Bon finalement il y aura sûrement plus de 4 chapitres… :))
Encore désolée pour les fautes qui m'auraient échappé… :')
.
.
Mycroft était reparti tôt, trop tôt au goût de l'inspecteur qui demeurait cloué à sa chaise, fixant désespéramment la tasse vide devant lui. Il était perdu dans ses pensées lorsque la sonnerie de son téléphone hurla à travers l'appartement. Il le laissa sonner plusieurs fois avant de se lever pour décrocher. Il n'écouta pas grand chose, mais il comprit qu'il devait absolument retourner au Yard. Il était troublé par cette nuit et le manque de sommeil ne faisait qu'accentuer ce sentiment. Il soupira en se pinçant l'arrête du nez et sortit de chez lui.
.
Mycroft s'était recouché. Il était dans un de ses petits appartements dans le centre de Londres. Il en avait plusieurs, tous inconnus du monde entier. C'était là qu'il venait quand il ne pouvait pas rentrer chez lui, ou qu'il voulait de l'intimité. Et là, il en avait besoin. Sherlock avait l'habitude de lui faire remarquer son froid quant à l'expression d'une quelconque émotion. Il aurait dû rester dans cette optique, et ne jamais s'ouvrir au monde. Il ne savait pas ce qui lui faisait le plus mal, ses côtes ou son âme ? D'habitude Mycroft riait des gens qui parlent de l'âme. C'est scientifique, le cerveau fait fonctionner le corps humain, avec le cœur, le système d'oxygénation… mais maintenant il en doutait. Comment est-ce qu'une douleur peut être si interne ? Si profonde sans être physique ? Comment est-ce possible de ressentir tout un tas d'émotion, de se sentir se briser sans penser que l'âme existe ? Il soupira et s'assit dans son lit. Son téléphone était rempli d'appels et de messages manqués. Il les esquiva tous sauf un.
'J'ai une affaire aujourd'hui sur Fortess Rd. Il y a un café pas loin. Au cas où. -GL'
Un sourire passa très vite sur ses lèvres et Mycroft regarda ses mails. Aucun attentat dans le monde ce matin. Il soupira en remerciant intérieurement n'importe quelle puissance divine. Même si c'était un autre concept qu'il trouvait absurde.
Il n'avait pas le courage d'ouvrir la conversation où étaient en attente plus de soixante messages et une vingtaine d'appels manqués. Il se mordit l'intérieur de la joue. Était-ce réellement une bonne idée de faire appeler l'inspecteur Lestrade ? Allait-il lui en vouloir ? Le trouver pitoyable ? Faible ? Cette simple idée lui tordait l'estomac. Il ferma les yeux, inspira longuement et ouvrit la conversion.
'Tu es sorti ?'
'Je croyais que tu allais juste le mettre à la porte ?'
'C'est ta pute ?'
'Je vois'
Il n'eut pas le courage de lire la suite et se laissa retomber dans son lit, une main sur ses yeux clos.
« - Tu ne penses pas que c'est un peu trop, toutes ces couleurs ?
- Pas pour toi. »
Mycroft sourit déposa ses lèvres sur sa joue. Il n'était pas du genre romantique, mais les compliments étaient devenus si rares qu'il essayait de préserver ces instants très courts. Ces instants où il était clean. Ou même tout simplement de bonne humeur. Mais il savait que ça ne durerait pas. Il savait que le moment où il se retrouverait coincé sous lui dans le canapé de sa trop grande maison arriverait, mais rien n'y faisait, il se faisait toujours avoir par les faux compliments et sa tendresse qui semblait jouée, comme une mauvaise comédie. Mais il pensait qu'aujourd'hui ce serait différent. C'était leur anniversaire, et c'était la première fois que Mycroft se sentait important pour quelqu'un. Alors il avait fait l'effort de prendre toute sa soirée. Mais rien ne changea. Sauf l'endroit où il crut qu'il allait mourir, qui était passé du sofa au sol. Le sexe avec lui n'avait plus de plaisir, c'était simplement brutal et jamais au moment voulu. Et chaque fois, Mycroft savait que ça finirait par déborder.
Son téléphone vibra et un message s'afficha sur l'écran. Encore un truc important. Il se leva en soupirant et enfila un de ses costumes sur-mesure. Il passa le bout des doigts sur sa pommette droite où se dessinait un bleu. Il referma les yeux et crut sentir la chaleur et la douceur du toucher de l'inspecteur. Il rouvrit les yeux et sortit brutalement.
