[Petit mot d'avant lecture: Je sais, je sais, ces deux nouveaux chapitres sont clairement déprimants ! Et ça n'ira pas mieux tout de suite :(

Je vous laisse à votre lecture en espérant qu'elle soit bonne ! :D]


Tallulah

Il n'aura pas fallu longtemps au Directeur pour répondre à Rayan. Tous deux échangèrent même une conversation téléphonique. A croire qu'il aura vite analysé la situation. En même temps son image était aussi dégradée que la mienne… Tout ce qui me « rassurait » dans tout le méandre de la bêtise humaine, était que Rayan fut épargné. Je songeai à ses prochaines conférences. A la poursuite de ses recherches… « A trente-trois ans, une telle réussite force le respect » m'eut dit son frère aîné et je le pensai de tout cœur également. Sa promotion était une aubaine pour lui. Rayan recevait la reconnaissance que son travail méritait, que lui-même méritait.

-Tu ne veux vraiment rien manger ? me redemanda Chani pour la troisième fois.

Il était 11h, je m'étais levée tard et toute cette histoire de montage photo sur la page facebook de la fac me retourna l'estomac. Le simple fait de songer à boire m'écœurait alors manger… Je ressentais des fourmillements dans les épaules et la nuque, je crevai de chaud tout en ayant des sueurs froides. Cette angoisse constante me tuait et m'épuisait. Je refusai une nouvelle fois poliment et partis me prendre une petite bouteille d'eau dans la cuisine avant de filer dans ma chambre. Rayan était resté à mon bureau et ouvrit de grands yeux surpris en me voyant entrer dans la pièce. Je lui fis comprendre sans un mot que je me recouchai. Je ne pouvais qu'entendre la moitié de la conversation, la sienne.

-Un élève de M2 m'a contacté par mail. Certains essaient de signaler les photos, mais ils sont encore nombreux à en publier. Et les captures d'écrans fusent, les commentaires également. (Il y eut une pause de son côté) Hm…je vois. (Une autre pause) Sauf votre respect, porter plainte serait nécessaire à ce stade. (Encore une) Hm…je comprends mais- (il se fit interrompre et soupira) Bloquez au moins la page, l'administration peut s'en charger. (Il se tut encore) D'accord… Je lui envoie un mail ou vous le ferez ? (Un temps d'attente) Très bien. Je vous remercie… (Une dernière pause) Merci, vous de même. Au revoir.

Rayan raccrocha. J'entendis les pieds de ma chaise racler sur le tapis et ses pas approcher du lit, avant de sentir ce dernier remuer. Des bras m'entourèrent et des lèvres caressèrent ma nuque. J'étais bien trop tendue pour ressentir le moindre frisson agréable. Tout cela me laissa de marbre et je fermai les yeux en espérant atténuer ce mal-être.

-Culann doit t'envoyer un mail dans la journée pour te prévenir qu'il nous convie tous les deux à son bureau Lundi matin. Tu risques de devoir rater l'ouverture du café.

J'opinai en enfouissant un peu plus mon visage dans mon oreiller.

-Tu veux dormir ?

-Oui… S'il te plaît.

Rayan vint embrasser longuement ma tempe avant de me prévenir qu'il retournait avec nos amis. Je fis semblant de dormir pendant une heure au moins, à tourner et virer dans mon lit. Mon portable sonna, cela venait d'Alexy. « Ma puce, on peut se voir ? J'ai quelque chose à te montrer… » J'allais lui répondre lorsque Hyun m'appela.

-Hyun ?

« Hé…euh…salut. Tout va bien ? »

Je soupirai.

-Oui, pourquoi ? Alexy ne serait pas près de toi par hasard ?

« Euh, si en fait il est dans ma chambre avec Morgan. O-on… (je l'entendis jurer dans sa barbe) On a reçu des notif' de facebook et… »

-Et vous avez vu les publications ?

Il y eut un silence de son côté.

« Ouais… » reprit-il, la voix grave. « Ça va ? »

-Pff…Oui ? fis-je, pas du tout convaincue de ce que je devais répondre : Les cons sont partout, on y peut quoi ?

« Non mais Tallulah, ils dégradent ton image, c'est passable d'une poursuite judiciaire ! »

-Ils ne s'en tireront pas comme ça de toute façon, mais ils sont bien trop nombreux maintenant pour déceler la source même. (Je soupirai) D'ailleurs, demain matin je ne pourrai pas faire l'ouverture du café. Le Directeur doit m'envoyer un mail pour me convier à un rendez-vous avec lui ?

« Il doit ? Comment tu le sais alors ? »

-Rayan est chez moi, c'est lui qui a prévenu le Dirlo…dis-je simplement avant d'attraper ma bouteille d'eau et de boire un peu.

« Je vois…Ne t'en fais pas je préviendrai Clémence. »

-J'peux le faire t'inquiète, murmurai-je mais mon ami insista : Merci Hyun.

