Twilight

Chapitre 4 : Révélation

Undertaker s'étira souplement en se réveillant dans la chambre silencieuse. Étouffant un bâillement, il se rappela que les vacances de Noël venait de commencer et que tous ses camarades étaient rentrés chez eux, lui laissant la chambre rien que pour lui. Un vrai bonheur. Profitant encore un peu du calme qui berçait le dortoir des Serpentards, Undy finit par se rouler hors du lit ne voulant pas rater le petit déjeuner.

Son humeur était extatique tandis qu'il s'habillait pour rejoindre la grande salle. Décidément le mélange Xerxès, vacances et l'arrêt du port de l'uniforme qui gratte faisait de vrai miracle sur son entrain. S'accordant quelques instants pour arranger ses cheveux qui ressemblaient à une botte de paille qu'on aurait fait exploser à la dynamite, il finit par enfiler ses bottes avant de se diriger d'un pas sautillant vers le réfectoire qui commençait à se couvrir des couleurs de noël.

Il repéra directement Break dont les vêtements détonnaient grandement avec son uniforme habituel. Chemise violette, veste blanche négligemment jetée sur les épaules, toujours accompagné de sa canne et d'Émilie. D'ailleurs en y regardant de plus près cette dernière semblait avoir repérée depuis un petit moment son observation approfondie et lui lança un sourire ironique.

Il lui rendit son sourire avant de s'assoir négligemment en face de Break, qui le mata durant la durée de l'opération. Il ne dit rien, mais le petit sourire espiègle et la lueur libidineuse valait tout l'or du monde : Xerxès continuait à le trouver à son goût et ne s'en cachait pas.

En même temps, Break avait toutes les raisons d'être séduit par l'Undertaker en civil. Il portait une chemise blanche moulante entrouverte sur son torse pâle, une veste noire qu'il n'avait pas fermée – par fainéantise, sans doute – mais surtout, un pantalon de cuir qui l'enveloppait comme une seconde peau, dévoilant la courbe splendide de ses cuisses et rehaussé par ses cuissardes ; c'était à baver. Ils le savaient tous les deux. Ce que ne put s'empêcher de faire remarquer Emilie :

_ A vous bouffer des yeux comme ça, ON VA VOUS GRILLER !

Elle hurla si fort que toute la table se tourna vers eux d'un air curieux. Mais ni Break ni Undi ne s'en préoccupait. Au point d'ailleurs que le pied de l'un parte à la rencontre de l'autre et qu'Undi ne puisse s'empêcher de grogner en fixant son vis-à-vis d'un regard affamé. Sourire sournois de l'autre côté et ricanement amusé sur l'épaule de ce dernier.

Jusqu'à ce qu'une tarte vole et manque de quelques centimètres le visage de break.

_ Oups, ricana Peeves en s'élevant de quelques mètres.

Trop surpris pour réagir immédiatement Break resta figé sa cuillère pendue au-dessus de son thé. C'est le rire hystérique d'Undertaker qui le ramena sur terre.

Lançant un regard noir à Peeves lui promettant mille et une souffrance, il attrapa discrètement une petite tartelette à la citrouille rehaussé de crème fouetté et d'un geste souple du poignet celle-ci décrivit un arc de cercle tout en délicatesse avant de s'écraser sur le beau visage d'Undertaker dont le rire mourut aussitôt. L'air de rien Break reprit la dégustation de son thé tout en jetant un coup d'œil vers la table des professeurs mais ceux-ci semblaient n'avoir rien remarqué.

Undertaker laissa tomber son poing dans un fracas, fou de rage et fusilla Break en essuyant son visage du bout des doigts. Ok… S'il l'avait trouvé sympa cinq minutes au paravent, il le trouvait désormais particulièrement antipathique. Et la tarte qui se trouvait juste à côté de lui vola pour atterrir droit sur le torse de Break. Qui reposa sa tasse d'un geste brusque alors qu'Emilie explosait de rire.

Le serdaigle plissa les yeux, furieux. Se retrouver couvert de crème et de chocolat n'était pas dans ses plans du jour. Par vengeance, il décida de répliquer.

Une bataille de tarte se déclencha rapidement. Bien sûr, l'épicentre de la bataille tournait autour des deux amants qui en étaient venu aux mains, couvert de sucreries.

