Il ne savait pas pourquoi il était venu. Il attendait devant la porte. Il n'était pas là. Il le savait. Mais tout lui revenait. Et il n'avait pas envie d'être seul.
Il avait pris l'habitude de fermer les yeux, et c'est comme s'il arrivait à sortir de son corps et à flotter au-dessus d'eux lors de l'acte. Il avait arrêté de pleurer, parce que ça ne lui faisait plus rien. Il arrivait à se déconnecter quelques minutes. Harry se retira et s'effondra sur le côté. Il s'endormit rapidement et Mycroft en profita pour se lever. Il prit une douche si glacée qu'il en avait les lèvres bleues en sortant. C'est en essayant d'attraper le gel douche qu'il les vit. Les fines gouttes de sang qui tombaient dans l'eau qui peinait à s'évacuer dans les tuyaux. Il déglutit et se mit à prier très fort pour que les draps ne soient pas tâchés.
Son téléphone vibra et il décrocha. Il écouta distraitement la personne qui était en train de hurler à l'autre bout de la ligne. Il acquiesçait en russe. Il devait partir pour Saint-Pétersbourg. Maintenant. Il jeta un dernier coup d'œil à la porte avant de descendre les escaliers et de monter dans la voiture qui l'attendait devant.
Alors que la voiture roulait vers un aéroport privé, la pluie se mit à tomber lourdement sur Londres et l'orage éclata.
« - L'avion ne décollera pas avant la fin de l'orage monsieur, lui dit son chauffeur. Donc pas d'ici trois heures. »
Mycroft acquiesça distraitement, absorbé par les gouttes de pluie qui glissaient sur la vitre.
« - Au Yard alors. »
La voiture fit demi-tour vers le centre de Londres.
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Il pleuvait des cordes et la seule chose dont il n'avait réellement pas envie c'était de sortir pour aller à un hôpital à l'autre bout de la ville. Pourquoi est-ce que les victimes décédées ne pouvaient pas être gardées au Yard jusqu'à résolution du crime ? Il grimaça en pensant aux corps des victimes de Jack L'Éventreur qui aurait dus alors se trouver dans des caissons hermétiques. Il enfila son manteau et descendit au rez-de-chaussée.
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À peine la voiture arrêtée devant le Yard, Mycroft bondit hors de la voiture, et il sentit les gouttes glacées pénétrez son costume impeccable en avançant vers l'entrée.
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Lorsqu'il le vit, l'inspecteur sortit avec un parapluie qu'il ouvrit lorsqu'ils se furent rejoints au milieu du trottoir.
« - Je venais vous dire que je suis désolé. Et que je partais, dit Mycroft sur un ton neutre.
- Longtemps ?, s'enquit l'inspecteur.
- Disons que passé deux semaines, si vous n'avez aucune nouvelle, parlez-en à Sherlock. Il saura quoi faire. »
Ils se regardèrent, sans savoir quoi ajouter.
« - Je dois y aller, reprit Mycroft après plusieurs minutes. Au revoir inspecteur. »
Il s'éloigna et rentra dans la voiture qui s'éloigna en trombe vers la périphérie de la ville.
« - Au revoir Mycroft, avait soupiré l'inspecteur avant de s'avancer dans les rues pour trouver un taxi. »
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« - Tu as vraiment si peur de l'avion ?
- Tais-toi, lui répondit-il en serrant les accoudoirs au maximum alors que l'avion décollait. »
Mycroft sourit et lui prit la main. Il sentit que tous ses muscles se détendaient à son toucher et se pencha pour l'embrasser sur la joue.
« - Pourquoi tu ne me l'as pas dit, Harry ? On aurait pu prendre le bateau.
- Encore pire ! »
Mycroft pouffa et demanda un verre d'eau.
« - Tu devrais sourire plus souvent. »
Mycroft rougit et se tourna vers Harry qui reprit :
« - On l'a jamais fait dans un avion ? »
Mycroftse se figea face au sourire plein de sous-entendus de Harry
« - Pourquoi est-ce qu'il faut que tu gâches tout ?, dit tristement Mycroft.
- Fais pas le pédé Mycroft. C'est pénible. »
Mycroft leva les yeux au ciel.
« - Excuse-moi, le grand avocat a besoin de se vider en plein vol ? »
Il écarquilla les yeux et Mycroft attendait la remarque cinglante qui allait suivre. Mais il ne parla plus, et ce tout le long du trajet.
