Mycroft était parti avant le lever du soleil, et Lestrade attendait six heures, allongé dans le lit froid. Il se leva avant que son réveil sur son portable ne sonne et sortit directement. Il passa prendre une douche chez lui, bu un café sur la route et entra dans le hall du Yard. Il trouva une note confirmant le lien entre Marc Tendy et le gang dont Mycroft lui avait parlé. Il appela le sergent Donovan pour qu'elle replace le suspect en question en salle d'interrogatoire et fit appeler l'avocat.
Le suspect avait craqué et allait passer devant un tribunal avec la certitude de faire des la prison. Mais l'inspecteur ne s'en réjouissait pas pour autant. Il s'était assis à la table près du distributeur et de la machine à café, attendant que son café soit préparé par le robot. Il passa sa main sur mon visage en soupirant. L'avocat du suspect s'assit près de lui.
« - Vous avez fait du bon travail inspecteur. Mais sachez que je ferai tout pour que mon client évite la prison, commença Harry Weirrod.
- Dégagez. »
Son ton était froid et sans appel. L'avocat fronça les sourcils.
« - Pardon ?
- J'ai dit : dégagez. Ou je ne réponds plus de rien. »
Il resta immobile sur sa chaise et l'inspecteur crut que le coup allait partir tout seul.
« - Vous verrez, quand il se sera lassé. Bonne journée, lâcha-t-il avec un sourire mesquin. »
Il se leva et partit, sans lancer un regard en arrière, et Lestrade jura entre ses dents. Comment un type pareil pouvait-il être toujours en liberté ?
La nuit était déjà tombée lorsqu'il partait du Yard. Il rentrait à pieds, l'air frais et le ciel découvert l'encourageait.
MYCROFT HOLMES : TOUJOURS AU YARD ? -MH
GREGORY LESTRADE : J'EN SORS. DESTINATION PARTICULIÈRE ? -GL
MYCROFT HOLMES : CORÉE DU SUD. -MH
GREGORY LESTRADE : DÉJÀ PARTI ? -GL
MYCROFT HOLMES : OUI. -MH
MYCROFT HOLMES : JE RENTRE DANS TROIS JOURS. -MH
GREGORY LESTRADE : J'ESPÈRE AVOIR DES NOUVELLES AVANT. -GL
MYCROFT HOLMES : BIEN SÛR. -MH
L'inspecteur sourit et rangea son téléphone dans la poche de son manteau. Il continua sa route et se retrouva nez-à-nez avec Harry Weirrod en tournant à une intersection. Il continua son chemin sans s'apercevoir que l'autre le suivait. Il se retourna vers lui après plusieurs minutes, devant la vitrine d'un grand magasin éclairé de mille feux. Les jouets étaient encore animés derrière les vitres. Ils se tenaient à quelques centimètre l'un de l'autre.
« - Laissez-moi vous parler.
- Pourquoi est-ce que je devrais vous écouter ?
- C'est important.
- Non, répondit l'inspecteur un peu trop fort, ce qui fit se retourner quelques passants. Je ne comprends même pas que vous veniez me parler.
- C'est à propos de…
- Je ne veux pas vous entendre.
- Mais c'est important !
- Taisez-vous ! »
Il vit l'éclair de colère dans les yeux de l'homme en face de lui. Il suivit son regard vers une caméra qui était pointée sur eux. Il se retourna vers l'autre homme qui l'embrassa furtivement avant de partir presque en courant. L'inspecteur était resté planté là, complètement perdu mais aussi plein de colère et de haine.
MYCROFT HOLMES : [PIÈCE JOINTE]
Il ouvrit la pièce jointe et une image de vidéo-surveillance s'afficha. Il soupira et se retourna vers la caméra qui avait changé d'angle. Il reposa les yeux sur la photo de lui, debout sur le trottoir, de profil, se faisant embrasser par Weirrod, qui était – malheureusement – très reconnaissable sur cette photo.
GREGORY LESTRADE : REGARDE-MOI. -GL
Il attendait, face à la caméra qui ne bougeait pas.
GREGORY LESTRADE : REGARDE-MOI. -GL
La pluie commença à tomber, fine et froide. Les premières gouttes s'écrasèrent sur ses épaules et furent vite rejointes par leurs nombreuses consœurs. Il restait là, debout, devant une caméra obstinément tournée de l'autre côté. Il n'était pas étonné que Mycroft soit du genre à l'ignorer. Ou peut-être était-il occupé ?
Il était resté debout sur ce trottoir pendant une heure, essuyant une averse assez violente, comme il y en a beaucoup au mois de novembre. Il éternua et reprit le chemin pour retourner chez lui.