Mais maintenant l'ensemble du réfectoire était partie en vrille, même les fantômes et quelques profs s'étaient joints à la bataille. Albus regardait ça d'un air amusé, déviant de ci de là une tarte ou deux, histoire de rajouté un peu piment à la confrontation. D'ailleurs, la myrtille framboise qu'il avait déviée sur Michaelis était une vraie réussite.

Pendant ce temps, les deux amants avaient roulé sous la table oubliant les tartes pour en venir aux mains dans un bon vieux crêpage de chignions. Pas qu'ils voulaient vraiment faire mal à l'autre, cependant, ils étaient tous les deux tellement frustré par l'autre – mais surtout par ce qu'ils ressentaient – qu'ils avaient sauté sur le premier exutoire possible. Ce tirant les cheveux, griffant et mordant comme de vulgaires garnements, ils avaient renversé plusieurs bancs, fait tomber au moins plusieurs personnes avant d'arriver aux pieds de Rusard qui venait d'entrer dans la grande salle, un air horrifié sur le visage.

L'endroit était s'en dessus dessous, un vrai champ de bataille : des nappes déchirées, des assiettes cassées, des sorts de farce et attrape répandu un peu partout. S''il avait eu une baguette, Rusard l'aurait brisée sous le coup de la colère. Mais n'en aillant pas, il passa sa frustration sur la première chose qui lui tomberait sous la main et celle-ci fut deux étudiants roulés au sol. Les saisissants chacun par une oreille, il les releva avant de les faire taire d'un regard bien sentit.

_ Tous les deux vous allez me nettoyer ce carnage et ensuite vous passerez le restant de votre journée à m'astiquer les trophées de la salle ...

Break et Undertaker se regardèrent avec colère.

_ Nettoyer avec lui ? Vous avez fumé ou quoi ? Répliqua insolemment Undi, furieux.

Rusard sourit d'un air terrible.

_ Oh, dear, we are in troubles… Ricana-t-il.

Break ne dit rien mais on sentait qu'il bouillait intérieurement. Se retrouver enfermé avec Undi lui cassait un peu beaucoup les cacahuètes. Mais avec Rusard, il n'avait aucun moyen de pression pour le faire revenir sur son idée. Alors bon, il se plierait partiellement à la punition mais il s'arrangerait pour finir ça le plus vite possible. En attendant, la pièce se vidait petit à petit.

Au bout d'une heure, ils avaient finis de laver la grande salle sous l'œil moqueur de Rusard. Ils se dirigèrent donc vers la salle des trophées. Cette salle immense où toutes les coupes possibles et imaginables de Poudlard attendaient avec impatience que des crétins se retrouvent forcés de les nettoyer. Ils soupirèrent en voyant l'ampleur de la tâche. Ce n'était pas gagné. Ils en avaient au moins pour toute la nuit sans magie. Et apparemment, Rusard l'avait bien compris.

_ Vous n'en sortirez que lorsque tout brillera. En attendant, je vais aller faire ma ronde.

Puis il sortit et les enferma à clé, les laissant seuls avec juste leurs chiffons et leurs huiles lustrantes. A se dévisager en chien de faïence.

Mécontent, ils se mirent à frotter chacun de leur côté, ignorant royalement l'autre. Dans son coin Undertaker ruminait : lui qui avait tendance à rire de tout, depuis qu'il connaissait Xerxès Break, il avait l'impression d'être devenu une mauvaise blague qui n'entrainait que des ricanements de mépris. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Il était frustré, ok, ça il l'admettait. Mais ce n'était pas de sa faute si le corps de Break l'appelait d'une petite voix aguicheuse. Non, vraiment pas de sa faute. Sauf que ça n'expliquait pas pourquoi son humeur faisait des loopings improbables quand il était avec le Serdaigle. Il avait déjà désiré des personnes sexuellement mais il ne s'était jamais retrouvé à pleurer dans leurs bras ni à s'énerver dès qu'ils l'ignoraient. Alors quoi, il était devenu hystérique ? Peu probable, il l'était déjà depuis un bon moment.

Mais merde quoi, ça faisait seulement 4 semaines et 6 jours qu'il connaissait Break et il ne pouvait déjà pas se passer de lui. D'ailleurs, c'était particulièrement terrifiant s'il se mettait à compter les jours à croire qu'il était obsédé. ... C'était ça, il était juste obsédé par Break ! Une fois qu'ils auraient couché ensemble sans être interrompu, il sera de nouveau sain d'esprit. Une petite voix dans sa tête qui ressemblait beaucoup trop à celle d'une certaine poupée lui fit remarquer qu'il y avait peu de chance pour que ça marche, après tout, il ne semblait pas seulement obséder par le petit cul de Xerxès.

