2.

J'arrive dans le parking de ma petite résidence vers 23 heures, le trajet a été très long, j'ai dû faire bien attention avec ma Ford. Ses cahots étaient horribles, ses cris étouffés m'arrachaient de ma concentration sur la route, et plusieurs fois j'ai cru que j'allais avoir un accident. Heureusement, la circulation était fluide, et le peu de voitures qui étaient sur la route roulaient paisiblement. Des gens peu pressés, sans doute.

Je m'engage vers une place libre, qui se trouve en-dessous de la colocation que je partage avec Mai. C'est avec un léger pincement au cœur, qu'en levant les yeux vers la fenêtre de sa chambre, je constate que la lumière est éteinte. Je descends de ma voiture, en claque la portière et ferme à clés la porte de la vielle boîte rouge brique qui me sert de voiture. Quand Grand-Père va savoir ce qu'il est advenu de sa voiture... Il va me passer un savon...

Je jette un regard aux alentours : entre toutes les voitures qui peuplent le parking, la mienne fait tâche depuis son accident. Les autres étudiants de la résidence ont de belles voitures quasiment neuves, des modèles du dernier cri, alors que j'ai toujours aimé la Ford de Grand-Père. Après, il faut dire qu'ici les étudiants ont plutôt de bonnes situations, et j'ai eu de la chance de trouver une place dans cette résidence où ma voiture, sur sa sacre sainte place de parking n'a jamais eu d'accident, au contraire du parking de l'Université où ces abrutis de footballeurs aiment rouler comme des malades.

Je contourne les haies bien taillées sur le bord du trottoir de la résidence. J'entre mon digicode en passant le badge magnétique d'accès à la résidence. La concierge est dans l'entrée, en train de se préparer à sortir son chien pour une dernière balade avant d'aller au lit. Elle me salue brièvement, je caresse la tête de son Golden et me précipite vers les escaliers. J'habite au premier étage, juste au-dessus du logement de fonction de la concierge. Je fouille dans mon sac à dos afin de trouver mon trousseau de clés. Enfin, quand je les ai entre les doigts, je tend la clé vers le trou de la serrure quand...

- Becca ! Te voilà enfin ! Si tu savais, je me faisais un sang d'encre ! Tu n'as pas idée ! Tu aurais pu me prévenir ! Mai est furieuse, mais c'est plus son inquiétude qui se fait ressentir. Elle me fait des remontrances comme une grande sœur.

En même temps, il est vrai qu'elle est plus âgée que moi : après un cursus d'études accompli, elle a décidé, lors de mon entrée en première année, de compléter « son arc de compétences afin d'être parée à toutes les éventualités », m'avait-elle dit durant notre première conversation.

Mai me tire par le bras afin de me faire entrer dans le couloir de notre colocation. Du coin de l'œil, je remarque qu'elle n'a pas passé du tout la soirée dans le salon que nous avons en commun avec la kitchenette. Elle a dû, comme je le pensais, rester dans sa chambre à dormir après toutes les péripéties de la journée, et la pluie battante qu'il y a eu après notre break chez Donnie's.

C'est sûrement en entendant le bruit caractéristique de ma vielle Ford qu'elle a dû se réveiller, et débouler à la porte d'entrée comme une furie. Ses cheveux en bataille témoignent de la pluie qu'elle a dû se recevoir en sortant du café, et du repos qu'elle a dû prendre. Heureusement qu'on est vendredi, sinon, elle n'aurait sûrement pas pu se lever le matin, pour aller en cours, trop soucieuse de ses cernes et de ses cheveux pas soignés. Personnellement, je n'en ai rien à faire de tout cela, des apparences, c'est à peine si le matin je regarde vraiment ce que je vais porter. Je suis plus préoccupée par le fait des études, et de mon travail chez M. Wilson, en même temps, il n'y a que Grand-Père qui m'ait élevé comme sa propre fille, et je ne peux pas compter sur lui ad vita eternam.