« C'est normal. (Je l'entendis prendre une profonde inspiration) T'as pas à supporter ça dans ton coin. On se parle plus que ça d'habitude… Tout le monde le remarque Tallulah, mais depuis le Gala…tu-… »

-On peut me donner un peu d'air, 5 minutes !? m'emportai-je, épuisée : Il y a la moitié de ma classe qui se fout de ma gueule tous les jours depuis 3 putains de semaines ! On me fait même…des blagues à la con qui me font rater des cours ! On colle ma gueule sur des scènes de vidéo porno avec le Dirlo, il y a mon mec qui est enseignant chercheur et qui risque sa place à cause de mes putains de caprices que j'ai accumulés depuis la rentrée ! C'est bon ? Je peux juste faire le tri de mon côté 5 minutes après ce que je viens d'apprendre ce matin ? Vous êtes tous là, à me sauter dessus et je-

Rayan entra dans la pièce, semblant alerté par mes cris et m'arracha le portable des mains alors que je venais à nouveau de me mettre à pleurer. J'en avais plus qu'assez de me sentir si vulnérable. Je n'avais jamais autant pleuré que cette semaine. J'entendis mon petit ami échanger quelques mots avec Hyun avant de raccrocher. Après avoir fermé la porte à clé, il vint me rejoindre sur le lit, assis à côté de moi tandis que je m'étais recroquevillée sur moi-même, sous ma couverture et ma bouteille d'eau que je craquai entre mes doigts crispés.

-Shh… l'entendis-je susurrer : Calme-toi, respire ma puce.

Une main sur le haut de ma tête, caressant mes cheveux et l'autre sur mon épaule dénudée de la bretelle de mon débardeur, il me réconforta un moment, du mieux qu'il put par sa voix chaude et sa présence dont j'avais besoin mais dont je savais qu'il était nécessaire pour lui que je me passe dans les prochains jours…pour les prochains mois… « Cela te convient !? » Pas du tout ! Cela ne me convenait pas du tout. Amoureuse de lui comme j'étais, me dire que je devais faire une centaine de pas en arrière pour l'éloigner au mieux de cette bêtise humaine, me tuait de l'intérieur par plaies invisibles à l'œil nu. Mon cœur souffrait d'une véritable effusion interne de chagrin, et la culpabilité me rongeait. Pardonne-moi Hyun… J'avais été si odieuse avec mon ami. Cette manie que j'avais de toujours tout envoyer paître lorsque j'étais mal, je me sentais ridiculement idiote et puérile.

-Je dois m'excuser… parvins-je à dire entre deux sanglots en tendant ma main vers mon portable mais Rayan me l'éloigna.

-Hyun ne t'en veux pas… il n'est pas stupide Tallulah, il sait dans quelle douleur tu te trouves en ce moment.

Lasse, je me laissai tomber dans les bras de Rayan, abandonnant l'idée de récupérer mon téléphone qu'il fit tomber au sol avant de m'étreindre avec force contre lui. Il me berça doucement, par ses caresses et sa voix. Et ce fut en sombrant de nouveau dans un sommeil un peu pénible, alourdie d'une horrible migraine, que je compris que je ne pourrai jamais me passer de lui.

Je me réveillai plus tard, vers 15h, seule dans ma chambre avec les affaires de nuit de Rayan posées sur mon bureau. Je me sentais engourdie, et ma migraine me faisait tanguer alors que j'étais assise au bord de mon lit. Je filai dans la salle de bain et cherchai de quoi soulager mes maux. Une petite voix me fit sursauter.

-T'es réveillée ?

Chani se tenait à l'encadrée de porte, une tasse à la main.

-Charly à fait du chocolat chaud, ça s'est un peu rafraichi, le temps n'est pas trop au rendez-vous cet après-midi. (Elle me tendit la tasse) Tu en veux ?

Je souris, touchée et la gorge nouée d'émotions pour répondre, je hochai la tête avec une sincère reconnaissance tapis au fond de moi. Nous nous assîmes au bord de la baignoire et je soupirai d'aise en dégustant une gorgée du délicieux breuvage.

-Des guimauves… souris-je en voyant les sucreries flotter dans la boisson.

-Il commence à bien te connaître, haha !

-Merci, soufflai-je : Vraiment, à tous les deux. (Je levai les yeux au ciel) Enfin, Rayan aussi, mais ça il le sait…je crois.

-Oui, il le sait, oui, m'assura Chani en posant sa tête contre mon épaule. Nous observâmes notre reflet dans le large miroir au-dessus du lavabo : T'as une sale gueule, pouffa-t-elle et je partis dans un rire nerveux : Tu ferais fuir Belzebuth même dans le pire des cauchemars !

-T'es bête ! gloussai-je en reniflant : Je t'aime ma Ni-ni.

-Moi aussi je t'aime ma Tal'. (Elle embrassa mon bras) Vraiment beaucoup… et je ne laisserai personne abuser de toi. Ils vont voir tous ces… (elle se pinça les lèvres) arriérés du cœur qu'ils ne s'en sortiront pas comme ça.

-Vu la réaction du Directeur au téléphone, je ne me ferai pas trop de souci non plus. Surtout pas après avoir récupérer des donateurs. Il verrait ça comme un « déshonneur » …

-Mais, il faudrait qu'il ouvre aussi les yeux de son côté. Vous allez vraiment lui mentir ? se soucia-t-elle.

J'opinai vigoureusement, bien que cela ne m'enchantait guère.

-Il le faut…

Mon amie ne rétorqua rien, mais ses caresses dans le dos me confirmèrent que j'avais tout son soutien.

-On se prend un petit bain ? Nos hommes étudient, Charly travaille sa soutenance avec Rayan.

-C'est chouette qu'ils s'entendent si bien, fis-je en me tournant pour mettre le bouchon dans le syphon : Rayan a besoin de légèreté un peu.

-Haha, de la légèreté et de la nouveauté ! Charly saura lui changer les idées ça c'est sûr !

Nous nous fîmes couler un bain, et sans pudeur, nous nous déshabillâmes après nous être enfermées dans la salle de bain. Les cheveux relevés en chignon, je m'étais calée entre les cuisses de Chani qui me massait les épaules. C'était doux et vraiment agréable. La fermeté de ses pouces sur mes nœuds me faisait frissonner et je fermai les yeux pour en savourer plus profondément la sensation.