« - Monsieur, nous atterrissons. »
Mycroft eut un léger sursaut et appuya sa tête contre le hublot qui vibrait énormément. Sa tête rebondissait pour se cogner encore plus violemment contre la vitre. Il ne pleuvait pas en Russie. Il neigeait.
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Lestrade ne rentra pas chez lui les trois jours qui passèrent, ou seulement pour prendre une douche et se changer. Il ne buvait que du café et les cernes se creusaient sous ses yeux, alors qu'il essayait de mettre Marc Tendy sous les barreaux. Il faut dire aussi que l'avocat était une ordure. Il le harcelait pour avoir des réponses, et harceler était peut-être trop faible. Il recevait au moins six à sept coups de fil dans la journée, des journalistes pénétraient dans le Yard et tentaient de lui poser des questions, et Lestrade avait fini par découvrir que l'avocat jouait avec son pass pour faire entrer toutes ces personnes. Il y avait des preuves, mais incomplètes ou alors pas assez incriminantes, rien de très concret pour l'envoyer derrière les barreaux. Et au bout de cinq jours, l'inspecteur ne savait plus vers qui se tourner.
GREGORY LESTRADE : MARC TENDY VA ÊTRE LIBÉRÉ. PAS ASSEZ DE PREUVRES. DÉSOLÉ POUR VOS PLANS. -GL
Il reçut la réponse dans la seconde.
MYCROFT HOLMES : CHERCHEZ DU CÔTÉ DES DRODS. C'EST UN PETIT GANG QUI DEAL SURTOUT DU LSD. -MH
MYCROFT HOLMES : NE VOUS EN FAITES PAS POUR LES PLANS. - MH
L'inspecteur nota le nom du gang sur un papier et le donna à l'informaticienne pour avoir des infos.
Il s'effondra sur son lit, complètement habillé. Après une semaine d'enquête acharnée et d'une lutte sans relâche avec un avocat exacerbant, l'inspecteur pouvait enfin rattraper les trop nombreuses heures de sommeil qu'il avait perdue. Il dormait déjà lorsque l'écran de son téléphone s'alluma plusieurs fois d'affilées.
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Mycroft voyait trouble et les sons amplifiés résonnaient dans son crâne. Il chancelait et n'arrivait pas à reprendre ses esprits. L'avion s'était posé en catastrophe et avait ensuite explosé, touché par un projectile non-identifié, un missile. Les deux pilotes n'avaient pas réussi à se dégager assez loin avant l'explosion et Mycroft ne voulait pas sortir leur corps calcinés des flammes de cet avion dont la carcasse subissait encore de petites explosions. Des gens s'étaient approchés et lui parlaient. Il répondait à leurs questions dans un dialecte ukrainien. Il était donc perdu en Ukraine et son téléphone était hors-service. Il ferma les yeux et inspira longuement.
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Quand l'inspecteur se réveilla le lendemain après-midi, son téléphone s'était déchargé. Il haussa les épaules et le brancha tandis qu'il prenait une douche et se préparait à retourner au Yard. Il y avait passé une semaine complète, il avait bien le droit à sa matinée tout de même. Lorsque son téléphone se ralluma, il y jeta un coup d'œil. Il avait énormément d'appels manqués de messages d'urgence et de notifications de journaux en ligne à propos d'un crash d'avion. Les mots « crash », « avion », « Ukraine » et « terrorisme » le ramena à la réalité et il sauta dans le premier taxi en direction du Yard.
La première choses qu'il vit en arrivant dans son bureau fut son chef, assit à son bureau, entouré d'autres hommes, des militaires, portant beaucoup trop de décorations ou bien des hommes en costumes. Tous se turent à son entrée.
« - Inspecteur Lestrade. Où étiez-vous ? »
L'inspecteur déglutit et s'apprêter à répondre en baissant les yeux lorsque la porte s'ouvrit :
« - Nous étions en train d'en parler. Je vous en prie, asseyez-vous messieurs. »
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Non, je ne suis pas tombée dans le cliché. Ç'aurait été trop facile ! J'ai presque oublié de poster ce cinquième chapitre, j'étais un peu plongée dans le nouvel épisode de Game Of Thrones. No spoil, promis ! :)
N'hésitez pas à me laisser une petite review ? :))