J'essaye tant bien que mal de rassurer Mai : c'est vrai, j'aurais pu la prévenir en lui adressant un message texte, ou en l'appelant sur son téléphone portable, mais tête en l'air que je suis... Enfin, m'extirper de sa tornade de questions m'est difficile mais au bout de quelques minutes, j'arrive à la faire capituler et à la calmer.

- Tu répondras à mes questions demain, tu m'as promis ?! Au fait, tu as mangé, tu n'as pas faim ? Il reste des macaronis au fromage dans le frigo, me dit Mai, en s'avançant, dans une dernière tentative, vers le frigo.

- Non, Mai, merci, c'est vraiment gentil, mais non, je n'ai pas faim. Les derniers événements de la journée - non, non, pas l'absence du professeur - m'ont littéralement épuisée.

Je me dirige vers ma chambre. La porte peinte en couleur coquille d'œuf arbore un écriteau en fer forgé avec mon nom délicatement écrit dessus. Rebecca. Rebecca Hopkins. Ah, quelle journée vous avez eu ma chère. Ma conscience secoue vigoureusement la tête de droite à gauche. Demain je vais devoir téléphoner à Grand-Père afin de lui dire que sa Ford est bonne pour aller au garage tout le week-end et que je vais sûrement devoir contracter un petit emprunt pour la faire réparer. En attendant, je vais devoir compter sur Mai pour m'amener avec elle, le matin, pour aller à l'Université. Le soir, je vais devoir compter sur mes propres moyens pour retourner à la résidence. Je vous en prie, que ma voiture ne reste pas trop longtemps au garage...

Je m'allonge sur mon lit, et je pense à la semaine chargée qui s'annonce. J'espère qu'elle va se passer sans accrocs. Dans trois semaines, c'est mon vingtième anniversaire, et je souhaiterais que les semaines qui vont précéder le seul jour de l'année où je fais un tantinet attention à moi ne se passent pas d'une façon catastrophique. Je fixe le plafond, ma lampe de chevet éclairant de façon tamisée la pièce que je considère comme mon monde. Le plafond s'efface peu à peu, je regarde le réveil-matin sur ma table de chevet... Minuit... Les chiffres et les aiguilles s'effacent aussi peu à peu, alors que je plonge dans le sommeil...

Je me réveille de mauvaise humeur, en plein milieu de la nuit, j'ai l'estomac tiraillé par la faim. Je n'ai pas mangé, c'est vrai. Trois heures dix du matin. C'est ce que m'indiquent les aiguilles sur le cadran. Je me lève, en piteux état. Par la fenêtre, j'entrevois ma Ford, le pare-choc collé par du ruban adhésif, et le capot gondolé. Merde, j'espérais que ce soit un cauchemar. Je me fais à l'idée, tout doucement, que d'ici quelques jours, je ne verrais plus ma Ford de ma fenêtre. Après cette pensée fugace, je me dirige vers la cuisine. J'essaye de faire le moins de bruit possible, en marchant sur le parquet du séjour. Je ne dois pas réveiller Mai.

J'ouvre la porte du frigo, et j'attrape un pot de crème goût vanille, et une bouteille d'eau bien fraîche. Je m'installe dans le canapé et allume la télévision, en mettant la chaîne des informations en continu. Je n'ai plus sommeil. Pas pour le moment, en tous cas.

Je regarde distraitement les informations défiler. Les cours de la Bourse, les résultats des derniers matches de base-ball, une publicité, de temps à autre... Quand le programme boucle pour la première fois depuis que j'ai allumé la télévision, le présentateur bronzé et coiffé à la mode surfer californien annonce d'un sourire aux dents blanches immaculées l'arrivée d'un géant de la télésurveillance japonaise aux États-Unis, pour le rachat d'une entreprise en faillite. Le P-DG de l'entreprise est un grand gestionnaire et possède son entreprise de l'héritage de son père, disparu depuis maintenant quelques années. J'avais vaguement entendu parler de cette entreprise, et de ces hommes, de ce père et ce fils, durant mon cours d'économie et gestion. Le professeur, étant lui-même d'origine japonaise, connaissait bien cette entreprise, et en vantait les mérites. L'entreprise n'était pas axée que sur la télésurveillance, mais développait en annexe un tas de produits voués au divertissement. Cette entreprise cherchait sa conversion depuis des années, et avec l'acquisition de l'entreprise américaine sur le point de se produire, voilà là le chemin d'entrée tout tracé vers le divertissement, pour cette entreprise. C'est sûr, on va voir ça en cours, c'est le plus gros rachat du siècle, que ce soit M. Daitokuji ou non, on va voir obligatoirement ce cas d'école.