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Il l'avait suivi pendant toute la distance qui le séparait de ce magasin à chez lui. Il savait qu'il ne réagissait pas correctement, mais il ne voulait plus s'ouvrir aux autres. Tant pis. Cette scène l'avait bien démontrée non ? Il rouvrit la conversation.
HARRY WEIRROD : TU COUCHES AVEC LE FLIC ? SÉRIEUX ? -HW
HARRY WEIRROD : TU ME DÉÇOIS. -HW
HARRY WEIRROD : FAISONS UN PARI. DANS DEUX SEMAINES IL AURA CHANGÉ DE CÔTÉ. -HW
HARRY WEIRROD : J'AI GAGNÉ. -HW
Il jeta le téléphone en travers de l'avion et fixa l'extérieur tout le reste du trajet.
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L'inspecteur passa la semaine qui suivit dans son bureau du Yard, entre courses poursuites, sarcasmes de Sherlock et paperasse. Il ne s'était pas vraiment posé et une série de meurtres avait eu lieu, et Sherlock, encore plus défoncé – parce que, oui, c'était le mot – ne prenait aucune précaution. Il passait plus de temps à chercher le cadet des Holmes avec le docteur Watson que de courir après le meurtrier. Lorsque dimanche arriva, il se réveilla en sursaut. Il s'était endormi sur son rapport et l'encre qui était alors fraîche, avait déteint sur sa joue. Il se redressa et se remit au travail. Ses doigts tapaient sur les touches du clavier à une vitesse réduite. Un dossier manquait dans sa pile. Il soupira et se mit à chercher dans toutes les piles qui se trouvaient çà-et-là, un peu partout dans son petit bureau. Aucun signe du dossier. Il réfléchit à l'endroit où il aurait pu être. Pas chez lui, il n'y était pas retourné depuis plusieurs jours. Le seul autre endroit où il aurait pu être était l'appartement de Mycroft. Il soupira, prit ses affaires et se mit en route pour ledit appartement.
Il s'arrêta devant la porte. Il n'avait pas les clefs, et Mycroft n'avait jamais répondu à ses messages depuis l'autre nuit. Il toqua à la porte et attendit. Aucune réponse. Il retapa à la porte. Toujours aucune réponse. Il essaya d'ouvrir la porte, qui n'était pas fermé. Il se retrouva debout sur le seuil, un air ébahi sur le visage. Il referma la porte derrière lui et s'avança, cherchant le fameux dossier. Il se baissa pour regarder sous le sofa quand il sentit une main le tirer par les cheveux et la lui plaqua violemment sur la table basse vitrée. Il réussit à se retourner et repoussa son agresseur d'une jambe. Il se redressa tant bien que mal en essuyant le sang qui s'échappait de son nez. Il n'eut pas le temps de riposter et fut plaqué au sol. Sa vue se brouilla tandis que son agresseur lui assenait un coup de poing au visage. Suivi d'un autre. Et d'un autre. L'inspecteur perdit connaissance au quatrième coup.
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Il demanda au chauffeur de faire un détour par le Yard. Il devait s'excuser, il le demanda à voir l'inspecter Lestrade, et on lui répondit qu'il n'était pas venu ce matin. Il fronça les sourcils et demanda à la secrétaire quand l'avait-elle vu pour la dernière fois.
« - Vendredi soir, comme d'habitude, mais il s'est servi de son pass hier à 14H00, lui répondit-elle. C'est vraiment étrange, l'inspecteur a l'habitude de passer ses week-ends ici, mais il est toujours présent le lundi. »
Mycroft la remercia vaguement et sortit. Il connecta son téléphone aux caméras du Yard. On pouvait y voir l'inspecteur sortir, des dossiers sous le bras et monter dans un taxi. Il suivit le taxi dans les rues de Londres jusqu'à l'immeuble où était son appartement. Il le vit sortir et entrer dans l'immeuble. Il sourit, rangea son téléphone dans sa poche et remonta en voiture.
« - La City. »
La voiture démarra et s'enfonça dans le cœur de la ville.
Il arriva devant la porte, et sut tout de suite que quelque chose n'allait pas. Il ouvrit précipitamment la porte et se rua à l'intérieur. Il y avait des traces de sang sur la table vitrée mais aussi sur le tapis. Il fit un rapide tour de l'appartement. Aucun signe de l'inspecteur.
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Désolée de ce retard, les exams me rattrapent. Je suis vraiment navrée pour les fautes, je n'ai pas réellement le temps de me relire (je vais le faire dans quatre jours et me hurler intérieurement dessus en voyant les énormes bourdes que j'aurais laissé).
N'hésitez pas à me laisser une petite review, et à la prochaine !
