12.

J'ai très bien dormi. C'est même la première nuit où je dors même aussi bien, depuis le début de semaine. C'est aussi un nouveau marathon de sept jours qui est en train de s'annoncer, doucement, mais j'ai le cœur au moins plus léger, aujourd'hui.

J'ai peu discuté avec Seto hier, il s'assurait juste que Edo ne m'avait pas perdue encore une fois – il a peu confiance en mon ami, mais c'est difficile de lui en vouloir, après ma mésaventure. Au final, je suis plutôt contente de lui avoir envoyé des messages, même s'ils n'étaient pas des plus amicaux, car il a maintenant la possibilité de me joindre, pour mon plus grand plaisir.

Je sors de la salle de bains, habillée du t-shirt et de la veste de Seto. Ce sont des affaires toujours bien trop grandes, mais j'aime ça, et puis... je pense que ça va lui faire plaisir de me voir ainsi vêtue. Il n'y a que le reste des affaires que je ne porte pas - dont le fameux caleçon - qui sont soigneusement emballées dans un sac en papier de grande taille provenant de la librairie où je travaille. Je pense ne rendre que ces affaires, le jean et le caleçon, pour le moment.

Mai me voit arriver dans le salon affublée d'un grand sourire, et des affaires de la veille. Elle est fort étonnée, car elle sait qu'aujourd'hui, je suis censée voir l'homme que je déteste le plus au monde. Seto.

- On ne dirait pas que tu vas devoir affronter le beau salaud des autres fois, toi. C'est étrange... Ce n'est pas à cause du type dont parlais Edo que tu es comme ça ?

- C'est exactement ça, je lance avec un grand sourire.

- Au moins, l'autre con n'aura pas d'effet néfaste sur toi, c'est déjà ça, et entre nous, ça me rassure, me dit Mai.

Il a parfois des effets néfastes, mais... il sait la façon avec laquelle contrebalancer ça... et largement !Je suis aux anges, et je mange avec appétit ce qui est devant moi, sur la table, pour le petit-déjeuner.

Pour le bon souvenir, j'ai décidé d'imiter le repas d'hier matin : lait, pomme, jus d'orange, où j'ajoute un pot de crème goût vanille, un incontournable.

Mai et moi filons sur la grande route qui relie la périphérie de Portland jusqu'au cœur de la ville. Mai est encore un peu malade, elle éternue seulement encore un peu, mais sa voix a retrouvé son grain habituel.

Sur la route, elle me parle alors que j'écoute la radio distraitement. Elle me dit qu'avec son entretien cet après-midi, elle ne sera pas là pour le cours de Seto Kaiba. Maintenant que le souvenir me revient, Edo n'a jamais dit le prénom de mon bienfaiteur, bien heureux, ou Mai aurait vite fait le rapprochement.

Mai se gare chez Donnie's, un peu tendue.

Sur le chemin séparant le café de l'Université, Mai m'avoue que, malgré son air sûr, elle est totalement angoissée de l'entretien qu'elle doit avoir cet après-midi et elle remercie le ciel de pouvoir en toute impunité se dérober au cours de Seto. Moi, je ne raterais ce cours pour rien au monde, maintenant que je le connais bien mieux. J'espère même mieux le connaître à l'avenir...

Je demande à ma conscience de se taire, et de ma Folie de s'arrêter de bondir sur sa chaise. Je ne vais voir Seto que dans quelques heures, un peu de patience tout de même... Même si je voudrais me trouver en face de lui tout de suite...

Devant le bureau de l'administration, il y a un tas d'étudiants qui se bousculent devant le panneau qui indique les changements relatifs à la section. Je suis tout autant intriguée que Mai, qui elle, se jette à travers le flot d'étudiants. Quel courage !

Je n'ose pas trop m'approcher, car dans un coin, je reconnais les quatre enflures de samedi soir, qui me regardent d'un œil encore plus mauvais. Heureusement, ici, je suis sauve, car tout débordement dans le cadre de l'établissement pourrait amener à un renvoi.

Après être allée à la pêche aux informations, Mai revient vers moi, la mine déconfite. Je ne vois pas pourquoi. Elle semble dégoûtée au plus haut point.

- Le cours de ce matin est annulé, et... à la place... on a l'autre con. Je suis désolée, Becca.

