3.
Mai est malade, oh, chic. C'est avec cette pensée que je me lève, le lundi matin. Je sors de mon sommeil de cette façon peu agréable. Je passe par la salle de bains, où j'essaye de coiffer mes cheveux en bataille - c'est malin, j'ai oublié de m'attacher les cheveux hier soir, pour dormir. Je rince mon visage plusieurs fois avec une eau très fraîche, je pince mes joues pour me donner des couleurs et j'applique un léger trait de crayon noir sous chaque œil. Parfait.
Le salon semble bien vide, sans Mai, qui dort encore. J'allume la télévision, en mettant la chaîne des informations. Le son est très bas, et je ne me risque pas à l'augmenter, de peur de gêner Mai.
C'est en regardant distraitement les informations défiler à l'écran que je prépare mon petit déjeuner : quelque chose de rapide, un fruit, une tasse de chocolat - j'en suis une inconditionnelle – et un pot de crème saveur vanille. Le petit-déjeuner, le moment le plus important de la journée. Le vieux slogan d'une publicité de mon enfance me revient en tête, me mettant un sourire sur le visage. Mais pas le temps pour l'humeur légère, je dois trouver un garage pour ma Ford, et me préparer à aller à l'Université avec les transports en commun.
Je m'installe donc avec mon vieil ordinateur portable sur les genoux tout en mangeant. Entre deux recherches sur le garage le moins cher, et qui pourrait venir enlever ma voiture à la résidence, je jette des coups d'oeil furtifs au journal télévisé.
Une fois le meilleur garage trouvé, j'entends que le sujet du cours d'économie et gestion d'aujourd'hui est en train de passer : le fameux rachat de la société de divertissement va être conclu aujourd'hui. Quelque soit le professeur qui présentera le cours, il va forcément en parler.
Le trajet à pieds vers le premier arrêt de bus menant vers le centre-ville de Portland est assez long, j'en profite pour téléphoner au garage qui s'occupera de ma très chère Ford. J'apprends donc avec beaucoup de désarroi que le garage a beaucoup de travail et que, par conséquent, ma voiture devra rester là-bas, inutilisable, pendant au moins deux semaines, si ce n'est plus - l'ancienneté de ma voiture a fait « pâlir » le garagiste qui m'écoutait, apparemment, ma Ford est une vraie relique.
L'appel au garagiste est terminé, lorsque j'attends sous le porche d'une suite de logements proches, le bus qui me mènera vers un autre véhicule, qui lui-même me mènera au plus proche de l'Université, à environ dix minutes à pieds. Que de trajets ! Je gratifie le ciel d'avoir mis, pour le soir, un bus qui me ramènera directement près des lotissements où se trouve ma résidence.
Le bus arrive, et me tire brutalement de mes pensées à propos des trajets futurs. Je me laisse bercer par le véhicule, moyennement fréquenté de bon matin, avec de la musique passant sur mon vieux lecteur MP3. Les chansons s'enchaînent. Tout comme les gens, je pense tout bas, en voyant un couple, l'homme avec son bras posé sur les épaules de la jeune femme qui est à sa droite, côté fenêtre.
Je songe aux railleries de Mai devant les feel-good movies, et plus en particulier à la réflexion faite dans Yes Man. Devrais-je, comme Jim Carrey, dans le film, commencer à dire « oui » à certaines choses ? Devenir une Yes Woman ? Non, vraiment, non... Je ne me vois pas bras-dessus bras-dessous avec un garçon, en tous cas, pas avant les dix prochaines années. De toute façon, l'amour, pour ce que j'en connais, ce n'est pas vraiment fait pour moi.
Voilà, enfin arrivée, ou presque ! Je me hâte en direction du campus, mes chaussures de running, bien pratiques aujourd'hui, me portent aussi vite qu'elles le peuvent. Mon dieu, heureusement, j'ai pu courir hier, je ne vais pas avoir l'air d'une godiche en sueur au premier cours ! Ma conscience me regarde, triomphante, en mangeant un paquet de chips à la crevette. Je la hais. J'entrevois, à mon arrivée, des élèves devant le panneau d'affichage : que peut-il bien se passer aujourd'hui ?