Undertaker lâcha un grognement, il partait sérieusement en vrille s'il entendait la voix d'Emilie dans sa tête. Et d'abord, il était vraiment obséder par autre chose que le sexe ? C'est vrai que le Serdaigle était un casse-tête qu'il avait particulièrement envie de résoudre et qu'il adorait la façon totalement exubérante qu'il avait de se comporter ainsi que son esprit retord et sa façon de sautiller quand il était heureux... Là, il avait un sérieux problème.

_ Taker, je peux savoir pourquoi tu es si grognon depuis tout à l'heure ?

_ C'est peut-être le fait d'être enfermé avec toi à récurer des coupes.

_ Je ne savais pas que d'être enfermé avec moi pouvais être si désagréable.

Undertaker grinça des dents. Le Serdaigle avait raison, ça ne le dérangeait pas du tout d'être enfermé dans la même pièce que lui.

_ Alors, Kitty, quel est le problème ?

_ Déjà, ce surnom débile.

_ Pourtant, tu ressembles vraiment à un chat.

_ Et où t'as vu ça ? Dans le fond d'une de tes tasses ?

_ Pas du tout. Il suffit juste de t'observer un peu. Tu en as la démarche, la même façon de t'étaler sur ton bureau, les griffes aussi, clairement (Undertaker tenta de protester. Ces ongles n'étaient pas des griffes !). D'ailleurs tu peux les rétracter ? Enfin bref, tu te mets à ronronner dès qu'on te grattouille les oreilles (Le Serpentard voulu s'en défendre mais il savait bien que c'était vrai) et je suis à peu près sûr que tu es tout aussi souple.

Break accompagna sa dernière déclaration d'un sourire entendu qui fit follement rougir Undertaker.

_ Ok je veux bien admettre qu'il y a quelques petites ressemblances mais mes ongles ne se rétractent pas, enfin juste un peu.

_ Héhéhé, je le savais.

_ Justement, c'est ça le problème.

_ Que tu puisses rétracter tes griffes ?

_ Mais non ! Tu sais plein de trucs sur moi, mais moi je ne sais quasiment rien sur toi.

_ Et alors ?

_ C'est totalement injuste !

_ La vie est ainsi faite.

_ Espèce de...

_ Pas besoin de sortir les griffes, mon chaton, héhéhé. Je veux bien, dans ma grande mansuétude, répondre à... disons… trois de tes questions.

_ Seulement trois ?

_ C'est ta première question ?

_ Non, ignore ce que j'ai dit. Bon alors...heu...

Le regard que posait sur lui Break le rendait affreusement mal à l'aise et il ne s'attendait pas du tout à ce que l'autre veuille bien répondre à ses questions alors il n'avait pas tellement réfléchit à ce qu'il voulait savoir sur lui. Il lâcha donc la première chose qui lui vint à l'esprit.

_ Le soir où on s'est fait punir par M. Michaelis, c'était quoi cette histoire de dix points en moins pour toi ?

_ Héhéhé, chaton, fait fonctionner cette jolie petite tête.

_ C'est toi qui es censé répondre à mes questions, pas moi (Undertaker rangea dans un coin de sa tête qu'il faudrait absolument qu'il trouve un surnom pourri à Break. Déjà que le Kitty le faisait passer pour un animal de compagnie, le chaton, lui, donnait l'impression d'être une petite chose fragile).

_ Ce n'est pas bien compliquer, ton anniversaire n'aura lieu qu'en fin d'année, le 31 décembre, tu es donc encore mineur. Alors que moi, qui suis né bieeeeeeeeeeeen plus tôt, je suis majeur.

_ Je vois mais ça n'a pas tellement eu l'air de te déranger.

_ Je peux attendre si tu veux.

_ Non !

Break partie dans un grand éclat de rire devant l'air paniqué du Serpentar. Ce gosse était trop adorable, les joues rougies et l'air totalement affolé. De son côté, Undertaker s'était renfrogné. Il s'était totalement ridiculisé une fois de plus et il détestait vraiment que Xerxès se fiche ouvertement de lui.

_ C'est bon, t'as finit de rire ?

