[Petit mot d'avant lecture: Bonjour à tous ! :D Aujourd'hui, nouveauté et légèreté si on compare avec le chapitre précédent ! Nous allons avoir le droit aux points de vu de 3 personnages en plus de celui de Tallulah à la fin du chapitre ! Chani, Hyun et Rosa, vont pouvoir nous partager leur ressenti face à la situation de Tallulah et juste par rapport à leur amitié avec elle ! Chapitre de transition après l'éclat émotionnel du dernier avant plus d'actions dans les prochains chapitres !

Je vous laisse le découvrir en espérant que cela vous plaise ! Bonne lecture à vous :D]


Chani

-Elle dort enfin…, prévins-je mon petit ami qui m'attendait dans le salon, soucieux.

Jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule en direction de la porte dans le fond du couloir, celle de la chambre de Tallulah, je sentis mon cœur se serrer au souvenir de la peine qui déformait son visage. « C'est fini ! Tout est terminé Chani ! » m'avait-elle soupirée entre deux sanglots.

Me tirant par l'avant-bras, Charly me fit s'asseoir à côté de lui sur le canapé et me demanda quelques explications. Il n'était pas du tout de nature curieuse, mais l'inquiétude évidente sur son visage me fit comprendre qu'il restait très affecté par l'état de notre amie. Ce n'était pas tant à moi de parler de cela, cependant, il était certain que tout le monde serait rapidement au courant…

Effleurant la peau sombre de Charly sur son poignet, je dis :

-Ils se sont séparés…Il va falloir prévenir les autres afin d'éviter tout quiproquo à la rentrée ou s'ils venaient à croiser Rayan pendant les vacances.

-Séparés ? s'offusqua Charly qui remontait ses lunettes sur son nez : Mais enfin, comment ont-ils pu en arriver là ?

-Je crois que ça à un rapport avec les dernières semaines passées…avouai-je en sachant pertinemment que l'entretien avec le Directeur avait beaucoup troublé mon amie, tombée d'épuisement dans son lit.

Tous deux plus ou moins décontenancés par la situation, nous restâmes silencieux mais il était évident qu'il réfléchissait et tentait de lever la brume dans son esprit. Depuis qu'il était au courant, Charly m'eut avoué avoir trouvé Rayan et Tallulah très courageux de ne pas avoir succombé dès la réalisation de leur intérêt, à l'oppression sociale qui discriminait les couples entre deux personnes à écart d'âge important et aux statuts professionnels bien distincts. Alors, les savoir maintenant séparés, sans que cela ne le concerne personnellement, il devait être à la fois peiné et déçu.

Pour ma part, j'eus honte de l'être. Ce n'était pas tant eux deux qui me décevaient mais tous ces aprioris qui les firent plier à leurs règles absurdes. Soudain, je réalisai une chose… Elle doit rencontrer le beau-frère de Rayan. Tallulah m'eut fait part de l'invitation de Léon Van Fenema, quoi qu'il serait plus juste de l'appeler Léon Zaidi. Elle l'avait fait pour ne pas m'inquiéter mais surtout car elle eut besoin de se confier. Et de fil en aiguille… J'ai bien compris qu'il s'était passé quelque chose au Gala. Sans la forcer, je lui eus fait comprendre qu'elle pouvait m'ouvrir son cœur mais mon amie n'en fit rien et dut sûrement traîner derrière, en plus de devoir supporter les moqueries de nos camarades, un secret qu'elle ne gardait que pour elle. Ou fusse-t-il l'inverse ? Était-ce, ce secret qui la tenait au piège ?

Une chose était certaine, pour avoir pris la décision de se séparer de Rayan, elle eut dû se retrouver acculée par le doute, elle qui était pourtant si heureuse auprès de notre aîné.

-Tu crois qu'il va bien ? s'enquit Charly : Rayan… Je l'aime bien, ça me ferait mal de le savoir complètement seul…

-On devrait contacter Leigh, tu crois ?

-C'est son meilleur ami, je pense qu'il aurait besoin de quelqu'un… Enfin, dans mon cas, je sais que j'aurais besoin de Camille…

Souriant avec amertume, je posai ma tête contre le torse de mon petit ami qui vint reposer son menton sur mes cheveux.

-Je n'ai pas envie de le blesser, si jamais il a besoin d'être seul. Je ne sais pas quoi faire, j'ai le numéro de Rosalya…Mais…

-Shh… Laissons passer la nuit, dit-il en caressant mes cheveux.

Et ce fut ce que nous fîmes sans s'attendre à ce que Tallulah soit réveillée la première. Habillée, elle avait préparé un sacré petit-déjeuner pour nous trois. Je devais partir travailler dans une heure, quant à elle, elle devait aller ouvrir le café avec Hyun, mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit si énergique, bien au contraire. Même si cela n'était rien de plus qu'une façade au vu des cernes qu'elle eut tenté de dissimuler derrière du maquillage qu'elle ne portait jamais si ce n'était son rouge à lèvres.

-Bonjour vous deux, bien dormi ?

Charly arqua un sourcil, et m'interrogea du regard. Puis, souriant à mon tour je vins embrasser chaudement mon amie qui m'étreignit. Je lui glissai :

-Tout va bien ?

-Faut bien, murmura-t-elle avant de s'éloigner.

Ses yeux étaient bien rouges encore, et son sourire bien moins solaire qu'accoutumée. Charly vint lui faire la bise et frictionna affectueusement ses épaules avant de la remercier pour le petit-déjeuner de seigneurs qu'elle nous prépara. Entre le thé chaud, le cappuccino et les viennoiseries toutes chaudes qui sentaient délicieusement bon, pas sûre que je quitte de sitôt cette table. Elle avait même sortie sa confiture de melon d'eau, dont il lui restait encore quelques pots.

-J'étais levée de bonne heure, puis, ça m'a fait plaisir de vous le préparer. (Elle se frotta le bout du nez avec embarras) Merci, pour hier soir… je sais que j'ai dû vous surprendre et sûrement gâcher votre soirée.

-Hé, ne te fais pas de souci. On est là pour toi si ça ne va pas… Et même quand tout va bien, sourit Charly qui se pencha pour croiser le regard de notre amie qui sourit en coin, semblant touchée.

Cela me rassura un peu, qu'elle trouve la force de sourire à nos petites attentions malgré le mal être qui devait la secouer. Soudain, elle tira sa manche et regarda l'heure sur sa montre. Son sourire se crispa et elle détourna les yeux.

-Bon, je vais avoir un peu d'avance mais je file ! Je serais de retour pour 11h !

-Je déjeune avec ma patronne aujourd'hui, et Charly doit faire un tour à la BU.

Tallulah haussa curieusement les sourcils, puis sembla se souvenir :

-Ah oui, tu vas réviser avec Camille. Passez au café si vous avez faim

Charly parut nerveux, et je compris rapidement pourquoi. S'ils passaient au café Camille et lui, le capitaine risquerait de prendre des nouvelles de Rayan par Tallulah, sociable comme il était. Semblant comprendre notre malaise, ma colocataire s'excusa :

-Oublie, je ne veux pas te mettre mal à l'aise Charly. Après, il l'apprendra bien tôt ou tard, et même si tu lui en parles, ce n'est pas bien grave, essaya-t-elle de s'assurer en souriant.

