[Petit mot d'avant lecture: Coucou ! Enfin je viens déposer le nouveau chapitre de la semaine :D En revanche, je m'excuse d'avance, mais d'habitude j'en prépare deux, mais avec mon boulot, j'ai pris du retard dans les corrections :( Cependant, ce chapitre est assez long, et je pense pouvoir publier en début de semaine prochaine, j'espère que le temps d'attente ne sera donc pas trop long :) Puis, ce chapitre se termine sur la fin du séjour au chalet, ou du moins, il clôture l'année pour nos héros !
Je vous laisse découvrir tout cela et je vous souhaite une bonne lecture :D]
Rayan
-Raclette ! Raclette ! beuglaient Alexy et Priya tandis que nous arrivions sur le parking du centre commercial qui se trouvait à trente minutes en voiture du chalet. Une chance que ce dernier ait gardée ouvertes ses portes un dimanche matin, exceptionnellement, pour les emplettes du nouvel an.
-Je savais que j'aurais dû y aller avec Leigh…soupirai-je en les voyant prendre un chariot dans lequel Alexy monta dedans, les genoux pliés contre lui-même.
-Ah non, t'es un gros sac, j'te pousse pas !
-J'suis pas gros ! s'outra Alexy qui défia notre amie du regard.
Je soupirai… Derrière moi, j'entendis Tallulah descendre enfin de la voiture, le portable toujours collé à l'oreille tandis que Rosa l'eut appelée pour lui demander d'ajouter d'autres articles sur notre liste. Je la vis écarquiller les yeux en constatant sûrement le monde autour de nous, alors qu'elle balayait le parking d'un regard. Après de brèves salutations elle raccrocha et soupira.
-T'es sûr qu'on n'aurait pas pu y aller demain ? Il était ouvert pourtant…
-Il y aurait eu encore plus de monde, assurai-je : Les achats de dernières minutes sont à la mode, haha !
-Oui, enfin on n'est pas spécialement en avance non plus, précisa-t-elle.
-On est que le 30 ! ris-je. Je lui pris la main et ensemble, nous rejoignîmes les deux gamins adultes qui se disputaient pour savoir lequel des deux allaient monter dans le chariot et se faire pousser par l'autre.
-Aucun des deux, trancha Tallulah : On n'a pas mal de courses à faire, vous prendrez trop de place.
-Mais j'ai mal aux pieds, se plaignit Alexy qui commença à traîner les savates, les mains dans les poches.
-T'en as pas marre de te plaindre ? Le cassai-je un peu, le trouvant un tantinet lourd sur les bords.
-Il boude car il est de corvée de courses sans son chéri, rit Priya.
-C'est bon, ça va pas le tuer de passer deux heures sans lui, soupirai-je.
-Oh l'autre ! s'outra Alexy : c'est m'ssieur déprime qui dit ça !
-Il y a une différence entre ne pas pouvoir passer des jours sans voir ton compagnon et deux heures, hein… rectifiai-je, agacé : J'te rappelle que je ne peux pas passer autant de temps que je le voudrais avec Tallulah en dehors des vacances, ma « déprime » comme tu dis, étais plus légitime que tes complaintes de maintenant.
-On n'est pas dans le même cursus non plus, on s'voit pas tant que ça, rétorqua l'autre.
-Oh, Alex', t'es de mauvaise foi là…ricana Priya : Hyun pourra le confirmer je pense, mais vous vous voyez souvent quand même.
-Pourquoi Hyun ? s'étonna-t-il.
-Sûrement parce que tu squattes sa chambre, hm ?
-En plus, pouffai-je : je me serais mal vu squatter la chambre de Tal' quand elle dormait encore au dortoir.
-Eh bah c'est que tu ne voulais pas la voir ! pesta Alexy.
Je m'arrêtai et lui jetai un regard noir.
-Hé oh ! On se calme là, s'écria Tallulah au milieu du parking, sous le regard penaud de Priya qui nous dévisageai, tour à tour, Alexy et moi.
Un lourd silence s'abattit et l'indienne proposa qu'on se divise en deux groupes pour aller plus vite. Ils prirent le chariot, se chargeant de récupérer les affaires les plus lourdes, tandis que, ma petite amie et moi, prîmes un panier à l'entrée, nous chargeant des articles moins imposants. La liste divisée, nous prîmes chacun notre moitié et partîmes dans des directions opposées.
Un peu contrarié, je restai silencieux et zieutai les rayons sans leur porter grand intérêt. Ma chérie me guidait, et nous déambulions d'un pas lent dans les couloirs. « C'est que tu ne voulais pas la voir ! » Je tiquai, en faisant claquer ma langue par agacement. Si Alexy pensait cela, alors, à mes yeux ce n'était qu'un imbécile capricieux qui n'avait rien compris à notre situation.
-Et ce soir je compte tailler une pipe à Hyun.
-Quoi !? m'outrai-je, la voix portante dans le rayon d'aliments pour animaux de compagnie. Qu'est-ce qu'on fiche dans ce rayon !?
-Ah ! Ça y est tu m'écoutes !? s'énerva ma cadette, le sourcil relevé avec curiosité.
-J-je… (Je me râclai la gorge, non sans rougir) Excuse-moi, tu disais ?
Soupirant, Tallulah secoua la tête d'un air désabusé avant d'enrouler mon bras avec tendresse et rependre notre chemin.
-Je voulais savoir si nous pouvions faire un tour dans les galeries une fois nos emplettes faites ici. Si on a le temps, ça ne te dérange pas de m'accompagner.
-Bien sûr que non... souris-je : Tu veux aller où ?
-J'ai repéré une boutique de maquillage, je voulais me retrouver un rouge à lèvres comme celui que j'ai perdu.
Je me souvins de notre soirée au Bungalow et de son numéro de téléphone écrit avec son rouge à lèvres. J'opinai en lui adressant un sourire bienveillant. Un nouveau silence s'installa, tandis que nous trouvâmes le rayon des gâteaux apéritifs.
-Tu ne penses quand même pas à ce que t'as dit Alex', n'est-ce pas ? me demanda Tallulah, tandis qu'elle prenait un sachet de chips.
Je baissai les yeux vers notre panier, hésitant à répondre, et je triturai une boîte de biscuits salés d'une main. J'appuyai ses dires dans un sourire navré.
-Tu sais… (elle renifla un rire amer) j'ai parfois fait les frais du sale caractère d'Alexy. Lui et Rosa sont parfois exigeants envers eux-mêmes mais aussi avec leurs proches. Mais je sais aussi, qu'en leur expliquant que ça ne va pas, ils comprennent et réfléchissent.
-En l'occurrence, il n'a pas été exigeant mais plutôt étroit d'esprit.
-La différence est fine, gloussa-t-elle : Il exige de toi que tu acceptes son agacement sans se soucier du tiens. Or, ça ne fonctionne pas comme ça.
-Bien sûr que non, c'est pour ça que je lui ai dit qu'il n'avait pas à se plaindre comme il le fait ! Je ne pense pas avoir eu tort…Je ne dis pas que je ne le comprends pas c'est juste-
-Ne t'en fais pas, il le sait, mais son égo a pris le dessus. Et il n'a pas l'habitude qu'on le remette un peu à sa place, du moins en dehors de Rosa et moi. Mais je crois que Priya doit lui en toucher deux mots en ce moment, haha ! Elle n'a pas sa langue dans sa poche, surtout lorsqu'il s'agit de la bonne ambiance du groupe.
-J'ai horreur des gens qui passent leur temps à geindre… renchéris-je, un peu bougon. Cela sembla amuser ma cadette qui ricana non sans lever les yeux au ciel.
Continuant nos courses, nous prévînmes Priya et Alexy par message que nous ferions un tour dans les galeries. Juste devant la boutique qu'elle eut repérée, se trouvait plusieurs stands éphémères d'artisans proposant leurs créations comme cadeaux pour les fêtes. Cela allait des sculptures hors de prix, aux toiles, ainsi qu'aux écharpes confectionnées à la main et à la laine de qualité pour terminer sur des bijoux incorporant des pierres semi-précieuses provenant des montagnes du coin. Je repérai des accessoires unisexes, passant des boucles d'oreilles jusqu'aux montres… Des montres… Aussitôt, mon regard s'attarda sur le poignet de ma cadette, dénudé de sa précieuse montre.
-C'est là ! Tu viens ? me dit-elle en me guidant à l'intérieur.
-Euh…ce n'est pas trop mon truc le maquillage, je vais rester devant, dis-je en paraissant le plus serein possible.
-Hein ? Mais tu m'as dit que ça ne te dérangeait pas… ronchonna-t-elle un peu.
-Allez, j'suis sûre que tu vas mettre trois plombs en plus ! plaisantai-je.
-Rah les mecs…pesta-t-elle en me lâchant la main avant de s'engouffrer dans la boutique. Je voulus lui prendre son sac de courses des mains mais elle assura qu'elle se débrouillerait sans moi.
-Quelle tête de mule…soufflai-je dans un rire attendri.
Désolé, mais c'est pour la bonne cause ! me dis-je en me retournant vers le stand des montres. Je pouvais voir l'artisan, assis sur un tabouret, travailler le cuir d'un bracelet qu'il cousait à la main. Ses mains étaient légèrement tremblantes, mon ce regard très sérieux ne se détachait pas de son œuvre. Ile me rappela mon grand père lorsqu'il rédigeait ses textes.
-Bonjour, pardon de vous déranger mais…
-Oh…fit le vieil homme en redressant ses lunettes sur son nez : Bonjour, veillez m'excusez je ne vous avais pas vu.
-Pas de souci, assurai-je en lui souriant : Dites-moi, je recherche un cadeau pour… (Je levais les yeux au ciel, non sans rougir) …pour une personne spéciale et-
-Haha, vous êtes bien le premier à me sortir une telle phrase ! D'habitude, on me dit plutôt qu'on recherche quelque chose pour un père, une petite sœur ! (Il essuya ses lunettes) C'est pour l'élue de votre cœur, je me trompe ? sourit-il, la voix rauque.
J'opinai.
-Que recherchez-vous ?
-Hé bien…à vrai dire elle chérissait beaucoup une montre, qu'elle a… (Je serai les dents) …perdue. Je comptais essayer de retrouver le même modèle, mais je ne l'ai plus vraiment en tête. Je sais juste que le cadrant était plus large que la moyenne.
-Dans ce genre-là ? Il me proposa une montre avec un cadrant comme celui de la montre de Tallulah.
-C'est ça ! Il me semble qu'il était blanc et…
-Si je peux me permettre, chaque montre à son utilité, à sa raison d'être portée.
Confus, je papillonnai en le toisant longuement. Après avoir reposé la montre, il observa avec affection une autre œuvre qu'il sembla vouloir remettre à l'heure.
-Certes, son utilisation de base et de donner l'heure, mais on peut toujours se demander : « Pourquoi savoir l'heure par cette montre ? Tant de gadget le font aujourd'hui ! » Une montre se doit de donner l'heure pour une raison spéciale, certains souhaite simplement arriver à l'heure… (J'eus un rictus en pensant à ma chérie) …d'autres veulent habiller leur poignet, certains les collectionnes, et parfois, d'autres raisons, plus intimes s'y mêlent laissant place à une douce nostalgie qui rendra le bijou unique.
Gardant la monte dans sa main, il releva ses yeux par-dessus ses verres et croisa mon regard :
-Et vous ? Que désirez-vous transmettre comme importance à cette montre ?