-Hmm, c'est Charly qui doit être content.

-C'est lui qui m'a appris, m'avoua-t-elle : ça te fait du bien ?

-Tellement ! (Je passai ma tête par-dessus mon épaule) Tu voudras que j'essaie pour toi ?

-Songe à toi déjà, profite et détends-toi, m'assura-t-elle en me faisant glisser contre sa poitrine.

Nous profitâmes de la chaleur du bain et de la présence de l'autre un long moment. Se massant la peau tout en discutant intimement. Cela nous fit du bien de nous épancher ainsi, cela rapprochait, ça c'était certain, mais surtout ça chassa un moment la salle matinée que nous eûmes passée. Après notre bain, nous demandâmes aux garçons si l'un d'entre eux voulait profiter un peu de la chaleur de l'eau. Charly se dévoua, sacrifiant les révisions de sa soutenance qui commençaient à lui prendre le « bourrichon » comme il disait.

Rayan me sourit, assis sur le bord du canapé, les fiches de Charly en main et ouvrit les bras pour m'accueillir. Je posai ma tasse à moitié vide sur la table basse avant de me lover entre ses jambes et ses bras qui m'enroulaient.

-Alors, monsieur le juge ? Bonne soutenance ?

-Charly gagnera des points pour son aisance à l'oral, et sa légèreté, ricana-t-il : Il n'intervient pas en cours mais je compte bien l'interroger un peu plus ! Il est loin d'être timide…mais sûrement un peu fainéant…

Je souris en lui disant qu'on pourrait sûrement passer au mien s'il se sentait d'attaque. Il opina mais me prévint qu'il devrait retourner chez lui pour préparer ses cours pour demain.

-Jusqu'à 18h, ça ira ?

-Cela sera largement suffisant, souris-je.

Chani nous rejoignit en se plaçant avec son ordinateur sur la table, tandis que j'essayai de condenser mon intro qui dépassait toujours les 3 minutes. Je tentai la technique du « je-parle-super-vite-t'as-pas-le-temps-de-comprendre » mais mon amant mais stoppait avant même que je ne termine mon coup.

-Ce n'est pas ton premier oral, Tal', s'indigna-t-il entre deux gloussements : Ta phrase d'accroche, tu me la réduis s'il te plait. Et on va compter ça comme un entretien, je note notre progression mais aussi les problèmes à régler.

-Quoi ? Il faut que je rédige un compte rendu ?

-Très court, retiens surtout que tu ne peux pas te permettre de détailler autant ton intro. Le détail, le jury va l'avoir dans ton dossier. On va attendre que tu passes l'interview avec Aria avant de refaire un oral d'accord ?

Attentive à ses conseils, j'acquiesçai d'un hochement de tête en relisant le brouillon de ma soutenance. Il nous restait un peu de temps, je rédigeai son mon compte rendu au crayon avant de m'en occuper plus tard sur une page word.

-Je vais me rentrer, susurra Rayan qui s'était glissé derrière ma chaise.

Me tournant sur ma place, j'enroulai son cou de mes bras et l'attirai à moi pour embrasser la barbe à son menton. Je l'entendis sourire, puis, chastement il m'embrassa, libérant de petits bruits humides sur nos lèvres.

-Repose-toi… Et surtout, si tu ne te sens pas d'aplomb pour demain, on repoussera notre entretien avec le Directeur, d'accord ?

Mon cœur se réchauffa sous le soutien qu'il me donnait. J'espérai pouvoir l'être tout autant si un jour, les moqueries venaient à s'en prendre à lui.

-Promis…. Mais plus vite on y mettra un terme, et mieux ce sera.

Rayan hocha simplement la tête et me sourit. Nos regards se soutinrent un moment, et sans dire mot, nous échangeâmes une silencieuse conversation. « Tu promets de ne pas forcer ? », « Oui… », « Je t'aime… », « Je t'aime aussi, Rayan. Je t'aime aussi… » Front contre front, nous nous séparâmes après une dernière caresse du bout du nez et que je lui eus demandé de me confirmer son arrivée chez lui. Ce qu'il fit, une bonne vingtaine de minutes plus tard et je fus rassurée. Charly resta une nuit de plus, nous pûmes profiter de ses âneries, notamment lorsque Camille nous appela. Notre ami avait furtivement mentionné la page de la fac, mais je fus heureuse qu'il n'en parle pas pendant des heures… C'était inutile, c'était tout ce que ces idiots cherchaient de toutes façons, qu'on parle de leurs conneries.

Cependant, ils m'avaient bien pourrie ma nuit… Et ce fut avec une petite mine que je partis en cours, accompagnée du petit couple qui tenait à venir avec moi jusqu'au bureau du Directeur. J'avais bien reçu le mail de notre supérieur, et j'eus confirmé le rendez-vous. Ils restèrent avec moi dans la petite salle d'attente qui se trouvait à l'angle du couloir qui menait au bureau du Directeur. Ce dernier arriva, sa mallette sous le coude.

-Oh, bonjour à vous ! nous salua-t-il tous : Je n'avais pas rendez-vous avec vous, si ? demanda-t-il en désignant Chani et Charly.

-Pas du tout Monsieur, on attendait simplement avec Tallulah, assura Charly : On ne reste pas plus longtemps.

-Attendez, vous êtes dans sa classe ou bien… ? hésita-t-il à demander à Charly et vu les raisons de notre entretien, cela se comprenait : Chani, c'est ça ? sourit-il à ma petite camarade avec qui il eut déjà échangé.

-Oui, rétorqua-t-elle : Eh oui, Charly est dans notre classe.