Un sourire qui me fendit le cœur.

-Tal'… l'appela doucement Charly : Camille restera dans son coin mais Kelly peut se montrer très curieuse tu sais. Je ne sais pas si…

-Ils l'apprendront de toute façon, finit-elle avant de poser son sac à main sur son épaule : bon, je vous laisse. Hyun ne devrait pas tarder à arriver au café. A plus tard !

-Passe une bonne journée, lui fis-je.

-Toi aussi ! A ce soir, Ni-ni.

Je lui souris et la regarda quitter notre appartement. Le cœur lourd je verrouillai la porte derrière elle comme à chaque fois que l'une s'en aller sans l'autre. Nous avions nos repaires dans cet appartement et cette colocation nous fis nous rapprocher plus qu'on ne l'aurait cru. Moi-même, je craignais n'avoir jamais espéré pouvoir vivre un jour une vie comme celle-ci. Une vie, si proche d'une personne qui me comprenait et m'acceptait pleinement comme j'étais. Tallulah me remerciait toujours, elle me répétait sans cesse qu'elle était heureuse de m'avoir connue. Mais comment pouvais-je lui faire comprendre, qu'elle m'eut bien plus apportée par sa présence que moi par mes mots qui soignaient ses peines ? J'eus l'habitude d'avancer dans l'ombre des gens, toujours à l'arrière de mes semblables. Et par son sourire et sa bienveillance, sa spontanéité et sa joie de vivre, elle me laissait caresser le soleil sans craindre d'être brûlée par lui. Tallulah m'a tant offert par son amitié…

-Je te dépose à ton boulot ? me demanda Charly.

Je lui souris et acquiesçai.

Aurais-je eu la force d'approcher l'amour sans elle à mes côtés ?

Hyun

J'arrivai au café et fus étonné de voir celui-ci déjà ouvert. Du moins, les portes étaient déverrouillées et les lumières étaient allumées. Déjà là ? Me dis-je en pensant avec bonheur à ma collègue et amie qui était en train de disposer les tables quand j'entrai.

-Bonjour, bonjour ! m'écriai-je joyeusement en essuyant mes pieds.

-Oh, Hyun ! T'as perdu, je suis arrivé avant toi ! me sourit-elle rapidement avant de se recentrer sur sa tâche : tu vas bien ?

-Mais très bien, et toi ? (Je retirai mon manteau et mon écharpe que je posai sous un double comptoir derrière le bar) Plus le temps passe et plus je me dis que tu te plais bien dans ce café.

-J'ai posé mes marques ! s'exclama-t-elle avant de filer en cuisine.

J'allais lui faire la bise mais elle me passa sous le nez comme une tornade. Me disant qu'elle avait sûrement oublié quelque chose, je ne fis pas plus de cas et rejoignis la terrasse pour y installer les tables et les chaises.

-Bon, le menu du jour maintenant.

De retour en salle, je partis à la recherche des stylo-craies afin de présenter le panonceau du café. Surpris de voir la table dont s'occupait Tallulah, toujours mal placée, je fronçai les sourcils et jetai un coup d'œil vers la porte de la cuisine. Vu le temps que j'eus mis pour préparer la terrasse elle aurait dû avoir terminée la salle, déjà bien entamée, mais il semblerait qu'elle n'ait pas quitté la pièce.

-Tallulah ? l'appelai-je avec une pointe d'inquiétude dans la voix.

Hésitant, je poussai le battant et glissai ma tête dans l'entrebâillement. Je la vis, en appui contre le comptoir en inox au milieu de la pièce, où Clémence avait l'habitude de préparer ses pâtes à tarte. Elle semblait accablée, une main sur son visage et l'autre bras plié pour soutenir son coude, je l'entendis sangloter fébrilement.

-Hé… soufflai-je tendrement : Qu'as-tu ?

La porte se referma derrière moi tandis que je m'approchai de mon ami, prenant ses poignets afin d'éloigner ses bras de son visage.

-Excuse-moi, soupira-t-elle : ça va passer.

-Et si tu me disais plutôt ce qu'il t'arrive, hein ? tentai-je, avec un petit sourire peu assuré en coin.

Ma précieuse amie ouvrit la bouche comme pour parler mais sa gorge, semblant trop nouée, fit taire sa voix et comme agacée, Tallulah leva les yeux au ciel et crispa ses doigts autour des miens qui la tenaient toujours.

-Respire, murmurai-je.

Tallulah laissa évacuer le surplus d'émotions et une fois en mesure de reprendre la parole elle soupira :

-Je pensai être plus forte que ça… Ce n'est pas la première fois que je suis confrontée à ça après tout… Mais…

-De quoi ? Tu es confrontée à quoi ? m'enquis-je, légèrement perdu. Pourtant, mon cœur se serra et une crainte que je voulus taire naquit en moi. Elle n'a quand même pas…

Me remémorant l'état dans lequel elle s'était trouvée il y eut quelques semaines de cela, une sorte de lien presque logique s'était fait dans mon esprit, et se reliait à l'instant que nous étions en train de vivre en plus de ce soir, où j'eus réconforté du mieux que je pus, Rayan.

-J'ai quitté Rayan hier soir…m'avoua-t-elle enfin.

Et je parus peu surpris. J'avais honte de moi, de m'être dit que cela aurait été une option pour taire son mal être… Puis en la voyant ainsi, cela semblait bien loin d'être mieux. Mais que pouvais-je y faire ? Tout ce que je voulais, c'était son bonheur. Et les dernières semaines passées furent un enfer pour elle, plus d'une fois je m'étais répété les paroles de Rayan, que tout ceci n'aurait pas eu lieu si son cœur m'avait choisi. Mais ce ne fut pas le cas et son regard gorgeait d'amour en sa présence et son sourire s'adoucissait. Je n'avais jamais eu cet effet là sur elle, et si Rayan devait la rendre heureuse, je m'étais fait une raison. Pourtant, elle n'avait pas cessé de pleurer ces derniers jours… Et aujourd'hui encore…

Pourquoi ne peut-elle plus sourire ?

Ne sachant quoi lui répondre, je ne fis que poser une main sur sa tête que je vins caler contre mon épaule. Aussitôt, Tallulah enroula ma taille de ses bras et je vins l'étreindre plus fort, aussi fort que je le pus comme si ce geste pouvait étouffer sa peine jusqu'à l'annihiler par la chaleur de mon cœur.

-Je ne voulais pas craquer au boulot, mais mes parents viennent de m'envoyer un message, ils voulaient que Rayan et moi venions leur rendre visite avant que je ne parte au Québec. (Elle se calma et s'éloigna) Je ne sais pas quoi leur dire, je n'ai pas envie de leur répondre…

-Eh bien ne le fais pas. Ils peuvent attendre… dis-je en lui trouvant un mouchoir que je vins lui donner : Tiens.

-Merci, Hyun. (Elle essuya son nez) Voilà, tu sais tout…

-Tallulah, t'es vraiment sûre de toi ?

Ma récente conversation avec Rayan et l'émoi de ce dernier, me revinrent à l'esprit. Clairement, je n'osai imaginer dans quel chagrin il devait se trouver. En face de moi, mon amie leva les yeux et les ancra, encore rougis, dans les miens. Elle semblait perplexe.