Après avoir savouré mon pot de crème à la vanille devant les informations, je zappe vers une chaîne musicale qui diffuse aussi en non-stop les tendances du moment. Call Out by My Name du groupe The Weekend passe au moment où la chaîne s'affiche à l'écran. C'est bête que Mai n'ait pas un sommeil plus profond : j'aime bien cette chanson, et après mes dernières aventures, j'aurais bien aimé décompresser en l'écoutant à fond et en dansant au milieu du salon. Mais je dois me faire à l'évidence, il n'est que quatre heures moins le quart du matin, et Mai n'est pas aussi matinale que moi... J'ouvre la bouteille d'eau et commence à boire. Réveillée pour de bon, je profite de ce temps en plus pour réviser et mettre certains de mes cours au clair, ce que je fais d'habitude après être rentrée du travail. Je monopolise la petite table devant le canapé et commence à recopier soigneusement les derniers cours traitant du marché des livres et de l'importance du merch' dans le monde de l'édition.

Il est huit heures quand Mai se lève et fait irruption dans le séjour, la mine encore endormie, elle se frotte les yeux et baille la main devant la bouche toutes les deux secondes. Elle ne me remarque pas tout de suite, la tête encore dans les étoiles. Elle se sert un jus d'orange, et prend une pâtisserie dans le placard. Le temps de cette pause déjeuner, elle me remarque enfin.

- Oh ! Tu es déjà levée ? Et tu travailles déjà tes cours ? Mai est étonnée. Tellement qu'elle semble étouffer un toussotement.

- Oui, je suis levée depuis trois heures ce matin, environ, j'ai un peu mal dormi. Tu as raison, j'aurais dû manger hier soir avant d'aller au lit... C'est ce qui m'a tiré de mon sommeil.

Mai me regarde, inquiète, elle a déjà meilleure mine, ce qui, selon elle, n'est pas mon cas. Elle me conseille de laisser les cours de côté et d'aller au lit. Mais le soleil a déjà pointé le bout de ses rayons, et je ne suis pas prête de réussir à me rendormir. Sous la pression de Mai, je décide de faire ce qu'elle me dit, mais je pense plutôt prendre discrètement de quoi écrire et réfléchir au prochain dossier que l'on doit rendre dans le cours de communication visuelle, dans cinq semaines. Me voilà dans ma chambre, en tailleur sur mon lit, un cahier calé entre mes jambes croisées, un stylo à plume entre les dents, et à réfléchir au sujet demandé en cours.

Je ne peux pas me permettre de ne pas travailler, mais ça, Mai n'arrive pas à le comprendre : ses parents ont un très bon niveau de vie, et donnent à leur fille de quoi bien vivre, elle me dit qu'elle ne les voit jamais, qu'ils sont toujours en voyage, mais ça a l'air de l'arranger, au moins, elle n'a pas de compte à rendre, ils n'ont pas été, selon elle des parents géniaux. Je sais que durant les dernières vacances d'été, elle a passé du temps avec eux, apparemment, aux vues des preuves qu'elle a pu faire ces dernières années, les parents de Mai ont eu plus d'intérêt pour elle. Elle ne m'en parle pas beaucoup, mais il semblerait que ses parents lui aient fait des excuses, et qu'elle les ait enfin accepté. Alors que je songe à l'histoire de Mai, je l'entends arriver vers ma chambre, le parquet craquant à l'approche de la porte de mon monde. Merde. Elle a dû me griller. Je ronfle ou quoi, pour qu'elle sache que je ne dormais pas vraiment ? Je balance sous le lit mes affaires, et je me faufile vite sous la couverture, tout en essayant de cacher mes fournitures en farfouille sous le lit avec mon dessus de lit. Elle entre sans frapper.

