Je n'avais pas vraiment peur de ce qui allait se passer après les vacances, mais je n'avais quand même pas envie d'y penser ; ça ne ferait que raccourcir le temps que je pourrais passer à voler, m'entraîner... lorsque mes maudites jambes me laisseraient tranquille !
Ce ne fut pas vraiment le cas et, chaque fois que je devais faire quelque chose, c'était encore pire !
- « Mais tu as du sang de géant ma parole ! » s'était étonné grand-père lorsque, avec papa, on eu apparu, avec toutes nos affaires dans le salon du Terrier. « Molly ! Vient voir comme notre petit toaster à grandi ! » appela-t-il en faisant de grands gestes de bras.
- « Ah ? » s'étonna mamie avant qu'elle ne commence à descendre l'escalier ; elle semblait boiter un peu... Une fois en bas, elle marqua une pause puis avança vers moi avant de passer ses bras autour de moi ; ma tête était à présent à niveau avec la sienne. « Mais c'est vrai qu'elle a grandit ! » s'étonna-t-elle en me tapotant un peu sur l'épaule, puis, d'un air sceptique, elle tâta un peu mes épaules ; je serrai les dents de douleur.
- « Moi aussi ! Moi aussi ! » s'exclama papa d'une voix enfantine avant de nous serrer toutes les deux dans ses bras. D'un côté, j'avais envie de rire, de sourire, mais j'avais mal. Mal aux épaules, aux jambes, partout. Partout où leurs bras serraient... mais je restai là et fis bonne figure.
- « Alors cette année ? » demanda finalement grand-père lorsque nous nous fûmes assis à table.
- « Passable. » répondis-je en buvant le lait que grand-mère m'avait avant mis sous le nez.
- « Et les professeurs ? Comment sont les professeurs ? Et ça fait quoi d'apprendre plus en mathématique au lieu de faire de la m- »
- « Qui veut des Fondants du Chaudron ?! » demanda alors grand-mère en pausant bruyamment un plateau juste à côté de grand-père. « Tien, Arthur, et si tu en prenais un ? » proposa-t-elle, enfin, ça ressemblait plus à un ordre...
Il resta quelques secondes sans bouger avant d'en prendre un et de manger en souriant... c'était trop forcé pour être vrai.
- « Alors ? Tu t'es fait des amis cette année ? » demanda mamie en prenant place en face de moi.
- « Bah je joue au foot avec les gens de ma classe... » répondis-je avant de voir un Fondant flotter jusqu'à moi ; mamie me fit un clin d'œil.
- « Du foute ? C'est quoi ? Comment on joue ? C'est comme le Quidditch ? » demanda immédiatement grand-père ; moi qui croyais lui avoir déjà parlé du foot...
- « Bah, déjà, par équipe, on a sept joueurs sur le terrain, en plus d'un gardien qui est dans les buts. »
- « Et vous avez un Vif d'or ? » demanda-t-il tout excité.
- « Euh, non... » répondis-je en me passant une main derrière le cou.
- « Mais alors, vous marquez seulement des points avec une balle ? » s'étonna-t-il ; je hochai la tête.
- « Et généralement, on compte le nombre de but ; on a pas de système de point. » expliquai-je en reprenant une gorgée de lait.
- « Mais tu ne nous a pas dit ; tu t'entends bien avec eux ? Tu as des amis avec qui tu es souvent ? » insista grand-mère l'air un peu inquiète.
- « Je raccompagne parfois Russel ; elle se fait souvent embêter... » répondis-je d'un ton monocorde. « Et puis y'a Quentin. » ajoutai-je en me creusant un peu plus les méninges.
- « Mais c'est super ça ! » s'exclama mamie en se redressant dans sa chaise, un sourire au visage.
- « On a eu de la chance pour l'école, c'est sûr ! » rit papa en me frottant le haut de la tête ; je me décalai sur ma chaise et attrapai ses mains, en riant. Mais en effet, on s'y était pris très tard... heureusement pour moi, plusieurs des élèves qui avaient postulé avaient finalement pris place dans d'autre collèges plus prestigieux...