Je prends place au premier rang, au grand dam de Mai, qui sachant que je n'appréciais pas cet homme il y a encore trois jours, pensait que nous irions dans le dernier rang. Mais je suis bien là, tout devant, juste en milieu de rangée, et je sors déjà mes affaires.

Mai est venue s'installer à côté de moi, laissant un strapontin de libre entre elle et moi. Elle me regarde et semble chuchoter quelque chose en faisant un signe de la main me disant un « tu es folle ? » au moment où Seto entre dans la salle, droit, froid et distant, comme à son habitude. Mai le fixe.

D'abord sans prêter un traître œil à l'assistance, Seto s'affaire autour du bureau, afin de préparer le petit terrain de jeu qu'est la classe entière. Il met un bout de temps avant de lever les yeux vers les étudiants.

Il a un léger rictus en parcourant des yeux les rangées, et quand il me voit – enfin, tout du moins, j'en ai la vague impression - le rictus laisse place à un léger et imperceptible sourire. Ce qui a pour effet de me faire sourire à mon tour.

- Je ne comprends pas pourquoi ? Tu le trouves drôle, maintenant ? me chuchote Mai.

Je ne réponds pas. Je sais que me voir vêtue de ses habits a eu au moins un petit effet sur Seto. Mais je peux aller plus loin dans le petit jeu. J'en suis sûre. J'ai envie de jouer avec lui, moi aussi, maintenant.

Alors que le début du cours commence de façon normale, c'est après les remarques des travaux dirigés de la fois dernière, que, par mon plus grand désarroi, mes agresseurs, aussi élèves dans ma classe, décident de manifester de l'intérêt pour moi.

Je ne dois pas réagir à leurs attaques, et faire comme si de rien n'était, avec leurs conversations un peu trop fortes, derrière moi. Il se moquent allègrement de moi, mais aucune réaction de ma part n'est possible, pour ne pas éveiller ni inquiétude ni soupçon de Mai.

Les conversations des quatre connards sont bien assez fortes pour parvenir à mes oreilles, mais pas assez fortes pour parvenir jusqu'à Seto. Je bouillonne. J'ai envie de me retourner et de les gifler. Je suis au bord de l'explosion de rage.

Alors que j'ai les yeux rivés sur mon cahier, à tenter de me concentrer et de recopier ce que dit Seto, j'entends des bruits de pas qui s'arrêtent, un peu plus loin derrière moi. Juste au niveau des cons. Et quand je lève les yeux, Seto a disparu, et au moment où je tourne la tête pour voir où il est passé. Je le vois. Là. Près des connards. Il les fusille du regard. Le simple fait de sa présence les fait taire, et je m'attends presque à les voir fuir, à présent.

- Voilà. J'aime mieux ça. La concentration, et surtout la discipline. Prenez exemple, messieurs, sur vos petits camarades du premier rang, dit Seto en m'adressant un regard poli, mais toujours froid et distant.

Le cours se termine sans plus aucun accroc et Mai est plutôt ravie. D'accord, elle avait en tête aussi le fait que le professeur était un odieux connard, qui, le cours du lundi dernier encore, s'était foutu de moi. Mais là, Mai est impressionnée. Elle n'aime pas non plus les quatre cons, et elle est satisfaite que Seto ait agit, au contraire de Daitokuji qui laissait couler.

Cependant, Mai n'aime pas du tout Seto. Certes, il est « beau comme un dieu », mais « n'empêche que ce salaud est un foutu prétentieux ». Elle vois pourquoi je ne l'aimais pas, avant. Néanmoins, je ne vais pas non plus lui dire que je suis assez « réconciliée » avec lui.

Tandis que nous quittons le cours, Mai et moi - elle me faisant une blague à propos du fait que j'étais un « aimant à beaux bruns » en écho avec ce qu'avait dit Edo la veille – Seto vient nous interrompre dans notre conversation. J'ai envie de lui sourire, mais je ne veux pas me trahir face à Mai.

- Mademoiselle Hopkins ? Je suis désolé de rompre votre petite conversation, mais, j'ai quelque chose qui vous est destiné... de la part de Daitokuji. Voyons. Ne me regardez pas comme ça, vous !