.
« - Je suis vraiment fatigué de tout ça, Marc. »
L'inspecteur Lestrade se retenait de sauter au cou de l'homme qu'il avait arrêté plus tôt pour l'étrangler. Il le poursuivait depuis des mois, il sévissait en braquant des bijouteries et avait déjà tué trois personnes. La porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrit et un homme en costume entra.
« - Harry Weirrod, je suis l'avocat de Marc Tendy, dit l'homme en s'asseyant près du suspect, je vous conseille de ne plus rien dire à présent, ajouta-t-il à l'intention de son client. »
L'avocat et l'inspecteur se toisèrent rapidement, Lestrade le reconnaissait très bien c'est l'homme chez qui il était allé sonné hier. Il sortit sans rien ajouter de plus.
.
Mycroft soupira un énième fois en fermant son parapluie en arrivant dans le hall du Yard. Il n'aimait pas vraiment cet endroit, mais il devait récupérer les plans des nouveaux avions de la Royal Navy, volés par un certain Marc Tendy. Cet homme avait quand même réussi à voler des plans classés secret défense alors qu'il n'est qu'un petit braqueur. Certes il avait tué trois personnes, mais pas dans un but de réellement les tuer. Des balles perdues. C'est vrai que ça ne l'excusait pas pour autant. Il monta directement au 17ᵉ étage.
.
Il ne se retourna pas quand il entendit le bruit de l'ascenseur et les portes s'ouvrir. Il était assis sur le bord bureau d'un policier qui l'avait aidé à coincer son suspect pour avoir plus de détails, sa tasse de café à la main. Il ne se retourna que lorsque le policier devant lui se raidit. Sa tête pivota et il sourit à l'homme debout qui se tenait parfaitement droit devant lui, son costume intégralement sec alors qu'il pleuvait des cordes dehors.
« - Monsieur Holmes.
- Inspecteur. Je viens pour récupérer des documents que vous avez sûrement trouvé chez un de vos suspects. Marc Tendy ? »
Lestrade déglutit.
« - Il est en salle d'interrogatoire dix. Mais, Mycroft, le retint-il. »
Mycroft haussa un sourcil en lui lançant un regard perplexe.
« - Il a un avocat…
- Je sais, répondit-t-il sèchement. »
Mycroft s'éloigna, toujours aussi droit, et Lestrade eut un pincement au cœur en le voyant s'éloigner, sachant qui l'attendait.
.
Il sortit vingt minutes plus tard, et l'inspecteur Lestrade le vit se diriger bien trop vite vers les toilettes. Quand il entra il vit Mycroft, se tenant au lavabo, les mains pleines d'eau sur le visage. Les entretiens n'étaient pas filmés, ordre du haut de la hiérarchie, mais Lestrade pouvait jurer que ça ne s'était pas bien passé. Pas bien du tout.
« - Venez dans mon bureau, lui dit-il doucement. »
Il se retourna et n'eut pas besoin d'attendre car il savait que celui qu'on appelait ici « Le Gouvernement » allait le suivre.
Il le laissa s'asseoir sur le sofa et s'assit sur le siège en face, les mains jointes.
« - Je suis sincèrement désolé, c'est proprement ridicule, s'excusa Mycroft.
- Est-ce que vous allez bien ? »
La question coupa Mycroft dans son élan, et il le regarda, les yeux écarquillés. Personne ne lui avait jamais vraiment demandé. Personne ne s'y était jamais vraiment intéressé. Et Mycroft se sentit tout à coup faible. Il était toujours froid et impersonnel, désagréable et insupportable parce qu'il voulait éviter ce qu'il s'était passé. Et l'homme qui le regardait semblait vouloir l'aider. Mais que se passerait-il lorsque Mycroft s'ouvrirait ?
« - Oui. »
Le réponse était froide et sèche, et Lestrade baissa les yeux en soupirant.
.
.
Merci pour vos premiers retours, j'ai apprécié ahah. J'ai décidé de ne plus me mettre la pression pour publier, parce que j'estime que l'écriture doit rester une passion et non une contrainte (surtout que j'écris principalement du théâtre, mais à lire c'est particulier, j'en écrirais peut-être une comique sur un univers et je la posterais ici, on verra bien), le prochain chapitre peut arriver demain comme dans deux semaines, j'espère que vous comprendrez.
Je vous dis au chapitre prochain ! :))