_ Ne sors pas les griffes, chaton, héhéhé

_ Je ne sors pas mes... enfin bref, deuxième question : pourquoi tu t'es évanouie sur moi ?

_ Hypoglycémie.

_ Mais oui, bien sûr et Mme Pomfresh à faillit nous faire une syncope parce que tu n'avais pas dévoré tous les gâteaux de la table. Même Emilie n'était pas loin d'en manger son rembourrage alors cherche une excuse moins débile.

_ Kitty, Kitty (définitivement Undertaker devait lui trouver un surnom pourri !) c'est méchant de dire que je mens. C'était bien une crise d'hypoglycémie même si dans mon cas la forme est plus rare et plus pernicieuse. Mon corps absorbe trop vite le sucre et je me retrouve à tourner de l'œil dès que je ne fais plus attention à ce que je mange.

_ Et qu'est-ce qui t'as tant déconcentré ?

_ Toi, voyons.

Undertaker piqua de nouveau un fard qu'il tenta vainement de cacher derrière sa frange. Quant à Break, il retenait à grande peine un fou rire. C'était trop beau que son mensonge passe si facilement. En plus, avec un peu de chance, Taker lui refilera tous ses desserts de peur qu'il ne s'évanouisse à nouveau.

_ Tu es arrivé au bout de tes trois questions chaton maintenant lustre moi bien ces coupes. Je n'ai pas envie que ma soirée s'éternise loin de mon lit.

Undertaker bredouilla un vague assentiment, trop confus par la révélation de Break pour aligner trois pensées cohérentes. Qu'est-ce qu'il avait à réagir comme une midinette à l'idée que Xerxès puisse penser à lui ? C'était totalement hors caractère merde ! Il rattrapa de justesse une coupe qu'il avait failli pousser par terre d'un geste rageur quand la voix niésarde d'une poupée bien connu retenti dans la salle.

_ Alors, les amoureux, on fait rien d'illégal, j'espère !

_ Ma chère Emilie ! Où étais-tu passé ?

Le clown et la poupée se mirent à papoter sur les derniers ragots de Poudlard, oubliant totalement le Serpentard qui était au bord de la mort cérébrale.

Undertaker lâcha une coupe sous le coup d'une révélation, son cerveau venant de faire tilt. Non, il ne pouvait quand même pas être amoureux de Xerxès Break, c'était totalement invraisemblable mais, en même temps, ça expliquait tout. Sauf que non, il ne pouvait pas, ça serait trop...enfin, il ne pouvait quand même pas...mais en même temps. Il reposa distraitement la coupe avant de s'éloigner dans le fond de la salle ne voulant absolument pas faire face au Serdaigle maintenant.

Récurant tout ce qui lui passait sous la main, Undi classait dans deux colonnes - oui : il était amoureux, non : il ne l'était pas - ses émotions vis à vis de Xerxès. Au bout de plusieurs minutes, il fut bien obligé de reconnaître que la première colonne était la plus remplie. En fait, c'était la seule. Donc il devait l'admettre, non ? Il était amoureux de Xerxès Break. Ça sonnait bizarre, même pour lui.

_ Un problème, chaton ? On vient d'avoir la révélation de sa vie ?

Undertaker fit un bond en entendant la voix d'Émilie qui venait de s'assoir juste en face de lui sur le trophée du meilleur mangeur de tourte à la palourde du monde. Essayant de calmer son cœur qui semblait vouloir sortir de sa poitrine, il dévisagea la poupée d'un air suspicieux. Elle ne pouvait quand même pas lire dans les pensées ?

_ Comment tu sais ça, toi ?

_Tu viens de me le confirmer, crétin. Alors c'est si difficile à encaisser d'être amoureux de mon maitre ?

Le cœur du Serpentard reparti de plus belle.

_ Tu lis dans les pensées.

_ Perdu ! Quel idiot tu fais, tu viens encore de te griller tout seul.

_ C'est bon, pas obligée d'en rajouter, grommela Undertaker.

_ Allons, ne fait pas cette tête. Tu peux tout raconter à tata Emilie. Je resterais muette comme une tombe, foi de poupée.

_ Tu crois vraiment que je vais te croire ?

_ Je t'assure que je n'irais rien raconter à Xerxès. Après tout, je t'aime bien et tu as l'air d'avoir besoin de te confier.

Undi étudia d'un œil suspicieux la poupée mais celle-ci n'affichait aucune émotion particulière sur son visage cousue. Décidant que, de toute façon, il n'avait rien à perdre, il céda.