- « Comment ça ? » demanda grand-père ; on venait, une fois de plus de piquer sa curiosité.
- « Et bien, chez les Moldus, y'a beaucoup de collèges différents avec des réputations plus ou moins bonnes... et pour certains, il faut même 'être croyant'... ou bien encore débourser pas moins de quinze-mille Livres pour une année. Ça en plus de la distance du collège à la maison...
- « Mais c'est scandaleux ! » s'exclama grand-mère. « N'y a-t-il que l'argent et les distances qui comptent ? » s'indigna-t-elle.
- « Bah certains font passer des examens d'entrée... mais c'était un peu tard pour moi. »
- « Encore une chance que Hermione s'y connais... je crois que j'aurais pas réussi sans elle ! » rit papa en se laissant aller contre son dossier.
En effet, Pendant les quelques semaines qui restaient entre le moment où maman était partie et la rentrée, tante Hermione passait pas mal de temps avec nous pour aider papa à faire les inscription, lui expliquer comment ça marchait... tout ça... moi, personnellement, j'avais pas tout bien compris... et la plupart du temps, je m'endormais avant qu'elle ne reparte chez elle... mais je savais une chose ; papa s'était donné un mal de chien pour me faire aller dans ce collège.
Le soir arriva bientôt et, pendant que je faisais mon lit, j'entendis quelqu'un monter les marches ; d'après le rythme, ça devait être grand-mère...
- « Mary ? » appela la voix de mamie.
- « Ah, qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je après m'être retournée.
- « Et bien je... comment dire... » commença-t-elle alors que je finissais de placer mon drap... mais son hésitation me parut étrange ; je me retournai donc pour lui faire face.
- « Qu'est-ce qui t'arrive mamie ? » demandai-je en riant quelque peu ; je ne l'avais jamais vu comme ça.
- « Est-ce que tu es sûre que ça allait à l'école ? » demanda-t-elle ; je levai un sourcil.
- « Bien sûr. Pourquoi ça n'irait pas ? » m'étonnai-je avant de jeter mon coussin au fond du lit.
- « Tu n'as pas l'air... en bonne santé. » je m'arrêtai un instant. « Tu a l'air d'avoir mal. » expliqua-t-elle ; j'ouvris la bouche en un 'ah ok' silencieux.
- « C'est rien, papa dit que c'est parce que je grandis- »
- « Et les bleus ? » demanda-t-elle alors que j'allais sortir mon pyjama de ma valise ; je me retournai. « Tu sais, si les autres élèves te font du mal... »
- « Ils ne me font rien. » rétorquai-je d'un ton monocorde. « Je leur fait trop peur pour ça. » ajoutai-je en balançant mon pyjama sur le lit.
- « Peur ? » répéta-t-elle un peu perplexe ; je hochai la tête.
- « Je fais pas loin d'une tête de plus que tous les garçons qui ont pas loin de mon âge, je fais beaucoup de sport et quand y'en a qui me tournent autour j'ai juste à les prendre par le col pour les calmer- »
- « Tu as fait ça ?! » s'exclama grand-mère comme si je venais de dire le mot en 'S' devant elle.
- « Au moins ça règle les problèmes... » murmurai-je en m'asseyant sur mon lit, les bras posés sur les genoux.
- « Mais tous les problèmes ne peuvent pas se régler comme ça. » insista-t-elle en venant s'asseoir près de moi.
- « Avec les Moldus ça marche bien... » répondis-je en me massant l'épaule. « Et puis d'après le prof d'histoire, ça a toujours été la solution... » ajoutai-je en riant ; elle ne sembla pas être de mon avis. J'arrêtai de rire.
- « Mais tu ne passeras pas ta vie avec les Moldus- »
- « Manquerait plus qu'ça. » grognai-je à l'idée de devoir vivre une vie morose et sans once de magie.
- « Mais tu n'as pas pensé faire un métier ici, ou même prendre la suite de ton père »
- « Il me faudrait une baguette pour ça. » répondis-je immédiatement ; elle se tu. « Mais j'avais pensé que, peut-être... » commençai-je avant de baisser un peu la tête.