Sans comprendre pourquoi, mon cœur se serra et l'espace d'un instant mon regard se perdit dans le lointain de mes songes. Ce que je veux lui transmettre ? Comment savoir ? Je voulais simplement lui remplacer sa précieuse montre... Alors je fermai les yeux, comme si cela éclairerait les raisons qui hantaient le profond de mon être… Lui faire plaisir ne suffisait pas ? Que lui transmettre si ce n'est pas le plaisir d'offrir ? Mon cœur se mit à cogner plus fort dans ma poitrine, tandis que je songeai aux dires de ma cadette, de moments intenses que nous vécûmes ensembles… « Prends ton temps Rayan…on ira à ton rythme » elle avait su m'attendre… « Je sais que ça peut paraître tôt, et qu'on encore beaucoup à apprendre de l'un et de l'autre… » plusieurs mois s'étaient écoulés avant que nous décidions à nous approcher plus encore et de nous mettre ensemble. « C'est à moi de gérer mon temps…pardonnez-moi mais je dois y aller… » constamment en retard, elle se jetai toujours la pierre. « Si on a le temps, ça te dirait d'y aller avec moi ? » peu importait où, elle me voulait à ses côtés. « Christine n'a plus le temps, Raoul… » pourtant il lui courrait toujours après ! « Bah alors, c'est la vieillesse qui te rend comme ça ? haha ! » elle eut accepté notre écart d'âge. Un temps qu'elle ne pourrait rattraper, et que je ne pourrai remonter car la course du soleil était ainsi faite… « Heureusement que j'avais dit 1h ! ça va bientôt commencer, viens me rejoindre ! » Le souvenir impérissable de cette nuit magique passée sous les étoiles… « Enfin, votre journée est terminée ? » elle s'était toujours inquiétée de me voir débaucher tard alors que je la rejoignais au café… « J'ignore jusqu'où nous irons ensemble, mais je ne veux pas que ça finisse par une habitude de vie… » le temps n'aurait pas raison de notre amour.
Car cela n'avait pas d'importance après tout.
-Je veux lui dire…que le temps n'a pas d'importance, du moment qu'on est ensemble, lui partageai-je enfin, le regard franc et le cœur battant.
Le vieil homme me sourit avec une douceur qui me toucha, puis, d'un geste il m'invita à regarder toutes ses œuvres et ensemble, nous choisîmes la montre parfaite pour une femme qui l'était en tous points à mes yeux. D'ailleurs, Tallulah revint lorsque que l'artisan emballait son cadeau, et je dus détourner son attention pour un temps et trouver la plus bidons des excuses alors qu'elle me demandait pour qui j'achetai une montre.
-T'as pas du rouge à lèvres à acheter, toi ?
-Si ! (Elle agita un petit sac en papier de couleur mauve) J'en ai trouvé quatre plutôt sympa, je pense en mettre un pour la soirée de demain, sourit-elle en me les montrant.
-Des liquid… ? Des quoi ?
Elle leva les yeux au ciel en m'expliquant qu'il s'agissait de rouges à lèvres liquides. Ma cadette m'en présenta un d'une couleur qui rappela celui qu'elle eut perdu, un peu sombre, mais qui lui seyait si bien. Pour la taquiner un peu, je lui pris des mains et voulus lui déposer sur les lèvres.
-Arrête, tu n'sais pas faire ! râla-t-elle en essayant de me le reprendre.
-Mais laisse-moi essayer, on a le droit à une première fois à tout, non ?
-Haha, ok vas-y. Mais pas trop, tapote un peu avant…
Aussi précis qu'avec un pinceau sur une toile délicate, je fis le contour de sa lèvre inférieure, puis, je vins m'attarder sur la supérieure que je trouvai des plus tentatrices.
-Range-moi ce petit appendice, rit-elle en désignant le bout de ma langue que je me fus mordue alors que j'étais concentré.
J'étirai un sourire amusé, dévoilant mes dents et rebouchai le tube. Tallulah s'examina dans le retour de la caméra de son portable et me félicita.
-Une première fois réussie ! Chapeau l'artiste !
-Tu te moques un peu, là, non ? m'enquis-je en l'attirant contre moi sous ses éclats de rire.
-Et voilà pour vous, s'exclama l'artisan qui me tendit le cadeau, déposé dans un petit sac satiné, ocre.
-Je vous remercie.
Alors que j'allais saluer le vieil homme, ma cadette se pencha vers les montres.
-Attends, je vais voir si je ne m'en retrouve pas une…
Mon cœur rata un battement, et je pouvais presque sentir une goutte de sueur perler sur mon front.
-Oh euh… on doit retrouver les autres, ils vont finir par s'inquiéter. T'as pas mal traîné dans la boutique !
-Woh l'autre ! Quelle mauvaise foi, ce n'est pas moi qui attendait de me faire emballer le paquet, hein !
L'artisan laissa s'échapper un rire offusqué, tandis que je virai au rouge pivoine à l'écoute des propos tendancieux que sa langue venait de fourcher. Du Tallulah tout craché ! songeai-je en me faisant violence pour ne pas partir dans un fou rire, alors qu'elle me jaugeait avec sérieux, sans réaliser notre embarras au vieil homme et moi.
-Oui, voilà, j'ai traîné et maintenant on n'a plus le temps de flâner ! ricanai-je en essayant de contenir ma voix : Zouh !
Saluant et remerciant sincèrement l'artisan, j'entraînai ma cadette jusqu'à la voiture où nous trouvâmes Priya et Alexy en train de nous attendre, les sacs de courses à leurs pieds. « Pas trop tôt ! » râla Alexy, mais cette fois-ci je n'en fis pas de cas.
Pour Tallulah et moi, rien de serait trop tôt, ni trop tard. Tout tombait à point pour nous…
De retour au chalet, nous fûmes accueillis par Leigh qui préparait de quoi nous sustenter pour ce midi. Rosalya était installée à la table, juste derrière lui, découpant soigneusement de petites bandes de papier, sur lesquels étaient inscrits quelques mots.
-« Genoux » ? Hein ? Tu fais quoi là ? ricanai-je avant qu'elle ne me prive du papier.
-Oust ! Va-t'en ! c'est pour demain soir, me sourit-elle.
-Houlà…moi je joue pas…glissa Tallulah qui rangeait les courses.
Curieux, je lui demandai pourquoi elle disait cela. Priya me répondit alors que Rosa était une spécialiste des jeux à gages.
-Le souci c'est que ç'a toujours mal fini pour moi, alors, je préviens tout de suite que je ne jouerai pas ! grogna ma cadette qui arracha quelques gloussements de la part de ses amis.
-Une sorte d'action/vérité ? demandai-je à Rosalya.
-C'est ça ! Mais pour les « grands », si tu vois ce que je veux dire…, me partagea-t-elle avec un clin d'œil.
Sceptique, je hochai la tête, puis, portai mon attention sur ma cadette qui rougissait.
-T'es tombée sur quel genre de gage pour que tu sois si réticente à jouer ? osai-je la questionner.
Tallulah se crispa, resta muette et continua à déballer les sacs en compagnie de Priya qui s'esclaffait. Soudain, Alexy intervint :
-C'est sur toi que c'est tombé de travers le parc à poil, non ?
-ALEXY ! beugla ma petite amie qui prit la couleur de son rouge à lèvres.
-Oh, oui c'est vrai ! rit Leigh qui parut offusqué : J'avais oublié, haha !
Ecroulée sur la table, Rosalya, elle, semblait s'en souvenir parfaitement. Au fond de moi, je me dis que ce nouvel an allait être intéressant.
-Cela n'avait rien d'adulte comme gage, c'était d'la connerie ! reprit Tallulah.
-Bah pourquoi tu l'as fait alors ? gloussai-je.
-Parce que l'alcool donne des ailes, tiens ! Mais surtout, j'avais usé tous mes droits de passer mon tour alors…
-On peut passer son tour ?
-On t'expliquera tout ça demain soir, aide-les donc à ranger les courses, t'es debout depuis tout à l'heure, me fit-elle remarquer.
Il était vrai que j'étais resté bloqué devant la table, intrigué par ce jeu qu'elle préparait et que semblait tant redouter Tallulah. Quand tout fut rangé, nous attendîmes le retour de Hyun et Castiel qui étaient de charge pour le bois, tandis que Morgan, qui semblait avoir attrapé un coup de froid au lac, était resté cloué au lit, grelottant sous la couette. Alexy s'était chargé de lui apporter à manger, mais le malade ne parvint rien à avaler, et nous commençâmes à redouter son état de santé pour demain soir.
-Il dit qu'après du repos, il ira mieux, intervint Alexy qui nous rejoignis à table.
-J'ai des médicaments avec moi, lui informa Tallulah et tous deux décidèrent d'essayer de lui donner quelque chose pour au moins aider à faire passer le mal de tête de Morgan.
Après le déjeuner, nous nous retrouvâmes dans le salon, autour de café et de thé, en discutant énergiquement tous ensemble. Tallulah et Alexy partirent voir Morgan, toujours alité, et je leur prévins qu'ils pouvaient également fouiller dans la boîte à pharmacie de la salle de bain du rez-de-chaussée, au cas où ils trouveraient de quoi soulager les maux du compositeur.
Plus tard, Priya proposa de faire une petite randonnée, alors que nous inspection les cartes des monts à gravir soit à pieds ou en téléphérique.
-A une heure en voiture d'ici, on peut se faire celui-ci.
-Le Sommet du Grand Ballon ? questionna Castiel : c'est pas le plus haut point de vue du coin ça ?
-Si, et on a entre 45 et 1h d'ascension.
-Ça va c'est raisonnable, fit Rosalya : Même moi j'peux le faire !
-Tu te sens bien ? s'inquiété Priya.
-Oui, je me sens moins fatiguée qu'hier, je crois que je commence à m'habituer à l'altitude.
-On ira doucement, assura Hyun qui redressa la tête en voyant Tallulah revenir sans Alexy.
J'ouvris mon bras, pour l'accueillir contre moi alors qu'elle prenait place sur le canapé.
-Alors, comment va le grand malade ? s'enquit Castiel.
-Pas la grande forme…marmonna-t-elle, penaude : Alexy va rester avec lui pour le surveiller.
-De toutes façons, il ne voulait pas venir avec nous en randonnée, ricana Hyun qui examinait les cartes : On a un raccourci par-là, non ?
-L'hiver, le sentier est fermé. D'autant plus qu'il a neigé cette nuit, on va devoir rester très prudent.
Et pas qu'un peu. Cette neige qui nous menaçait, avait chuté à gros flocons toute la nuit. La région était habituée, les routes avaient été rapidement dégagées, mais certainement pas toutes encore. Ce fut Tallulah qui prit peur en se réveillant sous le vasistas avec une couche de neige qui obstruait sa vue. « Rayan, on est bloqués ! » s'était-elle écriée en me secouant comme un prunier dans le lit. Note à moi-même : Tallulah n'aimait pas être confinée. Je lui eus demandée si elle était claustrophobe, et me répondit qu'elle n'était pas très sûre. Cela s'était manifesté avec les ascenseurs envers lesquels elle vouait une véritable répulsion bien qu'elle trouvait qu'ils étaient utiles pour les grands immeubles comme le sien. Mais c'était plus fort qu'elle, cela la faisait effroyablement frissonner. Et cela avait empiré avec les bus, notamment lorsqu'ils étaient plein a craqué. Pour cela, je compris que son agression y était pour beaucoup et je priai pour que son épaule se rétablisse au plus vite afin de commencer les cours de self-defense. Si après cela, son mal être persévérait, peut-être y avait-il un « en dessous » à cette peur d'être confinée.
Après avoir décidés de la route à suivre en voiture, nous nous changeâmes, nous chaussâmes et prîmes quelques couvertures ainsi que des thermos de café et de chocolat chaud. Castiel monta avec Leigh, tandis que Priya et Hyun vinrent avec Tallulah et moi dans ma voiture. Ma cadette prit cependant le volant tandis que je réglai le GPS. Une fois dans la zone, nous essayâmes de trouver le fameux parking dont parlait la carte que nous regardâmes plus tôt.
-Oow, il y a de la neige partout ! s'extasia Priya.
-T'as une place sur le côté, fit remarquer Hyun qui tapota contre la vitre.
-Tout va bien, Hyun ? s'enquit Tallulah : Je te trouve crevé…
-Haha, j'ai toujours été un peu malade en voiture. La route était assez escarpée… avoua-t-il.
-Oh…je roulerai plus doucement au retour.
