/!\ Ceci est le troisième chapitre. Si vous avez encore le chapitre 1 en deux fois dites-le moi. Bonne lecture.
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Il ne savait plus comment ils en étaient arrivés là, assis en face de lui, un verre de whisky posé sur la table. Il raconta quelque chose qui fit sourire Mycroft. Il avait vraiment trop bu et fronça les sourcils à cette pensée. Lui ? Saoul ? Ça n'arrivait que rarement, et encore moins en pleine semaine. Il se leva pour rentrer chez lui mais Mycroft le retint par le coude.
« - Vous n'allez pas prendre la voiture dans cet état.
- Non, je vais appeler un taxi, répondit-il.
- J'ai un appartement juste à côté. »
Ça ne sonnait pas réellement comme une question. Il hocha la tête et suivit Mycroft dans la rue. L'air frais lui fit un choc. Tout en suivant l'homme devant lui, les mains enfoncées dans les poches de son manteau, il réfléchissait. Comment en était-il arrivé là ? Ça ne lui ressemblait pas. Il se souvenait que Mycroft était sorti de son bureau assez violemment cet après-midi. En parlant de lui, il ne l'entendait plus. Lestrade releva la tête et s'arrêta. Il était seul au milieu de la rue. Les gens passaient autour de lui mais aucun ne ressemblait à Mycroft. Il leva la tête vers le ciel embrumé de Londres et soupira. Son souffle formait un petit nuage blanc entre ses lèvres. Il entendit des rires et se tourna vers un pub dont la porte était ouverte.
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Mycroft vit violemment volte-face. Personne ne le suivait. D'habitude il aurait trouvé cela rassurant mais pas aujourd'hui. Il revint sur ses pas. Il ne pouvait pas l'avoir perdu comme ça, c'était trop bête. Et puis l'inspecteur n'était pas très sobre. Encore capable de savoir ce qu'il faisait, certes, mais tout de même. Mycroft soupira en se passant les mains sur le visage. La panique commençait à le gagner. La panique ? Pour un homme si insignifiant ? Mais insignifiant était-il le mot ? Il allait traverser la rue lorsqu'il entendit des éclats de voix venant d'un pub non loin derrière lui. Il se retourna et aperçut ce qui lui semblait être l'inspecteur en sortir avec quelqu'un. Il rebroussa chemin le plus rapidement possible et quand il arriva à leur hauteur il se figea. Il reconnaissait les cheveux grisonnant de l'inspecteur ainsi que son manteau noir, qui joignait ses lèvres avec celles d'un autre homme, légèrement plus jeune. Il n'aurait jamais pensé que cette vue lui ferait si mal. Sans réfléchir il attrapa l'inspecteur par la manche et le tira vers lui. Il toisa l'autre homme qui le regardait avec de grands yeux écarquillés. Il se retourna tout en tirant Lestrade, les lèvres rougies, qui devait avoir trop bu cette fois-ci.
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Mycroft le jeta sur le sofa, alluma les lumières et sortit de son champs de vision. Lestrade passa ses doigts dans ses cheveux en positionnant son autre main en visière pour les protéger de la trop vive lumière. Mycroft revint vers lui et posa avec force un verre d'eau sur la petite table devant lui.
« - Les toilettes sont là, dit-il en désignant une porte. Bonne nuit. »
Il s'éloigna entra dans une pièce dont il claqua la porte. Lestrade resta comme scotché face au verre d'eau devant lui et se leva. De toute façon, il était bien trop saoul pour faire quoi que ce soit de censé, alors autant faire ce dont il avait le plus envie. Il entra dans la pièce dans laquelle Mycroft était entré quelques secondes plutôt et ce dernier se retourna. Il avait enlevé sa veste et déboutonné les manches de sa chemise.
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« - C'est quoi votre problème ?, lui demanda sèchement Lestrade.
- Pardon ? Il me semble que vous êtes celui qui est saoul, lui répondit Mycroft du tac-au-tac.
- Vous auriez pu me laisser là-bas au lieu de me traîner ici comme un enfant ! »
« - Pourquoi tu fais toujours ça ? Ça t'amuse ? »
Il ne lui répondait pas, le regardait de haut comme il le faisait toujours. Il avait encore trop bu, son regard était vitreux et il n'arrivait pas à allumer sa cigarette. Lorsqu'il y arriva il laissa la cendre tomber sur le plancher.
« - Il y a des cendriers pour ça, Harry. »
Le choc le fit chanceler. Il le tenait par le bras pour éviter qu'il ne tombe.
« - Tu oses me parler sur ce ton ? »
Mycroft garda la tête baissée et sentit la brûlure de la cigarette sur le bas de son cou. Il ferma les yeux le plus fort possible et se crispa tout entier. Il devait réagir mais il était comme paralysé. Rien ne pouvait plus le sauver à présent.