- « Oui ? » insista-t-elle en se penchant un peu plus vers moi ; je pris une grande inspiration.
- « J'avais pensé faire du Quidditch en professionnel. » avais annoncé.
- « Eh bien voilà ! Tu feras joueuse de Quidditch ! » s'exclama-t-elle enjouée.
- « Oui mais comment je vais faire ? Je veux dire... comment je vais faire pour m'entraîner, pour m'inscrire dans un club, si je suis coincée dans un collège de Moldus ?! » expliquai-je en levant les mains mollement dans les airs.
- « Aurais-tu oublié que ta tante a fait partie d'une équipe ? » pointa-t-elle d'un ton sarcastique ; je n'avais pas oublié. Tante Ginny avait été attrapeuse dans l'équipe des Harpies de Holyhead... Et ce, pendant plusieurs années avant de changer de carrière pour finir en journaliste sportive... mais j'avais... je sais pas. Je n'avais pas envie de demander de l'aide.
En fait, je n'avais pas envie de faire le moindre match chez les Holyhead... moi je voulais aller plus haut, plus vite ! Il fallait que j'aille vite ! Je n'avais pas envie d'attendre pour savoir. Mais, d'un autre côté, je n'avais envie de savoir si... si elle n'était pas là... dans le monde. Mais si elle était juste là, quelque part... que je lui avais fait honte en n'étant pas ce qu'elle avait espéré que je sois...
Mais j'avais beau y repenser encore et encore, je n'arrivais pas à me mettre d'accord avec moi-même. D'un côté, papa avait dis qu'elle était toujours là... mais il aurait pu mentir... Mais peut-être que c'était ça façon à lui de ne pas céder... de ne pas perdre espoir...
'Et si je courrais après quelque chose que j'arriverai pas à attraper ?' me demandai-je d'une voix à peine audible.
Non.
Elle est encore là. Et je ferais ce qu'il faut pour qu'elle me pardonne. Pour qu'elle revienne avec nous. Pour que papa puisse sourire de bon cœur.
Donc, malgré la douleur dans tous mes os et muscles, je me remis à m'entraîner. Ça faisait mal, c'était dur, fatiguant... mais je ne pouvais pas me permettre de rester là à attendre, à m'encrasser... et puis il est arrivé ; Potter...
Ah ça, il nous en a montré des sorts qu'il connaissait... et ça, malgré la loi... mais bien sûr, avec le Sortilège de Trace, c'était facile de tout fausser... surtout lorsque l'on s'entoure d'adultes qui ne disent rien... Et après tout, qu'est-ce qu'on pourrait attendre du Grand Harry Potter et de son gosse ? Son grand-père n'avait jamais respecté le règlement, son père ne l'avait pas fait non plus et avait été félicité moult fois pour ça... alors pourquoi dire au gosse de faire l'inverse ?!
Maman au moins, avait payé pour ses erreurs ! Papa aussi !
- « Mary ? » appela soudainement grand-mère ; je relevai la tête de mon bol de ragoût. « Dis-moi, tu n'aurais pas quelque chose à demander à ta tante ? » demanda-t-elle d'un air faussement détaché.
- « Ah euh... » commençai-je, la gorge nouée.
- « Eh maman ! Maman ! Regarde ce que je peux faire ! » appela soudainement James en se jetant presque sur la table et devant sa mère ; je fronçai les sourcils.
- « James ! » s'indigna grand-mère. « Et si tu te tenais tranquille pour une fois ?! On dirait un Chartier ! » gronda-t-elle en pointant un doigt vers lui ; il ouvrit les yeux en grand avant de gonfler ses joues pour se laisser retomber, les bras croisés, sur sa chaise.
- « Alors ? » demanda tante Ginny avec un sourire ; ça paressait forcé. « Qu'est-ce que tu voulais me dire ? »
Je ne dis rien et fermai les yeux, pris une grande inspiration puis, puisqu'il le fallait, je me laissai.