Une fois garés, nous nous étirâmes hors de la voiture et remîmes nos vestes et blousons. Tallulah et moi avions opté pour un legging épais, et nous fîmes les gros yeux en voyant Castiel, Hyun et Rosalya en jean. Priya et Leigh avec de pantalons simples mais plutôt confortables pour la randonnée que nous allions faire.
-Mais vous faites aucuns efforts pour vous faciliter la marche en fait, soupira Tallulah.
-Hé, j'ai un jogging, mais Hyun a eu la bonne idée de renverser du café dessus, gronda le chanteur.
-Mais je t'avais justement prêté le mien ! intervint le serveur : D'ailleurs, pourquoi tu ne le portes pas ?
-Il était trop petit, je l'ai reposé sur le lit.
-Tu aurais pu me le rendre pour que je l'enfile à la place de mon jean !
Priya soupira, en me disant que ça allait être plutôt long s'ils étaient tous comme ça. Quant à Rosalya, son excuse était simplement qu'elle n'aimait pas les tenues de sport. Je haussai les sourcils, mais ne répondis rien, trop blasé pour savoir quoi penser de cela…
-On fera une machine en rentrant, tranchai-je : Allez, on y va.
Je pris mon sac sur le dos, ainsi que ma petite amie qui prit le sien et proposa des bâtons de marches à celles et ceux qui en voulaient. Rosalya et Hyun en prirent, le reste, restèrent ainsi et enfin la randonnée put débuter. Il eut neigé également de ce côté, et la plaine adjacente scintillait sous l'éclat du soleil qui était rayonnant.
-C'est fou de se dire qu'on n'est pas si loin de l'Allemagne, fit remarquer Hyun : Tu y as déjà mis les pieds ?
-Oui, on a toujours aimé les voyages dans la famille. Et comme tu dis ce n'est pas loin, alors pourquoi se priver ? Haha !
Tout le monde me posa des questions au sujet de mes voyages, ainsi qu'à Leigh, qui bougeait beaucoup pour ses collections et des défilés internationaux que sa marque organisait depuis peu. Castiel et Priya ajoutèrent leur pierre à l'édifice, bien que ce ne soit pas grâce à ses concerts que le premier eut souvent voyagé, mais plus à cause des métiers de ses parents que je sus être pilote de ligne et hôtesse de l'air.
Au bout de trente minutes, nous fîmes une pause pour profiter du paysage. Je m'assis sur le plat d'un rocher, et Tallulah se posta derrière moi, sa tête contre mon omoplate.
-Ça va, puce ? demandai-je doucement.
Je ne la voyais pas, mais je sentis sa tête hocher pour confirmer que tout allait bien. J'entendais le tapotement de ses ongles contre l'écran de son portable tandis qu'elle conversait avec Chani, Kelly et les autres. Elle tenait à profiter de notre pause pour leur donner des nouvelles et envoyer des photos des lieux que nous eûmes visités.
Au loin, on pouvait entre les rires de Rosa, Hyun et Priya qui se faisaient une bataille de boule de neige. Leigh était en alerte, et je pouvais le comprendre, cela faisait maintenant deux mois que Rosalya était enceinte, et cette dernière continuait à vivre à cent à l'heure.
-Là qu'elle porte un pull moulant, on voit le petit ventre quand même…fis-je remarquer à mon ami, assis à côté de moi sur le rocher.
-Oui ! sourit-il de toutes ses dents. Cela fut contagieux et je ricanai avec lui : Ce n'est que le bas ventre, mais ça commence à se tendre vers l'avant.
-Ma mère me disait que si le ventre s'arrondit en avant, c'est un garçon, s'il retombe, c'est une fille. (Je haussai les épaules) Je ne sais pas si c'est vrai…
-Non, tu confonds un peu, intervint ma chérie : normalement, si c'est une fille, le ventre sera très rond, et plus élevé, car le bébé sera en hauteur. En revanche, si c'est un garçon, oui le ventre pointera vers l'avant mais sera plus bas.
-Ah bon t'es sûr ? demandai-je un peu perdu.
-Tu me mets le doute, gloussa-t-elle en se replongeant sur sa conversation.
-Ce ne sont que des croyances de vieux non ? nous coupa Castiel qui traçait des notes de musiques dans la neige à l'aide d'une branche de pin.
-Oui…pouffa Tallulah : Il y a d'autres rumeurs qui disent que l'homme prend du bide si c'est un garçon, et que la femme se soucierait plus de son tour de taille si c'était une fille qu'elle portait.
Je haussai les sourcils.
-Le cliché du mec qui prend du ventre et qu'on trouve mignon et de la nana accro à sa taille de guêpe.
-C'est ça… (Elle se tourna, la joue collée contre mon bras) Mais il y a des trucs plus insolites qui me fascinent quand même. Le test du pendule !
-Ah, ça je connais, sourit Leigh : Et j'aurais tendance à y croire. C'est insolite comme tu dis, mais ma mère l'a fait pour Lysandre et il me semble que si le pendule tourne en rond, c'est une fille, et de droite à gauche c'est un garçon. Et c'est ce qui est arrivé pour mon petit frère.
-Sérieux ? s'étonna Castiel.
-Oui. Pendant les échographies, mes parents ne voulaient rien savoir, comme ils ont fait pour moi. Ils voulaient la surprise. Puis, un ami de la famille leur a parlé de ça, du pendule. Ils ont essayé sans trop y croire, et pouf ! Un petit garçon à la naissance comme indiqué par le pendule.
-Ça fait frissonner quand même, fit Tallulah qui grimaça un sourire un peu sceptique : ça fascine mais ça fait peur…
-Ahah, c'est fini, jamais elle ne voudra tomber enceinte, rit Castiel.
Nous ricanâmes, quand soudain, ma cadette aspira un cri d'effroi avant de se placer devant mon visage et amortir un choc. Je n'entendis qu'un bruit sec, comme un éclatement un peu sourd contre de la peau. Paniqués, Leigh et Castiel lui demandaient si elle allait bien, tandis que je ne compris pas ce qu'il venait de se passer.
-Oh merde ! ça a bien cogné quand même… Fit Castiel.
-Mais ça va pas bien !? S'écria Leigh à je ne sais qui.
Promptement, je m'éloignai pour tourner le visage de Tallulah au profil rougi et, au vu de la boule de neige légèrement éclatée sur ses genoux que Castiel épousseta, je compris qu'elle venait de se prendre une balle perdue à ma place.
-Il y avait une pierre dedans…soupira le chanteur qui examinait la marque sur la pommette de son amie qui avait une larme au coin de l'œil.
-T'en fais pas, plus de peur que de mal ! me sourit-elle mais cela ne me rassura nullement.
Les trois guerriers des neiges revinrent à nous, penauds, et Priya s'excusa avec beaucoup de peine, ne semblant pas avoir fait attention à la direction qu'elle eut lancé sa boule de neige plus que compacte.
-Vous jouiez avec des cailloux !? m'outrai-je.
-Q-quoi ?
Castiel lui montra la pierre qui s'était coincée dans la boule de neige.
-Oh ! J-j'suis vraiment désolée Tallulah ! Je n'avais pas fait attention du tout ! C-comment tu vas ?
-Haha, ça va ! ça a fouetté un peu, mais je m'en remettrai. J'ai surtout eu peu pour le nez de Rayan, c'était lui que tu as visé.
Je comprenais mieux son geste affolé.
-Bah voilà, t'as encore voulu jouer les Wonder-Woman ! rit Castiel sûrement pour détendre l'atmosphère.
-Haha, je veux le costume pour mon anniversaire ! le suivit-elle.
Tallulah partit sur une note plus légère, qui fit atténuer la panique de tout le monde. Sauf la mienne, je commençai à m'habituer à sa manie de toujours tout garder pour elle, et, sans en faire une montagne non plus, je voyais bien que ça joue lui faisait mal. Je décidai que nous reprenions notre randonnée, évitant ainsi tout incident de ce type. Quant à Leigh, il interdit formellement toute bataille de boules de neige sur le chemin. Nous eûmes un peu le rôle des parents lourds, mais il fallait avouer que parfois, nos jeunes amis se laissaient un peu aller dangereusement. S'amuser d'accord, se faire mal un peu moins…
Cependant, nous fûmes tous exaltés une fois le sommet atteint. Le ballon se trouvait droit devant nous, ainsi que les montagnes adjacentes qui s'étendaient à perte de vue au-delà de la frontière. Le blanc moucheté du vert des épines des grands pins qui jalonnaient les vallons, l'éclat rougeoyant du soleil qui ombraient de rose et d'orange les cumulus au-dessus de nos têtes… Une merveille pour les yeux. De même pour ceux de ma cadette qui se peignaient de bonheur. Magnifique… songeai-je en mon for intérieur ne sachant plus si cela s'adressait au paysage ou à Tallulah.
-Je propose qu'on revienne ici, pour le levé du soleil du premier jour de l'année prochaine ! s'enjoua-t-elle subitement.
Tous, nous la détaillâmes avec confusion, pourtant, personne ne se plaignit, et, dans un commun accord silencieux, nous nous remîmes à contempler le paysage, nous souriant tous dans une discrète promesse de revenir ici.
-Je te souhaite bien du courage pour convaincre Alex' ! fit Rosa, qui nous arracha des éclats de rire et un long soupire de sa meilleure amie qui parut subitement plus désespérée que jamais.
De retour au chalet, nous partîmes tous, chacun de notre côté pour nous réchauffer dans nos chambres, quoi que Priya et Hyun restèrent au salon devant la télévision. Le premier qui avait faim, viendrait chercher les autres, avions-nous conclu. Après une douche chaude, ma cadette et moi nous habillâmes confortablement et nous nous glissâmes dans le lit, son ordinateur sur mes cuisses tandis que nous regardions un film en streaming.
Sa main s'était glissée sous mon hoodie, à la limite de mon boxer qui dépassait de mon jogging. Elle triturait mes poils au niveau de mon bas ventre et somnolait sur mon pectoral gauche. Par moment, je déposai un baiser sur son front avant de me remettre à regarder le film. Soudain, une notification de sa boîte mail universitaire apparu au bas de l'écran.
-Je peux ? demanda-t-elle en faisant référence au film auquel elle allait mettre pause.
J'opinai du chef, et la regardai faire.
-Un mail de la fac ? demandai-je.
Mais Tallulah ne me répondit pas, et se redressa en tailleur pour se concentrer dans la lecture du mail. Je me penchai par-dessus son épaule, curieux, et vis que c'était écrit en anglais. Comprenant qu'il ne s'agissait pas de la fac, je me rallongeai et me mis à pianoter sur mon portable pour répondre à des textos d'amis éparpillés un peu partout.
Une main vint claquer ma cuisse avec un soupçon de violence qui me fit désagréablement frémir.
-Hgn ! Mais qu'est-ce qui te prend !? m'écriai-je en la toisant curieusement.
-Elle accepte de me rencontrer ! Rayan ! Je vais aller au Québec !
Ahuri, je fronçai les sourcils, ne comprenant pas tout de suite à quoi elle faisait allusion. Puis, lisant le message qu'elle me mit sous le nez, je réalisai alors que l'auteur, Aria, qui eut inspirée ma cadette pour son mémoire, avait répondu à la demande d'interview que Tallulah parvint à lui envoyer pendant la semaine des partiels. Entre son déménagement et la préparation du nouvel an, cela nous était complètement sorti de l'esprit.
-Mais c'est génial ! m'enjouai-je sincèrement pour elle : Tu vas pouvoir apporter des preuves exclusives de ce que subissent les artistes contemporains ! Mais si avec ça ton mémoire n'est pas publié, je ne sais pas ce qu'il faut…
-Pourquoi voudrais-tu le faire publier ? me questionna innocemment ma cadette et je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel.