Avant de me rendre en cours, j'imite mes camarades et me presse au panneau d'affichage, avec beaucoup de peine : comme je suis plutôt timide et discrète, j'ai du mal à me frayer un chemin.
Absence de M. Daitokuji
TOUS GRADES CONFONDUS
De fin Mars à fin Avril 2018
Remplacement à partir du Mercredi 28 Mars 2018
Prière de venir aux heures de cours indiquées sur l'emploi du temps distribué en Septembre. Merci.
Ah. Mai va être ravie, il y a réellement quelqu'un qui va venir nous faire cours à la place de Daitokuji. J'imagine que ce sera un parfait clone de notre professeur, qui, même si je l'aime bien, n'est pas le plus passionnant du monde. Pf. J'aurais préféré qu'il ne soit pas remplacé et nous donne les cours par vidéoconférence, de toute évidence, ça n'aurait rien changé.
Les heures de cours passent vite, et, en raison de l'absence de notre professeur d'économie et gestion, la promotion dont je fais partie a l'après-midi entière devant elle. J'ai donc du temps pour moi, sans ma furie d'amie, et je peux aller me promener en ville avant d'aller au travail, ce qui est, ma foi, fort plaisant.
Après quelques errances dans les magasins du centre-ville, dont un tas d'autres boutiques de livres, je décide de me rendre en avance chez M. Wilson, pour travailler plus tôt, et tenter de m'arranger avec lui pour partir, au long des deux semaines sans ma voiture, à l'avance. Je sais que M. Wilson est arrangeant.
C'est avec une heure et demie d'avance que j'arrive dans la boutique de M. Wilson. Je m'entretiens avec lui, loin des oreilles trop attentives - à mon goût – de ma collègue caissière. M. Wilson veut bien faire exception pour moi, car c'est ma dernière année de travail avec lui, et que durant les dernières années, je n'ai jamais manqué à la tâche, ni bronché quand il fallait faire des rallonges pour les périodes de fêtes.
Je suis bien contente de recevoir de M. Wilson de si gentils compliments. Je m'affaire pour aller en arrière-boutique quand soudain :
- Rebecca ! Tu ne l'as jamais vu, non ? Tu vas pouvoir enfin rencontrer... ton collègue !
Mon collègue ? Ce collègue ? Celui que je ne vois jamais, et qui reste retranché dans le grenier ? Je suis curieuse, et quand je me retourne...
C'est un jeune homme, de mon âge environ, qui me fait face. Il a un visage angélique, mais son expression est assez indéfinissable, voire dure. Il a les cheveux gris avant l'heure - peut-être à cause d'un trauma?- et est habillé de façon détendue, ce qui contraste avec sa droiture et son visage assez fermé. Ses yeux bleus, pourtant, semblaient trahir un sentiment que je ne pouvais décrire, c'était assez étrange.
Oui, étrange était le mot. En une fraction de seconde, je me revois, toute petite, chez Grand-Père, à jouer dans le jardin avec un garçon qui a les mêmes yeux, et dont les racines grisonnent. Et si c'était lui ?
- Rebecca, je te présente Edo. Edo, voici Rebecca. Vous ne vous êtes jamais vus, ici, Edo, car...
-C'est juste, M. Wilson. Je n'ai jamais vu Rebecca ici, mais avant oui. Dans... le jardin de Grand-Père, répond Edo d'une voix posée.
J'affiche un sourire béat. Edo ! Mon ami d'enfance Edo. L'un de ceux que je n'ai jamais oublié malgré le temps qui s'est écoulé.
- Alors, Reb, pas si contente de me revoir ? il a son sourire d'enfant sur le visage à présent.
- Edo ? Edo Phoenix ? Le petit oiseau tombé du nid ? je le taquine.