_ Ok, qu'est-ce que tu veux savoir ?

_ Qu'est-ce que ça fait d'être amoureux de Xerxès ?

_ C'est affreusement perturbant.

_ Tu vas t'en remettre, mon Coco. Alors tu es juste amoureux ou amoureux amoureux ?

_ Je peux savoir la différence ?

_ C'est simple : dans le premier cas, tu es juste amoureux, tu couches avec et point final. Dans le deuxième, tu l'aimes, tu couches avec, ensuite vous vous avouez votre amour éternel sur fond de coucher de soleil et vous passez le reste de vos jours ensembles à manger des sucreries entourés de vos enfants. Alors qu'elle option ?

Undertaker la dévisagea comme-ci elle était folle avant de se mettre à rougir et de détourner le regard.

_ Je vais me contenter de garder le "ensemble" de la deuxième option.

_ Oh ! Oh ! Alors amoureux-amoureux. Ça va pas être facile mais c'est envisageable. Il va juste falloir ruser.

_ De quoi tu parles ?

_ De ta future vie de couple avec Xerxès.

_ Minute papillon. Je crois tu as oublié la partie, et non la moindre, où ce que je ressens est réciproque.

_ Oui, si tu veux, mais ça, c'est facile. Tu lui déclare ton amour éternel et, basta, le tour est joué. Par contre évite le post-coïtal, ça a tendance à passer pour un coup d'émotion.

_ Quoi ?! Non, mais tu crois pas que tu viens de passer un peu vite sur la partie réciprocité des sentiments ?

_ Chéri, qui vivra verra.

_ Non mais c'est quoi cette philosophie à deux balles !

_ Pas besoin de s'énerver, on va mettre en place un plan.

_ Ok. Et c'est quoi ton plan ?

_ Déjà, tu lui déclare ton amour avant Noël, je te laisse carte blanche là-dessus.

_ Merci, ce plan est d'une grande aide.

_ De rien. J'ai toujours été génial.

_ C'était ironique.

_ Ensuite, seconde phase, vous vous mettez ensemble. Là, on tombe sur un os. Xerxès va être sacrément dur à convaincre. Donc, pendant que tu débrouilles pour lui déclarer ta flamme, je vais mettre au point un plan du tonner de Zeus.

_ Si tu le dit...

_ Bon, allé, vas-y !

_ Comment ça ?

_ Qu'est-ce que tu peux être lent d'esprit. Vous êtes tous les deux enfermés dans une pièce... Tu vois quand même où je veux en venir ?

_ Oui, parfaitement, lui répondit un Undi rougissant.

_ Donc let's go !

La petite poupée poussa le Serpentard hors de sa cachette toute excitée à l'idée de voir la tête de ces deux crétins se déclarer leur flamme. Undertaker, lui n'était pas du tout consentant et tenta vainement de résister, essayant de convaincre Emilie qu'il n'était certainement pas prêt psychologiquement, qu'il risquait fortement l'arrêt cardiaque et qu'il ne savait absolument pas quoi dire. Mais elle réfuta tous ses arguments en le traitant de crétin.

Finalement, Emilie le traina jusqu'à Break, enfin jusqu'à l'endroit où il se tenait il y a encore quelques minutes. Poupée et Serpentard regardèrent autour d'eux mais point de clown.

_ Où est passé cet idiot ?

_ Aucune idé... L'enfoiré !

_ Tu as vu quelque chose, Taker ?

Le blandin lui désigna la porte entrebâillée d'un petit placard.

_ Il s'est fait la malle, ce connard.

Evidemment, c'est à ce moment que choisit Rusard pour venir jeter un coup d'œil sur l'avancement du nettoyage. Voyant qu'à peine un quart de la salle avait été lustrée, il cria au Serpentard qu'il ne sortirait pas d'ici avant que TOUT ne brille.

Maugréant Undertaker passa sa journée à lustrer sans que le Serdaigle ne refasse son apparition. Quand il eut finit le soleil se couchait déjà et il se laissa tomber sur son lit épuisé physiquement et mentalement.

Pourtant, au bout d'une heure, il n'arrivait toujours pas à dormir. Il se tournait et se retournait dans son lit, incapable de ne pas penser à Break et à ses sentiments. A imaginer la façon qu'il lui déclarerait son amour et sa réaction. Quand il était dans une phase optimiste, c'était le grand amour ; quand il était dans une phase pessimiste, le Serdaigle se foutait de sa gueule et toute l'école était au courant, le charriant à tout va. Et comme la version pessimiste était celle qui revenait le plus souvent, son moral en pris un coup et il finit par perdre espoir.