Il s'était avancé et était juste en face de lui. Il n'y avait jamais eu de colère dans son regard mais que de la tristesse, et Mycroft ne sut quoi lui répondre. À quoi bon de toute façon ? Cela aurait été inutile. Et dans son fort intérieur, il savait que Lestrade avait compris. Il approcha la main de son visage et Mycroft ne bougea pas lorsqu'il sentit son pouce chasser la fine gouttelette qui lui avait échappée sur sa joue. Il descendit sa main sur son épaule et fit légèrement glisser sa chemise. Il vit les yeux de l'inspecteur regarder attentivement.
« - C'est pour ça que vous m'avez appelé ? Enfin, indirectement, lui demanda-t-il doucement. »
Il releva son regard vers lui et Mycroft sentit l'hésitation qui s'installait entre eux. Aucun des deux ne voulaient la briser mais en même temps le voulaient, comme un interdit. Lestrade recula et fit retomber sa main.
« - Bonne nuit, lui dit-il avant de sortir de la pièce. »
La porte fermée, Mycroft se laissa retomber sur le lit. Ses mains tremblaient et il se releva promptement. Il se dirigea jusqu'à la porte et l'ouvrit.
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« - Inspecteur, vous…
- Vous savez que vous pouvez m'appeler Greg non ?, le coupa-t-il. »
Le visage de Mycroft se décomposa et il sembla perdre tout son courage.
« - Je quoi ?, continua l'inspecteur alors que l'autre refermait la porte.
- Vous n'êtes pas obligés de dormir sur le canapé. Il y a une deuxième chambre. »
Il inspira longuement et se dirigea vers la porte que Mycroft lui désignait et s'y enferma sans rien ajouter. La pièce était très impersonnelle, les murs n'étaient pas tout à fait blanc mais presque, les meubles simples et gris clair, on aurait pu croire une chambre d'hôtel d'un Ibis ou un autre du même genre. Le lit était fait, et n'avait aucun pli, comme si les draps avaient été repassés à même le matelas. Il n'osa même pas y toucher et même si l'alcool commençait à quitter son corps et qu'il voulait dormir, il ne voulait pas salir les draps. Il ressortit donc et s'installa du mieux qu'il put sur le canapé, et à sa grande surprise, trouva très facilement le sommeil.
Il fut réveillé par des sons assez irréguliers, comme des bruits de clavier. Il se redressa vivement, complètement engourdi. Mycroft était en effet sur un fauteuil en face de lui, tapant quelque chose sur un petit ordinateur portable, la tête nonchalamment posée dans la paume de sa main gauche. Il tapait étonnamment vite avec une seule main, mais c'était un Holmes tout de même, se rappela l'inspecteur. Il croisa son regard et suspendit ses doigts au-dessus du clavier.
« - Je vous ai réveillé.
- Oui.
- J'en suis désolé.
- Je préfère largement ce genre de réveil à la sonnerie de mon portable, avoua l'inspecteur. »
Mycroft sourit distraitement.
« - C'est quoi ?, s'enquit Lestrade.
- Top secret, lui répondit Mycrof avec une moue.
- Je m'en doutais. »
Il leva les yeux au ciel, ce qui fit sourire Mycroft une deuxième fois. Décidément. Lestrade tourna la tête vers l'horloge qui était accrochée au mur derrière lui. Il était presque trois heures. Mycroft ferma l'ordinateur, le posa sur la table et s'assit près de Lestrade qui ne broncha pas.
« - Je ne vous ai pas vraiment assez remercié pour hier soir. »
Il ouvrit grand les yeux. Est-ce que Mycroft Holmes était vraiment en train de s'excuser ? Là, maintenant ? Son cœur se serra lorsque l'homme en face de lui baissait les yeux. Il savait que s'il ne le faisait pas, il allait le regretter. Il prit une profonde inspiration.
« - Vous pouvez faire quelque chose pour me remercier.
- Je ne vous donnerai pas de secret d'État, lui répondit-il d'un air trop sérieux.
- Vous me laissez faire ? »
Mycroft hocha la tête et l'inspecteur s'approcha. Il ne savait pas pourquoi il était autant attiré par cet homme dont il ne connaissait, à vrai dire, pas grand-chose. Ses yeux plongèrent dans les siens et il n'eut plus aucun doute. Il posa doucement ses lèvres sur les siennes.
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C'est pas humain de couper là, si ? Oups ahah. Désolée pour le bug, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, j'avais pourtant bien sélectionner le chapitre 2. si vous voyez toujours le 1er chapitre en 2 fois n'hésitez pas à m'envoyer un message ou bien à me le dire en review !
À la prochaine ;)))