Il arbore une fausse moue de remontrance, tout en me prenant dans ses bras. C'est... spécial. Jamais aucun de mes amis ne m'a fait ça avant. Jamais de contact. Que des ententes cordiales, ou des high five, pas de câlin.
Le contact n'est pas pas si désagréable, Edo est amical au possible, et le sweat blanc qu'il porte est si doux. Hum, je devrais lui demander où il l'a trouvé. Il me relâche après de longues secondes dans ses bras. Puis, il fait deux pas en arrière pour mieux me voir, de haut en bas. Je ne dois pas avoir l'air fameuse avec mon sweat noir trop grand, mon jean bleu clair et mes chaussures de sport un peu usées. Pourtant, Edo semble ravi, mais ce ravissement me semble étrange, je ne sais pourquoi d'ailleurs... Je devrais être heureuse de voir que j'ai un ami de plus, à Portland !
- Ce n'est pas que je veux vous déranger... M. Wilson toussote. Mais Edo, Rebecca doit travailler - un petit arrangement entre elle et moi, pour qu'elle parte plus tôt – et toi aussi tu dois faire, de ce que tu m'as dit, quelques retouches sur le site et sur la boutique ?
Edo bredouille quelque chose, c'est totalement incompréhensible, il est en train de perdre contenance devant le strict de M. Wilson, ou bien est-il juste en plein excès de timidité, suite à ma rencontre ? En tous cas, il me fait un bref clin d'oeil et emprunte la direction des escaliers menant à l'étage où se trouve son bureau et celui de M. Wilson.
Le temps passe vite au travail, et M. Wilson me regarde avec un œil plus amusé qu'à l'accoutumée. C'est sûrement mes retrouvailles avec Edo qui lui font cet effet, il doit trouver ça amusant, la coïncidence de deux amis d'enfance se retrouvant sur leur lieu de travail.
Quand je finis de ranger le dernier livre en rayon, avant d'aller chercher mes affaires pour rentrer chez moi, Edo émerge d'entre deux étagères, un timide sourire sur les lèvres. Il doit être environ 19h50, ce n'est pas la fin de son service...
- Reb... Euh... Je sais... J'ai su, par ... il marque une pause. Que... tu n'avais plus de voiture, pour quelques temps, et je souhaitais te proposer... de te raccompagner.
Edo ferme instinctivement les yeux lorsqu'il prononce le dernier mot. Il est si nerveux. Je ne vois pas pourquoi. Peut-être me voit-il en fille forte, qui lui dirait d'aller se faire voir ? Ah. Je vois que selon lui, je suis plus Samus que Peach.
Je lui lance un léger sourire, timide moi aussi. Il est très gentil, comme le gamin que j'ai connu il y a de ça longtemps, sauf que le gamin timide en question me dépasse largement d'une dizaine de centimètres, et se met à bredouiller un charabia incompréhensible.
- Mais, Edo, tu n'as pas fini, et M. Wilson... je m'inquiète, M. Wilson est strict, et...
- Becca, c'est tout arrangé ! M. Wilson fait aussi son apparition, à croire qu'il nous espionnait... Hum. Edo... Il s'inquiète pour toi, et moi de même, et je pensais que s'il te raccompagnait ce soir, ce serait garantir la sécurité de ma petite Becca, et puis, tout à l'heure, je n'ai pas pu vous laisser faire vos retrouvailles en bonnes et dues formes, donc, question de me faire pardonner...
M. Wilson me sourit, l'air gêné, je me tourne alors vers Edo et accepte sa proposition. M. Wilson et lui semblent tout à fait rassurés que je ne décline pas la petite invitation, cependant, je sais que ce sera une exception – M. Wilson ne laissera pas ça se reproduire, et que je dois en profiter pour parler avec Edo, et rattraper le temps perdu avec lui.
