Disclaimer : scènes de violences et de tortures

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« - J'en sais rien moi, d'où il est ce dossier. »

On lui tira la tête en arrière, mit un morceau de tissu sur son visage et on y versa de l'eau glacée. Il suffoquait et son corps commença à trembler violemment. Il allait perdre connaissance quand on retira le tissu. Il posa son menton sur son torse en respirant bruyamment.

« - Où est-il ? »

La voix était sourde et résonnait dans sa tête. Il releva la tête vers celui qui lui parlait, les cheveux dégoulinant sur son front.

« - J'en sais rien. Je le cherchais aussi. »

Il vit la pince arriver près de son annulaire droit. Il essaya de les replier mais on les lui plaqua sur l'accoudoir de la chaise sur laquelle il était attaché et il ne put s'empêcher de hurler quand on lui arracha l'ongle.

« - Je répète ma question : où est-il ? »

Il secoua négativement la tête, au bord des larmes.

« - Je vous jure que je vous dis la vérité. »

On lui arracha l'ongle suivant. Il laissa ses larmes rouler sur ses joues. Il avait déjà été torturé, mais avant il n'avait rien à perdre.

Il respirait difficilement. Il gardait les yeux fermés, la tête baissée. Il ne savait pas depuis quand il était là, ni où il était. Il entendit des pas derrière lui et ferma les yeux un peu plus fort. Il sentit une lame froide au niveau de ses poignets et couper les serflex qui le maintenait attaché à la chaise. Il se laissa tomber en avant et fut réceptionné avant d'atteindre le sol. Il entendait les cris, les sirènes et les coups de feu tirés. On le laissa se mettre à genou sur le sol. Il chancela et on le rattrapa une nouvelle fois avant de toucher le sol. Mais cette fois-ci on ne le lâcha pas. Il essaya de se concentrer sur la voix de celui qui le tenait, ses deux bras l'entourant.

« - Mycroft ? »

Sa voix était enrouée et basse. Il entendit des cris et une sirène plus proche. Il perdit connaissance alors qu'on le mettait sur un brancard.

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Il attendait qu'il ait fini. Le directeur du Yard déblatérerait des idioties et Mycroft le coupa :

« - Non, son dossier était trop délicat. Vous auriez dû mettre quelqu'un d'autre sur cette affaire avec lui. Non, je ne veux rien entendre. »

Il raccrocha en soupirant. Il pianota sur son téléphone, et envoya tous les éléments à Sherlock. Il était trop préoccupé pour s'en charger de toute façon.

SHERLOCK HOLMES : TON TOUTOU LESTRADE EST MALADE ? -SH

MYCROFT HOLMES : SOINS INTENSIFS. -MH

SHERLOCK HOLMES : OK. -SH

Mycroft remarqua le manque de répartie de son frère mais ne dit rien et rangea son téléphone dans sa poche. Il allait s'en aller lorsque le docteur Watson apparut à l'angle du couloir. Il savait qu'il travaillait ici depuis quelques jours, mais pas dans ce secteur. Lorsqu'il l'aperçut, il lui fit un signe et s'avança vers lui.

« - Il va bien Mycroft. Juste un peu sous le choc, lui dit-il en lisant une fiche.

- Qu'est-ce qui vous fait dire que…

- Sérieusement Mycroft ? Je ne suis pas Sherlock, le coupa-t-il en souriant. »

Il repartit et s'éloigna. Avant de tourner dans le couloir, il se retourna et lui donna le numéro de la chambre, en lui précisant qu'il était venu dans ce service précis juste pour lui dire. Mycroft ne broncha pas jusqu'à ce qu'il disparaisse mais en le remerciant intérieurement. Il replongea sur l'écran de son téléphone. Un attentat venait d'avoir lieu en Afrique subsaharienne, et il devait y répondre au plus vite. Il soupira et pianota des instructions. Il envoya des mails à des ONG, aux ambassadeurs britanniques et aux ministres. Il se fit une liste mentale de tout ce qu'il devait faire et se dirigea vers la chambre 225.

Il faisait sombre et seuls les bips continuent des machines et la respiration très lente de l'inspecteur se faisaient entendre. Mycroft remarqua qu'il dormait et laissa un mot sur la table avant de sortir de la pièce.