-C'est moi qui ai prévenu Monsieur Zaidi pour les photos.

-Je vois, acquiesça le Directeur : Merci à vous en tout cas. (Il m'adressa un regard) Je file dans mon bureau, je viens vous chercher d'ici quelques minutes, je ne m'attendais pas à ce que vous soyez si en avance.

-Bien Monsieur.

-Quant à vous jeunes gens, je comprends votre envie de soutenir votre amie, et c'est d'ailleurs tout à votre honneur de le faire, mais je ne peux vous permettre de rester dans cette partie là de l'établissement sans raison administrative ni rendez-vous. (Il leur sourit) Mademoiselle Loss vous reviendra entière, promis, plaisanta-t-il.

Mes amis opinèrent du chef et me firent un petit signe de la main avant de repartir là où ils venaient. Le Directeur m'assura qu'il n'en aurait pas pour longtemps et partit rejoindre son bureau. J'eus à peine le temps de me rasseoir que Rayan s'annonça à l'accueil et je penchai la tête pour le voir arriver. Il me repéra du coin du l'œil et me sourit. Je lui adressai un hochement de tête avant de reprendre une posture normale sur mon siège. Le claquètement de ses talons arriva à la salle d'attente et il prit place sur un siège en face de moi. Regardant autour de nous, il me demanda :

-Tu vas bien ?

J'écarquillai les yeux. Rayan secoua la tête et s'excusa avant de reprendre le vouvoiement.

-Vous vous sentez comment ? Cela se passera bien, j'en suis certain.

-On ne se fait pas recevoir tous les jours par le Directeur d'Anteros, surtout pour de telles raisons. (Je soupirai) Je veux simplement que ça se calme.

Mon aîné voulut rétorquer quelque chose mais il se fit interrompre par le retour du Directeur qui le salua d'une poignée de mains. Nous échangeâmes de rapides mots avant de le suivre dans son bureau.

-Je vous remercie d'avoir accepté ce rendez-vous si tôt. Je sais que vous avez cours dans une quarantaine de minutes, mais il me semble important d'éclaircir cette histoire. (Il nous proposa de s'installer sur les sièges devant son bureau tandis qu'il s'installa sur le sien) J'ai contacté l'association informatique qui gère cette page facebook et ils se sont chargés de garder des captures d'écrans comme preuves avant de liquider tous les articles concernant la Gala. C'est malheureux, mais moi qui avais autorisé la gestion de cette page dans le but de laisser les élèves s'informer les uns les autres de l'actualité de l'établissement, j'ignore si je permettrais sa réouverture. En tout cas, pas tout de suite, les esprits ont besoin de se calmer. (Il se massa la joue) D'autant plus que…je ne pensais pas mais ça dure depuis plusieurs semaines au vu des commentaires que j'ai pu lire sur la page. (Il jeta un coup d'œil à Rayan avant de reposer son regard sur moi) On a pu retrouver les élèves qui se sont montrés si « créatifs » avec notre image. Ils ne sont que deux. Sachez que de mon côté il y aura une plainte de déposé à leur encontre, je tenais à savoir ce que vous ferez, Mademoiselle Loss.

-Je ne vois pas pourquoi je les laisserai s'en tirer bien gentiment, donc, pour moi la question ne se pose pas, il y aura une poursuite judiciaire. En revanche, si l'association à pu faire des captures d'écrans il faut se dire que les autres ont également pu en faire et propager les images ailleurs. Je sais que c'est un effet de masse maintenant, mais comme vous dites, les esprits ont besoin de se calmer.

Je sentis le regard soucieux de Rayan se poser sur moi tandis que le Directeur opinait du chef en me sondant silencieusement.

-Je suis bien d'accord, et je compte faire une intervention dans votre classe, et faire passer un mail à tous les élèves. Je demanderai également à l'association informatique de publier un message rappelant les lois du droit à l'image et les pénalisations que cela engendre de ne pas les respecter. (Il s'adressa par la suite à Rayan) Je tiens tout de même à vous poser une question… Comme je le disais tout à l'heure, ces rumeurs ont implosé dramatiquement après le Gala, mais j'ai pu constater qu'elles avaient déjà commencé depuis quelques semaines et… (il sortit une feuille de son bureau et la glissa sous notre nez) …et votre nom est ressorti, Rayan.

On y est… me dis-je, la peur aux tripes. Je n'avais pas petit déjeuné ce matin, pourtant j'avais l'impression que n'importe quoi pouvait sortir à tout moment de ma bouche tant j'avais la nausée.

-Je n'y ai pas fait plus de cas, fit Rayan en inspectant la page de commentaires : J'entendais ce qu'il se disait, mais ça ne m'atteignait pas plus que cela.

-Cela aurait dû. A part donner raison aux rumeurs par votre passiveté, je ne sais pas ce que vous espériez, trancha sèchement notre supérieur en fronçant les sourcils : Ecoutez, j'ai réprimandé une fois votre comportement, et jusqu'à aujourd'hui vous vous étiez bien repris en main. Mais si vous courbez l'échine à l'écoute de ses débilités, je comprends pourquoi les élèves ont jugé bon d'aller aussi loin. Votre élève victime de ces brimades dans tout cela, vous y songez ? demanda-t-il rhétoriquement, en me désignant d'un signe concis de la tête et la voix pleine de reproches.

J'entrouvris les lèvres dans le but de l'interrompre mais ma voix mourut lorsque je remarquai l'air douloureux qu'arborait mon petit ami. Il soutint un moment les yeux de notre aîné, avant des les baisser sur ses cuisses sur lesquelles il serrait les poings.