-C'est ce que tu voulais ? lui demandai-je avec une pointe de prudence dans ma voix.

Son menton trembla à nouveau et elle secoua la tête.

-Non.

Je m'insultai intérieurement pour l'avoir fait pleurer de nouveau. Je l'étreignis une nouvelle fois et, tout en caressant ses cheveux lâchés, je la berçai doucement.

-Je l'aime…soupira-t-elle, la voix étouffée contre mon torse : c'est terrible comme je l'aime… pleura-t-elle.

Fermant les yeux, je déglutis en sentant mon cœur se serrer. Je m'y étais fait une raison, qu'elle ne me porterait jamais un tel amour. Et avec le temps, voyant à quel point Rayan la respectait, je finis par les trouver beaux et ma jalousie s'atténua. Aujourd'hui, elle semblait avoir disparu. Car je ne souhaitai pas me retrouver à la place de Rayan. Et de savoir que Tallulah s'était volontairement blessée pour lui épargner un houleux scandale, cela non plus, n'avait rien d'enviable.

Elle reprit contenance avec autant de vigueur qu'elle put, sécha ses larmes et alla réarranger son maquillage dans les toilettes de service.

-Je fais pas trop panda ? me demanda-t-elle.

-T'as un peu de mascara, là, lui dis-je en essuyant une trace avec mon pouce : ça me fait bizarre de te voir autant maquillée.

-Moi aussi, j'ai l'impression d'avoir du scotch sur les yeux. Mais j'avais une gueule de déterrée ce matin, il fallait cacher la misère pour les clients mais je crois que c'est pire !

-Haha, on mettra ça sur le dos de Clémence, fis-je, taquin.

-Roh, Hyun… Elle a été cool ces dernières semaines.

Je lui tirai la langue avant de revenir en salle. Bien que cela ne me concernait pas directement, je fus très soucieux tout le long de mon service. Mes pensées allèrent tantôt vers Tallulah, tantôt vers Rayan…

Non, vraiment, je n'osai pas imaginer dans quel émoi il devait se trouver…

Rosalya

-Chéri, tu peux m'attraper la serviette dans le placard s'il te plaît ? demandai-je à Leigh alors que je tendais le bras pour attraper une serviette de toilette sur une étagère un peu trop haute pour moi.

Sortant de la cabine de douche, mon cher et tendre le fit pour moi et m'enroula avec délicatesse avec. J'embrassai le dos de sa main qu'il fit ensuite glisser sur mon petit ventre rebondi plein de vie. Je ne fus jamais aussi heureuse de prendre du poids je devais bien l'avouer. Se prenant également une serviette pour lui, j'entendis Leigh soupirer.

-Tout va bien ? m'enquis-je en épongeant mon corps.

Comme à son habitude, Leigh hocha simplement la tête et je compris d'emblée que ça n'allait pas mais qu'il n'était pas prompt à m'en parler. Levant les yeux au ciel, je dis :

-Qu'est-ce que Lysandre a encore fait ? (J'arquai un sourcil) Il a appelé récemment, tout semblait bien aller pour lui pourtant.

-C-ce n'est pas Lysandre…répondit-il enfin : C'est Rayan, il m'inquiète. Je crois que j'ai fait quelque chose qui l'a blessé…

Venant d'entendre une incompréhension aussi improbable que de voir voler des cochons, j'eus un geste de recul et écarquillai les yeux avec stupeur.

-Sans t'offenser, un cambrioleur pourrait s'introduire chez nous, tu serais capable de lui proposer une tasse de thé et des gâteaux.

-Hé ! s'outra-t-il : Je ne suis pas Castiel mais je suis humain, je peux être hargneux quand je veux…

Je ris à en faire secouer mes épaules. Mon chéri plissa un œil sceptique, nous sans rougir.

-Franchement, Lysandre a plus de hargne que toi, pourtant, il a été fichu de rendre à un pickpocket le portefeuille qu'il lui a lui-même volé avant de se rendre compte que c'était le sien, pendant notre séjour en Angleterre en second au lycée.

-Oui, c'est vrai ! rit Leigh avant de soupirer à nouveau, l'air visiblement soucieux : Pourquoi il refuse toutes mes sorties alors ?

-Rayan t'a encore dit non ? le questionnai-je, inquiète. Je me posai sur le bord de notre baignoire-douche, et croisai mes jambes.

Nous étions Samedi. Une semaine s'était écoulée depuis la soirée passée au restaurant sans ma meilleure amie et son amant qui s'étaient isolés pour se retrouver intimement. Je fus un peu déçue de ne pas avoir pu célébrer son anniversaire avec elle, ainsi que mon premier trimestre de grossesse, mais je pus comprendre leur besoin d'être tous les deux après les mésaventures du mois de Février. Mais depuis, nous ne nous étions peu vus, voire pas du tout, et les jours passaient et j'étais en manque de Tallulah. Et il fallait croire que mon amie avait réellement un don car elle m'eut contactée hier soir pour me demander si cela me disait une petite session shopping au centre commercial dont les boutiques proposaient leurs nouvelles collections de printemps. Je fus terriblement sage niveau dépense, car je savais que mon corps changeait et je ne savais pas encore comment adapter mes tenues. Cette journée allait me permettre de faire du repérage sur les tenues de femmes enceintes. Mais surtout, j'allais pouvoir me détendre auprès de Tallulah et j'étais intenable depuis hier soir. Alexy s'était mordu les doigts car il se trouvait chez ses beaux-parents. Il était très heureux d'avoir pu les rencontrer, mais lorsque le mot shopping sortait, il était aussi timbré que moi !

Un peu envieux, Leigh avait également proposé une sortie à Rayan, la troisième de la semaine pour être exacte, qu'il venait une fois de plus de refuser. J'étais très contrariée d'apprendre cela. Pour le coup, il ne pouvait même pas prendre l'excuse d'être avec Tallulah, elle allait passer la journée en ma compagnie ! Il eut anguille sous roche, et nous le comprimes.

Leigh n'ayant plus son frère auprès de lui, je l'eus trouvé changé lorsqu'il eut rencontré Rayan. Une fois en confiance, mon compagnon était loin d'être timide et l'entrain de Rayan déteignait un peu sur lui. Ce fut la première fois que je vis Leigh autant insister pour voir quelqu'un. D'ordinaire, il n'était ainsi qu'avec son frère, voire Tallulah, qui, je le savais, il considérait encore comme sa belle-sœur. Je craignais que tant que Lysandre ne lui présenterait personne d'autre, ce lien perdurerait dans son cœur d'autant plus qu'il avait tendance à considérer Rayan comme un frère aîné.

Tous deux parlaient beaucoup ensemble, mais depuis peu, ce fut compliqué pour eux de se voir. Déjà à cause de leurs emplois du temps divergents mais également par le fait que Leigh avait fait beaucoup de déplacements en Février pour la préparation de son défilé et du shooting avec le père de Rayan. Même cela, Leigh ne put partager sa joie et son expérience à son ami qui se faisait subitement distant, pourtant il fut le premier à être mis au courant de cet évènement.

-Je vais l'appeler moi, tu vas voir…, grondai-je en sortant de la salle de bain en serviette pour rejoindre notre chambre où se trouvaient nos portables.

-Chérie, laisse tomber, j-je ne veux pas le forcer.