Seto achève sa phrase en s'adressant à Mai qui a les yeux rieurs. Elle doit bien rire, intérieurement, et se dire « oh, tu ne l'aimes pas, et voilà qu'il commence à te coller ». Oh, Mai, tu n'as pas idée.

Mai et moi mangeons un petit truc rapidement, chez Donnie's, question d'avoir quelque chose dans le ventre, au moins. Elle me parle de la société où elle a postulé. Elle a pris les devants, elle voulait trouver un petit travail au cas où, avant la fin de son cursus, dans le domaine où elle souhaitait travailler. Je lui souhaite la bonne chance.

- Tu as plus besoin de chance que moi, Becca, surtout avec Kaiba cet après-midi. Tu vas te le taper là, en plus de ce matin, avant d'aller à ton travail... Au fait, tu veux que je vienne te rechercher ce soir, ou Edo va venir te raccompagner ?

Seto m'a donné rendez-vous à la bibliothèque, après la pause du midi. Apparemment, Daitokuji avait une liste de livres de références à me donner. C'est vrai que je lui avait demandé ça. Et comme Seto est plutôt du genre professionnel, je pense que ce rendez-vous ne mènera pas plus loin. Et nous sommes à l'Université, de toutes façons. Quoi de plus normal ?

Mai a parlé du fait que tu vas te le taper. C'est vrai. Je devrais me le taper. Et je crois qu'il en a autant envie que moi. Non. Pas maintenant. Calme. Ok ?

J'essaye de rassembler toute ma concentration et de répondre à Mai dans l'ordre de son propre énoncé. Je ne sais pas si Edo va me raccompagner, même si je sais pertinemment qu'il travaille aujourd'hui. Mai semble satisfaite, et pressée. Elle part comme une fusée.

Je suis devant la bibliothèque, et j'attends avec impatience l'arrivée de Seto. Je suis assise sur un banc, à quelques pas de la porte d'entrée. Je commence un message texte à l'adresse d'Edo quand j'entends des bruits de pas, un peu plus loin.

C'est Seto. Il arrive, l'air le plus sérieux que je peux connaître de lui. Quand il croise mon regard, il sourit légèrement. Ah, un bon point. Et il presse le pas légèrement pour se joindre plus vite à moi.

- Prête ?

- À vrai dire, je n'ai jamais eu de rendez-vous avec un professeur, Monsieur, je lance timidement.

- Mais qui a dit que j'étais un professeur. Je suis juste un intervenant en remplacement, non ?

J'entre dans la bibliothèque aux côtés de Seto. Il ne m'a pas tutoyée, et j'ai été la petite étudiante sage et modèle, ce qu'il semble attendre de moi. C'est un drôle de jeu, peut-être dangereux, mais un jeu. Aussi, j'ai pu remarqué qu'il avait été un peu taquin en ne désignant pas ce rendez-vous comme celui d'un professeur et d'une étudiante. Je me demande ce qu'il a derrière la tête. C'est intriguant.

Je dépose mon sac dans une petite salle qui est consacrée à l'étude, et où les verres sont teintés. Hum.

Seto m'amène vers des étagères où je n'avais pas pensé chercher. Il a vraiment une liste de Daitokuji à la main. Il me recommande aussi en grande partie certains livres qui pourraient m'être d'une grande aide. Après tout, il s'y connaît mieux que quiconque.

Il m'entraîne de plus en plus loin, là où l'endroit est peu ou pas du tout fréquenté. Mais il y a là un tas de livres qui vraiment sont des mines d'or pour moi.

- Par ici, il doit y avoir un des livres indiqué sur la liste. Je vais voir de ce côté. Et une vérification de ce côté là serait aussi la bienvenue.

Seto m'indique l'étagère juste derrière moi. Le second et le troisième étage. Les rayons sont très serrés, et je comprends pourquoi il vaut mieux diviser la tâche de la recherche par deux.

Je pense même que le service informatique qui répertorie tous les livres aurait du mal à trouver mieux que nous, vu le nombre de titres qu'il y a ici.

Alors que je m'attelle à la recherche du livre de la liste, je sens la présence de Seto près de moi. Il a dû vite parcourir les rangées de livres, et il est venu me prêter main forte. Pfiou. Heureusement. Car je vais devoir faire réviser mes lunettes, je n'y vois plus rien.

Il se glisse juste derrière moi, alors que je suis penchée légèrement en avant, en train de parcourir les tranches des livres. Il est très près.