-Tes recherches peuvent faire changer les mentalités, Tal' ! Je sais que tu ne veux pas poursuivre au-delà du Master, mais tu t'es tant investie pour ce mémoire que tu dois pousser les choses plus loin ! Ce n'est pas rien comme sujet, tout le monde a tendance à fermer les yeux sur cette censure que subissent les artistes d'aujourd'hui et qui ébranlent les mœurs ! (Je secouai la tête) Je ne te forcerai en rien, bien sûr, je n'ai aucun droit de toutes façons…mais songes-y, tu veux bien ? Si ce n'est pas pour toi, au moins pour moi…
Elle grimaça une moue attendrie et affligée tandis que je jouai sur les sentiments.
-On verra, dit-elle : Je vais y réfléchir.
Je souris, victorieux. Au moins, elle va y penser ! Nous relûmes ensemble le mail de l'auteure, dans lequel elle demandait à Tallulah de lui proposer une date qui lui conviendrait le mieux, n'étant pas des plus occupées ces temps-ci.
-C'est en Juin la période de passage pour la soutenance, non ? hésita-t-elle à me demander. Je souris.
-Je n'ai pas les dates officielles, mais je vais t'avouer que l'Académie supérieure nous a déjà donné une fourchette. Cela risque de tomber dans la semaine du 10 au 16 Juin. Cela te laisse une bonne marge pour te rendre au Québec.
-Hm, pas tant que ça lorsqu'on compte nos entretiens, la mise en page de mon mémoire, sa rédaction complète, ma préparation à la soutenant, l-
Je la fis taire en la faisant s'allonger sur le lit, encadré des mes avants bras et de mes jambes, sous moi.
-On va d'abord s'occuper du nouvel an si tu veux bien, souris-je, un peu cynique, totalement consterné de la voir se tarauder autant pour son mémoire dans une période de fêtes comme celle-ci.
-Mais j-
-Oh l'effrontée ! Vous osez répondre à votre professeur principal, qui plus est, votre directeur de mémoire ! Si vous pensez que c'est ainsi que vous allez récolter vos lauriers, que nenni ! Vous allez me faire le plaisir de m'obéir Mademoiselle Tallulah !
Féline, je la vis plisser ses yeux brûlant d'une lueur prédatrice qui me fit déglutir.
-Vous jouez un jeu dangereux en me parlant ainsi, Monsieur… me glissa-t-elle en prenant ce ton usuel, si…formellement sensuel, à chaque fois qu'elle s'adressait au professeur que j'étais.
-Me laisserez-vous gagner ? soufflai-je, plantant mon regard dans le sien.
Tallulah eut un rictus, quelque peu moqueur avant de ce faire doux et de détourner ses yeux sur le côté. Elle me présenta son profil, à la tempe cicatrisée, et à la gorge nue de tout cheveux. Fermant les yeux à demi, je tendis mes lèvres vers sa peau étoilée de taches de rousseur, et vint effleurer sa carotide. Je pus le sentir…son pouls calme, son sang chaud, qui pulsait dans ses veines.
-Dans notre victoire personnelle nous serons forcément perdants…susurra-t-elle, la voix lointaine comme son regard aussi évasif que sa pensée.
Je m'écartai un peu, cherchant ses yeux qu'elle reposa sur moi, l'air étrange. Soudain, l'on frappa à la porte. Tallulah nous fit se redresser et elle autorisa le nouveau venu à entrer. Il s'agissait de Priya, qui nous signalait qu'elle et Hyun avaient commencé à préparer le dîner.
-On vient vous aider ! sourit ma cadette en sortant du lit pour rejoindre notre amie.
Que voulait-elle dire ? me demandai-je en mon for intérieur, tandis que, confus, je restai à genoux sur le lit, le regard rivé sur Tallulah qui riait avec Priya au seuil du grenier. Pourquoi devrions-nous être les perdants ? Par rapport à quoi ? Aux yeux de qui ? Qui en jugerait ? Quelles étaient les règles ?
-Alors ils viennent ? entendis-je alors que Hyun venait de les rejoindre.
Je me sentais plus que victorieux d'être celui qu'elle a choisi…
Plus tard, nous nous retrouvâmes tous attablés, ainsi que Morgan qui reprenait des couleurs. Puis, tandis que nous conversion tous joyeusement, les lumières se firent engloutirent par une obscurité profonde. Dehors, le vent sifflait bruyamment et soufflait fort, au point que je demandai à quelqu'un de bien vouloir m'aider à accrocher tous les volets. Eclairés par nos portables, Rosa et Leigh partirent à la conquête de bougies. Ils en trouvèrent deux paquets dans un placard du salon ainsi que des chandeliers qui appartenaient à ma grand-mère. Nous en disposâmes çà et là dans les pièces, histoires de ne pas nous laisser dans le noir complet.
-Vous pensez qu'il va encore neiger ? s'inquiéta Tallulah.
-Je ne sais pas, mais les coupures d'électricité peuvent être longues. J'ai peur que nous devions dire adieu à nos chauffages pour cette nuit.
-Houlà, on va alimenter la cheminée alors…s'enquit Castiel qui amena Hyun avec lui.
-Vous en avez coupé beaucoup ce matin ? demandai-je.
-Seulement pour la soirée, mais pas pour toute la nuit.
-D'accord, je vais y aller, on va devoir en ramener. Et je vous conseille de dormir dans le salon cette nuit vous allez avoir froid tous les quatre dans vos chambres, signalai-je en désignant Alexy, Morgan, Hyun et Castiel qui dormaient au rez-de-chaussée.
-Je viens t'aider, me dit Leigh qui s'enveloppa dans son manteau.
Nous rejoignîmes le hangar, nos bras nous protégeant du vent glacial qui faisait s'envoler nos cheveux. J'indiquait à Leigh où il pouvait également trouver deux poêles à pétrole dans le garage. Pendant ce temps, je coupais quelques bûches qu'Alexy vint récupérer promptement.
-Va te mettre à l'abris ! m'écriai-je, ma voix camouflée par le vent.
-On ira plus vite, tu crois quoi !? Que tu vas rester trente ans sous ce froid !? J'suis peut-être fainéant mais pas stupide !
Je le vis lever les yeux au ciel et je ne pus retenir mon ricanement devant sa véhémence. Les filles l'eurent suivi, et à leur tour, elles ramenèrent le bois coupé à l'intérieur tandis que Leigh transporta les poêles à pétrole. Tallulah sembla inquiète, et me dit de rentrer.
-Il y en a assez ?
-Cela devrait suffire pour cette nuit, on fera le reste demain matin…Rentre avant d'attraper du mal. On a assez d'un malade…
Reposant la hache, je récupérai avec elle les dernières bûches et nous fermâmes les volets ainsi que la porte à double-tour. Presqu'une heure s'était écoulée. Notre dîner avait refroidi, mais au moins nous aurions de quoi maintenir la cheminée pour cette nuit.
-Priya, tu prendras ce poêle pour cette nuit. Et celui-ci (j'en pris un) Je vous le monte, dis-je à Leigh et Rosa.
Cette dernière se racla la gorge, attirant mon attention sur elle. D'un signe concis du menton, elle désigna Tallulah qui réarrangeait les bûches avec Hyun, qui jonchaient sur le sol. C'est que nous n'avons plus rien au grenier non plus… Penaud, je regardai le poêle que je tenais dans les mains et celui aux pieds de Priya.
-T'es peut-être pas un grand frileux, mais Tal'…
-C-c'est pas la question, bien sûr que je suis frileux à temps comme ça, marmonnai-je : j'ai mal calculé c'est tout.
-Haha, prenez-le pour vous, je vais dormir avec les garçons cette nuit, assura Priya.
-Priyou ! s'enjoua Alexy.
Il fut alors décidé de ramener des matelas dans le salon que nous eûmes dégagés, afin d'aider les autres à faire leur lit non loin de la cheminée. Tallulah monta un poêle dans la chambre de sa meilleure amie et je montai l'autre dans la nôtre. Après quoi, nous terminâmes de manger, puis, chacun débarrassa en mettant tout dans l'évier. Trop crevés pour faire la vaisselle, nous préférâmes nous poser dans le salon, sur les canapés et lits des autres.
-On fera comment pour demain, si l'électricité ne revient pas ? demanda Alexy.
-J'ai des réchauds à gaz et la gazinière devrait suffire pour nous faire chauffer de l'eau pour la douche. En revanche, ceux qui pourront y aller à plusieurs iront ensemble, prévins-je.
-Est-ce une manière subtile de nous faire comprendre qu'on va devoir se boucher les oreilles ? ricana Hyun.
-Mais non, c'est pour économiser l'eau ! réagit aussitôt Tallulah, blottit entre mes jambes, le dos contre mon torse et mes bras autour d'elle.
-Comme quoi, riche ou pas, une fois les ressources coupées on est tous au même niveau, souligna Priya.
-Bon exemple pour nous faire réagir à propose de nos surconsommations, renchérit Morgan, la voix éraillée. Le pauvre sembla encore bien malade, allongé sur le dos, la tête sur les genoux de son chéri.
-Vous allez m'faire pleurer…railla le chanteur de Croswtorm, le visage éclairé par la lumière de son portable qu'il fixait depuis tout à l'heure.
-Méfie-toi, tu pleureras définitivement lorsque ton portable n'aura plus de batterie et qu'aucune prise ne pourra l'alimenter ! le taquinai-je.
Aussitôt, il éteignit son écran et se roula sur le côté, dos à tout le monde. Nous rîmes, discutâmes tous ensemble avec plus d'entrain que ce temps pouvait laisser paraître. D'un regard externe, sûrement que notre situation faisait pitié, pourtant, nous autres, ainsi réunis à échanger librement et intimement, n'enviâmes personne tant cela nous apportait beaucoup dans nos cœurs.
Après les bonnes nuits, nous partîmes nous coucher chacun de notre côté. En entrant dans le grenier, Tallulah et moi soupirâmes d'aise en ressentant la chaleur du poêle qui ambiançait la pièce. Trottant, ma cadette sauta tout habillée dans le lit et se roula dans la couette.
-Et moi ? grondai-je faussement en venant me faufiler derrière elle. Elle rit sous mes chatouilles, avant de soulever la couette sous laquelle je me mis.
Après quelques caresses et mots tendres, nous dormîmes l'un sous l'autre. Tallulah m'eut demandé de me coucher sur son dos. Craignant d'abord l'écraser, elle m'assura qu'elle se sentait bien, et, me mettant un peu sur le côté, je vins la surplomber toute la nuit, ma tête contre son omoplate. Au petit matin, nous crûmes mourir de chaud. L'électricité était revenue et le chauffage, couplé au poêle qui brulait toujours, créèrent une horrible chaleur dans le grenier. J'éteignis le poêle avant de rejoindre ma petite amie que j'eus réveillée en sortant du lit.
-Rendors-toi lui assurai-je, et elle ne se fit pas prier.
-…chaud…marmonna-t-elle avant de retirer son pantalon et son haut, se retrouvant en slip et je fis de même.
Je me mis sur le ventre, et aussitôt, elle me grimpa sur le dos, comme à son habitude. Je pouffai, avant de me laisser retomber dans un sommeil profond. De petites chatouilles me réveillèrent bien plus tard, dans mon oreille, et je grognai, ne comprenant pas d'où cela venait dans mon rêve. J'ouvris un œil, et souris en coin en constatant que cette chipie jouait avec la pointe de ses cheveux sur mon visage.
-Coucou~ chantonna-t-elle d'une voix éraillée, qui m'indiqua qu'elle n'était pas réveillée depuis longtemps.
Reniflant un rire, je m'étirai en me mettant sur le dos, un bras derrière ma tête pour la rehausser et croiser son regard aussi embrumé de sommeil que le mien.
-Bonjour toi…souris-je en glissant ma main libre dans ses cheveux en bataille.
Cela va être dur quand les vacances vont être finies… me dis-je, avec un petit pincement au cœur. Je m'étais habitué, à la savoir à mes côtés chaque matin et chaque nuit. Tallulah embrassa le dos de ma main, ma paume avant de venir mordre mon pouce en souriant. Oui…ça va être dur.
Je songeai à notre conversation que nous eûmes dans la voiture, Castiel et moi. Peut-être devrions-nous essayer d'en parler au Directeur, songeai-je.
