n'est pas de sang royal. Quand aux mortels, tous te doivent le respect, à l'heure actuelle tu es le plus important d'entre eux.

- Merci Alice.

- Mais je t'en prie. Tu es de la famille maintenant.

- Ne le prend pas mal mais j'ai l'impression que l'amour familial n'es pas vraiment une constante chez vous.

Le vampire sourit, bien loin de se vexer.

- Détrompe toi, j'adore Harry… surtout l'embêter je dois dire ! Quand à Camille, elle n'a pas toujours était comme ça. Je suppose que sa colère et sa haine sont le moyen qu'elle a trouvé pour ne pas sombrer dans l'ennui. C'est l'objectif qu'elle s'est trouvé.

La peine se peignit sur son visage et Draco se sentit mal à l'aise. S'il ressentait de l'affection pour Alice c'était loin d'être le cas pour Camille. Mais peut être que comme Alice cette première image qu'il avait d'elle n'était pas la bonne. Ou tout du moins pas tout à fait la bonne.

Une pointe d'inquiétude lui traversa soudain le cœur. Sans trop savoir pourquoi il se sentit inquiet, son cœur se sera douloureusement dans sa poitrine et puis soudain une vague de colère le submergea. Il lui fallut quelques secondes de plus pour comprendre que ce n'était pas lui qui ressentait ça mais Harry et qu'il le ressentait à travers leur lien, il s'inquiéta un instant. Le brun était-il en colère après lui ? Non, il le sentait, la colère n'était pas dirigée sur sa personne et il fronça les sourcils. Qu'est ce qui pouvait mettre Harry dans un tel état de rage ? Quoi que soit la cause il fallait qu'il le rejoigne.

- Alice ?

- Oui ?

- Il faut que je rentre. Je crois qu'Harry a besoin de moi.

Le vampire le dévisagea avec surprise.

- Comment cela ?

- Il… Je sens que quelque chose le contrarie, il est en colère je peux le sentir.

- Remarquable…

Alice le dévisagea un moment avec un air admiratif qui le surprit.

- Quoi ?

- Rien c'est juste que, il est plutôt rare qu'un compagnon face aussi vite la différence entre ses sentiments et ceux de son vampire et réciproquement. Votre lien est bien plus avancé que ce que je pensais.

- Ce qui veut dire ?

- Que tu ne devrais avoir aucun mal à contrôler les pouvoirs de compagnon… Et que je dois vite te ramener auprès de mon frère avant qu'il ne décide de venir te chercher. Je n'ai pas la moindre envie de le voir extérioriser sa colère sur ces pauvres fleurs.

Avec un rire amusé Draco lui emboita le pas quand elle partit vers la sortie. Il ne put s'empêcher cependant de se retourner une dernière fois vers l'urne et sans vraiment s'en rendre compte il salua les restes du calice d'un discret mais respectueux signe de tête. Détail qui n'échappa pas à la princesse et alors qu'elle le guider dans les couloirs elle se dit qu'elle l'emmènerait sans doute de temps en temps dans la roserais, ces fleurs n'avaient pas était admirer depuis trop longtemps.

Quand Draco entra dans leur appartement, Harry était debout devant la table. La mine dure il lisait une lettre dont Draco reconnu l'entête comme étant celle de Poudlard. Une autre lettre, ouverte et sans aucun doute déjà lu été posée sur la table.

Draco pouvait sentir la colère du brun et il ne fut pas réellement surprit quand la porte se referma brutalement derrière lui, claquant contre le nez d'Alice qu'il entendit jurer. De toute évidence Harry ne voulait pas d'autre présence que la sienne dans la pièce. Il s'approcha doucement du vampire, ne cherchant pas à lire la lettre mais juste à se rapprocher de son amant. Son cœur se sera en sentant l'inquiétude derrière la colère et il eut envie d'apaiser son brun. Il vit la surprise se peindre sur le visage.

- Draco ? Comment fais-tu ça ?

- Quoi donc ?

Le dit Draco ne comprit pas tout de suite puis il sentit la colère du brun baisser d'intensité.

- Tu es en train de me calmer ?

- Euh… je crois. Je voulais juste, désolé je voulais ne pas vraiment le faire.

Harry eut un sourire attendri et posa la lettre sur le bois avant de venir prendre Draco dans ses bras, le serrant amoureusement contre lui.

- Ne sois pas désolé mon cœur, c'est juste que je ne savais pas que tu étais capable de faire ça.