- « Et bien je- comment dire, j'avais pensé, pour mon métier... enfin... » commençai-je en triturant mes doigts. « Comme pour la magie c'est- c'est mort... »
- « Elle veut devenir joueuse de Quidditch ! » annonça grand-mère, d'un air enjoué, en me tenant par les épaules ; par Merlin que ça faisait mal !
Raide, j'attendis les moqueries, mais après le silence, je vis que des sourires s'étaient dessinés.
- « Mais c'est génial ! » s'exclama tante Ginny. « Et tu sais déjà dans quelle équipe tu veux débuter ? » demanda-t-elle en se penchant en avant sur la table.
- « Eh bien j'avais pens- »
- « Et si tu la présentais aux Holyhead ? » proposa grand-mère. « Je crois que leur attrapeur se fait un peu vieille, non ? » demanda-t-elle, en tournant la tête vers moi avant de rediriger son regard immédiatement vers ma tante.
- « Attrapeuse, mamie... et non, c'est Gwenog Jones qui a pris sa retraite, tu sais, la capitaine de l'équipe... et d'ailleurs, je crois qu'ils ont déjà trouvé quelqu'un. » dit-elle avant de prendre une gorgée de bière au beurre.
- « Ah... » dit grand-mère en me desserrant un peu ; par Merlin, merci !
- « Par contre, je crois qu'ils font des tests pour les jeunes talents... » marmonna ma tante en passant une mèche de cheveux derrière son oreille.
- « Et bien voilà ! » s'exclama grand-mère. « Et les tests sont quand ? » demanda-t-elle tout excitée.
- « Je sais pas... faudra que je me renseigne... mais quand j'y étais, c'était entre mai et juillet... » expliqua-t-elle ; je n'avais même plus envie de dire quelque chose...
- « Ohhh ! On aura bientôt une autre championne dans notre famille ! » s'extasia grand-père en un sourire.
- « Ouais, bah moi je la vois plus utiliser le balai en tant que concierge. » grogna James avec un sourire narquois ; je le regardai intensément, mais ne me levai pas de table... je savais de qui il parlait... maman m'avait dit, elle m'avait racontée...
- « Papa. Papa ! » entendis-je alors Lily appeler, pendant que oncle Harry discutait avec grand-père de trucs moldus. « Papa James il a encore été méchant- »
- « Oui, Lily, c'est bien. » dit-il alors en passant rapidement sa main sur sa petite tête rousse. Elle réessaya encore quelques secondes, mais elle n'arriva plus à avoir son attention... elle tourna alors la tête vers moi et me regarda comme si je lui faisais pitié...
- « Mamie. » appelai-je en fermant les yeux quelques secondes.
- « Oui ? »
- « J'ai fini, je peux sortir de table ? » demandai-je en essayant de garder le sourire ; elle me fit 'oui' de la tête et, douloureusement, je me levai et allai dans ma chambre chercher mon balai.
Je redescendis après et m'arrêtai, en silence, devant la vieille chambre de papa et oncle George...je regardai mon balai, puis celui qui était en train de faire le sol...
J'allai dehors, chevauchai mon balai et partis très loin et au plus haut dans le ciel, là où personne ne viendrait me chercher, où personne n'aurait la possibilité de m'atteindre.
Et ce fut le cas. Pendant presque toute une journée, je restai là, sur mon balai à voler dans les environs, à voler en cercles autour des champs... bien sûr, j'eus le droit à des étincelles rouges... à de véritables feux d'artifice... mais je ne descendis pas pour autant... j'en avais marre d'entendre toujours la même chose. J'en avais marre des insultes. Marre des gens qui étouffent en voulant aider. Marre de me faire traîner d'un endroit à un autre... J'avais envie d'essayer... de faire les choses à ma façon... ça marchait bien au collège, alors pourquoi pas dans le monde en général ?
Pourquoi devrais-je utiliser tout le monde comme marche-pied alors que je pouvais tout aussi bien essayer de sauter à la prochaine étape par moi-même ?
'Je suis sûre que j'en suis capable...' murmurai-je me laissant aller en arrière sur mon balai. 'Si, au moins, ils me laissaient en placer une...' me dis-je en fronçant les sourcils.