Le Directeur s'enflamma, se leva de son siège et commença à faire les cent pas derrière son bureau, tout en revendiquant la notoriété de certains donateurs qui soutenait l'Académie. Académie qui n'était pas en reste côté popularité. Et la réussite du Gala ne faisait qu'accroitre et confirmer les honneurs qu'on lui lançait.

-Depuis cette scandaleuse affaire concernant deux anciens enseignants qui ont trouvé judicieux d'arborer un comportement obscène dans un amphithéâtre, je suis vraiment sur la réserve quant au fait de savoir mes enseignants se côtoyer intimement en dehors de la fac. Mais que puis-je faire ? Il y en a de mariés qui savent respecter la bienséance, alors je ne mets pas tout le monde dans le même panier. Mais sachez, et gardez en tête, que je ne tolèrerai pas cela de la part d'un professeur avec son étudiant. J'entends, certains bruits de couloir relatant d'aventure entre certains de mes enseignants avec des élèves. Je n'approuve guère cela, vraiment. Cependant, je ne peux pas faire suivre chacun de mes enseignants. Néanmoins, si je viens à apprendre qu'une relation empiète sur votre travail et sur le sérieux de l'étudiant, il y aura un renvoi définitif pour l'un des deux.

Mon regard, s'était allègrement perdu dans le lointain de mes pensées à l'entente de cela. Un acouphène me rendit momentanément sourde et je ne pus qu'entendre mon sang pulser contre mes tempes. Je retrouvai conscience lorsque le Directeur amena la promotion de Rayan sur le tapis.

-Ces rumeurs n'entacheront pas mes recherches, Monsieur. Je ne jugeai pas bon d'intervenir à chacune des rumeurs que l'on faisait à notre encontre, cela aurait pu avoir l'effet inverse et ne faire que donner un peu plus raison aux élèves. Certains auraient pu y voir une « défense » par rapport à la relation que j'entretiens avec mon élève.

-Vous auriez pu au moins venir m'en toucher deux mots. Les choses ont fini par aller bien plus loin qu'elles auraient dû et c'est votre élève qui en pâtit le plus ! s'énerva le Directeur en tapant le bord de son bureau avec le plat de sa main : Rassurez-moi, si vous craigniez une telle réaction de la part des élèves, ce n'était pas car vous avez justement quelque chose à vous reprocher, Rayan ?

Ce dernier grimaça et je le sentis pris au piège. La conversation avait tourné d'une façon qui ne lui fut clairement pas avantageuse et je décidai d'intervenir quitte à user d'une pointe de véhémence irrespectueuse.

-Ces rumeurs me concernaient également et j'aimerais vous rappeler que je n'aurais pas eu la stupidité de fiche en l'air ma dernière année pour une amourette ridicule avec un enseignant ! Les rumeurs ont simplement eu lieu à cause d'un entretien que j'ai eu avec Monsieur Zaidi. Il est mon Directeur de Mémoire, et nous nous sommes simplement mis d'accord sur un point de rendez-vous pour nos entretiens ! Si maintenant, les élèves se font le plus dramatique des films à cause de cela, Monsieur Zaidi n'est pas en tort et moi non plus !

-Si je puis me permettre Mademoiselle, les commentaires stipulent que vous avez été vu en train de vous embrasser, et ce n'est pas rien !

-Tout comme ces photos montages nous mets tous deux en scène dans des rapports indécents. Et est-ce le cas ? Non.

Il soupira et vint se masser l'arête du nez.

-Je vous l'accorde, l'imagination des élèves peuvent aller loin pour un rien… Excusez-moi, je ne voulais pas vous accusez de quoi que ce soit sans preuve. (Il se rassit lourdement) Et vu le sérieux de votre Mémoire Mademoiselle, je me doute que vous avez autre chose en tête que de vouloir batifoler avec vos enseignants. J'ai d'ailleurs appris pour votre séjour au Québec, vous allez véritablement rencontrer Aria ? C'est formidable et je vous souhaite d'apprendre beaucoup d'elle. (J'hochai simplement la tête et me radoucit promptement, le cœur battant) Acceptez mes excuses Rayan… J'ai surréagi, vous étiez également une victime dans cette affaire et je n'ai pas pris vos sentiments en considération. Pardonnez-moi.

Rayan assura que tout allait bien pour lui, pourtant il était blanc comme un linge et cela m'inquiéta. Je savais mes paroles rudes, mais il fallait à tout prix faire taire les soupçons que le Directeur pouvait avoir à notre encontre.

-Ecoutez, je sais que vous n'êtes pas les seuls collaborateurs de recherches à se voir dans des établissements hors du Campus pour vos entretiens mais si vous pouviez favoriser les échanges de mail ou les entretiens dans l'enceinte de la fac. (Il agita une main expressive) La BU par exemple ! Je pense que ça aiderait justement à calmer les esprits. Ce que nous cherchons drastiquement à faire avec l'association informatique. (Il examina sa montre et j'eus le réflexe de caresser la mienne) Je peux compter sur vous ?

Dans une voix unie, et d'un hochement de tête aussi assuré que nous puissions l'être, Rayan et moi acquiescèrent gravement.

-Oui, Monsieur.

Il nous adressa un sourire poli et plus confiant qu'au début du rendez-vous. Notre aîné m'assura également, qu'il comprenait mes absences si ces prochains jours je ne me sentais pas avoir la force de confronter mes camarades.

-Vous avez le droit de vous remettre de vos émotions, Mademoiselle. Prenez votre temps. L'établissement comprendra et j'en toucherai mot à l'accueil du bâtiment d'Art. (Il regarda Rayan) Ainsi qu'à vos collègues. J'ai cru comprendre qu'André s'était montré assez véhément au sujet d'une des absences de Mademoiselle Loss.