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Il se réveilla avec un mal de crâne énorme. Il pensa d'abord qu'il avait dû beaucoup trop boire la veille et ouvrit brutalement les yeux. Les lumières étaient éteintes mais ce n'était pas sa chambre. Ni celle de Mycroft. Il essaya de se redresser brusquement, sans succès. Tout son corps le faisait souffrir, de la tête au bout des ongles. Il jeta un coup d'œil aux bouts de ses doigts et la vue des pansements imbibés de sang le fit revenir sur son expression. Bout des doigts ? Une infirmière entra et lui posa une série de questions auxquelles il répondit vaguement. Il n'arrivait pas à se concentrer sur quelque chose de précis et il soupira avant de demander si quelqu'un attendait ou était venu le voir. L'infirmière le regarda d'un air désolé et secoua négativement la tête. Elle sortit sans faire de bruit, laissant l'inspecteur couché sur le lit, le regard dans le vide. Il n'était pas venu. Finalement, il n'était pas surpris. Mycroft ne devait pas être du genre à se soucier des autres. Mais d'un autre côté, en repensant à ce qu'il lui avait raconté, il avait raison. Il laissa sa tête rouler sur le côté et aperçut une feuille pliée en deux, posée sur sa table de chevet. Il l'attrapa fébrilement avant de l'ouvrir et de la lire.

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Il établissait un plan de contre-attaque. Les généraux de l'armée britannique étaient amassés autour d'une carte tandis qu'il lisait un rapport sur les derniers événements. On lui adressait souvent la parole pour avoir son avis, et chaque fois il répondait d'un signe de la main, absorbé par tous ces rapports qu'il devait lire.

SHERLOCK HOLMES : LE DOSSIER TRAÎTAIT D'UN PSEUDO-GANG DE DEALERS. C'ÉTAIT EN FAIT UNE BRANCHE DE LA MAFIA ESPAGNOLE. ILS ONT UN CONTACT TRÈS BIEN PLACÉ EN ANGLETERRE. -SH

Mycroft dû relire le message de son frère une deuxième fois avant de comprendre. C'est lui qui avait mené l'inspecteur sur cette piste de drogue. Pourquoi ne savait-il pas que c'était une branche de la mafia espagnole ? Quoi d'autre avait échappé à son attention ? Il réfléchissait à toute allure, éliminant toutes les idées possibles et inimagineables les unes après les autres. Il ne lui restait que trois options possibles, et il n'aimait aucune d'entre elles.

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Tout devenait flou autour de lui, il pouvait entendre la machine s'affoler avant d'être coupée. Il tourna la tête pour essayer de distinguer la forme dans l'ombre qui s'assit sur le fauteuil près du lit.

« - Vous ne savez toujours pas où il est ? »

L'inspecteur se raidit. Il essaya de parler mais sa langue était molle. Ses bras refusaient de bouger et il tourna la tête de l'autre côté pour essayer d'attirer le regard de quelqu'un venant du couloir. Mais il n'y avait personne. Pourquoi y aurait-il quelqu'un ? Sa femme était parti avec ce type qu'elle avait rencontré plus jeune. Ses collègues devaient juste apprendre la nouvelle et… Il ne préférait pas penser à la suite de sa liste. Il retourna la tête vers la personne assise dans la chaise. Son mouvement se fit de plus en plus lent, et sa tête tomba sur le côté.

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Il ouvrit la porte plus violemment qu'il ne l'aurait voulu. Un silence l'accueillit. Les machines étaient éteintes. Il les ralluma et un son strident se fit entendre avant de laisser place à des petits « bip » irréguliers et beaucoup trop espacés les uns des autres. Il attrapa le visage de l'inspecteur en coupe entre ses mains. Ce dernier ouvrit lentement les yeux.

« - Je dormais.

- Avec beaucoup trop de morphine, lui fit remarquer Mycroft.

- Sûrement, mais c'est uniquement médical, monsieur, lui répondit-il en souriant faiblement. »

Il l'embrassait sur la joue quand son téléphone sonna. Il jeta un regard désolé à l'inspecteur qui aborda une expression complètement neutre. Mycroft décrocha et écouta attentivement en hochant la tête. Quand il eut raccroché, Lestrade le regardait. Ou plutôt le fixait.

« - Tu peux y aller, Mycroft. »

Il resta là, en suspend, le téléphone à moitié rangé dans sa poche. Ces cinq mots lui avaient fait plus d'effet que les événements qui avaient précédé sa venue. Il le regarda. Il avait détourné la tête.

« - Gregory, je suis…

- Désolé, je m'en doute, le coupa-t-il en retournant son visage vers lui. Je sais Mycroft. Repasse ce soir au moins. »

Mycroft hocha la tête et sortit de la chambre.

SHERLOCK HOLMES : JE PENSE QUE TU LE CONNAIS. -SH

SHERLOCK HOLMES : [PIÈCE JOINTE]

Mycroft s'arrêta en plein milieu du couloir. L'image affichée sur son téléphone l'avait stoppé net. Il serra fortement les poings et prit lui-même le volant de la voiture.

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Ahhhh suspens. Oui, je sais, c'était un début assez violent, désolée :(( j'ai fini d'écrire cette histoire cette semaine, il ne reste que quelques chapitres et… [NO SPOIL] !

Anyway, bonne lecture ! (et n'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé en revieeww :)) !)

À la prochaine !