-Hé oh, je vais te laisser te ronger les sangs comme ça, Leigh.

-I-il m'a beaucoup soutenu ces derniers temps avec la grossesse et l'ouverture de la boutique de ma marque à Paris. Il en a peut-être assez ?

-Il y a d'autres moyens de te le faire comprendre que de t'ignorer ainsi ! m'outrai-je en prenant le portable de Leigh : Je l'appelle.

-R-Rosa…

Cela sonna. Tenant ma serviette, je m'assis sur le bord de mon lit. Leigh termina de se sécher et nous sortit des vêtements. Rayan ne décrocha pas et, têtue, je réessayai. Je fis cela quatre fois en tout, et lorsque Leigh jugea que je frôlai le harcèlement, il m'arracha son portable des mains et m'incita à arrêter.

-Mais c'est un monde ça ! Pourquoi il ne répond pas !? (Je fis tomber la serviette et m'habillai avec rage) Je vais en toucher deux mots à Tal', elle saura peut-être me donner une explication au comportement de son grognon de son petit ami ! Il est vraim-…Leigh ?

Hagard, mon aîné observait étrangement l'écran de son portable. Curieuse, je me penchai pour voir ce qui accaparait autant son attention. Mon cœur rata un battement lorsque je vis le message d'ouvert : « Pardonne-moi Leigh, mais je n'ai pas l'humeur de voir qui que ce soit…laisse-moi un peu de temps, et excuse-moi encore. »

-Tallulah t'as dit quelque chose lorsqu'elle t'a demandée si tu étais libre aujourd'hui ? me questionna-t-il, soucieux.

Dans le même état, je hochai la tête.

-Non, elle voulait simplement me voir… (Je terminai de m'habiller) Tu penses qu'ils se sont disputés ?

-Peut-être…même si j'en doute, ils ont déjà essuyé des querelles, Rayan m'en parlait toujours, pour se confier et se vider un peu le cœur.

Vraiment inquiète par cet étrange message, je patientai difficilement chez moi que ce soit l'heure pour mon amie de venir me chercher en voiture. Lorsqu'elle fut là, j'accueillis Tallulah par une chaude étreinte qu'elle me rendit si bien que je pus sentir des frissons d'apaisement nous parcourir. J'eus l'impression que cela faisait une éternité que nous ne nous étions pas enlacées ainsi. Elle fit également une chaude accolade à Leigh qui lui sourit, plus détendu que plus tôt.

-J'adore la salopette jean ! lui dis-je en la détaillant de la tête aux pieds.

Une large tresse coiffait ses cheveux ondulés et pour célébrer les beaux jours, Tallulah eut opté pour un croc top blanc et une salopette en jean bleu ciel. Un bracelet entourait sa cheville gauche et ses pieds semblaient flotter dans des tennis en toile grises à lacets bleu marine. Sous son coude, elle tenait un cardigan en laine qu'elle ne risquait pas de porter tant il faisait chaud cet après-midi.

-Faut te trouver la même pour loger ton ventre ! me charia-t-elle en me pinçant les côtes pour ma chatouiller.

Je couinai, sous le regard bienveillant de Leigh qui semblait pourtant hésiter à prendre la parole. Comprenant ce qui l'inquiétait je fis stopper mon amie en prenant ses mains dans les miennes. Sans trop savoir pourquoi, mon cœur se serra. Mon amie semblait à la voix enjouée et…amère. Ce genre d'attitude lui ressemblait, mais son regard appuyé, comme pour s'assurer qu'elle nous regardait dans les yeux, me fit me souvenir quelque chose mais je ne sus quoi dire.

-Dis-moi… On a une question à te poser.

Replaçant sa tresse dans son dos, Tallulah nous fit comprendre qu'elle était tout ouïe. Leigh me regarda en coin, puis reprit :

-Voilà, je n'ai pas l'impression que Rayan soit en grande forme ces temps-ci. (Il leva, las, sa main qui tenait son portable) Cela fait trois fois qu'il refuse de me voir, est-ce que j'ai dit ou-

-Chéri, je suis sûre que tu n'y es pour rien.

-C'est vrai, tu n'y es pour rien, trancha subitement Tallulah qui attira nos regards sur elle.

Souriant simplement, elle baissa les yeux sur ses pieds avant de redresser le nez avec une pointe de droiture qui semblait dissimuler un lourd fardeau. Ce genre de posture que l'on prenait pour assurer, autant aux autres qu'à nous même, qu'on allait bien. Ce genre de posture que je prenais pour me convaincre que je pouvais continuer à être aussi active qu'avant, alors que la croissance du bébé me pompait pas mal d'énergie.

-On a rompu… (Elle haussa une épaule, nonchalante) Cela doit expliquer son silence. Je ne sais pas comment il est dans ce genre de moment, mais laissez-lui sûrement un peu de temps, il tournera bien la page.

Mon cœur rata un battement. « Il tournera bien la page » Même après sa rupture avec Lysandre elle n'eut jamais sorti de tels mots. Que ce soit par rapport à lui…

-Tout le monde y arrive, moi aussi je tournerai la page.

Que pour elle… Elle avait continué à vivre ça oui, mais sans prétendre pouvoir passer à autre chose du jour au lendemain. Surtout pas avec un…sourire si fade. Surtout pas avec un…regard si terne. Je baisse mes yeux sur ses doigts qui trituraient la montre à son poignet. Tourner la page, hein ? Mais de qui osait-elle essayer se moquer ? De Rayan ? D'elle-même ? Des nous autres ? A côté de moi, j'entendis Leigh l'interroger sur la raison de leur rupture. Sur le moment, je m'en contrefichai. Ce qui m'agaçait fut ce comportement indifférent face à sa propre douleur qu'elle ne risquait pas de ma cacher en caressant ainsi cette montre ni en s'efforçant d'ancrer ses yeux vides dans les nôtres. Si elle pensait que tenir le regard d'une personne était signe d'honnêteté, il y avait encore du travail chez elle !

Tallulah expédia la nouvelle question de Leigh et agrandit son agaçant sourire.

-On y va ? Si on veut en profiter avant que je ne parte suivre ma leçon de self-defense, on devrait partir maintenant.

-T'es sérieuse ? Tu nous sors ça comme ça sans explications ? Tu-

-J'dois rien à personne, s'emporta-t-elle en me foudroyant du regard : Je ne m'immisce pas dans tes histoires de couple, Rosalya, quand comprendras-tu que tu n'as pas à le faire avec moi ?

J'eus un geste de recul, ne m'attendant pas à une telle réplique, et je me mis à balbutier

-Je ne voulais pas… repris-je avant de secouer la tête : Tu ne vas pas me faire croire que tout va bien, Tal', dis-je non sans lâcher un soupir.

-Non c'est vrai. Mais j'avais plus envie de te voir que de penser à mes soucis, mais c'est pas grave…laisse tomber.

Ne me laissant pas le temps de répliquer, Tallulah tourna les talons et sortit de chez moi avant même que Leigh ait eu le temps de la retenir. Soucieux, il se tourna vers moi et m'interrogea en silence.

-J'ai merdé, je sais…Mais ça m'a énervée de la voir faire la fière alors qu'elle doit sûrement avoir le moral à 0 !