- « Elle n'aimait pas que tu te couche sur le balai, tu sais... » rappela soudainement une voix à côté de moi ; surprise, je regardai sur ma gauche en réprimant un sursaut. C'était papa. Je fermai les yeux et me rassis, les yeux toujours vers l'horizon.
- « C'était comment au t- »
- « Lily m'a raconté. » coupa-t-il en rapprochant un peu son balai du mien ; mes mains se serrèrent sur le manche.
- « Et ? Son père lui a bien dit 'oui c'est bien'... » mimai-je alors que j'aurais voulu le hurler ; il fallait vraiment que je me calme... Papa soupira et se rapprocha jusqu'à ce qu'il puisse passer un bras autour de mes épaules ; pour une fois il ne me les écrasa pas.
- « Eh... j'étais peut-être l'un des deux seul Weasley à ne pas avoir été préfet, mais n'oublie pas que j'étais le premier quand il s'agissait d'arranger le portrait des impertinents ! » rit-il en serrant son point ; je ne rit pas.
- « T'es quand même pas allé jusque là... » dis-je d'une voix monocorde en le regardant sans bouger la tête. D'un côté, ça ne m'aurait pas déplu... mais d'un autre, je n'avais pas envie que papa se brouille avec le reste de la famille...
- « Tu verras~ » chantonna-t-il en enlevant son bras de mon épaule. « Enfin, si tu descends un jour. » lança-t-il avant de basculer en avant ; un piquet. Les yeux ronds, je secouai doucement la tête avant de le suivre dans une même figure.
Mais, alors que je venais de retrouver le sourire, je vis quelque chose dans l'encadrement de la porte... quelque chose qui me fit m'arrêter à un mètre du sol.
- « ALLEZ ! JE VEUX L'ESSAYER ! » insista la voix de James.
- « Il est trop tard- » intervint tante Ginny, les mains sur les hanches.
- « MAIS POURQUOI ELLE, ELLE PEUT ?! » s'insurgea-t-il.
- « Parce qu'elle a appris avec le meilleur. » fanfaronna papa en se frottant le nez avec l'indexe.
- « Fred. Ne commenc- »
- « MOI JE SAIS MIEUX FAIRE ! » insista James, les poings serrés. « MOI J'AI EU QUE DES 'OPTIMALE' PARTOUT EN VOL ! » ajouta-t-il, un sourire narquois au visage ; je restai juste là, à les regarder... est-ce que c'était vraiment vrai ? Je veux dire ; maman, même avec des Acceptable, n'avait jamais réussi à voler correctement sur un balai... Alors, était-ce un apprentissage que je pouvais dépasser ? Peut-être...
- « Et si vous faisiez une course pour en décider, mh ? » proposa alors papa, accoudé à son balai, le menton posé sur sa main et avec le même sourire que James.
- « Chich ! » lança-t-il avant de se tourner vers ses parents.
- « Non, James. » dit tante Ginny.
- « MAIIIIS ! ALLEEEEZZ ! » insista-t-il en trépignant sur place.
- « J'ai dit 'no-' »
- « Prend le mien. » dit immédiatement papa, déjà à terre.
- « Fred tu- »
- « OUAIS ! » s'exclama James en se jetant sur le balai de papa avant de l'enfourcher.
- « JAMES DESCENDS DE LÀ- »
- « Mais enfin Ginny ; tu faisais pareil à son âge ! » pointa oncle Harry en la retenant.
À ce moment là, je les regardai tous se disputer plus ou moins avant de tomber d'accord ; nous devions uniquement faire le tour du champ de blé qui faisait face à l'entrée de la maison puis revenir. Bien sûr, au milieu, il y avait une grand marre, avec de gros arbres autour...
- « Bon ; je vais à l'autre bout. » annonça papa. « Suivez la lumière rouge. » ajouta-t-il avant de disparaître dans un 'Crac' sonore.
- « Bon, puisque tout le monde semble avoir perdu la tête... » grommela grand-mère. « à mon signal ! » annonça-t-elle. Immédiatement, je me mis dos à eux et à côté de James.