Soudain, je sens qu'il se penche vers moi, un peu, et qu'il passe une main au niveau de mon ventre. Son autre main est appuyée sur le rayon, devant moi.

J'ai le souffle momentanément coupé. Il veut faire quoi, là ? Mon dieu, ne me dites pas que...

- Enfin. Je peux enfin faire ça, dit-il en me tirant un peu plus vers lui. Tu sais depuis combien de temps j'ai envie de faire ça, Beckie ?

Je déglutis. Je fais un bref « non » de la tête, et je sens quelque chose se durcir contre mes fesses. Il est excité. Derrière moi, et excité. Bon sang !

Il approche un peu plus sa tête de la mienne. Sa tête reposant maintenant sur mon épaule droite. Lui me tenant toujours au niveau du ventre, alors qu'une drôle de chaleur commence à s'y déployer.

- J'ai envie de faire ça depuis l'instant même où je t'ai demandé où trouver « Un bonheur insoutenable ». Te voir t'agiter, comme ça, dans les rayons. Te voir aussi maladroite, et timide. Ça me donnait envie. Tu n'as pas idée à quel point !

Sa voix n'est qu'un murmure, et je frissonne. Il voulait me prendre de la sorte depuis ce moment-là. Je comprends maintenant le pourquoi de tous ces rêves, à présent ! Je suis sous son emprise, et je ne veux pas en dégager. J'aime sa façon de me tenir, là, dans le rayon.

Il durcit encore plus. Le désir monte en lui, et en moi également, mais j'essaye de le cacher comme je le peux. Je ne veux pas lui dévoiler tout de suite mon jeu. Cependant, mon corps réagit : je rougis et je remonte de façon machinale mes fesses. Ça a l'air de l'exciter bien plus encore.

Sa main passe de mon ventre à mon bas-ventre, qu'il caresse tendrement. Puis il remonte en direction de mes seins, qu'il frôle délicatement. Enfin, il fait glisser sa main vers mes fesses, sur lesquelles il s'attarde.

Je n'ai jamais ressenti ça. Et c'est terriblement excitant, en fait. Pour appuyer mon avis, Seto se met à embrasser ma nuque, puis mon cou. Ça me donne envie de gémir, mais j'ai peur d'éveiller l'attention autour de lui et moi. Les membres de la bibliothèque ne sont pas très loin, je m'en doute.

Je suis au bord de l'explosion de désir quand il commence à basculer son bassin d'avant en arrière, me donnant de légers coups, de fugaces impressions, de son intimité sur mes fesses.

Je n'en peux plus, et j'étouffe un gémissement. Je sens Seto sourire, dans mon cou, alors qu'il continue son petit manège. J'ai presque envie qu'il me fasse des choses, là, entre les rayonnages plein de livres et de poussières. J'ai tellement envie de lui.

Il continue à basculer son bassin, avec douceur, et discrètement. Je garde mon sang-froid. Il sourit de plus belle. Puis il me tourne, et m'attire à lui.

Je suis à présent tout contre lui. Il a passé un bras dans mon dos et me colle à présent contre tout son corps. J'ai si chaud. Et ma chaleur devient plus intense quand je perçois très clairement son envie qui pointe à son entrejambe. Seigneur.

Ma respiration est plus forte, plus haletante, et je n'ai qu'un désir : me trouver avec Seto, dans un coin de cette maudite bibliothèque, pour qu'il me fasse le plus sauvagement du monde l'amour.

- Viens avec moi, et va avant moi, surtout...

Seto me murmure ces ordres d'une voix basse et rauque, c'est même presque un grognement. Mais que vais-je devenir ? Qu'est-ce-qu'il va me faire ? Je suis en train de trépigner d'impatience.

Je me demande comment je dois gérer tout ça, mais ma conscience et ma Folie semblent savoir tout ça sur le bout des doigts. Je me laisse guider.

J'avance sous les ordres de Seto, derrière moi. On dirait que Monsieur a peur que l'on ne voit à quel point son bonheur est insoutenable. Ma conscience est en train de railler la situation, et je la comprends. Seto a l'air si susceptible et excité à la fois que j'en ai envie de le taquiner un peu.