-Chacun s'épanche comme il peut, Rosa… s'exaspéra Leigh qui revint au salon : T'as bien vu qu'elle ne tenait pas répondre à mes questions, ça ne sert à rien d'insister.

-Mais je n'aime pas quand on se voile la face ainsi. J'ai essayé avec ma grossesse et finalement j'ai bien compris que ça ne servait à rien de forcer outre mesure ! Tallulah a un gros problème lorsqu'il s'agit de ses sentiments, si personne ne la pousse à parler elle est capable de se plonger dans un mutisme éternel, tu crois que c'est mieux ?

-Je ne dis pas ça, mais pense à sa réaction lorsque Lysandre a mentionné le fait qu'il avait pensé avoir des enfants avec elle. On voit bien que tomber enceinte pendant ses études, ce n'est pas son idéal ! Pourtant, t'a-t-elle dit quoique ce soit lorsque tu lui as annoncé ta grossesse ?

Comprenant où il voulait en venir, je baissai les yeux, regrettant de m'être emportée de la sorte. J'étais pourtant bien placée pour savoir qu'il fallait parfois du temps pour laisser certaines blessures se refermer, à croire que mes émois me faisaient oublier mes études…

-T'as raison.

« J'avais plus envie de te voir que de penser à mes soucis » Au moment où elle eut cherché mon soutien, je venais de la faire fuir. Elle qui n'osait que peu s'appuyer sur quelqu'un, elle voulut me faire comprendre qu'elle avait besoin de moi et je l'avais repoussée sans que ce soit intentionnel. Ma leçon de morale faite à Alexy à la rentrée me resta en travers de la gorge maintenant que je venais de faire la même bêtise que lui avec notre meilleure amie.

Prenant une profonde inspiration, je me laissai guider par une nouvelle détermination et quittai mon appartement, mon sac sur l'épaule et priai pour que Tallulah ne soit pas encore partie du parking. Leigh m'eut suivie, en me demandant de me calmer un peu mais je ne voulais pas la laisser partir s'en avoir pu lui parler. Trottinant sur le parking je la vis, appuyée contre la portière de sa voiture à me regarder, un petit sourire penaud au coin des lèvres. Larmoyante - fichu bébé ! -, je courus vers elle qui m'ouvrait les bras pour m'étreindre chaudement.

-Si tes parents t'ont apprise à parler, ce n'est pas pour rien ! rouspétai-je entre deux sanglots.

-Je sais Rosa… mais je ne sais pas quoi vous dire. Je ne sais même pas quoi penser… m'avoua-t-elle.

Nous éloignant un peu, elle vint sécher mes larmes avec ses pouces et me sourit, cette-fois ci avec une douceur sincère et un amour dans les yeux qui me fit du bien. Puis, elle s'adressa à Leigh qui avait posé une main bienveillante sur sa tête.

-Tu devrais aller le voir… (elle secoua la tête et se rectifia) Tu pourras aller le voir, s'il te plaît ? Je…on ne s'est pas parlé depuis Mercredi. Mais je m'inquiète… (Elle baissa les yeux sur sa montre) Je sais que ce n'est pas terrible de t'envoyer faire le coursier, mais je ne sais pas si c'est bien penser d'aller le voir moi-même alors que c'est moi qui ai rompu.

-Ouh là… risquer, oui, reniflai-je en me calmant enfin : Leigh ?

-Je comptai effectivement aller le voir. Son message m'a trop inquiété pour que je le laisse dans son coin. (Il fit un clin d'œil à Tallulah) Lui non plus ne doit pas savoir quoi faire si tu veux mon avis… Mais c'est encore moins facile pour lui de tout garder pour soit, il a l'épanchement facile comparé à toi.

Tallulah hocha la tête pour appuyer ses dires et le remercia. Finalement, nous troquâmes notre session shopping pour une ballade au bord de mer, nos pieds nus dans le sable tiède et, main dans la main, seules et entre cœurs féminins, Tallulah se laissa aller au récit de sa rupture avec Rayan.

De son côté, j'espérai que Leigh parviendrait à trouver les mots qui aideraient son ami à se soulager un peu. Même si je restai convaincue que leur rupture n'était qu'une idiotie…

Tallulah

Alors que l'heure de ma session de self-defense approchait, je raccompagnai Rosalya chez elle après que nous eûmes partagés un long moment de complicités qui me fit du bien. Bien sûr, elle tenta de jouer la psy avec moi, mais cela ne lui fut pas si simple tant je ne tenais pas plus que cela à étendre mon déboire. J'étais lasse de pleurer, cela ne me ressemblait pas et tout ce que je voulais était que tout revienne dans l'ordre rapidement. De son côté, mon amie se confia sur quelques malaises qu'elle eut récemment. Nous étions connues pour être de grandes nerveuses Rosalya et moi, et elle sentait qu'elle devrait opter pour les cours à distance plus rapidement qu'elle ne crut. Toutes les grossesses ne se passaient pas ainsi, mais il ne pas fallait omettre que toutes les femmes étaient différentes.

-Ça va aller ?

-Oui, je pense que Leigh ne devrait plus tarder, m'assura-t-elle en descendant de ma voiture. Je baissai la vitre pour lui parler : On se voit rapidement, hm ?

-Promis, lui souris-je bien plus sincèrement que plus tôt : Merci Rosa.

-Merci à toi, d'être toujours là pour nous, Tallulah. Nous aussi, n'oublie pas qu'on est là pour toi…

J'opinai du chef. Tapotant contre ma portière elle me fit signe d'y aller.

-Allez, va apprendre à casser des gueules à des malotrus !

-J'ignore comment tu parviens à introduire « gueule » et « malotrus » dans une même phrase, ris-je : Bisou à Leigh !

Rosalya me fit un clin d'œil et je remontai ma vitre. Prenant la route pour le dojo où se déroulait les séances de coaching de techniques personnelles de défense, je sentis mon estomac se nouer. Est-ce qu'il sera là ? Je n'avais que deux séances à mon compte, mais elles furent toutes suivies par Rayan qui tint plus que tout à m'accompagner dans mon apprentissage. Cette troisième séance avait lieu seulement peu de jours après notre fraiche rupture et aucun de nous deux avait été capable de contacter l'autre…Je ne m'attendais pas à ce qu'il vienne il était même plutôt évident qu'il ne serait pas là. Enfin…

-Bonjour Sarah, souris-je à la fille du gérant du dojo, qui n'était autre que l'ancien entraîneur de Rayan lorsqu'il faisait de l'athlétisme.

-Vas-y, je te laisse te changer dans les vestiaires ! Tu connais maintenant, me dit-il en me donnant un badge pour l'ouverture de mon casier : Rano est en avance, il est avec Samuel, mon frère.

Reconnaissant le surnom qu'elle donnait à Rayan, je tournai aussitôt la tête en direction des grandes portes vitrées qui donnaient sur notre salle d'entraînement. Tout était insonorisé, rien ne m'eut donc alerté en entrant. Mais en approchant de plus près, dans le fond de la salle, je pus voir le frère de Sarah s'entraîner avec mon aîné qui bloquait les coups reçus. Ma poigne se resserra autour de la lanière de mon sac de sport et mon cœur se mit à battre plus fort tandis que mon regard s'attardait sur lui. Sans m'en rendre compte, j'eus posé ma main libre sur la vitre et avais rapproché mon visage comme pour mieux voir, alors qu'ils disparaissaient dans mon angle mort. Puis Sarah me surprit, posa une main sur mon épaule et me demanda ce que je faisais. Aussitôt je filai aux vestiaires me changer. Qu'est-ce que je fais ? me répétai-je, confuse.