Edo prend mon sac à dos, qui se trouve sous le bureau où j'étais en poste, avant de remettre les livres. Il me fait signe de le suivre et passe la porte de l'arrière-boutique qui déboule sur le parking.
C'est à mon grand étonnement que je vois Edo poursuivre son chemin et passer la porte grillagée, et se diriger vers un autre parking, payant, celui-ci.
Nous arrivons dans la strate où sa voiture est garée. Nous parcourons une dizaine de places avant de rejoindre son véhicule : c'est une belle Chrysler de couleur blanche, dont je n'arrive pas à discerner le modèle (les néons n'offrent pas une superbe lumière).
Edo ouvre la porte du côté conducteur, monte, puis démarre la voiture. Le moteur vrombit subitement. Puis, il avance, tout doucement, se dégageant de la place où il était garé. Descendant du côté conducteur, Edo se dirige vers la portière côté passager, et m'ouvre, en parfait gentleman.
- Mademoiselle, je vous en prie.
Il s'incline poliment, en m'adressant un sourire radieux. Ce qu'il peut faire, ce garçon, pour donner le sourire ! Je répond à son sourire, timidement. Puis, je prends place dans la Chrysler. Le siège est plus que confortable, et il y a de l'espace, plus que dans ma Ford en tous cas, et je comprends alors pourquoi Edo ne garde pas son véhicule sur le parking de la boutique : la Chrysler est tout simplement trop large pour passer le mince portail.
Edo remonte vite dans la voiture, et démarre aussitôt. C'est agréable de se faire conduire, je n'ai pas à m'inquiéter de ma conduite si distraite, ni à m'inquiéter de la conduite d'Edo : il est juste parfaitement à l'aise - plus que dans la conversation que j'essaye de lancer péniblement - et nous fait vite sortir du centre-ville de Portland.
- Edo ?
- Oui, Reb ?
Edo regarde droit devant lui. La route défile, et les bandes au sol sont comme avalées par la Chrysler. Je marque une longue pause. Je suis gênée.
- Je suis contente de te retrouver. Tu sais. Je ne connais pas grand monde ici, à part Mai, peut-être.
Nouvelle pause, il faut dire que c'est difficile de se confier, alors que j'ai passé la moitié de ma vie d'étudiante avec des livres, des êtres inertes, qui ne me jugent pas.
- Et je trouve ça vraiment chouette de voir que mon cercle d'amis s'étend, à une personne de plus au moins, enfin... j'espère...
Edo ne me répond pas, il reste concentré sur la route. Sa bouche se tord, dans l'attente de former une réponse, ou par gêne ? Il détourne son regard de l'asphalte un instant et jette un coup d'oeil furtif vers moi. Il est nerveux. Mon dieu, comment le garçon si enjoué, et timide de tout à l'heure peut s'être raidit ?
- Je suis très heureux de te retrouver aussi Reb, mais, je ne sais pas comment l'exprimer, c'est difficile. Je sais que mon comportement peut paraître déplacé, et aussi très imprévisible. J'ai ressentie la « gêne » que tu avais éprouvé tout à l'heure, lorsque j'ai jugé bon de te prendre dans mes bras.
Ah. Je vois que comme moi, au moins, il est heureux de trouver quelqu'un qui lui paraisse amical, mais également, je suis soulagée de constater qu'il a su ressentir ma gêne lors de nos retrouvailles.
La musique de l'autoradio emplit le vide que notre conversation laisse. Je n'ose pas reprendre, de peur qu'il se trompe sur mes intentions, en pensant que ma gêne est plus une agression qu'un manque d'aisance sociale. Edo semble dans le même « monde » que moi, et le garçon jovial s'est renfermé.
Merde, je n'aurais jamais dû commencer la conversation comme ça, c'est d'une vraie gêne. Idiote.
Et puis soudain, j'entends un léger raclement de gorge, et une inspiration profonde.
- Et comment Rebecca Hopkins s'est-elle retrouvée à travailler pour M. Wilson, de surcroît, à Portland ?