-Oui, un…bien méchant tour de ses camarades.

Le Directeur haussa un sourcil.

-Comment vous savez ça ?

Mon petit ami déglutit et je repris.

-Charly lui en a parlé, c'est lui qui a prévenu Monsieur Zaidi pour les photos.

-Ah oui ! On s'est vu en salle d'attente, j'oubliai. (Il ouvrit la porte de son bureau où il nous raccompagna) Bon, je compte sur vous. Je sais que ça ne sera pas évident pour les entretiens, mais comprenez, situation déroutante, décisions déroutantes…

Répugnantes, eussè-je envie de dire. Cependant, si cela pouvait protéger Rayan je prendrais mon mal en patience aussi longtemps que nécessaire. Après de dernières salutations, Rayan et moi nous éloignâmes du bureau et retournâmes en salle d'attente. Il soupira profondément, en se passant une main dans les cheveux.

-Attendez… murmura-t-il.

Je m'arrêtai, dos à lui.

-Pouvons-nous parler de-

-Votre cours va bientôt commencer. J'aimerais faire un tour à BU avant, si vous permettez. Monsieur…

Tenant mon sac par l'anse, je serrai le poing, frustrée de devoir le considérer comme un étranger. De devoir le considérer comme un simple…enseignant. Je ne lui adressai qu'un regard par-dessus l'épaule et le saluai avant de partir de mon côté. Pardon Rayan…

Arrivée dans la cour, je regardai autour de moi en ayant la vague impression d'être épiée. Encore… Certains m'ignoraient, comme il était normal de le faire lorsqu'on ne connaissait pas une personne. Et d'autres, passaient à côté de moi en souriant, ou encore en courbant soucieusement les sourcils avec un air de pitié sur le visage. Il y eut même un groupe d'étudiants qui vinrent me voir tandis que je me dirigeai vers la BU, pour me dire qu'ils avaient tenté de signaler certaines photos. « Ne fais pas attention » me dirent-ils « t'as des cons partout ! » Je leur souris, puis ils me laissèrent vaquer à mes affaires. Une chose était certaine, beaucoup reconnaissaient mon visage, que ce soit pour se moquer de moi ou me prendre en pitié ou venir m'encourager, et c'était déroutant. Et humiliant…

J'essuyai rageusement ces foutues larmes qui me brûlaient les yeux et sortis mon ordinateur portable dans le but d'aller chercher du réconfort dans un mail de Stéphan. Puis, craintive, je vis que je venais de recevoir un mail d'une adresse qui m'étais inconnue. « V-F_Leon ». Leon ? ...Léon V-F ? Confuse, une idée émergea dans ma tête alors que j'ouvris le mail pour le lire : « Cendrillon,

À la suite de ce merveilleux bal organisé par vos soins, sachez, malgré la fin troublante de celui-ci, je garde un doux souvenir de cette nuit. Dommage que nous n'ayons pu converser plus longuement et plus…intimement ) (J'écarquillai les yeux, tiraillée entre la stupéfaction et l'amusement)

Je tenais par-dessus tout à vous présenter mes plus plates excuses pour le comportement sûrement brusque de mon adorable époux que j'ai dû choisir sur un coup de tête. Oui, le cœur à ses raisons que la raison ignore. Je le sais… (Je ris)

Néanmoins… je crains qu'il ne fasse que souffrir d'une image absurde qu'il tente désespérément de projeter dans le miroir oculaire de ses semblables. Des gens qui préfèrent détourner leur regard de lui, ce que vous n'avez pas fait. (Je grimaçai en me souvenant de la conversation un peu rude et sèche que j'eus avec le demi-frère de Rayan)

Vous vous demandez comment j'ai eu votre adresse mail ? (Ah oui, maintenant qu'il me demandait) Arg, je suis un vilain garçon. J'ai soudoyé le Directeur après vous avoir sauvé des griffes de ses vautours qui vous étouffaient. J'ai prétendu être intéressé par votre Mémoire -j'entendais tout le monde en parler, j'ai tenté ma chance !- il m'a donc donné votre mail universitaire. Ne lui en voulez pas, j'ai beaucoup insisté… (Je levai les yeux au ciel, en me disant qu'après le coup des montages photos, je n'étais pas à une adresse universitaire près)

J'ai retrouvé votre paire de chaussures -d'après mon époux ce sont les vôtres- (Je me souviens avoir retiré mes chaussures pendant que je discutai avec Dimitri caché derrière le rideau) A défaut de vous rendre visite à votre domicile -bah oui, j'ai soudoyé ce cher Culann mais quand même je ne suis pas un pervers psychopathe à la recherche de sa princesse en faisant essayer un soulier de vair à toutes les dames de la ville- (il m'arracha un nouveau rire et des regards se retournèrent sur moi. Je me tus mais je n'étais pas non plus à un regard de travers près) Je souhaiterai néanmoins vous les remettre en mains propres et échanger avec vous l'espace d'un après-midi. Je prendrai les frais de votre trajet en charge, j'habite plutôt loin par-rapport à votre ville. Voici mon adresse. (Tout en continuant à lire je sortis mon agenda et un stylo et inscrivit l'adresse sans trop savoir pourquoi je le faisais…)

S'il vous plaît, contactez-moi pour confirmation de notre « rendez-vous » que je pourrai sûrement rendre galant ) (décidemment…) Non, ce serait indécent, je suis marié et j'ai des enfants. Honte sur vous, d'avoir ainsi volé mon cœur, Cendrillon.