-Dis…, commençai-je doucement.
Délaissant ma main, elle pencha sa tête sur le côté et m'interrogea en silence.
-Je pensai à quelque chose…Et si-
-Debout, debout ! s'écria une voix qui venait de notre porte qui s'ouvrit en grand.
Je sursautai, Tallulah cria un : « hé ! », agacée, en venant remonter la couverture sur ses seins nus alors que je me retournai vivement pour voir qui venait d'entrer. Castiel se tenait au seuil, l'air victorieux.
-Debout, on vous attend pour le déjeuner ! On ne devait pas visiter un château aujourd'hui ?
-Mais, merde Castiel ! Frappe avant d'entrer ! s'écria ma petite amie.
-Sors ! Aboyai-je.
-Oh, je dérange ? C'est votre punition pour avoir violé notre sommeil à Hyun et moi il n'y a pas trois nuits ! râla-t-il : Vous avez vraiment traîné, tout le monde attend.
-Plus vite tu seras sorti, plus vite on pourra s'habiller ! Maintenant dégage ! M'énervai-je sérieusement.
S'en allant enfin, Castiel laissa derrière lui ses éclats de rire. Je soupirai, me laissant retomber lourdement sur le dos. Il m'a coupé dans mon élan ce con… pestai-je en mon for intérieur, plaquant mes mais sur mon visage, comme si ce geste suffirait à camoufler mon agacement. Je sentis les couvertures remuer, Tallulah venait de sortir du lit et chercha nos vêtements. Elle posa les miens sur le matelas et enfila les siens d'une traite. Je l'imitai, et nous rejoignîmes les autres qui terminaient de manger. Quand je vis l'heure sur la pendule, je compris mieux pourquoi Castiel était venu nous chercher. Bien qu'il aurait pu le faire autrement !
-Bah alors ? Gros dodo ? rit Rosalya à qui je faisais la bise.
-On peut dire ça…
-Ouais, ils faisaient des galipettes surtout, gloussa le chanteur.
-Je vais finir par croire que t'es jaloux de nos fameux ébats ! le piquais-je en saluant les autres.
Il arqua un sourcil en grimaçant.
-T'es levé du pied gauche ou quoi ?
-Non, mais j'n'aime pas beaucoup qu'on défonce la porte de ma chambre quand je suis à poil dans mon lit et avec quelqu'un de surcroît, tranchai-je en prenant place à côté de Tallulah.
-T'es entré sans frapper ? s'outra Hyun.
-Petite vengeance, c'est tout. Et si je ne dérangeai rien, y a pas plus de problèmes que ça, gronda Castiel qui lavait son assiette dans l'évier : Au fait, le courant est revenu.
-Merci j'ai vu.
-Je sais pas vous mais on a crevé de chaud dans notre chambre avec le poêle et le chauffage…glissa Leigh.
Tallulah lui expliqua que ce fut pareil de notre côté. Tous finirent de manger et laver leurs plats et ma cadette et moi nous retrouvâmes seuls à table, tandis que les autres se préparaient pour notre sortie du jour. Et encore, j'ignorai si ça allait être faisable étant donné qu'il avait encore neigé. Tallulah regardait d'ailleurs sur son portable les infos locales, mais apparemment la route que nous devions emprunter n'avait pas été touchée.
-On prendra la mienne aujourd'hui, me dit-elle : J'ai plus d'essence que toi.
-Ok…
Je sentis son regard se poser sur moi.
-Ça va pas ? se soucia-t-elle sincèrement.
-Ce n'est rien, seulement Castiel qui m'a gonflé…avouai-je en piquant furieusement dans mon assiette.
-Il plaisantait tu sais…
-J-je sais, ce n'est pas tant ce qu'il a dit, mais c'est juste…
J'avais quelque chose d'important à te demander et je n'ai pas pu… Et maintenant, je ne trouvai plus le courage de lui demander de révéler notre relation au Directeur d'Anteros. Agacé par moi-même, je soupirai, laissant retomber mes épaules, las.
-Oublie, j'ai dû mal dormir…
Faisant une petite moue adorable pour me montrer son soutien, elle m'arracha un rire aussi amusé que désabusé. Ce que je l'aime, bon sang. Et terminer l'année à ses côtés, pour en entamer une nouvelle de la même façon était bien plus que ce que je pus espérer dans ma vie. Une fois notre repas terminé, la vaisselle faite et notre douche prise, nous montâmes tous dans la voiture de Tallulah et Leigh et nous prîmes la route pour un château qui se trouvait à une heure et demi du chalet. Morgan se sentit un peu mieux, mais il avait le nez pris, ainsi qu'un bon gros mal de gorge et il avoua qu'après la fête du nouvel an, il serait bien prompt à prendre un rendez-vous chez son médecin. Castiel devait également rentrer tôt, pour terminer certains enregistrements, et Leigh devait rouvrir sa boutique. Priya et Hyun me demandèrent, s'ils pouvaient rester au chalet, avec Tallulah et moi, ou si cela nous dérangeait au cas où nous aurions voulu être seuls. Pour le coup, je ne refusai nullement leur compagnie. Je les appréciai tous, mais je devais avouer avoir bien sympathiser avec Priya et si mon amitié naissante avec Hyun pouvait s'étendre encore, cela était parfait. Tallulah fut de mon avis, lorsque je lui en parlais, tandis que nous visitions le jardin du château.
-Je suis contente de savoir que la hache de guerre est enterrée avec Hyun.
-Elle n'est pas si enterrée que ça, rit-il : Disons simplement que nous essayons de faire ressortir du bon dans cette amitié ambigüe.
-Haha, c'est ce que tu viens de dire qui est ambigüe, gloussa-t-elle, faisant former des ronds de buée autour de son visage.
J'allais rétorquer lorsqu'une quinte de toux m'interrompit. Je sentis la main de Tallulah me lâcher et masser mon dos à travers mon manteau.
-Tu vois, à avoir voulu jouer les Charles Ingalls hier soir, tu t'es enrhumé, me dit-elle.
Je trouvai ma toux assez grasse en effet, et un léger mal de tête vint me troubler.
-Fallait pas que Caroline attrape froid, répondis-je sur le ton de l'humour.
Tallulah pouffa en levant les yeux au ciel et m'attira vers elle pour m'embrasser. J'eus un geste de recul.
-Et si c'était viral ?
-Boh, j'te rappelle que t'a jamais mis de capote pendant nos ébats. C'est pas un petit rhume qui va me faire peur maintenant.
Le regard fixe, je me laissai guider par ma cadette qui reprit ma main et la marquait un point…Pourtant, j'avais bien une boîte de préservatifs chez moi, et jamais je ne l'eus utilisée avec elle, qui n'en réclama jamais non plus.
-Tu crois qu'on devrait se faire dépister ? m'enquis-je, très sérieux.
Elle leva une épaule.
-Je me suis toujours protégée avant de te connaître, même avec Lysandre. Je pense pas avec de saloperie…
-Et moi ? J'en ai peut-être !
-Haha, si tu veux on prendra rendez-vous une fois revenus du chalet, rit-elle.
-Je suis sérieux, on n'a pas été très prévenants.
-Je suis aussi très sérieuse, on prendra rendez-vous, promis !
-T'as l'air vachement inquiète, ouais…bougonnai-je.
Puis, cessant ses rires, mais gardant un chaleureux sourire sur ses lèvres elle me dit :
-Tu sais, je n'ai jamais été plus spontanée qu'avec toi. J'ai tellement confiance que ça ne me dérange même pas de continuer à faire l'amour comme on le fait. (Elle rit) Puis, avec ce qu'on a fait sur le toit de l'immeuble, c'est qu'on doit aimer les prises de risque !
Je virai au rouge et mon cœur se fit plus brûlant et la neige aurait pu fondre sous mes pas.
-Tu vois, t'as de la fièvre ! s'écria-t-elle en portant sa main libre, glacée, sur mon front.
-M-Mais non !
A trop traîner de notre côté, nous nous fîmes interpeller par nos amis bien plus en avant. Nous pressâmes le pas pour les rejoindre, et le reste de la visite se fit dans les rires de tous, mais aussi les quintes de toux de Morgan et moi.
-J'suis sûre, ils se parlent en morse, plaisanta Priya, mais faisant ricaner tandis que je crachai mes poumons.
Nous décidâmes de rentrer au chalet, au chaud, et ce fut Tallulah qui prit le volant de notre côté, tandis que Rosa se chargea de ramener les autres. Une fois arrivés à bon port, nous nous préparâmes tous des boissons chaudes, et Tallulah s'isola pour passer un coup de téléphone à Chani.
-C'est dommage qu'elle ne soit pas avec nous la petite, dit Castiel : Elle est chouette.
-Ha, enfin une fan que tu ne trouves pas de gonflantes ? ricana Priya : Mais je reconnais qu'elle est agréable comme « jeune femme », c'est mieux que petite quand même !
-Bah, je disais ça pour sa taille…je sais qu'elle a notre âge.
Leigh et moi nous lançâmes des regards qui en disaient long sur le pessimisme qui nous envahissait.
-Même âge que nous…, chicana-t-il en inclinant sa main d'un geste approximatif : tout dépend à quel âge se termine votre fourchette ! ricana le modiste.
-Ah, bande de vieux croulants ! railla Alexy.
-Ouais, et tu dois le respect à tes aînés ! persiflai-je en lui faisait les gros yeux.
Revint Tallulah, le sourire aux lèvres qui posait son portable sur un petit meuble à l'entrée du salon. Je lui proposai ma cuisse comme siège et elle vint se caler contre moi. Nous discutâmes un moment tous ensemble, puis, lorsque nous jugeâmes qu'il était temps de préparer le repas du nouvel an, chacun y mit du sien.
-En vrai, je dirai que la raclette suffit largement, nous dit Alexy.
Castiel, Rosa et moi lui fîmes le fusillâmes du regard et il comprit tout de suite qu'il avait affaire à trois estomacs sur pattes qui avaient besoin d'un supplément de toast, salades et vérines de légumes pour les entrées.
-Chéri… fit une petite voix.
Je crus avoir mal reconnu, pourtant, quand je tournai ma tête par-dessus mon épaule, ce fut bien Tallulah qui se tenait derrière moi et qui m'eut interpellé. Un sourire timide aux lèvres, une adorable couleur pêche aux joues, elle semblait hésiter à poursuivre tandis que mon cerveau venait de faire un arrêt. Chéri…
C'était la première fois qu'elle m'appelait ainsi.
-O-Oui… ?
Ma voix fut tant éraillée, si tremblante, comme si j'eus peur de m'être trompé. J'étais bien plus prompt à employer des mots d'affection qu'elle ne l'était, et cela avait d'autant plus de connotation amoureuse de sa part. Et de préciosité…
-Tu peux m'accorder une minute ? (Elle roula les yeux, faisant mine de réfléchir) Non, au moins 5 ! Bon, un petit moment quoi…
-Haha, prends-le, on se débrouillera ! rit Rosa qui me poussa gentiment vers ma petite amie.
Je me lavai hâtivement les mains avant de me laisser guider, nos doigts liés, elle devant moi, jusqu'au grenier où nous avions élu domicile pour nos nuits. Elle nous fit s'asseoir sur le canapé, au fond, entouré d'une bibliothèque et d'une table basse sous un large tapis qui recouvrait un bon cinquième de la pièce.
-Comme on sera pris dans la soirée…tout à l'heure… je ne savais pas trop quand ni comment te le donner. Mais je suppose qu'il n'y a jamais vraiment de bon moment, alors, (Elle me présenta un paquet argenté, entouré d'un ruban bleu roi) tiens, c'est pour toi.
Haussant les sourcils, je fixai le paquet avant de jongler sur ma petite amie qui insistait pour que je m'en empare.
-T-Tu n'étais pas…
-Attention à ce que tu vas dire ! gronda-t-elle.
-Haha, t'as raison, gloussai-je non sans rougir : Merci, puce.
Je me penchai pour embrasser sa joue.