Fermant les yeux, je pris une profonde inspiration et me dis que je devais faire au mieux pour prendre sur moi. J'avais souhaité rompre, à moi d'en endosser les conséquences, peu importait ce qu'il me reprocherait si jamais il avait des choses à me dire à ce sujet…

-Bon…

Je sortis des vestiaires pour prévenir Sarah que j'étais prête. Elle me fit entrer dans la pièce où Rayan et Samuel terminaient leur session.

-Rano, ta chérie est là ! s'écria Sarah et je me sentis blêmir.

-Ah oui ? fit-il simplement, faisait s'arrêter l'entrainement avec Samuel qui me salua d'un simple hochement de tête et d'un sourire.

Ils échangèrent quelques mots et j'en profitai pour demander à Sarah ce que nous allions voir aujourd'hui.

-On va retravailler les contres de saisie, c'était très bien la séance dernière, mais une piqûre de rappelle ne fait pas de mal. On va voir ce que tu as retenu. Ensuite, on passe au blocage en cas d'agression sexuelle. Tu vas apprendre à te servir de tes jambes dans une situation où tu pourras avoir l'impression qu'un homme te maîtrise. (Elle me dit un clin d'œil) Il peut t'écarter les cuisses autant qu'il veut, tes chevilles te seront toujours libres tu vas apprendre à penser utiliser tes chevilles comme d'un grapin.

Un grapin ? Je devais bien reconnaitre que cette séance, déjà compliquée en la présence de Rayan, me faisait légèrement angoisser.

-Rano, tu viens ?

Faisant une accolade à Samuel, Rayan trotta jusqu'à nous, non sans soutenir mon regard. Ou bien fut-ce moi qui soutenait le sien ?

-Sarah t'a expliquée ce qu'on allait faire ? me demanda-t-il. Il tira le col de son marcel pour éponger le bout de son nez. J'ignorai depuis combien de temps il se trouvait là, mais au vu de la sueur qui perlait sur ses bras et son front, il s'était bien acharné à l'entraînement.

J'opinai du chef et répéta ce que Sarah venait de me lister.

-D'abord la saisie, puis on part sur les blocages d'agressions sexuelles.

-Samuel à refait des mises en scènes avec toi je crois, tu te sens capable de la guider ?

Rayan hocha promptement la tête et lui sourit.

-Bon, dans ce cas je vais voir comment s'en sortent mes mamies dans la salle de gym, rit-elle avant de s'éclipser : Au moindres doutes, vous venez chercher Samuel à l'accueil, ajouta-elle.

Une fois seule, je sentis comme un brin de tension me gagner. Au vu de la raideur de ses épaules, et de son regard qui se fit fuyant, il ne devait pas être mieux.

-Je te laisse t'étirer, me dit-il en allant chercher sa serviette pour mieux essuyer son visage.

Pieds-nus, je me callais contre un mur et commençai à étirer mes jambes, mon dos et mes épaules. Ma luxation n'était plus qu'un mauvais souvenir depuis quelques semaines, et c'était agréable de pouvoir gesticuler comme bon me semblait sans avoir mal. Lorsque je sentis mon corps être bien chaud pour commencer l'entraînement, j'appelai Rayan qui revint vers moi.

-Bon, tu te souviens, dos à moi, je te retiens le poignet et tu me repousses.

Je m'exécutai, fis un pas et Rayan me retint abruptement et aussitôt, je vins pincer ses biceps contractés de ma main libre et arrachai mon poignet de sa prise. Nous répétâmes l'exercices 5 fois, avant de passer au suivant.

Toujours dos à lui, Rayan vint me saisir le cou par l'intérieur de son bras plié, m'étranglant. Ne pouvant m'échapper par l'angle fermé, je devais me tourner face à lui après avoir avancé le pied qui se trouvait à l'opposé de son bras qui m'étranglait afin de le forcer à m'incliner vers l'arrière et me permettre de me glisser sous l'ouverture tout en le repoussant pour défaire son emprise. J'en perdis mon élastique dans le mouvement et mes cheveux se libérèrent.

-Merde… pestai-je en cherchant mon élastique des yeux.

-Il s'est cassé, fit Rayan qui me tendit le galon détendu. Levant les yeux au ciel, je constatai que je n'en avais pas pris de rechange autour de mon poignet.

Je l'entendis glousser.

-Regarde sous ma serviette, j'en ai apporté.

La première séance déjà, il avait tout prévu… me souvins-je, avant de le remercier. Son petit sourire en coin m'en fit grimacer, tiraillée entre l'embarras et l'amusement. Je partis donc me récupérer de quoi me faire un chignon bien serré et revins à lui. Sans prévenir, il passa son bras autour de ma gorge et je réagis aussitôt, m'inclinant en arrière avant de me tourner et glisser par l'ouverture de son bras après l'avoir repoussé avec autant de force que j'en avais.

-Super ! rit-il : Les réflexes te viennent, c'est bon signe. (Il souleva son coude) Ah…

-Je t'ai griffé ?

-Ce n'est rien, assura-t-il mais je vins soulever son bras pour vérifier. Il avait quatre belles balafres tout de même dont une d'où un tout petit peu de sang commençait à apparaître : Je passerai de l'eau tout à l'heure, dit-il en retirant son bras : T'as juste gratté la peau, ce n'est rien.

-Désolée, lui dis-je tout de même.

-Va pas dire ça à tes agresseurs, ça briserait tes efforts, se moqua-t-il et je me retins de sourire.

-Bon, on passe à la suite, soupirai-je : C'est quoi la situation ?

-Je vais te montrer comment repousser un agresseur sexuel qui t'a plaquée au sol.

-Ok, déjà je dois m'allonger je suppose… (je m'accroupis et passai un regard par-dessus mon épaule) Devant ou derrière ?

Haussant les sourcils, je le vis se passer une main sur le visage non sans rougir. Réalisant mon lapsus je me redressai et lui ordonnai de chasser ses fichues pensées obscènes de son crâne.

-J-je parlais de l'agresseur ! Il me plaque devant, ou derrière ?

-Par devant, donc allonge-toi sur le dos, reprit-il, agacé : Je vais m'asseoir à califourchon sur toi, je ne mettrai pas tout mon poids, mais suffisamment pour la première mise en scène.

Après m'être mise sur le dos je fis signe à Rayan qu'il pouvait se poser sur moi. Ne sachant pas quoi faire de mes mains, je les laissai dans le vide, en appui sur mes coudes mais il vint m'agripper les poignets.

-Ok, donc dans cette situation, il ne faut pas se le cacher, tu n'as aucune chance de t'échapper si personne ne vient t'aider et repousser le gars. Faut pas se leurrer, côté force, il y a une différence.

J'opinai avec sérieux.

-L'agresseur va venir placer ses genoux contre ta taille, pour empêcher tes hanches de se glisser hors de son emprise. (Je sentis une pression) Vas-y, essaie un peu de bouger.