Draco eu un petit rire amusé.

- J'ai l'impression que tu sais à peu près autant de chose que moi sur les compagnons.

- Je l'admets, je ne suis pas très bien renseigné sur le sujet mais pour ma défense, je ne pensais pas avoir assez de chance pour trouver le mien… Et encore moins aussi vite.

- Nous avons eu de la chance… Et sinon ? Quelle était la raison de ta colère ?

Le brun déposa un léger baisé sur les lèvres de Draco avant de le relâcher et de se retourner vers les lettres, les fixant avec une mine contrariée.

- Dumbledore bien sûr ! J'ai reçu une lettre d'Hermione, apparemment toi et moi avons quitté l'école parce qu'il y a eu une attaque de criminel, sous-entendu les Mangemorts, sur Poudlard. Ginny a été attaqué en même temps que nous et nous avons préféré fuir le château.

- Il n'a pas rendu l'attaque d'Alice officiel ? J'aurais cru qu'il profiterait plus de la situation.

- Il ne le peut pas, cela finirait de couper toutes les possibilités de négociations avec mon père… Mais bien sûr il fait passer ce silence pour un service dans la lettre officiel qui a suivi celle d'Hermione.

- Et que te raconte-t-il comme mensonge ?

- Il prétend qu'il a tenu cet « accident », selon ses propres termes, sous silence parce qu'il sait à quel point je suis attaché à la famille Weasley et que je ne dois pas oublier que Poudlard a été ma maison ces dernières années.

- Hum… en gros, « sois reconnaissant avec moi Potter et fais ce que j'attends de toi en retour. »

- Tout à fait. Qu'il aille se faire foutre.

Une vague de magie traversa la pièce et Draco soupira. L'ombre d'un sourire sur les lèvres alors qu'il réalisait que la même intensité l'aurais envoyé dans les pommes à peine quelques semaines plus tôt. Sentant l'agacement du brun revenir il reprit la parole, voulant faire diversion.

- Comment va Granger ? Elle se retrouve seule maintenant.

Harry lui fit un sourire malicieux, tout à fait conscient de ce qu'il essayait de faire. Il attrapa la main du blond et l'entraina vers un des fauteuils, il s'y laissa tomber et installa Draco avec autorité mais douceur sur ses genoux, le prenant dans ses bras et caressant doucement son cou avec son visage.

- Elle n'est pas vraiment toute seule… Un certain Serpentard semble avoir décidé de lui tourner autour comme une guêpe autour d'un pot de confiture.

- Qui donc ?

- Zabini bien sur… Et d'après ce que j'ai pu lire, il n'est pas le seul à se mettre à roder autour des filles de Griffondor. Bizarrement ta maison semble soudain chercher des « rapprochements » avec certains membres de ma maison…

Draco ricana, il se voyait mal expliquer à Harry que pas mal de serpents lorgnaient depuis un moment sur les Griffondors, voir même sur certains griffons. C'était compréhensible après tout, ils étaient de vrais défis avec un petit gout d'interdit. Leur rapprochement était sans doute l'occasion rêvée pour beaucoup de serpents de passer à l'attaque et Blaise en tête !

- Mis à par ça mon ange, tu as passé une bonne après-midi avec ma sœur ? Je t'ai senti effrayé un court instant cette dernière heure, il s'est passé quelque chose ?

- Rien de bien méchant rasure toi, Alice m'a attaqué.

- Pardon ?

Draco ricana en voyant la mine outrée de son vampire.

- Rassures toi va, elle voulait juste me montrer pourquoi aucun vampire ne s'en prendrait à moi.

- Comment ça ?

- Eh bien, il semblerait que tu partages ta magie avec moi et que si un vampire essaye de m'attaquer il se retrouve projeté loin de moi en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

- Tu as raison, il faut vraiment que je me renseigne sur les compagnons, tu es encore plus intouchable que je ne le pensais mon ange.

Draco se blottit un peu plus contre Harry, un court silence s'installa, durant lequel ils ne pensèrent à rien, mis à part à la présence de l'autre à ses cotés jusqu'à ce que le ventre de Draco se mette à gronder brillamment, provoquant un rougissement éclair de celui-ci et un éclat de rire de la part du vampire.

Comme en réponse à l'appel de son estomac Oraune apparut près de la table où elle fit apparaitre plusieurs plats tous à l'air plus délicieux les uns que les autres et Draco lui en fit reconnaissant. Ignorant le brun toujours hilare, il alla s'installer à table, attaquant les assiettes avec appétit.