Et c'est au fond du gouffre, Emilie serrée tout contre lui en signe de réconfort (mais aussi parce qu'elle portait l'odeur de Xerxès) qu'il finit par glisser dans un sommeil peuplé de cauchemars emplis de goules et d'amant pernicieux qui ricanaient.

Soudain, il s'éveilla en sursaut, terrifié. La crise de panique déferla sur lui avant même qu'il n'ai pu la retenir et c'est dans un cri quasiment inarticulé qu'il aperçut une silhouette putride au pied du lit.

La goule – car il avait reconnu la chose immonde qui le dévisageait ainsi – eut un sourire prédateur de toutes ses dents pointues et noires et grimpa sur le lit d'une démarche souple. Elle prenait son temps, sachant pertinemment que sa proie n'avait aucune chance de lui échapper.

Undertaker était dans un état de terreur tel que le monde semblait aller au ralentit. En voyant l'être dégoutant se rapprocher, ses instincts se mirent en branle et il bascula du lit dans un mouvement de hanche souple. Il se réceptionna efficacement. Sur son épaule, il entendit Emilie crier et devina que la goule avait suivi le mouvement. Sans s'attarder ni se retourner, il fonça vers la porte de la chambre et déboula dans le couloir en hurlant. L'endroit semblait désert. Même chose pour la salle commune. Il comprit rapidement que quoi qu'il arrive, personne ne viendrait l'aider.

Devant cette prise de conscience, il ne put empêcher son esprit de faire le parallèle avec la chasse de sa jeunesse. Il était à nouveau la proie dans l'hôpital de ses parents, Emilie était devenue son petit frère qu'il devait absolument protéger et il n'avait nulle part où aller. Il savait qu'il n'en réchapperait pas, qu'il finirait par s'épuiser, que la goule, plus endurante que lui, finirait par le rattraper et qu'elle le dévorerait vivant.

Il tournait à un virage serré lorsqu'il sentit la première griffe s'abattre sur son dos. Il rugit de douleur et d'horreur mais ne s'arrêta pas, redoublant d'effort pour semer la chose. Pendant qu'il courait comme un éperdu dans les couloirs vides, il ne put empêcher de laisser son esprit divaguer vers Break. Etait-il en sécurité ? Le pleurera-t-il lorsqu'il sera mort ? Emilie lui dira-t-elle qu'il l'aimait ? Etait-ce réciproque ?

Autant de questions qui tourbillonnaient dans son esprit alors que l'adrénaline qui courrait dans ses veines le rendait hypersensible de son environnement. Et pourtant, il n'avait pas la moindre idée d'où il allait.

_Tourne à gauche, lui beugla Emilie.

Sans réfléchir, il obéit. La poupée s'accrochait à son épaule comme si sa vie en dépendait et cherchait un moyen de les sortir du pétrin dans lequel ils étaient fourrés. Par certains côtés, elle maudissait son maître de les avoir lâchés la veille. S'il était resté, ils n'en seraient pas là, se disait-elle. Il saurait quoi faire. Il exterminerait la chose d'un simple coup de baguette pour les protéger. Elle en était persuadée.

Lorsqu'une autre griffe s'abattit sur Undi, il manqua de s'effondrer. C'est seulement l'élan dans lequel il était partit qui le maintien débout et lui permit d'échapper une nouvelle fois à la goule. Mais l'épuisement commençait à envahir ses membres. Il savait qu'il allait finir par s'écrouler s'il ne trouvait pas une solution.

_ A droite ! brailla Emilie d'une voix terrifiée.

Si son compagnon était focalisé sur la course, elle avait parfaitement vu les autres goules qui arrivaient sur eux. Il y en avait quatre au total et elles avaient l'air d'avoir faim.

C'est à ce moment-là qu'elle remarqua où ils se trouvaient. La Grande salle était droite devant eux. Elle eut un regain d'espoir. Avec un peu de chance, ils étaient tous réunit à l'intérieur et ils seraient sauvés.

_ Dans la grande salle, vite !

Undi obéit, se jetant sur les lourds battants de la salle… Qui ne bougèrent pas.