M'exécutant, je me mis à gesticuler comme un hamster sur le dos et j'eus l'impression que mon buste ne partait pas dans la même direction que mon bassin. C'était très troublant, et j'eus beau m'épuiser à forcer sur mes pieds, je ne pouvais ni me glisser vers le bas, ni vers le haut. Me laissant lourdement retomber sur le dos, mon cœur rata un battement en me rendant compte qu'à ce moment précis, dans une vraie situation, je n'aurais plus eu de force de lutter…

-J-je suis sensée faire quoi ? (Je passai subitement mes chevilles par-dessus les siennes) Sarah m'a parlée de grapin…

-Hé ! Je vois que t'es réactive ! s'enjoua-t-il tellement sincèrement que mon cœur en bondit de joie dans ma poitrine. Bon sang…j'aurais dû m'entraîner avec Sarah…me dis-je. Il reprit : On va d'abord lister tout ce que tu ne peux pas faire en étant allongée et bloquée de la sorte. Essaie d'attraper ma gorge déjà.

Je tendis le bras mais Rayan eu un simple geste de recul à faire et je me rendis compte que mon bras était trop court. Ça, c'est mort… A l'inverse, lui avait le champ libre pour m'étrangler avec ses deux mains, voire une seule si l'autre retenait mes poignets. Un instant son regard trembla et je l'interrogeai du mien, en silence. Il ne s'est pas rasé… remarquai-je en me rendant compte que depuis la dernière fois qu'on s'était vu, sa barbe avait pris un peu d'épaisseur. Ça lui va bien…nous secouâmes simultanément notre tête avant de reprendre.

-T-Tu… essaie de me frapper, de me porter un coup.

Reprenant contenance, je simulai un coup de poing contre son torse, mais il s'inclina en arrière, et para le coup. Mon bras était si raide que la force mise n'était pas terrible…Je baissai les yeux sur son entrejambe et souris narquoisement. Je le vis se courber par réflexe et mon poing ne fit que mourir sur le tissu tendu à l'écart de son jogging.

-Normalement, tu peux atteindre mon entrejambe oui, mais il y a deux cas : Soit il se courbe de façon à amoindrir la force de son coup, soit il a le temps de t'en coller une… (il mima un coup de poing sur ma joue) Il perdra moins de temps à te frapper que toi à tendre le bras en étant allongée. Tu perdras de la vitesse et de la force. Tu peux parvenir à lui faire mal mais pas suffisamment pour vraiment lui éclater les couilles et le paralyser, me prévint-il sans demi-mesure.

Je haussai les sourcils avec évidence et grimaçai un sourire déçu. Il en fronça un, sceptique.

-T'es déçue de ne pas avoir pu me faire mal, je rêve !?

-Mais non ! ris-je avec légèreté à en faire secouer mes épaules : Mais tu veux que je fasse quoi à part lui pincer les côtes ? demandai-je en ajoutant le geste à la parole. Rayan croassa étrangement en se pliant sur le côté.

A force de tenir mes mains, nous finîmes par nouer nos doigts, par habitude et tendre réflexe qui ne nous avaient nullement quittés.

-Tes options restent très limitées c'est vrai, mais tu as su comprendre quoi faire avec tes chevilles. T'as l'esprit vif, et ton instinct de survie aussi, c'est plutôt rare après une agression, murmura-t-il : les gens ont tendance à éviter le danger même et se tétaniser.

-Je ne veux plus jamais, me retrouver en position de faiblesse… rétorquai-je, en venant agripper ses yeux anis des miens.

Attentif, et compréhensif, il hocha la tête et reposa avec douceur mes bras au sol.

-C'est en vérité, très troublant de se sentir ainsi coincée, même si j'ai beau savoir que tu ne me feras pas de mal, c'est vraiment…oppressant comme position.

-Je suis là pour t'apprendre… Tu verras, plus tard c'est toi qui enseignera aux autres comment se défendre, m'assura-t-il, la voix rauque.

Et je lui en serais éternellement reconnaissante. Pour certains, ils voyaient le « héros » aider la demoiselle en détresse, moi, je voyais quelqu'un qui m'aider à prendre confiance en moi. Je voyais ni plus ni moins, une personne qui s'assurait que je puisse me défendre en cas de futur danger car personne d'autre ne l'avait fait jusqu'à maintenant. Personne n'avait voulu m'enseigner cela, car tout le monde voulait que je sois la demoiselle en détresse…Pas lui.

-Déjà, tu vas lui bloquer les mouvements des genoux. Bloque avec tes coudes (il me les plia et les posta devant ses genoux qu'il remua) Tu vois, je ne peux pas aller plus haut. Ma seule solution est de te frapper (il ferma le poing et tendit son bras près de mon visage) là, tu-

D'instinct, j'agrippai son poignet pour retenir son coup qu'il ne terminerait jamais.

-Très bien ! Tu dois le tenir, de toutes tes forces, mais avec la bonne prise. (Il retira mes doigts et les plaça correctement sur son poignet) Tu dois utiliser tes 5 doigts, comme un singe ! Pas les 4 et les pouces ensuite, comme un crochet. (Il les remit en crochet) Regarde, l'espace entre ton pouce et ton index (il extirpa très aisément son poignet) J'ai une ouverture ! Tu ne dois pas m'en laisser, aucune ! (Il remit mes doigts dans la bonne prise) De cette façon, je ne peux pas retirer ma main et te frapper sur le côté. Je ne peux que tirer mon bras vers l'arrière, mais c'est là que tu poses ton autre main sur mon coude. (Il me fit un signe concis) Vas-y, fais-le !

Je m'exécutai et bloquai son coude. Rayan essaya de me frapper, je mis plus de force, et je pus constater que son mouvement était paré.

-Là, je ne me mets pas de force, donc tu bloques facilement. Mais n'oublie pas que la vitesse est ton atout sur le moment. Vivacité et lucidité seront tes meilleurs alliés pour le repousser et fuir, insista-t-il avec grand sérieux. Et pour plus de pression, bloque ton coude plié contre ton flanc, et tu vas venir presser ma main contre ta clavicule pour être sûre que je ne puisse pas bouger. Et là ! Tu peux venir agripper mes jambes avec tes chevilles. Comme ça, tu vas pou-..WOUAH !

Ayant compris ce que la puissance de mes pieds à plat sur le sol, avec mes chevilles compressant ses jambes, pouvait me permettre de faire, je levai mon bassin, usant mes hanches pour me faire pivoter et d'une traite, j'inversai les rôles et me retrouvai au-dessus de lui. Me retrouvant libre entre ses jambes pliées, je me levai et bondissai de joie, excitée de l'avoir mis à terre.

-J'ai réussi !

Riant sur le sol, Rayan m'applaudit.

-C'était parfait, haha !

Se dressant sur ses coudes, il commença à se lever et je lui tendis une main pour l'aider. Il l'attrapa et se releva d'un bond. Dans le mouvement, nos corps s'étaient rapprochés, ainsi que nos visages qui se faisaient caresser par nos souffles respectifs. Des mèches de cheveux collaient son front par sa sueur. Papillonnant un moment, je finis par reculer et lui dire que j'avais besoin d'une pause. Trottinant, je rejoignis le bord du tatami et remis mes chaussures avant de sortir dans l'arrière-cour où se trouvait une fontaine d'eau potable. Je m'en aspergeai le visage avec après avoir bu.