- Becca, je suis désolée... Je n'aurais pas dû être aussi pressante. Tu dors si tu veux... Je ne suis ni ta sœur, ni ta mère pour te forcer comme ça... elle esquisse un sourire. Tu veux venir voir un feel-good movie avec moi ?

Mai Kujaku. Il n'y a que toi pour m'empêcher de travailler à ce point. Encore en pyjama, depuis mon réveil nocturne, je me dirige vers le canapé où Mai m'attend déjà, la télécommande du lecteur de DVD à la main, une pile de boîtes posée à côté d'elle, à même le sol. Elle me tend une couverture-plaid et un chocolat chaud. La réponse à tout, selon Mai. Je prends place à ses côtés, de couvrant du plaid moelleux et doux à souhait qu'elle a sorti du placard de l'entrée, et la tasse de chocolat chaud à la main.

C'est un samedi matin qui commence relativement bien : le premier film est plaisant, bien qu'un OVNI du genre, c'est Little Miss Sunshine. La pression de la veille redescend à chaque minute du film, et nous décidons, pour rester de bonne humeur, de consacrer notre samedi au visionnage de feel-good movies. Notre journée est ponctuée d'agréables fous rires, de chocolats chauds et de pâtisseries en tous genres. Vraiment, un samedi comme j'aime.

Le dernier film que nous visionnons est Yes Man, un film à mi-chemin entre la comédie romantique et le feel-good. C'est l'histoire d'un pauvre type paumé qui décide un jour de dire oui à tout, sans quelques revers de médaille... Pourtant, la fin est à pleurer - de rire mais aussi de joie - et n'est pas sans me rappeler que moi aussi je suis célibataire car « trop difficile, trop exigeante » selon Mai, mais je n'ai aucune envie de m'abandonner à n'importe quel garçon !

La vérité aussi, c'est que des garçons, apparemment, beaucoup me tournent autour, sans que je n'en remarque rien, et si je ne les remarque pas, c'est qu'ils ne m'intéressent tout simplement pas – même si certains sont à griller à des kilomètres à la ronde.

La séance de feel-good movie s'achève ainsi vers 23 heures, et je suis littéralement fatiguée, je plie sous le poids de la contrariété accumulée hier et aujourd'hui.

Après un bref signe de tête vers Mai, lui indiquant que je vais me coucher, je fais un crochet par la salle de bains pour une douche rapide.

Au sortir de la douche, je me sèche et me rhabille tout en regardant distraitement le miroir en face de moi. Au bout d'un moment, je remarque le reflet que me renvoie la surface polie.

Rebecca Hopkins, vous avez l'air misérable avec vos cernes, et votre peau toute blanche, malgré le soleil de ces derniers jours... Ma conscience me raille, l'air hautain. Je me sens d'un coup un peu perdue et sur les nerfs - la fatigue, sûrement - autant me coucher vite, et faire un bon doigt d'honneur à ma foutue conscience.

C'est dimanche matin. On frappe doucement à la porte de ma chambre, mais dans mon crâne, ça résonne comme des coups de fusil - foutu manque de sommeil. Je regarde d'un œil mi-clos le cadran de mon réveil-matin... Il est plus de dix heures... Et dire que je me plains de mon manque de sommeil, mais le voilà largement rattrapé.

Je fais semblant de ne pas avoir entendu, et je me retourne dans mon lit, mais le bruit recommence. Merde, Mai, si tu veux me réveiller vraiment, frappe pour de bon ! Je porte les index à mes oreilles, en rentrant les lobes, pour atténuer le bruit. Je ne veux pas me lever. Je ne veux pas faire face à Mai aujourd'hui, car je sais qu'elle va vouloir qu'on fasse une promenade, ou quelque chose comme ça, alors que je dois travailler... Mais Mai, promis, dans la journée, je te verrai, une fois que mon travail sera bien avancé.