Bien à vous, Léon Zaidi. »

Me rendre…chez le beau-frère de Rayan ? Cela signifiait-il que je rencontrerai à nouveau Dimitri ? Après ces derniers avertissements, je redoutai un peu de le revoir. Si jamais il avait eu vent des photos-montages… ? Mon cœur s'emballa. Outre le fait de pouvoir récupérer mes chaussures, j'étais surtout très curieuse de savoir ce que me voulait vraiment Léon. Il aurait très bien pu rendre les chaussures à Rayan, et il semblait être un homme bien subtil pour jouer les idiots. Son humour n'étouffait nullement son intelligence… Cela l'égaillait même.

Je regardai l'heure sur ma montre et me dis que j'eus le temps de lui répondre. Ce que je fis en confirmant donc mon désir de récupérer mes chaussures mais aussi et surtout de discuter avec lui. Je ne voulais nullement me mêler d'histoires de famille qui ne me concernaient pas, pourtant j'avais souhaité pouvoir faire la lumière sur cette méfiance constante qu'éprouvait Dimitri envers tout le monde et pour tout, au détriment d'une bonne entente avec Rayan. « Je crains qu'il ne fasse que souffrir d'une image absurde qu'il tente désespérément de projeter dans le miroir oculaire de ses semblables. Des gens qui préfèrent détourner leur regard de lui, ce que vous n'avez pas fait. »

-Que veut-il dire par là ?

Je n'avais toujours pas parlé de ma rencontre avec Dimitri le soir du Gala à Rayan. A personne en fait…Et je n'étais pas sûre de pouvoir lui parler du mail de Léon non plus. Ce dernier ne me l'avait pas interdit, cependant, je ne pensai pas que c'était nécessaire d'envenimer les choses avec son frère. Puis je n'étais même pas certaine de le rencontrer.

Après avoir rédigé mon mail, je refermai l'écran de mon ordi pour le mettre en veille et partis en cours. Du moins, c'était ce que je voulus faire, lorsque Castiel m'interpella depuis le fond de la cour. Je tournai la tête en sa direction et je le vis accourir à moi.

-Alors, on fait la muette ? me railla-t-il avant de me faire la biser.

-Fais pas genre t'es pas au courant, marmonnai-je en frottant mon bras, mal à l'aise.

-Je sais…dit-il en prenant un air grave que je ne lui connaissais que peu. La dernière fois que je le vis ainsi c'était après les funérailles de la mère de Lysandre, lorsqu'il passa une semaine avec son meilleur ami pour le soutenir, lui qui touchait le fond. C'était le genre de regard plein d'impuissance et de considération pour l'autre.

Une petite bande d'étudiants nous épiaient au loin, et les regards insistants commençaient à me peser. J'avais déjà vu l'une de ses filles parler à Castiel. Une fan ?

-Tu ne devrais rester avec moi, dis-je en me tortillant nerveusement : On nous regarde.

-Je chante mais je peux encore parler à qui je veux, non ?

-Ce n'est pas ça, tu veux que ta réputation prenne une claque ou quoi ?

Il haussa le ton :

-J'emmerde les connards qui répandent des rumeurs à la con pour oublier qu'ils ne sont que des merdes !

Ouvrant en grands les yeux, décontenancée par la désinvolture de mon ami, je jetai un coup d'œil au groupe qui finit par s'en aller en reluquant Castiel de la tête aux pieds. Il les foudroya du regard, avant de le reposer sur moi, plus doux :

-Viens. (Il me prit la main) T'as quoi comme cours ?

-Monsieur Zaidi, dis-je simplement.

-C'est où ?

-Amphi classique.

-A côté des chiottes ? Cool la bonne odeur, rit-il.

Je gloussai.

-T'es bête…

-Hé, tu veux que j'avale ta langue ?

Arrivés devant l'amphi, je remerciai Castiel de ne pas m'avoir ignorée. Je l'entendais tiquer du bout de la langue, et il leva les yeux au ciel. Sa main glissa de mon poignet jusqu'à ma main et son pouce caressa le dos de mes phalanges. Nos yeux s'attardèrent sur ce geste.

-Je ne veux pas…jouer les moralisateurs, tu sais que je n'aime pas ça. Mais…

Sans violence, je retirai tout de même ma main.

-Je sais, tu nous avais dit d'être discrets.

-Ce n'est pas ça… (Il se massa la nuque) Fait attention à toi, ok ? Et si jamais, t'as des idées pas très claires qui te viennent à l'esprit, appelle-moi. (Il encra ses yeux dans les miens) Tu m'as fait flipper cette semaine, t'as parlé à personne.

-Je n'ai pas de…d'idée de ce « genre », mais c'est gentil de t'inquiéter Castiel.

-C'est normal, on est amis non ? me sourit-il : C'est triste que ce soit dans ces conditions, mais pour une fois que je peux te rendre la pareille.

Prise d'un trop plein d'émotions, je souris et pouffai avec légèreté avant de venir l'étreindre. Castiel ricana et répondit à mon étreinte en ébouriffant mes cheveux.

-Hé ! je le repoussai : Bon, j'y vais. A plus ?

-Ouais, (Il fit un signe de portable avec ses doigts contre son oreille) Téléphone~ chantonna-t-il en se dirigeant vers la sortie à reculons.

Après ce moment de légèreté j'entrai dans l'Amphi, déjà bondé de monde. Comme sur le chemin de la BU ? certains ne firent pas plus de cas à mon entrée mais d'autres, posèrent des regards oppressants le long de mon avancée jusqu'à ma place à côté de Chani qui m'eut guidée à mi-chemin. Rayan ne m'avait pas lâché du regard non plus, et je préférai détourner le mien.