-Tiens, entendis-je provenir de derrière-moi.

Rayan m'avait suivie, visiblement gêné et me tendait une serviette.

-Je suppose que t'as encore oublié la tienne.

Touchée… Enfin, j'en avais pris une mais l'avais laissée dans mon casier.

-Elle est dans le vestiaire.

-Très utile…

Je lui pris la serviette des mains et le remerciai. Prenant appui contre le mur, à l'ombre du soleil qui cognait fort aujourd'hui, Rayan eut beau paraître encore un peu hésitant je le trouvai moins tendu qu'à mon arrivée. Je me demandai s'il pensait la même chose de moi, et je devais admettre que mon nœud à l'estomac s'était défait. Pourtant, je me sentais toujours un peu étrange…Je ne savais pas quoi lui dire, alors qu'il n'y eut pas si longtemps j'avais encore tellement à lui demander et à lui confier.

-Leigh… m'a dit que tu n'avais pas voulu répondre à ses questions.

Le visage dans la serviette, je stoppai tout geste et attendis qu'il poursuive. Je finis par abaisser le tissu et croiser le regard intrigué de Rayan qui semblait essayer de me sonder de l'intérieur.

-Pourquoi tu ne lui as pas parlé ?

-Tu voulais que je lui dise quoi ?

Il haussa une épaule.

-Eh bien les raisons qui t'ont poussées à rompre avec moi ? C'est déjà pas mal…

-Tu l'as fait non ?

-Je lui ai raconté comment je l'avais vécu, mais je lui ai aussi dit que je n'avais pas eu de réponse à toutes mes questions…

Je levai les yeux au ciel et m'approchai de lui pour lui rendre la serviette.

-Alors quoi ? T'espérer connaître la vérité à travers Leigh ?

Il plissa les yeux et, lentement, glissa sa main sur la mienne qui tenait toujours ce qui lui appartenait.

-Donc, tu avoues ne pas m'avoir dit toute la vérité… ?

Agacée, je collai la serviette contre son torse et reculai.

-On ne devrait plus s'entraîner ensemble, dis-je : Si je t'ai quitté, c'est justement pour qu'on soit le moins possible seuls, tous les deux.

-Ah oui ? Et tu vas faire comment lorsque Leigh ou Rosa, nous invitera à boire un verre chez eux ? Tu refuseras ? Pour ne pas t'afficher avec moi ? me provoqua-t-il et je me retournai pour lui faire face.

J'ouvris la bouche pour parler mais il reprit : « Tu vas fuir tout le monde pour ne plus être avec moi ? Car je ne compte pas perdre mes amis, j'ai suffisamment inquiété Leigh comme ça. »

Sortant de l'ombre du mur, il s'avança jusqu'à moi.

-Tu ne veux pas comprendre…

-Comprendre quoi ? murmura-t-il : C'est toi qui ne m'explique rien. Ce que je comprends, c'est que tu as peur pour moi. Et j'entends bien pourquoi… n'oublie pas que j'ai déjà vécu ça. Mais regarde, tu me quittes pour qu'on ne me voie pas avec toi mais parmi mes amis, se trouvent deux collègues et sept étudiants. Et mon meilleur ami sort avec ta meilleure amie. Il faut faire quoi ? Dis-moi, tu sembles avoir plus de réponses que moi…

Entourant avec une infinie délicatesse mes épaules, Rayan m'étreignit tout contre lui. Je fermai les yeux, péniblement, car mon cœur me hurlait dessus, me reprochant de l'avoir éloigné de son jumeau, battant dans la poitrine de mon aîné.

-Pourquoi tu rends tout si compliqué, Rayan…soufflai-je en portant une main sur son bras aux muscles contractés.

-C'est toi qui joue avec les complications… Tu vois bien que ça ne servait à rien de rompre.

A regret, je m'éloignai de son étreinte et il vint poser son front contre le mien, ses mains posées sur ma nuque, sous le pli de mon chignon.

-Cela sera toujours moins difficile pour toi d'être vu avec tes collègues et les autres, en tant qu'ami, qu'avec moi en tant qu'amant.

-« Moins difficile… », répéta-t-il, ironique : Et alors, je suis Maghrébin, mais j'ai beau n'être, ni croyant, ni pratiquant, on m'a déjà traité de terroriste parce que mon visage n'est pas assez « français » pour eux. On m'a même déjà demandé, abusivement, ma carte d'identité dans des boîtes de nuit et des musées. Vais-je fuir pour autant afin de ne plus subir une telle pression ? Non, car tout le monde n'est pas si con. Rien n'est facile dans la vie Tallulah, et l'intolérance aura toujours un siège près de l'Humain. (Il soupira) Je ne vais pas me cacher à chaque fois qu'un doute, qu'une crainte s'installe en moi. Pas maintenant que j'ai croisé ta route…

Il tenta un baiser, mais je secouai la tête, et ses lèvres restèrent en suspens, entrouvertes, aspirant l'air et son regard marquait le désespoir. Si je ne marque pas plus de distance, il n'y arrivera pas…Mais mon corps restait accroché au sien.

-De quoi as-tu si peur… ? Pourquoi pleurais-tu au Gala ? Que s'est-il passé là-bas ? me questionna-t-il par supplications.

Je secouai la tête, sans pouvoir rien dire de plus. « Un mensonge douloureux vaut mieux qu'une scandaleuse vérité » la voix de Dimitri refit écho dans mon esprit et je craignais un peu plus de me rendre chez lui. Certes, ce fut Léon qui m'invita, et dans un sens, le savoir présent me rassura un tant soit peu, mais je redoutai tout de même la réaction de son époux.

-Donnez-moi un nom Christine et je le pourchasserai pour vous…

Tressautant, j'écarquillai les yeux de stupéfaction et croisai à nouveau les yeux anis et étincelant de vivacité de Rayan.

-Professeur ou étudiant, simplement un nom… Tu as parlé de ma famille, de mon père, est-ce quelqu'un qui aurait découvert que j'étais le fils de Sohan Arles, en plus du beau frère de Léon Van Fenema ?

N'y tenant plus, je le repoussai plus violemment en projetant son torse avec mes mains. Hébété, Rayan papillonna un moment avant de vouloir prendre la parole mais je le coupai :

-Arrête… (Je vins frotter mon poignet où devait se trouver ma montre posée dans mon casier) Je vais voir avec Sarah si je ne peux pas changer mes horaires de session.

-C'est vraiment ce que tu veux ? me demanda-t-il d'une voix sourde. J'ignorai s'il faisait encore référence à notre rupture, ou bien à mon souhait de changer la période de mes entraînements.

-C'est mieux, crois-moi…

Sans rien ajouter de plus je retournai à l'intérieur du dojo.

A suivre…


Rayan sait que Tallulah lui cache quelque chose et n'en démordra pas tout de suite ! Prochain chapitre, du même genre que celui-ci, on aura le droit au point de vu de Rayan en plus d'autres personnages, je vous laisse deviner lesquels, dites moi dans les commentaires à qui vous pensez ;) Je ne sais pas quand sera posté le prochain chapitre, j'espère pouvoir le faire rapidement :)

Je vous remercie à tous de me suivre et j'espère que cette fic, qui arrive à son terme, vous plaira jusqu'au bout :)! Bisou à tous et à bientôt ! ~~