Il esquisse un léger sourire, toujours en scrutant la route. Il semble vouloir repartir sur quelque chose de plus léger. Edo soit loué.
- Portland. Pourquoi Portland ? Je souris, c'est vrai que je n'avais jamais vraiment pensé à ça... L'Université me plaisait bien, et comme j'avais l'habitude de vivre avec Grand-Père dans un climat tempéré. Enfin. Voilà pour Portland. Et en ce qui concerne M. Wilson, c'est pour les études, mais tu vois sûrement ce que je veux dire...
Edo se tourne une fois de plus vers moi, il sourit, amusé, et il se met même à rire doucement. Il secoue la tête de gauche à droite. Puis il ferme les yeux un instant avant de les reposer sur la route, puis sur moi, une fraction de seconde.
- Non, Reb, je ne sais pas ce que c'est. C'est fini pour moi, depuis un petit bout de temps !
Son expression amusée trahit quelque chose de plus profond, mais je ne relève pas. Mais c'est assez perturbant pour être remarqué. Et je n'ai pas envie de casser le semblant de bonne ambiance qu'Edo a voulu instaurer.
Je poursuis sur un autre sujet, sur le fait de son travail auprès de M. Wilson, en le taquinant, en lui disant qu'il était un « gros planqué » et qu'il allait vite prendre la poussière s'il ne descendait pas plus souvent me voir, à l'avenir, aux pauses.
- Je viendrai, promis, je viendrai. Et de ce que j'ai pu comprendre, avec une tasse de chocolat, c'est ça ? Tss, tu n'as pas changé d'un iota.
La conversation s'achève ainsi quand nous entrons dans le parking de ma résidence, où Edo se gare, pour passer encore quelques minutes avec moi.
Je scrute l'entrée de la résidence et la fenêtre de ma colocation. Ouf, Mai est en haut, rideaux fermés. Je n'ai aucune envie qu'elle me voit être raccompagnée par Edo : elle va encore se faire un tas de scénarios, et je n'ai pas envie de répondre à ses questions indiscrètes. Je lui parlerai de moi-même d'Edo. Un jour, je vais fatalement devoir se faire présenter mes deux et seuls amis.
- Bon, nous y voilà... Edo est mal à l'aise de nouveau, mais il sourit. Tu ne veux pas manger avec moi quelque part ? Comme ta colocataire semble occupée et qu'elle ne semble pas t'attendre avant un bon moment...
- Merci Edo, mais je dois décliner cette fois. Comme Mai est malade, je dois m'occuper d'elle et lui donner les cours à rattraper, sans compter que ma semaine s'annonce chargée. Merci, mais je suis désolée.
- Je comprends tout à fait. Ne t'en fais pas !
Edo me lance un clin d'oeil amical. C'est dur de devoir lui dire au revoir, surtout que je ne le reverrais pas avant deux jours au moins. Soudain, j'ai une idée. Mai est malade, je mange seule le midi, et si...
- Edo, tiens, mon numéro de téléphone portable.
Je lui donne un petit morceau de papier où je griffonne très vite les chiffres composant mon numéro. Il a l'air surpris.
- Je suis seule le midi, pour manger, et j'ai pensé qu'on pourrait se voir, non ?
Edo reste muet, mais il arbore un large sourire chaleureux sur son visage. Ah. C'est vraiment, vraiment bien mieux que de le voir timide et renfrogné, comme il l'était tout à l'heure. Mais après tout, ce ne serait pas Edo, dans le cas contraire. Le gentil Edo.
Je lui adresse également un sourire, et je me penche vers lui, lui faisant la bise pour lui souhaiter la bonne soirée, et lui dire au revoir.
En gagnant la porte de la résidence, je me retourne, et j'adresse un dernier signe à Edo. Il me fait un appel de phares, et un geste timide de la main, tout en entamant une marche arrière.
C'est tellement bon de retrouver un ami. Mon ami d'enfance. Mon Edo.