_ Non, non, NON ! Gémit-il en comprenant qu'ils étaient condamnés.

Il frappa sur le battant de toutes ses forces mais les goules étaient déjà sur lui.

Lorsque le premier coup l'atteint, ce fut sur les cuisses, tranchant net les muscles de ses jambes. Il s'effondra, terrassé par la douleur. Ses yeux croisèrent ceux de ses bourreaux et il comprit qu'elles aillaient profiter du moment, jouer un peu avec lui avant de l'achever. La terreur déferla sur lui et son cœur se mit à battre furieusement….

Et les goules s'abattirent sur lui.

Il hurla à la mort, se débattant comme il pouvait sous les coups de griffes et de dents. Soudain, il était revenu le gamin de huit ans qui luttait pour rester en vie, criant au-secours, traversé par des sanglots que la souffrance empirait. C'était si atroce que son cerveau commença à se déconnecter, mettant une barrière entre son esprit et la réalité, le dissociant totalement de ce qui se passait autour de lui. Son corps devient mou, les yeux vides et le visage transcendé par la peur ; il se vit devenir une coquille vide ne pouvant que regarder le sang qui se rependait tout autour de lui.

Et soudain, la catatonie dans laquelle il se trouvait fut traversée d'une voix sourde de colère et d'un éclair vert nauséabond. Son regard accrocha un regard sanglant, qui s'écarquilla d'une peur et d'une haine indescriptible avant que le noir ne se referme sur lui. Il était enfin en sécurité.

Après s'être fait la malle de la salle des trophées Break était directement rentrée dans sa chambre se coucher, la fatigue l'accablant. Quand Emilie était partie embêter Undertaker, il n'avait pas réfléchi à deux fois et était passé par le premier placard qu'il avait vu. Arrivant directement dans sa chambre, il s'était effondré sur son lit terrassé par la fatigue mais son esprit tournait encore à plein régime l'empêchant de sombrer tout de suite dans une brume apaisante. Il avait été stupide de se battre avec Undertaker dans son état et encore plus de lui proposer de répondre à ces questions. Mais qu'est-ce qui lui avait pris, putain ? Si le gamin n'avait pas été pris au dépourvu, il aurait pu poser des questions bien plus gênantes. S'agitant dans son lit, Break s'insulta mentalement encore quelques fois avant de sombrer définitivement dans les ténèbres.

Quand il se réveilla, le soleil était déjà coucher et il avait dû louper le souper. Affamé, il prit le placard et atterri dans la cuisine où les elfes de maison préparaient du pain et des tartes pour demain. Ces derniers, étant habitué à ses visites nocturne, lui firent une petite place sur la grande table et lui servirent à manger. Sirotant tranquillement son thé, il repensa au Serpentard et à la meilleure façon de se débarrasser de lui proprement après avoir fini ce qu'ils avaient commencé - tout de même - quand un elfe de maison entra dans la cuisine totalement paniqué. On lui donna un grand verre d'eau pour qu'il reprenne son souffle et, avec un débit rapide et plus ou moins incohérent, il raconta qu'il avait vu des goules en liberté dans le château et qu'il ne leur avait échappé de justesse que parce qu'elles poursuivaient un élève aux cheveux blancs.

En reconnaissant la description d'Undertaker, le sang de Break ne fit qu'un tour et il se précipita dans les escaliers. Débouchant dans les escaliers menant à la grande salle, il fut assaillit par les hurlements de son camarade qui se transformaient en gémissement sous les cris d'horreur d'Emilie. Accourant vers le lieu du massacre, il vit d'abord le sang qui s'étalait partout sur le sol et les goules qui jouaient avec son camarade comme on joue avec sa nourriture. Mais ce fut les yeux remplie de terreur et de résignation d'Undertaker qui coupèrent toutes les pensées cohérentes qu'il avait pu avoir jusque-là. Sortant rapière et baguette, il massacra les créatures autant à coup d'Avada Cadavra qu'à coup de lame. Et ce furent les cris affolés d'Emilie qui le ramèrent à la raison.

N'accordant même pas un regard au massacre qu'il venait de faire, il se pencha sur son camarade inconscient avant de le soulever délicatement dans ses bras et d'utiliser le peu de magie qui lui restait pour se téléplacarder dans l'infirmerie où il posa le plus délicatement du monde son précieux fardeau.