-Hé, t'as pas encore vu ce que c'est !
-C'est le premier remerciement, celui de l'intention !
Le rire à la gorge et la joie au cœur, je déballai mon cadeau en prenant soin de ne pas abîmer le ruban satiné.
-Je m'en doutai tellement, sourit-elle.
-De quoi ?
-Que tu n'allais pas déchirer le papier comme un sauvage. T'es trop délicat pour ça, j'aime bien.
Touché par sa remarque, je me penchai pour lui dérober un chaste baiser de ses lèvres avant de finir d'ouvrir mon paquet. Je me retrouvai nez à nez avec un écrin en velours, aux reflets bleus.
-J'ai comme l'impression que tu as également trouvé ma couleur préférée, gloussai-je en ouvrant l'écrin.
M'attendant à tout sauf à ce dont je venais de découvrir, je haussai les sourcils avant de croiser son regard qui reflétai le doute.
-J-j'ai remarqué…que tu en épinglais un à chaque fois que tu portais tes vestes de costume au travail. Alors…je me suis dit que c'était un accessoire auquel tu tenais. (Elle se pinça les lèvres) La petite pierre incrustée est une tsavorite. Une de tes pierres de naissance avec le grenat.
Toujours en l'écoutant avec attention, je retirai le bouton de revers de veste de son écrin et l'admirai plus en détails. Il était d'une taille moyenne pour un bouton de revers, sans être criard et trop voyant à mon goût. Il était rond et plat, façonné dans de l'or rose.
-La nuance de ce vert…m'a rappelée la couleur de tes yeux, avoua-t-elle enfin.
Le dos du bouton était légèrement creusé et cranté donnant de la texture au bijou. Quant à la face, de fines gravures fleuries ressortaient de la surface plane, et la petite pierre se faisait entourer par la courbe d'une tige.
-Il est superbe, soufflai-je dans un souffle chaud et sincère tandis que je croisai son regard rieur.
J'examinai une nouvelle fois le bouton et vis la signature du créateur sur le fermoir.
-T-Tu… Mais ça a dû te coûter une fortune ! m'exclamai-je, un tantinet stupéfait alors que j'eus reconnu la signature du créateur.
-Haha, ne t'en fais pas, si je te l'ai pris c'est que je pouvais, Rayan, m'assura-t-elle.
-Je ne disais pas ça pour te vexer, puce, c'est juste que je sais que ce genre de bijou pour homme peuvent valoir chers et-
Un doigt se posa sur mes lèvres pour me faire taire.
-Je te dis que c'est bon, d'accord ? insista-t-elle avec douceur.
Je hochai la tête sans ajouter un mot de plus si ce ne fut, une fois son doigt retiré :
-Merci Tallulah.
L'éclat dans ses yeux amoureux se fit plus intense tout comme le rose de ses joues. Le cœur battant, je pris une profonde inspiration avant de reposer l'écrin et le bouton sur la table basse.
-Bon, je crois que c'est à ton tour…Je comptai te l'offrir une fois de retour au Campus, mais…là qu'on y est !
-Hein ?
-Quoi ? Moi aussi j'ai pensé à toi figures-toi ! ris-je en me dirigeant vers ma valise, dans laquelle j'eus caché sa monte.
Tallulah sembla reconnaître le sachet dans lequel, l'artisan eut enveloppé le bijou. Un sourire et un air évident apparurent sur son visage, tandis qu'elle se doutait déjà du contenu.
-Oui bon, tu serais moins curieuse et têtue toi aussi, pestai-je un peu : l'effet de surpris aurait été là !
-T'es mignon, rit-elle en venant embrasser ma joue : En tout cas je ne sais pas à quoi elle ressemble.
Nerveux, je passai une main dans mes boucles, impatient de connaître son avis sur le choix du design de la montre. Cela va lui plaire ? Je fus si sûr de moi au moment de la choisir, alors que maintenant je tremblai d'hésitation, prêt à lui arracher la montre des mains pour l'échanger avec une autre.
-Je sais que la tienne te manque, lui dis-je en espérant que prendre la parole libérerait un peu de mon anxiété : Je sais que ce n'est pas ça qui te fera arriver à l'heure en cours, mais…
-Pourquoi tu m'en as achetée une alors ? bougonna-t-elle d'une moue adorable : Il l'a bien emballée !
Elle déroula le papier protecteur avant de tomber sur un tissu en soie qui recouvrait la montre. Je vis ses yeux s'agrandir, semblant ébahis, tandis qu'elle découvrait enfin sa nouvelle montre.
-Parce que…reprise-je pour répondre à sa question avec plus de sérieux qu'elle me l'eut posée : Parce que ça n'a pas d'importance si tu es en retard.
Le bracelet était large et tressé, ce que je trouvai de singulier chez une montre et qui changeait un peu des bracelets en cuirs habituels. Les lacets qui s'entrelaçaient étaient recouvert de daim, et étaient noirs tandis que le fermoir était en argent. Le cadran, lui, formait un cercle, et le verre était incurvés, donnant un effet grossi et une profondeur au cadran. Mais à l'intérieur, les éguilles surplombaient un ciel étoilé qui scintillait plus fort en fonction de la luminosité sous laquelle nous nous trouvions. C'était un design pointilleux, qui représentait une partie des constellations les plus visibles dans le ciel.
-On peut voir Cassiopée…souffla-t-elle en penchant la montre : Bien sûr que ça a de l'importance, tu t'es souvenu de mes goûts ! s'enjoua-t-elle en croisant mon regard.
Ses yeux pétillaient, et en un claquement de doigt je retombai amoureux. Pourtant, j'appuyai mes dires en secouant la tête pour réfuter les siens.
-Cela n'a pas d'importance si tu es en retard…ni même si le temps passe parfois trop vite.
Elle fronça les sourcils, semblant avoir du mal à comprendre.
-On s'en fiche… si tu es plus jeune que moi. Pourquoi devrions-nous nous inquiéter du peu de temps que l'on pourra passer en cours ? On se retrouvera forcément plus tard…
Semblant comprendre, je vis son visage s'adoucir et son expression s'attendrir.
-Qu'importe que ce soit la fin de l'année…Une nouvelle arrivera bientôt. (Je vins serrer sa main tenant la montre entre les miennes, précieusement) A quoi bon pleurer pour ta date d'anniversaire qui n'arrivera pas l'an prochain. (Je fermai les yeux et secouai une nouvelle fois la tête) A quoi bon prier, pour remonter le temps et changer de vocation… (Je sentis ses doigts se resserrer autour de ma poigne) A quoi ça sert de soupirer quand on arrivera en retard aux Géminides… (Je me penchai, le front contre le dos de nos mains) Pourquoi se soucier du temps que durera notre couple… (Elle vint coller le sien contre l'arrière de mon crâne) L'important…oui, l'important c'est qu'on soit ensemble.
Sans compter les heures…
-Juste, toi et moi.
Sans se soucier des années…
-Peu importe où.
Sans regarder ce qu'on a raté…
-Ni même jusqu'à quand.
Sans changer notre rythme…
-Je veux simplement être avec toi, Tal'…
Sentant ses bras entourer mon dos, et sa tête se caller sur la mienne, nichée contre son ventre, ma cadette me répondit d'une voix profonde et suave.
-Moi aussi, Rayan. Moi aussi je veux rester avec toi.
Enveloppé dans la chaleur de son étreinte et bercé par la douceur du moment, je restai un moment ainsi, lové contre elle, à me faire caresser le dos et les cheveux. Je réalisai alors que je n'avais jamais aimé aussi intensément quelqu'un. Chaque jour, je découvrais de nouvelles facettes, tout en m'habituant aux autres. Chaque jour, elle parvenait à me stimuler à me faire échanger avec passion. Chaque jour, elle me faisait sortir de ma solitude. Chaque jour, elle prenait le temps de m'écouter et de me connaître un peu plus. Chaque jour, je me complaisais dans les habitudes que nous prîmes naturellement. C'était donc ça, se compléter ? Cela ne parut jamais aussi limpide qu'en ce jour.
Et je chérirai ce sentiment si précieux jusqu'au bout.
Plus tard, nous rejoignîmes nos amis, et terminâmes de préparer le repas, se relayant les uns et les autres tandis que nous préparions en même temps. Même si nous ne sortîmes pas les robes de soirées et les smokings, cependant nous fîmes tous des efforts vestimentaires et pour ma part, j'eus beau ne pas porter de veste, je vins épingler mon nouveau bouton sur le colleret de ma chemise. Tallulah rit, me disant que cela faisait étrange sur une chemise si ouverte.
-M-Mais ça ne fait pas étrange ? dis-je en la laissant reboutonner ma chemise.
-Mais non, t'es superbe ! s'exclama-t-elle avec douceur en nous tournant tous les deux face au miroir de la salle de bain de l'étage.
-On n'est pas beau, là, tous les deux ? susurrai-je, mielleux, avant de déposer un baiser sur sa tempe cicatrisée. Tallulah ferma les yeux, comme pour savourer le contact et passa son bras autour de ma taille.
-Si…
Après m'avoir adressé un regard langoureux, elle s'en retourna à son apprêtement. Elle choisit l'un de ses nouveaux rouges à lèvres, seul maquillage qu'elle s'autorisa à porter, comme tous les jours. A l'instar d'hier dans le magasin, je lui pris des mains et vins l'appliquer sur sa bouche avec bien plus de précision.
Ma cadette entrouvrit les lèvres, et avec une certaine fascination, je les pigmentai sans décrocher mon regard sur elles, appelant à la décadence. Ses lèvres, qui, au-delà de leur beauté qui aurait pu m'indifférer, formulaient tous les trésors de son esprit. Ceux-là même qui me faisaient frémir lorsque nous débattions.
Je déglutis, ravalant avec ma salive des désirs qu'ils ne seraient pas convenables de laisser s'ébruiter alors que notre soirée allait battre son plein.
-Raclette ! s'enjouèrent Alexy et Priya tandis que nous eûmes découpé la meule Rosa et moi afin de faire fondre une moitié.
-Moi je cale ! fit remarquer Tallulah.
-Oh, c'est le 31 ! Tu pourrais faire honneur ! rit Rosa.
Ma chérie fit les gros yeux en dénommant tout ce qu'elle eut mangé.
-Il y avait pas mal de toast et de salade hein…
-Essaie de forcer pour la raclette, lui dit Hyun.
Elle croisa mon regard avec une pointe de détresse.
-Haha, on va se faire une assiette pour deux, tu mangeras ce que tu peux, ris-je en mettant son assiette dans l'évier.
Sans trop savoir comment, la discussion dériva sur nos premiers émois amoureux. Castiel s'ouvrit sobrement sur une jeune fille nommée Debrah et après quelques lignes de son récit je compris mieux comment il en était venu à porter un si grand respect pour Tallulah.
-Attendez, gardez tout ça pour le jeu ! Il y a des gages de ce type !
-Je serais partant pour jouer en même temps de manger, fit Leigh. Le repas va durer longtemps, j'ai vraiment fin ce soir.
-Ah ! En voilà de bonnes paroles, s'extasia Priya : C'est toujours le même jeu ?
Rosalya opina vigoureusement du chef, sortit de table en prévenant qu'elle partait chercher le jeu. Hyun, Morgan et moi nous lançâmes des regards à la fois curieux et suspicieux.
-C'est quoi, un genre de jeu de la bouteille ? osai-je demander.
-Un peu, mais elle s'amuse à l'appeler « le dé à gages ». Nous lançons à tour de rôles un dé, et celui ou celle ayant le score le plus important commence. Dit comme ça, c'est flatteur, mais le joueur se doit de piocher, dans un pot remplit de papiers aux gages foireux, sa sentence ainsi que celui qui l'accompagne, commença à expliquer Tallulah.
-Comment ça, celui qui l'accompagne ? s'inquiéta Hyun.
Compatissante, Tallulah posa sa main sur son avant-bras qu'elle frictionna.
-Hyun est bien trop pur pour un jeu comme celui-ci, pitié donnons-lui tous nos jokers !