- Au fait ! Alice a proposé de faire mon éducation.

- Ton éducation ? À quel sujet ?

- Sur les vampires, votre histoire, les règles social tout ça.

- Et ?

- J'aimerais accepter, si tu n'y vois pas d'inconvénient bien sûr.

- Je ne pense pas qu'une telle formation soit vraiment indispensable.

Draco grimaça, il allait devoir la jouer serer sur ce coup, pas question de recommencer l'erreur de son dernier désaccord avec le vampire, ses fesses ne s'en rappeler encore que trop bien.

- Elle ne l'est pas c'est vrais, je pourrais me contenter de rester ici à attendre ton retour tous les jours.

Harry dévisagea son compagnon avec méfiance, ce doutant que le blond abdiquait beaucoup trop vite pour être honnête.

- Mais ?

- Mais cela m'occuperait et puis si Alice continu à m'apprécier et à s'attacher à moi ça ne pourra qu'être bénéfique pour toi non ? Si au moins une de tes deux sœurs te soutient.

- Draco…

Le vampire soupira, il n'aimait pas la tournure que prenait les choses. Draco lui cachait encore quelque chose il le sentait. Il se leva souplement et vint se tenir devant le blond, fixant son regard dans celui acier de son vis-à-vis. Il chercha et trouva le lien en lui qui le reliait à son âme sœur, si il lui mentait il le saurait. Le blond se tendit en sentant le lien mais soutint le regard émeraude. Très bien, si le vampire voulait qu'il soit honnête avec lui il le serait.

- Écoute je sais que tu ne veux que me protéger mais je ne veux pas me retrouver dans le rôle de l'épouse qui attend le retour de son mari bien sagement toute la journée. J'ai été éduqué toute ma vie pour être utiliser, j'ai appris à manipuler, à écouter dans l'ombre et à faire chanter pour obtenir ce qu'on attendait de moi. Bordel mon propre père m'a même jeté dans les bras d'un vampire en m'ordonnant d'écarter les cuisses pour pouvoir mettre la main sur le gouvernement des vampires dans l'ombre.

Harry pâlit doucement, les mâchoires serrées. Il s'était bien douté que Malfoy père avait eu une idée derrière la tête en sacrifiant son fils mais entendre le blond le dire faisait mal. Et puis il sentait un doute douloureux se nicher dans son cœur. Draco était-il encore là pour le manipuler ? Était-il sincère avec lui ? Parce que même si il était son compagnon, même si lui-même l'aimait déjà de tout son être cela ne voulait pas dire que l'attachement de Draco était le même. Il l'aimait bien sûr mais peut-être pas encore autant que lui. Le blond soupira et se leva pour venir devant le vampire. Il saisit la main que le vampire avait tellement serré que ses jointures en étaient blanches. Le regard baissait il reprit la parole sur un ton de confession.

- Il faut que tu comprennes que je n'ai jamais rien eu dans la vie sans contrepartie, pas même l'amour de mes propres parents Harry. Du moins jusqu'à toi.

Il leva les yeux vers le regard pénétrant du Prince. Il lui ouvrait son cœur plus qu'il ne l'avait jamais fait avec personne.

- Je n'avais jamais était aimé comme ça Harry. Sans contrepartie, sans contrainte et avec une sincérité si forte. Je sais que tu n'attends rien de particulier de moi si ce n'est mon cœur et mon corps qui te sont déjà acquit. Je sais que tu ne veux que mon bonheur et c'est pour ça que je veux…

Il s'interrompit, une boule dans la gorge. Il baissa les yeux, il se sentait si vulnérable d'un coup. La main d'Harry vient saisir son menton et releva sa tête jusqu'à ce qu'il lui fasse de nouveau face.

- Dis-moi Draco. Confis moi ce que tu veux Draco. N'ais pas peur de ce que je peux penser ou dire. Je ne te ferais jamais de mal Draco.

- Je sais… et c'est pour ça que je voudrais… je veux être utile aux vampires, je veux aider à construire un bon avenir pour notre peuple.

- Quoi ? Pourquoi ? Tu ne vas pas me faire croire que tu te sens soudain investi dans la protection d'un peuple dont tu viens à peine de faire partit.