Le bruit cesse au bout de cinq minutes, ouf ! Je me retourne une dernière fois, cette fois-ci en direction de la porte de ma chambre, et m'étire de tout mon long dans le lit en fer forgé qui est le mien, mon ancien lit de midinette que je me trimbale encore une fois adulte. Je me redresse, sors les affaires jetées hier en-dessous de mon lit, et je commence à travailler, en tailleur. C'est agréable, après avoir relâché la pression, de se mettre sereinement au travail.

Le travail me prend une bonne partie de la journée, et c'est vers 16 heures que je commence à ressentir la faim, et l'envie de me dégourdir les jambes. Je décide alors que je mérite une bonne pause : la moitié de mon dossier est déjà planifié, et j'ai déjà rédigé la problématique... « Comment la communication prend place au cœur d'événements qui ont leur importance pour le public-cible ? »...

Après avoir rangé mes affaires dans ma petite table de chevet, je me dirige vers la salle de bains. Aucun bruit ne provient du salon... Mai travaille peut-être, les écouteurs de son Ipod sur les oreilles... J'enfile des habits de running, et les chaussures qui vont avec, et qui se trouvent dans mon placard. Je ne suis pas particulièrement sportive, mais il peut m'arriver spontanément de vouloir me vider l'esprit en courant.

Je passe par le salon. Mai n'y est pas. Elle doit avoir trouvé refuge dans sa chambre, peut-être avait-elle peur d'être distraite par la tentation de la pile des feel-good movies encore posée à terre ?

Je me dirige vers la porte d'entrée, j'enfile aussi des écouteurs, et je commence à mettre la playlist sur mon vieux lecteur MP3. En route pour deux bonnes heures.

Le temps du jogging est vite passé, à 18h30 je me retrouve au pied de mon immeuble de résidence. Je jette un coup d'œil à la fenêtre étant celle du salon de ma colocation, il n'y a pas de lumière. Je jette ensuite un coup d'œil à la fenêtre de la chambre de Mai, et là non plus, pas de lumière... Elle dormirait déjà, ou est-elle sortie ? Un dimanche, ça me semble suspect, à moins de se promener avec moi, ou bien d'avoir rencontré quelqu'un, mais elle ne m'a pas parlé de nouveau garçon dans son collimateur...

Je tourne la clé dans la serrure de la porte de mon appartement. J'ouvre. Aucun bruit. J'entre dans le couloir, me déchausse, et enfile mes pantoufles.

Après quelques pas dans le couloir, j'entends quelques reniflements, qui très vite s'accompagnent d'éternuements. Il fait sombre, et je tâtonne à la recherche de l'interrupteur.

- Non ! S'écrie Mai, d'une voix enrouée. Non, Becca, s'il te plaît, pas la lumière.

Il ne fait pas tout à fait noir dans le salon, la télévision fonctionne, sa luminosité baissée au maximum, et le son tellement bas que j'entends à peine les chuchotements provenant du programme télé. Mai est échevelée, d'immenses cernes sous les yeux, le teint un peu cireux. Elle se mouche sans cesse, et toussote. Sa voix est semblable aux râles qu'émettait ma voiture quand je revenait du centre-ville de Portland. C'est la première fois, en quatre ans, et que je connais Mai que je la vois dans cet état. Pire encore, c'est la première fois, en quatre ans, que je semble plus soignée, plus sûre de moi, qu'elle ne l'est en ce moment.

Elle tourne une moue triste vers moi, et là, je comprends : Mai-la-tempête est malade - elle a dû faire un beau doublé protestations-à-s'en-casser-la-voix et pluie - et je vais devoir assurer durant les cours pour deux. Chouette. Une bonne semaine en perspective.