Laissant Emilie avertir Madame Pomfresh, il dégagea les quelques mèches blanches que le sang et la sueur avait collé sur le front d'Undertaker, dévoilant son visage ensanglanté où la terreur avaient gravé les traces de son passage. Break pensa avec ironie qu'il venait de sauver celui dont il cherchait à se débarrasser quelques minutes plutôt.

Les cris paniqués de M. Pomfresh le firent s'écarter de son camarade. Elle l'ausculta rapidement avant de disparaitre derrière un rideau et de revenir les bras charger de médication. Il sentit plus qu'il ne vit la porte de l'infirmerie s'ouvrir avant qu'Albus ne vienne se poster à ses côtés.

_ Je croyais que vos goules étaient tenues en laisse.

_ Je le croyais aussi, Xerxès. J'en suis vraiment navré.

_ Pas autant que moi, lui répondit Break, amer.

_ Tu devrais te reposer, avec ce que tu viens de faire, tu vas t'effondrer de fatigue.

_ J'en ai rien à fout...

Une violente quinte de toux saisit Break qui finit dans les bras d'Albus, celui-ci le portant jusqu'à un lit avant de l'étendre. Voyant que son ami crachait du sang le directeur de Poudlard ne put contenir une grimace d'inquiétude.

_ Apportez lui du sucre, stupide Albus ! L'engueula Emilie qui s'était fait virer de l'épaule d'Undi. Vous savez très bien que ça calme les crises !

Dumbledore resta un instant interdit puis fit apparaître un banquet de sucre. Il n'en fallut pas plus pour que les yeux de Break se mettent à briller d'envie. Mais une autre toux le prit et cette fois, il vomit du sang.

_ Mme Pomfresh, couina Emilie. Il est en train de faire une crise.

La dite madame Pomfresh avait d'autres chats à fouetter mais elle prit quand même quelques minutes pour ausculter le Serdaigle. Celui-ci s'était remis à vomir et du sang coulait de son nez. Alors, elle tendit à la poupée une petite fiole bleue dans lequel un liquide crépitait. Elle ne dit rien d'autre et retourna au sauvetage de leur camarade.

Emilie et Dumbledore échangèrent un regard inquiet. Ils savaient que cette petite fiole était mauvais signe. L'infirmière les avaient prévenus maintes et maintes fois : si un jour ils devaient recourir à cette potion, ce serait le dernier tournant. Après, la prochaine crise de cette ampleur sera forcément fatale puisque plus aucun remède ne fonctionnerait. En même temps, cette petite potion lui donnerait un sursis de cinq mois. Et si madame Pomfresh considérait que boire la fiole était nécessaire, c'est que c'était nécessaire.

_ Non, cria Break lorsqu'Albus approcha le goulot de ses lèvres.

Albus comprenait qu'il ne veuille pas la boire. Mais il savait aussi qu'il n'avait pas le choix. Surtout que le Serdaigle repartait dans une quinte de toux qui macula le sol d'une nouvelle gerbe de sang.

_ Ecoute, Xerxès, mon ami. Tu es en train de te vider de ton sang. Il faut que tu boives où tu y resteras.

Break secoua la tête, refusant toujours. Il était résolu à mourir une bonne fois pour toute. Il en avait assez de lutter.

_ Si tu ne bois pas, Taker se réveillera sans toi à ses côtés, susurra Emilie, décidant de jouer sur la corde sensible. Il se demandera où tu es… Et il découvrira que tu es mort. Que crois-tu qu'il se passera quand il apprendra que c'est en le sauvant, hein ?

Break fixa la poupée avec un air fermé. Oui, il savait ce qui se passerait : son kitty pensera que c'était de sa faute et s'en voudra, il perdra confiance en lui… Il serra les dents.

_ Tu ne veux quand même pas le laisser tout seul, si ? Tu ne veux pas le quitter maintenant ? Insista Emilie. Vous n'avez même pas passé l'étape romantique.

Elle vit clairement dans le regard de Break le moment où il cédait. Elle le connaissait si bien qu'elle savait qu'il n'arrivait pas à supporter l'idée que celui qui hantait ses pensées puisse souffrir à cause de lui. Elle ricana mentalement. Il était tellement aveugle face à ses sentiments. S'il était honnête avec lui-même, il reconnaitrait qu'il était amoureux.

Albus approcha la fiole une dernière fois et cette fois-ci, Xerxès accepta de la boire sans protester. Puis, épuisé, il sombra dans un profond sommeil sans rêve.

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