-D-des jokers ?
Rosa, toute joyeuse, revint avec un petit pot opaque en verre rempli de papiers. Puis, d'un second, avec autant de papier qu'il n'y avait de…
…Joueurs ?
Tallulah termina ses explications.
-Il y a deux types de sentences, au même titre que le jeu de la bouteille, cela tourne entre vérité et action. Mais il se peut que vous soyez amenés à sortir une vérité que vous pensez à propos d'un des joueurs. Que cela fasse plaisir ou pas, ce sera dit !
-De même pour les gages, reprit Castiel : Il se peut qu'on soit amené à faire une action… (Il toisa Tallulah en coin, avec une pointe de malice) …en compagnie d'un autre joueur.
-Q-
Je coupai Morgan.
-Quel genre d'action ? demandai-je, la voix plus grave que je ne le crus. Je plongeai mes yeux dans mon assiette, et piquet un cornichon que je croquai activement.
-Du genre… qui peut parfois pousser le joueur pioché à accompagner celui qui a reçu la sentence à tirer un joker ! termina Tallulah sans donner plus de détail.
Il ne m'en fallut pas plus pour comprendre.
-Et les couples y participent ? Je veux dire, je vois mal Rosalya laisser Leigh être l'accompagnateur d'une « sentence »
Rosa se crispa, avant de sourire en coin.
-Il me connait bien le bougre, ricana-t-elle.
-Du coup, ce n'est pas très fairplay.
-On a durci les règles avec Rosa, intervint Leigh : On s'est dit, pour marquer le coup avec l'arrivée du bébé, on ne tolère que deux jokers au lieu de quatre et même les personnes en couple devront jouer le jeu ! (Il soupira) Cela…n'a pas été simple, mais le jeu et les gages en valent la chandelle, et nos liens n'ont fait que se renforcer au fil des années.
-J'avoue que tu es devenu bien proche de Castiel depuis que vous vous êtes embrassés, se moqua ouvertement Priya faisant hausser un sourcil à Rosa.
-Un baiser ? Quoi, c'est ça vos gages qui méritent des jokers ? pouffa Morgan.
-J'ai bien failli avoir le droit à une fellation mais il restait un joker à Tallulah.
Là je comprends le côté « plus adulte » du jeu… songeai-je, non sans crisper la mâchoire. Dans mes bras, assise sur mes cuisses, Tallulah leva les yeux au ciel en lui prévenant qu'elle ne ferait rien de tel, au risque de passer pour lâche.
-Elle est en couple, c'est normal…souffla Priya : Même Rosa, Leigh, Alex' et Morgan je pense qu'on ne peut pas leur jeter la pierre s'ils refusent.
-Tout à fait d'accord. Or, elle était fraîchement célibataire lorsque ce gage est tombé.
-Certes, mais ce n'est qu'un jeu, pas besoin de se forcer à faire quelque chose qu'on est sûr de regretter. Célibataire ou pas. Je vais être franc, si ce n'est que des trucs comme ça, je ne jouerai pas du tout.
Tallulah appuya mes dires, et informa qu'elle était on ne peut plus sérieuse lorsqu'elle eut refusé de jouer la première fois. Je m'en souvins clairement et maintenant je compris mieux pourquoi.
-Quoi ? Mais vous plombez déjà l'ambiance tous les deux, râla Alexy.
-Hé, on se calme ! Intervint Leigh : On a durci les règles à propos des jokers, mais on a retiré certains gages. On veut marquer le coup avec le jeu, pas échauffer les esprits. Tallulah nous l'a déjà fortement fait payer pour le coup de fellation.
J'eus un petit sourire en coin, presque victorieux, tandis que je ne fus même pas présent lorsque cela s'était produit.
-Eh bah voilà, sourit Morgan : Tout le monde est satisfait ! On peut jeter le dé ? Je suis curieux de voir ce que ce jeu va amener.
-J-j'suis pas très sûr de…commença Hyun, un tantinet embarrassé.
-J'te passerai mes jokers, assura Tallulah.
-Ah non ! On joue le jeu dans les règles, s'agaça Rosa : Bon, je lance le dé.
Accompagnant le geste à la parole, notre amie lança son dé et fit un 2. Fut le tour de son compagnon qui fit un 4, tout comme Castiel. Alexy eut un 1, Morgan un autre 2, Priya un 5. Tous les regards se posèrent sur elle, comme il était si rare de faire un six. Du moins, il y avait autant de chance pour chacun des chiffres…mais la vie faisait que…
…Que Hyun eut un 6.
-J-Je dois commencer ?
-Attends, Tal' et Rayan n'ont pas encore lancé le dé, souligna Alexy.
-Oui, enfin c'est du tout cuit, il peut déjà piocher, renchérit Castiel.
Tallulah lança le dé et eut un 4.
-Tiens, me sourit-elle : Tu joues ?
Je répondis à son sourire par un autre, tendre.
-T'as bien accepté, toi.
Le dé en ma possession, je le lançai et nous le regardâmes tournoyer sur un coin jusqu'à se poser sur une face et me dévoiler celle du…
-…6. (Je les regardai tour à tour) On fait comment ?
-Vous relancez, tous les deux, déclara Rosa.
Hyun commença et eut un nouveau 6 (décidemment). Quant à moi je m'en sortais avec un 5. Les épaules de mon cadet s'affaissèrent et son visage devint livide.
-Oh, non mais regardez-le, il ne veut pas jouer ! Fit Tallulah qui se leva pour étreindre son ami qui partit dans un fou rire.
-N-non, mais je suis curieux moi aussi. (Il piocha) Allez, ce ne doit pas être si terrible si les gages les plus foireux ont été retirés.
Ricanant, Tallulah vint retrouver mes bras, et sans trop savoir pourquoi, je vins la tenir un peu plus fermement. J'étais aussi curieux que Morgan et Hyun, ce genre de jeu pouvaient être plaisants, lorsqu'on était célibataire. Mais en couple… Je toisai ma petite amie en coin, avant de finir mon verre de vin rouge.
- « Ta première fois, dans les grandes lignes » ...sérieusement ?
-C'est gentillet, sourit Alexy.
-Cela dépend de l'importance que tu apportes à l'acte, intervint Castiel et cela me surprit : Tu peux porter de l'importance à un baiser, bien plus qu'une première fois, et inversement. Personnellement, ma première fois ne m'a pas tant marqué que cela, mais j'ai découvert de nouveaux émois plus tard, dans l'acte.
-Tout à fait vrai, soutint Priya : Parfois, un cuni fait bien plus d'effet que la pénétration.
Tallulah et elle se sourirent, et je fronçais les sourcils, confus.
-Eh bien…reprit Hyun, la voix d'abord chevrotante avant de lever le menton : Etant donné que je suis vierge, je ne vois pas trop quoi vous dire.
Un silence plat s'abattit sur la table. S'humectant les lèvres, notre ami baissa les yeux sur son verre qu'il prit avant d'en boire le fond d'une traite.
-On garde se gage pour plus tard dans ce cas, sourit Tallulah, qui plia le papier et le redonna à Hyun : Promis ?
Mon cœur se serra sous le visage attendri du Coréen qui semblait si touché. Je pouvais comprendre. Pour nous, les hommes, il était souvent difficile d'avouer que l'on était encore puceau, surtout après avoir dépassé la majorité. Le culte de la virginité féminine était encore de mise, bien moins présente, mais plus acceptable que la virginité d'un homme.
-Promis, lui souffla-t-il, d'une voix emplie de douceur.
Il croisa mon regard, et je lui souris, presqu'avec une certaine fierté que je m'expliquai moyennement. J'ignorai si j'avais eu le courage d'en faire autant à son âge.
-Un beau minet comme toi, c'est étonnant ! rit Priya.
-J-je me préserve, c'est tout.
-T'as bien raison, ajouta Rosa : Je suis d'accord avec ce qu'on dit Castiel et Priya, mais n'oublions pas que la première fois intrigue toujours, peu importe pourquoi.
-Tout à fait, sourit Leigh qui vint embrasser sa compagne : Tallulah, à toi !
-Bon, j'espère tomber sur une soft…soupira-t-elle.
-Même si c'est moi qui t'accompagne pour le gage ? plaisantai-je en embrassant son cou.
Elle rit en piochant.
-Alors…(Elle lut, en me cachant le papier) : « Tu épouses, tu prends pour amant, tu adoptes ! »
-Hein ? fit Morgan, peu avancé que moi.
-Tallulah doit choisir, parmi nous tous, qui elle souhaiterait épouser, avoir pour amant, et adopter, expliqua Leigh.
Le visage relevé, je la toisai avec charme. Elle gloussa en pointant Castiel :
-J'épouse…
Sans plus de cérémonie, je fis littéralement la gueule.
-J'peux savoir pourquoi !? m'offusquai-je.
-Roh ! Chut, je cite et j'explique ensuite !
-Tss…
-Donc, j'épouse Castiel, (elle me désigna ensuite) Je prends pour amant, (elle désigne Priya et Hyun) J'adopte.
-Ah non, un seul ! prévint Rosa.
-Bon, j'adopte Hyun.
-Haha, je peux comprendre, rit Priya qui vint enrouler ses bras autour des épaules de Hyun : L'est pas choupi ?
-Hé, doucement l'avocate, ne nous le dévergonde pas, c'est le seul encore avec toutes ses neurones dans le casque, rit Castiel.
-Ah parce que mes neurones iront où quand j'aurais couché avec quelqu'un ?
Tous en chœur, nous lâchâmes : « Dans le slip ». Hyun tressauta avant de se mettre à rire en jetant sa tête en arrière.
-Bon, et si tu nous expliquais ton choix ! repris-je entre deux ricanements.
-Eh bien, vu mon caractère, je dirai que si je venais à tromper mon conjoint, ce serait bien parce que j'en aimerais un autre plus que lui. Du coup, les sentiments que je porterai à mon amant serait bien plus importants que ceux envers mon époux.
-Sympa…grogna le chanteur qui prit une gorgée de son champagne.
-Ah ! Je suis honnête ! se défendit Tallulah.
Pour le coup, je parus bien moins froissé par son choix. Et je reliai un peu notre relation aux allures interdites à son gage. Elle, mariée à ses études, moi à mon travail notre relation mettait en péril l'un ou l'autre si le Directeur venait à l'apprendre. « Nous serons perdants ». Secouant la tête pour chasser ses sombres pensées, je demandai à Tallulah pourquoi avoir adopté Hyun.
-Elle m'a rejeté, normal qu'elle m'adopte ! se plaignit-il : J'ai le droit à ça, non ?
-Haha, c'est juste qu'on prend soin de l'un l'autre tout le temps au travail, alors à défaut de le choisir comme frère, je le choisis comme fils.
-Et moi ? geignit Alexy.
-Oh non, toi t'es trop chiant…lâcha-t-elle sans demi-mesure.
La tête d'Alexy resta impayable, tiraillé entre l'outrance, le désarrois et l'amusement nerveux.
-Voilà ! C'est comme ça qu'on renforce les liens ! s'écrièrent Priya et Rosa en trinquant ensemble avec du vin pour l'une et du jus de fruits pour l'autre.
-A toi, Rayan, me fit Tallulah en approchant le pot vers moi.
Je piochai, m'humectai les lèvres et lus :
- « Ton lieu le plus insolite où t'as fait l'amour. » Haha, mais il n'y a que des questions comme ça ?
-Je suis sûre que Rosa à fait exprès de les mettre bien au-dessus, fit Tallulah.
Rosa joua les innocentes.
-Bon, allez accouche ! s'impatienta Alexy.
-Eh bien… (Je toisai Tallulah qui picorait dans notre assiette) …l'immeuble de Tal'.
Un silence plana à nouveau, mais j'y ressentis beaucoup d'incompréhension.
-Mais c'est pas insolite un immeuble. Genre, t'as fait ça chez elle pendant le déménagement ? demanda Morgan.
Tallulah manqua s'étouffer avec sa bouchée, avant de rougir.
-Ah…j'ai compris moi, rit-elle.