Je discutai avec mes amis un moment, jusqu'à ce que le début du cours soit annoncé. Rayan fit passer plusieurs documents, et certains en profitèrent pour discuter.

-Je ne veux pas vous entendre ! s'écria-t-il : C'est silence, clair !? Vous ne pensez pas avoir suffisamment parlé ce week-end !?

-Qu'est-ce qu'il a… ? marmonna une étudiante qui pouffa dans son coin.

-Ce que j'ai !? (Il revint à son bureau et posa les documents restants) Savoir qu'une de vos camarades doit subir la connerie de certains étudiants ici, dont quelques-uns je le rappelle ont quand même plus de trente ans ! Cela me sidère ! Je peux vous garantir, que je ne veux rien entendre qui n'a rien à voir avec le cours ! Premier et dernier avertissement ! Si ça déplaît (Il claqua ses doigts désigna la porte de sortie) C'est là-haut que vous trouverez votre exil.

Si certains ne sentaient pas concernés, ils se turent tout de même. Quant à d'autres ils se lancèrent des regards à la fois intrigués, décontenancés, et je crus voir de la honte chez certains. Le reste du cours se passa assez mollement. Rayan écrivit et parla bien plus que pendant les autres cours et n'interrogea que peu d'étudiants. Pour ma part, je n'essayai même pas de prendre la parole. Je réfléchissais dans mon coin et pour une fois, Rayan m'y laissa. Un peu avant la fin de la deuxième heure, le Directeur fit une intervention.

Un silence de mort planait dans la salle. Lorsque la voix grave du Directeur s'éleva, tout le monde sembla sur le qui-vive. Comme il nous l'eut annoncé à Rayan et moi, il s'épancha au sujet du « débordement » -cela était ses mots- au sujet de la page facebook de la fac. Finalement j'aurais dû rentrer chez moi…me dis-je en ne supportant plus cette ambiance anxiogène autour de moi. Malgré moi, je cherchai le regard de mon petit ami et il ne me fallut pas longtemps pour le croiser. Ses yeux anis me sondaient déjà, ils ne s'étaient jamais détournés, j'eus l'impression même qu'ils n'eurent de cesse de s'accrocher à moi.

Au rythme du timbre cinglant de la voix du Directeur, je voyais toute ma relation avec Rayan défiler dans ma tête. « Tout est merveilleux dans la brume… », « Oscar Wild ? » Que ce serait-il passé… si nous n'avions pas échangé de tels mots ? « Je sais que ce n'est pas mon rôle, mais je sais quand quelqu'un à besoin de parler et je sais écouter. », « Vous êtes définitivement proche de la perfection. » Qu'aurions-nous fait, si tout cela s'était passé autrement entre nous ? « Ce n'est pas raisonnable… », « On ne fait rien de mal. » J'avais été si égoïste… « Vous viendrez me voir au café ? », « Pourquoi demander vos horaires si ce n'est pas pour venir vous voir ? » Si peu tenta-t-il, toujours plus je demandai ! « Pour notre rendez-vous…je-… », « Un café lecture, ça vous dit ? » Inconsciente Tallulah… voilà ce que tu étais… « Mes amis je les vois tous les jours…ce soir, je veux rester avec toi », « Je passe une merveilleuse soirée, Tallulah. » Une vive douleur s'implanta en mon giron. « Est-ce que tu vois quelqu-… », « Il me plaît. » J'avais pourtant eu tellement d'occasion d'y mettre un terme. « Tu le veux ? », « Oui… » nous n'aurions jamais dû aller si loin.

-Un renvoie définitif ! furent les seuls mots que je retins du discours du Directeur.

Renvoyer l'un d'entre nous… ? Renvoyer Rayan ? Pitié non…

« Raoul ne comprend pas… », « Christine n'a plus le temps… »

Cela ne doit pas arriver. Je songeai à ce qui était survenu à Dana… Je refusai que cela se répète pour Rayan, pas lui, pas par ma faute, ni celle de personne !

« Je t'aime, Tallulah. », « Je t'aime aussi Rayan, je t'aime aussi… »

-Cela doit prendre fin ! s'écria le Directeur.

Oui…Il a raison.

Tout cela devait prendre fin.

A suivre…


[Eh voilà, les ennuis sont là et je sais que vous allez me détester dans les prochains chapitres " Mais tout était trop beau pour eux, le nuage avait pris trop de hauteur ils se devaient de trouver les pieds sur Terre é.è... Je prépare de nouvelles illustrations (pour wattpad), et je termine les corrections des chapitres ! Et j'avais dit qu'il n'y aurait plus de chapitre à la 3eme personne, mais en fait si, désolée, il faudra vous préparer à nouveau pour un déraillement de lecture xD

Je tiens à remercier tous les nouveaux lectures qui ont...littéralement torché ma fic en quelques jours pour certains, je me fais du souci pour leurs yeux, mais ça fait chaud au cœur de vous savoir être de plus en plus nombreux à être intrigués par cette histoire, qui, je le répète touche à sa fin !

J'essaie de publier les prochains chapitres aussi vite que possible, à partir de maintenant, il se peut qu'il y ait, soit, deux chapitres par semaine, ou avec un peu plus de retard, ou encore, deux à quatre chapitre par semaine. Cela va varier entre mon boulot, et donc le temps que j'aurais pour tout corriger ^^''' Mais ça ne prendra pas 20 ans non plus, normalement d'ici Avril la fic devrait être terminée ;)

Je vous embrasse tous très très forts, et je vous dis à la prochaine ~~ ]