- « Alors la Cracmol ; prête à pleurer ta mère ? » ricana-t-il ; un frisson me parcourut.
À vos marques !
Je n'avais envie que d'une chose ; le frapper jusqu'à ce que sa tête explose. Jusqu'à ce que l'envie de parler lui passe pour le restant de ses misérables jours...
Prêts !
Tout à coup, un flash de lumière blanche m'aveugla et, lorsque tout fut dissipé, je me rendis compte que ça venait de James... de son balai...
- « Mais qu'est-ce qui s'est passé ?! » s'exclama grand-mère en allant directement vers James qui, visiblement, avait tout pris de plein fouet.
- « Revigor ! » prononça oncle Harry.
- « Mais qu- »
- « FRED WEASLEY ! SI TU REVIENS ICI TU VAS AVOIR DE MES NOUVELLES ! » rugit grand-mère ; je revins à moi et frémis sur mon balai.. elle avait l'air on ne peut plus sérieuse.
Une fois les taches parties de ma vision, je remarquai que, à la place du balai que papa lui avait donné, James avait un parapluie vert et rose fluo ; je ne pu réprimer un sourire.
- « Je suis sensée pleurer de rire ou de tristesse ? » narguai-je en regardant James puis son 'balai de course'.
- « TA GUEULE WEASLEY ! » hurla-t-il, totalement rouge.
- « JAMES ! » réprimanda mamie. « EXCUSE-TOI DE SUITE OU IL N'Y AURA PAS DE COURSE ! » ajouta-t-elle avec un regard tellement perçant qu'elle devait sans doute arriver à voir à travers les murs de Gringotts.
- « Pardon... » grogna-t-il, le regard mauvais en enfourchant le balai que ses parents lui avaient acheté ; mais je n'avais pas oublié...
- « Bon. Pas de coups ! Pas de vol au dessus des arbres et pas d'insultes ! » ordonna tante Ginny.
- « Allez, à vos marques ! Prêts ! Partez ! »
Cette fois-ci, nous partîmes tous les deux, en même temps mais, celui de James, sans doute un Éclair de Feu, pris immédiatement le dessus en pure vitesse... Seulement, avec le vent qu'il y avait ce soir là, et la luminosité qui baissait à vue d'œil, il ne semblait pas confortable avec. Je le voyais se crisper de temps à autre, gigoter sur le manche... Ce balai n'était pas fait pour lui.
Ça se voyait, ça se sentait... et ce fut on ne peut plus flagrant lorsqu'il faillit basculer en s'arrêtant ; il n'avait pas fait attention à où il allait, ni à où il se trouvait. Et pour ça, il avait failli se prendre l'un des arbres de la marre.
'Merde !' vociférai-je en faisant aller tout mon poids sur la droite ; je m'étais tellement concentrée sur son incompétence que j'en avais oublié mes trajectoire ! Mais une fois concentrée sur mon trajet, j'utilisai mes pieds pour manœuvrer, mon poids pour faire descendre rapidement le balai afin d'éviter les plus grosses branches... mais j'entendais toujours le bruit distinct de l'Éclair de Feu.
Je détournai les yeux un instant ; il était là. Il faisait le tour. Mais je n'avais pas de temps à perdre avec lui ! Par contre, du temps à lui faire perdre... Je souris.
J'étais à la sortie, ma vitesse était bonne, mon équilibre aussi... mais, en passant à côté du dernier arbre, je pris appui dessus et me propulsai vers James qui venait d'arriver, bien sûr, à pleine vitesse. Mais lorsqu'il me vit débouler en tonneau devant lui, il sembla perdre ses moyens et tira immédiatement sur le manche de son balai qui, bien sûr, se cabra ; gagné !
Je sentis un rictus s'étaler sur mon visage et, presque couchée sur mon balai, je filai vers la ligne d'arrivée. Là, je ne pris pas le temps de m'arrêter. Au dernier moment, je montai, les pieds sur mon balai et, lançai mes deux jambes en une roue qui, en un rien de temps, me permis d'être face à la ligne d'arrivée ; je repartis immédiatement après et croisai James à une dizaine de mètres de là.