- Non tu as raison, qu'ils soient heureux ou pas je m'en contre fiche. De même pour les sorciers ou les moldus d'ailleurs, j'ai cessé de me soucier des autres depuis des années… Mais pas toi. Je te connais Harry Potter, quoique tu en dises tu feras tout pour être un bon roi, et je sais que tu le seras parce que tu feras passer les besoins et les intérêts des vampires avant tout le reste. Tu ne seras pas capable d'être heureux si ton peuple ne l'es pas et moi je… je veux ton bonheur, parce qu'il n'y a plus que ça qui compte pour moi désormais. Alors laisse-moi t'aider à être bon roi mon Prince, utilise moi pour défendre nos intérêts, laisse-moi faire front à tes cotés.

Le regard du vampire vira au carmin et Draco eut un hoquet de surprise quand il se jeta sur lui comme un affamé, lui dévorant la bouche en le soulèvent avec facilité avant de l'entrainer vers la chambre. Les jambes de Draco s'enroulèrent autour de sa taille et un gémissement excité leur échappa quand leurs langues se mirent à dancer ensemble. Harry l'allongea sur le lit avec douceur alors que ses mains s'activaient avec fièvre pour le déshabiller. Le brun lâcha ses lèvres rougies pour couvrir la moindre parcelle de peau dénudée de baisés brulants.

- Bordel ce que je peux t'aimer Draco Malfoy.

- Est-ce que, oh oui ! Est-ce que ça veut dire…que tu es d'accord ?

- Au seigneur oui Draco ! Rien ne me ferait plus plaisir ! Maintenant soit gentil veux-tu, et laisse-moi te faire jouir mon amour !

Draco gémit en sentant l'air frais de la chambre le couvrir un instant avant que le corps chaud du vampire ne le recouvre de nouveau. Leurs sexes se frôlèrent et un autre gémissement franchit ses lèvres avant que la langue d'Harry ne revienne fouiller sa bouche. Ses mains se mirent à danser sur la peau bronzée du brun et il se mit à onduler contre le membre brulant. Harry lui attrapa une main et la guida vers leurs virilités et les enferma dans leurs mains jointes. Un cri étranglé retentit alors qu'Harry se mit à amorcer le mouvement de leurs mains, branlant leurs deux queues avec entrain.

Un gout de sang vint dans la bouche de Draco et il écarquilla les yeux de stupeur un instant avant de les refermés de plaisir. Sa langue se mit à cajoler celle blessée du vampire un instant avant d'aller frôler un des crocs au point de couper sa chair, offrant son sang au vampire. Harry gronda et lâcha leurs virilités, laissant Draco continuer cette tâche. Il glissa sa main entre les fesses de son amant et entreprit de le préparer rapidement. Draco se mit à onduler encore plus contre lui et lui-même crut un instant qu'il n'arriverait pas à se retenir de jouir avant d'être dans le corps chaud du blond. Il retira sa verge de la main tentatrice avant le point de non-retour, récoltant un grognement contrarié qui se transforma en râle plaintif quand il se mit à le pénétrer doucement. Leurs langues ne s'étaient pas lâchées, s'écorchant sans cesse sur ses crocs à tour de rôle, connectant par le sang leurs magies respectives.

La main de Draco commença à lâcher son sexe quand Harry commença à bouger en lui mais la main du vampire revient l'emprisonnée et se remit à le branler au même rythme que ses pénétrations. Draco n'était plus que gémissement et il jouit une première fois dans leurs mains jointes, faisant grogner le démon alors que son intimité se resserrer sur lui. Il accéléra soudainement ses coups de reins, provoquant un deuxième orgasme fulgurant dans le corps sous le sien. Draco rejeta la tête en arrière, rompant enfin leur baiser et cria à pleins poumons. Harry planta ses crocs dans la seconde qui suivit dans la gorge dégagée sous ses yeux. Ses mouvements se firent saccadés, chaotiques et il finit par jouir à son tour, profondément enfouit dans le corps chaud de son compagnon.

Il se dégagea doucement de l'étreinte et se laissa tomber à côté du blond avant de le prendre délicatement dans ses bras. Un sourire heureux lui vient en regardant son bel amant lutter pour reprendre son souffle.

Et voilà le travail ! Oui je sais, je fais virer Draco guimauve mais bon, c'était nécessaire a l'histoire alors… et puis le citron ça aide a digère pas vrais ? ^^

Et n'oublier pas ! « Pour éviter une fic abandonnée, pensez à reviewer ! »