Je presse le pas tout en dandinant davantage le précieux atout que sont mes fesses. Il me dit d'arrêter ça ou « ça va mal se finir ». À vos ordres !

Il me dirige, avec des instructions brèves, là où j'ai déposé mes affaires. J'ai des livres dans les bras. Lui aussi, mais il les tient plus bas. C'est assez comique de le voir afficher un air neutre au possible alors qu'il est en réalité au garde-à-vous.

Arrivés devant la porte de la salle de travail aux verres teintés, Seto me demande si je peux fouiller dans sa poche avant-gauche de pantalon, pour prendre la clé de la petite salle.

Je m'exécute vite, avec les livres tous mis sous mon bras gauche, en équilibre. En fouillant, je touche par mégarde... son érection. Il redouble d'intensité.

Je tourne la clé dans la serrure, et je pose le tas de livres sur les deux tables de travail qui se font face. Seto fait de même, ne prenant même pas la peine de les poser avec le plus grand des soins. Il préfère se hâter d'aller chercher la clé et de verrouiller la serrure, pour ne pas être dérangé.

Il avance vers moi, la bosse de son entrejambe bien plus proéminente qu'il y a quelques minutes. Il a envie, et moi de même.

J'attends qu'il vienne totalement à ma rencontre quand soudain, sans prévenir, Seto s'avance d'une façon brusque vers moi, emprisonnant mon visage de ses deux mains. Wow. J'ai chaud, très chaud.

Il m'embrasse avec vigueur, et je lui rend ses baisers. J'ai faim de lui, à présent, mais lui me dévore.

Les baisers et les caresses, partout, sur nos corps mutuels, opèrent magiquement. Instinctivement, j'ai envie d'écarter les jambes pour lui donner accès à mon intimité. Ce qu'il remarque bien assez vite.

D'un coup, sans comprendre comment, je me trouve sur la table. J'ai les jambes écartées, mais dieu merci je suis encore habillée. Il est entre mes jambes et donne des coups de bassins doux et tendres.

Il commence à enlever la veste, sa veste, que je porte, tandis que je commence à déboutonner le haut de sa chemise. L'envie est à son comble. Et dans quelques minutes, je pense que j'aurais perdu toute innocence.

J'ai extrêmement chaud. Heureusement qu'il est en train d'ôter mes habits. Je l'embrasse. Il fait de même peut-être de façon un peu plus brutale. Je passe la main dans ses cheveux. Il descend dans mon cou. Il continue ses baisers. Puis il mord la frontière entre mon cou et ma nuque. Ouch ! Quel animal !

J'ai un mouvement de recul assez brutal. Ce que je regrette tout de suite après. Mais je vois, dans un reflet fugitif de la vitre, que les traces sont assez fortes et profondes. Pas assez pour me faire saigner, mais bien assez pour être remarquées.

Seto se recule d'un coup lui aussi. À en juger son expression, il est horrifié par ce qu'il vient de faire. Mais vite, je comprends qu'il n'y a pas que ça qui a l'air de le déranger.

- Je n'aurais pas dû. Je ne peux pas. On ne peut pas ici. Je ne voulais pas faire ça comme ça, d'accord ? Je suis désolé, Beckie.

Je comprends mieux, à présent. Il n'aurait pas dû me mordre, d'accord, mais nous étions tous deux sous le coup d'une passion soudaine et forte.

Après, le fait qu'il ne puisse pas ici. C'est tout à fait recevable et compréhensible. Je suis son étudiante, et c'est mon professeur, même s'il n'est que là à titre provisoire et exceptionnel, nous ne pouvons pas.

Je le vois fouiller dans ses poches arrières de jean, ainsi que dans sa veste. Il en retire des clés de voiture et des papiers importants à lui. Je ne comprends pas pourquoi il fait ça.

Ses yeux semblent animés d'un bref espoir, mais aussitôt, en étalant tout sur la table, je le vois fermer le poing et taper violemment sur le plan de travail.

- Et merde !

Je vois. Il cherchait encore un moyen de pouvoir assouvir notre envie commune. Il cherchait une capote au fond de ses poches, j'imagine.

J'ai encore et toujours envie de lui, et je suis prête à braver tous les interdits. Bien sûr, ça ne semble pas du goût de Seto. Il a l'air de tenir à moi, totalement, et surtout, il tient à ma plus totale sécurité.