Pour le retour, je fis de même mais, dans la dernière ligne droite, l'Éclair de Feu se refit entendre ! Mais je n'avais plus rien pour le déstabiliser. Du moins, rien qui ne pourrait le ralentir sans me faire moi-même perdre en vitesse... à moins que...
Il n'y avait plus que sept mètres lorsque je mis mon idée, aussi mauvaise soit-elle, à exécution. Je choppai le bout de mon balai, avançai tout mon poids et, donnai une impulsion sur la fin du manche ; je fus propulsée en avant d'au moins une dizaine de mètres et m'affalai à terre.
- « MARY ! » hurla la voix de grand-mère, horrifiée avant de venir près de moi. « C'EST JUSTE UNE COURSE POURQU- »
- « ELLE A TRICHÉ ! C'EST PAS DU JEU ! » s'insurgea James lorsqu'il descendit de son balai. « T'AVAIS PAS LE DROIT DE FAIRE ÇA ! T'AS PERDU ! »
- « Pas tant que je reste en contact avec mon balai... » répondis-je, le souffle court ; cette chute avait fait bien plus mal que je ne l'aurais cru... 'Et moi qui avait réussi à presque oublier mes épaules et mon dos...' grommelai-je intérieurement.
- « NON ! T'AS PERDU ! T'AS TRICHÉ- »
- « Venant d'un gosse qui a essayé de partir avant la fin du décompte ; c'est petit. » argumenta papa après avoir transplané à côté de James et moi.
- « Comment ça ? » s'étonna tonton en se rapprochant de James qui fulminait toujours, malgré son teint plus pal que d'habitude. « Comment tu pourrais savoir ça si tu étais à l'autre bout du champ ? » ajouta-t-il avant de plisser les yeux et les diriger vers le parapluie fluo.
- « LE BALAI FARCEUR ! » annonça papa d'un grand geste de main avant que le parapluie ne lui vole dans cette dernière. « Léger, pratique en vol, vendu à un prix tout à fait abordable au 93, Chemin de Traverse et réutilisable ! » expliqua papa en passant une main sur le parapluie qui, lentement, repris la forme d'un balai standard. « Parfait pour décourager les tricheurs... » ajouta-t-il en laissant ses yeux couler vers James d'un air menaçant.
- « Ça te va bien de faire un objet contre les tricheurs ! » ricana grand-mère en croisant ses bras sur sa poitrine ; papa roula des yeux.
- « Très chère petite madame, » commença-t-il en laissant sa tête aller en arrière, se tournant vers elle avec la mollesse d'un malice réglisse sous la pluie. « sachez que je n'ai jamais, Ô grand jamais triché au jeu ! » insista-t-il en pointant un doigt vers le ciel. « seulement sur mon identité... » ajouta-t-il à mi-voix, bien qu'on puisse encore tous l'entendre.
- « FRED ! »
- « Sauve qui peeeeeuuuuut !~ » s'exclama papa en enfourchant immédiatement le balai farceur avant de décoller ; inutile de dire que, à ce moment, je ne pouvais que rire en voyant grand-mère pester vers le ciel.
- « M'en fous ; j'ai le meilleur balai... » entendis-je une voix grommeler ; je fermai les yeux, comptai jusqu'à trois... jusqu'à ce que quelque chose me revienne...
- « Mais t'es moins bon en vole qu'une Cracmol... » murmurai-je juste assez fort pour que moi-seule puisse profiter du bonheur immense que ses quelques mots me procuraient.
Ce soir là, je restai là, dans mon lit à regarder encore et encore à travers mes Multiplettes... à étudier, revoir les différentes techniques que je pourrais apprendre pendant l'été, faire des planning et finalement, me remémorer à quel point j'avais assuré pendant cette course ! J'en étais encore toute fébrile !
- « T'avais raison maman ; c'est pas le balai qui fait le pilote. C'est la paire la plus parfaite qui fait la victoire... » murmurai-je en croisant mes bras derrière ma tête.