-Forcément ! pouffai-je, en haussant les sourcils avec évidence.
-C'est-à-dire ? reprit Priya.
-C'est-à-dire qu'on a fait ça sur le toit de son immeuble. Voilà…
-Ah ! Bah là le jeu prend du level ! s'écria le chanteur : Vous vous êtes fait attraper ?
-Je ne pense pas…en tout cas, personne ne nous a dit quoi que ce soit.
-Puis il était tard, c'était entre 1 et 2h du mat', souligna Tallulah.
-Cela fait rien, vous n'êtes pas les seuls à vous coucher si tard, hein. Et ton immeuble est quand même bien entouré ! ajouta Priya, qui nous lançait un regard stupéfait : Perso' je n'aurais pas pu…
-Ah, j'aurais pourtant cru que le goût du risque t'exciterait ! glissa Tallulah : Moi ça me fait l'effet…
-Bon, gage suivant ! intervins-je en poussant le pot jusqu'à Rosa.
Tallulah posa un regard taquin sur ma personne avant d'embrasser le bout de mon nez.
-T'es mignon quand tu joues les pudiques, chuchota-t-elle.
-J'aurais bien envie de faire un peu plus preuve d'impudence, mais ça ne serait pas poli de quitter la table maintenant…la provoquai-je en lui chipant un chaste baiser.
Elle eut un air surpris, mais sembla conquise.
Rosa tomba sur un gage d'action, qui fut de faire la plus belle déclaration d'amour au joueur qu'elle devrait piocher. Cela tomba sur Alexy. Les deux meilleurs amis s'amusèrent à nous citer du Shakespeare mêlé à la chanson de Blanche-neige et les 7 nains. Après ce bon fou-rire, attisé par nos bêtises et l'alcool, pour ceux qui buvaient, les tours s'enchaînèrent, et le jeu resta bien sympathique. Nous dépassâmes minuit dans la joie et la bonne humeur, s'époumonant au cœur un « BONNE ANNEE ! » qui fit trembler les chaises et la table. Le jeu se poursuivit sous cette euphorie et Hyun tomba sur un gage de se mettre entièrement nu, en essayant de faire le meilleur des strip-teases. Et j'ignorai si l'ambiance si joyeuse et intime ou l'alcool y furent pour quelque chose, mais il releva le gage haut la main, sous nos regards ébahis alors que nous profitâmes du spectacle. Avant même que Leigh eut le temps de lui dire qu'il pouvait garder son caleçon, il se le prit en plein de la figure tandis que Hyun se dandinait, nu comme un vers derrière nos chaises.
-Le mec il aurait eu des couilles jusqu'au bout ! s'esclaffa Castiel.
-Rhabillez-le ! s'enquit Morgan : Il va choper la crève !
La tâche ne fut pas des plus simples, mais une fois cela fait, nous déposâmes Hyun au salon, un peu dans les vapes, tout comme Castiel qui commençait à avoir du mal à garder ses fesses bien calées sur son siège. Nous regardâmes l'heure.
-Oh…on va peut-être faire une sieste avant d'aller voir le lever du jour ? proposa Leigh : Il est bientôt 3h du matin, il ne faudrait pas qu'on claque un somme trop tard et qu'on rate tout.
-Hein ? Quel lever de soleil, s'interrogea Alexy.
-On s'en va tous regarder le soleil se lever au Sommet du Grand Ballon ! s'enjoua Priya, un peu titubante : Houlà…heureusement que j'prends pas la voiture.
-T'as pas le permis, souligna Castiel.
-Pas faux…
-Allez au pieu… soupira Rosa.
Les plus vaillants, c'est-à-dire Leigh, Tallulah, Morgan et moi, rangeâmes la nourriture au frais, et laissâmes la vaisselle sur la table. Cela fut une épreuve, de gravir les marches jusqu'au grenier. Mais une fois arrivés, nous nous laissâmes choir lourdement sur les matelas en soupirant d'aise.
-Merde…je vais tacher le lit…grogna ma chérie qui faisait référence à la peinture qu'elle avait sur le corps : Plus jamais je ne laisse Priya faire du bodypainting sur mon corps.
-Haha, attends je vais te nettoyer tout ça, fis-je en ouvrant la fermeture éclaire de son bustier.
Le vêtement tomba sur le bord du lit, et sa poitrine frissonna sous l'air de la pièce. Je m'arrêtai un instant pour l'admirer, mon regard sûrement un peu groggy, face au sien qui pétillait. Une main sur sa joue, je glissai mes doigts dans ses cheveux lâches, et légèrement tachés de peinture. Au-dessus de nous, le vasistas laissait entrer les larges rayons laiteux de la lune qui étendaient nos ombres sur les draps.
Sa peau devint le ciel et ses taches de rousseurs des étoiles qui luisaient lorsque la peinture ne les camouflait pas.
-Tu es belle…murmurai-je, incapable de retenir mon cœur de pulser sur fort dans ma poitrine.
En silence, elle commença à déboutonner ma chemise, mais s'attarda sur le col où j'eus épinglé le bouton qu'elle m'eut offert. Je frottai ma joue contre ses doigts tandis qu'elle le défaisait. Elle le posa ensuite sur la table basse, me laissant assis sur le lit, un genou plié et le coude posé dessus.
-Je n'ai pas envie de dormir…lui avouai-je alors qu'elle revenait vers moi.
Restant debout au pied du lit, Tallulah me surplombait et me sourit avec charme. Je me glissai jusqu'à elle, pris ses hanches entre mes mains et vins embrasser son ventre nu. Il frissonna, et se contracta sous mes caresses. Glissant ma langue sur sa peau, mon visage finit par se retrouver couvert de traces de peinture que je récupérai dessus son épiderme. S'en suivit mes avant-bras, et mes mains que je portai jusqu'à ses seins que je vins masser et chauffer. D'un doigt, je vins chatouiller, aussi délicatement que le toucher d'une plume, son téton gauche durcit. Petit à petit, sa respiration se fit plus poussive, et son torse se bombait à son rythme plus saccadé.
Finalement, nous passâmes notre moment de « sieste » à faire l'amour tendrement, jusqu'à nous retrouver lover l'un contre l'autre à prendre des photos de nous deux, sous le clair de lune filtré par le vasistas, avec son portable.
-T'as de la peinture partout, rit-elle en faisait secouer ses épaules, dont la droite, plus proche de moi, que j'embrassai.
Ma cadette en profita pour embrasser mon front et elle nous prit en photo.
-Fais-voir…lui-dis en prenant l'appareil d'une main, alors qu'elle tenait l'autre côté avec la sienne : Hé, on n'est pas beaux, là ? souris-je.
-Si, susurra-t-elle en venant chercher mes lèvres avec les siennes : Faut que je me trouve un polaroïd.
-Oh ! j'suis bête, me dis-je à moi-même : Bouge pas, puce, j'en ai un !
Nu, je sortis du lit et traversai le grenier vers la bibliothèque du fond. Posée sur une étagère, se trouvait une vieille boîte poussiéreuse qui contenait d'anciennes photos de ma grand-mère lorsqu'elle était encore mannequin. Et au-dessus, deux appareils, deux polaroïds de générations différentes. Je pris le plus récent des deux, mais qui n'était pas non plus le dernier cri, étant donné que je ne retrouvais le papier glacé que de celui-ci.
Revenant auprès de ma chérie, je priai pour qu'il fonction encore.
-T'es prête ? lui dis-je, en m'allongeant à côté d'elle, un bras sous ses épaules pour la rapprocher de moi.
Nous nous lançâmes un regard complice et je pressai sur le déclencheur.
-Mince, j'ai pressé trop tôt ! maudis-je en voyant la photo sortir.
-Il faut attendre non ?
-Oui, on va la conserver dans le noir un moment pour éviter que des reflets indésirables ne se créent…On verra si je l'ai bien prise au moins !
Posant la photo sous les draps, entre nous, nous attendîmes quelques minutes pendant lesquelles nous discutâmes de tout et de rien avec amour et légèreté. Quand l'image fut prête, nous l'admirâmes avec une pointe de fascination. La chance fut de mon côté, et la photo fut assez nette, notamment sur nos silhouettes. L'on voyait tout particulièrement nos yeux qui se croisaient sous le filtre laiteux du clair de lune, faisait luire nos taches de peinture sur nos visages et nos torses nus.
-Qu'en penses-tu ? susurrai-je.
-J'en pense…que j'aime beaucoup cette petite photo.
Je lui donnai, et presqu'aussitôt, nous en prîmes un autre…et une seconde…puis encore une…et ce fut ainsi jusqu'à ce que 6h pointe le bout de son nez. Nous nous douchâmes avant d'aller réveiller les autres et prendre la route en direction du sommet du Grand Ballon, là où nous nous promîmes d'admirer le premier lever de soleil de cette nouvelle année. Sans grande surprise, Alexy rouspéta, mais après quelques câlins de sa meilleure amie, et de son petit ami plus motivé que lui bien qu'il soit malade, il se leva, s'habilla et monta en voiture avec les autres. Hyun, eut sacrément du mal à rester éveillé, et ronfla bruyamment sur le siège arrière, entre Priya et Castiel qui ricanaient. Apparemment, eux non plus n'avaient pas beaucoup dormi, et avaient bien fichu le bordel dans le salon et les couloirs à jouer à cache-cache.
-Si des choses ont été déplacées, c'est pas moi c'est Priya !
-Roh l'autre ! T'as bougé tout un meuble du sous-sol pour te cacher derrière !
-Vous avez été dans le sous-sol ?
Pris la main dans le sac, les deux grands enfants se turent immédiatement. Pouffant, je levai les yeux au ciel, tiraillé entre l'amusement et l'abus. Entre le temps de route et le trajet à faire à pied, nous arrivâmes en haut vers 8h15 et l'on pouvait déjà voir l'horizon s'éclaircir un peu. Le soleil n'allait pas tarder à se lever enfin. Dépliant de grands draps sur le sol pour nous asseoir, et nous emmitouflant dans des couvertures, nous nous servîmes tous des boissons chaudes que nous eûmes préalablement préparées.
-Attention, prévint Priya : On fait tous un vœu dès quel le soleil est là !
Patients, et tous excités à notre manière, nous avions le sourire aux lèvres, collés les uns aux autres et le regard fixe droit devant nous. Je crois, qu'on ne pouvait pas faire plus démonstratif quant au fait de faire face à notre avenir. Car il était là…en train d'apparaître sous nos yeux admiratifs. Je fus triste de ne pas partager ça avec ma famille, cependant, mon affliction s'était fait secouer par le bonheur de les avoir tous auprès de moi. Leigh, assis à ma gauche tandis que j'eus Tallulah à ma droite, nos bras noués, me lança un regard affectueux et je lui répondis par un éblouissant sourire, le cœur battant et une agréable chaleur m'envahissant.
Je suis si bien…
Ma cadette posa sa tête sur mon épaule, et je posai mon intention sur elle, aimant. Je vins frotter le bout de mon nez dans ses cheveux, avant d'y déposer un délicat baiser et me remettre à contempler l'horizon.
-Ça y est, il est là le flemmard ! rit Castiel.
-A trois…vous faites un vœu ! Un…deux…trois ! lança Priya.
Et Hyun se leva d'une traite, l'air vaillant et hurla :
-Cette année, Tallulah plaquera Rayan pour moi !
-J'te souhaite du bonheur moi aussi, fis-je en ne quittant pas mes yeux du lever de soleil.
Les rires fusèrent autour de nous.
-Tu dois en avoir une sacrée paire pour sortir des trucs comme ça, n'empêche ! gloussa Morgan entre deux quintes de toux.
Ce fut entouré de tant de bonheur, que je me plaisais à croire que ce nouvel horizon en face de nous, après tout ce que nous avions laissé derrière nous, offrirait des jours plus cléments.
A suivre…
On se retrouve la semaine prochaine pour la suite de leurs aventures qui se déroulera autour du sujet du Gala :D ! Bisou bisou et merci d'avoir lu !
